Leçon 1 01 Décembre 1965








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realität qui est au-delà

en tant que comme impossible, elle est ce qui détermine notre commun échec.
C’est en quoi tout échec n'est pas - comme on l'a enseigné et comme on continue à le croire, à savoir au niveau le plus rampant

de la pensée analytique - tout échec n'est pas forcément un signe négatif. L'échec peut être précisément le signe de fracture

où se marque le rapport le plus étroit avec la réalité.
Ceci motive et justifie - je vais rapidement le dire en deux mots - ce pourquoi il me faut, la moitié de ces mercredis, les fermer. Qu'est-ce que ça veut dire ?

Et pourquoi ai-je pris cette année le parti de faire moi-même le choix des personnes qui seront invitées à y participer ?
C'est pour cette raison très simple : qu'au niveau de l'étude de cette Wirklichkeit il y a un côté dessiné, un coté échange direct,

un côté de « balle passée » de la parole, qui ne peut se réaliser que dans certaines conditions de choix, de dosage entre les différents types de participants : ceux qui ont de ma parole à faire un usage analytique, et ceux qui me démontrent qu'on peut très bien

la suivre dans toute sa cohérence et sa rigueur jusqu’où elle va.
Que comme de bien entendu - il faut s'y attendre - si la praxis analytique mérite ce nom de πρᾶξις [praxis] elle s'insère dans une structure qui vaut, même au dehors de sa pratique actuelle. [Aristote distingue :

- les sciences théorétiques : ἐπιστήμη (θεωρητικός : observation, contemplation) : mathématiques, physique… dont la fin est la vérité, la connaissance des causes qui gouvernent les choses. Sciences désintéressées, elles constituent la fin ultime de la pensée.

- les sciences de l’agir : πρᾶξις, de l’action authentique (où la fin est immanente à l’acteur) : accomplissement de soi, recherche du « Bien » :

« la πρᾶξις l’action proprement dite. Pour qu’il y ait, au sens propre, action, il faut en effet que l’activité ait en elle-même sa propre fin, et qu’ainsi l’agent, dans l’exercice de son acte, se trouve bénéficier directement de ce qu’il fait. Par exemple, dans l’activité morale, l’agent, s’« informant » lui-même, produit une valeur dont il a en même temps l’usage. »

(J.P. Vernant – « Aspects psychologiques du travail dans la Grèce ancienne » in La Pensée, 66 (1956), p. 80-84.)]

- les sciences de la production : ποιεσις (τέχνη) où l’action est imparfaite car subordonnée à des fins extérieures à l’agent, où l’œuvre - έργον - devient extérieure à lui : « À la limite le travail artisanal apparaît comme pure routine, application de recettes empiriques pour rendre un matériau conforme à un modèle dont la nature se fait connaître du dehors par les indications ou les ordres de l’usager. Soumise à autrui, tendant vers une fin qui la dépasse, comment la ποιεσις de l’artisan serait-elle sentie comme une véritable conduite d’action ? Pour la distinguer de l’activité authentique, de la πρᾶξις, Aristote l’appelle le simple mouvement : κινεσις. Mouvement qui implique une imperfection : courant après une fin qui est au delà de lui, il ne possède pas en soi ἐνέργεια : l’acte. » (J.P. Vernant, op. cit.)]

Il faut donc que s’établisse une possibilité d'échanges au niveau de quoi, par exemple, puissent être étudiés ces termes qui fraient, qui facilitent à ce niveau de connaissance commune, l'usage de certains termes essentiels pour cette partie de notre praxis qui s'appelle théorie et par exemple que quelque chose - je ne dis pas... je n'ai aucune idée préconçue qui puisse être mise là à l'ordre du jour - qui par exemple nous montre ce qu'ont déjà pu approcher de notre vérité, les Stoïciens, par exemple, qui se trouvent


  • d'une part nous apporter au niveau de la logique des références essentielles qui ont cet intérêt pour nous d'être branche commune pour l'usage le plus moderne qui est fait de la logique d'une part,

  • et d'autre part - ce qui va apparaître dans mes leçons cette année et qui n'est pas une nouveauté pour l'analyste à ceci près que ce n’est point ainsi qu’il le formule - ce qui est impliqué de corporel de cette logique.


Car il ne suffit pas de se souvenir que nous parlons dans l'analyse, d'image du corps. Image quoi ? Image flottante, baudruche, ballon, qu'on attrape ou qu'on n’attrape pas. Justement l'image du corps ne fonctionne analytiquement que de façon partielle,

c’est à dire impliquée, découpée, dans la coupure logique.
Alors ça peut être intéressant de savoir que pour les stoïciens, Dieu, [...], l'âme humaine, et aussi bien tout dans le monde, y compris les déterminations de qualité - tout, à part quelques points d'exception dont il ne sera pas sans intérêt de relever la carte - tout était corporel.
Voilà des logiciens pour qui tout est corps. Je ne dis pas que ce soit une étude à laquelle on ne pourrait pas en préférer quelque autre meilleure, on pourrait aussi étudier pourquoi ARISTOTE a tout à fait loupé la question de « la cause matérielle », pourquoi la matière, en fin de compte, chez lui, n'est pas cause du tout puisqu'elle est un élément purement passif.
On peut prendre les choses où on veut, si on a une praxis comme la nôtre on doit toujours retomber sur les points vifs.

