Cours 1 : Principes du diagnostic anatomo-pathologique des tumeurs








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date de publication29.04.2018
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UE2 Cancérologie

Pr. Philippe BERTHEAU (responsable UE)

Lundi 30 Septembre : 10h30-12h30

RT : PIERRE Caroline

RL : CHAMAILLARD Alix

Cours 1 : Principes du diagnostic anatomo-pathologique des tumeurs

Classification des tumeurs et pseudo-tumeurs

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L’UE comporte : - 17 cours magistraux (1 ou 2h)

- 2 ED obligatoires (anapath + sémiologie) émargés, au programme de l’examen, à préparer en ligne

- L’examen dure 1h30 et se compose de 2 questions rédactionnelles (30min chacune, 2/3 de la note) et de 30 QCM (1/3 de la note)
J’ai volontairement mis plein d’image car cela pourra peut-être servir pour le TD qu’on aura à préparer. Cependant pour les partiels, j’ai fait une fiche complète vous pouvez apprendre dessus.


Sommaire

Introduction

I Généralités sur les tumeurs

  1. Les circonstances de découverte des tumeurs

  2. Diagnostic de malignité ou de bénignité

  3. Evolution spontanée des tumeurs

II. Classification anatomo-pathologique des tumeurs, principe général de la terminologie et classification moléculaire

  1. Classification anatomo-pathologique

  1. Tumeurs épithéliales

  2. Tumeurs conjonctives

  3. Tumeurs à différenciation nerveuse ou mélanique

  4. Tumeurs embryonnaires ou germinales

  5. Tumeurs diverses



  1. Classification moléculaire

III. Principes généraux de description des tumeurs en anatomie pathologique

  1. Macroscopie

  2. Microscopie

  3. Techniques complémentaires

IV. Aspects macroscopiques et microscopiques des tumeurs bénignes et malignes

  1. Tumeurs bénignes

  2. Tumeurs malignes

  1. Signes cytologiques de malignité

  2. Remaniements architecturaux dans les tumeurs malignes

  1. Grade histo-pronostic

  2. Stade d’une tumeur

V. Les pseudo-tumeurs

VI. Kystes et pseudo-kystes

POINTS ESSENTIELS

Introduction :

Une évolution rapide fait rarement penser à une tumeur maligne mais plutôt à un hématome, un œdème... Cependant il existe des exceptions.

On compte 2 grandes catégories de tumeurs d’évolution prolongée. Les pseudo-tumeurs qui sont de 3 types : inflammatoires, malformatives, dystrophiques et les tumeurs bénignes ou malignes.

Tuméfactions, masses… (localisées)

Evolution rapide

Hématome, œdème localisé, abcès (exceptionnellement tumeur maligne)

Evolution prolongée : 2 catégories

Pseudo-tumeurs 3 types :

  • Inflammatoires

  • Malformatives

  • Dystrophiques

Tumeurs : 2 types

  • Bénignes

  • Malignes (= cancer)

I. Généralités sur les tumeurs

A. Les circonstances de découvertes des tumeurs

Elles peuvent être variées :

- tuméfaction (un patient pense directement qu’il a un cancer, cependant en temps que médecin on doit répondre « je vois une tuméfaction » car cela n’est pas forcément grave), dans ce cas on fait une biopsie pour faire le diagnostic

- toux (peut amener à faire examen endoscopique bronchique),

- altération de l’état général (asthénie, amaigrissement, anorexie),

- douleur,

- syndrome compressif (tumeurs maligne comme bénigne peuvent compresser nerfs, vaisseaux etc)

- hémorragie pouvant être cataclysmique et entrainer la mort en quelques minutes

- diminution de la fonction d’un organe, (ex diminution de la fonction hépatique)

- troubles métaboliques (certaines tumeurs sécrètent des produits normaux ou anormaux pouvant entrainer des troubles du rythme cardiaque)…
Pour cette raison ont été mis en place des dépistages pour mettre en évidence une maladie alors qu’elle n’est que peu développée et qu’on pourra soigner rapidement. Il faut que le dépistage puisse s’adresser à l’essentiel de la population.

