Mme Barbe, Mme Jourda, Mme Jacomy, ainsi que Mme Roseline Boussac, maire de Bonnevaux dans le Gard








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REMISE DES INSIGNES DE L’ORDRE NATIONAL DU MERITE
A LINE FROMENTAL

Montpellier, 22 août 2013

Je voudrais tout d’abord, Madame et chère amie, saluer l’assistance nombreuse qui nous entoure ce soir et qui témoigne de toute l’estime que l’on vous porte.

Et parmi elle, souligner la présence du « Club » (sic) des femmes décorées, Mme Barbe, Mme Jourda, Mme Jacomy, ainsi que Mme Roseline Boussac, maire de Bonnevaux dans le Gard, un village à deux heures de Montpellier accroché aux schistes et noyé dans les châtaigniers des Cévennes. Ce « club » (sic) est un regroupement bien informel, mais dont le maître mot est la solidarité et le principe, « 20 euros » pour celle qui me dit, « tu crois que je le mérite ? ». A cet égard, Line a une belle ardoise !

Je ne saurais poursuivre sans saluer la présence du Professeur Henri Pujol, du Professeur Bonnet, du Professeur Téral, qui, au-delà de votre propre personne, Madame et chère Line, nous honore à toutes et à tous.
Line Fromental, chère amie,
Vous avez été distinguée dans l’Ordre national du Mérite1. Avec la Légion d’Honneur, l’Ordre national du Mérite forment les deux plus hautes décorations françaises.
C’est un très grand honneur que vous avez reçu.
Cette prestigieuse distinction que le Président de la République, François Hollande, a pris l’initiative de vous décerner sur le contingent du Premier ministre, témoigne d’une double reconnaissance publique de vos mérites par les plus hautes autorités de l’Etat. Et j’ajouterai, de la reconnaissance de vos valeurs humaines et morales.
J’ai donc pour tâche ce soir, au nom du Président de la République, Grand Maître des Ordres nationaux, de vous remettre solennellement, vos insignes de Chevalier de l’Ordre national du Mérite. Elles soulignent 40 ans de votre engagement au service de France.

C’est un très grand honneur, que vous me faites là, Madame..., à votre tour, aujourd’hui.
Les serpents
Oui mais voilà, vous avez peur des serpents !

Et cette grande peur, savamment entretenue des années durant par un bienveillant « petit frère » n’est pas banale. Sur cette grande peur, vous allez à 59 ans, ouvrir votre premier roman. Et rencontrer un vrai succès de librairie.
Vous avez 5 ans. C’est les vacances au Château. En plein midi, des cris tirent la famille de la fraîcheur du logis dans la torpeur de l’été. Un serpent, énorme que vos yeux de petite-fille élèvent aussitôt au statut de boa, sorti du trou d’une pierre d’évier voisine – le tout à l’égout n’est pas inventé au Mas de Londres -, expire sous les coups de pelle d’un voisin qui frappe avec violence… la tête ensanglantée d’une inoffensive couleuvre de Montpellier. Mais dont la taille, foi de vigneron, « c’était un serpent d’exception », justifie quand même, qu’on « sorte » pour l’occasion le mètre plat, jaune gradué de noir : « Hors tout, un mètre cinquante, -direz-vous -, bien tassé »2 !
Languedocienne de souche, vous ferez ainsi avec talent dans ces « Brins d’enfance » - publiés aux Editions du Papillon rouge, dirigées par M. Hubert Delobette -, que vous avez cueillis au pied du Pic Saint Loup en 2009, le récit de « l’ordinaire d’une petite fille des années 50 »,« Exister -au Castellas, ou Château, le nom que l’on donne au Mas de Londres, au haut du village blotti contre l’église - Exister était si doux, qu’à peine arrivée, un goût de miel envahissait les sens »3.
La vie de château
Ainsi allait la « vie de château » d’une petite fille venue au monde à l’ombre du fief dont elle porte le nom…, une « aristocrate » donc ; la Séranne qui fait face au Pic Saint Loup.
Votre père, Paul Séranne, -ici présent et que je salue avec respect -, a suivi les traces de votre grand-père, Joseph Séranne, l’un des fondateurs du Mouvement de la coopération viticole à Saint-Martin de Londres.

A votre naissance, votre père est donc gérant–aujourd’hui on dirait directeur général- de la Cave coopérative de Saint-Martin, La Grappe d’Or.

