Littérature québécoise Volume 144 : version 0 Journaliste, essayiste, conférencier, avocat, député, puis secrétaire d’État à Ottawa, Étienne Parent a été de nombreuses années directeur du journal Le Canadien,








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titreLittérature québécoise Volume 144 : version 0 Journaliste, essayiste, conférencier, avocat, député, puis secrétaire d’État à Ottawa, Étienne Parent a été de nombreuses années directeur du journal Le Canadien,
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n’en crois rien pour ma part ; l’intelligence de cet homme était faite pour remuer le monde, et d’une façon ou d’une autre le monde aurait senti son passage. S’il n’y avait eu qu’un grand capitaine en lui, à la bonne heure, mais son code et ses travaux diplomatiques et administratifs, et les écrits qu’il a dictés, montrent qu’il y avait aussi chez lui un grand homme d’État et un profond penseur. Avec cela on remue le monde aussi bien qu’avec l’épée. Voyez, lorsque le géant a été enchaîné sur son rocher, son intelligence de flamme, semblable aux vautours de Prométhée, lui a dévoré les entrailles.

Les passions peuvent bien donner telle ou telle direction à l’activité de l’homme, imprimer une plus forte impulsion à cette activité ; mais le mobile principal, primitif, descend de plus haut ; il tient à la nature même de l’âme ou de l’intelligence humaine, substance naturellement, nécessairement active. En effet, l’action est l’intelligence même, et l’intelligence est l’action ; l’intelligence ne peut se supposer sans action, pas plus que l’action sans intelligence, et un être intelligent qui cesserait un instant d’agir cesserait par là même d’être. Dieu, l’intelligence suprême, agit, travaille sans cesse ; son œil et son doigt divins sont toujours et partout présents et en action, dirigeant et conservant son œuvre. Elle est si nécessairement active, votre intelligence, qu’elle ne cesse et ne peut cesser jamais d’agir. Pendant que votre corps renouvelle ses forces dans le sommeil, puise une nouvelle vie dans une mort momentanée, votre âme, nature immortelle et partant infatigable, infatigable et partant immortelle, ne pouvant plus agir dans le monde de son corps, se crée des impressions qui lui restent de son commerce avec lui, un monde à elle, monde vaporeux et fantastique, dont elle vous laisse, à votre réveil, les souvenirs gais ou tristes, clairs ou confus, plus ou moins conformes ou opposés aux idées de la veille. C’est encore un grand mystère que les songes, que je n’essaierai certes pas d’éclaircir, et dont je ne parle que pour mieux faire sentir l’activité incessante de l’âme humaine. Or, le travail n’est autre chose que l’action de notre âme, au moyen de notre corps, de nos organes, que Dieu nous a donnés pour agir sur la matière, la façonner, l’exploiter selon ses vues, qui sont son secret à lui, et dont nous devons espérer de connaître quelque chose un jour.

Qu’on ne rabaisse donc pas la divine origine et les hautes fins du travail. Qu’on ne fasse donc pas à Dieu l’injure d’avoir fait, de sa noble créature ici-bas, un mercenaire, un vil esclave, j’allais presque dire une bête de somme. Je ne sais plus quel philosophe, devant qui on remarquait que Dieu avait fait l’homme à son image, répliqua : « Hélas ! l’homme le lui a bien rendu. » Et l’homme a fait plus, c’est d’attribuer à Dieu ses propres œuvres. Certains hommes doués de plus de force, de courage, de lumières que la masse de leurs semblables, au lieu d’employer ces dons de Dieu au bonheur, à l’avancement de l’humanité, s’en sont servis au contraire pour l’asservir et l’exploiter. Et lorsqu’ils ont eu courbé les peuples jusqu’à la terre sous le poids du joug imposé par eux, lorsque les peuples ont été, par un travail abrutissant, réduits presque au rang de la brute ; enfin lorsqu’ils ont eu rabaissé l’homme si bas, si bas, qu’ils ont eu honte et frayeur de leur œuvre, ils ont osé, joignant le sacrilège au blasphème, faire proclamer jusque dans les temples que c’était là l’ouvrage et la volonté de Dieu.

