Cours 4 : la compréhension des œuvres Introduction : concepts généraux et définitions








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Mode sensoriel : pour être efficace, la perception sensorielle doit attiser nos affectes. Quand la perception de la musique se transforme en envie de bouger, en accélération du rythme cardiaque, au phénomène physique, il y a un transfert d’énergie. Le mode sensoriel seulement est un transfert d’énergie, qui implique des rythmes.

Mode symbolique : 2 possibilités :

- fusionnel (Cf. la fonction magique et les rites).

- pédagogique : quand le symbolique est utilisé dans le but de se faire comprendre.

Les deux démarches, pourtant opposées, ont le même but : organiser le monde pour le rendre praticable.

Mode analytique : le danger est de trop chercher à tout décomposer dans les éléments et d’en oublier les liens qui en font un paquet. C’est cela qui au final produit du désordre.

Mode affectif : c’est une échelle de goûts et de valeurs. Les racistes sont des affectifs hypertrophiés : leur excès les enferme et provoque du désordre en eux.
→ L’art est donc quelque chose qui organise, sachant que notre monde de perception cherche toujours à ordonner et rendre le monde praticable. L’art peut manquer le but car chaque mode est une dynamique polarisée, soit vers « l’ordre », soit vers le « désordre ».
L’art est le moyen de partager notre imaginaire. C’est pourquoi nos amis intimes et nous avons le même imaginaire.
La fonction et le langage de l’image

« De l’imaginaire à la représentation / de l’image spontanée à l’image structurée »
Rapport représentation / réel

Un paysage est une présentation. La représentation est ce même paysage vu les yeux fermés, et donc retranscrit. Le concepteur ne peut pas saisir le réel : nous n’y avons jamais accès (le paysage ne peut être acquis), nous ne pouvons en saisir que des représentations et des contes. En conséquence, quand une image ressemble au réel, elle n’en est jamais la copie mais sa transcription selon des règles de transformation codées (les signes) propres à mettre en scène l’univers intime du concepteur (le sens). Ce principe de conversion présente à tout type de représentation, qu’elle soit concrète ou abstraite.

Dans ces conditions l’image permet-elle de communiquer ?

Rapport concepteur / récepteur.

Le récepteur peut-il comprendre le mode de perception du concepteur ? (ici comprendre = donner à l’image le même sens que lui).
►Un langage codé

L’image, en tant que mise en forme de l’imaginaire peut être captée par un regard extérieur. Son langage codé est composé de signes identifiables et organisés qui guident notre regard selon un parcours dynamique particulier.

Problème : l’image est une structure polyvalente. Sa réception nous renvoie à notre propre mode de perception du réel > la lecture d’une image est donc toujours une interprétation, un tissage entre deux sensibilités.

►Le piège du réalisme.

Si l’œuvre réaliste transmet au récepteur l’illusion d’un moment familier, l’œuvre surréaliste brise le miroir apparent et renvoie le spectateur à ses propres codes culturels et affectifs.
Le langage de l’image est-il un moyen de communication universel ?

Ce langage touche à l’ensemble des perceptions humaines. YOUNG parle d’un champ énergétique ou « scheme » inné qui structure la pensée commune à tous les hommes.

Cette matrice organisatrice ou ce champ de force de l’intelligence dynamise plusieurs modes de saisie spontanée du monde :


Mode de Perception

Mise en Forme

Finalité des modes

de perception

Sensorielle

Proportions / rythmes

Régulation des énergies physiologiques

Affective

Valorisation / dévalorisation/ attraction / rejet

Hiérarchisation /

échelle de valeur

Pragmatique / Empirique

Expérience

Fonctionnalité / Efficacité

Symbolique

Tranferts métaphorique / métonymie

Symbôles

Analytique

Contrastes / ressemblance ;

Identité / Altérité

Construction de concepts :

système de non hiérarchisation



Remarques

Affect = réunion de trois mots latins : facere (faire), aficere (rechercher), afectare (arranger)

Empirique = Empirikos qui vient de Peira (expérience, essai)

Pragma = action

Analytique = Analusis > ana = en sens inverse + luein = dissoudre.
Fonction de l’image
Une représentation organisatrice.

L’image est un moyen d’organiser le monde

L’image est une structure spatiale qui met en scène un mode de représentation du monde.

HEGEL : l’oeuvre d'art se situe entre la matière et l’idée.

