Analyse des sources et sujets d’après la bibliographie








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date de publication25.12.2016
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Analyse des sources et sujets d’après la bibliographie d’Historiens et géographes.
La revue Historiens et géographe propose chaque année une bibliographie sur chacune des questions de concours. Cette bibliographie rédigée par des spécialistes se veut un outil de travail et recension exhaustive des ressources disponibles sur tous les aspects du sujet. Elle comprend de nombreux titres, écrits dans un grand nombre de langues et des articles parus dans des revues scientifiques dont certaines sont assez confidentielle. Le but de cette liste n’est pas d’encourager à une lecture de tous les titres : une vie entière n’y suffirait sans doute pas. Elle se veut un guide pour les chercheurs ou les étudiants souhaitant travailler sur un sujet spécialisé (notamment dans le cadre d’un exposé universitaire ou de la préparation de la leçon d’histoire au CAPES et à l’agrégation externes. ) Pour le concours de l’agrégation interne cette bibliographie est utile pour « baliser » le sujet c’est-à-dire attirer l’attention du candidat sur les champs de la recherche qui ont été abondamment étudiés (et qui donc peuvent fournir des sujets ou qui nécessiteront un développement structuré dans une copie) et les questions encore en friche sur lesquelles le jury n’attendra pas de connaissances précises.
La bibliographie rédigée par C. Feyel (maître de conférences en histoire grecque à l’Université de Clermont-Ferrand) et C. Pébarthe (maître de conférences en histoire grecque à l’Université de Bordeaux III) peut être trouvée dans le N°399 de la revue, juillet-août 2007 pp 99-144.
J’ai gardé le découpage proposé par les auteurs mais les commentaires sont de mon cru.
Premières lectures (pp 99-101)

Globalement, pour notre sujet, il faut connaître la « vulgate finleysienne » (sic) : il n’y aurait en fait pas « d’économie hellénistique » (primitivisme). Même s’il n’y pas à l’heure actuelle de modèle opposable au modèle critiqué, il faut connaître les travaux de A. Bresson, La Cité marchande, Bordeaux 2000 qui s’intéresse à la dimension des échanges dans l’espace de la cité.
I Sources et historiographie (pp 101-110)

A. Sources1 :

sources littéraires : l’ouvrage de M. Austin et P. Vidal-Naquet, Economies et sociétés en Grèce ancienne, Paris 2007, 8ème edition, est un recueil de texte à connaître. Attention à l’introduction qui propose une analyse de type primitiviste de l’économie grecque dans les premières éditions : dans la dernière édition Claude Mossé prend une position différente dans la préface. .

Il faut connaître

a) les Economiques : nouveau type d’écrits apparus dans le dernier tiers du Vème siècle (le logos oikonomikos) et qui traite de l’oikonomia. L’oikonomia suppose la maîtrise d’une technè ( un savoir pratique) ( agriculture,…) qui permet d’être un chrématistès ( un individu qui sait gérer un patrimoine). On connaît une dizaine d’Economiques mais deux seules nous sont parvenues : celle de Xénophon et celle du pseudo-Aristote (un disciple d’Aristote qui étudiant l’économie du royaume perse distingue, mais sans vraiment identifier de changement de nature, quatre niveaux : à l’échelle de l’Etat, de la région (satrapie) de la cité et de l’individu). Il faut aussi connaître l’existence des Revenus (ou Poroï) de Xénophon qui rédigés après l’échec de la seconde ligue de Délos en 355 propose de remplacer la ligue par des relations fondées sur les échanges économiques : comme il est nécessaire pour ravitailler la cité d’importer du blé, il faut donc exporter (marbre, minerais) grâce au Pirée. Pour ce faire, Xénophon préconise de louer des esclaves publics aux concessionnaires des mines, d’augmenter les contributions pesants sur les étrangers que l’on attirerait par des mesures attractives. Il semble y avoir un début d’application de ces mesures, début compromis par la guerre contre la Macédoine.
b) les écrits philosophiques. Notamment Platon et Aristote qui a beaucoup écrit sur la monnaie ou sur l’idéal inatteignable dès que la cité a trop grandi de l’autarcie (autarcie menacée par la « chrématistique » qu’il définit à cette occasion).
c) Thucydide

d) Aristophane (à utiliser pour les types sociaux dans ses pièces).

