«Faire société», Editions du Seuil, 2003, a été écrit par Jacques donzelot qui est maître de conférence à l’Université de Nanterre et conseiller scientifique








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« FAIRE SOCIETE»

Jacques DONZELOT


« Faire société », Editions du Seuil, 2003, a été écrit par Jacques DONZELOT qui est maître de conférence à l’Université de Nanterre et conseiller scientifique au Plan Urbanisme Construction Architecture .Il a écrit de nombreux ouvrages dont :

  • « L’Etat animateur. Essai sur la politique de la ville », Editions Esprit, 1994l 

  • « La nouvelle question urbaine », Editions PUCA, 1999.

Il a été aidé par Catherine MEVEL et Anne WYVEKENS.

Mme WYVEKENS est chargée de recherche au CNRS et au Centre d’études des politiques sociales. Elle est également directrice de la recherche à l’Institut des hautes études de la sécurité intérieure. Elle a publié « La justice de proximité en Europe. Pratiques et enjeux », Editions Erès, 2001.

Mme MEVEL est sociologue, chargée de recherche au Centre d’études des politiques sociales.
Dans le livre « Faire société »est réalisé un examen de la politique de la Ville aux Etats-Unis et en France. Les auteurs comparent les solutions apportées, dans ces deux pays, à la crise urbaine.
On peut s’interroger sur le choix des Etats-Unis comme point de comparaison. En effet, pour nombre de Français, les Etats-Unis sont le parfait exemple du pays qui ne dispose pas d’une politique de la Ville. D’ailleurs, selon les auteurs,« si en France nous avons lancé, depuis vingt ans maintenant, une politique de la Ville, si nous avons promulgué nombre de lois faisant de la mixité sociale dans l’habitat une ardente obligation pour les communes urbaines, n’est-ce pas afin d’éviter à nos cités de connaître une dérive à l’américaine ? ». Par conséquent, une telle comparaison devrait servir à démontrer l’utilité de la politique française face à l’absence de volonté qui paraît de mise sur ce sujet en Amérique. Les auteurs reconnaissent d’ailleurs qu’ils étaient plus ou moins habités, au départ, par une telle intention. Ce qui les a incité à choisir les Etats-Unis comme point de comparaison, c’est l’émergence, au sein des villes françaises, de lignes de fracture évoquant celles qui caractérisent la ville américaine. Il est possible de dire, qu’aujourd’hui, les crises urbaines française et américaine sont à peu près de même nature. Mais, pour que cette comparaison ne soit pas dénuée d’intérêt, il faut qu’elle soit réalisée sans une condamnation par avance de la réponse

américaine, par une lecture de celle-ci qui n’y verrait que l’absence d’une démarche équivalente à la réponse française. Pour éviter cela, les auteurs ont d’abord commencé par un travail d’identification

de la ligne suivie aux Etats-Unis, pour ensuite seulement, définir la politique française par-rapport à la politique américaine.
Aujourd’hui la crise urbaine correspond, que ce soit en France ou aux Etats-Unis, à une fracture, une séparation de la société. Le problème posé par la nouvelle question urbaine réside donc dans le

fait de savoir comment surmonter cette fracture, cette séparation. C’est-à-dire comment faire société ?
I – L’option place ou l’option people :
Pour enrayer ce problème, il existe deux possibilités : soit traiter les lieux en question (option « place »), soit s’occuper des gens qui s’y trouvent confinés (option « people »).