L’image est un support à l’intégration mentale de l’inconnu. Elle sollicite simultanément l’expérience (empirisme) , la raison (analyse), la culture (intuition) et les valeurs de l’individu (affects), c'est à dire ce qui constitue la vision intime et personnelle du monde, que le penseur soit concepteur ou récepteur.
La langage de l’image est donc sous-tendu par 5 types de représentation du réel qui sont tous liées au questionnement du concepteur et / ou du récepteur, qui cherche à ordonner mentalement le monde extérieur pour l’utiliser, s’adapter et s’en servir.

1> Le regard sensoriel pose la question de comment concilier l’unicité et la diversité ? En recherchant des rythmes et des proportions.

2> Le regard pragmatique : comment intégrer le désordre à l’ordre ? En le rendant fonctionnel.

3> Le regard affectif : comment se concilier le monde ? En le hiérarchisant avec une échelle de valeurs.

4> Le regard analytique : comment relier les contraires ? Par les concepts

5> Le regard symbolique : comment unifier les contraires ? Avec le transfert.

► L’intelligence est toujours entre deux pôles qu’elle essaye de joindre.
Ces 5 modes de perception ont un fonctionnement inné universel, mis en œuvre en proportion variée suivant les individus pour tenter de répondre à un questionnement spécifique. C’est un fonctionnement acquis individuel.

Cette capacité à toucher en même temps à l’universel et à l’intime est ce qui constitue le langage spécifique de l’art véritable.

→ L’art véritable est cohérent à tous ces niveaux de perception. Un tableau qui provoque la stupéfaction et l’admiration est un tableau qui parvient à activer nos 5 capteurs pour nous entraîner dans un autre monde.

L’alphabet de la représentation.
Le « hors-texte » ou « champ opératoire de l’œuvre »

Fonction : le hors texte est une mise en perspective de l’image dans son contexte intentionnel, idéologique et culturel. Les interrogations du concepteur sont faites sur le regard de l’artiste authentique qui est à triple focale. Sa représentation du monde garde toujours :

1- Un caractère universel capable de traverser le temps et les cultures alors que son œuvre demeure.

2- L’expression d’un individu, avec ses interrogations et sa quête propre.

3- Un questionnement de son époque et de ses modalités d’adaptation aux problèmes qui se posent à ses contemporains comme à lui-même.
Les questions à se poser sont :

Que sait-on des interrogations de l’artiste ? (sur l’humanité en général, sur son époque, sur lui-même)

Que sait-on de ses objectifs de communication ? (que veut-il dire et à qui) et de leur mise en œuvre ? (quel langage de l’image utiliser ?).
La perception sensorielle

Elle constitue en capter les formes, ce que Young appelait « archétypes ». Selon lui les archétypes mettent en forme les énergies organisatrices de la perception et constituent un alphabet de formes simples incarnant les chaînes. Ces formes universelles sont liées aux activités de survie et à l’habitat naturel de l’homme. Les figures géométriques sont des abstractions des formes naturelles et sont perçues par l’activité analytique de la pensée. Elles seront reconnues par commodité comme formes archétypales dans la mesure où elle suggère des formes élémentaires de l’être humain dans son environnement naturel.
A. Les formes perçues.

1. formes élémentaires : le point, la ligne (droite, brisée, courbe, discontinue, verticale, horizontale, oblique, spirale, angulaire), la surface (ouverte ou fermée), le volume (fermé ou ouvert, vide ou plein).

2. formes géométriques : cercle, sphère ; carré, cube ; rectangle, parallélépipède ; triangle, pyramide.

3. Aspects de la nature matière, surface et cohésion : rugueux, craquelé, granuleux, ridé ; hérissé, facetté, etc…

4. Cohésion : liquide (fluide ou gélatineux), solide (rigide ou souple), gazeux.

5. Nature : ciel, terre, eau, feu, animaux, végétaux.

6. Les structures géologiques : montagne, fleuve, lac, mer, rives, forêt, arbres.

7. Rythmes cosmiques : diurnes, saisonniers.

8. L’homme : âge, sexe, représentation de la mort, sexualité ; son aspect : visage, corps et leur position, proportions, expressions.

9. la fonction sociale : hiérarchie par rapport à l’âge, métiers, filiation.

10. Aliments universels : pain, huile, lait, vin, viande, poisson, aliments de la nature.

11. Objets universels : roue, tissus, récipients, outils, armes.

12. Mouvements : repos, course, marche avant, recul, demi-tour.
B. Les forces perçues.

Aussi appelées « schemes », ce sont des énergies organisatrices de la perception. Elles relient la continuité et la discontinuité, elles rassemblent et diversifient.