e) les orateurs attiques (V-IVème siècle) (il y en a dix dont Lysias, Isocrate, Démosthène, Eschine,…) : série de discours prononcés lors de procès privés…
f) écrits grecs sur l’agriculture : en fait ils ne nous sont connus que de manière indirecte : par Xénophon (Economiques) ou par des auteurs latins bien plus tardifs qui en conservent des échos (notamment celui de Cassianus Bassius au VIème siècle après JC). Quelques textes d’Aristote traitent du sujet.
les sources numismatiques

les sources épigraphiques essentielles notamment pour analyser l’évergétisme notamment les décrets honorifiques octroyant l’exemption des taxes (atélie), l’immunité personnelle (asylie) ou le droit de propriété pour étrangers (enktésis). Il existe des écrits réglementaires (lois,…), comptabilité publique (notamment lorsque les comptes de Delphes sont gravés dans du marbre pour bien montrer qu’ils sont en règle : le dieu Apollon étant le propriétaire des terres du sanctuaire….)

Il reste peu d’écrits privés (sur des supports périssables). Il existe quatre autres types d’inscriptions sur notre sujet: les comptes et inventaires de cités ou de temples (notamment les grands sanctuaires), les contrats d’entreprise (« devis de construction »), les contrats agraires.

On notera en matière d’épigraphie que sur l’époque classique Athènes est notre source essentielle mais que les sources sont plus diversifiées lors de la période hellénistique.
les sources archéologiques :

Objets (qui voyagent plus que les hommes dans l’antiquité) comme les amphores, monnaie, archéologie industrielle (fouilles du Laurion).
B. historiographie :

(je ne reprends pas les principales étapes : vues ensemble à plusieurs occasions. )
II Echelles, instrument et monétarisations

• Echelles

Le problème du découpage de l’espace étudié provient des conceptions différentes que l’on se fait du monde antique : par exemple la coupure monde romaine t grec/monde égyptien et mésopotamien par exemple est très discutée depuis les années 1980. Ce découpage doit beaucoup aux perspectives évolutionnistes « d’abord » un développement oriental qui s’épuise et un développement occidental qui le relaie. Par exemple M. Weber explique le clivage par une rationalité occidentale qui émerge et des structures politiques différentes (Etats construits autour de la nécessaire irrigation en Orient/ décentralisation voire démocratisation en Occident). Polanyi hérite du modèle wébérien en opposant Proche Orient (propriété palatiale et redistribution) et Occident (réciprocité et propriété individuelle).

F. Braudel propose, au contraire, un nouvel espace de réflexion étendu à la Méditerranée vue comme espace d’échanges.

Le travail le plus novateur (et actuellement le plus discuté) est celui de P. Horden (un médiéviste) et N. Purcell (antiquisant) The Corrupting Sea (paru en 2000) : selon eux, Braudel a plus fait une histoire « en » Méditerranée qu’une histoire « de » la Méditerranée (la leur). Se situant dans la longue durée, ils pensent que l’espace méditerranéen est un espace qui par sa fragmentation même favorise les échanges maritime : la « connectivity » (vous pouvez dans vos devoirs utiliser le concept, éventuellement en le traduisant en « connectivité » à condition de l’expliquer (c’est un néologisme)). Sur la longue durée, les permanences grâce à ces échanges, l’emportent sur les changements.
• Sur l’environnement

Il y a une grande diversité de situation et une grande variation pour chaque « microrégion » (sic). L’ouvrage important sur la question de l’adaptation de l’homme et de l’agriculture face aux risques est T.W. Gallant Risk and survival in Ancient Greece, (NB Nous avons vu un petit résumé de ses travaux dans le corrigé que nous avons fait en cours sur les crises). Il existe des études comparatistes mais qui sont assez largement discutées : faute de sources abondantes, beaucoup de travaux se sont fondés sur l’ethnologie et présuppose en cas de lacune documentaire une continuité des pratiques.

Il y a peu de travaux sur les déplacements des hommes en tant que tels (il vaut mieux passer par l’étude sur les étrangers) alors que c’est un aspect essentiel notamment du sujet sur les échanges. Par contre la bibliographie sur la navigation (les routes commerciales par exemple) est abondante. Le cas de Ténédos par exemple a été étudié par C.L.H Barnes qui montre comment les habitants de cette île utilisent sa position favorable pour organiser un lucratif transport maritime. (voir C..L.H. Barnes, « The Ferries of Tenedos », Historia 55 (2006) pp 167-177. Il ya également quelques études sur la piraterie. Une série d’articles sur la question du transport terrestre existe mais dans des revues peu accessibles. Il vaut mieux se contenter d’évoquer le problème dans un devoir en e limitant aux exemples éventuellement donnés dans des manuels. Il existe un ouvrage traitant de la circulation de l’information (en fait des actes publiés d’une table ronde) dans l’antiquité avec trois articles intéressants pour notre sujet. L. Capdetrey et J. Nelis-Clément dir. La Circulation de l’information dans les Etats antiques, Bordeaux, 2006.

