Littérature québécoise Volume 144 : version 0 Journaliste, essayiste, conférencier, avocat, député, puis secrétaire d’État à Ottawa, Étienne Parent a été de nombreuses années directeur du journal Le Canadien,








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titreLittérature québécoise Volume 144 : version 0 Journaliste, essayiste, conférencier, avocat, député, puis secrétaire d’État à Ottawa, Étienne Parent a été de nombreuses années directeur du journal Le Canadien,
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grammar school), établis dans Toronto. Aux conseils municipaux, substituez le grand conseil de l’État, avec des moyens suffisants, et vous avez mon idée en réalisation. Cette disposition législative signifie au moins que, dans le Haut-Canada, l’on a senti qu’il y avait quelque chose à faire pour l’intelligence plébéienne ; c’est une admission du principe que je soutiens, que l’État ou le public doit venir en aide à l’intelligence mise en oubli par la fortune. Le législateur haut-canadien a été moins hardi que je ne le voudrais, mais en tout c’est le premier pas qui coûte ; et si nous arrivons un jour au bout de la carrière, au Haut-Canada appartiendra l’honneur de l’avoir ouverte. Pour nous, Bas-Canadiens, puisque nous ne pouvons plus avoir le mérite du premier pas, tâchons d’avoir au moins celui du second.

ART. 4. – Pour être habile à remplir aucune charge, ou emploi public quelconque, exécutif, législatif, judiciaire, administratif, municipal, etc., il faudra avoir passé avec succès par un ou plusieurs degrés d’instruction, selon l’importance ou la nature des fonctions à remplir.

Cet article est le complément, la pierre angulaire de mon système. Je ne vous ai pas caché que c’était une aristocratie que je voulais former, l’Aristocratie de l’Intelligence. Ma classe des Lettrés, une fois organisée, aura donc exclusivement le gouvernement de la société ; elle sera l’État, sujette, suivant les différentes formes de gouvernement, à l’élection populaire, ou à la nomination des autorités constituées, quelles qu’elles soient. Les emplois publics constitueront le patrimoine de la nouvelle Aristocratie, qui, par la nature de sa formation, ne pourra guère en avoir d’autre, elle qui, à chaque génération, surgira principalement des classes populaires, qui, elles, n’ont pas de patrimoine proprement dit.

Qu’une pareille idée choque là où règne l’aristocratie de naissance, je le conçois. Le roturier même se sentira d’abord pris de vertige à l’idée de voir, un jour, son fils l’égal, le supérieur peut-être du fils de son seigneur. Mais dans un pays comme le nôtre, où le corps gouvernant se trouve en grande partie composé de ce que les Aristocrates du vieux régime appellent des parvenus, je ne vois guère ce que l’idée en elle-même pourrait avoir de froissant ou d’étrange. Il est bien vrai qu’avec le nouveau système, il peut se trouver, aux premiers échelons de l’échelle sociale, des pères dont l’amour paternel craindrait que leurs fils ne se maintinssent pas à la hauteur qu’ils ont atteinte ; mais aussi qu’ils prêtent l’oreille à la voix de l’amour filial, et elle leur dira qu’avec ce système leurs pères leur auraient peut-être frayé le chemin à la position honorable qu’ils occupent aujourd’hui. Voilà donc le dilemme où se place quiconque rejetterait le nouveau système par le motif que je viens d’exposer ; ou vouloir que son fils occupe une place élevée sans la mériter ; ou approuver l’abaissement de son propre père. Je pense donc que s’il y a quelqu’un capable d’être influencé par un pareil motif, il n’osera pas l’avouer. Mais on tâchera de faire un épouvantail de ce qu’on appellera l’énorme puissance, que le monopole des emplois publics accumulera dans une seule classe de la société, et l’on criera au despotisme.

