De la creation de l'union generale








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CELEBRATION DU 50ème ANNIVERSAIRE

DE LA CREATION DE L'UNION GENERALE

DES ETUDIANTS MUSULMANS ALGERIENS

(UGEMA)

1955-2005

DE L'UGEMA

Belaïd ABDESSELAM

DE L'UGEMA
II y a bientôt cinquante années, le 8 juillet 1955, s'ouvrait à Paris le Congrès Constitutif de l'Union Générale des Etudiants Musulmans Algériens (UGEMA). Après quelques jours de débats animés, l'organisation nationale des étudiants musulmans algériens était constituée. Sa création représentait, en fait, l'aboutissement et le couronnement d'efforts, de tentatives et d'espérances qui avaient commencé plus d'un demi-siècle plus tôt.

La création d'une association regroupant des membres dont l'effectif global à l'extrême ne devait pas dépasser un demi-millier pourrait, à première vue, apparaître comme un fait banal s'inscrivant dans la quotidienneté d'une vie sociale ordinaire, ne méritant pas de figurer dans les annales historiques de la vie de tout un peuple. En vérité, la création de l'union générale des étudiants musulmans algériens représente réellement quelque chose qui dépasse largement la dimension d'un fait banal dans la vie sociale de notre peuple. II s'agit bien d'un événement qui tient une place notable dans l'évolution historique de l'Algérie, puisque la naissance même de l'UGEMA, autant que les vicissitudes marquant le processus multi décennal qui avait précédé sa constitution, s'inscrivent dans le cadre de la problématique du mouvement national de notre peuple qui avait abouti à la restauration de notre Etat et au recouvrement de notre souveraineté nationale, en juillet 1962. Aussi bien, la célébration du cinquantième anniversaire de la création de l'UGEMA est-elle une date notable qui s'inscrit parfaitement dans l'année marquant le cinquantenaire de la grande Révolution Nationale Algérienne, année qui a débuté le 1er novembre 2004, en souvenir du 1er novembre 1954.

Est-il besoin, en cette occasion qui se situe dans le cadre de l'évocation d'un épisode marquant de notre évolution historique, de souligner que l'Algérie se rattache, sur le plan de son identité culturelle et civilisationnelle, au monde arabo-islamique, sans oublier de rappeler qu'au sein de l'aire que recouvre cette civilisation arabo-islamique, notre pays tient une position centrale dans le Maghreb, lequel Maghreb est la patrie du peuplement berbère ou amazigh. Le rôle du peuplement berbéro amazigh, en tant qu'acteur, créateur et porte-flambeau dans la civilisation arabo-islamique, se situe au premier plan parmi tous les peuples qui se rattachent à l'aire de cette civilisation et qui en revendiquent légitimement l'héritage historique. Pour les Amazighs du Maghreb, la culture arabo-islamique n'est pas un apport extérieur, étranger à leur génie et venu s'imposer à eux par l'effet des invasions perpétrées par d'autres ethnies que la leur ; bien au contraire, la culture arabo-islamique constitue un patrimoine à la formation duquel ils ont participé de façon déterminante, puisque cette culture est née avec l'Islam et que les Amazighs ont adopté l'Islam dès les premières décennies de son apparition ; car nul ne peut nier que le message de l'Islam a été apporté au Maghreb par ceux-là mêmes qui étaient les compagnons directs du Prophète, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui. Ces éléments importants de l'histoire de notre pays constituent le fondement aussi bien de l'existence de notre pays, l'Algérie, en tant que Nation que de son identité culturelle. Ce bref rappel de ces éléments de notre histoire nationale, en ce jour de célébration du cinquantenaire de la création de l'UGEMA, paraît nécessaire, car, précisément, l'existence même de notre nation à travers l'histoire et son identité culturelle avaient constitué l'un des thèmes primordiaux, sinon le thème central des débats qui avaient précédé la création de l'UGEMA.

