Leçon 1 01 Décembre 1965








télécharger 3.56 Mb.
titreLeçon 1 01 Décembre 1965
page8/51
date de publication06.02.2018
taille3.56 Mb.
typeLeçon
ar.21-bal.com > documents > Leçon
1   ...   4   5   6   7   8   9   10   11   ...   51
différentes étapes, je le répète, dans lesquelles on peut préciser, là-dessus ma recherche ou mes trouvailles.
Je ne lui répondrai pas maintenant parce que nous avons un programme. Je pense qu'il voudra bien collaborer de la façon la plus étroite avec ce qui vient d'être recueilli pour que le texte de ce qu'il a donné aujourd'hui, et qui fait date, et qui peut nous servir de référence à ce qui sera développé et je l'espère, complété ou accru cette année, je pense que c'est une excellente base de travail pour ceux qui feront spécialement partie de ce séminaire fermé.
Merci beaucoup GREEN.
Vous avez rempli votre heure avec une exactitude que je ne saurais trop complimenter. Alors, je donne la parole à CONTÉ qui va vous proposer certain exposé de ce qu'il en est des articles de STEIN qui vont être aujourd'hui interrogés.
Néanmoins, je profite de l'intervalle pour vous faire part de ceci : d'un cercle d'étude et de travail qui s'appelle le cercle d'épistémologie et qui appartient à cette École dont nous sommes les hôtes ici. Ce cercle d'épistémologie s'est constitué

au cours du cartel : Théorie du discours de l'École freudienne et il va publier des Cahiers pour l'analyse.
Le titre même de ces cahiers ne se commente pas plus. Mais je vous en donne quand même la direction et l'ouverture,

la possibilité d'accueil. Ces cahiers seront mis à votre disposition bien sûr ici à l'entrée du séminaire mais à l'École Normale d'une façon permanente et également à la Sorbonne dans un endroit qu'on vous désignera ultérieurement.
J'ai donné à ces cahiers…

qui m'apparaissent animés de l'esprit le plus fécond et ceci depuis longtemps, je veux dire

que le cercle qui va les éditer me parait mériter toute notre attention, à tous

…j'ai donné ma première conférence de cette année qui, comme vous l'avez constaté était écrite,

pour qu'elle soit publiée dans le premier numéro.
Il y aura d'autres choses. Vous verrez alors.

Claude CONTÉ

Je vais parler de deux articles54 de STEIN en laissant de côté le troisième55 plus récent, sa conférence sur Le Jugement des psychanalystes qui m'a paru poser des problèmes à un niveau différent.
Donc, ici deux articles qui se font suite et qui sont consacrés simultanément à fournir un certain repérage de la situation analytique et à élaborer une théorie du poids de la parole de l'analyste en séance.
Le premier article accentue surtout la référence au narcissisme primaire, le second introduisant l'opposition du narcissisme au masochisme est essentiel à la conception du transfert.
Je vais tout d'abord donner un compte-rendu rapide, trop rapide sûrement, de ce qui m'a paru constituer la contribution théorique essentielle de ce travail.
On me pardonnera, j'espère de passer peut–être un peu vite sur certaines articulations et surtout de priver ces écrits de leur référence à des cas cliniques précis qui leur donnent toute leur valeur de réflexion sur une expérience psychanalytique.
STEIN voudra bien tout au moins me reprendre pour le cas où j'aurai trahi ou mal traduit sa pensée.
Je donnerai ensuite un certain, nombre de remarques critiques qui n'ont pas d'autre but que de tenter de saisir dans l'élaboration originale qui est la sienne les points de divergence avec l'enseignement de LACAN et par là, d'ouvrir un débat.
Le premier article est donc : « La situation analytique, remarques sur la régression vers le narcissisme primaire dans la séance

et le poids de la parole de l'analyste », il a paru dans la Revue française de psychanalyse, l964 : n° 2.
Le propos de STEIN vise à élucider le mode d'action de l'interprétation mais, je le cite ici :
« Pour pouvoir aborder utilement la question, il faut se demander auparavant en quoi réside le pouvoir de la parole au cours de la séance, quel que soit le choix du contenu de l'interprétation, ce qui débouche sur le problème du pouvoir de la parole en général. »
Ce problème, STEIN va l'aborder à partir de certains moments privilégiés de l'analyse. Telle est en effet la conséquence

de la règle fondamentale : prié de se mettre dans un état d'attention flottante, le patient écoute en dedans et parle