La volonté de Dieu, c’est que tous les hommes soient heureux, que les bonnes choses de ce monde soient, autant que possible, fraternellement réparties entre tous ; et si cela n’est pas, c’est que l’homme fait un mauvais usage des nobles facultés dont il est doué, c’est qu’il ne travaille pas selon les vues de la providence, qui a fourni amplement ce globe des moyens propres à rendre la vie agréable à l’homme. Il est bon, il faut que l’homme sache, quand il est malheureux, ou que c’est sa faute en usant mal des dons de Dieu, ou que c’est la faute des lois, des institutions sociales sous lesquelles il vit, afin qu’il s’amende lui-même ou qu’il travaille à réformer ses lois et ses institutions sociales. C’est un beau sentiment sans doute que la soumission à la volonté de Dieu ; mais c’est le pervertir que de le pousser jusqu’au point de souffrir patiemment l’exploitation et l’abaissement. Serait-ce donc en vain que Dieu aurait donné à l’homme le sentiment du juste et de l’injuste ? je ne veux pas dire que, si tous les hommes le voulaient, il n’y aurait pas de malheur, de peines, de souffrances sur la terre ; mais le malheur serait beaucoup moindre, et l’on ne verrait pas les âmes bienveillantes, à la vue des maux qui affligent l’humanité, désespérer d’y trouver un remède qui ne serait pas pire que le mal. Le malheur relatif est inévitable, il est inséparable de notre nature imparfaite. Dieu, Dieu seul se suffisant à lui-même, peut jouir d’un bonheur parfait. Mais si le malheur est nécessaire, inévitable, l’excès du malheur ne l’est pas moins, et cependant il y a des millions d’hommes qui vivent dans l’excès du malheur. Et cet excès vient de l’homme et non de Dieu, et c’est l’homme qui en répondra ; l’homme qui l’a fait, l’homme qui ne l’a pas empêché, l’homme qui n’y a pas remédié. L’histoire est là, vous savez, pleine d’exemples de grandes expiations, proclamant au milieu du feu, du sang et des ruines, la loi de solidarité entre les générations et entre les peuples. Malheur donc aux hommes, malheur aux puissances qui, au lieu de travailler, selon les vues de Dieu, à l’avancement et au bien-être de l’humanité, se servent de leurs lumières et de leur pouvoir pour l’opprimer et l’abrutir ; et cela sous le vain prétexte de l’ordre public, comme s’il pouvait y avoir de l’ordre public, où il y a dégradation de l’homme, mais en réalité pour maintenir certaines classes privilégiées dans une opulente et inutile oisiveté, et perpétuer l’exploitation de l’homme par l’homme.

Excusons cependant ceux qui, par leurs paroles ou par leurs écrits, ont contribué à répandre ou à maintenir la doctrine de l’obéissance passive. Il a pu se trouver des temps et des lieux où il eût été dangereux, et contre l’intérêt même des peuples, de proclamer trop hautement l’absurdité, l’immoralité, l’impiété de cette doctrine. Il n’est pas toujours bon de proclamer certaines vérités. Chaque vérité a son temps marqué, avant lequel elle court le risque d’avorter, et de tuer la société qui lui donne le jour. Un philosophe du dernier siècle, à qui, à la vérité, on reproche beaucoup d’égoïsme, Fontenelle, disait que, s’il avait la main pleine de vérités, il se donnerait bien de garde de l’ouvrir. Il y a peut-être, en effet, dans ce mot plus d’égoïsme que de philanthropie ; mais il n’en sert pas moins à faire voir que toute vérité n’est pas toujours bonne à dire. Qui niera, par exemple, que les idées de liberté sociale et politique n’aient été proclamées trop tôt en France ; qu’il eût été mieux d’attendre que les idées d’ordre et de morale publics y eussent préparé les esprits ? Mais Dieu, dont la justice se fait quelquefois attendre pour être plus terrible, a voulu sans doute montrer, par la grandeur du châtiment, combien sont coupables ceux qui traitent les peuples comme s’ils étaient faits pour eux et non pour lui.

Pour nous, Canadiens, félicitons-nous d’être nés dans un pays et dans un temps où l’on peut proclamer sans crainte toutes les vérités qui tiennent au bien-être et au progrès de l’humanité ; où l’on peut dire aux grands comme aux petits, aux riches comme aux pauvres : Tous naissent égaux, et s’il y a des inégalités sociales, elles ne doivent être que le résultat des talents, du travail et de la conduite de chacun. Chacun a un droit égal aux avantages de la société, et doit par conséquent être mis en position de pouvoir jouir de ces avantages. Chacun a droit aux fruits de son travail, mais pour cela il faut que tout le monde travaille ; car celui qui ne travaille pas vit nécessairement aux dépens de ceux qui le font, c’est-à-dire de la masse de la société ; qu’il soit riche ou pauvre, cela ne change en rien sa position vis-à-vis de la société ; dans l’un et l’autre cas, c’est un bourdon dans la ruche.