Alors que le modèle finleyien ne s’intéresse guère aux nuances régionales des échanges économiques, il existe une abondante littérature régionale qui tend à montrer l’impact d’échange même quelquefois dans des cités de taille fort modeste qui ne sont nullement de simples « communautés paysannes ». IL ne faut pas non plus opposer de façon binaire marché international (pour les grandes cités) et marché local (pour les petites). Par exemple en ce qui concerne Délos, A. Bresson montre que « le marché délien doit être pensé dans l’articulation d’un marché régional (…) et du marché international. (…°) Il n’y a nulle contradiction mais complémentarité entre les deux perspectives. Voir A. Bresson « Marché et prix à Délos : charbon, bois, porc, huiles et grains ». in R. Descat éd. Approches de l’économie hellénistique, Saint-Bertrand de Comminges, 2006, p 335.

Petite précaution utile : pour notre sujet, il na faut pas se limiter aux échanges intra égéens : il faut envisager les relations avec d’autres régions (essentielle notamment avec la question de l’approvisionnement en blé : voir le corrigé sur les ports, vu en cours).

On peut aussi réfléchir à des échelles plus grandes notamment lorsque la cité est entièrement tournée vers des perspectives régionales : il y a par exemple toute une série de travaux sur Thasos et sa pérée2 mais ces travaux sont malheureusement peu accessibles. L’empire athénien est aussi largement étudié. Si les travaux précis qui en décrivent le type de domination et l’organisation sont peu accessibles, vous pouvez facilement vous constituer une petite fiche sur la question à partir des manuels généraux qui reprennent ce point important.

En ce qui concerne l’empire athénien d’ailleurs trois thèmes sont particulièrement bien étudiés. :

  1. une série d’articles parus dans des revues scientifiques anglo-saxonnes, dans les années 1990, revoit à la baisse le poids du tribut exigé par les Athéniens et le rôle de celui-ci dans le financement des constructions sur l’Acropole (contrairement à ce qu’affirme Plutarque. Il s’agit d’un point actuellement discuté.

  2. L’institution des clérouquies3.

  3. Le décret imposant l’usage des poids, mesures et de la monnaie athénienne aux alliés. (voir chronologie). Ce décret (ou plutôt les fragments que nous en avons) est très discuté.


Toujours dans cette réflexion par échelle, l’influence d’autres institutions sur le fonctionnement de la cité : empire perse, monarchies hellénistiques, doit être pris en compte. Mais là encore on peut réfléchir à partir des manuels généraux qui donnent quelques ouvertures sur ce point. Il faut également envisager le poids de l’influence romaine. Il n’y a guère de synthèse récente sur le sujet et les auteurs de la bibliographie conseillent de consulter sur les negotiatores un ouvrage de J. Hatzfeld… de 1919.
La cité et les lieux d’échanges et de productions sont bien étudiés mais dans des ouvrages peu accessibles. Il faut se constituer des fiches à partir d’ouvrages plus généraux notamment sur les lieux suivants :

oikos (particulièrement son rôle dans production).

l’emporion

l’agora

Il ne faut pas non plus oublier les lieux éphémères d’échanges : foires et panégyries.
B. Instruments et acteurs des économies.

Monnaie

Les auteurs de la bibliographie rappellent que « La monnaie est à la fois un moyen d’échange, une réserve de valeurs, un moyen de prêt de valeur (crédit) et un étalon. ». Elle est connue non seulement par les traces archéologiques mais aussi par un certain nombre de décret, les Grecs ayant légiféré dans ce domaine ainsi que par des textes philosophiques qui montrent l’intérêt que les Grecs lui portaient. La vision de beaucoup d’historiens actuels s’appuie une fois encore sur la conception que Finley se faisait de la monnaie. Pour lui, la monnaie grec se réduit aux pièces (le crédit, selon lui, ne permet pas un accroissement de la masse monétaire car il est insuffisant). L’offre monétaire grecque serait donc « inélastique » car il y a peu de ressources en métaux précieux et pas de crédit. Toujours selon Finley, la monétarisation de l’économie ne s’accompagne pas d’une plus grande rationalité des acteurs économiques et la frappe monétaire repose surtout sur des impératifs politiques (prestige).