Dans une première partie (p. 53 à 148), les auteurs vont examiner ce point. Ils constatent que les politiques conduites dans les deux pays paraissent suivre des chemins diamétralement opposés. En effet, aux Etats-Unis, depuis son origine jusqu’à sa formalisation actuelle, la politique reste fidèle à un objectif, qu’elle n’a cessé de décliner de différentes manières : celui de faciliter le franchissement des barrières qu’oppose la discrimination sociale aux individus. L’objectif américain est de remettre les gens en mouvement. Alors qu’en France, depuis ses débuts, la politique vise à, équilibrer la composition sociale des quartiers. Le but étant de refaire la ville sur place. Cependant, même si chacun de ces deux pays a privilégié l’une de ces deux options, le choix ne s’est pas fait du jour au lendemain.
Si l’on examine d’abord la position américaine (p.59 à 100), on constate que le monde politique américain est partagé entre ces deux options. Les auteurs analysent tout d’abord le rapport de la commission Kerner (rendu en 1968) ; rapport qui est considéré comme un « véritable monument d’autoanalyse de la société américaine, du rapport névralgique entre les races qui la composent et du destin de ses villes. ». Ce rapport contient un diagnostic sur la place faite aux Noirs, qui sont victimes de ségrégation. Puis, il passe aux préconisations qui consistent à rechercher l’enrichissement des ghettos par le Community Action Program (1964) qui repose sur l’idée centrale de la « guerre à la pauvreté » ; puis par le Model Cities Program (1967).Cet recherche de l’enrichissement des ghettos renvoie à l’option place. Mais, cette solution n’est pas satisfaisante à elle seule. Cet enrichissement n’est pas une fin en soi mais un moyen, le véritable but étant la sortie

de celui-ci. Par conséquent, le rapport effectue d’autres préconisations qui concernent l’emploi, le logement, l’éducation…(ex : améliorer les équipements dans les écoles).

Après ce rapport il y a eu une volonté de ne pas dépenser l’argent fédéral. L’action de l’administration républicaine dans les années 1969-1976 se situe dans ce créneau : dépenser le moins possible pour les ghettos, tout en faisant le plus possible pour aider les Noirs à s »en sortir… sans prendre le risque de déplaire aux Blancs

C’est dans cette logique que s’est développée la politique de l’ « affirmative action » et de déségrégation, et ce par le Plan de Philadelphie conçu par Richard Nixon en 1969. Cette politique correspond au fait de réaliser des actions positives et non plus seulement d’émettre des « interdictions » en matière de discrimination raciale (en matière d’emploi, d’éducation et d’habitat).En fait, la pratique des quotas est instituée notamment en matière d’emplois. Ce Plan montre que l’action gouvernementale s’occupe d’abord de ceux qui veulent sortir des ghettos et, très secondairement, du destin de ces derniers.

L’impact de cette politique d’affirmative action et de ces mesures positives de déségrégation des années 1970 est plutôt décevant. En effet, il y a plutôt une concentration accrue de pauvreté et extension géographique de l’aire des ghettos.

A la fin des années 1970, la crise urbaine change de nature. Pour tenter d’y remédier, vont apparaître, sous l’administration Carter, les community development corporations qui ont pour but le développement communautaire. Il faut noter que les CDC sont fondées sur la logique que c’est aux « pauvres » eux-mêmes qu’il revient de transformer leur condition et, dans cette lutte, les personnels sociaux et l’administration doivent se cantonner à un rôle auxiliaire.
Les auteurs examinent ensuite la situation française (p. 101 à 141). Pour cela, ils commencent par analyser le rapport de la commission Dubedout (rendu dans les années 1980). Ce rapport préconise de traiter les quartiers mais en s’appuyant sur les gens. Pour cela, il prend pour exemple l’opération de réhabilitation menée dans le quartier de l’Alma-Gare de Roubaix. Cette commission considère que si l’on veut que les réhabilitations aient un impact durable, il faut y associer directement les habitants. En se fondant sur cette idée, elle a inventé la formule du développement social des quartiers (DSQ) qui doit concilier deux impératifs : apporter plus de moyens aux quartiers et valoriser les initiatives des élus et des habitants. Mais, cela fut un échec. Par conséquent au début des années 1990, le DSQ fut abandonné au profit de la discrimination positive territoriale qui a pour but de compenser les déficits du territoire en matière de service public et d’emploi. C’est le « souci du territoire qui se trouve mis en avant plus que celui des gens, le désir de veiller à ce qu’il présente les mêmes qualités dans tout le périmètre de la République, qu’il n’y ait pas des lieux plus injustement traités que d’autres . »
On peut se demander quelle différence il y a entre la notion de discrimination positive territoriale et celle d’affirmative action. Ces deux notions se différencient par-rapport au but, au moyen et à la forme de l’exigence. En effet, la discrimination positive territoriale ne se soucie pas des gens

directement mais du territoire. De plus, elle ne vise pas à faire franchir les barrières aux publics défavorisés mais à retenir les agents des services dans la limite de ces territoires. Et enfin, il n’y a pas d’obligation de résultat mais de moyen.

