Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres








télécharger 346.67 Kb.
titreAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres
page1/7
date de publication24.12.2016
taille346.67 Kb.
typeDocumentos
ar.21-bal.com > documents > Documentos
  1   2   3   4   5   6   7




www.comptoirlitteraire.com
André Durand présente
Lev Nikolaïevitch TOLSTOÏ
(Russie)
(1828-1910)



Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

qui sont résumées et commentées

(surtout ‘‘La guerre et la paix’’ et ‘’Anna Karénine’’).

Bonne lecture !

Quatrième fils du comte Nicolas Ilitch Tolstoï et de sa femme, née princesse Marie Nicolaevna Volkonski, il appartenait donc à une famille de vieille noblesse, dont le nom, qui est un sobriquet signifiant «le gras», était vite devenu respecté quand elle connut sa plus belle ascension sous le règne de Pierre le Grand, et fut toujours conscient de son rang. Il naquit le 9 septembre 1828, dans le domaine familial d'Iasnaïa Poliana («la clairière claire»), à deux cents kilomètres environ de Moscou, et y passa les premières années de sa vie avec son père, qui s’était retiré de la carrière militaire, ses frères, Nicolas, Serge, Dimitri, et sa sœur, Marie, qui l’entourèrent de gaieté et de tendresse. La naissance de cette dernière avait coûté la vie à sa mère, alors qu’il avait deux ans. Sept ans plus tard, le comte Tolstoï mourut à son tour. Ce fut leur grand-mère maternelle qui recueillit les cinq enfants. Puis l'éducation de Lev fut assurée par l'une puis par l'autre de ses tantes paternelles (dont l’une, sa tutrice, vivait à Kazan), ainsi que par des précepteurs étrangers.

D'après ses notes autobiographiques, Tolstoï situa la fin de son enfance en 1842. Entre 1844 et 1847, il suivit quelques cours à l'université de Kazan, à la faculté des langues orientales (il apprit le grec ancien en huit semaines) et à celle de droit. Mais, indiscipliné, en révolte contre l'enseignement qu'il jugeait inutile, ayant perdu la foi à l`âge de seize ans, accordant plus de temps aux bals, aux concerts, aux spectacles, aux beuveries d’étudiants et aux liaisons faciles et changeantes qu’à ses cours, il se fit rayer du cadre des étudiants, sans avoir obtenu aucun diplôme. Il y connut cependant un des plus grands chocs de sa vie intellectuelle et morale : sa découverte de Rousseau, «prophète du coeur» en qui il reconnut immédiatement un frère, exprimant à un correspondant français son admiration : «Vos grands maîtres du XVIIIe siècle, Voltaire, Diderot, Rousseau, ont écrit tant de fortes pages, belles, utiles pour chacun, morales !... On n'a pas rendu justice à Rousseau ; on l'a calomnié de toutes les manières. J'ai lu tout Rousseau, les vingt volumes, y compris le "Dictionnaire de musique" : à quinze ans, je portais au cou son portrait en médaillon, comme une image sainte... Telles pages de lui me vont au coeur ; je crois que je les aurais écrites...»