1. Les vecteurs : direction, circulation ; convergence, divergence.

2. La densité : stable, mouvement ou rythme.

3. Les structures : homogènes, hétérogènes ; ordre / désordre. Dès qu’on relie les choses entre elles on est dans un système de force.

4. l’intensité lumineuse : elle vibre et diffuse.
La perception empirique

Elle est basée sur l’expérience concrète, la pragmatique des choses.

A. Scénographie.

Ce sont les postures, les rapports des figures entre elles, la nature des éléments représentés (personnages, animaux, objets, écriture, etc), ainsi que les rapports des figures par rapport au spectateur (la figure me regarde-t-elle ?).

B. La fonctionnalité des formes.

Les images qui véhiculent cette perception empirique sont des signes iconiques. Ce sont des représentations du réel.
La perception Analytique.

Elle est basée sur des systèmes d’opposition.

A. composition interne : unique ou séquentielle ?

B. Limite du cadre : les éléments sont-ils dans ou hors du champ ?

C. Angle de vue : frontal ; latéral ; plongée : contre plongée ?

D. La focale.

E. La profondeur de champ (flou / net).

Les dynamiques relationnelles font que la perception cherche constamment des identités, des correspondances, des duplications, des mises en abyme (= structures identiques mises les unes dans les autres).
L’intelligence cherche

> Des différences, des contrastes, des renversements ou des exclusions (une chose qui ne peut fonctionner en même temps qu’une autre).

> Des complémentarités

> Des ambiguïtés : paradoxe, qui peut se provoque par le nom respect des codes de perception habituels et le brouillage des repères spatiaux.
La perception Intuitive.

Elle utilise deux modes de fonctionnement : la métonymie et la métaphore. La métaphore utilise le transfert grâce à un registre culturel. La métonymie utilise l’indice et l’évocation.
La perception Affective.

Problème : c’est une définition très subjective. C’est une hiérarchisation avec des phénomènes d’attraction / répulsion. Ainsi une image peut donner des affects en se servant de toutes les autres perceptions.
►L’art est un capteur et un activateur de sensibilité.
Le SENS
La forme est une organisation mais a une finalité : ce n’est pas parce qu’on a les ingrédients qu’on sait ce qu’on va en faire ! Ce choix, c’est le sens.

Mais en vue de quoi percevons-nous ?

La perception structure le monde. La perception sensorielle utilise des archétypes qu’elle organise en schèmes et ces schèmes créent des rythmes dans le but de trouver de la compensation : si l’être humain se sert dans un univers chaotique, il va chercher de l’organisation.

La perception empirique utilise des figurations, avec le désir de capter l’apparence des choses. La perception analytique utilise les modules (éléments constitutifs qui se répètent ou non). L’intelligence recherche ici l’homogénéité en vue de répartir et organiser tous les éléments qui se présentent à sa vue.

La perception intuitive fonctionne par transfert et cherche la symbolisation pour tendre vers l’intégration de la totalité au grand tout (Le paroxysme est la culture indou qui dit que nous sommes tous une partie d’un grand tout).

Perceptions et modes
Perception sensorielle

C’est un mode de construction du monde extérieur. La compensation cherche à organiser le monde en composant ce qu’elle ressent. Le procédé de structuration s’apparente à la quête d’un rythme. Les rythmes donnent lieu à des formes caractérisées par la proportion spatiale. La perception sensorielle est donc une mise en forme au niveau des images et des proportions.

Quand elle capte une unité elle a une stabilité, un pôle unitaire mais elle ne peut ressentir la stabilité que si elle saisit en même temps tout ce qui est mouvant. C’est un cycle entre le stable et le mouvant qui génère une respiration.

Si cette respiration n’existe pas, il y a étouffement, impression de désarticulation et perte des repères.

Notre intelligence est constamment en train de rassembler mais le fait suivant des modes opposés qui sont le mode tissé (ou synergique) et le mode clivé (ou court-circuit).

En mode tissé le stable et le mouvant s’unissent pour créer des rythmes.

En mode clivé les deux extrêmes ne s’associent pas et sont hypertrophiés.
Perception empirique

Elle cherche à coordonner les choses entre elles pour obtenir une structure fonctionnelle. Les forces donnent lieu à des formes caractérisées par la figuration.

Si on identifie l’icône on a une image qui a pour fonction la mémoire, le rassemblement. En mode tissé, la mémoire est une reconnaissance de l’expérience qui rejoint le référentiel fonctionnel (l’expérience de la vie). Quand la mémoire rejoint le référentiel personnel on parle de perception réaliste des choses.