En fait les recherches récentes montrent que l’économie grecque (notamment sur les petites dénominations, c’est-à-dire les subdivisions de la drachme) est bien plus monétarisée qu’on ne le croyait : voir d’ailleurs le Contre Phénippos de Démosthène. Ce grand propriétaire terrien avait visiblement un grand besoin de monnaie et organisait sa production de façon à maximiser son profit.

La vision purement politique de la frappe de monnaie est elle aussi battue en brèche : par exemple par Th. R. Martin dans Sovereignty and Coinage in ancient Greece, Princeton, 1985. On a longtemps attribué la suppression des monnaies des cités passées sous le contrôle de Philippe de Macédoine à une volonté politique du roi ( mieux contrôler politiquement en imposant sa monnaie) et , selon cet auteur, c’est une erreur car le manque de métal précieux et l’acceptation d’un meilleur outil ; plus pratique. Ce point de vue est discuté. La question de la naissance de la monnaie frappée recoupe en partie ce débat du poids de la politique sur la monnaie. Par exemple selon G. Le Rider, La Naissance de la monnaie, Paris, 2001 cette création s’explique davantage par la volonté d’obtenir un bénéfice du fait du seigneuriage4.

Enfin certains auteurs montrent que la volonté de faciliter les échanges serait l’une des causes de la création de la monnaie et qu’il y aurait même une spécificité grecque qui tiendrait à l’universalité de la monnaie qui couvrirait l’ensemble de la sphère des échanges. « L’argent monnayé était la forme symbolique de la monnaie de la circulation de la valeur, qui, tout à la fois était la traduction de l’égalité formelle entre des partenaires juridiquement égaux dans l’échange et assurait la cohésion de la communauté civique ». A. Bresson « Monnayage et société dans les mondes antiques » Revue numismatique, n°157, 2001, pp 51-68. Ce point de vue se retrouve chez de nombreux autres auteurs, par exemple E. Will » Fonctions de la monnaie dans les cités grecques de l’époque classique » in J.M. Dentzer, Ph. Gauthier, T. Hackens. Numismatiques antique. Problèmes et méthodes, Nancy et Louvain, 1975.pp 233-246.
Sur les acteurs individuels des économies

La seule synthèse accessible est celle de Cl. Mossé « L’homme et l’économie » in JP Vernant, L’Homme grec, Paris, pp35-73. pp 35-74. Mais la vision proposée qui accentue la coupure entre V et IV siècle est celle d’un « désencastrement » de l’économie au cours du IV siècle (on rejoint ici les théories de K. Polanyi qui sont aujourd’hui très discutées).
Rationalité, mentalité et progrès.

Un débat scientifique d’enjeu. La thèse finleyienne tient pour un défaut de rationalité économique et une paralysie du développement économique par les mentalités. En fait, aujourd’hui on tend à prouver le contraire. Les publications sur le sujet sont malheureusement peu accessibles. On peut retenir par l’exemple d’un dossier papyrologique (mais du IIIème siècle après J.C) étudié par D. Rathbone qui montrerait l’existence d’une volonté de rationnaliser la production en maximisant la production, minimisant pertes et risques, dans l’antiquité, même si ce corpus est largement en dehors de la période qui nous intéresse ici. A. et Fr. Bresson parviennent à la même conclusion en s’appuyant sur un texte de notre période le Contre Phormion de Démosthène. « Max Weber, la comptabilité rationnelle et l’économie du monde gréco-romain » in H. Bruhns et J. Andreau éd. Sociologie économique et économie de l’antiquité. A propos de Max Weber (table ronde du 18 janvier 2003) Paris, 2004, pp 91-114.

De la même façon, ces auteurs, dans le même ouvrage, montrent que contrairement à la position Finley qui limite la fonction de la comptabilité publique à un simple contrôle social, il semblerait qu’il y ait une plus grande complexité de la comptabilité publique des Anciens.

Enfin l’archéologie montre elle aussi un développement de l’agriculture spéculative (oléiculture) : fouille de la cité d’Halieis dans le sud de l’Argolide (Travaux de Br. A. Ault parus dans la revue Hesperia en 1999).
Démographie, peuplement, famille.