En mars 1847, à l'âge de dix-neuf ans, il commença à tenir un journal intime. Il est écrit sans aucun apprêt car il était alors à mille lieues de songer à un futur lecteur ; il ne l'utilisait que comme outil de perfectionnement moral. Nous y faisons connaissance d'un tout jeune homme endetté et paresseux, qui mène une vie dissipée, mais s'efforce de dominer ses passions. De ce fait, le ‘’Journal’’ pourrait même donner une idée par trop sombre de la vie du jeune homme, car ce sont essentiellement les actes qu'il se reprochait qu’il nota. Avec persévérance et lucidité, il s'analysa et, afin de ne pas se laisser emporter par les mauvais penchants qu'il s'était découverts, se fixa chaque jour un emploi du temps pour la journée du lendemain. Mais la passion du jeu, la paresse, la vanité et les appétits charnels venaient souvent bouleverser ces beaux projets. En ces années de jeunesse, sur lesquelles il devait porter plus tard un jugement d'une extrême sévérité, nous voyons pourtant apparaître en lui des sentiments, des idées, qui annoncent I'auteur de ‘’Résurrection’’ : «Je suis tourmenté du désir d'être utile à I'humanité, de mieux contribuer à son bonheur. Est-il possible que je meure désespéré, sans avoir réalisé ce désir?» (29 mars 1852.) Et le 30 juin de la même année, il nota : «La satisfaction de nos propres besoins ne constitue le bien que dans la mesure où elle peut contribuer au bien en faveur des autres.» Les appels de la religion ne lui étaient pas étrangers, et il termina son journal du 24 mars 1852 par la prière suivante : «Délivre-moi, Père, de la vanité, de la paresse, de la volupté, des maladies et de la crainte ; aide-moi, Père, à vivre sans péché et sans souffrance, et à mourir sans angoisse et sans désespoir, avec foi, espoir et amour. Je me livre à ta volonté.» Nous voyons aussi dans le journal de ces années de formation la naissance du romancier et la façon dont la littérature prit une place de plus en plus grande dans sa vie. Préoccupations morales, désir lancinant de se perfectionner, éclairs de foi religieuse, chutes dans la débauche et le jeu, remords et nouveaux serments de s'amender, tout cela alimenta le grand débat intime du ‘’Journal’’, débat qui se poursuivit tout au long de sa vie militaire, au cours des expéditions du Caucase ou au bruit du canon de Sébastopol.

En 1848, son héritage venant de lui être attribué, il devint comte, maître d'Iasnaïa Poliana et de quatre villages, totalisant 1470 arpents et 330 serfs de sexe masculin. Cependant, se destinant à la vie à la campagne et décidé à améliorer le sort de ses serfs, il se donna un colossal programme d'études, d'enseignement, de fondation d'hôpitaux.

Mais, vite lassé par la solitude campagnarde, par l'impression donnée par la misère des paysans comme par les basses couches sociales des grandes villes, voulant donner un sens à sa vie, en 1851, il s'engagea dans l'armée, rejoignant son frère, Nicolas, alors dans le Caucase, encore imparfaitement soumis, où il passa cinq années de vie militaire, étant promu au rang d’officier, participant à la guerre de Crimée et en particulier, en 1854, à la défense de Sébastopol assiégé par les Anglais, se montrant alternativement brave au combat (dans une lettre, il fit part de «l’étrange plaisir d’assister à des tueries»), passionné au jeu et assidu à sa table de travail.

Car, ayant conscience de ses possibilités («Dieu m’a donné un grand talent, non pas un talent, mais un vrai génie»), il se consacra à l'écriture, commençant par :

_________________________________________________________________________________
Trois nouvelles autobiographiques

‘’Detstvo’’

(1852)

Enfance

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
‘’Otrocestvo’’

(1854)

Adolescence

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

‘’Junost’’

(1857)

Jeunesse

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Commentaire sur l’ensemble
Le narrateur de cette autobiographie romancée s’appelle Nikolenka Irtenev, mais est le sosie de l’auteur. Il inaugura cette série de personnages, tels que Nekhlioudov de ‘’La matinée d’un propriétaire’’, Olénine des ‘’Cosaques’’, Lévine d’’’Anna Karénine’’, etc., qui tantôt incarnèrent des aspects différents de la personnalité de l’écrivain, au cours des différents moments de sa vie, tantôt devinrent les interprètes de ses idées et de ses opinions.

Il n’y a aucune intrigue romanesque dans ces trois nouvelles qu’il vaut mieux lire à la suite l’une de l’autre car les liens entre elles sont très forts. Sont évoquées l’enfance, l’adolescence et la jeunesse d’un jeune garçon. Elles se déroulent sans événement marquant. L’intérêt réside essentiellement dans l’analyse psychologique de l’âme du personnage, qui nous donne de précieux renseignements sur la personnalité de Tolstoï lui-même.