D’abord, messieurs, vos sociétés se dissolvent faute d’une autorité imposante, d’une autorité reconnue pour légitime, d’une autorité devant laquelle toutes les oppositions insensées courbent la tête. Je vous offre l’intelligence ; en avez-vous une plus légitime à substituer aux cadavres de toutes les anciennes légitimités ? Cette intelligence, je la veux organisée ; elle ne peut devenir puissance salutaire qu’à ce prix ; elle ne peut vous sauver qu’à cette condition. Vous borner à développer l’intelligence, sans lui assurer en même temps le gouvernement de la société, en la laissant à la merci des caprices populaires, ou des intrigues de cour, mais c’est augmenter le mal qui tue vos sociétés ; c’est déchaîner sur le monde, déjà dans la tourmente, tous les ouragans enfermés dans les cavernes d’Éole. Oh ! mieux vaut cent fois revenir tout à fait aux temps les plus sombres de l’ancien régime. Comprimons, comprimons ; fermons toutes les écoles ; peines sévères, comme chez nos voisins du sud, contre quiconque enseignera la lecture à nos classes ouvrières ; mettons sur pied des légions de soldats et de gendarmes pour les contenir, et les sabrer ou mitrailler au besoin ; relevons les bastilles ; rétablissons l’inquisition même s’il le faut, et comme chante Béranger,
Éteignons les lumières

Et rallumons les feux.
Vite, dépêchons-nous ! N’entendez-vous pas une de ces intelligences déplacées vomir, aux acclamations des masses, des énormités, des blasphèmes tels que le monde n’en avait encore entendus ? « La Propriété est un vol ! »... « Vive l’Anarchie ! »... « Dieu, c’est le mal ! » a hurlé une voix sortie des enfers. Et cet homme [Proudhon] peut à l’aise développer ses épouvantables doctrines au sein de la capitale du monde civilisé, ce cratère, en même temps que ce flambeau du monde intellectuel, où la renommée, souvent la fortune, attendent l’homme de génie qui s’attaque à l’ordre établi. N’est-ce pas un sujet digne de sérieuses réflexions, que l’art de médire de la société soit devenu un des plus profitables ?

C’est que nos lois de propriété sont si insociales, présentent et produisent tant d’abus, que les peuples ont pu s’entendre dire, sans en être trop scandalisés, que « la propriété est un vol ». C’est que nos gouvernements et nos sociétés sont encore tellement entachés de privilèges répudiés par la nature, que les populations exploitées ont pu, sans trembler, entendre invoquer « l’Anarchie ». C’est enfin qu’on a associé le saint nom de Dieu à tant de maux, tant de crimes, tant d’oppressions, que l’on a pu entendre, sans être frappé de stupeur, cet horrible blasphème : « Dieu c’est le mal ! » Et le plus grand coupable en cela, ce n’est pas le blasphémateur, mais bien ceux qui ont profané le nom de Dieu en le rendant garant de leurs propres iniquités. La cupidité, l’ambition, la sottise, quelquefois ont déconsidéré, pollué tout ce qu’il y a de plus sacré. Lois, mœurs, gouvernement, religion, elles ont tout livré à découvert aux attaques des intelligences méconnues et aigries qui, se voyant les portes de la place fermées, se sont mises à en saper les murailles, et y faire pleuvoir leurs projectiles incendiaires.

Qu’allez-vous faire ? vous êtes impuissants, vous le savez, à opposer une digue au torrent ; alors creusez-lui donc un lit. L’intelligence jette partout le désordre ; intéressez-la au rétablissement et au maintien de l’ordre. D’une puissance destructive, faites-en une puissance conservatrice. Et ne craignons pas de la rendre trop forte ; car, avec l’organisation que je propose, l’intelligence sera puissante à faire le bien, et impuissante à faire le mal. Arrêtons-nous un instant sur ce point.

D’abord, s’il y a une puissance dont l’on puisse attendre sympathie et affection pour le peuple, c’est assurément un corps d’hommes sortis de tous les rangs du peuple sans distinction. Qui auraient-ils à opprimer ? leurs pères, leurs frères, leurs amis d’enfance. Au profit de qui opprimeraient-ils ? pas à celui de leurs enfants, car ceux-ci auraient pour la plupart à souffrir des actes d’oppression de leurs pères, qui ne pourraient leur assurer aucun avantage politique. Serait-ce à leur profit personnel et viager ? Mais alors remarquez qu’il ne pourra y avoir au pouvoir qu’un petit nombre de nos Lettrés à la fois, qui seront surveillés sans cesse par ceux qui convoiteront leurs honneurs et leurs émoluments. Au sein de notre aristocratie de l’intelligence, vous verriez se former, comme dans tous les gouvernements représentatifs, des partis opposés bien distincts, cherchant toutes les occasions de se supplanter les uns les autres dans la confiance du peuple, et se tenant réciproquement en échec. Soyons sûrs que l’éveil ne manquerait jamais d’être donné, au son de la trompe, à la moindre tentative contre la gloire, l’honneur ou l’intérêt de la nation. Vous auriez en pratique, à peu près, le spectacle que présente l’aristocratie anglaise, divisée en deux partis qui se disputent le pouvoir, avec un peuple gagnant quelque chose à chaque défaite de l’un ou de l’autre parti, tandis que les luttes de ces partis ne font que rafraîchir et purifier l’atmosphère politique.