Cette discrimination positive territoriale traite les symptômes et non l’origine du mal (concentration de la pauvreté). C’est pourquoi la Loi d’orientation pour la ville (1991), le Pacte de relance de la politique de la Ville (1996) et la Loi SRU (2000) mettent en œuvre une politique volontaire de mixité sociale ; politique qui est mise au service de l’option « place ».

On constate donc que les Etats-Unis et la France n’adoptent pas les mêmes solutions, du moins pas au même moment

En conclusion, la politique américaine a pour principal objectif d’agir sur les gens. Alors que l’objectif premier de la politique française est de traiter les lieux. Ces deux options conduisent au développement communautaire aux Etats-Unis et au Développement social urbain en France. La différence entre les deux peut paraître mince puisque cela revient, dans le premier cas, à aider les gens dans les lieux où ils vivent et, dans le second, à aider les lieux où vivent les gens.
II – Comparaison entre le développement communautaire et le développement social urbain :
Pour pouvoir véritablement apprécier la différence, les auteurs ont entrepris, dans une deuxième partie (p. 149 à 242) une comparaison entre les community development corporations (CDC) à Boston et le développement social urbain (DSU) à Marseille. Il faut noter que le choix des villes de Boston et de Marseille est dû à une part d’arbitraire. Mais l’important est qu’il existe une certaine commensurabilité des lieux. En effet, ce sont deux villes de taille à peu près identique et, de plus, il y a une certaine similitude dans l’importance des quartiers en difficulté.
Les auteurs commencent par examiner les CDC.(p. 156 à 202) Ils prennent deux exemples de CDC : Inquilinos Boricuas en Accion (IBA)qui fut l’une des premières CDC édifiées (1968) et Dorchester Bay CDC (1979). La première particularité est la démarche « bottom up » (c’est-à-dire qui part du bas)des CDC. En effet, elles délimitent elles- même leur territoire d’action. Cette liberté dont jouissent les CDC de tracer le périmètre de leurs frontières d’action et le fait que celles-ci aient une valeur reconnue par les élus locaux constituent un motif d’étonnement pour les observateurs
français. Il faut également noter que chaque conseil d’administration doit comporter au moins 51% des personnes résidant sur le territoire des CDC.

Puis, les auteurs constatent que les CDC s’orientent vers le « community building », qui consiste à organiser des formes positives de communauté. Cela se traduit notamment dans le domaine de la

location. En effet, la principale destination des constructions et réhabilitations des CDC est la location à destination des ménages à bas revenus. Cependant, elles se montrent très exigeantes envers les candidats à la location (par rapport au comportement moral), et ce car la CDC recherche

autant et plus des voisins que des locataires, des gens capables de devenir membre d’une communauté.

Ce community building permet de stabiliser un quartier et constitue la condition première de son développement. Le but de cette démarche participative, c’est « l’empowerment ». Cela signifie que la participation (des habitants), pour être crédible, suppose un travail sur soi autant que qu’un travail avec les autres, une volonté de maîtriser le cours de sa vie, d’exercer une emprise sur lui, de prendre littéralement le pouvoir sur soi-même en même temps qu’une capacité d’agir avec les autres, de se servir du collectif pour atteindre des objectifs auxquels on ne peut prétendre quand on est seul.
Les auteurs examinent ensuite le DSU ( p. 203 à 236) sous l’angle des principales notions autours desquelles s’organise l’action des CDC. Bottom up : le DSU vise bien aussi à rechercher à prendre appui sur les habitants, non pas en faisant partir l’action « du bas » mais bien plutôt en ajoutant à la politique d’en haut une politique d’exception. Community building : on ne trouve pas en France l’idée de constituer les habitants en une communauté. Le DSU se préoccupe plus de faciliter l’accès de chacun à ses droits et de favoriser ainsi l’apprentissage de la citoyenneté que de tenter d’unir les habitants dans des unités socio-spatiales. Les centres sociaux jouent, en principe, un rôle important dans cet apprentissage de la citoyenneté. Ce sont des associations en charge de la gestion des équipements qu’utilisent les associations de quartier ayant une vocation sociale. Installés au cœur des quartiers, ils constituent, en principe, une structure idéale pour loger les activités que le DSU a mission de susciter. Mais, l’enquête réalisée à Marseille montre que les centres sociaux sont soit incapables d’assurer l’intégration de nouvelles priorités dans leurs champs d’activité, soit voit leur légitimité de plus en plus mise en cause do côté des habitants. Empowerment : dans le DSU il y a un devoir de participation plus qu’une augmentation du pouvoir de tous et de chacun par la participation.