‘’Enfance’’, composé à Tiflis en décembre 1851 et envoyé au journaliste Nikolaï Alekseïevitch Nekrassov qui le publia dans sa revue “Le contemporain”. La nouvelle se conclut sur un décès qui sort Nikolenka de l'enfance innocente. Elle connut un vif succès, rendant Tolstoï aussitôt célèbre.

"Adolescence" décrit sa très grande timidité («Le tourment des gens timides vient de ce qu'ils ignorent l'opinion qu'on s'est fait d'eux ; dès que cette opinion est exprimée clairement, quelle qu'elle soit, le tourment prend fin.»), sa découverte des jeunes filles et sa recherche à tout prix du sentiment amoureux («Il est tout de même étrange, songeai-je, que je sois amoureux et que je l'aie tout à fait oubliée ; il faut penser à elle. [...] Mais, malgré tous mes efforts pour feindre devant les autres et moi-même, malgré que je me fusse attribué délibérément tous les symptômes observés chez les autres lorsqu'ils étaient amoureux, tout ce que je pus faire, ce fut de me rappeler pendant deux jours (par intermittences et surtout le soir), que j'étais amoureux ; enfin, aussitôt que je me fus engagé dans la voie nouvelle de ma vie et de mes occupations à la campagne, j'oubliai totalement mon amour pour Sonia.»).

"Jeunesse" couvre la période de son entrée à l'université où il se joignit à ses camarades pour faire la fête ; bien qu'il s'ennuyait, il tenta d'assurer une certaine façade sociale par une simulation du plaisir : «Je me rappelle surtout que pendant toute la soirée je sentis constamment que j'agissais très sottement en faisant semblant de m'amuser beaucoup, d'aimer boire beaucoup, de ne pas penser un instant que j'étais ivre, et sentis constamment que les autres aussi agissaient très sottement en jouant la même comédie. Il me semblait que chacun séparément se sentait mal à son aise, comme moi, mais que, supposant qu'il était seul à éprouver ce sentiment pénible, chacun s'estimait obligé de feindre la gaieté, pour ne pas troubler l'allégresse générale

Ces nouvelles furent favorablement accueillies.

À l'origine, Tolstoï avait voulu écrire une tétralogie en donnant une suite à "Jeunesse", mais il n'a même pas terminé ce troisième volet. On pourrait à la rigueur considérer "Anna Karénine" comme la quatrième partie de cette tétralogie, si l'on se concentre sur les interrogations de Lévine, la quête existentielle (et spirituelle) de ce jeune homme qui débute dans le monde adulte.

_________________________________________________________________________________
Ses aventures militaires inspirèrent à Tostoï une nouvelle intitulée “Le déserteur”, sur laquelle il travailla de 1852 à 1853 sans l’achever, tandis qu’il acheva :

_________________________________________________________________________________
‘’Nabeg’’

(1852)

‘’L’incursion’’
Nouvelle
Un sous-lieutenant, le cœur plein d'amour, fait la guerre en riant et se brise soudain, sans comprendre, à la mort.

_________________________________________________________________________________
Récits de Sébastopol

(1856)
Recueil de nouvelles

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
‘’Sevastopol’ v dekabre’’

‘’Sébastopol en décembre 1854’’
Nouvelle

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
‘’Sevastopol ‘ v mae’’

Sébastopol en mai 1855’’
Nouvelle

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
‘’Sevastopol’ v avguste’’

Sébastopol en août 1855’’
Nouvelle

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Commentaire sur le recueil
D’après les titres des trois nouvelles, on pourrait croire que Tolstoï a voulu, dans une certaine mesure, faire une chronique des événements. Le récit, mené de façon réaliste, peut évidemment être utilisé de ce point de vue, mais on est surtout frappé par la maîtrise artistique avec laquelle il parvint à reproduire l’esprit qui animait les défenseurs de Sébastopol. Il était parmi eux un jeune officier ; il vécut les épisodes épiques de la défense, dans le constant voisinage de la mort. Il exalta cet esprit héroïque sans l’idéaliser et, même lorsqu’il décrivit les types, loin de s’attacher aux actes individuels, il replaça les hommes dans un cadre qui reproduit exactement la réalité, affirmant d’ailleurs que le héros de ses récits est la vérité. Cette vérité, au sens réaliste, ne l’empêcha cependant pas de s’éloigner de temps en temps de la peinture objective et détachée, et de livrer des opinions sur la guerre. Bien qu’elle n’y fut pas encore développée, on trouve déjà exprimée dans cette œuvre l’idée de la contradiction inconciliable entre la guerre et les exigences de la morale chrétienne et de la conscience humaine, idée qui allait devenir un des thèmes fondamentaux de l’écrivain.