Père et fils, les deux hommes ont été des personnalités très certainement influentes au village ; d’ailleurs, Paul, a été un temps conseiller municipal, mais si la mairie incarne le pouvoir politique, la coopé, elle, incarne le pouvoir économique.
Monsieur Paul Séranne, vous m’autoriserez certainement à souligner ici, que c’est la création des premières caves coopératives de vinification dans l’Hérault à l’automne 1901 qui ont marqué, avec les vignerons coopérateurs, le véritable changement dans les vignes.

Vous saurez aussi, probablement, Monsieur, que les artisans de ce changement sont en fait deux limonadiers de l’Hérault : Elie Cathala, de Maraussan, village voisin de Béziers, et Camille Reboul, de Mudaison, village proche de Montpellier.

Jaurès, de passage dans l’Hérault, avait pu connaître et apprécier Elie Cathala (de Maraussan) lors d’une campagne électorale à Pézenas en 18974. Et, c’est ainsi que le « Grand Jaurès », pour reprendre le Professeur Rémy Pech dans son « Jaurès Paysan », cité par François Hollande le 2 juillet, en présence de Line et Serge Fromental à l’Elysée ; c’est ainsi que Jean Jaurès avait guidé Cathala et Reboul dans la coopération, qu’en pionniers et militants ardents, ils concevaient comme un instrument d’émancipation des petits vignerons. Les « Vignerons libres de Maraussan » en porte encore le premier témoignage dont une part de cave au nom de Jean Jaurès, député du Tarn, est toujours conservée dans les archives.
Votre présence ce soir est précieuse Monsieur Séranne.

Votre personnalité, votre propre histoire m’offrent l’opportunité d’évoquer l’œuvre de ces trois hommes fondée sur des convictions et une occitanité partagés, et que je revendique sans passéisme et sans démagogie. Je vous en remercie.

La coopé
Line naît à la coopé, un matin de printemps au premier étage qu’occupe le logement de fonction. Et la première odeur qui vient aux narines du premier enfant de Paul Séranne et de Louisette Moure, son épouse – je m’incline avec respect sur sa mémoire-, c’est celle du vin. Les premiers bruits sont ceux de la cave, les « manches » que l’on traîne pour soutirer le vin ; les moteurs des pompes ; le « tire- lie » qui racle le fond de la cuve ; la « citerne » (le camion citerne) de « l’entonneur » qui pétarade dans la cour ; plus tard la vie s’organisera au rythme de la cave.
Plus tard, un « petit frère », celui des serpents peut-être, saura, au seul bruit de son moteur reconnaître quelle pompe est en marche ! Remarquez, lui ou peut-être, un autre, car des « petits frères », il y en aura trois – Joël, Alain et Michel - ; dont un extirpé par miracle d’un conquet –le réceptacle dans lequel s’écoule le vin fin du pressoir – dans lequel il était tombé. Line l’avait cru mort !
Ainsi va la vie à la Cave ; de sa belle écriture ronde, Louisette prête aussi main forte à Paul en inscrivant sur le cahier, les comptes rendus des Conseils d’administration.
Architecte
Comme sa mère, Louisette, et son oncle, Pierre, « Un tonton en or massif qui lui apprendra la patience »5, et dont « Le cheval s’appelle – parole de petit frère – Mulet », Line, enfant, se tapie dans « Les-Buis-De-Derrière- La-Cure » au Château. Line observe les murailles. Et affirme, à l’âge où les petites filles rêvent d’être maîtresse ou infirmière : « Quand je serai grande, je serai architecte ! », et pour y arriver se résout à « bien travailler ».

Elle recevra pour cela la participation active de son duo d’éducatrice : Berthe Cardonnet, l’institutrice, Mme Cardonnet, et Louisette Séranne sa mère, dont elle dira d’elles, qu’elles lui ont tout appris.
La promesse sera tenue ! Qui permettra au grand-père de proclamer un jour avec fierté au Café « Ma petite fille a le baccalauréat »6 ! Certainement il l’a fait en patois, - maintenant, on dit l’occitan ! -, « Cette langue des hommes entre les hommes »7 pour exprimer l’exceptionnel ou l’émotion.
Pourtant, vous ne serez pas architecte. Vouée au dessein des filles, vous n’avez pu l’avouer. Et vous devrez in extremis au « Savant », votre diplôme et votre métier de pharmacienne, parce qu’il fera échouer des ambitions limitées de laborantine auxquelles la tradition, l’entourage vous destinaient.

