Chers membres, chers amis








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Chers membres, chers amis,
2009 se termine, 2010 commence. Au sortir des fêtes de Noël –de ce Noël né en orient, ne l’oublions pas !- que j’espère les meilleures pour tous, nous allons engager la réalisation des différents projets qui ont été élaborés par tous ceux qui ont la charge de nos différentes activités et que vous trouverez évoqués dans les pages qui suivent.

Au programme des visites d’expositions, si « Teotihuacan » est un peu moins centrée sur nos préoccupations immédiates –mais l’« autre » doit faire aussi partie de notre approche-, celle sur Qumran sera l’occasion de faire le point sur une des plus grandes découvertes du XXe siècle dont on n’a pas encore tiré toutes les conséquences.

Nous pourrons ainsi nous retrouver lors des conférences qui couvrent cette année un très vaste champ puisqu’au cours de nos prochaines rencontres nous verrons aussi bien –volet archéologique- les transformations de la Palestine durant les deux millénaires qui ont précédé l’essor du royaume d’Israël et la naissance de la Bible, que les églises chrétiennes du tur Abdin, et –volet textuel- nous pourrons approfondir, grâce à une relecture de l’évangile de Luc et à une interrogation sur « la Bible : mythe ou histoire » (thème que j’avais trop brièvement évoqué dans un précédant avant-propos), notre réflexion dans le domaine des écritures.

Enfin cette nouvelle année verra une amélioration supplémentaire apportée à notre musée, puisque va être installé au fond de la seconde pièce un meuble présentoir qui permettra d’exposer les publications et de ranger les archives… : ainsi, touche après touche et après les médailliers, cette seconde salle termine son habillage.

A très bientôt le plaisir de vous retrouver au cours de nos diverses rencontres. Je vous souhaite à tous une excellente année 2010.
Jean-Claude Margueron

Président



Les Nabatéens étaient installés depuis les rivages orientaux de la mer Morte jusqu’aux montagnes du Hijâz, dans le nord de la péninsule arabique. Leur civilisation connaît son apogée aux ier s. av. et ap. J. C., grâce au commerce des produits du Sud de l’Arabie, qu’ils acheminaient vers Rome et les ports de la Méditerranée1.

La prospérité du royaume nabatéen est surtout particulièrement visible à Pétra, la capitale, ainsi qu’à Hégra (actuelle Madâ’in Sâlih, Arabie Saoudite), où des programmes architecturaux de grande envergure ont été mis en place2. Les nécropoles ont connu tout particulièrement un développement rapide, principalement à partir de la fin du iers. ap. J. C. Au ier s. ap. J. C., plus de 630 tombes à façade décorée, destinées aux familles riches de Pétra, étaient sculptées dans les montagnes environnant la ville.
Cette richesse éclatante ne doit cependant pas faire oublier que des groupes de population moins favorisée composaient aussi la société nabatéenne. Afin d’obtenir un panorama le plus complet possible d’une société, il importe d’y étudier l’ensemble des modes de sépultures en usage, afin d’observer les variations régulant l’organisation de cette société3.

Nous verrons ainsi les différentes solutions architecturales adoptées par les Nabatéens pour inhumer leurs morts. En premier lieu, les tombes les plus simples seront abordées, puis les tombes à puits et les tombes à chambre, plus élaborées. Les tombes à façade seront étudiées ensuite, puis les complexes funéraires, réservés aux personnages les plus importants et dans lesquels les rites funéraires étaient particulièrement organisés.
1/ Les tombes les plus simples

