Littérature québécoise Volume 144 : version 0 Journaliste, essayiste, conférencier, avocat, député, puis secrétaire d’État à Ottawa, Étienne Parent a été de nombreuses années directeur du journal Le Canadien,








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attolite portas, principes, vestras. Chacun à sa place ; c’est le vœu de la nature, c’est l’intérêt des peuples, et par-dessus tout Dieu le veut.

Et s’il est un peuple au monde à qui sa position fasse une loi de faire ressortir, d’organiser, d’utiliser tous ses talents, afin de résister à l’action dissolvante de son entourage, ce peuple c’est nous. En fut-il jamais un plus menacé dans son existence nationale ? Au lieu de nous décourager, cependant, sachons profiter des dons intellectuels que la nature nous départit ; compensons le nombre par l’organisation et la discipline, et fions-nous sans crainte à la Providence, dont nous seconderons par là les vues et les desseins. Le cancer qui ronge le sein de l’Europe, notre mère, le partage excessivement inégal des richesses d’un côté, et l’extrême pauvreté de l’autre, ne nous ont pas encore gravement atteints, et ne pourront par conséquent opposer une résistance sérieuse au régime rénovateur et préventif que je propose. Sur votre bannière nationale, en forme de couronne au-dessus de la croix de Saint-Jean-Baptiste, écrivez : Règne de l’Intelligence. Et je ne crains pas de vous répéter la prédiction, faite à celui que l’on regarde comme le vrai fondateur de l’ancien empire français, à Clovis 1PPPPPerPPPPP : « In hoc signo vinces. » Et nous aurons été alors les dignes enfants de ces hommes énergiques et dévoués, qui, les premiers, enseignèrent, sans doute pour qu’ils ne fussent pas oubliés, les accents de notre belle langue aux échos du Saint-Laurent et du Mississippi.

Il y en a, je le sais, parmi nous, qui désespèrent de notre nationalité, et qui sont prêts à mettre bas les armes devant une nationalité rivale. Ce sont, comme il y en a dans tous les camps, des lâches, qui s’avouent vaincus même avant d’avoir combattu. Pour moi, quand je vois une poignée d’hommes, comme étaient nos pères, tenir en échec les nombreuses, riches et populeuses colonies qui les avoisinaient ; quand, abandonnés par la fortune et leur ancienne mère-patrie, je les vois résister au coup de la conquête d’abord, et ensuite à la compression semi-séculaire d’un gouvernement local hostile et jaloux, je me dis : un pareil peuple, s’il meurt, c’est que les enfants seront indignes de leurs pères. Vous désespéreriez de notre nationalité, vous, hommes de la jeune génération, tandis que ceux qui vous ont précédés n’en ont pas désespéré. Cependant, ils n’avaient pas, comme vous, à leur disposition et en abondance, les richesses littéraires et scientifiques de la vieille France. Je ne suis pas encore bien avancé en âge, mais j’ai vu le temps où l’arrivée, dans notre bonne ville de Québec, d’un ouvrage français contemporain, était presque un événement ; et bienheureux s’estimait celui qui pouvait en avoir la lecture. Je pourrais vous citer de mes amis de jeunesse qui ont copié à la main des ouvrages français, qu’on ne pouvait se procurer qu’à un prix exorbitant. Nous n’avions alors qu’un petit journal hebdomadaire, vivant au jour le jour, ayant même souvent des syncopes plus ou moins longues, causées par le manque de nourriture. Aujourd’hui il y a abondance de journaux français, non seulement parmi nous, mais même chez nos voisins des États-Unis, où le français semble avoir la prétention de devenir, ce qu’il est en Europe, le langage des salons et de la bonne société. Tous ceux qui ont voyagé aux États-Unis savent qu’il n’y faut pas tenir des propos légers en français, car on court partout le risque de voir de beaux sourcils se froncer à ses côtés. Eh ! encore une fois, vous désespéreriez, quand vos pères ont espéré !

