Horta en amerique textes expo








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HORTA EN AMERIQUE - Textes expo

1. Horta en Amérique

La Première guerre mondiale marque une cassure fondamentale dans la vie de Victor Horta. Il part à Londres en 1915 pour participer à un congrès sur la future reconstruction de la Belgique. Mais un journaliste ayant signalé sa présence, il lui est impossible de rentrer à Bruxelles. Il décide de gagner les Etats-Unis. Arrivé à New York, il est ahuri par les gratte-ciels. Le lendemain, symptomatiquement, il se fait couper la barbe : plus jamais il ne la portera, comme s’il avait tourné une page. Quatre années durant, aux Etats-Unis, il mène une vie de conférencier itinérant : tandis que Julia, sa seconde épouse, plaide la cause de la Belgique meurtrie, Horta évoque les trésors de l’art ancien.

Ce long séjour va bouleverser ses conceptions. La découverte de l’architecture américaine achève de le détacher de sa première période.  Comme il l’explique dans ses Mémoires : “Mon esprit s’en est trouvé assoupli. Ce que j’aurais combattu jadis comme incompatible avec la profession de l’architecte, je le comprends depuis, et même, sous un certain angle, j’en vois l’exemple souhaitable.” Horta accepte le principe de la collaboration entre architectes et celui de la standardisation, se persuadant de la nécessité d’évoluer vers une “uniformité intelligente”. Il sent que le coût de la main d’œuvre va devenir de plus en plus lourd, et que les formes architecturales devront en tenir compte.
2. Julia Horta, une odyssée
C’est en accompagnant son mari à Londres que vient à Julia Horta, l’idée d’organiser quelques conférences dans son pays natal, en Suède, pour témoigner de la souffrance du peuple belge et ses enfants. Julia s’avère une excellente oratrice et conquiert les assemblées. Elle est donc investie par le gouvernement belge d’une mission caritative en Amérique. Avant son départ, désirant se rendre compte de la réalité du conflit pour témoigner de visu des horreurs de la guerre et de la vie des tranchées, elle se rend sur les fronts belges et français.
Arrivée aux États Unis, Julia Horta fonde une œuvre de charité « American Aid for Homeless Belgian Children » qui connaîtra un grand engouement. Durant sa croisade de guerre, elle donne plus de 500 conférences, atteint 600 000 personnes et réunit l’équivalent de 11 millions d’euros actuels. Épuisée, elle est envoyée en repos une semaine en clinique. C’est là qu’elle apprend la fin de la guerre.

3. Standardisation et travail en équipe

La standardisation est un maître mot chez les Américains qui l’utilisent dans les plans comme dans le choix des matériaux. Cette méthode permet un coût raisonnable : elle ouvre donc l’accès au confort et à l’hygiène pour les classes ouvrières. Prévoir les emplacements pour des portes et fenêtres de même taille, manufacturées et rectilignes, est une incongruité à laquelle l’architecte ne peut pas adhérer. Cependant, il intégrera le béton à ses constructions futures et en simplifiera les formes.
Pour Horta, qui a l’habitude de dessiner presque chaque pierre de façade, l’utilisation d’ornement a été sacrifiée au profit de la fonctionnalité. C’est une idée qu’il va finir par accepter.

Pendant son voyage, Horta découvre aussi les bureaux d’architectes. C’est une manière de travailler différente et cohérente qui permet à l’architecte principal de se consacrer à ses plans en laissant à d’autres les besognes logistiques, comptables, etc. Malheureusement, à son retour il n’appliquera pas cette manière de procéder à ses chantiers, restant méfiant à l’égard des collaborateurs.

4. Horta conférencier
Victor Horta est sollicité pour une série de conférences sur l’architecture qu’il donne en anglais dans de nombreuses universités américaines. Tout est centré sur les grands mouvements anciens : gothique, Renaissance flamande, etc. Une seule conférence, à la Société d’Architecture de New-York, a pour sujet sa propre œuvre. Cela l’amènera à donner des cours d’histoire de l’architecture à l’Université Georges Washington en 1917-1918.
Les conférences dans tous les États d’Amérique ou presque permettent au couple Horta découvrir le Grand Canyon et le National Park de Yellowstone, d’aller chez les Mormons et de visiter les usines Ford, etc. Lors d’une conférence à Salt Lake City, l’acoustique de la salle – dédiée aux cérémonies religieuses – lui fait une impression extraordinaire : il s’en inspirera pour la construction du Palais des Beaux-Arts.