Les manuels de concours présentent assez bien cet aspect. Il convient d’avoir quelques notions de démographie antique et de pouvoir expliquer les différentes techniques de dénombrement.5
Citoyens et non citoyens

Il existe deux ouvrages généraux sur la question Cl. Vatin, Citoyens et non-citoyens dans le monde grec, Paris, 1984 et R. Lonis, L’Etranger dans le monde grec, Nancy, 1993. Cependant là encore les manuels de concours font bien le point sur des notions centrales, sur lesquelles il ya finalement peu de débat. Par contre il faut absolument connaître le débat sur la nature de l’évergétisme entre P. Veyne, Le Pain et le cirque, Paris, 1976, et Ph. Gauthier, Les Cités grecques et leurs bienfaiteurs, Athènes, 1985. 6 Dans le cadre de l’épreuve sur dossier, il faudra faire très attention aux documents épigraphiques éventuellement proposés en se gardant de quatre erreurs :

1°) surévaluer le rôle de l’évergète : il se peut que le don soit ou très modeste ou destiné seulement à une partie de la population. Il faudra pour cela avoir une idée assez nette de la valeur des subdivisions monétaires. De même l’aide apportée doit être examinée avec soin : s’agit-il vraiment d’une réponse efficace à une crise (notamment dans le cas d’un embellissement de la cité) ?

2°) se leurrer sur ses objectifs. Ce don peut avoir des conséquences politiques lourdes.

3°) confondre liturgie et évergétisme.

4°) associer  mort de la vie civique et développement de l’évergétisme. Cette erreur assez fréquente est due à une approbation sans réserve du point de vue d’auteurs antiques. La fin de la vie civique n’est pas nécessairement corrélée avec la fin de la démocratie ni même avec la réduction d’une puissance.
Les femmes.

L’histoire des femmes (gender studies) est récente mais s’est largement développée. Sur ce thème, le professeur d’histoire-géographie doit avoir lu le dossier consacré par la revue Historiens et géographes à ce sujet. Voir donc F. Ruzé « La place des femmes dans la société et l’économie grecque » in Historiens et géographes, n°392, octobre 2005, pp 107-118. Chacun étant supposé l’avoir lu et le jury d’agrégation interne prenant en compte la difficulté des candidats à disposer d’une bonne documentation en dehors des centres universitaires…… 7. Les candidats inscrits à la préparation ont normalement reçu par mail la reproduction de cet article essentiel. Si vous ne l’avez pas eu et que vous ne disposiez pas chez vous du numéro concerné d’H&G, manifestez-vous le plus vite possible. Les candidats peuvent également consulter relativement facilement le premier tome sous la direction de M. Schmitt-Pantel de l’Histoire des femmes en Occident de M. Perrot et G. Duby. L’archéologie permet d’avoir accès à des représentations de femmes au travail (stèle funéraires souvent) : on peut en trouver des reproductions dans certains manuels scolaires. Il faut enfin connaître une femme évergète : Archippè de Kymé qui montre bien que l’évergétisme n’est pas seulement une affaire masculine.
Les esclaves.

Il existe un ouvrage sur la question J. Andreau et R. Descat Etre esclave en Grèce et à Rome. Paris, 2006 mais qui est largement repris par les manuels de concours. En fait les débats, qui d’ailleurs se sont apaisés depuis une quinzaine d’année portaient sur l’importance respective du travail libre et du travail servile dans l’agriculture grecque. Ce débat n’est pas tranché. Pour JH. Hameson, le rôle des esclaves est essentiel dans les grandes et moyennes exploitations, par exemple. Un des débats a été aussi centré sur la fonction des nombreuses tours que l’on retrouve en zones rurales : s’agit-il de lieux où l’on enfermait la nuit les esclaves travaillant aux champs ou dasn la mine, ce qui confirmerait une large présence servile dans le secteur agricole ? Certains auteurs comme SP Morris et J.K. Papadopoulos le pensent.
Les marchands