Je pourrais encore pardonner à cette faiblesse, car il n’est pas donné à tous d’être forts ; mais ce que je ne saurais pardonner, c’est que par esprit de parti, par une haine, inexplicable aujourd’hui, pour la suprématie britannique, par la sotte manie de dénigrer nos propres institutions, et de voir tout en beau chez nos voisins, sans se demander si l’état de choses qui existe chez eux conviendrait à notre peuple, l’on se montre disposé à faire bon marché de notre nationalité ; à troquer notre droit d’aînesse pour un plat de lentilles, plat fort problématique encore. De nos jours, l’on appelle cela du patriotisme ! Et l’on ose mettre cela en programme, pour l’édification des enfants et petits-enfants des héros de Carillon et de Châteauguay, et de maints autres glorieux champs de bataille, arrosés de leur sang pour le maintien du nom canadien-français. Et l’on ne craint pas que les ombres indignées de ces héros ne sortent de leurs tombeaux, pour protester contre cette apostasie nationale, et ne demandent qu’au moins l’on ajoute au programme un article conçu en ces termes :

« Translation des cendres de nos pères sur une terre où l’on n’insultera pas à leur mémoire. »

J’avais pensé d’abord à faire entrer dans mon plan une disposition expresse, pour assurer de l’encouragement, ou des secours, aux hommes sans fortune qui, par pur amour de la science, se vouent à des études ou à des recherches qui peuvent tourner à l’utilité ou à la gloire de leur pays. Mais réflexion faite, je me suis dit que dans une société où régnerait l’intelligence, cet encouragement, ces secours ne manqueraient pas au besoin.

On a publié un ou deux volumes, qu’on aurait pu faire plus gros et plus nombreux, sur « les Auteurs morts de faim ». On ne pouvait faire une plus sanglante critique de nos institutions sociales. Parmi ces auteurs, il y en avait de médiocres, il est vrai, de mauvais même ; mais il y avait aussi des hommes d’un grand mérite, de génie même, que l’indifférence de leurs contemporains a laissés en proie à la misère et au désespoir, et dont plusieurs ont été apothéosés par la postérité. Combien d’autres moins courageux ont, faute d’un encouragement assuré, laissé s’éteindre dans l’obscurité des intelligences faites pour illuminer le monde, ou le doter de découvertes d’un avantage incalculable ? Si l’ancien régime a failli sous ce rapport, avec ses Mécènes et ses Princes protecteurs des lettres, que sera-ce sous le régime nouveau, où personne ne se croira obligé à cet égard, si l’État ne prend l’affaire en mains ? Le peuple s’est collectivement plus ou moins substitué aux rois et aux grands dans l’État ; j’espère donc qu’il ne répudiera pas les obligations de sa nouvelle position, et que l’encouragement des arts et des sciences sera assuré d’une manière encore plus large et plus généreuse que par le passé. C’est pour lui le meilleur moyen de prouver la légitimité de la souveraineté dont on le gratifie, et de raffermir cette souveraineté, en se conciliant l’intelligence, qui a toujours été et sera, plus que jamais, la plus forte et la plus impérissable des puissances humaines.

Mais il est temps d’en venir à l’article suivant de notre programme, sur lequel il n’y aura pas lieu à faire un très long commentaire. Il va s’agir tout simplement du mode d’immatriculation à suivre, pour constituer l’état, la qualité de Lettré.

ART. 6. – Il sera, après examen public et solennel, délivré aux élèves qui en auront été jugés dignes, des diplômes constatant les degrés auxquels ils seront parvenus ; et ceux qui auront obtenu ces diplômes formeront dans la société une classe distincte, sous le nom de « Lettrés », qui jouiront des droits et privilèges ci-haut énoncés et autres qui pourront leur être accordés ci-après.

Ce sera certes un grand et un beau jour pour nos jeunes candidats et pour leurs familles, que celui où ils seront admis dans le corps gouvernant, jour tout aussi mémorable pour eux que celui où le jeune Romain recevait la toge, et le preux du moyen-âge, l’ordre de chevalerie. Ce sera un jour de réjouissance pour l’État, aussi bien que pour la famille, et se renouvelant à des époques fixes, il sera les grandes fêtes de l’Intelligence triomphante, élevées alors aux proportions de fêtes nationales. Rien donc ne sera oublié pour rendre ces fêtes aussi brillantes que possible.

Il serait prématuré d’entrer dans aucuns détails sur les charges publiques auxquelles les différents degrés donneront droit de prétendre. Il serait d’ailleurs difficile d’établir des règles générales à cet égard, applicables à tous les pays, et dans tous les temps. Mais les règlements devront être bien stricts et bien précis sur ce point ; car il sera la pierre de touche du système. Si on laissait une trop grande latitude à l’intrigue, aux caprices ou à la faveur, on retomberait bien vite dans le règne de la médiocrité des temps passés. Les rois, les peuples choisiront, mais sans pouvoir sortir du cercle des capacités incontestables. Bientôt le peuple sera obligé de prendre pour maîtres d’école des hommes munis d’un brevet de capacité ; qu’y aurait-il donc d’étrange à ce qu’on exigeât la même garantie des hommes à qui l’on confie la législation, le gouvernement et l’administration des affaires publiques ?