5. Côte Ouest & Sud profond
Les missions espagnoles s’étendent depuis le sud de la Géorgie jusqu’au Pacifique. Elles résultent de l’influence des missions catholiques venues des colonies espagnoles à partir du Mexique. Leur architecture est très différente du style colonial néo-classique que l’on trouve en majorité sur le reste du territoire. Le « mission style » s’inscrit dans la continuité de l’architecture mexicaine. Horta réunit beaucoup de plans et de vues sur cartes postales de couvents du Texas et de la Californie. Son intérêt est plus d’ordre historique qu’architectural, tout comme ses études de la flore californienne.
Un passage au Yosemite National Park est immortalisé par une photographie du couple posant devant le Wawona, un célèbre tronc de séquoia percé en tunnel. Cette image est une des seules du couple en Amérique. Victor Horta semble marqué par ces arbres millénaires : il consignera ainsi dans son carnet de voyage des réflexions sur l’âge de certains d’entre eux, les comparant avec la naissance du Christ ou la construction de la Tour de Babel.

6. Retour en Belgique
En 1919, le retour de Horta à Bruxelles est empreint de tristesse. Même si l’occupant a respecté ses œuvres, ne faisant par exemple pas enlever les éléments de bronze pour les fondre, il se sent comme un étranger et peine à retrouver sa place. Cette reconstruction à laquelle il a tant réfléchi, il ne s’y trouve pas associé. Dans une Belgique très appauvrie par le premier conflit mondial, l’Art nouveau est déconsidéré. Horta vend sa maison et son atelier de la rue Américaine et s’installe au 136 de l’avenue Louise, un immeuble construit par Alphonse Balat, son ancien professeur. L’architecte s’était-il fatigué d’une maison qu’il avait conçue comme son “portrait” ? Ce bâtiment était-il devenu comme une contre-publicité tant il paraissait démodé ? Plus jamais en tout cas, Horta ne vivra dans une de ses propres constructions.
La suite de sa carrière va privilégier les réalisations de grande ampleur. Il achève l’hôpital Brugmann et le Musée des Beaux-Arts de Tournai, deux édifices conçus avant la guerre que les circonstances imposent de revoir à l’économie. Passant des habitations privées à des commandes publiques de plus grande ampleur, Horta quitte le monde des riches particuliers pour celui des politiciens, et le travail avec les artisans pour des réunions incessantes et des commissions d’arbitrage. On lui confie dès 1919 la réalisation du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, mais le projet ayant été rejeté par le Sénat, il faudra attendre 1922, et l’intervention d’Henry Le Bœuf, pour que les choses puissent se mettre en route.
7. L’hôpital Brugmann
Victor Horta a débuté la construction de l’hôpital Brugmann avant la Grande guerre et l’achève à son retour d’Amérique. Brugmann est bâti en réponse au vieillissement des hôpitaux Saint-Pierre et Saint-Jean du centre de Bruxelles. Ces derniers, loin d’être laissés pour compte, doivent servir de relais d’urgence. Cette planification d’un hôpital principal avec des centres hospitaliers satellites est déjà pratiquée en Allemagne où le système a fait ses preuves. Puisque la parcelle choisie entre Jette et Laeken est décentrée, le projet peut s’étendre en surface plutôt qu’en hauteur. L’hôpital est conçu comme une succession de pavillons dédiés chacun à un service particulier : la taille des différents pavillons est déterminée en fonction de ses besoins spécifiques.

8. La salle Henry Le Bœuf
Alphonse Balat était déjà l’architecte d’un Palais des Beaux-Arts situé rue de la Régence (aujourd’hui Musée Royal des Beaux-Arts de Belgique), mais la salle de musique de ce bâtiment avait été réaffectée en salle d’exposition. Une grande difficulté du nouveau Palais, projet d’Horta, est l’utilisation d’un terrain à bâtir aux multiples contraintes : rectangle « trapézoïdal », différences de niveaux par rapport aux voiries, etc. Le budget alloué au Palais, énorme pour l’époque, choque Horta. Le mécène et mélomane Henry Le Bœuf soutient financièrement le projet et s’y implique fortement.
La salle de concert est bâtie en béton et acier. « La qualité de l’acoustique découle en grande partie de la mise en place des matériaux », comme Horta l’a bien remarqué en visitant quelques années plus tôt le tabernacle mormon de Salt Lake City dont l’acoustique extraordinaire permet d’entendre distinctement d’un bout de la salle une épingle qui tombe à l’autre extrémité de celle-ci. Henry Le Bœuf fait appel au célèbre acousticien de la salle Pleyel, Gustave Lyon, pour donner son avis sur les plans. Horta, rompu aux questions d’acoustique depuis la salle de spectacle de la Maison du Peuple, ne suit pas les conseils de Lyon, mais parvient à doter la salle d’une acoustique mondialement reconnue.


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