Il n’y a pas vraiment de synthèse accessible sur ce groupe. Leur rôle a été longtemps minoré par les primitivistes (voir J. Hasebroek) : par exemple ils auraient été majoritairement analphabètes et dépourvu de tout rôle politique. Ces points de vue sont aujourd’hui largement infirmés : par exemple Chr Prébarthe dans Cité, démocratie et écriture. Histoire de l’alphabétisation d’Athènes, Paris, 2006 montre par exemple que les preuves écrites (contrats et testaments) sont fondamentales devant les tribunaux athéniens.
A titre personnel, j’ajouterai un ouvrage d’accès commode qui ne se trouve pas dans la bibliographie d’H &G, C. Salle, Les bas-fonds de l’Antiquité, Payot et Rivages, 2004. Cet ouvrage rédigé par une sépcialiste de la littérature antique ne s’appuie quasiment que sur des sources littéraires mais il permet d’avoir un petit aperçu de la vie (ou des stéréotypes que l’élite colporte sur celle-ci) du popolo minuto.
Les artisans

Aucune synthèse d’ensemble sur ce groupe très hétérogène. Par contre bien des documents permettant des réflexions intéressantes dans une épreuve de concours: ils apparaissent dans les œuvres littéraires, ce qui permet d’aborder la conception qu’en ont philosophes et auteurs dramatiques bien davantage que la réalité de leur condition. Ils apparaissent également dans les comptes des constructions, qui sont parvenus jusqu’à nous (Erechteion, Eleusis, Epidaure,…), ce qui nous donne un autre type d’approche. Dans le cadre d’un dossier documentaire il faudrait croiser les deux.

La bibliographie propose une typologie des artisans et des secteurs de production que je reprends ici mais qui repose sur des publications trop spécialisées pour être accessibles:

- sculpteurs,

- graveurs,

- verriers.

Pour la production :

  • céramique (en fait la plupart des études portent sur la période archaïque), la métallurgie (très peu d’études), le textile (très peu d’études),

  • la parfumerie (des études sur Délos),

  • la construction (il ya une synthèse accessible M-Chr Hellmann, L’Architecture grecque, Le livre de poche, 1998.voir chapitre 1 pp 9 à 30),

  • les mines et carrières (peu d’études là encore et principalement centrées sur Athènes.)

  • et enfin les amphores qui sont un produit bien étudié au contraire. Le chercheur dont les travaux sont incontournables sur la question est Y. Garlan son travail de synthèse est Amphores et timbres amphoriques8 grecs, entre érudition et idéologie, Paris, 2000.


Les banquiers

Pas de synthèse récente (« l’ouvrage essentiel reste celui de Bogaert (R), Banques et banquiers dans les cités grecques, Leyde, 1968 » d’après les auteurs de la bibliographie).

Par il y a une série de débat sur le cas athénien (le mieux étudié) que le candidat doit connaître : c’est notamment sur ce cas que les théories de Finley ont été éprouvées. P. Millet, Lending and borrowing in ancient Athens, Cambridge, 1991, par exemple cherche à démontrer la validité des thèses de Finley: les prêts correspondraient à d’autres causes qu’économiques (renforcement de la cohésion civique, échanges,…). Par contre, E.E. Cohen dans Athenian Economy and Society. A banking perspective, Princeton, 1992 montre qu’il existe deux catégories de prêts à Athènes, ceux dont le taux d’intérêt dépend du délai de remboursement et ceux qui ont un taux fixe, indépendant des délais de remboursement, ce qui montre qu’il y a bien une fonction purement économique du prêt. De même, il s’efforce de montrer qu’il y a une forte contribution des riches Athéniens aux affaires commerciales et financières, ce qui traduirait un lien entre richesse et commerce.

Les principales publications de ces dernières années semblent aller dans le sens des idées de E.E. Cohen : par exemple, K.M.W. Shipton, Leasing and lending. The cash economy in fourth century BC Athens, Londres, 2000. étudie les locations des terres publiques, la vente des mines et les bornes hypothécaires. Pour cette chercheuse, il n’y pas de séparation entre l’économie marchande et l’économie foncière, la cité participe à l’économie marchande et les Athéniens les plus riches s’implique dans les secteurs économiques non-agricoles. Dans son article « The Private bank in fourth-century B.C. Athens » in Classical Quaterly n°47, 1997, cette chercheuse développe l’idée que les activités bancaires sont plus importantes qu’on ne l’a cru et elle étudie le cas de la banque privée de Pasion.
Les acteurs collectifs : sanctuaires et cités.