Que l’on ne conclue pas de ce rapprochement, que je mésestime la profession d’instituteur. Non, certes ; et j’espère bien que sous le régime de l’Intelligence, cette classe précieuse d’hommes obtiendra le rang et la distinction qu’elle mérite ; qu’on en fera une des classes les plus honorables et les plus honorées. C’est une honte pour nous que l’état d’abaissement où se trouvent encore les instituteurs de la jeunesse, même dans nos sociétés les plus avancées. Ce devra donc être un des premiers soins du législateur, sous notre système, que de laver cette tache. Il n’en saurait être autrement, d’ailleurs, sous un régime où l’éducation doit jouer un si grand rôle.

ART. 7. – Un bureau central sera nommé à certaines époques fixes, pour surveiller l’exécution de la présente loi, d’abord par le pouvoir exécutif, et au bout d’un certain temps par le corps ou la classe des Lettrés ; avec le droit de déléguer ses pouvoirs à des bureaux locaux, ou à des agents ambulants dans les parties éloignées du pays. Des pouvoirs disciplinaires étendus seront accordés à ce bureau.

Notre système demande l’unité et l’uniformité d’action ; celle-ci demande la centralisation, qui produira l’énergie et l’efficacité. Le corps des Lettrés, dont l’on fait une puissance sociale, doit avoir la régie de ses affaires ; mais, auparavant, il faut que ce corps existe en réalité. Or il n’existera ainsi qu’après que notre système aura été en opération pendant une ou deux générations. En attendant, je ne vois que le pouvoir exécutif qui puisse convenablement composer le bureau central, chargé de l’exécution de la nouvelle loi.

Nos actes d’éducation et de municipalités sont là pour nous démontrer combien il est peu sage de confier directement aux administrés l’exécution des lois, même les plus favorables au peuple, lorsque ces peuples n’ont pas été préparés à l’exercice des pouvoirs qu’on leur confère. Les actes municipaux sont à peu près restés une lettre morte ; et si on n’avait pas donné aux municipalités rurales le produit des licences d’auberges, il n’aurait pas été plus question de système municipal dans la plupart de nos paroisses ou comtés, qu’au Labrador ou à la baie d’Hudson. Les actes d’éducation, par les résistances qu’ils ont rencontrées, sous un prétexte ou sous un autre, mais toutes provenant de l’incapacité des agents désignés, ont semé le trouble et la démoralisation sur plusieurs points du pays, sans avoir produit aucun bien visible et appréciable, depuis onze ans qu’ils coûtent des sommes considérables par année. C’est bien beau sur le papier ou dans une harangue, que le gouvernement du peuple par le peuple ; mais cela n’est bon, en pratique, que lorsque le peuple a été graduellement initié au gouvernement de ses affaires locales. Il y a en cela deux écueils également à éviter : aller trop vite, et aller trop doucement. Il en est de certains peuples comme des enfants mineurs ; c’est vouloir leur ruine que de leur confier trop tôt la gestion de leurs affaires. Tâchons donc d’éviter ce danger pour notre aristocratie de l’Intelligence, formons-la avant de lui confier la régie entière de ses affaires.

Sans entrer dans des détails, superflus pour le présent, je me bornerai à dire, quant à la discipline, qu’il sera accordé des pouvoirs disciplinaires étendus au Bureau Central. Cette partie de mon plan n’est pas la moins importante. Il ne faut pas qu’une classe d’hommes, que l’on rendra dépositaire de l’honneur et des plus grands intérêts du pays, soit exposée à être gangrenée, discréditée par des membres indignes d’en faire partie. Je propose donc d’ériger le Bureau central en une espèce de Cour d’Honneur, devant laquelle pourront être cités tous ceux qui, non seulement auront commis des fautes du ressort des tribunaux ordinaires du pays, mais qui auront forfait à l’honneur, ou commis des actes, ou tenu une conduite, indignes d’hommes qui devront l’exemple de toutes les vertus publiques et privées. La juridiction de cette Cour, en fait de peines, s’étendra depuis la simple admonition jusqu’à la dégradation ou l’expulsion du corps des Lettrés. Un pouvoir semblable, on le sait, existe déjà dans ce pays, chez quelques-uns de nos corps professionnels. Une pareille disposition donnera le moyen de prévenir un mal bien grand, qui menace l’existence des institutions démocratiques où elles existent. Il faut bien le dire, l’esprit de parti inhérent aux démocraties, l’intrigue dont elles ne sont pas plus exemptes que les monarchies, l’entraînement du moment auquel elles sont plus sujettes encore que les monarchies, tout cela fait que l’exquise moralité, la scrupuleuse honnêteté ne sont pas ce qui distingue toujours et le plus les choix populaires dans les démocraties. Et comme l’impunité est à peu près assurée en cas d’habile malversation, les élus du peuple, assez souvent, ne se font guère scrupule d’exploiter le public au moyen de leurs charges. Ils y sont d’autant plus portés qu’ils ne possèdent ordinairement ces charges que pour un temps limité. Tout ce qu’ils ont à faire, c’est de ne pas se brouiller trop ouvertement avec la justice. Et là encore ont-ils la chance d’avoir des amis politiques dans le jury. Ils s’en tirent donc généralement avec un éloge, plutôt qu’avec le blâme ; c’est un habile garçon, se contente-t-on de dire, he is a clever fellow. Sous notre système, il ne faut pas que les fins voleurs reçoivent de pareils encouragements.