En fait, on constate que la différence d’option entre les Etats-Unis et la France constitue un choix considérable si l’on considère l’antagonisme idéologique qu’il cristallise, entre une conception communautaire de la vie sociale dans le cas américain et une conception républicaine
dans le cas français. Mais, considéré à travers la formule des CDC, le communautarisme américain n’est pas une manière de renvoyer chacun à la solidarité limitée de son appartenance ethnique, pas plus que le républicanisme français ne ressemble, dans le cadre du DSU, à une méthode d’émancipation propre à élever la capacité des individus en même temps que leur conscience citoyenne. L’enseignement qui se dégage à cet égard de la comparaison entre CDC et DSU, c’est

que chacune des démarches établit entre communauté et citoyenneté une relation bien particulière. Les CDC prennent appui sur les « communautés essentielles » pour arriver à une « communauté

existentielle ». Cela est totalement différent en France où l’on ignore les communautés essentielles et ce en raison de la doctrine républicaine.

III – L’incidence sur la sécurité :
Les auteurs ont donc montré que dans le cadre du développement communautaire américain, la participation sert à construire un pouvoir propre des habitants des zones défavorisées. Mais, c’est ce pouvoir propre des habitants qui paraît, à nos yeux de Français, la source d’un danger, celui d’encourager l’exercice d’un contrôle social qui fait de chacun le surveillant de tous, à se faire l’auxiliaire du pouvoir de répression.

La montée, depuis une vingtaine d’années, du community policing prouverait cette propension américaine à inscrire la répression dans la démarche communautaire. Il faut d’ailleurs noter que les partisans de cette école critique considère qu’un péril identique guetterait la France et ce avec les contrats locaux de sécurité (CLS ) créés en 1997.. Mais, qu’est-ce que véritablement le community policing ? Est-ce la même chose que les CLS ? Pour tenter de répondre à ces question, les auteurs ont effectué, dans une troisième partie (p. 243 à 320), une comparaison entre le programme élaboré dans la ville de Chicago et la mise en œuvre des CLS dans le département de la Seine Saint Denis.

Concernant le community policing, un texte sert de référence commune à tous : l’article intitulé « broken windows » paru en 1982. Il insiste sur l’idée que la police doit prendre en compte les préoccupations des habitants.

Le community policing trouve l’une des ses meilleures illustrations avec les « beat meetings » qui sont le centre d’un programme de réforme de la police intitulé Chicago Alternative Policing Strategy (CAPS). Particularité, c’est qu’à l’origine, c’est la population qui a eu l’initiative d’une nouvelle démarche au début des années 1980. En effet, soutenus par diverses agences locales de développement communautaire, ils organisent des groupes de « crime watching » qui pratiquent la surveillance dans les immeubles et demandent à la police de s’inscrire dans leur démarche. Cette initiative populaire va donner lieu à l’institution des « beat meetings » qui sont des réunions, à
rythme régulier, entre les policiers et les habitants ; réunions durant lesquelles la police fait un compte rendu de son activité aux habitants et prend en compte leurs demandes. Mais, à première vue, cela ne produit rien de très original en propre quant à l’amélioration de la sécurité dans chaque quartier. Cependant, ces beat meetings constituent le degré le plus élémentaire d’une forme d’action

originale qui fait la fierté de la police de Chicago : le problem solving. Cela correspond à une nouvelle méthode de traitement de la délinquance par l’identification des problèmes.