Il n’ya pas de synthèse pratique sur le rôle économique des sanctuaires : le candidat doit glaner des informations dans les manuels généraux. Le rôle des cités, par contre, est un point central, longuement débattu. Les thèses de Finley, sur ce point, influencent encore les points de vue ou au contraire sont rejetées par les auteurs contemporains. Sur ce point, il faut connaître l’existence de l’ouvrage de A. Bresson, La Cité marchande, Bordeaux, 2000, cité plus haut. Sur le rôle des cités, il n’a guère d’autres synthèses, la plupart des publications sont souvent érudites et concernent Athènes pour une bonne partie d’entre elles. Il faut au moins connaître les thèmes des études et se constituer à partir des manuels de concours des fiches sur les aspects suivants qui pourront donner lieu à des développements dans les devoirs 9:

  • l’approvisionnement en grain

  • les magistratures

  • la vente

  • le contrôle des prix

  • finances et fiscalités (là encore pas de synthèse récente)

  • la guerre : sur ce point il existe un recueil d’articles dont la lecture est vivement conseillée Y. Garlan Guerres et économie en Grèce ancienne, La Découverte/Poche, 1999.


III Activités économiques

La question centrale est celle de l’agriculture, le problème de l’artisant et des activités commerciales ayant été évoqués dans la rubrique sur les acteurs économiques.

Pas d’ouvrages de synthèse sur la question en français. Beaucoup de publications scientifiques depuis une vingtaine d’année, soit largement après l’ouvrage fondateur sur la question de M. Finley, Problèmes de la terre en Grèce ancienne, Paris-La Haye, 1973 qui se trouve donc en partie dépassé. Les principaux thèmes d’études de ces publications sont :

  • l’accès à la terre. Rapport entre terre et citoyenneté. Le candidat doit au moins connaître les deux conceptions de la citoyenneté (Athènes et Sparte) et leur rapport à la terre car il s’agit d’un aspect important du programme.

  • Les grandes, moyennes et petites propriétés. En fait très mal connues surtout en ce qui concerne les petites propriétés. La personnalité des petits propriétaires et les berges par exemple étant souvent évoquées dans les discours qui émanent surtout des élites et traduisent davantage des conceptions philosophiques qu’une réalité sociale.

  • Le travail de la terre : les fouilles qui se déroulent actuellement permettent de mieux connaître les exploitations notamment celle situées le long de la Via Egnatia en Macédoine qui mettent un jour des fermes beaucoup plus grandes et luxueuses (appartenant sans doute à l’aristocratie macédonienne). Il existe des études érudites sur l’outillage et le calendrier agricole (le débat a porté avant tout sur les types d’attelage et de moulins). Il est à noter que le candidat doit savoir qu’il ne semble pas y avoir eu de « blocage technique » sur notre période mais que des améliorations semblent avoir été apportées pour accroître le rendement.

  • Sur les rapports entre la guerre et les propriétés agricoles, on peut s’appuyer sur les recherches de V.D. Hanson.10 Il ne faut pas non plus négliger le poids des sanctuaires dans l’exploitation de la terre à un triple niveau : ils possèdent la terre11 qu’ils afferment, ils prêtent de l’argent à des propriétaires terriens et ils consomment des produits agricoles.

  • Les grandes productions : céréaliculture, oléiculture, viticulture. Il existe des vergers et jardins d’une certaine importance même si celle-ci est plus modeste qu’à Rome (l’exemple de Thasos a ainsi été étudié). Sur l’élevage, beaucoup de publications mais quasi inaccessibles. L’un des spécialistes de la question est C. Chandezon qui viendra faire une série de conférence dans notre académie avant les écrits. L’élevage le mieux connu est l’élevage crétois. Le cheval est l’animal le plus étudié même si son impact sur l’économie est moindre que celui d’autres animaux.

  • La chasse et la pêche (pas de synthèse d’ensemble accessible)

  • L’alimentation de façon plus générale. La seule synthèse sur l’alimentation P. Garnsey, Famine et approvisionnement dans le monde gréco-romain, Paris , 1996.

Sur ces questions qui ne bénéficient pas d’une vue d’ensemble mais qui peuvent être centrales pour traiter un grand nombre de sujet il faut se constituer des fiches à partir de manuels de concours.
IV les exemples régionaux

Athènes et l’Attique.

C’est l’espace le mieux étudié, surtout en ce qui concerne le IV ème siècle. Un certain nombre de documents doivent être connus des candidats car ils ont donné matière à vifs débats.

  • loi monétaire de 375-374

  • loi de 374 373 sur la taxation sur le grain

  • les stèles attiques relatives aux confiscations des Hermocopides12

  • les stèles des polètes (magistrats chargés de la vente des propriétés confisquées, des locations des mines de l’affermage des taxes.)