Ces textes affirmèrent sa réputation d’observateur perspicace et de moraliste exigeant.

_________________________________________________________________________________

En 1855, Tolstoï, après une intervention du tsar, fut rappelé à Saint-Pétersbourg. Mais rien ne l’y satisfit : il se livra d’abord à la débauche, puis la vanité des mondanités lui fut insupportable et il ne sentait pas à l'aise non plus parmi les militaires.

Cependant, il était alors déjà connu dans les milieux littéraires de la ville. Il rencontra Tourgueniev qui déclara : «Que Dieu donne seulement longue vie à Tolstoï, et je crois qu'il nous étonnera tous. C'est un talent de premier ordre.»

Il écrivit encore d’autres nouvelles :

_________________________________________________________________________________
‘’Le journal d'un marqueur’’

(1855)
Nouvelle
Le prince Nekhlioudov se tue dans un tripot : «Il avait tout : richesse, nom, esprit, aspirations élevées ; il n'avait commis aucun crime ; mais il avait fait pire : il avait tué son cœur, sa jeunesse ; il s'était perdu sans même avoir une forte passion pour excuse, mais faute de volonté.» L'approche même de la mort ne le change pas : il montre toujours la même inconséquence étrange, la même hésitation, la même légèreté de pensée....
Commentaire
Le texte, frappant mais hâtif, semble traduire l'écœurement que Tolstoï s'inspirait à lui-même.

_________________________________________________________________________________
‘’Rubka lesa’’

(1855)

Une coupe en forêt
Nouvelle

_________________________________________________________________________________
‘’Metel’’

(1855)

Une tourmente de neige
Nouvelle
Le narrateur nous raconte la nuit mouvementée qu'il vécut dans un traîneau pendant une tempête de neige. Le cocher connaissait mal la route et, après quelques heures passées en recherches inutiles, le voyageur fut obligé de continuer, dans un autre traîneau, avec un groupe de «moujiks». Ce fut à I'aube seulement qu'ils arrivèrent au relais, distant de quelques kilomètres du point de départ.
Commentaire
Dans cette nouvelle, qui semble être le premier noyau d'une autre plus célèbre intitulée ‘’Hozjain i rabotnik’’ (‘’Maître et serviteur’’) publiée en 1895, Tolstoï révéla déjà les caractéristiques de son art : I'observation minutieuse et cependant toujours émue de la réalité (par exemple le gai mouvement des sonnailles contrastant avec Ie vent glacé et la nuit sombre), l'évocation puissante des lieux et des climats dans les souvenirs d'enfance tels qu'ils surgissent dans l'esprit des voyageurs au cours de ce demi-sommeil angoissé ; la nette représentation des personnages. Dans la description des paysans, on vit apparaître pour la première fois cette tendance à idéaliser le «moujik» qui, plus tard, allait être la pièce maîtresse de ce mysticisme populaire qu’allait défendre le grand écrivain. Quoique trop prolixe et parfois alourdi de répétitions, le texte, au style limpide et vivant, peut être considéré comme une des meilleures œuvres juvéniles de Tolstoï.

_________________________________________________________________________________
‘’
  1   2   3   4   5   6   7

similaire:

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de leur biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres
Fille de paysans, elle avait été si bonne écolière que ses parents l'avaient laissée aller jusqu'au brevet supérieur

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres
«ardeur juvénile» revenues, IL poursuivit et termina ses études de droit à Strasbourg (1770-1771) où, devant la cathédrale, IL eut...

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres
«les principaux personnages d’un poème, ce sont toujours la douceur et la vigueur des vers»








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com