Ainsi, donc, au jour de juin 1830 où elle subit l'agression du corps expéditionnaire français, l'Algérie constituait bien un pays qui avait son Etat et son identité culturelle. Cet Etat et cette identité se définissaient par leur appartenance au monde arabo ­islamique et à son aire civilisationnelle qui comptait parmi les civilisations ayant marqué notablement l'évolution de l'humanité à travers l'histoire, en particulier dans l'espace qui était, alors, connu et qui continue à être connu comme étant celui du bassin de la Méditerranée. On connaît ce qui advint de l'Algérie en conséquence de cette agression. Le 5 juillet 1830, l'armée française entrait dans Alger.

L'Etat Algérien, dirigé jusqu'alors par un pouvoir qui se rattachait au Khalifat Musulman siégeant à Istanbul, s'était effondré, davantage en raison des carences de son commandement militaire que de l'insuffisance des potentialités de défense dont il disposait, suivant les témoignages mêmes des officiers français qui avaient conduit l'attaque contre Alger. A cet effondrement de cet Etat Algérien fit suite la longue résistance militaire du peuple algérien à l'occupation et à la colonisation de son pays. On connaît les épisodes glorieux de cette résistance qui se déroula, à une grande échelle, sur une quarantaine d'années. Parmi les actions ainsi initiées au sein du peuple algérien lui-même pour la défense de son territoire et la préservation de sa dignité et de son existence en tant que Nation émerge, avec une vigueur et un éclat particulier, l'œuvre conduite sous l'égide de l'Emir ABDELKADER. En effet, le Grand héros de la résistance du Peuple Algérien, au cours du dix-neuvième siècle, s'était affirmé par le retentissement de ses campagnes militaires ; mais, il s'était illustré davantage par les efforts intenses, multiples et continus que, dès le début de son action, il n'avait cessé de déployer pour la restauration et la régénérescence de l'Etat Algérien. Beaucoup de récits ont relaté les différentes créations qu'il avait accomplies ou qu'il avait entrepris d'accomplir en vue de parvenir à cet objectif dont il faisait le couronnement ultime de son œuvre. A ce sujet, il est un fait qui s'inscrit bien dans la ligne que s'était tracée l'Emir ABDELKADER afin de doter notre pays d'un Etat moderne et de faire entrer l'Algérie dans ce qu'on appelle aujourd'hui la modernité : c'est l'intention, qui n'avait pu se concrétiser en raison des circonstances de la guerre contre l'invasion coloniale, que l'Emir avait manifestée d'envoyer en France des missions de jeunes Algériens afin d'y suivre des études leur permettant d'acquérir les connaissances nécessaires à la promotion de leur pays dans les normes de la vie moderne. L'initiative que l'Emir ABDELKADER avait nourri ainsi l'intention de lancer, dans le cadre de ses projets de reconstruire l'Etat Algérien sur une base nationale et suivant des méthodes empruntées aux pays avancés d'Europe, est rapportée en ces termes dans un ouvrage publié en 1838 par un auteur français, A. DESJOBERT, Député de la Seine Inférieure, contemporain de l'Emir :

« ABDELKADER, outre les qualités arabes et mahométanes que personne ne lui « conteste, a le sentiment des améliorations à introduire dans son pays. Au « moment du traité avec le Général DESMICHELS, il eut, pour l'accomplissement « de ses projets, à combattre le parti fanatique ; il était l'homme progressif et « révolutionnaire ; il se disposait à envoyer en France les fils et proches parents « des personnages les plus considérables de la province, pour y prendre les « connaissances d'un ordre élevé ; il devait envoyer à Marseille une trentaine « d'Arabes, pour y recevoir une éducation industrielle. C'est par ces moyens que « la Turquie et l'Egypte viennent s'instruire en Europe des sciences et des arts qui « font l'honneur de notre civilisation. Mais, la guerre survint et le parti fanatique « l'emporta. II faut l'ordre et la paix pour pouvoir entreprendre des améliorations. « Un pouvoir national attaqué, dans son existence, est obligé, au moment du « danger, de s'appuyer sur les passions politiques ou « religieuses du peuple confié « à sa responsabilité. »

Dans un autre ouvrage publié une année auparavant, en 1837, A. DESJOBERT, qui ne manque pas, néanmoins, de visées impérialistes pour son pays sur notre littoral méditerranéen, écrit :