Ex 1 : dépistage du cancer du sein, mammographie tous les 2 ans pour les femmes de plus de 50 ans. Le problème est qu’on a découvert plein de maladies qui ne sont pas des cancers.

Ex 2 : dépistage régulier du cancer du col utérin, chez les femmes à partir d’une vingtaine d’années.
Définition d’une tumeur : « toute nouvelle formation tissulaire issue d’une prolifération cellulaire anormale ressemblant (plus ou moins) au tissu normal aux dépens duquel elle s’est développée, qui a tendance à persister et à s’accroitre et qui échappe aux règles biologiques de la croissance et de la différenciation cellulaire » ne pas apprendre par cœur

Synonyme : néoplasme, néoplasie



  1. Diagnostic de bénignité ou de malignité

Il se fait par plusieurs paramètres clinico-radiologiques (examen clinique, biologique, radiologique) qui peuvent orienter le diagnostic.

Les critères anatomo-pathologiques sont les plus importants pour faire le diagnostic. Seul le compte-rendu anatomo-pathologique fait la preuve du cancer, aussi appelé « preuve histologique ». Cependant dans 2 ou 3% des cas, le compte-rendu d’anapath ne peut pas trancher. (lorsque les prélèvements sont trop petits ou mal conservés par exemple).

Les notions de bénignité et de malignité comportant encore des incertitudes, (même après bonne observation et préparation) pour certains types de tumeurs, d’où l’importance d’un suivi du patient.

  1. Evolution spontanée des tumeurs

Les tumeurs bénignes augmentent lentement en volume (années ou plus) et n’aboutissent pas à un décès, sauf exceptions. Aucun d’entre nous ne possède aucune tumeur bénigne.

En revanche, les tumeurs malignes augmentent de volume plus rapidement (mois) et en absence de traitement elles aboutissent presque toujours à un décès suite à de nombreuses métastases (stade IV). On réalise une scintigraphie osseuse corps entier pour localiser les métastases.




Tranche de foie métastasée réalisée sur prélèvement d’autopsie, en général issu d’un cancer du colon. L’entrée du cancer dans le foie se fait en général par la veine porte.

II. Classification anatomo-pathologique des tumeurs, principe général de la terminologie et classification moléculaire

  1. Classification anatomo-pathologique

Les tumeurs sont toujours dénommées en fonction du tissu auquel elles ressemblent (de façon plus ou moins caricaturale) et NON en fonction de l’organe dans lequel elles se développent.

Ex : on peut avoir un adénocarcinome, qui ressemble à un tissu glandulaire mais peut se développer dans plusieurs organes différents.

Principales catégories  dans la classification des tumeurs bénignes et malignes :

  1. Tumeurs épithéliales (~ 80%)

Rappels sur les épithéliums : ils sont divisés en 2 catégories :

  • de revêtement comportant les stratifiés non kératinisés, stratifiés kératinisés, urothéliums, simples et pseudo-stratifiés

  • glandulaire comportant les exocrines (sécrétions en dehors du compartiment sanguin, ex dans les lumières digestives et respiratoires, ex : cellules caliciformes de l’intestin) ou endocrines (se déverse directement dans le sang, ex glandes thyroïdiennes, parathyroïdienne, surrénalienne)






Bénin

Malin

De revêtement (stratifié non kératinisé + stratifié kératinisé)

Papillome

Carcinomes épidermoïdes

Urothélium

Tumeurs urothéliales (graduées : I, II, III)

Glandulaire (exocrine + endocrine)

De revêtement (simple + pseudo-stratifié)

Adénome


Adénocarcinome

Une tumeur d’un épithélium stratifié s’appelle aussi tumeur malpighienne.