En mode clivé on ne reconnaît pas l’image hors contexte, causée par une indépendance par rapport au référent fonctionnel.
Perception analytique

Le procédé de saturation de la perception analytique opère en répartition et comparaison en vue de catégoriser. Une unité spéciale de la perception analytique est le module.

Il s’agit de mettre de l’ordre. En mode tissé on est capable de mettre de la cohérence. C’est le pôle d’ouverture, de cohérence et d’organisation.

En mode clivé on obtient de l’isolement et du morcellement donc de la désorganisation.
Perception intuitive

Le procédé de structuration passe ici par l’interrogation, ou « transfert » qui cherche des point communs en vue de synchroniser. C’est une quête des correspondances. La forme spéciale est le symbole ou l’analogie.

On cherche une vision unifiée du monde.

En mode tissé c’est l’ouverture. La fonction pédagogique donne du sens au signe.

En mode clivé c’est l’étouffement sur l’objet lui-même qui amène au fétichisme.

On peut confondre un objet et un pouvoir, mais l’objet ne renvoie à rien.
Perception affective

Elle sélectionne en vue de choisir et opère par hiérarchisation.

En mode tissé : empathie et stabilité.

En mode clivé : fascination ou répulsion, qui sont toutes deux liées à la manipulation et l’influence.
► Notre intelligence fonctionne sur le mode des champs de force qui polarisent notre regard, notre intelligence, donc la façon dont nous organisons le monde que nous percevons. A chaque style pictural correspond une dominante de la perception.
Visionnage et analyse d’œuvres.
On va encore une fois s’attarder sur les dynamiques d’organisation de l’image et de la pensée.
Peintures pariétales : la disposition des dessins du troupeau était faire en fonction des cycles de lumière et des cycles cosmiques. La perception qui s’active ici est symbolique : le mode de transfert est lié au dessin ainsi qu’au choix du lieu. Les dessins de bison sont tout en courbes et stimulent le mode sensoriel en donnant la sensation de mouvement.
Période Egyptienne : pour les égyptiens l’écriture était porteuse d’un pouvoir magique. Ainsi chaque idéogramme était une porte ouverte sur le monde des Dieux. Cette démarche a été poussée jusqu’à l’image qui devenait puissance divine.

Le choix de la représentation de profil n’est pas gratuit : L’homme doit devenir signe absolu donc on doit voir la totalité des contours de son physique. Les personnages égyptiens étaient hiératiques (tous les mêmes ; impersonnels) dans le but de les rendre éternels.

Aujourd’hui nous pouvons interpréter ces œuvres avec nos yeux (perception sensorielle) pour y trouver des rythmes qui, au final, renvoient à la même notion d’immortalité voulue par leurs auteurs. Cette œuvre est donc bien une œuvre d’art car elle active plusieurs perceptions dans une même direction : l’idée d’immortalité.

Période Egéenne : L’art égéen est tout en courbes, au lieu des angles de l’art égyptien de la même époque. Il y a donc une alphabétisation différente, de la même manière qu’existaient des divergences entre Matisse et Picasso qui avaient chacun leur façon de s’exprimer pour une même fonction : symboliser.
Période Byzantine : L’art Byzantin est centré sur les représentations de rois et reines couverts de bijoux, mais les mosaïques sont réellement en or. En utilisant un vrai matériau les auteurs ont donc cherché à « saisir le réel ». En saisissant ce réel on a l’impression de saisir le monde : la dominante est symbolique.

Chez les Byzantins les œuvres sont souvent cadrées et construites sur des axes. Toute chose répond à ce même système bipolaire et dispose d’une ouverture et d’une fermeture. On retrouve aussi des rythmes, retour constant et immortalité.
Renaissance :

●Da Vinci : l’homme de Vitruve. De Vinci voulait montrer que le corps humain était assimilable à un schéma géométrique. C’est un monde analytique qu’il nous expose en cherchant à établir un module (= une norme qui se répète), un algorithme (= un rapport). L’algorithme de De Vinci est que l’homme est à la mesure de tout.

●Jerome Bloche. Il travaille autour du chaos à l’inverse du monde géométrique de De Vinci. On voit bien que, pour une même époque, on a différentes perceptions.