Cet homme, René Salgues, le Savant, botaniste, mycologue, chimiste qui vous a encouragé à faire pharmacie aimait venir à la Coopé dont il louait le dynamisme économique et le côté progressiste. Cet homme parlait peu. Mais bien. Il baladait son immense silhouette courbée le long des chemins où il herborisait. Mais il a déterminé le tournant de votre vie. Je vous remercie de m’avoir offert l’occasion de lui rendre hommage.

Pharmacienne
Vous obtiendrez, en 1973, votre diplôme de pharmacienne.
Albert Ciurana, le pharmacien de la Place du Marché aux Fleurs de Montpellier, votre maître de stage en officine, ne sera pas pour rien dans cette grande réussite.
Mais entre temps, par votre volontarisme, par votre goût du travail, vous aurez su forcer le destin.
Le bénévolat, que vous aurez exercé pendant tout le temps de vos études dans le Labo du Doyen Fernand Sabon, Professeur de chimie générale et minérale, - vous serez tour à tour laborantine, assistante de travaux pratiques, petite main pour les thèses … -, vous conduira, naturellement, parce que vous aurez su vous faire apprécier, à l’Agence du Médicament dont les laboratoires se trouvent à Montpellier. Vous y serez, sitôt vos études terminées, embauchée.
Vous y ferez toute votre carrière de pharmacienne. C’est dans les laboratoires de contrôle dirigés le Professeur André Puech que vous apprendrez vraiment ce qu’est une analyse.
La voie de l’excellence
Le Savant de Saint-Martin de Londres vous avez aussi dit de « Toujours choisir la voie de l’excellence ». Alors :

  • le bénévolat oui, pendant 5 ans, mais auprès du Doyen,

  • le stage obligatoire en officine, oui, mais auprès du meilleur pharmacien de la ville,

  • la première embauche, certes, mais au cœur de cette prestigieuse Agence du Médicament.


Vous conquerrez aussi la même année 1973 votre pleine indépendance et la liberté de vous marier.
Là encore, vous n’oublierez pas de « Toujours choisir la voie de l’excellence » !
Je salue avec amitié et affection, l’excellent Docteur Serge Fromental, votre époux, dont vous aurez, prunelle de vos yeux, deux filles, Cécile, pharmacienne mariée à un pharmacien, Gilles ; et Isabelle chirurgienne-dentiste, mariée à un ingénieur de l’aviation civile, Etienne, qui, lui, échappera à la saga de la médecine et de la pharmacie, façon « LES FROMENTAL ».
Je dois bien entendu à ce stade présenter mes respects à la mère du fondateur de la dynastie, Mme Jacqueline Vaissière FROMENTAL, et évoquer avec regret le souvenir de son bien-aimé époux, Aimé Vaissière, tout récemment disparu. Je salue Marc Vaissière.
Avec cette descendance, Serge, dont le nom porte, « avec le pain de froment, le vin de raisin et l’huile d’olive, l’un de ces trois symboles millénaires de la civilisation méditerranéenne », que proclamaient encore à Montpellier les pancartes de la grande révolte des vignerons du Midi de 19078, pourra la retraite venue, et lorsque les oies sauvages ne passeront plus à la portée de son fusil, (ni au Canada, ni au Québec, ni nulle part ailleurs) –remarquez il pourra toujours aller chasser les marmottes au Tyrol, on en tue 100 dans l’année, le problème c’est aussi qu’il faut les manger ! -, monter un dispensaire, un hôpital de campagne, un centre de secours, voire une pharmacie coopérative ... dont, par effet de concentration horizontale Line s’occupera, bien entendu, de la publicité, de l’information, de la communication...
Et s’il faut un coup de main supplémentaire, elle y pourvoira aussi. A-elle des relations dans la politique ?
En 2001, après 28 ans de carrière, elle soutiendra, sous la direction du Professeur Bontoux une Thèse d’Etat de Docteur en Pharmacie (mention très bien et félicitations du jury), à l’Université de Montpellier I :  « Information et santé : au sujet de l’accident d’anesthésie du ministre Jean-Pierre Chevènement ». Tout est dit !
La voie de la Mamé Pauline
Est-ce, Madame, parce au Mas de votre enfance, la Mamé Pauline dont tout le monde disait qu’elle « n’avait jamais travaillé »9, travaillait justement toute la journée; devenue veuve, mère d’un enfant d’un six ans et d’un second à naître, elle avait du se débrouiller ?