Carcinome = tumeur épithéliale maligne

  1. Tumeurs conjonctives

Sarcome = tumeur conjonctive maligne

Différenciation

Evolution




Bénignes

Malignes

Fibroblastique

Fibrome

Fibrosarcome

Adipeuse

Lipome

Liposarcome

Musculaire lisse

Léiomyome

Léiomyosarcome

Musculaire strié

Rhabdomyome

Rhabdomyosarcome

Osseuse

Ostéome

Ostéochondrome (associe une composante osseuse + cartilagineuse)

Sarcome ostéogénique

ou Ostéosarcome

Cartilagineuse

Chondromes

Chondrosarcomes

Vasculaire

Angiomes

Angiosarcomes

Fibrohistiocytaire

Histiocytofibrome (tumeur cutanée très fréquente)

Histiocytofibrome malin

Lymphoïde et hématopoïétique




Lymphome (solide : masse), leucémies



  1. Tumeurs à différenciation nerveuse ou mélanique

Différenciation

Evolution




Bénigne

Maligne

Schwannienne

Schwannomes

Neurofibromes ( ?)

Schwannomes malins

Méningée

Méningiome

Méningiome anaplasique

Gliale :

astrocytaire et oligodendrocytaire

Astrocytomes

Oligodendrogliomes

Astrocytomes anaplasiques

Oligodendrogliomes malins

Glioblastomes

Neuronale et neurogliale

Ganglioneuromes

Tumeurs neuroépithéliales

Neuroblastomes

Sarcomes d’Ewing

Mélanique

Naevus naevocellulaires

Mélanomes malins

Un schwannome peut par exemple comprimer le nerf acoustique et bien que totalement bénin, on obtient une perte de l’audition.

Un méningiome, bien que bénin comprime le cerveau, donc des conséquences sont à prévoir.

  1. Tumeurs embryonnaire et germinales

Différenciation

Evolution




Bénigne

Maligne

Germinale




Séminomes

Carcinomes embryonnaires

Embryonnaire

Tératomes (=dysembryomes) matures

Tératomes immatures

Blastémateuse




Néphroblastomes

Hépatoblastomes

Pneumoblastomes

Placentaire ou vitelline




Choriocarcinomes

Tumeurs vitellines



  1. Tumeurs diverses : tout ce qui est en italique n’est pas à savoir

Paraganglionaire médullosurrénalienne

Paragangliome

Phéochromocytome

Paragangliome malin

Phéochromocytome malin

Notochordale




Chordome

Synoviale ( ?)




Synovialosarcome



  1. Classifications moléculaires

Ce sont des nouvelles classifications. La plus importante est la classification moléculaire du cancer du sein, qui a fait fortement recette depuis sa mise sur le marché. Désormais lorsqu’on traite un cancer du sein, on regarde autant la classification moléculaire que la classification anatomo-pathologique. On extrait le contenu génétique qu’on place sur une puce et on regarde les gènes sur ou sous-exprimés par rapport à un cas standard. C’est le principe du micro-array, permettant de classer les tumeurs en luminales, basales et HER2.

III. Principes généraux de description des tumeurs en anatomie pathologique

  1. La macroscopie

La tumeur est envoyée à l’état frais au laboratoire d’anapath. C’est un examen à l’œil nu, étape clé pour choisir les zones que l’on techniquera et que l’on regardera au microscope :

  • taille,

  • poids,

  • consistance (dur, ferme, mou, liquide),

  • couleur (rouge noirâtre si ça a saigné, vert s’il y a de la bile),

  • homogène ou hétérogène,

  • forme dans un organe creux : lésion polypoïde, plane, ulcérée, infiltrante

dans un organe plein : nodule, masse

  • limitation (si mal limité peut infiltrer les tissus environnants)

Définition : Polype : lésion faisant saillie à la surface d’une muqueuse (ex polype du foie n’existe pas), ne préjuge pas de la bénignité ou de la malignité, on ne sait qu’une fois l’analyse anatomo-pathologique effectuée, donc après biopsie ou résection.

Sessile

La base d’implantation est plus large que haute

Infiltre le chorion sous-jacent. Il est souvent non résécable car tellement large qu’il faudrait faire un énorme trou.

Pédiculé

Pas d’infiltration, s’enlève très facilement, ne récidive presque pas

Lésion plane

Quasiment pas surélevée, au même niveau que la muqueuse. Le seul moyen de la voir, c’est à la palpation si elle est un peu plus ferme ou par sa couleur. Infiltration très importante.