Je viens de signaler le système anglais comme offrant en pratique un point de ressemblance avec celui que je propose, et qui regarde de près, ne fera guère que généraliser, et introduire partout quelque chose d’analogue, quant aux résultats utiles au moins, à ce que le temps et la sagesse de plusieurs générations ont établi en Angleterre. Cela mérite réflexion ; car qui dit système anglais, dit ordre, stabilité, et liberté au-dedans ; grandeur, puissance et gloire au-dehors ; enfin prospérité industrielle et commerciale inouïe jusqu’à nos jours. Et je n’hésite pas à attribuer tous ces grands résultats à l’aristocratie anglaise, comme la grandeur de l’ancienne Rome à son patriciat. Pour faire arriver un pays à la grandeur, et l’y maintenir pendant plusieurs siècles, il faut l’intelligence et l’esprit de suite, qui ne peuvent se trouver que dans un corps aristocratique, ayant lui-même de la permanence.

Chez les anciens, il n’y eut guère de grande puissance durable que les Romains. Les Grecs eux-mêmes, supérieurs à tous les peuples de l’Antiquité dans les arts et dans les sciences, ne devinrent puissance de premier ordre que sous et par Alexandre-le-Grand, dont l’empire périt avec lui, faute d’une aristocratie puissante pour le conserver.

Parmi les puissances asiatiques, renommées en fait de grandeur et de permanence, vous n’avez dans l’une et l’autre ère que la Chine. Mais remarquez que le Mandarinat y est une vraie Aristocratie, qui se recrute dans le corps des Lettrés, qui même se compose de ce corps, lequel est divisé en dix-huit classes, et au nombre de 90,000. Ce chiffre n’est pas énorme pour une population de 170 millions selon les uns, de 340 millions selon les autres.

La Turquie inaristocratique, reconnue puissance européenne depuis le milieu du 15PPPPPePPPPP siècle, ne l’est encore, on le sait, que grâce à la jalousie et aux craintes des autres puissances européennes envers la Russie. Cette dernière inquiète l’Europe par la politique traditionnelle de ses Boiards, convoitant Constantinople et son beau ciel, autant peut-être que l’avantage de sa position.

Venise, qui fut pendant plusieurs siècles une grande puissance européenne, démocratique d’abord, finit par devenir une République aristocratique.

La Hollande ne put guère conserver sa forme démocratique et son indépendance que pendant une couple de siècles.

La grandeur de tous les peuples modernes, jusqu’aux temps révolutionnaires, est due, sans contredit, au principe aristocratique de la féodalité, qui malheureusement fit plus pour la grandeur nationale, que pour la liberté politique.

De nos jours, on a pu croire, quelque temps, que l’empire de Charlemagne allait renaître ; mais le nouvel Alexandre n’a pas été plus heureux que l’ancien ; son empire s’est écroulé avec lui : parce que, lui vaincu, il ne restait plus qu’un peuple, peuple de braves, mais sans chefs, sans guides. Et tous les gouvernements aristocratiques, que le grand conquérant avait foulés aux pieds, se sont reconstitués par la force inhérente à leur nature. « Tout est perdu fors l’honneur », disait François 1PPPPPerPPPPP, après la bataille de Pavie, qui eût été son Waterloo peut-être, s’il n’eût laissé derrière lui la noblesse de France, se sentant solidairement responsable de la gloire et de l’honneur de son pays.

Mais je reviens à l’Angleterre, d’où je suis parti pour cette petite digression historique. On ne saurait trop étudier le fonctionnement de son gouvernement, dont la stabilité, au milieu de la tourmente révolutionnaire qui ébranle l’Europe depuis trois quarts de siècle, est un sujet d’étonnement pour tout le monde. On ne croit plus guère à l’action magique du balancement des pouvoirs, au degré au moins qu’on y croyait ci-devant. Pour moi, je trouve le mot de l’énigme dans la satisfaction que la classe gouvernante en Angleterre a su, d’une manière ou d’une autre, donner à l’intelligence. Moins exclusif, moins hautain que les autres aristocraties européennes, le patriciat anglais s’est empressé d’accueillir les grands talents, issus de la bourgeoisie et du peuple.