dans un seul et même mouvement. La perception et l'émission de sa parole sont confondues. Il ne parle pas, « ça parle ». L'analyste de son côté, en état lui aussi, d'attention flottante écoute le « ça parle ». Il n'écoute pas en personne, « ça écoute mais la parole et l'écoute ne font pas deux ».
« Le patient et l'analyste tendent à être tous les deux en un, en lequel est contenu tout. La situation analytique, idéalement réalisée, ressemblerait tout à fait au sommeil et le discours qui s'y ferait entendre serait un rêve. »
Ce qui est en jeu dans la situation analytique est donc bien une régression topique comportant « l'abolition des limites entre le monde extérieur et le monde intérieur aussi bien du côté du patient que de l'analyste. ».
Cette régression topique est une régression vers le narcissisme primaire s'exprimant dans « une certaine manière de bien–être qui mériterait – nous dit STEIN – d'être appelé le sentiment d'expansion narcissique » ou encore dans « l'illusion d'avoir l'objet du désir ».
C'est ce qu'il dit à propos d'un exemple clinique ou dans le syndrome de béatitude accompagnant le début de certaines analyses. Or, de tels moments de l'analyse « manquent rarement de susciter en séance l'évocation du passé. ».
« La régression topique dans la situation analytique est à proprement parler la condition de la régression temporelle » et « c'est dans la régression topique que s'actualise un conflit paraissant répétitif du passé. »

Je cite encore :
« Ce qui se passe à l'occasion de cette actualisation est analogue à ce qui se produit lorsqu'au moment du réveil,

le rêveur formule le texte de son rêve. »
Ici le patient sort de son état de libre association pour adresser la parole à l'analyste. Ça ne parle plus, il parle [en première personne], il réfléchit sur lui-même et corrélativement s'adresse à l'analyste comme à l'objet de son discours.
« C'est en ce point précis - nous dit encore STEIN - qu'émerge l'agressivité, car l'agressivité, comme nous dit Freud, naît avec l'objet. »
La suite de l'article enrichit cette articulation d'un certain nombre de précisions. Il peut en particulier y avoir au cours

de la cure, défense contre la régression narcissique, en tant qu'elle peut favoriser la réapparition de conflits inconscients et d'angoisse.
Au parler facile, caractéristique de l'état d'attention flottante ou au silence de style fusionnel, s'oppose ainsi le parler sans discontinuer ou le silence vigile qui exprime toujours la défense contre la régression narcissique, la parole de l'analyste étant en pareil cas souhaitée comme protection contre la régression mais en même temps, redoutée en tant qu'elle « prive le patient d'une satisfaction substitutive de l'expansion narcissique », à savoir de l'exercice de la toute puissance.
La double incidence de la parole de l'analyste se trouve ainsi repérée :

  • prononcée en personne, elle rompt l'expansion narcissique,

  • alors que, se faisant entendre comme participant du « ça parle », elle favorise cette régression.


L'intonation ou le choix du moment de parler peuvent rendre compte de l'un ou l'autre de ces effets qui sont en fait habituellement présents simultanément mais en proportion variable.
J'ai signalé que le premier article introduisait donc une position de l'analysé qui, par rapport au narcissisme a valeur d'une situation de compromis. Craignant la régression, le patient tente de réduire l'analyste au silence, d'échapper à la fluctuation, en s'en faisant l'ordonnateur, d'en conserver la maîtrise et par là une jouissance substitutive de la régression narcissique.
Le deuxième article élabore cette position en opposant, cette fois, au narcissisme le masochisme du patient dans la cure.

Il s'agit d'une conférence intitulée Transfert et contre-transfert ou le masochisme dans l'économie de la situation analytique prononcée

en Octobre l964 et que je remercie STEIN d'avoir bien voulu mettre à notre disposition.
L'expansion narcissique au cours de la séance est toujours menacée par l'éventualité de l'intervention de l'analyste en tant que celle-ci implique deux personnes séparées, donc une coupure entre le patient et ce qui n'est pas lui, « une faille par où s'introduit un pouvoir hétérogène » c'est-à-dire quelque chose qui est à mettre en rapport avec le principe de réalité.
Or, à ce niveau se réalise une fausse liaison constitutive du transfert.
« Dans la situation analytique se produit un phénomène de confusion, de coalescence entre la représentation de l'intervention de l'analyste et la reconnaissance de la réalité du fait qu'il peut parler. »
L'analyste apparaît comme l'origine de la réalité de l'existence, comme l'origine du pouvoir défaillant.