Quand on veut connaitre le stade précis d’un cancer, le seul moyen est un examen radio précis (--) mais c’est sur la pièce opératoire qu’on pourra déterminer le stade de la maladie. (biopsie)

Lésion ulcérée

Une partie de la paroi de la muqueuse est perdue.

Villeux

Pas très bon pronostic

Pour diagnostiquer un cancer et caractériser son stade, il faut faire de nombreuses biopsies et non une seule.



La lumière peut être par exemple la cavité buccale, la surface de la langue


Tumeur ulcéro-bourgeonnante

A gauche amont, à droite aval

Tumeur sténosante, circonférentielle



Tumeur du colon ulcéro-bourgeonnante, circonférentielle.

A gauche se situe l’amont, la tumeur fait obstacle au milieu, l’amont s’est dilatée, effaçant le « plissement » qu’on retrouve en aval de la tumeur (à droite).

On prélève également des ganglions, pour savoir si le cancer a métastasé.



Polype pédiculé du colon



Polype ulcéré. On peut voir la jonction mésocolique.

Polype villeux (à la limite du sessile et du vésiculé)


Forme des tumeurs dans les organes pleins :

Un nodule n’est en général pas très gros. Dans le cas contraire on parle de masse.

Un nodule bien limité est souvent constitué d’une capsule (condensation de fibroblastes et de collagène qui entoure la tumeur). Ce type de cancer est en général peu agressif.

Un nodule mal limité infiltre sournoisement tout son environnement. C’est la bête noire des chirurgiens. Lors d’une opération, il faut prendre une marge de sécurité énorme, en enlevant un peu de tissu avoisinant, si on veut être sûr d’avoir enlevé la totalité de la tumeur. En revanche, il suffit de dénuder le nodule s’il est bien limité.


Tumeur bénigne du sein d’une femme d’âge jeune ou moyen.



Tumeur rénale, visible dans la paroi du rein, bien limitée. On peut voir le bassinet, début de l’uretère. Le seul moyen de savoir si c’est bénin ou malin est de faire une biopsie.



Tumeur du sein (uniquement au milieu, en clair). Autour en clair également on retrouve non plus la tumeur mais des remaniements. Le chirurgien devra prendre large autour, car on peut voir de petits filaments, la tumeur est mal limitée.


  1. Examen microscopique

Une tumeur est composée de cellules tumorales qui prolifèrent (leur aspect cytologique : noyaux, cytoplasmes, mitoses => fort grossissement, et leur agencement dans l’espace : architecture, donc grossissement moins important) et de tissu conjonctif de soutien : fibroblastes, vaisseaux, éléments inflammatoires… (=stroma dans les tumeurs malignes, attention « un stroma de tumeur bénigne » n’est pas correct)


  • Exemple d’un adénocarcinome :

    • Les glandes tumorales sont de grande taille (architecture)

    • Détails cytologique : on regarde les cellules qui bordent la glande, elles prolifèrent par rapport à un tissu normal classique

    • Le stroma ressemble presque au tissu conjonctif du tissu normal




  1. Les techniques complémentaires :

Les techniques de routine se font à l’hématéine, éosine safran.

Au laboratoire de pathologie on a : l’immunohistochimie, l’hybridation in situ et la microscopie électronique (place de plus en plus faible pour le diagnostic).

L’échantillon tissulaire ne s’arrête plus en anapath, il est reconditionné et envoyé dans les autres laboratoires du plateau médico-technique (ex : biochimie) pour faire des analyses moléculaires (+++) et de la cytogénétique.

IV. Aspects macroscopiques et microscopiques des tumeurs bénignes et malignes.

  1. Les tumeurs bénignes :

Ce sont des tumeurs bien limitées, voire encapsulées, et refoulent les tissus de voisinage sans les détruire.

Les caractères microscopiques : leur cytologie est semblable ou très proche des cellules normales et leur architecture est très proche du tissu normal.