Seulement ce choix, alors, ne peut se faire qu'en commun, puisque c'est un choix très spécial et je ne peux pas laisser se répandre

- ce qui ne manquerait pas d’arriver avec le goût des étiquettes - que je vous prêche une psychanalyse stoïcienne.

Nous tâcherons donc de mettre au point ces choses d’un choix commun pour un travail efficace. Je crois que le meilleur système est qu’un travail en sorte, qui puisse être communiqué à l'ensemble, à l’ensemble de ceux qui ici,

me feront l’honneur, je l’espère, de poursuivre leur assiduité aux deux premiers mercredis.
Ces remarques étant closes, qui d’ailleurs ne sont pas sans intérêt pour les points qui les ont fait émerger dans mon discours,

ce rappel d’une certaine question sur la cause ou sur ce qu'il faut entendre par la matière, je reprends encore ceci, c'est que…

  • si mon enseignement a un sens,

  • s'il est cohérent avec le structuralisme qu'il met en valeur,

  • s'il a pu se poursuivre et s'édifier d'an en an,

…il me semble qu'il est assez normal de considérer qu'il a trouvé faveur dans ceci que la formulation structuraliste pour se fonder

rappelez-vous - ceux qui le peuvent - mon premier graphe échafaudé pendant toute une année, patiemment, rappelez vous ce premier graphe, ce rapport en réseau des fonctions déterminantes de la structure du langage et du champ de la parole 32

…si cette structure en réseau par exemple, a un avantage, c'est précisément d'appartenir - au premier mot « monde » près, mais je l’emploie vite pour me faire entendre - à un monde topologique, ce qui veut dire : où les connexions ne se perdent pas, parce que le fond est déformable, souple, élastique - ce n'est pas nouveau ça, même les gens rebelles ont très bien compris de quoi il s'agissait - de sorte que c'est ce qui permet que l'édifice ne s'écroule pas, ne se déchire pas, en raison

des modifications des proportions de la métrique de l'ensemble.
Quand j'apporte de nouveaux termes, et que - comme tout à l’heure je l’évoquais - après l'être et l'avoir, je parle du désir et de la demande, il s'agit d'apercevoir où la structure les branche - ces quatre termes - l'un sur l'autre. Il ne me semble pas que ce soit à proprement parler impossible.
Il y a là sur la droite, le rappel de quatre de ces réseaux structuraux. D’abord sous votre nez :



  • le trou qui désigne ce dont je vais parler aujourd'hui.




  • Puis vous avez le graphe, le graphe de deux étages et la fonction de la parole

pour autant que s’y différencie l’énonciation de l'énoncé.
c:\users\alain\desktop\lacan séminaires\ressources\doc s14\92.jpg
À droite de celui-ci, quelque chose comme un lambeau carré :
58.jpg
Un champ où ceux - pas tellement rares - qui me lisent, encore que je n'en apprenne jamais rien, ont pu le relever au début d'un article qui s'appelle D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose33.

Il est vraiment très frappant que depuis le temps, il y a déjà quatre ans, que j'ai inscrit au tableau pour mon auditoire psychanalytique, précisément l'année de mon séminaire sur l'identification34, le schéma topologique de ce qu’on appelle

le plan projectif, de ce que j'ai introduit sous le terme de cross-cap en ce moment de mon enseignement, qu’il ne soit jamais venu à l'idée de personne de s'apercevoir que la bande de Mœbius en tant - nous allons y revenir tout à l’heure - qu'elle est découpable dans ce plan projectif avec un reste - nous dirons lequel - que la bande de Mœbius est là inscrite qui vous attendait depuis longtemps, il faut le dire, mais enfin on ne saurait reprocher à quiconque de ne l’avoir pas deviné, néanmoins les lettres que j'avais inscrites, M-I-m-i,

ce n'est pas pour le plaisir de faire mimi que je les ai mises là.
Elles pouvaient peut-être faire soupçonner quelque chose, à savoir cette fonction d'application que je donne à la bande de Mœbius pour vous faire saisir ce qu'il en est de la coupure constituante de la fonction du sujet.
Il y a tout en bas - je vous le signale en passant pour ceux que ça chantera de le relever aujourd’hui - un nouveau petit graphe que je vous donne comme objet de réflexion, qui est à proprement parler utile pour saisir les rapports de ce que j'ai appelé,

et continué de faire fonctionner, comme le signifiant, avec ce qui nous sera tout spécialement utile de considérer cette année,

son fonctionnement dans ce qui est non pas seulement le langage, dont je vous ai dit qu'il n'y a pas de métalangage,

ce qui implique dès lors que ce qui, bien entendu, se présente comme tel : la logique - qu'est-ce la logique, sinon justement une tentative de métalangage ? - que la logique n’en est qu’une chute, et qu’elle ne se conçoit, prend, et recèle, qu’à la considérer comme telle.
C’est pourquoi dans ce schéma d’en bas :
59.jpg


  • vous avez à la pointe de gauche - quelque chose que j'ai écrit « phon. » ou phonème - l'élément proprement phonématique du signifiant.