Et comme une bien minime proportion des intelligences actives pouvaient trouver place à l’intérieur, on leur a donné l’empire des mers, et l’exploitation des plus riches contrées du globe. On a souvent reproché à l’Angleterre son esprit d’envahissement, mais on ne faisait pas attention que c’était pour son aristocratie une condition d’existence ; to be or not to be. Aussi toute l’énergie de l’Angleterre a été dirigée vers la marine et la colonisation, débouchés immenses ouverts à la surabondance de sa vitalité sociale. C’est ainsi que l’aristocratie anglaise a su transformer en éléments de prospérité et de grandeur, ce qui, chez les nations du continent européen, est une source de trouble et d’affaiblissement.

Mais que le temps arrive où ces débouchés extérieurs seront fermés ; et cela doit arriver un jour ; que cette multitude de fiers Anglo-Saxons, qui exploitent aujourd’hui l’Indoustan, l’Australie, les Antilles, et le nord de l’Amérique, se trouvent confinés dans leur Isle, et vous verrez que le balancement des pouvoirs n’empêchera pas longtemps l’Angleterre de subir la loi commune. Alors l’aristocratie anglaise sentira, si elle ne le sent déjà, qu’on ne lui laissait l’empire incontesté au-dedans qu’à la condition d’avoir, au-dehors, l’exploitation de domaines illimités. Alors il faudra que le privilège compte avec la nature, et que les lois de l’homme fassent place aux lois de Dieu.

En attendant, n’en reconnaissons pas moins la haute habileté avec laquelle l’aristocratie anglaise a su profiter des avantages, que lui ont fait sa position géographique, ses ressources territoriales et le génie de son peuple, pour la prospérité, la gloire et la grandeur de son pays. Reconnaissons en même temps qu’il n’y avait qu’un corps aristocratique capable de créer et de maintenir l’Empire Britannique, cet empire sur lequel, depuis déjà plusieurs siècles, comme disent avec orgueil les Anglais, le soleil ne se couche pas. Reconnaissons aussi qu’il est donné à peu de nations de pouvoir satisfaire leur ardente démocratie avec les dépouilles opimes de l’univers. Et la dissémination des lumières, et des idées de liberté et d’indépendance va rendre cette tâche de plus en plus difficile. Puis, il n’y a plus d’Amérique, ni d’Australie à découvrir, et à donner en pâture aux démocraties à venir. Il importe donc à tous les peuples de mettre ordre à leurs affaires intérieures, s’ils ne veulent être pris au dépourvu lorsque les temps se trouveront accomplis pour chacun.

À l’encontre de tous les exemples que j’ai cités, pour démontrer l’utilité, la nécessité d’un principe aristocratique dans les sociétés qui tendent à de grandes destinées, nous avons bien sous les yeux cet étonnant phénomène politique, qu’on appelle les États-Unis d’Amérique. Mais attendons, ce n’est pas encore tout à fait de l’histoire. Il y a chez cette nation, déjà si grande dans sa première virilité, plus d’un principe d’affaiblissement et de dissolution, entre autres l’esclavage au sud, au nord des germes de socialisme, partout un esprit effréné de conquête et d’envahissement, qui tôt ou tard produiront leurs fruits, à moins qu’on n’introduise dans ses institutions un principe aristocratique puissant. Et pour les peuples d’Amérique je ne vois, pour arriver à cette fin, que l’organisation de l’intelligence, de manière à en faire une puissance reconnue, distincte et permanente. Les admirateurs quand même du système des États-Unis font sonner bien haut l’avantage, dont y jouit chaque citoyen, de pouvoir parvenir aux postes les plus élevés, et l’on vous montre, avec triomphe, occupant actuellement le fauteuil présidentiel, un homme sorti de la classe ouvrière, un ci-devant apprenti-tailleur. Mais on ne vous dit pas que la porte de White House est en pratique fermée aux grands talents, aux plus grands hommes de la République. Henry Clay, une des plus belles et des plus fortes intelligences du temps, a brigué en vain la présidence. Et Daniel Webster, rival digne de Clay, n’a pas été ni ne sera probablement plus heureux. C’est pour moi un mauvais symptôme que cette exclusion, cet ostracisme des plus hautes intelligences. Cela me fait craindre pour les États-Unis, quelqu’un de ces jours, la survenance de quelque Coriolan, moins une mère, grande patriote, pour le désarmer.