Ah ! prenons-y garde, nous qui habitons un jeune pays où l’oisiveté n’a encore pu étendre ses racines bien loin ni bien profondément ; prenons-y garde, l’oisiveté, née des plus mauvais penchants de la nature humaine, choyée par l’ignorance, favorisée par les lois et les institutions, a été, sous le nom d’aristocratie, la plaie, la lèpre des nations européennes nos mères. Tâchons d’éviter un mal qui leur a été, qui leur est si funeste encore. Favorisons par nos lois l’accumulation des richesses dans notre pays, mais en même temps mettons-y le travail en honneur, flétrissons l’oisiveté, et pour nous aider à parvenir à notre but, gardons-nous des lois qui peuvent favoriser la concentration des richesses dans certaines classes et les y perpétuer par voie d’hérédité. C’est par là que la vieille Europe s’est trouvée chargée de castes fainéantes et corruptrices, branches gourmandes et improductives, qui ont fini par épuiser l’ordre social. Pauvre Espagne, qui ne doit le reste de vie qui la soutient encore qu’à son ciel si beau, à son sol si riche. Pauvre Irlande, dont on désespère. Et toi, belle France, tu t’es relevée ; mais quelle autre que toi eût pu sortir sauve de l’épreuve de la terreur et des coalitions européennes ? Et toi, opulente Albion, tu ne parais pas encore fléchir ; mais auras-tu toujours l’empire des mers ? seras-tu toujours l’entrepôt du monde entier ? Vienne le jour où tu serais laissée aux seules ressources de ton pays, ne gémiras-tu pas à ton tour sous le poids de ta double aristocratie, et ne réserves-tu pas à l’histoire la réalisation de la fable des géants ensevelis sous Ossa et Pélion ?

Ainsi, messieurs, faisons donc en sorte, par nos lois, par nos institutions, par nos mœurs, par nos idées, que tout le monde travaille chez nous. Là où tout le monde travaillera, chacun aura pour sa part une moindre somme de travail à accomplir. Il restera par conséquent plus de loisir à employer aux jouissances et aux perfectionnements intellectuels. Ici le travail de tous se présente plus spécialement sous son rapport avec le progrès moral et intellectuel de l’homme. Vous croyez, messieurs, comme moi à ce progrès. Vous n’êtes pas de ceux qui regardent l’humanité comme tournant sans cesse dans le même cercle ; partant de la barbarie pour arriver par degrés à la civilisation, et retomber de là dans la barbarie pour recommencer comme de plus belle. Cela est bien vrai, ou l’a été jusqu’à présent pour la plupart des peuples qui ont marqué dans l’histoire, mais ce ne l’est pas pour l’humanité, qui ralentit le pas quelquefois, mais qui marche toujours de l’avant. Au premier échelon de l’échelle civilisatrice, on aperçoit l’Inde, dont l’action cependant, quoique évidente, sur la civilisation de l’Occident, se perd dans le crépuscule des premiers temps. L’on sait d’ailleurs que la civilisation de l’Inde s’est, pour ainsi dire, immuablement stéréotypée dès le commencement, posant ainsi à son berceau un point d’arrêt à l’humanité.

Ensuite apparaît l’Égypte avec sa théocratie jalouse et avare de la science, et qui pour toutes reliques de sa civilisation n’a laissé au monde, comme un défi éternel, que les pyramides et les hiéroglyphes, aussi mystérieuses les unes que les autres. Vous savez qu’on a cru, jusqu’à présent, que les pyramides étaient des tombeaux que l’orgueil des Pharaons destinait à leurs royales momies. Mais voici qu’un jeune savant français, M. Fialin de Persigny, a employé les loisirs d’une prison à démontrer, avec toute apparence de raison, que la principale destination de ces monts artificiels était d’opposer un rempart aux sables envahissants du désert. Champollion allait, dit-on, nous expliquer les hiéroglyphes, mais voilà que la mort, complice du génie mystérieux de l’Égypte, l’enlève au milieu de ses grands et utiles travaux.