« L'Egypte et la Turquie envoient leurs enfants à Paris pour puiser à la source les « trésors de la civilisation, et s'identifier avec elle, chez elle. ABDELKADER avait « senti les avantages qui devaient résulter de ce frottement des intelligences. »

Cette aspiration vers le « frottement des intelligences », que le député français reconnaît ainsi à l'Emir ABDELKADER, n'est-elle pas le point de départ symbolique du mouvement qui, des décennies plus tard, va prendre son élan avec la possibilité donnée par la puissance occupante coloniale à des jeunes Algériens d'accéder aux écoles d'enseignement supérieur installées par cette puissance en Algérie. La création de l'UGEMA, en juillet 1955, n'est-elle pas, en définitive, l'aboutissement de l'évolution de ceux qui ont pu disposer de la faculté d'accéder au savoir et qui, dès le départ et tout au long de cette évolution, n'ont cessé de lier leur sort et leurs aspirations à la problématique du devenir de leur peuple et aux préoccupations des couches de ce peuple les plus affectées, dans leur vie, par les effets de la colonisation qui s'était instaurée par la force en Algérie.

Cependant, à la différence de leurs homologues et coreligionnaires d'Egypte et de Turquie, les jeunes Algériens, admis ainsi à fréquenter les différents établissements d'enseignement instaurés dans leur pays par le régime colonial, n'avaient pas bénéficié de l'avantage dont les jeunes Turcs et Egyptiens ont eu le privilège en arrivant en Europe en fils d'un peuple libre ; les jeunes Algériens, eux, sont entrés dans les écoles et les universités françaises en tant que ressortissants « indigènes » d'un pays privé de sa souveraineté et de sa liberté. Les auteurs européens, au même titre que leurs confrères d'Egypte et de Turquie, insistent sur le rôle éminent assumé dans ce qu'on appelle la « Renaissance » du monde arabe et l'ère des réformes modernes dans l'Empire Ottoman, par les missions d'étudiants envoyés en Occident par les gouvernants de l'Egypte et de la Turquie, tout au long du dix-neuvième siècle et au début du vingtième.

A tort ou à raison, on reconnaît que l'invasion perpétrée par BONAPARTE en Egypte à la fin du dix-huitième siècle, au même titre que les affrontements de l'Empire Ottoman avec ses rivaux européens au cours du dix-neuvième siècle, ont constitué le coup de semonce qui a permis aux peuples Turc et Egyptien de prendre conscience de leur retard historique par rapport aux autres peuples et d'amorcer l'œuvre de leur redressement national et de leur renaissance culturelle. En Algérie, l'agression française de 1830 allait susciter un sursaut salutaire similaire à ce qui s'était produit en Turquie et en Egypte, quand on prend en compte les initiatives prises dans ce sens par l'Emir ABDELKADER, en particulier le projet qu'il avait conçu d'envoyer des missions d'étudiants en France. Malheureusement, pour notre pays, à la différence de ce qui s'était produit pour la Turquie et l'Egypte, notre pays n'a pas été seulement l'objet d'une attaque armée ; il devait constituer la cible d'une invasion profonde visant à son annexion et à en faire l'objet de l'une des entreprises de colonisation dites de peuplement, lancées par les pays européens au dix-neuvième siècle. De ce fait, notre pays perdit son indépendance ; bien plus, il faillit être dépourvu de son identité culturelle.