Comme je ne pense pas qu’on me chicane sur ce point, je me hâte d’arriver au point capital, à la partie financière de notre programme.

ART. 8. – Un fonds spécial sera créé pour les fins de cet acte, au moyen d’un impôt progressif sur les héritages, legs, dons et donations entre vifs, qui au cas de fraude seront sujets à confiscation au profit du fonds susdit.

Comme je suis, en principe général, libre-échangiste, n’admettant qu’une protection passagère pour des industries naissantes et viables, capables de soutenir la concurrence étrangère, après avoir, pendant quelque temps, sucé le lait nourricier de la protection, je dois tirer mes moyens pécuniaires de l’imposition directe. L’on connaît mes idées au sujet de l’impôt direct ; on sait que je le veux progressif, et non proportionnel ; et cela, non seulement parce qu’il est moralement juste qu’il en soit ainsi, mais en outre parce que c’est le meilleur moyen de conjurer peu à peu, et sans causer de bouleversement, un grand mal social et un grand danger politique ; je veux parler de l’accumulation des richesses dans un petit nombre de mains, source de démoralisation, d’affaiblissement, de désorganisation sociale, et que je n’hésite pas à signaler comme la cause principale de tous les maux de l’humanité, depuis la formation des sociétés. Pour prévenir ou guérir ce mal capital, prévu et senti par les premiers législateurs, le jubilé fut établi chez les juifs. À Sparte, Lycurgue ne trouva d’autre moyen que de régler la quantité de terre que chaque famille posséderait, et de tarir tout à fait la source de la richesse monétaire. Les Romains eurent leurs lois agraires, qui périodiquement mettaient la république en péril. De ces remèdes, aucun ne convient à nos réformateurs modernes, et en cela je ne trouve certes pas qu’ils ont tort. Les uns ne visent à rien moins qu’à détruire le capital particulier ; l’État seul sera capitaliste, et prêtera sans intérêt à ceux qui auront besoin d’avances de fonds. D’autres ne s’arrêtent pas en si beau chemin ; l’État sera non seulement l’unique capitaliste, mais aussi l’unique chef d’industrie, les profits du travail commun devant se distribuer, également, selon les uns, d’après le principe « à chacun selon ses besoins » ; inégalement, selon d’autres, d’après la règle « à chacun selon ses œuvres ». De tous ces plans et autres semblables, les uns dont l’expérience a démontré l’inefficacité, les autres dont la moindre connaissance de la nature humaine fait voir l’absurdité, il résulte cependant un grand enseignement : c’est que nos lois générales sur la répartition des richesses sont vicieuses. Oui, elles le sont, et sous le rapport moral, et sous le rapport politique, et sous le rapport économique.

Prenons la richesse formée par les moyens les plus légitimes. D’après nos lois elle passe intégralement aux enfants ou héritiers légaux du riche. Ces enfants ou héritiers n’auront que l’un de trois partis à suivre ; ou ils vivront, sans rien faire, de leurs revenus, et ce seront autant de frelons dans la ruche, de gens qui vivront sans rien faire pour la société, sous la protection de laquelle ils vivront. Est-ce de la bonne économie politique cela ? Non certes, personne n’osera le dire. Heureux encore, si ces riches désœuvrés ne cherchent pas, comme c’est presque toujours le cas, à noyer leur ennui dans des plaisirs qui répandent la démoralisation dans leurs pays, ou ne transportent leurs richesses en pays étrangers. Mais supposons que nos riches héritiers fassent profiter leur héritage ; ils travailleront, ils doubleront, tripleront leurs richesses par ce travail, et accroîtront d’autant la richesse du pays. L’économiste sera satisfait, le moraliste aussi pourra l’être ; mais demandez au publiciste s’il le sera, lui ? Il nous dira que cette augmentation des richesses, de génération en génération, mène à leur concentration dans un petit nombre de mains, et qu’il en résulte nécessairement un prolétariat, qui est un danger permanent pour la tranquillité de l’État. Ce l’a été jusqu’au temps où les masses étaient plongées dans l’ignorance, et subissant un contrôle religieux qui va s’affaiblissant de plus en plus. Que sera-ce avec des populations nourries quotidiennement de la lecture des journaux ? Comment leur ferez-vous supporter le contraste de l’extrême richesse dans le petit nombre, et de l’extrême pauvreté dans le grand nombre ? Que ferez-vous pour empêcher l’évocation du spectre communiste ?