D
Tombes à fosse avec dalles de couverture

(Pétra - cliché I. Sachet)
e tout temps, la manière la plus simple d’inhumer un mort a été d’aménager une cavité dans le sol afin d’y déposer le défunt. Les Nabatéens n’ont pas échappé à la règle et ont adopté cette solution dans de nombreux cas. Au total, plus de 2000 tombes à fosse sont répertoriées sur l’ensemble du domaine nabatéen mais il en existe certainement bien plus, encore enfouies et inconnues. Selon le type de sol, les tombes à fosse présentent une grande variété dans leurs modes de construction : elles sont rupestres ou maçonnées. Ainsi, dans des sols meubles, le corps a pu être déposé dans une fosse rectangulaire creusée dans le sol et de la taille d’un individu adulte en position allongée, c’est-à-dire environ 1,80 m de long sur 0,70 m de large. A Khirbet Qazone, sur les rives de la mer Morte, les fosses étaient creusées jusqu’à 3 m de profondeur dans les marnes tendres. Dans des substrats rocheux, par exemple les grès rouges de Pétra et Hégra, les fosses rectangulaires étaient taillées dans la roche, puis la sépulture était fermée par des dalles en pierre taillée et posées les unes à côté des autres. Les solutions choisies par les fossoyeurs sont donc variables selon la nature du terrain mais aussi, vraisemblablement, selon les moyens de la famille. En surface, les tombes à fosses sont parfois signalées par des stèles en pierre qui peuvent être sans inscription ni image et donc difficiles à repérer parmi les éboulis d’un cimetière. Le nom du défunt peut être gravé sur la stèle, ou bien sa nefesh, c’est-à-dire un triangle symbolisant à la fois le défunt et sa mémoire, peut également y être représentée.
2/ Les solutions intermédiaires : la tombe à puits et la tombe à chambre

Outre la tombe à fosse, souvent prévue à l’origine pour un seul défunt, d’autres solutions plus élaborées ont parfois été adoptées par les Nabatéens : la tombe à puits et la tombe à chambre. En nabatéen, la chambre funéraire est désignée par le terme ṣryḥ’, répertorié une fois à Pétra dans l’inscription du Turcoman4 et une fois aussi à Madâ’in Sâlih dans l’inscription de la tombe n° IGN 1285. La chambre sépulcrale est ainsi différenciée du terme plus général utilisé pour désigner une tombe, qbr’ ou kpr’. Ces chambres funéraires, taillées dans la roche ou maçonnées, sont destinées à recevoir plusieurs sépultures, vraisemblablement des familles. L’accès à l’espace sépulcral se fait par un puits si la chambre est souterraine, ou bien par une porte lorsque la chambre est construite en surface ou taillée dans une paroi rocheuse. Il semblerait qu’en milieu rupestre, les tombes avec un puits d’accès soient antérieures aux tombes à façade. À Pétra, plusieurs indices vont dans ce sens, même si la question n’a pas encore été totalement tranchée, en raison du peu d’études menées sur les sépultures communes. Les fouilles archéologiques réalisées en 2006 dans le caveau funéraire no 303 par la mission française de Pétra, dirigée par Christian Augé, ont permis la découverte d’ossements humains, datés par radiocarbone entre le milieu du ive s. et le milieu du ier s. av. J. C. Il s’agit des plus anciennes sépultures datées connues à ce jour sur le site de Pétra et elles ont effectivement été découvertes dans une tombe à puits.
3/ Les tombes à façade

L
Tombes à façade (Madâ’in Sâlih - cliché I. Sachet)
es tombes à façade sont les plus caractéristiques des tombes nabatéennes et leur étude stylistique a été faite dès la fin du xixe siècle sur le site de Pétra, en particulier par R.E. Brünnow et A. von Domaszewski, et plus récemment, par J. McKenzie pour les plus grands tombeaux du site6. Toutefois, les tombes à façade existent sur d’autres sites moins connus, notamment à Hégra (Madâ’in Sâlih), en Arabie Saoudite, où l’on en compte une centaine. À Hégra, plus d’une trentaine d’inscriptions funéraires permettent de dater la construction des tombes à façade du ier s. ap. J. C., tandis qu’à Pétra les constructions auraient débuté plus tôt, entre le ive et le iie s. av. J. C.

