La société française du Moyen-âge à nos jours








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Dix conférences sur

La société française du Moyen-âge à nos jours.
Professeur Serge Sebban

e-mail:serge.sebban75@laposte.net

Présentation générale

Nous étudierons, au cours de ces dix conférences, l’évolution de la société française avec ses composantes sociales, culturelles, politiques pour en dégager les traits les plus caractéristiques.

La société française est d’abord la résultante d’un faisceau d’influences produites par l’histoire au travers de vagues de migration, de crises religieuse et ruptures sociales.

Afin d’en saisir les principales, nous suivrons une progression exclusivement chronologique :
-La première conférence étudiera la période préhistorique, puis les premières grandes migrations (celtique) jusqu’ à la conquête romaine (52 av JC), la mise place d'une véritable civilisation gallo-romaine qui s'effondre avec les invasions germaniques du V è siècle et l’installation du royaume franc.

Dans un premier temps nous réfléchirons au peuplement originel (paléolithique et néolithique) puis aux vagues de migrations celtiques bientôt soumises à l’influence grecque et surtout à l’Empire romain qui favorise la fixation du christianisme dans la société gallo-romaine.

L’équilibre retrouvé après l’invasion des Francs au Ve siècle donne naissance à une société qui tente de se structurer. Les premiers rois francs (dynastie mérovingienne) ne parviennent pas à imposer leur autorité.

La fragile monarchie mérovingienne confrontée à l’expansion arabo-musulmane qui pénètre en France (732) cède la place à une nouvelle dynastie, celle des Carolingiens, plus efficace.
-La seconde conférence s'attardera sur la tentative de Renaissance carolingienne, sur l’affirmation des Capétiens et en dégagera l’organisation sociale du IXe au XIIe siècle

Charlemagne devenu Empereur (800) favorise une Renaissance. Mais à sa mort, les barons reprennent le pouvoir et donnent une structure éclatée à la société, la féodalité.

Pour le paysan il n’y a aucun changement notable. La situation du serf de l’an mille ressemble à bien des égards à celle de l’esclave de l’antiquité sauf pour une petite minorité de paysans libres.

Les grands changements se mettent en place néanmoins au début du nouveau millénaire.
-La troisième conférence évoquera la formation du territoire et la guerre de Cent Ans qui met fin au Moyen-âge.

L’introduction de techniques agricoles améliorait sensiblement les rendements provoquant augmentation de la population et l’essor relatif du commerce, et ce sans discontinuer jusqu’au XIVe siècle.

Les calamités qui déferlent durant ce siècle (guerre, famine, maladie) mettaient fin brutalement à cette période de relative croissance.

Le traumatisme touchait toutes les classes sociales et bouleversait toutes les certitudes. C’était la fin du monde féodal. Les « Temps modernes » qui s’annonçaient.
-La quatrième conférence étudiera la société française des XVI et XVIIe siècles entre Humanisme et Réformes à l'origine des Guerres de religions et l'avènement des Bourbon.

Les élites intellectuelles (Erasme, Rabelais, Budé…) et artistiques apportaient leur réponses « humanistes » aux XV-XVI é siècles .La langue française supplante le latin dans les actes officiels et dans la littérature. L’imprimerie connaît un essor spectaculaire.

Le monde rural, peu concerné par cette révolution culturelle, profite néanmoins de l’essor de l’économie. Le choc idéologique n’épargne pas l’Eglise qui doit faire face à la Réforme qui entraîne les rois dans des guerres de religions européennes.
-La cinquième conférence décrira la société du XVIIIe siècle, une société d’ordres soumise à l’absolutisme royal (de Louis XIV à Louis XVI) et aux critiques des philosophes des "Lumières".

La période classique (XVIIe-XVIIIe) voit le renforcement du pouvoir monarchique, absolutiste, au détriment du pouvoir seigneurial.

La société d’ordres est déstabilisée par les exigences du roi et de son train de vie. Les philosophes des lumières (Voltaire, Rousseau, Diderot) alimentent la critique jusqu’à la rupture, la Révolution française (1789).
-La sixième conférence ouvrira sur la grande Révolution française (1789-1799), une marque indélébile sur la société moderne.