En Algérie, ce fut durant la période historique connue en France sous l'appellation de Second Empire qu'eurent lieu les premières tentatives de ce que la terminologie coloniale désignait sous le vocable de la « scolarisation des indigènes ». Cependant, à la différence notable de ce qui se passait en Egypte, en Turquie, en d'autres pays du Moyen-Orient et même en Tunisie, les jeunes Algériens auxquels le colonisateur ouvrait l'accès à ses écoles n'étaient plus les citoyens d'un pays libre. Aussi, l'ouverture de ces écoles fut-elle accueillie par les familles algériennes comme la tentative d'une forme de « conquête morale » devant suivre et compléter la « conquête militaire » de leur pays. Sous l'égide de l'Emir ABDELKADER, les jeunes Algériens retenus en vue d'aller « quérir la science » en Europe, de la même manière que notre prophète recommandait d'aller la chercher même en Chine, devaient arriver en Europe comme les missionnaires d'un peuple avide de progrès, mais jalousement attaché à sa liberté et profondément fidèle à sa culture, si l'initiative du héros légendaire de notre résistance nationale avait pu être concrétisée. Malheureusement, au moment où il leur fut possible d'accéder au système d'enseignement auquel l'Emir ABDELKADER envisageait, des décennies plus tôt, de faire ouvrir l'accès à leurs aînés, cet enseignement n'était plus considéré par les jeunes Algériens qui accédaient aux écoles coloniales, comme un facteur de progrès pour leur pays. II convient simplement, aujourd'hui, de rappeler que, par leurs propos, de nombreux responsables politiques français définissaient ces Algériens qu'ils accueillaient dans leurs écoles, comme des individus issus de peuplades sauvages ou de races inférieures, se situant en dehors de la civilisation humaine, voire comme des êtres inaptes à cette civilisation. Le moins qu'il était demandé aux Algériens, surtout quand il leur était permis de fréquenter les écoles, les collèges, les lycées ou l'université, installés dans leur pays par leurs colonisateurs, était de se dépouiller de leur identité, considérée par les auteurs coloniaux comme la marque de l'obscurantisme. Les théoriciens de la colonisation souhaitaient voir ces Algériens scolarisés dans leurs écoles revêtir la tunique de la culture du colonisateur, dominateur de leur pays et, cela, comme signe d'acquiescement destiné à avaliser l'effacement de leur propre culture, c'est-à-dire de ce qui fait l'essence même de leur identité et de leur dignité.

Les étudiants Turcs ou Egyptiens étaient accueillis en France comme les représentants de pays où on attendait d'eux de contribuer à faire connaître, accueillir et rayonner la culture française, aux côtés de la culture à laquelle la langue arabe sert de forme d'expression et l'Islam de source de ses valeurs fondamentales. Les étudiants Algériens, par contre, étaient reçus, auprès des institutions mêmes chargées d'assurer leur formation, soit comme de futurs rebelles issus d'un peuple hostile, soit comme des clients à dépouiller de toute attache avec leur passé et avec leur milieu d'origine en vue d'en faire des agents au service de la domination de leur propre pays. Les étudiants Turcs, Egyptiens ou Moyen-Orientaux, d'une manière générale, arrivaient en France et en Europe, préalablement nourris de leur culture nationale qu'ils viennent enrichir des apports puisés auprès d'autres cultures et en se confrontant aux expériences et aux progrès réalisés par les pays d'accueil. Ils étaient reçus en amis et en futurs correspondants, dans leur pays d'origine, pour la culture du pays où ils venaient récolter des connaissances non disponibles chez eux. Cette situation aurait pu être aussi celle des jeunes Algériens, si leur Etat n'avait pas été détruit par l'agression coloniale et si la tentative de l'Emir ABDELKADER d'édifier en Algérie un Etat moderne issu de la volonté populaire n'avait pas été empêchée d'aboutir par la reprise et la poursuite de la guerre d'occupation de notre pays. Si la tentative de l'Emir avait réussi, les institutions d'enseignement et l'université créées par la France auraient joué en Algérie le rôle tenu par les universités américaine et française à Beyrouth et au Caire ; les Algériens auraient accédé aux connaissances des sciences modernes dans la pleine possession de leur propre culture nationale. On reconnaît, généralement, le rôle positif assumé par les institutions universitaires françaises établies au Moyen-Orient, dans la modernisation de la langue arabe et l'adaptation réussie de cette langue à véhiculer les concepts de la culture scientifique. En Algérie, on doit aux responsables coloniaux, cet aphorisme qu'engendre l'arrogance consécutive à l'esprit de conquête : « l'arabe classique est une langue morte ; l'arabe parlé est un patois inapte à l'expression de la culture ; l'arabe moderne est une langue étrangère». En Algérie, pendant la période coloniale, l'arabe avait le statut d'une langue étrangère, au même titre que l'anglais ou l'allemand. Et, de fait, il était enseigné aux enfants Algériens, comme langue étrangère dans les établissements d'enseignement fonctionnant dans notre pays.
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