Mais nous allons enfin sortir du mystérieux ; voici venir la Grèce, qui, confidente de l’Inde d’un côté, et de l’Égypte, sa mère en civilisation, de l’autre, va révéler enfin aux peuples la science et avec elle la liberté. Après elle vient Rome, qui répand au loin sa civilisation, qu’elle reçoit de la Grèce, et dont l’admirable législation civile régit encore le monde civilisé. Puis est venu, il faut bien le dire, une ère de ténèbres et de barbarie telle qu’on put désespérer de la civilisation. Mais Dieu, en décrétant la ruine du monde romain, qui ne répondait plus à ses vues bienfaisantes sur l’homme, songeait à en reconstruire un nouveau ; et pendant que, semblables aux Hébreux aux pieds du Sinaï désespérant du retour de Moïse, on désespérait de l’humanité, celle-ci s’était retirée pour un temps au sein de l’Éternel, et, comme le grand législateur d’Israël, recueillait de la bouche divine les règles et les lois d’une civilisation nouvelle, plus belle, plus grande et surtout plus bienfaisante que l’ancienne.

Ainsi, la civilisation, née dans l’Inde, accueillie en Égypte où elle grandit à l’ombre et dans le silence du sanctuaire, se manifestant au dehors en Grèce, se propageant au loin avec la puissance romaine, mais seulement à la surface, pénètre avec le monde chrétien jusqu’au cœur de la société, convie tous les hommes sans distinction à la jouissance de ses bienfaits. Et la voilà maintenant qui se prépare à repasser d’Occident en Orient, chargée des dépouilles précieuses qu’elle a recueillies dans son long et glorieux voyage à travers les siècles et les nations.

Rendons justice à l’Antiquité, à laquelle nous devons beaucoup ; mais que cela ne nous empêche pas de reconnaître les merveilles de la civilisation moderne, qui après un travail de quelques siècles a laissé bien loin derrière elle la civilisation grecque et romaine, surtout dans tout ce qui se rapporte au bien-être de l’humanité en masse. Car il ne faut pas l’oublier, cette gloire de la Grèce, cette grandeur de Rome avaient pour piédestal l’esclavage et l’exploitation des masses. Il n’en est pas tout à fait ainsi de notre temps : la gloire et la grandeur des nations s’appuient sur la liberté des peuples, et c’est avec des peuples libres que l’on fait les grandes choses. Aussi la tendance du travail civilisateur est-elle tout autre qu’elle était jadis ; ce sont des peuples libres qui sont à l’œuvre, et c’est au profit des peuples que l’humanité progresse, et non plus au profit de certaines classes.

Mais ce travail, que l’on pourrait appeler le travail des peuples, ne fait guère que commencer. L’Europe, notre mère et notre préceptrice, n’est encore que partiellement émancipée. Sur plusieurs autres points, on y voit l’anarchie lui déchirer le sein ; la liberté n’y trouve pas encore ces idées d’ordre et de morale publics dont elle a besoin pour y prendre racine. L’Asie et l’Afrique n’ont pas encore reçu le nouvel évangile des peuples. Et il se trouve des hommes qui disent qu’ils n’ont plus rien à faire, qu’ils ont payé leur dette au Créateur et à l’humanité. La tâche de l’homme sur la terre sera remplie, messieurs, lorsqu’il n’y aura plus un seul peuple au monde qui ne jouisse de la plus grande somme de bien-être social, moral et intellectuel dont il est susceptible. Et si cela n’est pas une vérité incontrovertible, Dieu n’est pas l’être sage, bon, juste, grand que l’on se figure ; il n’y a pas de Dieu, si ce n’est le Dieu des oisifs. Mais voyez quel Dieu l’on offrirait à vos adorations. Il aurait déversé les biens de ce monde sur quelques hommes privilégiés, mais seulement pour leur permettre de passer leur vie bien inutilement pour leurs semblables, et le plus agréablement possible pour eux seuls. Il leur aurait donné force et santé, mais seulement pour mieux supporter les fatigues du plaisir. Il leur aurait départi une intelligence capable de grandes choses, (car ces messieurs n’avouent jamais qu’ils sont des imbéciles,) mais nullement pour l’exercer. On ne sait trop, à vrai dire, pourquoi on l’a, cette intelligence, si ce n’est pour mieux apprécier les mérites d’un cheval ou d’une maîtresse. Voilà le Dieu tel que nous le font les oisifs ; voilà Dieu tel qu’on l’a adoré dans le monde civilisé jusqu’à naguère. Mais l’Amérique un jour s’est levée avec ses jeunes et vigoureuses populations, présentant au monde un autre Dieu, le Dieu des hommes libres, le Dieu des travailleurs. L’Europe, qui sur plusieurs points chancelait dans la foi antique, n’a pas tardé à reconnaître que le Dieu qui apparaissait à l’Occident était le vrai Dieu de l’humanité, et s’il n’a pas d’autels dans tous les palais, il en a dans les cœurs de tous les peuples. Et aujourd’hui vous voyez Rome, cette maîtresse du monde politique ancien, comme elle est devenue la reine du monde religieux moderne, vous voyez Rome, sous les auspices d’un pontife éclairéTPTPTPTPTP1PTPTPTPTPT, préparer les voies à l’intronisation du nouveau Dieu. Unissons nos vœux aux efforts du vénérable chef de la chrétienté pour former et cimenter une sainte et salutaire alliance avec la religion, cette puissance modératrice des passions, la liberté saura beaucoup mieux éviter les écueils dont sa route est parsemée. Ô Rome ! écoute la voix des peuples ; prête-leur la main qu’ils te demandent pour s’aider à se relever ; guide-les dans la voie d’émancipation et d’avancement où les appelle une voix d’en haut, et une fois encore tu peux être la maîtresse du monde. Tu le fus jadis par l’épée ; plus tard tu le devins par la pensée ; redeviens-le par l’amour. Fais-toi le centre, la modératrice, la directrice du progrès humanitaire. Invite les bons rois et les peuples libres à établir dans ton sein un auguste conseil de propagande, dont l’objet serait de diriger les travaux réunis de tous vers la régénération de l’humanité entière.