Nous y accorderons une place particulière car cet événement ouvre une phase nouvelle de mutations sociales, culturelles et politiques au XVIII è siècle.
-La septième conférence présentera les révolutions industrielles et les mutations qu'elles provoqueront dans la société française

La société du XIXe est marquée par l’industrialisation, l’essor du capitalisme mais aussi par l’affirmation du mouvement ouvrier. C’est aussi un processus de déchristianisation et de laïcisation de la société et de l’Etat. Les Etats se lancent dans la conquête coloniale à la fin du XIX è au risque de provoquer des tentions, voire des conflits entre puissances.

-La huitième conférence s'intéressera à la première moitié du XXe siècle, une société ballotée entre guerres et paix.

Enfin le XX é siècle, traversé par deux guerres mondiales façonne l’état d’esprit de la société française entre espoir et désespoir. : « Belle époque » en 1900 qui s’achève avec la 1ère Guerre, puis se sont les « Années folles » dans l’Entre-deux-guerres, la débâcle de 1940 et la honte qu’inspire encore le régime de Vichy puis la liesse populaire de la libération.
-La neuvième conférence clôturera notre XXe siècle entre une société qui au sortir de la guerre doit se reconstruire. Confrontée à l'ébranlement de l'empire, la France met fin à la colonisation (1954/1962). Passée cette crise, d’autres surgissent celle d'une jeunesse qui se révolte (mai1968) et d'une économie qui subit les chocs pétroliers (1974/79).

-La dernière conférence effectuera, à titre de conclusion, une synthèse des traits caractéristiques de la société française aujourd’hui et l’image qu’elle véhicule dans le monde.

Première conférence:
Origines et Peuplement. Naissance de la France

Très tôt, les hommes ont trouvé, dans l’espace correspondant à l’actuelle France, de bonnes raisons pour s’y installer durablement.
Au paléolithique, l’homo sapiens évitait d’Inlandsis, un glacier qui s’étendait du Pole nord jusqu’à la Cornouaille britannique. Il se posait plus volontiers dans l’hexagone français ou encore, plus au sud, dans la péninsule ibérique.
L’homme de Tautavel, trouvé au pied des Pyrénées, est l'homo erectus le plus ancien en Europe de l’Ouest, il a vécu il y a 450 000 ans.

Il avait trouvé de quoi survivre dans le sud de la France grâce aux mammifères, au petit gibier et à la végétation en abondance.
Au paléolithique moyen (vers – 25 000), l’homme de Neandertal qui s'était abrité dans grottes de Lascaux (Périgord) bénéficiait d'un véritable réchauffement climatique. Les gros mammifères étaient plus rares mais le petit gibier y était devenu abondant et varié. Le couvert végétal était constitué de forêts. L’homo sapiens chasseur et cueilleur pouvait relativement prospérer.

Il enterrait ses morts et utilisait l’expression artistique, les peintures rupestres, pour transcender ses peurs.
Au paléolithique supérieur (-10 000), on comptait 500 000 habitants dans l'espace qui deviendra la France. Pour l'époque préhistorique, c'est déjà un foyer de peuplement.

Les bonnes terres de lœss laissées après la dernière glaciation assuraient, vers 8000 av JC, les moyens nécessaires à leur sédentarisation, notamment la pratique de l'élevage.
Au mésolithique, de 8000 à 3000 av JC, les populations érigèrent des monuments (mégalithes), témoins probables d’un culte des morts.
Vers 3000 av JC, ils pratiquaient de façon systématique l’agriculture et l’élevage, à l'aide d’outils perfectionnés, c’était la révolution néolithique.
Au second millénaire avant notre ère, les peuples indo-européens submergeaient l’Ouest européen.
L’Occident allait vivre sa première grande vague migratoire, la migration celtique.

Les Celtes ou Gaulois
Les tribus celtes s’établirent sur tout le territoire de la future France, important leurs traditions, leur religion et leurs pratiques sociales, et politiques.