Le psychanalyste apparaît comme frustrant le patient de son plaisir de par sa propre volonté alors qu'il n'est point maître de la frustration que le patient éprouve dans sa coupure d'avec ce qui n'est point lui.
Ce phénomène - nous dit STEIN - nous est connu sous le nom de transfert. L'intervention de l'analyste passe dès lors

pour « un abus de pouvoir : Le transfert a pour corrélatif le masochisme ». Mais en conférant à son analyste un tel pouvoir absolu, le sujet vise en fait à se rendre maître de ce même pouvoir qui manque à son accomplissement narcissique.
Se présentant comme bouffon, il fait du psychanalyste son roi. Il va souffrir pour le plaisir c'est-à-dire tenter de nier la réalité de l'existence tout en la reconnaissant puisque l'accomplissement narcissique est différé.
Plus fondamentalement encore, il vise à manquer au psychanalyste, « à entretenir indéfiniment son désir en ne le satisfaisant point ».

Il s'agit pour lui d'être l'objet manquant, objet dont la complétude figure en somme « l'accomplissement du narcissisme qui ne saurait être ». Par cette réalisation substitutive il simule « la possibilité que la frustration puisse ne plus être ».
Ceci nous fait alors accéder au pas suivant qui est la reconnaissance de la visée sadique impliquée dans le masochisme

du sujet, à savoir l'appel au contre-transfert car le psychanalyste qui subit le lot commun de ne pouvoir échapper

à la frustration, peut à la limite se laisser tromper et se croire en effet maître de la frustration.
Restant frustré dans la réalité de son existence, il serait dès lors tenté d'attribuer le non accomplissement de son propre narcissisme à l'unique manquement de son patient ainsi devenu l'objet qui lui manque. C'est ainsi que le transfert s'établit dans la visée illusoire de la restauration d'un accomplissement narcissique supposé perdu, sous le signe de l'incertitude.
La terminaison de l'analyse, à l'inverse, implique l'accès à un certain ordre de certitude dans l'existence ou de savoir dans

la frustration. À partir de ce très bref résumé des deux travaux de STEIN, je vais proposer un certain nombre de remarques critiques qui vont s'ordonner en trois groupes. Le premier groupe concerne le premier article surtout et l'opposition ou l'alternance introduite par STEIN et destinée à rendre compte à ce niveau du dynamisme de la cure.
Je rappelle qu'il situe d'une part, la règle de libre association qui tend à induire chez le patient un mouvement de régression vers le narcissisme primaire caractérisé comme fusion avec l'analyste et d'autre part, la régression topique vers le narcissisme conditionne une régression temporelle à savoir la ré–émergence des conflits anciens ou la répétition des conflits

en quoi consiste à proprement parler le transfert.
La compulsion de répétition apparaît comme la négation de la compulsion à la régression topique où je cite encore une autre formule « toute l'analyse est dans cette opposition ».
Voici à ce propos toutes les questions que j'aimerais poser concernant la situation fusionnelle. Je rappelle deux formules,

il y a un unique « ça » parlant et écoutant, ou encore le patient et l'analyste tendent à être tous deux en UN, en lequel est contenu tout. Eh bien, les moments où semblent se confondre la perception et l'émission de la parole dans

une immédiateté où s'abolirait tout écran et tout intermédiaire, s'ils évoquent effectivement certaines situations cliniques, semblent assez exceptionnels dans l'ensemble et posent donc d'emblée le problème de leur signification dans la cure et tout particulièrement par rapport au transfert.
Certes c'est bien là ce que STEIN élabore dans son travail mais au niveau, pour ainsi dire, d'une expérience clinique globale, nous serions tentés de lui demander ce qui l'a conduit à choisir de privilégier des situations relativement rares pour en faire l'un des repères fondamentaux de la cure, ou encore…

pour rester à ce niveau clinique

…nous aimerions peut-être savoir s'il tendrait à rapporter de tels faits à une structure névrotique déterminée par exemple, ou bien comment il les situerait par rapport à l'ensemble de la cure et par rapport à ses différents temps.
Dans un registre maintenant plus théorique le problème se poserait de savoir comment STEIN conçoit la régression topique dans la cure et dans quelle mesure elle lui paraît impliquer une situation de style fusionnel alors qu'elle paraîtrait avoir

à première vue rapport avec quelque chose qui serait au contraire de l'ordre d'un dévoilement du grand Autre pour se référer ici à l'enseignement de LACAN.
Ou encore, y a-t-il lieu de faire converger l'état de libre association et l'activité du rêve d'une part, la réémergence du conflit et le récit du rêve conçu comme réflexion sur le rêve d'autre part.
Nous savons par exemple qu'un doute portant sur un des éléments du rêve, au moment de son récit, énoncé dans le récit, doit être considéré comme faisant partie du texte du rêve et que le sujet reste impliqué dans le texte du rêve précisément.