Nous venons de voir la richesse, telle que réglée aujourd’hui, sous ses deux aspects les plus favorables, celui où son heureux possesseur, comme le rat de la fable dans son fromage, mange tranquillement ses revenus ; et celui où, dédaignant l’oisiveté, il se livre au travail et fait profiter son bien. Mais il est un troisième aspect sous lequel il ne faut pas oublier de la considérer, celui où elle tombe entre les mains d’un dissipateur, et le cas n’est pas rare, comme on sait. Alors qu’arrive-t-il ? C’est que cette richesse acquise sous la protection de la société, retirée de la circulation générale, et placée entre les mains de son possesseur comme un dépôt sacré pour un usage utile et avantageux à la société, retourne, il est vrai, dans la circulation générale, mais en passant par les égouts du vice et de l’orgie, et après avoir été une source de corruption morale. Nos lois ont produit cet état de choses, que c’est une question chez les médecins s’il y a plus de maladies et de morts prématurées, eu égard au nombre des pauvres et des riches, causées par la pauvreté que par la richesse ; et on pourrait définir les deux classes qui occupent les deux extrémités de nos sociétés ; gens qui meurent de faim en bas, et gens qui meurent d’indigestion en haut. Ceci me rappelle une anecdote bien caractéristique : « La charité pour l’amour de Dieu, disait un pauvre à un riche ; j’ai faim. – Ah ! tu as faim ; certes tu es bien heureux, toi. »

Voilà, sans hyperbole ni exagération aucune, les tendances économiques, politiques et morales de la richesse, telle que constituée par nos lois civiles, et injustement protégée par nos lois fiscales. Je dis injustement protégée par nos lois fiscales, et je le prouve. Dites-moi au profit de qui sont encourues les énormes dépenses des armées, de la police, des prisons et de l’administration de la justice ? N’est-ce pas pour ceux qui jouissent abondamment des biens et des avantages de la société ? Pour qui sont faits une foule d’établissements publics somptueux, si ce n’est principalement pour les riches ? Voyez les peuples non civilisés, où tout le monde est pauvre, il n’y a rien de tout cela ; le pauvre n’en a pas besoin. Cependant avec notre système de taxation proportionnelle, nous retranchons sur le nécessaire du pauvre pour contribuer à toutes ces dépenses. Répondez, est-ce juste ? Répondez encore ; croyez-vous qu’un pareil état de choses puisse subsister tranquillement, au milieu des âpres discussions qui retentissent jusqu’aux profondeurs de nos sociétés ? Non ; tout nous dit que le temps d’une grande transformation est arrivé. Le corps social sera-t-il livré à la hache du bourreau, et des restes inanimés du cadavre pétrira-t-on une société nouvelle ? ou bien la société se confiera-t-elle aux soins d’un habile opérateur, qui saura préserver la vie du malade, tout en rétablissant chez lui l’ordre des fonctions et l’équilibre des forces vitales ? C’est là le secret de l’avenir ; mais le choix, entre l’une ou l’autre alternative, est laissé aux classes riches. Qu’elles écoutent les publicistes sages et consciencieux, et nous échapperons à ces Procuste modernes qui, à l’encontre de Dieu et de la nature, rêvent et prêchent l’égalité légale entre les hommes, chose aussi absurde qu’est impolitique et injuste l’inégalité qui existe aujourd’hui, de par la loi aussi.