Les mêmes solutions architecturales ont été adoptées par les Nabatéens dans les deux villes : une chambre funéraire, d’environ 5 m de côté généralement, est taillée dans la roche à partir d’une tranchée ménagée depuis la porte. La falaise surplombant la porte est sculptée de motifs associant la tradition hellénistique à des éléments typiquement nabatéens (chapiteau, demi-merlon). Les épitaphes gravées au-dessus des portes des tombeaux de Hégra indiquent que ces tombeaux monumentaux appartenaient à des familles nabatéennes, souvent issues de l’aristocratie militaire. Les chambres étaient destinées à recevoir les sépultures du fondateur du tombeau, qui pouvait être aussi bien une fondatrice, et de leur descendance.

À l’intérieur de la chambre funéraire, les défunts étaient déposés soit dans des cercueils ou des linceuls en cuir ou en tissu, soit parfois directement sur le sol de la chambre. Des fosses étaient également creusées dans le sol rocheux de la chambre, ou bien des alvéoles étaient taillées dans les murs des chambres (caissons, loculi), pour y déposer les défunts. Lorsque la place venait à manquer à l’intérieur de la chambre ou si le défunt ne faisait pas partie des bénéficiaires ayant accès au tombeau, des fosses supplémentaires pouvaient alors être taillées devant la porte du tombeau.
Les fouilles de la mission française de Madâ’in Sâlih, dirigées par Laïla Nehmé, François Villeneuve et Daifallah al-Talhi7, ont permis la récolte de grandes quantité de matériel antique dans les tombes du site. Les conditions climatiques exceptionnelles ont permis la conservation des matières organiques, en particulier les cuirs, textiles et restes végétaux. Sous le linceul en cuir et/ou en tissu, le défunt était parfois inhumé avec ses vêtements. Des semelles de chaussure en cuir ont notamment été découvertes dans la plus grande tombe du site, celle du stratège, ou gouverneur, de la ville. D’épais morceaux de résines, sur lesquels étaient collés des tissus antiques ont également été mis au jour dans les chambres funéraires du site. Il semblerait que ces préparations aient servi à envelopper les défunts et à prolonger la conservation des corps, dénotant ainsi la volonté des Nabatéens de préserver l’apparence du défunt au delà de la mort.
4/ Les complexes funéraires

Dans l’Antiquité, les portes d’entrée des tombes à façades n’étaient pas directement accessibles depuis l’extérieur comme cela est le cas aujourd’hui. Une avant cour fermée empêchait souvent un accès immédiat à la tombe. Dans certains cas, la tombe était associée à d’autres monuments : des salles annexes, des salles de banquets, des citernes, des jardins ou d’autres aménagements étaient installés à côté de la tombe. L’ensemble, fermé par un mur d’enceinte ou krk en nabatéen, formait alors un véritable complexe funéraire. Ces ensembles architecturaux, destinés à abriter les rites funéraires liés à la commémoration des morts, sont décrits par une inscription funéraire monumentale de Pétra, l’inscription du Turcoman. De tels complexes sont encore visibles à l’heure actuelle dans les nécropoles de la capitale nabatéenne, où plusieurs ensembles funéraires sont bien conservés : par exemple à l’entrée du Sîq, au Wadi Farasah ou dans la nécropole royale d’al-Khubthah. Les salles de banquets funéraires les mieux préservées de Pétra sont rupestres et mesurent entre 30 m² et 135 m². Les plus petites salles sont destinées à des familles ou à de petites groupes de convives, tandis que les plus grandes, comme celle du Deir, ont pu accueillir des cérémonies publiques. Au Wadi Farasah, le tombeau du Soldat8 est doté d’une cour à péristyle et d’une grande salle de banquet mesurant environ 120 m². Lorsqu’ils banquetaient, les convives disposaient d’une vue privilégiée sur la façade du tombeau, décorée de trois statues de soldats en habit militaire, vraisemblablement les portraits des défunts inhumés à l’intérieur. Les banquets nabatéens étaient placés sous la protection d’une ou plusieurs divinités, principalement Dûshara ou Obodat. Dans certains cas, les défunts assistaient également au banquet, tout au moins de façon symbolique, puisque plusieurs salles de banquets de Pétra étaient dotées d’aménagements funéraires taillés derrière ou au-dessus des banquettes destinées à accueillir les convives9. Les complexes funéraires semblent surtout réservés à l’entourage royal, tel le complexe funéraire de Uneishu, frère ou ministre d’une reine nabatéenne Shaqilat, dans la nécropole royale d’al-Khubthah. Les complexes monumentaux les plus prestigieux sont certes les mieux conservés mais la pratique des banquets funéraires ne doit pas être exclue dans les cimetières de tombes communes, où des installations temporaires ont pu être installées, par exemple des tentes, afin d’accueillir les banqueteurs.