Si nous ne vivions pas dans un temps où les prodiges se multiplient à tel point qu’ils passent presque inaperçus, une pareille idée pourrait paraître extravagante. Mais ce qui s’est passé depuis un demi-siècle me rassure. C’est maintenant l’invraisemblable, l’impossible, qui est le plus près de la vérité, de la réalisation. Il est tels grands fous des deux derniers siècles, qu’on reconnaît aujourd’hui pour des génies que nos aïeux n’avaient pas compris. Et eux-mêmes, si on leur eût prédit ce que nous voyons de nos jours, auraient condamné le prophète aux petites-maisons.

Pour prévoir avec justesse certains grands événements futurs, il suffit souvent de faire attention aux conséquences qui doivent découler nécessairement de certaines idées ou principes nouveaux, qui quelquefois, comme des éclairs, jaillissent de l’intelligence humaine en travail. Nous avons vu ce qu’a déjà fait le principe de la liberté populaire qui n’est proclamé que d’hier. Eh bien ! on proclame aujourd’hui un autre principe dont les conséquences seront immenses pour l’humanité, je veux parler du principe du libre-échange. La doctrine du libre-échange, comme on sait, est fondée sur cette vérité trop longtemps méconnue, et dont l’ignorance a causé des maux incalculables, savoir : Que chaque peuple est intéressé à la prospérité des autres peuples, par la raison toute simple qu’on ne vend qu’aux riches. Voilà donc les peuples intéressés directement à favoriser la prospérité et l’avancement les uns des autres.

On peut en dire autant de certaines découvertes dans les arts ou dans les sciences. Celui qui, lors de la découverte ou introduction, en Europe, de la poudre à canon dans le quatorzième siècle, et de l’art de l’imprimerie dans le siècle suivant, en eût pu calculer les conséquences pour la société européenne, eût pu prédire dès lors l’émancipation humaine, telle que nous la concevons de nos jours. En effet, la poudre à canon établissait l’égalité physique entre les hommes, en mettant aux mains des serfs une arme dont les maîtres, ces chevaliers bardés de fer, ne pouvaient plus éviter l’atteinte mortelle. Et l’imprimerie, en conviant l’homme du peuple au banquet de la science, le rendait intellectuellement et moralement l’égal de ses dominateurs. Or, où se trouve égalité physique, intellectuelle et morale, il doit y avoir égalité politique : c’est de conséquence rigoureuse. Aussi désarme-t-on les peuples que l’on veut tenir dans la sujétion, et prohibe-t-on chez eux la liberté de la presse. Mais en dépit des censeurs et des prohibitions, la liberté fera le tour du monde. Les hommes forts nourris du lait de la liberté débordent déjà sur tous les points ; ils sont au cœur de l’Inde, ils frappent aux portes du Japon, ils ont pris pied aux confins du céleste empire et racine en Australie, enfin ils étreignent l’Afrique de toutes parts.

Alors qu’y aurait-il donc de si absurde dans la prévision que les peuples se réuniront un jour, en congrès général, pour travailler de concert à la régénération de l’espèce humaine ? On a bien vu les rois tenir des congrès pour s’entendre sur les moyens de maintenir les peuples sous le joug, pourquoi les peuples n’en feraient-ils pas autant dans leur intérêt commun ?