Leur caractère évolutif comprend un développement local, restant cantonnées au tissu d’origine, une croissance lente (mais parfois volumineuse). Elles ne font pas de récidives après exérèse totale de la tumeur. Leur évolution habituelle est favorable, rarement grave : localement lors de compression des structures de voisinages (schwannome), ou générale lors de sécrétion endocrine (adénome parathyroïdien pouvant aboutir à des troubles du rythme cardiaque).

Ex : Tumeur malpighiennes bénignes : papillomes :

Ce sont des tumeurs végétantes, exophytiques, en saillie sur le plan du revêtement d’origine. Il associe une hyper papillomatose, hyperacanthose et hyperkératose. Le papillome est une tumeur cutanée ou muqueuse. Il est fréquemment d’origine virale, liée à un virus du groupe HPV (Human Papilloma Virus)



Papillome de l’amygdale

Ex2 : tumeurs urothéliales (peu important selon le prof)

Ce sont des tumeurs des voies excréto-urinaires (vessie ++). Les papilles sont tapissées d’un épithélium transitionnel plus ou moins régulier. Les critères histologiques d’évolutivité sont le grade (critères d’épaisseur du revêtement et d’anomalies cytologiques) et le stade (fonction de l’infiltration de la paroi). L’évolution de ces tumeurs est difficile à préciser.

Ex3 : tumeurs épithéliales glandulaires bénignes (=adénomes), (plus important selon prof)


Dans le colon normal on peut voir que tout est régulier, parallèle les uns aux autres tandis que dans l’adénome, la disposition est plus anarchique. On perçoit une augmentation de volume voir une dilatation mais pas de degré d’atypie.

A plus fort grossissement, on voit des cellules caliciformes avec des noyaux bien réguliers au pôle basal alors que dans l’adénome, elles sont plus petites et moins bien différenciées, et leur noyaux ne se limite plus au pôle basal mais commence une ascension.
Ce sont des tumeurs dans les muqueuses glandulaires des organes creux et/ou des parenchymes glandulaires (comme le foie = parenchyme hépatique). Leur architecture et cytologie sont proches du tissu glandulaire normal d’origine. Leur activité sécrétoire peut être exocrine ou endocrine et est inconstante, c’est-à-dire que certains adénomes ne sécrètent pas.





Ici on a un fibroadénome du sein, avec un aspect blanchâtre, hyalin. La tumeur est bien limitée.

A fort grossissement on observe une prolifération à la fois épithéliale et conjonctive.

Cette photo est un léiomyofibrosarcome utérin, une tumeur assez impressionnante (environ 15cm) mais bénigne, ne donne jamais de métastase. Cependant elle peut entrainer des saignements, voire de grosses hémorragies pouvant être fatales. C’est d’ailleurs souvent par ces saignements qu’elles sont diagnostiquées.

A gauche on peut voir le col utérin et dans la paroi antérieure s’est développée cette énorme tumeur. On observe 2 autres tumeurs plus petites en blanc dans la paroi postérieure.

B) Tumeurs malignes

Elles sont en général mal limitées, infiltrent et détruisent des tissus de voisinage. Leurs caractères microscopiques présentent des signes cytologiques de malignité, ainsi qu’une architecture très remaniée et une différenciation faible.

Leurs caractères évolutifs sont un développement régional puis systémique (métastases), une croissance assez rapide, et des récidives fréquentes après exérèse.

1) Les signes cytologiques de malignité: ++++ A CONNAITRE

On regarde tout d’abord les noyaux, on observe alors différents cas de figure: une anisocaryose (noyaux de taille variable), une augmentation du rapport nucléo-cytoplasmique, un hyperchromatisme, une irrégularité des contours nucléaires, ou des nucléoles volumineux.

On regarde ensuite les anomalies de mitoses. On observe dans les tumeurs malignes une augmentation du nombre de mitoses visibles, des mitonécroses (nécrose d’une cellule en mitose car elle possède beaucoup d’anomalies génétiques), mitoses anormales (mitoses multipolaires, signe presque pathognomonique d’une tumeur maligne).

Puis on regarde les anomalies du cytoplasme avec une possible anisocytose (cytoplasme de taille variable).