Les Nabatéens ont ainsi adopté différentes formules pour inhumer leurs morts, vraisemblablement selon les goûts mais aussi selon les moyens des familles. Pour les familles, le tombeau était un signe ostentatoire de leur richesse, d’autant que les espaces funéraires étaient situés aux portes des villes, le long des voies d’accès, où ils étaient visibles de tous. Taillés dans les grès rouges de Pétra et de Hégra, les tombeaux nabatéens étaient destinés à résister au temps. Ils étaient des maisons d’éternité, byt ‘lm en nabatéen, vouées à abriter et à protéger pour toujours les sépultures des défunts.
Isabelle Sachet

Docteur en archéologie




Plan du complexe funéraire de Uneishu (Pétra - Dessin I. Sachet d’après McKenzie 1990, pl. 164 et Zayadine 1974, fig. 5, avec ajouts I. Sachet)

Plan du complexe funéraire de Uneishu (Pétra - Dessin I. Sachet d’après McKenzie 1990, pl. 164 et Zayadine 1974, fig. 5, avec ajouts I. Sachet)



Bibliographie

  • Augé, Dentzer 1999 : C. Augé, J.-M. Dentzer, Pétra. La cité des caravanes, Découvertes Gallimard, Archéologie, n° 372, Paris : Gallimard.

  • Brünnow et Domaszewski 1904 : R. E. Brünnow, A. von Domaszewski, Die Provincia Arabia auf grund zweier in den Jahren 1897 and 1898 unternommen Reisen und der berichte früherer Reisender. Band I. Die Römerstrasse von Mâdebâ über Petra und Odruh bis el ‘Akaba, Strassburg : K.J. Trübner.

  • Healey 1993 : J. Healey, The Nabataean Tomb Inscriptions of Mada’in Salih, Journal of Semitic Studies, Supplement n° 1, Oxford : Oxford University Press.

  • McKenzie 1990 : J. McKenzie, The Architecture of Petra, British Academy Monographs in Archaeology, n° 1, Oxford University Press.

  • Nehmé, Villeneuve 1999 : L. Nehmé, F. Villeneuve, Pétra : métropole de l’Arabie antique, Paris : Seuil.

  • Nehmé, Arnoux, Bessac et al. 2006 : L. Nehmé, T. Arnoux, J. C. Bessac, J. P. Braun, J. M. Dentzer, A. Kermorvant, I. Sachet, L. Tholbecq, avec une contribution de J.-B. Rigot, « Mission archéologique de Madâin Sâlih (Arabie Saoudite). Recherches menées de 2001 à 2003 dans l’ancienne Hijrâ des Nabatéens », Arabian Archaeology and Epigraphy 17, p. 41 124.

  • Sachet, sous presse (2009) : I. Sachet, “Feasting with the Dead: Funerary Marzeaḥ in Petra”, in L. Weeks (ed.), Death, Burial and the Transition to the Afterlife in Arabia and Adjacent Regions. Proceedings of the Seminar held in the British Museum November 2008, Archaeopress BAR, Society for Arabian Studies Monographs.

  • Sachet 2005 : I. Sachet, « Etude sur le développement et l’organisation des nécropoles de Pétra et Medain Salih », dans Sebag D. (éd.), 2es rencontres doctorales d’Orient Express. Actes du colloque tenu à Paris les 5, 6 et 7 février, Paris : COREP, p. 25 41.

  • Schmid, Barnasse 2006 : S.G. Schmid, A. Barnasse, « The International Wadi Farasa Project (IWFP). Preliminary report on the 2005 season », Annual of the Department of Antiquities of Jordan 50, p. 217 227.

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