J’ai pour ma part une assez haute idée des peuples pour croire qu’ils travailleront à répandre les bienfaits de la liberté, une fois qu’ils l’auront fermement établie chez eux. Sans cela il faudrait croire que l’homme n’est qu’un hideux composé d’égoïsme. L’homme pense d’abord à son bien-être individuel, je le veux, et c’est dans l’ordre. Mais il est au fond du cœur de l’homme un noble sentiment que Dieu n’y a pas implanté sans dessein, et qui doit aussi influer sur les actions de l’homme ; ce sentiment, je pourrais presque dire ce besoin, c’est la bienveillance. L’homme se sent porté, ressent du plaisir à faire du bien à ses semblables : ce sentiment paraît même n’être pas tout à fait étranger à la brute. L’homme a de plus un autre besoin d’expansion, qui lui est particulier, en ce qu’il tient à l’intelligence, à l’âme : ce sentiment, ce besoin, qui n’a pas encore, que je sache, reçu de nom particulier, – car je rejette le mot de Prosélytisme comme n’étant pas assez noble, – ce besoin, ce sentiment innommé, est cette impulsion interne qui pousse l’homme à étendre l’empire de ses idées. C’est de ce sentiment que Dieu se sert pour propager les connaissances et les vérités utiles parmi les hommes ; c’est le sentiment qui fait les apôtres, les savants, les grands patriotes, en un mot, tous les grands précepteurs de l’humanité, et qui aux uns comme aux autres fait braver la prison, l’exil, la mort même, et, ce qui est souvent plus douloureux encore, l’ingratitude des hommes mêmes pour qui ils se dévouent.

Eh bien ! ces deux mobiles de l’action humaine, lorsqu’ils auront complété l’œuvre de la régénération de quelques peuples, iront continuer leurs œuvres chez d’autres peuples ; et il est assez raisonnable de supposer que ceux qui seront engagés dans cette noble propagande aimeront, chercheront à coordonner, à concentrer leurs efforts afin d’en augmenter la puissance et l’efficacité. Que ce soit à Rome, à Londres, à Paris ou à Washington, les peuples auront un jour leur congrès.

Eh ! voyez donc ces sympathies politiques qui ne connaissent plus de frontières, qui s’élancent au-delà des océans comme autant de fils dont se formera la chaîne qui doit un jour lier les peuples libres dans une sainte et fraternelle union. Les distinctions nationales perdent leur ancienne signification ; encore quelque temps, et il n’y aura plus, à proprement parler, d’Anglais, de Français, d’Allemands et d’Américains ; il n’y aurait plus que des hommes progressifs ou rétrogrades, des égoïstes ou des libéraux. On ne s’informera plus si tel homme parle cette langue ou cette autre, mais seulement si ses paroles et ses discours sont ceux d’un homme libre.

Ces anciennes haines et préventions entre les peuples étaient principalement l’ouvrage de leurs exploiteurs, qui, pour diviser les peuples et les pressurer plus à l’aise, firent longtemps croire à l’existence d’intérêts commerciaux et industriels opposés entre les différents pays. L’on commence à voir aujourd’hui, comme je n’ai fait que le remarquer plus haut, que, loin d’avoir à perdre à la prospérité de ses voisins, on y a au contraire tout à gagner. L’on sait aujourd’hui qu’il n’y a qu’un moyen de prospérer, c’est de travailler ; que plus un pays aura de travailleurs, plus il s’enrichira ; que, de même, plus il aura de gens oisifs, moins il aura de prospérité. Car, avant d’aller sur les marchés étrangers pour vendre ou pour acheter avec le fruit de son travail, il faut en déduire tout ce que consomment ceux qui ne font rien, qui ne produisent rien. Dorénavant donc ce ne sera plus au-dehors que l’on ira chercher les ennemis de la prospérité publique, mais au-dedans ; ce sera aux oisifs, aux classes improductrices que l’on s’adressera, et à qui l’on demandera compte. Il faudra donc que chacun travaille selon sa position, selon ses facultés. On ne recourra probablement pas au remède un peu rude pour nos mœurs qu’employèrent Dracon et après lui Solon ; mais on saura, au besoin, mettre l’oisif opiniâtre dans la nécessité de travailler.