Est-ce parce que « même sans avoir travaillé à l’usine il n’y en avait pas au Mas -; votre Mamé brodait, tous les jours, toute la journée toute l’année », à s’en user les yeux, à domicile, des bas de soie pour les usines du bassin de Ganges ?

Est-ce pour cela que le statut de fonctionnaire va finir par vous peser ?
Certes, vous ne vous résignerez pas pour trouver votre liberté, comme elle à broder pour une misère des bas de soie jusqu’au bout de la nuit pour des élégantes de Paris, - votre science n’a jamais dépassé le point de tige ; de plus, les bas nylon ont porté un coup fatal à l’industrie gangeoise -, mais, comme elle, tous les jours, toute l’année, en formation à partir de 1977, à domicile le reste du temps, vous allez apprendre à écrire..., puis écrire.
Pour faire progressivement de l’écriture et de l’information sur la santé votre nouveau métier. Et trouver dans cette activité qui vous stimule, la force de faire face à l’adversité lorsqu’elle surviendra, et que vous combattez, forcement depuis 25 ans entre deux chirurgies, avec une rage de vivre, avec un courage et une détermination inouïs. Et qui force l’admiration!
Journaliste spécialisée
C’est le Docteur Pierre Assié qui vous met le pied à l’étrier pour commencer, au journal Médical, comme rédactrice dans la presse professionnelle. Suivra pendant 10 ans Tonus, embauchée par le rédacteur en chef, le Docteur Frank Stora, puis L’Impact Médecin. Ceci, entre autres titres.

Mais c’est à Midi – Libre, le Quotidien régional de référence, « la voix de l’excellence » a encore parlé, que vous deviendrez vraiment rédactrice spécialisée en information sur la santé. Paul Katz, le rédacteur en chef vous offrira cette chance. Vous y serez spécialement chargée pendant près de 10 ans, de la rédaction d’une page Santé. Vous y rencontrerez Jacques Bruyère, Chef de service des pages régionales.
Et de pharmacienne, vous deviendrez journaliste spécialisée, avant d’être romancière et écrivaine.

Serge ne sera pas en reste. Il se fera plus tard un spécialiste de l’animation régulière du courrier des lecteurs de Midi-Libre, une tâche qu’il acquitte avec une efficacité, une efficience, une constance et un vrai talent que je tiens à souligner. Ma mère, 86 ans aux premières neiges, deviendra une de ses fidèles lectrices en même temps qu’une fidèle admiratrice ! Si bien qu’elle me tiendra régulièrement informée des matins  où Serge … aura frappé ! Parfois très fort !
Le braconnage et les parisiens
Mais vous aurez eu encore, Madame, un combat à mener. Contre votre administration de tutelle, craintive de vous voir, en quelque sorte, braconner.
En vous refusant, - au motif de droits à congés de longue maladie non épuisés -, une disponibilité pour ne travailler que dans la presse écrite, ce qui allait vous sauver, votre administration vous a condamné ce jour là à une double peine : celle que la maladie fait peser sur vous, et celle que l’abandon d’un statut fait peser sur votre avenir. Cette double peine s’alourdira encore, le calcul du montant de la pension de retraite venu.
Dame, une fonctionnaire qui pourrait braconner, renoncer à un avantage acquis?
Braconner ? Non, « Il faut respecter la loi. Toujours. » disait le Tonton Pierre à la pêche aux écrevisses. Mais braconner, -pêcher des écrevisses qui ne sont pas à la maille -, ce n’est pas vraiment frauder. Parce que ce sont les parisiens qui font la loi. Et les parisiens, aux écrevisses, ils n’y connaissent rien ! »10.
Les parisiens, justement, vous allez les entreprendre !
Et si vous ne leur direz mot sur les écrevisses, « la saveur du bonheur », ni sur les « empremiers », ces premiers raisins directement cueillis sur la souche et qui « sont meilleur quand on peut partager »11, ni même sur LA lièvre qu’on féminise en patois manière de lui donner bon poids, vous publierez en collaboration avec Jacques Bruyère en 2012, ce « Petit dictionnaire insolite de l’occitan et des Occitans ». Aux Editions Larousse, tout de même, sous la direction de M.M. Jacques Florent et Laurent Girerd et, avec à la clef, un deuxième succès de librairie.