Mais puisque nous voilà rendus aux États-Unis, nous n’avons plus qu’un pas à faire pour revenir dans notre Bas-Canada. J’allais oublier que nous, Canadiens français, présentons un des exemples les plus frappants à l’appui de la proposition que je soutiens. Vous le savez, nous excitons l’étonnement de tous les étrangers, qui ne peuvent s’expliquer l’existence, en Canada, d’un peuple distinct de ceux qui habitent l’Amérique du Nord ; comment une soixantaine de mille pauvres colons français, abandonnés, il n’y a pas encore un siècle, sur les bords du Saint-Laurent, ont pu, sous l’étreinte de la conquête, former un peuple nombreux et fort, avec sa religion, sa langue et ses lois. À quoi devons-nous, après Dieu, la conservation de cet héritage de nos pères, si ce n’est à l’existence, et à l’action bienfaisante d’un élément social aristocratique, à notre excellent clergé ?

En vous parlant du clergé canadien, je passerai avec un respectueux silence devant l’homme angélique, qui renonce à toutes les affections terrestres, aux joies du monde, aux félicités de la famille, pour embrasser une vie toute d’abnégation, de dévouement et de charité. Je ne vous parlerai pas de l’homme qui bénit notre entrée dans la vie ; qui nous guide dans l’exercice des vertus chrétiennes dès notre bas âge ; qui au printemps de la vie sanctifie nos amours ; qui est un second père, un second ami, à ceux qui en ont, et qui en sert à ceux qui n’en ont pas ; qu’on trouve toujours à son chevet avec des paroles de consolation et d’espérance lorsqu’on arrive au terme de sa carrière, et qui enfin bénit notre tombeau comme il avait béni notre berceau. Cet homme, ce n’est pas à nous qu’il appartient d’en parler ; laissons ce soin à ceux qui nous ont précédés dans la vie. Eux seuls, de la haute sphère où ses conseils et ses exemples les ont conduits, peuvent dignement apprécier ses services, et lui témoigner la reconnaissance qui lui est due.

C’est donc sous un autre point de vue que je veux vous présenter le clergé canadien ; c’est du prêtre patriote et national que je veux parler ; de cet homme qui a si bien rempli, et qui promet de remplir mieux que jamais, la noble tâche, la part si méritoire qu’il a entreprise dans la grande lutte de notre nationalité.

Vous savez, messieurs, dans quel triste état se trouvèrent nos pères à la cession de ce pays à l’Angleterre. Les premières familles, « ma noblesse canadienne », comme disait Louis XIV, abandonnèrent à son sort cette population de braves, dont le sang et le courage avaient fait la gloire de ces mêmes familles, depuis plusieurs générations. Oh ! les ingrats ! au moment où ils pouvaient rendre au peuple en services civiques ce qu’ils en avaient reçu en gloire militaire, ils l’abandonnent ! Que serions-nous devenus, si notre clergé nous eût abandonnés aussi ? Que serions-nous devenus, sans guides éclairés, nous peuple soldat et voyageur, n’ayant d’autre science que celle des camps et des courses aventureuses, vis-à-vis de cette population nouvelle, qui s’introduisait au milieu de nous, avec tous les moyens d’une industrie avancée, avec toutes les puissances de la paix, bien autrement formidables pour nous alors, que les puissances de la guerre ? C’en était fait ; notre heure allait sonner, comme peuple, si le clergé ne nous eût tendu la main.

Naturellement le prêtre, ayant une mission plus élevée, ne pouvait devenir tout à fait citoyen, renoncer à son ministère sacré pour prendre en main les destinées temporelles du peuple. Il fit mieux encore ; il se dit : « Faisons des citoyens éclairés. » Alors, comme le nouveau gouvernement s’empara des belles dotations faites sous l’ancien pour l’éducation de la jeunesse canadienne ; comme le beau collège des Jésuites fut transformé en casernes, destination qu’il a encore, au grand regret de tous ceux qui s’intéressent à l’honneur du nom anglais, nos séminaires se transformèrent en collèges ; les lévites ouvrirent les portes du temple, et appelèrent le peuple dépouillé à partager les offrandes faites pour le soutien de l’autel. Bientôt ce secours ne suffisant plus, l’on vit de simples prêtres, au prix de mille privations, et même de rudes travaux manuels, jeter les fondements de magnifiques collèges, qui feraient honneur à des pays beaucoup plus avancés que le nôtre.