Mais espérons qu’on n’aura pas besoin de recourir à aucun moyen violent pour obliger tout le monde à travailler ; que chacun sentira trop bien l’obligation du travail pour tous, pour ne pas s’y soumettre de bon gré. Le but des nouvelles sociétés ne se bornera plus à soutenir l’éclat d’un trône et d’une aristocratie fainéante ; il s’agira de la régénération de l’humanité entière, à laquelle chaque peuple tiendra à honneur de contribuer, autant qu’il sentira qu’il est de son intérêt de le faire. En effet, messieurs, transformons en imagination les centaines de millions d’hommes qui habitent l’Asie, l’Afrique, l’Australie, l’Océanie, transformons-les, dis-je, en autant de travailleurs libres, actifs et intelligents, comme le sont en général les habitants de l’Amérique du Nord. Quelle somme de subsistances ! quelle masse de jouissances existeraient qui n’existent pas ! quels moyens incalculables d’action entre les mains de l’homme ! C’est pourtant vers ce but que marche l’humanité, et d’une manière aussi certaine qu’il l’est que la Terre tourne autour du Soleil.

Les peuples innombrables qui ne sont pas encore en voie de régénération devront se civiliser, ou disparaître de la face du globe pour faire place aux races plus fortes de la civilisation. C’est malheureusement ce qui a lieu de nos jours sur ce continent vis-à-vis de cette belle et noble race d’hommes que nos pères y rencontrèrent. Un de nos gouverneurs, sir Francis Bond Head, écrivant au secrétaire colonial, en 1836, se demande : « Quelle est la raison de tout cela ? Pourquoi les vertus simples des races aborigènes d’Amérique doivent-elles, dit-il, dans les circonstances, faiblir devant les vices et la cruauté de l’ancien monde ? C’est là, ajoute-t-il, un problème que personne d’entre nous n’est capable de résoudre ; la chose est aussi mystérieuse que l’objet en est inexplicable. »

L’explication que cherche l’écrivain est bien simple : le sauvage d’Amérique a pris nos vices et laissé de côté nos vertus ; il a pris ce qui fait notre faiblesse, et négligé ce qui fait notre force, le travail et les idées de la civilisation. Le sauvage pense comme nos nobles au sujet du travail, il le tient en mépris ! N’est-il pas remarquable que nos classes aristocratiques qui s’en vont, qui disparaissent, voient le travail du même œil que le sauvage, qui s’en va, qui disparaît aussi ? S’il y a quelque mystère là-dedans, il gît dans le décret de Dieu, qui a voulu que le travail eût l’empire du monde. Pourquoi Dieu a-t-il voulu qu’il en fût ainsi ? Si c’est là le mystère dont sir Francis demandait l’explication, il a eu raison de dire que personne ne pourrait l’éclaircir, car c’est encore là un des secrets de Dieu, devant lesquels la raison doit s’abaisser. Qu’il nous suffise, au reste, de croire que Dieu nous laissera connaître tout ce qui est nécessaire à notre bonheur et à notre perfectionnement ; et c’en est certes tout à fait assez pour nous occuper longtemps, bien longtemps encore. On ne peut s’empêcher de regretter le temps précieux que nombre d’hommes de génie ont perdu à la poursuite de connaissances vaines, chimériques, ou inaccessibles à l’esprit humain, et ne servant qu’à fourvoyer l’humanité. Aussi Socrate, le plus sage des hommes de l’ancienne Grèce, disait-il à ses disciples il y a deux mille et quelque deux cents ans : « Il faut adorer la providence et ne pas porter trop loin ses recherches sur les choses divines. » Et il tenait pour vaines et désagréables à Dieu toutes les sciences et doctrines qui ne peuvent avoir d’utilité pour la vie pratique.

Concluons, messieurs. Si j’ai réussi à captiver votre attention, vous devez être fatigués ; si je n’ai pu y réussir, vous devez être ennuyés ; et dans l’un et l’autre cas, je dois en finir, quoiqu’il y ait encore beaucoup de points à visiter dans le champ que nous venons de parcourir. Je crois, cependant, en avoir dit assez pour vous faire sentir la noblesse, les avantages, les douceurs même et, par-dessus tout, l’obligation du travail pour tous sans exception ; pour le riche comme pour le pauvre ; pour le grand comme pour le petit ; pour le citoyen en faveur de son pays ; pour les peuples en faveur de la race humaine entière. Ne serait-ce pas, en effet, rapetisser les vues du Créateur que de borner la fin du travail à l’intérêt de chaque individu ou de chaque peuple ? On n’est pas l’Angleterre, on n’est pas la France, on n’est pas les États-Unis pour soi seulement. La providence en créant tant de grandeur, tant de puissance, tant de lumières, a voulu qu’il s’en épanchât un peu au-dehors au profit de l’humanité. Il est encore moins permis aux nations qu’aux particuliers d’être égoïstes, rapaces et spoliatrices.