Les Celtes s'imposaient comme le premier groupe homogène de l'Europe de l'Ouest.
C’était aussi la première société structurée de l’histoire de l’occident. Chaque peuple, ou tribu, était organisée en classes sociales.

Au sommet, une aristocratie héréditaire, sorte de chevaliers, dirigée par un chef militaire et un druide (prêtre), commandait une classe de paysans et d’artisans.

Le Celtes ne constitueront jamais un état.

Les querelles entre tribus étaient permanentes et conduisaient à l'échec toutes les tentatives de mise en place d'un royaume unifié.

Les Grecs et surtout les Romains avaient compris très tôt le profit qu'ils pouvaient en tirer.
Vers 600 av JC les Grecs originaires de Fossée en Asie mineure s’installaient sur le littoral méditerranéen des Celtes. Les cités fosséennes de Fréjus et de Marseille étaient fondées. Leur influence se limitait à quelques autres cités du sud comme Nîmes ou Narbonne. Sur le plan culturel les Celtes leur empruntèrent l’usage de la monnaie et la connaissance de la comptabilité.

La pièce de monnaie, le sesterce, s'était diffusée très largement dans tout l’espace celtique, témoignage de l'importance des échanges entre tribus et avec les civilisations voisines.

Les Grecs les nommèrent ces peuples « Galates », que les Romains traduisaient en «Galli »...L'histoire en retiendra le terme "Gaulois".
Que savons-nous d'eux? Quel fut leur héritage?
Les Gaulois ont diffusé largement leur organisation urbaine.

Ils ont conçu le système très efficace de l’oppidum, une ville construite sur un site défensif, souvent sur une colline dominant la vallée et entourée de murs.

Leur religion dite druidique, car dirigée par un prêtre (le druide), s'appuyait sur la croyance en une multitude de dieux, plus de 400, et en un culte des morts.

Les dieux incarnaient la nature, souvent hostile. Leur pire crainte était que la voute céleste ne s’effondre sous leurs têtes.

Les Gaulois utilisaient des constructions mégalithiques (dolmens et menhirs) antérieures à leur installation comme lieux de culte. Le site de Carnac en Bretagne est significatif à cet égard.

La langue celte était exclusivement parlée. Les druides interdisaient toute transcription probablement pour conserver leurs privilèges et leur monopole culturel. Seuls 50 mots seront conservés car transcrits en latin, par les romains.
Les Gaulois maîtrisaient parfaitement les techniques métallurgiques. La qualité de l’acier gaulois était réputée dans le monde romain. Les roues gauloises étaient aussi recherchées. Ils produisaient les meilleurs chars.

On leur doit l’invention du tonneau, tel que nous le connaissons. Ils nous ont légué une boisson à base d'orge, ancêtre de la bière, la cervoise.

Ils aimaient le vin et ont probablement amélioré les cépages romains. Grâce au tonneau, ils ont certainement perfectionné les conditions de vieillissement du vin.

Leur grande maitrise des techniques de conservation de la viande par salage et fumage est probablement à l'origine de cette invention gastronomique que les spécialistes leur attribuent: la charcuterie.
La fin de la conquête romaine (52 av JC)
La conquête romaine commencée en 58 av JC fut difficile. César dans « La guerre des Gaules »rendait hommage à la bravoure des Gaulois. La victoire d’Alésia, ultime bataille des Gaulois, était assurée par une meilleure stratégie des légions romaines. Vercingétorix, n'avait pas réussi à unifier la nation gauloise, les renforts lui avait manqué. Les tribus du Sud avaient préféré négocier leur soumission à Rome. Néanmoins la résistance fut acharnée et pour remercier ses légionnaires, César leur offrit, à chacun, un gaulois.

Les peuples gaulois soumis s’intégraient à la Pax Romana et se fondaient culturellement dans la civilisation du vainqueur. La langue celte était abandonnée au profit du latin sauf dans les villages qui maintenaient la tradition druitique.