  • Il est formé par quelque chose qui apparaît aux deux pôles, inférieur et supérieur, comme symbole indicatif, que je puis avancer maintenant, puisque l'année dernière j'ai pu vous montrer ce qu'il en est dans sa fonction centrale, de ce terme d'indication. Le type en est le shifter. Ce qui est essentiellement indiqué, c’est toujours plus ou moins le trou du sujet, du sujet de l’énonciation35.




  • Au bord inférieur, le symbole - mais peut-être le terme va-t-il vous surprendre, et c'est précisément que je ne peux l'introduire dans toute sa crudité qu'à ce point de l’élaboration, parce qu’alors il ne domine pas tout, il n’emporte pas tout : le symbole imitatif.




  • Voilà ce qui concourt dans le phonème, et le phonème vous renvoie au pôle de la combinaison logique qui est à saisir au bout de la ligne horizontale sur la droite.


La relation de ce résultat logique avec les index et les termes lexicaux dont je puis, à partir de là, fort bien admettre

qu’ils admettent des éléments d'imitation, leur relation c’est toute l’affaire de la logique en tant qu'une logique

est constitutive de la science. Cela ne change rien au fait qu’il n'y a pas de métalangage.
2
Le petit schéma d’en haut est pour vous rappeler qu’à l’entrée d’un article qui s’appelle La lettre volée, vous avez un certain nombre de concaténations concernant la chaîne signifiante36 qui peut-être s’éclaireront un peu plus - mais dont je peux pas dire que jusqu’à présent elles aient eu une grande vertu d’illumination - qui s’éclaireront un petit peu plus de ce dans quoi nous allons avancer tout à l’heure. Et alors ?
Il s'agit de partir du sujet, du sujet de la science tel que nous avons cru pouvoir le pointer en cette expérience de DESCARTES, signe d'un point d'évanouissement, mais aussi bien dans l'effort logique de FREGE par où il nous désigne où le 1 doit surgir,

si nous voulons en donner le fondement purement logique, c'est-à-dire proprement au niveau de l'objet zéro 37.
Ces deux rappels de l'année dernière ne suffisent-ils pas à rendre étonnant et significatif de l'écoute que je rencontre, que tel

- et des meilleurs - se soit montré lui–même surpris de l'accent que j'ai mis lors de mon dernier exposé, sur le sujet de la science.
Ce ne sont pas là remarques vaines : à étudier ce qu'il en est de certaines surdités, momentanées d'ailleurs, justement parce que freudiens, nous ne nous satisfaisons absolument pas du terme de scotomisation, à savoir que pour nous le trou - et pour les meilleures raisons - ne peut pas être dans la perception.
C’est à proprement parler une connerie sur laquelle, d’ailleurs, on a édifié beaucoup : toute la psychiatrie anglaise,

pendant plusieurs années, n'a parlé que d'hallucinations négatives. Que c’est autrement structuré et qu’il suffit pour cela de lire l'article que FREUD a fait tout expressément pour le montrer, et qui s’appelle Fetischismus [1927], en quoi consiste la Spaltung, la division de la réalité elle-même, dans le sujet dit pervers à l'occasion.
C'est bien pour ça qu'il est intéressant de pointer de telles remarques, de tels accidents, en tant que j'ai le bonheur après tout

- ça ne paraissait pas un bonheur à mon cher et défunt ami, Maurice Merleau-Ponty, qui bien plutôt alla penser que je recueillais, l’après-midi même du jour où j’avais alors à Sainte-Anne alors à m’exprimer, que je recueillais les désarrois divers de mes propres auditeurs -

j’y vois au contraire, pour eux comme pour moi beaucoup d’avantages.
Alors, repartons maintenant du trou. Le trou, il y a longtemps, très longtemps, que je lui donne, quant au fonctionnement de l'ordre symbolique, la fonction essentielle.
Ai-je besoin à rappeler un certain meeting, congrès, attroupement - comme vous voudrez - qui se passait à Royaumont, et où ayant fait un rapport sur La direction de la cure 38, et tout ce qui s’ensuit… les principes de son pouvoir… je ne leur ai parlé - parce qu’il fallait bien changer de disque puisque le discours était déjà imprimé - je ne leur ai parlé, à la stupéfaction d'un journaliste qui

est entré là on ne sait par quelle porte, je ne leur ai parlé que du « 
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