Ces collèges sont autant de citadelles nationales, où de généreux ecclésiastiques se dévouent à l’ingrat labeur du professorat, sans autre rémunération qu’une nourriture des plus frugales, et un vêtement non moins modeste, tandis que d’autres aident à recruter l’armée nationale, en employant leurs épargnes à y maintenir une jeunesse intelligente, plus favorisée par la nature que par la fortune.

C’est ainsi qu’il est sorti du peuple des hommes qui ont pris la place des déserteurs de ’59, et qui ont fait qu’il y a encore un peuple canadien-français, et que ce peuple pèse encore dans la balance des destinées canadiennes.

Mais pour revenir à notre sujet, qui a permis au clergé d’opérer tant de bien ? C’est la nature aristocratique de ce corps, c’est l’esprit d’unité et l’esprit de suite, qui ne peuvent exister, comme je l’ai déjà remarqué, que dans un corps aristocratique, dont les membres sont liés entre eux par une certaine communauté de vues, d’affections et d’intérêts, et toujours prêts, au besoin, à se donner mutuellement la main, concentrant sur un seul point, vers un but unique, toute l’énergie et la puissance du corps entier.

Quoique exempt par état de se mêler activement de politique, notre clergé nous a rendus, sous ce rapport, d’incontestables services dans le cours de nos grandes luttes. On lui a quelquefois reproché d’être trop timide, mais combien de mouvements populaires irréfléchis n’a-t-il pas empêchés ou restreints ? combien d’œuvres publiques et nationales n’a-t-il pas favorisées ? combien d’utiles conseils et encouragements n’a-t-il pas donnés à nos hommes publics dans les temps difficiles ? Et à qui devons-nous cette admirable unité d’action politique, qui a été jusqu’à présent un des traits caractéristiques de notre population ; qui a fait sa force et son salut, au milieu des constantes et terribles luttes, que nous avons eu à soutenir, depuis près d’un siècle, pour sauver notre race de l’exploitation et de l’anéantissement ? À l’heure qu’il est, cette unité fait le désespoir de nos adversaires politiques, qui voient que, grâce à elle, nous nous sommes fait une arme de cette même union des Canadas, machine infernale qui a éclaté entre les mains de ses fabricateurs.

Oh ! messieurs, faisons en sorte, prions le ciel qu’elle dure toujours, cette belle et précieuse union du peuple canadien avec son clergé, car ce dernier sera longtemps encore, toujours je l’espère, le ciment et l’arc-boutant de notre société. Unis, affectionnés l’un envers l’autre, ils sortiront victorieux des épreuves que leur réserve encore l’avenir, tout comme ils sont sortis de celles que le passé ne leur a certes pas épargnées. Pendant que le peuple combattra dans la plaine, le clergé, comme un second Moïse, du haut de la montagne, tiendra les bras élevés vers le ciel, et en fera, comme lui, descendre la victoire sur nos bataillons patriotiques.

Oh ! si ce n’est par reconnaissance, par intérêt au moins, cessons ces discussions malveillantes, dont la tendance, sinon le but caché, est de diminuer la confiance mutuelle qui a jusqu’à présent régné entre notre clergé et notre peuple. Et s’il en est qui, pour le succès de leurs vues et projets, se défient du clergé, redoutent son influence, c’est une forte raison pour nous de nous défier de ces vues et de ceux qui les appuient. Le clergé sort du peuple, vit et meurt au milieu du peuple ; plus que tout autre corps d’hommes, il est intéressé au bonheur et à la prospérité du peuple ; avec nos institutions politiques, et notre position sociale, il est impossible qu’il devienne jamais assez puissant pour avoir la tentation de devenir oppresseur ; que signifient donc ces signes de mauvais vouloir, qui se font remarquer à son égard, depuis quelque temps, dans certains quartiers ? j’aime à croire qu’ils sont le fruit de l’inexpérience et de l’irréflexion chez des hommes qui, encore incapables d’embrasser l’ensemble des choses humaines, osent néanmoins, les imprudents, en juger d’après quelques impressions de détails et à première vue.