Or, le mode progressif, en fait de taxation, entre en première ligne dans le traitement recommandé à la société par les publicistes les plus éclairés et les plus sages. Coïncidant parfaitement d’opinion avec eux, j’ai dû adopter ce mode, qui, tout en me procurant les fonds dont j’ai besoin pour mon objet, ouvre une valve de sûreté à la bouilloire sociale. Que l’on adopte, pour tous les impôts, le mode progressif, vous mettez un frein salutaire à l’accumulation des richesses dans un petit nombre de mains ; vous adoucissez les passions envieuses des classes ouvrières ; vous mettez ces dernières plus en état d’améliorer leur condition, de développer leurs facultés, et d’augmenter par là les forces sociales vis-à-vis de la concurrence étrangère ; vous obligez à peu près tout le monde à travailler, et vous bannissez de vos sociétés cette légion de fainéants, dont le moindre tort est d’être inutiles à la communauté. Faites cela ; et les masses travaillantes, voyant la justice, la saine morale, l’humanité régner dans vos institutions, se résigneront de bon cœur au sort que leur aura fait la providence. Vous ne pourrez plus leur faire croire, comme par le passé, que leur position est l’œuvre de Dieu, elles commencent à voir que tout cela est l’ouvrage des hommes. Pensez-y bien, les peuples ne se soumettent qu’aux choses d’ordonnance divine, ou qu’ils croient telles. Toujours et partout, c’est par les croyances que l’on a gouverné les nations. Vous n’êtes plus capables, vous le savez, de persuader aux peuples que ce qui existe est ce qu’il y a de mieux. Aussi n’est-ce pas à la persuasion que vous avez recours, mais à la force. Folie ! les peuples ont appris à se compter, et ils savent que la force est de leur côté. Tout ce qui leur manque, c’est une doctrine, un système qui puisse commander leur croyance. Donnez-leur cette doctrine, ce système ; donnez-leur la foi en vous, et vous réduirez la démagogie à l’impuissance, vous ramènerez tous les rêveurs à la réalité, vous rétablirez la confiance et la sécurité dans l’esprit public, et vous pourrez alors économiser immensément sur vos énormes et ruineux budgets de l’armée, de la police et de l’administration de la justice.

Ce but, je vous propose de l’atteindre au moyen de deux principes généraux : l’un politique, l’intelligence reconnue comme souveraine ; l’autre économique, l’impôt progressif.

Ce plan a cela de particulier vis-à-vis de tous les systèmes de réforme sociale et politique, proposés de nos jours, c’est qu’il ne rompt pas avec la tradition, qu’il peut s’accommoder de toutes les formes politiques existantes. Il a en outre l’avantage d’offrir, dans sa partie politique, un principe d’autorité, aussi immuable que la nature elle-même ; et, dans sa partie économique, un principe éminemment juste, moral et philanthropique. Il consacre et perpétue la hiérarchie des intelligences, et protège en même temps l’homme du travail manuel. Il conserve l’émulation à l’égard de l’acquisition de la richesse, tout en empêchant celle-ci de devenir un danger pour l’État, un mal pour la société.

Je sais que l’on oppose à mon système ce qu’on appelle la dépravité naturelle de l’homme, comme s’il n’y avait pas dans l’homme des sentiments généreux et nobles, dont il faut tenir compte. Tout n’est pas mal dans l’homme, comme tout n’est pas bien non plus. Il y a chez lui de l’ange et du démon, un mélange de bien et de mal, selon l’acception ordinaire de ces deux mots, correspondant à sa double nature. Ceux qui prétendent que tout est mal dans l’homme se trompent autant que ceux qui prêchent que tout y est bien. Montesquieu, qui s’y connaissait, ne demandait que la liberté de la pensée, pour établir et maintenir partout toutes les autres libertés. C’était dire qu’il faisait beaucoup de fonds sur la partie généreuse de la nature humaine. Le fait est qu’on fausse toutes les idées justes et bonnes, on aigrit, on révolte les peuples par des institutions et ordonnances contre nature, et l’on dit après cela que l’homme est naturellement et foncièrement méchant et pervers.

Encore quelques considérations générales, et j’ai fini.

Il y a deux principes opposés, constamment en présence dans le monde politique, de l’action harmonique desquels dépend l’ordre public, comme de l’excès de l’un ou de l’autre découle le désordre. L’un des principes est le principe d’unité, d’où découlent l’autorité et la civilisation, et par abus l’intolérance et le despotisme ; l’autre, le principe d’individualisme, d’où découlent la liberté et le progrès, et par abus la licence et l’anarchie. Il n’est pas donné à l’homme, nature imparfaite et bornée, de savoir tenir ces deux principes en complet équilibre de manière à se maintenir dans l’ordre parfait. C’est là un attribut de la divinité, chez laquelle tous les principes se confondent pour n’en faire qu’un, et produire une volonté et une action toujours en accord avec l’ordre éternel, absolu, infini, comme Dieu lui-même, qui n’est que l’ordre suprême. Tout ce à quoi l’homme peut prétendre, même dans les meilleures conditions, c’est à un ordre relatif et temporaire encore ; car ouvrez l’histoire et vous trouverez l’humanité livrée à des fluctuations continuelles d’ordre et de désordre, dans un sens ou dans un autre. C’est que l’humanité elle-même est destinée au mouvement ; qu’elle ne possède le présent que pour marcher à la conquête de l’avenir – l’avenir... contrée enchantée par nos rêves et nos espérances, où l’on s’égare toujours lorsqu’on y entre sans le flambeau du passé ; vrai labyrinthe où l’on court le risque de se perdre, si comme Thésée, l’on ne se munit du fil d’Ariane. Trop souvent de téméraires aventuriers s’y hasardent, espérant en sortir sur les ailes d’Icare, lesquelles se fondent aux premiers rayons du soleil de la réalité et précipitent l’imprudent aéronaute.