●Michelange. La chapelle sixtine est un rappel des églises du passé, qui étaient toutes couvertes de peintures pour créer des microcosmes. Dans les églises ce microcosme est un lieu de parcours de chemin initiatique.
Maniérisme : fin 16ème (entre Renaissance et Baroque). C’est la déconstruction de la géométrie (Cf. BRONZINO). Les personnages ont des postures instables, presque toujours en mouvement. Le maniérisme illustre une époque de doute sur le monde où l’on comprend que tout est plus compliqué que la vision qu’on en avait jusque là.

●Le Caravage : beaucoup de références pragmatiques parcourent ses œuvres. Il fut embauché en tant que peintre par le clergé de la Renaissance, qui en fit aussi un des membres de « balais rose » qui était le bordel du Vatican, constitué d’enfants castras achetés dans les campagnes. Ainsi Le Caravage a-t-il vécu sous la protection des archevêques de Malte, exprimant sa haine de cette situation dans ses tableaux. L’ange qu’il dessine est un ange aux ailes noires, comme un enfant qui aurait perdu toute innocence.

Représentation graphique des modes de perception


Tous les modes de perception sont soumis à cette force bipolaire de rassemblement et d’ouverture.
Etudes d’œuvres

> L’enfer fermé par un ange.
SENSORIEL

Ici l’impression créée est l’étouffement et le chaos.

L’étouffement c’est le « trop stable » - pôle stable

Le chaos c’est le « trop fluide » - pôle mouvant

On a ici deux pôles en court-circuit. Donc sur le mode sensoriel ce tableau crée de l’épuisement et un malaise pour peu qu’on se laisse aller.
ANALYTIQUE > modules et organisation

Modules = profil du dragon en symétrie axiale ; corps entremêlés. Les deux modules sont en opposition par symétrie. Ce tableau est structuré au maximum, autour d’un jeu entre ordre et cohérence. On a donc une impression d’organisation.
PRAGMATIQUE > ce qu’on reconnaît
SYMBOLIQUE/INTUITIF > rendre le monde cohérent

Ici la pédagogie renvoie à une cohérence du 13ème siècle qui n’est plus celle d’aujourd’hui. Cette image nous dit que l’Eglise a des enseignements normatifs, avec des punitions en utilisant la terreur.

AFFECTIF > hiérarchisation, échelle de valeur avec pour but de s’orienter.

On ne peut pas aimer pour beaucoup de raisons : le message transmis moralisateur, les couleurs moches, les affects, etc…

► Ici l’église terrorise autour de l’obsession de l’enfer. Côté ouverture on a une adhésion aveugle à l’église et une confusion du signe et du sens. La dominante ici est symbolique, même si à l’époque elle constituait une image mystique. On est dans une dynamique de manipulation par l’image.
> Couverture du livre de St Augustin (évêque de Carthage).

St Augustin a écrit énormément de livres et a bâti l’ensemble des repères et dogmes religieux actuels.
PRAGMATIQUE

On voit un grand temps qui contient la totalité du monde, de la terre jusqu’au ciel. En bas se trouvent les saints, au premier étage la vierge et les apôtres, au second les habitants de l’eau delà, au plus haut le christ entouré d’anges.

La structure est stable : c’est une église. L’enseignement est que l’église est la maison de dieu.
SENSORIEL

On remarque une axialité, pas de profondeur, des rythmes par répétition mais aussi d’autres éléments. Les répétitions sont cloisonnées et obsessionnelles. Il n’y a pas d’ouverture. On a donc un effet rythmique et un effet d’étouffement.
ANALYTIQUE

Formes rondes, etc. > cette illustration est très structurée et représentée en coupe transerversale. De ce fait l’organisation est très cohérente.
INTUITIF

L’église et les tours renvoient à l’idée d’ordre et de puissance. L’espace est fermé pour créer une impression de sécurité. Le message pédagogique est ici que l’église est hiérarchisée.
► Pour quelqu’un du 11ème siècle, cette image peut créer de la fidélité. Le prosélyte va trouver sa place et accepter d’être asservi, c’est la perte du sens pratique. Le fidèle va ainsi changer ses habitudes en croyant ce qui disent les images. C’est pourquoi les images religieuses ne peuvent pas être sorties du contexte de propagande qu’elles servent.
Exercice : Faire l’analyse par perception sur 3 des œuvres fournies en polycope : Masaccio Botticelli, et Bosch.

Indications : Masaccio = 15ème siècle, en pleine renaissance. C’est une période de remise en question de l’autorité et ses valeurs. L’homme se demande s’il n’est pas la mesure de toute chose.