Parallèlement, à propos de l'unique « ça » parlant et écoutant, nous lui demandons ce qu'il en est de l'analyste dans les moments narcissiques de la cure. Son mode d'être est-il à rapprocher de l'activité du rêve ? Autrement dit, est-il lui aussi soumis à la régression topique ou s'agit-il plutôt d'un fantasme de fusion de l'analysé ?
À propos maintenant du narcissisme primaire, il est présenté essentiellement comme une situation limite référée

à une identification primaire fusionnelle ou à un état de satisfaction hallucinatoire du désir supposant une situation régie par le principe de plaisir.
Une note qui fait référence à NACHT met la fusion en rapport avec la mise en suspens de la parole séparatrice et paraît impliquer référence à un état anté-verbal ou pré-verbal. Certes, il nous est souligné que la régression en séance n'atteint jamais tout à fait le narcissisme primaire bien entendu, il y a seulement mouvement vers. Cependant, un certain nombre de passages du texte paraissent proposer le narcissisme comme quelque chose qui serait un pas primordial ou un premier temps du développement.
Le deuxième article, par contre, introduit un autre aspect. Le patient, pour figurer l'accomplissement du narcissisme impossible est conduit à tenter de se poser comme l'objet manquant, à la limite l'objet comblant de son analyste.
Il semble ainsi viser la restauration du narcissisme de l'autre et ce narcissisme se présenterait alors comme le mythe ou le fantasme de la complétude du désir de l'Autre. Nous nous étions demandés lequel de cas deux aspects semblait à STEIN le plus décisif, le plus essentiel ou encore comment il les articulait entre eux. Depuis lors STEIN, dans sa conférence sur Le jugement du psychanalyste a apporté sur ce sujet un certain nombre d'articulations précises et je pense que c'est dans cette direction qu'il serait conduit à nous répondre.
Je maintiens cependant cette interrogation dans la mesure où le problème restait posé au niveau de ces deux premiers articles.

À propos maintenant du deuxième article plus spécialement, j'aimerais interroger le texte de STEIN sur les rapports de ces repères théoriques avec certaines catégories lacaniennes, notamment le grand Autre, le petit autre et l'objet(a).
Je dois dire à ce propos que c'est la catégorie de l'autre imaginaire qui me paraîtrait le plus souvent primer au point que son travail m'a paru tendre, à différents moments, à présenter la situation analytique comme une situation duelle par exemple lorsqu'il met l'accent sur la dialectique de la frustration dans l'analyse.
De même dans le premier article, il nous est dit qu'au moment de la réactualisation du conflit, l'agressivité naissant avec l'objet, le patient sort de la fusion pour s'adresser en personne à l'analyste lui aussi re-personnalisé comme objet de son discours. N'est-ce point là situer l'analyste essentiellement comme l'autre imaginaire de la rivalité agressive ?
Certes STEIN introduit aussi le grand Autre qui se trouve également, certainement impliqué par ce que je viens de dire, ou également lorsque l'analyste se trouve désigné comme maître de la frustration ou source du pouvoir hétérogène mais il m'a paru néanmoins difficile de différencier dans son texte le grand Autre de l'autre de la relation imaginaire.
Enfin, STEIN introduit quelque chose qui semblerait proche de la catégorie de l'objet(a) en particulier dans le deuxième article : l'analysé tentant de se situer comme l'objet manquant de son analyste. Sans vouloir reprendre ici l'apport de LACAN concernant l'objet(a) et l'articulation du désir sadique et du désir masochiste, je fais la remarque que STEIN paraît à ce moment s'engager dans une description de la situation analytique en terme de désir.
Nous retrouvons alors la question :
1   ...   4   5   6   7   8   9   10   11   ...   51

similaire:

Leçon 1 01 Décembre 1965 iconLeçon I, 1er décembre 1965

Leçon 1 01 Décembre 1965 iconLeçon 1 15 janvier 1964 Leçon 2 22 janvier

Leçon 1 01 Décembre 1965 iconPcsi 2 Programme de la semaine du 05 decembre au 09 decembre 2016 – colle n° 10

Leçon 1 01 Décembre 1965 iconPcsi 2 Programme de la semaine du 12 decembre au 16 decembre 2016 – colle n° 11

Leçon 1 01 Décembre 1965 iconGrande médaille d' Or. Fondation de l'Académie d'Architecture 1965

Leçon 1 01 Décembre 1965 iconExpositions publiques vendredi 10 décembre 2010 de 14h à 18h et le...

Leçon 1 01 Décembre 1965 iconLeçon 1A Ça va?

Leçon 1 01 Décembre 1965 iconEst née à Paris en 1965. Depuis 1999, elle a publié huit récits aux éditions Verticales, dont

Leçon 1 01 Décembre 1965 iconLeçon 1 introduction

Leçon 1 01 Décembre 1965 iconLeçon 1 17 novembre 1954








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com