Pour nous borner à l’histoire moderne, vous voyez l’ordre religieux, oubliant son martyrologe et ses catacombes, et qui est la loi évangélique, devenir lui-même intolérant et persécuteur, pour plus tard être la victime de la réaction et du libertinage de la pensée. En France, vous voyez l’ordre monarchique amener par ses abus la tourmente de ’93, suivie bientôt de réaction sous l’Empire. Le principe d’autorité s’adoucit sous la Restauration, et suit la même pente sous la monarchie de juillet, pour arriver enfin à la république du vote universel. Mais bientôt le vote universel inspire des craintes, menace le principe d’autorité et montre à l’horizon le nivellement et l’anarchie. Alors commence le mouvement rétrograde par l’établissement d’un cens électoral, et les partisans de l’ordre monarchique manifestent hautement leurs aspirations vers cet ordre gouvernemental. Et s’ils n’étaient divisés entre eux par des affections diverses pour certaines familles, le régime monarchique constitutionnel ne tarderait guère à se rétablir en France. J’avais écrit ce qui précède, lorsque survint le 2 décembre, sur les tendances monarchiques, dictatoriales même, duquel il n’y a guère à se méprendre.

Ce qui s’est passé en France s’est reproduit, d’une manière plus ou moins marquée, dans tout le monde occidental, mouvement de flux et de reflux continuel partout. Quelle est la signification d’un pareil phénomène ? Évidemment que l’ordre politique est une chose très difficile à trouver, et aussi difficile à conserver une fois qu’on y est parvenu. Et cette tâche si difficile, la plus difficile, en réalité, qu’il soit donné à l’homme d’accomplir, la laisserez-vous, comme par le passé, au hasard de la naissance ou aux caprices des masses ? Ou bien y appellerez-vous le ban et l’arrière-ban de l’intelligence sociale ? Continuerez-vous à laisser les intelligences placées et les intelligences déplacées se livrer une guerre éternelle et à mort au sein et aux dépens de la société, les unes comme Éole, soulevant les vagues populaires, les autres se fiant au quos ego souvent impuissant du maître de l’Olympe ? Ou bien les inviterez-vous toutes à travailler avec émulation, rivalité même, mais de concert, au bien-être et à la gloire de la commune patrie ?

Si vous ne pouvez répondre non à cette dernière question, vous serez forcés d’aviser à un plan quelconque, ayant pour but de faire ressortir, de développer, de caser et de mettre à l’œuvre toutes les intelligences supérieures sans exception. C’est ce qui n’a pas encore été pleinement fait dans notre monde, et c’est ce que je propose de faire avec le plan que je viens de vous expliquer. Il est possible qu’on puisse en imaginer un meilleur ; alors que quelqu’un fasse mieux, et je serai le premier à applaudir.

Mais, messieurs, allons-nous nous séparer sans dire un mot des femmes, cette intéressante moitié du genre humain, la plus belle, et qui plus est, c’est admis, la meilleure moitié ? Je suis à leur égard de l’avis du bonhomme La Fontaine ; comme lui,
Je ne suis pas de ceux qui disent : ce n’est rien,