Ils développèrent, plus tard, le mythe de l’unité gauloise autour de leur chef glorieux Vercingétorix et du souvenir de la bataille de Gergovie où ils avaient infligé une défaite aux Romains. Mais jamais ils ne cherchèrent pas à mettre fin à l’emprise de Rome.
Les villes s’agrandissaient et l’architecture se romanisait .Thermes, forum, odéon et arènes se construisaient dans toutes les grandes villes. Notamment à Lyon qui devint la capitale des Gaules devenue province de l’empire et à Lutèce (Paris).

Le changement le plus important était d’ordre religieux. Les dieux gaulois n'ont pas résisté au concurrent monothéiste, le christianisme. La nouvelle religion se diffusait très rapidement en Gaule, sans éliminer totalement les anciennes croyances.
Les communautés chrétiennes étaient déjà très présentes dans la période des persécutions (Ier et IIe siècle) à Lyon et à Lutèce.

Les premiers martyrs chrétiens étaient Denis qui mourut près de Lutèce (sur le site qui deviendra Saint-Denis, nécropole des rois de France), Blandine à Lyon.
L’Empire romain, après avoir toléré, sous Constantin (vers 313) le christianisme, en fit la religion officielle de l’Empire, en 393 sous Théodose.
Le christianisme s’affirmait sans difficulté et la société gallo-romaine donnait aux évêques un réel pouvoir en milieu urbain. Les diocèses et les paroisses structures, héritées de l’empire demeureront après sa destruction. Les églises étaient construites sur les anciens temples romains, en empruntant leur structure, la voûte en demi-cercle. Ce qui donna le style « roman ».
Les invasions germaniques
Les invasions germaniques des Ve et VIe siècles mettaient fin à l’Empire romain d’occident. Rome était détruite une première fois en 410, puis l'Empire d'Occident s'effondrait en 476, mais pas à la société gallo-romaine.
Les Parisiens résistèrent à l’assaut des Huns et de leur chef Attila. La tradition attribue à Geneviève, une jeune moniale d'avoir sauvé Paris. Les Parisiens négocièrent ensuite avec d’autres envahisseurs: les Francs.

Vers 482 Clovis, roi des Francs, et vainqueur des Romains apportait une relative unité politique et la première identité à l’espace français. Il adopta la religion chrétienne après avoir épousé Clotilde, une princesse burgonde christianisée.

Clovis associa son règne à Geneviève et en fit la patronne de Paris. Il se fit enterré près d’elle sur la montagne qui porte le nom de son héroïne (montagne Sainte- Geneviève).

Il fondait ainsi la première dynastie royale de l’histoire de France, la dynastie mérovingienne (Mérovée, ancêtre de Clovis).

Les rois mérovingiens étaient faibles. Ils devaient se déplacer fréquemment pour s’assurer de la fidélité des leurs sujets.

Leurs détracteurs avaient largement diffusé cette image de rois oisifs et absentéistes. Ils étaient qualifiés de « rois fainéants ». En fait, ils circulaient sur des routes très inconfortables, sur les chemins plutôt chaotiques, voire dangereux.

Au VIIe siècle, le roi Dagobert, modèle du roi faible et inculte (il ne savait ni lire ni écrire) gouvernait un vaste territoire. Malgré cela, il est encore de nos jours ridiculisé dans les chansons populaires : « Le bon roi Dagobert a mis sa culotte à l’envers ».

Au début du VIIIe siècle, les Mérovingiens étaient à la merci de la moindre crise.

En 732, une cavalerie arabo-musulmane, partie d’Espagne poussait une chevauchée jusqu’à Poitiers.

Charles Martel, maire du Palais, prit l’initiative de lever une armée pour stopper les chevaliers musulmans. L'incursion arabe était de courte durée, quelques d'années au maximum, donc insuffisante pour influencer la société française.

L'initiative du maire du Palais ouvrait une période de crise qui disqualifiât les mérovingiens. Le fils de Charles Martel, Pépin le Bref, prenait le pouvoir créant ainsi une nouvelle dynastie, celle des Carolingiens (Carolus désignant son père).
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