Tout le monde connaît l’histoire de Phaéton, fils d’Apollon, qui obtint de son père de conduire le char de la lumière pendant un jour ; ne sachant pas le diriger, il faillit brûler la Terre, qui se plaignit à Jupiter ; celui-ci foudroya Phaéton et le précipita dans l’Éridan. C’est là l’exacte figure des faits et gestes de ces hommes qui, en entrant dans le monde, ont l’extrême présomption de vouloir diriger l’opinion publique. Seulement Jupiter ne se trouve plus là pour écouter les plaintes des pays que les nouveaux Phaéton menacent d’embraser.

ART. 5. – Avances remboursables, avec ou sans intérêt, aux élèves pauvres, des différents degrés supérieurs, qui, n’étant pas placés dans quelque emploi public rétribué, désirent s’engager dans quelque profession, art ou industrie.

Dans la discussion de l’article précédent, je me suis efforcé de tranquilliser les esprits défiants, à l’endroit de la puissance dont se trouverait investi notre corps des Lettrés, en ayant le monopole des emplois publics. J’ai essayé de vous faire voir que cette puissance cesserait du moment que ses possesseurs s’écarteraient de la voie du bien, semblables au géant Antée, qui perdait toute sa force du moment que ses pieds partaient de terre. Rassurons-nous, messieurs, il n’y a rien à redouter d’un corps aristocratique constitué comme celui que je propose, et dans les conditions où nous le plaçons. Tout ce que nous lui assurerons en importance, en considération, tournera avec usure à notre profit et à notre honneur, et à la gloire de notre pays.

Aussi, ne devons-nous pas nous contenter de lui conférer le pouvoir administratif, dans toutes ses branches ; mais lui assurer aussi les moyens d’obtenir une position sociale respectable en dehors du pouvoir. Il ne faut pas que ceux de nos Lettrés que la fortune ne favorisera pas soient jetés sur la place publique, avec un diplôme honorable dans leurs poches, et la misère, la livide misère en face. L’État ne doit pas abandonner ainsi ses enfants adoptifs, les laisser épuiser leur énergie intellectuelle dans des luttes ingrates, ou exposés aux funestes inspirations du désespoir. Mieux vaudrait cent fois pour eux et pour leur pays qu’ils n’approchassent jamais de leurs lèvres le fruit de l’arbre de la science ; car vous augmentez leurs moyens de faire le mal, en leur refusant ceux de faire le bien ; vous leur préparez vraiment le supplice de Tantale. J’espère donc que ce 5PPPPPePPPPP article sera favorablement accueilli, d’autant plus qu’il n’y a guère de famille, en ce pays, qui n’ait, ou n’ait eu, parmi les siens, quelqu’un de ces infortunés jeunes gens, qui, à la fin de leur cours d’études, se trouvent fourvoyés, et ne sachant où donner [de] la tête. L’éducation collégiale est si accessible en ce pays, que les fortunes médiocres peuvent y prétendre. Les pères, tentés par quelques bons lots, tombés de la loterie des professions libérales aux mains de quelques heureux tireurs, s’épuisent à faire donner une éducation classique à un ou deux de leurs enfants. On espère en faire des prêtres, mais la vocation manque pour le saint état. Ou bien encore, on avait en vue un état dans lequel il n’aurait rien coûté pour y faire entrer nos collégiens ; mais il se trouve que leur goût ou leurs aptitudes les portent vers un autre. Alors, voici ce qui se passe.

« Mon fils, dit le père, je me suis presque ruiné à te faire instruire. Tes frères et sœurs réclament maintenant tout ce qui me reste de fortune et de vie. Te voilà instruit, et en état de gagner ta vie. Va, et que le bon Dieu te bénisse. »