Quant à nous, Canadiens, hâtons, par un travail constant et sagement dirigé, l’arrivée de l’époque où nous pourrons aussi jouer un rôle dans le grand drame du monde. Quelque éloignée qu’elle puisse être encore, je suis assuré que ce rôle ne fera pas rougir les mânes de nos pères ; qu’il sera ce qu’il doit être, libéral, noble et généreux, digne en tout des deux grandes nations auxquelles nous tenons par des liens si étroits.

Nous surtout, Canadiens-Français, issus d’une race éminemment chevaleresque, qui sait si nous ne sommes pas destinés à installer dans la politique de ce continent cet esprit de bienveillance et de générosité, sans lequel la société humaine ne saurait atteindre la plus noble de ses fins, le progrès moral et intellectuel de notre espèce ?

Encore un mot, messieurs, et pour vous. Permettez-moi, avant de prendre congé de vous, de féliciter la jeunesse canadienne de cette ville des avantages précieux que lui offre votre Institut. Il est pour elle une école de haut enseignement mutuel, elle y trouve de beaux exemples à suivre et le sujet d’une noble émulation, et le pays une pépinière de grands et utiles citoyens. Poursuivez votre œuvre nationale avec constance, et si jamais notre race joue un rôle distingué dans l’histoire d’Amérique, votre Institut aura droit, j’en suis sûr, d’en réclamer, en grande partie, le mérite et la gloire. Si vos aînés vous refusent le tribut de quelques-unes de leurs veilles ; si, par indifférence ou à cause de leurs occupations, ils ne veulent ou ne peuvent venir éclairer, diriger, encourager, stimuler vos travaux ; eh bien ! travaillez seuls. Certes, ce que vous avez déjà fait, les pages éloquentes, bien pensées, bien écrites qui sont déjà sorties de cette enceinte, n’ont pas manqué, je vous l’assure, de faire battre le cœur de la patrie de joie, d’orgueil et d’espérance. Bientôt vous serez appelés à prendre la place de la génération virile actuelle, à devenir vous-mêmes acteurs sur la scène du monde, dont vous faites un si brillant apprentissage. Alors, rappelez-vous votre Institut ; rappelez-vous vos besoins, vos désirs, vos murmures de jeunes hommes, et faites envers vos cadets d’alors mieux que n’auront pu faire pour vous vos aînés d’aujourd’hui. Messieurs, encore une fois travaillons, il n’y a que le travail qui régénère les peuples, c’est sous ses auspices qu’ils s’alimentent de sentiments grands et généreux. On s’étonne quelque fois que Lacédémone ait pu lutter si longtemps contre l’influence d’Athènes : c’est qu’à Sparte les nobles instincts du cœur étaient entretenus par le travail obligatoire pour les grands et les petits, et, conséquence naturelle, relevés par l’égalité qui régnait entre tous les citoyens ; c’est qu’à Sparte les mères, vivant sous l’idée que là est la patrie où domine l’esprit du travail, présentaient à leurs fils partant pour le combat un bouclier, disant : « Avec ou dessus » c’est-à-dire, libres à vous de revenir, mais à deux conditions, c’est-à-dire, morts ou vainqueurs.

Vous citerai-je, mesdames, l’exemple d’une illustre femme de l’Antiquité, Cornélia, fille d’un grand homme et mère des Gracques, héros qui ont péris au service de la cause populaire. Elle avait surveillé leur éducation avec une sollicitude toute maternelle et les avait rendus les égaux des plus grands hommes du temps où ils vécurent. Aux dames, ses amies, qui lui reprochaient le peu de cas qu’elle faisait des parures et des diamants, elle avait accoutumé de répondre qu’elle avait chez elle, faisant allusion à ses deux fils, de précieux, d’inestimables bijoux. N’allez pas croire, pourtant, que je sois un de ces moralistes grondeurs, moroses, qui dédaignent se baisser pour cueillir à droite et à gauche les roses qui décorent le parterre. Félicitez-vous du rôle que la société vous confie pour exciter les nobles inspirations de l’homme, continuez d’encourager par votre présence et, soyons justes, d’embellir les réunions de vos jeunes compatriotes : le plus grand avantage vous en reviendra.

N’oubliez pas non plus que ce n’est qu’avec les hommes grands et forts de la grandeur et de la force intellectuelles que vous partagerez ces douces jouissances qui l’emportent, soyez-en persuadées, sur les jouissances moins pures des sens et moins durables.
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