C’est une femme qui se noie.
Je pense que les femmes sont aussi bien le lien que l’ornement de la société. La nature en a fait une chaîne de fleurs, pour retenir dans le régime social leurs fiers et fougueux compagnons, plus enclins qu’on ne pense à la sauvagerie. Les femmes ont eu une très grande part à la civilisation de l’homme, et l’intelligence leur doit beaucoup à cet égard. Il est vrai qu’elles ont tout à gagner à la civilisation, à l’adoucissement des mœurs, et au poli des manières qui sont les conséquences de la première. Partout la barbarie a entraîné l’esclavage de la femme, la civilisation son émancipation. Aussi, j’espère que les femmes fermeront les oreilles aux doctrines de nivellement, prêchées de nos jours avant tant d’audace ; car elles doivent comprendre que le nivellement social n’est, ni plus ni moins, que la grande route, le chemin de fer de la barbarie. Les niveleurs, si on les écoutait, feraient de nous des Hurons et des Iroquois, et je suis certain que nos femmes et nos filles ne goûteront jamais l’idée de devenir ce qu’étaient leurs devancières d’Hochelaga et de Stadaconé. Elles répudieront ces folles aspirations des femmes soi-disant libres, qui ne voient pas, les malheureuses, qu’en mettant le pied dans l’empire de l’homme, pour n’y jouer qu’un rôle ridicule, elles perdraient celui, bien plus enviable, que lui ont donné Dieu et la nature. Elles sentiront que la femme n’est pas une pièce de monnaie, faite pour courir la place publique ; mais une perle délicate, faite pour régner au boudoir ou dans les salons ; ou mieux encore, une incarnation du sourire de Dieu, en complétant l’œuvre de la création, pour attirer et fixer au foyer domestique toutes les vertus douces et bénignes ; non pour aller sur l’arène politique se profaner au contact de toutes les mauvaises passions.

Mais enfin, il est beaucoup question des hommes, dans mon plan de régénération sociale, et des femmes pas un mot. N’y a-t-il donc rien à faire pour elles ? N’y aura-t-il que pour les hommes que l’on corrigera le hasard de la naissance ? Tout pour les frères, rien pour les sœurs ? La beauté, les talents, la vertu seront méconnus chez la plus faible moitié du genre humain, chez celle, par conséquent, qui a le plus besoin d’appui et d’encouragement ? Oh ! non, je ne mets pas les femmes en oubli ; leur sort m’intéresse tout autant que celui des hommes, et je sens qu’il y a aussi beaucoup à faire pour elles. Mais avant de s’occuper de l’ornementation de l’édifice, il faut en poser les fondements, en élever la charpente, en poser la toiture. Cela fait, j’entends bien que le premier soin sera de mieux régler le sort des filles du peuple, qu’il ne l’a été jusqu’à présent.

Prôneurs de l’ancien régime, dites-moi ce que vous faites de ces belles et riches natures de femme, qui sortent du sang généreux du peuple, autant et plus encore que des veines appauvries des classes élevées ? Vous allez me répondre peut-être que, grâce à l’héroïque dévouement d’un nombre de saintes filles, leurs sœurs, elles reçoivent par-ci par-là une éducation convenable. Tant pis ! tant pis pour elles, je le répète. Vous élargissez leur esprit, vous relevez leurs goûts, vous leur inspirez le désir et leur donnez le besoin d’un sort meilleur, puis vous les refoulez vers l’humble toit paternel, vers les grossiers compagnons de leur enfance, vers une existence enfin dont vous les avez dégoûtées ; vous en faites des âmes en peine, errantes, ballottées entre deux mondes, dont l’un leur répugne, et l’autre les repousse ; victimes vouées pour toute leur vie à l’affreux supplice de Tantale ; réduites à maudire le plus beau don de la nature physique, leur beauté. Oui, heureuse encore est la fille du peuple, douée d’intelligence et d’éducation, si l’absence de tous charmes extérieurs la met à l’abri des séductions incessantes, dont la poursuivent les heureux de ce monde, les favoris de l’hérédité. Sotte et laide, entendez-vous, mesdames ? voilà ce qu’il est désirable que soit la fille du peuple, pour bien répondre à nos arrangements sociaux actuels.

Pour la jeune prolétaire, il y a au moins le mouvement du monde, l’agitation de la place publique, et les mille autres distractions de la vie extérieure ; mais la jeune fille est condamnée aux occupations sédentaires et monotones de la domesticité, sans pouvoir épandre au dehors une vitalité surabondante, qui la consume et la torture. La religion en console quelques-unes, en soutient quelques autres, et le restant, leur sort est tel hélas ! que, comme pour le second père du genre humain, il faut détourner la tête, et les couvrir d’un voile.

Oh ! oui, il y a beaucoup à faire pour la fille du peuple ; mais il faut qu’elle prenne patience ; qu’elle attende que ses frères aient eux-mêmes conquis leur place dans la société. Alors ils la prendront par la main et l’élèveront jusqu’à eux ; alors il sera bon pour elle d’être intelligente et belle ; et alors enfin le monde saluera, d’une acclamation universelle, une triple et très légitime souveraineté : la Vertu, l’Intelligence et la Beauté.
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