  • les bornes hypothécaires : c’est-à-dire des bornes sur lesquelles étaient inscrites des conditions de prêts consentis. C’est en étudiant ces bornes dans les années 1950 que M. Finley développa ses idées. En effet les prêts servent à financer des dépenses somptuaires mais aucun investissement.

Les finances, la fiscalité ( eisphora, syntaxeis, triérarchie ,approvisionnement en blé ( préoccupation majeure des Athéniens) de la cité

Pas d’étude d’ensemble. On peut se reporter à certains articles de l’ouvrage de C. Pébarthe Monnaie et marché à Athènes à l’époque classique, Belin, 2008 mais centré sur l’époque classique ou à quelques passages dans les travaux d’A. Bresson déjà cités.

La richesse à Athènes.

Pas de véritable étude d’ensemble là non plus, ni sur les grandes disparités de répartition ni sur l’aggravation des inégalités sociales après la guerre du Péloponnèse.

Activités non agricoles.

Une seule étude importante qu’il peut être utile de connaître même si elle est peu accessible montre l’influence de la production non agricole athénienne sur la nature des échanges dans l’économie de cette cité. Cette étude, qui ne nie pas l’aspect majoritairement agricole de la production, rencense 170 activités de production différente qui auraient employé jusqu’à 50% de la population masculine d’Athènes sur la période 500-250 soit près de la moitié de notre programme. Il s’agit de E.M. Harris « Workshop, Marketplace and household. The nature of technical Specialization in classical Athens and its influence on Economy and Society » in P. Cartledge, E.E. Cohen et L. Foxhall, Money, labour and land. Approaches to the economy of ancient Greece. Londres, 2002.

Les mines du Laurion ont été bien étudiées (épigraphie) et il existe des travaux specialisés, peu accessible, rendant compte des progrès de l’archéologie sur le commerce des objets.

Sur les prix à Athènes on peut utiliser A. Bresson La Cité marchande, Bordeaux, 2000, qui montre que la cité intervient sur les prix et qu’il existe bien des prix fixés mais qui ne sont pas la norme (attention donc lors d’une éventuelle étude de documents sur la question).13

Sur les autres régions au programme, il n’existe pas d’étude d’ensemble synthétique. Il faudra se constituer des fiches sur Rhodes, Thasos et la Macédoine qui sont très importantes pour notre programme. Pour Sparte on peut lire la synthèse de E. Lévy Sparte, Point Histoire, Seuil 2003.

1 J’ai sur ce point complété la bibliographie de la revue par celle parue dans le manuel publié sous la direction de M-F. Baslez, Economies et sociétés Grèce ancienne, Atlande, 2007.

2 C’est-à-dire la zone continentale dominée par une île.

3Possessions foncières athénienne sur le sol des cités alliées mises en valeurs par des soldats citoyens athéniens, les clérouques

4 C’est-à-dire de l’avantage financier direct découlant de l’émission de monnaie. Ici lié à la différence entre la valeur pondérale et la valeur faciale. En termes simples, la monnaie vaut « plus » par la quantité de bien qu’elle permet d’acheter que par la quantité de métal précieux qu’elle contient réellement. Les cités jouent consciemment sur cette différence (qui constitue donc leur bénéfice).

5 Sur cet aspect, voir le travail fait en cours.

6Voir le travail fait en cours sur ce point.

7 Il est vrai qu’en 2004, sur une question de contemporaine, Religion et sociétés, le sujet de la dissertation était déjà tombé sur les femmes…. Mais comme les femmes sont un sujet inépuisable et que 2004 commence à s’éloigner, un sujet à nouveau sur cette question est envisageable……

8 Il s’agit de l’empreinte que le potier mettait sur ses produits.

9 Certains de ces sujets ont déjà été abordés à travers les devoirs proposés en cours.

10 Voir le devoir sur guerres, économie et sociétés que nous avons travaillé en cours.

11 Voir à ce sujet les guerres sacrées.

12 C’est-à-dire les riches Athéniens ayant mutilé les Hermès.

13 Sur la spéculation et ses problèmes il faut absolument avoir lu une des sources majeures de la période, Lysias. Disponible sur le net http://mercure.fltr.ucl.ac.be/Hodoi/concordances/lysias_marchands_ble/lecture/default.htm .




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