Vous enseignerez entre autres au médecin parisien, attiré par une carrière méridionale, des choses utiles. Que si quelqu’un d’ici lui dit « après » cela peut signifier « avant » : « Le cachet, je l’ai pris après, docteur » dit le vigneron de Béziers à l’Interne des Hôpitaux médusé, qui lui n’est pas de Béziers !

Après… c'est-à-dire avant, vous aurez accepté que votre premier roman, « Brins d’enfance », soit adapté pour les malvoyants. Un geste humanitaire consenti aux Editions « Encre Bleue », Collection Largevision pour malvoyants. Ainsi ces « Brins d’enfance » cueillis au pied du Pic Saint Loup rebaptisés « La treille de l’Oustalet », (elle existe, je l’ai vue !), deviendront un roman en 2 tomes. Ainsi va la vie du livre et de l’édition…
Tonton Pierre
Pharmacienne, journaliste spécialisée, romancière, écrivaine, issue de cette Séranne « aristocratique », vous direz, Madame, en parlant de Pierre Moure, votre oncle, « Tonton était un seigneur »12 ! Devenue adulte, vous étiez un jour en rade, il vous aura dépannée.
J’ai été moi-même, vous le savez, sensible aux valeurs humaines portées par les vignerons languedociens et décrites dans votre premier livre. Depuis votre départ du Laboratoire, vous avez fait une thèse, vous avez écrit plusieurs livres, et entre vos innombrables opérations, vous vous êtres toujours occupée des autres. Je puis en témoigner.
Pierre Moure vous avait aussi appris à « vous débrouiller ».
Se débrouiller, en français méridional, c’est d’abord se presser, se dépêcher. A la recherche des précieuses tchirilles (les girolles), sur les chemins du Mas de Londres, au petit matin il faut savoir se débrouiller : « Si tu veux que nous soyons les premiers, il faut te débrouiller »13.
Alors, par delà les ans, Tonton Pierre lui a appris le chemin.
Simplement, il ne savait pas qu’au bout il rencontrerait la République. Et l’hommage de la Nation entière à cette Line, Josette, Paule Séranne qu’il avait tant chéri !

Les petites demoiselles
J’ai été, dans mon propos, certainement un peu longue, et je vous prie de m’en excuser.

Mais vous l’aurez compris, j’ai voulu vous dire que Line, pas plus que les Fromental, les Séranne, les Moure… ne venaient de nulle part, et que cette décoration n’était ni le fruit d’un hasard, ni le caprice d’une quelconque haute autorité.
Les remises de décorations sont des moments d’unité nationale. Et des moments de joie qu’il ne faut pas laisser filer.
Cette décoration, Madame et chère Line, tu la porteras. Et quand tu seras bien vieille, que le ruban bleu aura un peu jauni, tu la « sortiras » de sa boite pour le plaisir, certainement de tes « petites demoiselles »… que j’appelle.


  • Mlle Alana CARGNINO, 6 ans et Mlle Clémentine GARCIAS, 15 mois

  • Mlle Enora CARGNINO, 2 ans et demi


Geneviève Tapié

Montpellier, 22 août 2013



1 Décret du 14 mai 2013 portant promotion et nomination (Premier ministre) Mme Fromental, née Séranne (Line, Josette, Paule), ancienne pharmacienne, journaliste et écrivaine ; 40 ans de services.

2 In « Brins d’enfance », Line Fromental, Editions du Paillon rouge, 2009, p 9.

3 In « Brins d’enfance », Line Fromental, Editions du Paillon rouge, 2009, p 51 ; 62.

4 In « Jaurès paysan », Rémy Pech, Editions Privat, 2009, p 134.

5


6 Récit de Line Fromental, mai 2013.

7 In « Brins d’enfance », Line Fromental, Editions du Paillon rouge, 2009, p 97.

8 In, « 700 ans de révoltes occitanes », Gérard de Sède, Editions du Papillon Rouge, 2013, p.273.

9 In « Brins d’enfance », Line Fromental, Editions du Paillon rouge, 2009, p 130 ; 131.

10 In « Brins d’enfance », Line Fromental, Editions du Paillon rouge, 2009, p 114.

11 In « Brins d’enfance », Line Fromental, Editions du Paillon rouge, 2009, p 186.

12 In « Brins d’enfance », Line Fromental, Editions du Paillon rouge, 2009, p 140.

13 In « Brins d’enfance », Line Fromental, Editions du Paillon rouge, 2009, p 214.




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