Les auteurs s’intéressent ensuite à la situation française. L’expression « coproduction de sécurité » pourrait passer pour l’équivalent français du community policing. Apparue en 1997, avec les CLS, elle laisse tout autant entendre que la sécurité ne peut-être l’affaire de la seule police. Pour

comprendre cette expression, les auteurs commencent par examiner le rapport de la commission des maires qui est paru au même moment que l’article des carreaux cassés aux Etats-Unis. Mais la doctrine n’est pas identique car, même si comme pour le community policing, ce rapport considère qu’il est nécessaire que la police et la Justice soient plus attentives aux petits désordres, la coproduction de la sécurité doit être l’affaire d’un partenariat entre les institutions et non d’une relation entre la police et les habitants. Ce partenariat inter-institutionnel se retrouve dans les CLS. En effet, une enquête réalisée sur les 10 communes de la Seine- Saint- Denis montre que seule une a fait de la participation des habitants un principe central pour l’élaboration et la mise en œuvre de son CLS. Il faut également noter que les institutions sont réticentes quant à la participation des habitants au comité de suivi des CLS. On constate donc, qu’en France, ce qu’on recherche, c’est une coproduction entre toutes les institutions concernées. Cela s’explique par le fait que ce que l’on veut résoudre, ce n’est pas les problèmes de sécurité mais le problème du lien social tel qu’il résulte de la perte d’emprise des institutions sur la population.
En conclusion, la comparaison qu’ont réalisé les auteurs, nous permet de nous rendre compte de l’important contraste qu’il existe entre les démarches américaines et françaises. Tant sur le plan de l’urbain (option « people » et option « place »), qu’au niveau du social (communauté et citoyenneté) et de la sécurité (community policing et restauration du lien social).


L’intérêt de ce livre est de mettre à mal les idées reçues que l’on peut avoir sur la politique de la Ville menée aux Etats-Unis. Il est vrai qu’il n’existe pas véritablement dans ce pays de politique urbaine, de politique volontariste de citoyenneté ou de politique sociale de prévention de la délinquance. Mais, cela ne veut pas dire pour autant que rien n’est fait. Ce livre a l’avantage de nous montrer que les Etats-Unis ont une réponse à la crise urbaine. Cette réponse suit
une logique différente de la notre mais elle existe. En effet, on constate que l’approche américaine valorise la notion de communauté, dans la mesure où celle-ci se place au service d’un objectif civique, alors que l’approche française va valoriser la notion de social, notion servant à qualifier le souci de restaurer l’autorité des institutions.

Ce livre a également l’intérêt de nous permettre d’avoir un regard critique de la politique de la Ville française. On peut se demander s’il ne serait pas possible de s’inspirer de certains points présents dans la politique américaine. Par exemple, on peut dire que ce que l’on souhaite rétablir aux Etats-Unis c’est la confiance entre les gens, alors qu’en France, ce serait plutôt la confiance envers les

institutions (ou plutôt le consentement à l’autorité des institutions). Or, le fait qu’un jeune d’un quartier difficile se trouve devant une difficulté plus importante que pour les autres jeunes de trouver un emploi (et que suivre des études ne diminue en rien cette difficulté alors que c’est le cas

pour les autres) traduit bien une absence de confiance envers ces jeunes. Ne serait-il donc pas possible que place soit faite à une culture de la confiance en plus de celle du consentement ?

Pourquoi alors, ne pas s’appuyer sur la thématique de la confiance développée aux Etats-Unis (en l’occurrence par- rapport à l’emploi) en faisant par exemple des communautés d’agglomérations le territoire d’application d’une politique d’offre d’emploi préférentielle en direction des jeunes des zones défavorisées.

Cependant, il ne faudrait pas croire pour autant que la politique menée aux Etats-Unis constitue un modèle parfait et sans faille. En effet, les auteurs se sont basés sur des expériences réussies. Ils ont par exemple volontairement écarté l’analyse de la ville de New-York ; ville qui connaît de nombreux problèmes et qui n’est sans doute pas l ‘exemple parfait en matière de politique de la ville !



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