Pauvre père abusé, si le respect filial ne retenait la langue de ton fils, voici ce qu’il te répondrait : « Oh ! mon père ; oui vous avez beaucoup fait pour moi ; beaucoup trop hélas ! Vous avez ouvert devant moi un champ vaste et brillant, où mes jours devaient s’écouler heureux dans des études agréables, dans des occupations auxquelles je me sens propre. Mais cette carrière attrayante, elle m’est fermée. Initié aux beautés de la littérature grecque et romaine ; familiarisé avec les grandes renommées du monde moderne, j’avais préparé mon cœur aux grandes émotions du forum ou de la tribune, ou aux jouissances plus douces, mais non moins vives du cabinet ; mais il me faut refouler ces aspirations chéries au fond de mon cœur, et me résigner à une vie qui n’offre que dégoût et amertume. Adieu, mon père, puisqu’il le faut ; mais vos sacrifices n’ont fait que me creuser une source inépuisable de regrets »... et de remords et de honte peut-être, jeune homme, ajouterai-je, si ton bon ange ne veille sans cesse sur toi. Combien ne pourrais-je pas vous citer d’hommes, occupant, ici et ailleurs, des positions honorables dans la société, qui tremblent encore au souvenir des dangers qu’ils ont courus au début de leur carrière, faute d’un peu d’assistance. D’autres ont complètement perdu leur avenir, par l’obligation où ils ont été d’embrasser un état auquel ils n’étaient pas propres. D’autres enfin y ont tout perdu, bien-être, honneur, caractère et réputation.

Ce sont là des dangers auxquels, sous notre système, l’État devra soustraire les jeunes lettrés pauvres. Il y aura pour lui, à cet égard, charge d’âmes, outre la considération de l’intérêt public qu’il y aura à faciliter le développement et l’exercice de toutes les intelligences d’élite, dans toutes les carrières qui constituent une civilisation avancée. Personne ne contestera cette proposition que, toutes choses égales d’ailleurs entre deux peuples, celui-là surpassera l’autre en prospérité, en grandeur, qui mettra le mieux en action l’intelligence qu’il possède. Quelqu’un prétendait un jour qu’à Elizabeth, après tout, ne devait revenir qu’une bien petite part de la gloire qui avait illustré son règne ; car, disait-il, elle n’avait eu que le mérite de choisir des hommes d’un grand mérite. « Eh ! ne comptez-vous pour rien le mérite de bien choisir », répartit un des interlocuteurs ? Tous les grands règnes, toutes les grandes époques sont dus au nombre de grandes intelligences qui ont été appelées à y jouer un rôle. Et le plan que je propose se réduit, en dernière analyse, à régler, à généraliser, à normaliser, pour ainsi dire, d’accord avec la nature, ce qui, dans tous les temps et sous toutes les latitudes, a fait la force, la gloire et la prospérité des nations. Que n’aurait-on pas droit d’attendre d’un peuple qui mettrait en scène, non pas seulement une petite partie de ses grandes intelligences, comme on l’a fait jusqu’à présent, mais toutes les fortes intelligences que forme la nature dans son sein ? La première grande nation qui le fera en sera récompensée par l’empire du monde entier ; et les petites qui le feront deviendront, par cela seul et en peu de temps, de grandes nations.

Ces légions de médiocrités qui, grâce au vieux système, encombrent et embarrassent toutes les carrières élevées, constituent à mes yeux le plus grand obstacle au progrès des peuples. Mais le temps arrivera ; que dis-je ? le temps est arrivé où les intelligences seront casées selon leur grandeur ; et cela se fera, non seulement par des considérations tirées de l’ordre moral, mais par des considérations purement économiques, lesquelles malheureusement ont souvent plus de poids que les autres. C’est maintenant de peuple à peuple que se fait la concurrence de l’industrie ; et chacun sentira la nécessité d’amener en lice les plus forts et les plus habiles champions, et en aussi grand nombre que possible. Pour cela, je ne connais pas d’autre moyen que celui que je propose.

Vous venez de voir les champions industriels de toutes les nations, réunis en champ clos, dans le fameux Palais de Cristal de Londres. Ce n’étaient pas seulement Paris, Vienne, Berlin, Lyon, Lowell, contre Londres, Birmingham, Sheffield, mais l’Angleterre, la France, l’Allemagne, les États-Unis et tous les pays du monde, s’envoyant et acceptant un noble cartel, qui demandera, pour être honorablement soutenu, toutes les ressources intellectuelles de chaque nation. Belle et heureuse idée ! guerre bienfaisante, qui va faire remplacer le génie des combats sanglants par le génie de l’industrie ; les grands capitaines, par les grands industriels, et amener le développement universel, l’émancipation complète de l’intelligence. À la médiocrité les humbles occupations ; portes ouvertes au génie dans toutes les carrières,
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