2) Remaniements architecturaux dans les tumeurs malignes

Leurs agencements peuvent être trabéculaires, tubuleux, papillaires, fasciculés, en massifs ou en nappes. Par exemple : l’agencement tubuleux de certains adénocarcinomes, massifs dans les carcinomes épidermoïdes…

Ils constituent un des éléments majeur de la différenciation tumorale et peuvent à eux seuls être des signes quasi formels de malignité.



Une papille est un prolongement qui revête le tissu de protection d’un tissu conjonctif.
Définition : différenciation : degré de ressemblance avec un tissu normal.

Les tumeurs bénignes sont bien différenciées et les tumeurs malignes moins bien différenciées. Le degré de différenciation d’une tumeur maligne doit être précisé dans un but pronostique: bien, moyennement, ou peu différenciée avec un diagnostic moins bon.

L’intérêt des techniques complémentaires telles que l’immunohistochimie et ou la biologie moléculaire pour en préciser l’origine, prend tout son sens avec les tumeurs indifférenciées.

C) Grade histo pronostique : +++

Il est établi par le pathologiste au microscope. Le critère histopronostique est basé sur les anomalies cytologiques, architecturales, et de différenciation. On définit les tumeurs de bas grade et des tumeurs de haut grade. A chacun des items histopathologiques est attribuée une valeur chiffrée et la somme va définir un score final. Le grade est très associé au pronostic. En effet, une tumeur de haut grade a en général une évolution plus péjorative qu’une tumeur de bas grade.

Ex : le score de Scarff et Bloom des adénocarcinomes du sein : anisocaryose + mitose + tubes.

ATTENTION : à ne pas confondre avec le stade !

D) Stade d’une tumeur : +++

C’est le degré d’extension de la tumeur, au moment du diagnostic initial : « photographie du degré d’extension de la tumeur ». Il est établi par le clinicien, le radiologue, le pathologiste… C’est un élément important pour le pronostic et pour le choix des traitements.

Classification TNM : T (tumour, on regarde la taille et l’infiltration), N (nodes (présence ou abscence de métastases ganglionnaires), M (métastases à distance, c’est-à-dire métastase pulmonaire, cérébrale, etc…et non ganglionnaire proche)

Ex : T1N0M0, T3N1M1

EX2 : pour une tumeur du tube digestif (organe creux), ce n’est pas la taille de la tumeur qu’on va regarder mais son degré d’infiltration en profondeur. (plus on va en profondeur, plus le T augmente).

En revanche pour une tumeur du sein (organe plein) on ne regarde pas le degré d’infiltration mais la taille. Si elle fait plus de 2cm ou plus de 5cm, elle change de catégorie.

V. Les pseudo-tumeurs :

Elles peuvent être de 3 catégories :

  • Inflammatoires : secondaires à une réaction inflammatoire.

Ex : abcès, réaction à corps étranger, bourgeon charnu inflammatoire

  • Malformatives : ex : kyste du tractus thyréoglosse

  • Dystrophiques : stimulus hormonaux

Ex : dystrophie mammaire fibro-kystique (lésion de la glande mammaire, palpable et dyshormonal et identifiable en anapath pour le différencier d’une tumeur), hyperplasie prostatique adénomateuse

VI. Les kystes et pseudo-kystes : +++

Un kyste est une cavité anormale dont la face interne est revêtue par un épithélium. Cela ne préjuge pas de la nature histologique. Il peut être tumoral (cancer de l’ovaire), pseudo-tumoral dystrophique (kyste du sein), pseudo-tumoral malformatif (kyste du tractus thyréoglosse).

Un pseudo-kyste est une cavité anormale dont la face interne n’est pas revêtue par un épithélium. Ex : pseudo-kyste mucoïde (lorsqu’on se mord la lève, on peut abîmer un canal salivaire, la salive va alors se répandre dans ce pseudo-kyste, cela a distendu le tissu superficiel)

POINTS IMPORTANTS : (tous présents dans la fiche)

  • Principe de la classification des tumeurs, principaux types de tumeurs

  • Principes de l’examen anatomo-pathologique des tumeurs

  • Principaux signes macroscopiques et microscopiques (architecturaux et cytologiques) orientant vers une tumeur bénigne ou maligne.



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