Botticelli = conflit d’idéologie entre mythologie antique et croyance chrétienne. Les philosophes essayent eux de réconcilier les deux. Sur l’œuvre on peut voir à gauche une divinité des vents, à droite la divinité du printemps. La dominante platonicienne de l’époque dit qui la matière nous empêche d’accéder à la connaissance. Le monde des idées est donc inaccessible et immatériel.

Bosch = appartenait à une secte d’alchimistes.

Supports de la communication artistique
Partiel = 5 questions sur des notions du cours, à traiter de façon synthétique.
Problématique = histoire des techniques utilisées à travers les siècles pour faire passer les messages artistiques.
Introduction
La prise de conscience tardive de la préhistoire

La néotilisation est une période de déforestation où l’on apprend la plantation, la domestication de certains animaux et donc l’élevage (des moutons en tout premier lieu).

L’histoire de l’ancien testament ne se soucie que de l’histoire à partir de la fin du Néolithique. C’est pourquoi au 19ème siècle on sous-estimait encore beaucoup l’âge de l’humanité, en ne se doutant pas du lourd fardeau historique qui pesait sur nos consciences collectives.
Mais le 19ème siècle est une période de prise de conscience. CUVIER, botaniste et enseignant en Normandie, va commencer à présentir l’histoire évolutionniste des espèces et la lente création de l’espèce humaine, qui ne serait donc pas un produit instantané de Dieu.

Entre 1830 et 1840, de nombreuses missions scientifiques partent d’Angleterre pour chercher des ossements. La première trouvaille vient en 1856 à Nehender en Allemagne : le premier squelette.

A la moitié du 19ème, l’Eglise doit finalement admettre que l’humain date déjà de plusieurs dizaines de milliers d’années (on a pu l’estimer grâce à la présence d’ossements d’espèces disparues aux côtés des ossements humains). Ainsi on ne connaît « l’histoire de la préhistoire » que depuis 150 ans !
Le principe de l’évolution

Yves Coppens est un paléontologue à l’origine de la théorie de « RiffValley » ou « East Side Story ». Il s’agit de l’histoire de la moitié Est de l’Afrique. Cette théorie dit qu’une crevasse s’est formée il y a 12 millions d’années et aurait causé un remarquable changement climatique sur le continent. D’un côté la végétation n’aurait pas changé : les singes en place continuèrent à vivre dans les arbres. De l’autre la jungle aurait fait place à la savane, forçant les singes à descendre des arbres et à parcourir de longues distances pour se nourrir. C’est ainsi que fut adoptée la bipédie et le développement d’une intelligence particulière, et qu’on a progressivement cheminé l’hominidé.

► La difficulté fait donc disparaître ou évoluer une espèce. Le problème se pose a nouveau aujourd’hui car nous vivons dans un univers qui change.
intervenante artiste-peintre.

L’art pictural et son évolution
La peinture est un vaste champ qui parcourt l’histoire chrétienne. On va s’intéresser à l’étude des grandes lignes à travers les techniques de la peinture.

D’une manière générale, on se rend compte que la technique accompagne l’esprit. Est-ce la technique qui produit l’histoire ? Ou l’inverse ?

Un exemple frappant est celui de la peinture impressionniste. On dit que l’extériorisation de la peinture qu’elle a amenée aurait été permise par l’apparition de la peinture en tubes. C’est faux car avant l’impressionnisme la peinture était déjà transportable dans des vessies de porc.

→ L’extériorisation de la peinture par les impressionnistes vient donc d’une volonté des artistes et non pas d’une avancée technique.

L’invention technique ne prend de sens que quand un besoin social s’en fait sentir.
Au début : à l’âge de l’art pariétal on utilise des matériaux bruts, puis l’homme va aller en se spécialisant, jusqu’à aujourd’hui où les matériaux de création mis à notre disposition sont infinis. L’histoire de la peinture est une alternance entre condensation des techniques et de la créativité / appauvrissement et répétition des modèles anciens.
Peinture à l’eau

L’eau est le premier liant disponible, à laquelle on ajoute un agglutinant (colle de poisson par exemple).

Portraits de Fayoun : retrouvés dans une vallée égyptienne, ce sont des œuvres mortuaires entre -100 et 300. Ce sont des peintures à la cire, à chaud, qui supposent un grand travail de modelage, dans la lignée du peintre APEL. C’est une peinture naturaliste, donc l’antiquité s’est intéressée à la représentation fidèle.
Fresques

La fresque est une technique de peinture sur enduit frais, puis séchage. Il y a une idée d’accomplissement rapide dans la technique de la fresque : elle ne se retravaille pas, c’est un travail de propreté. Ainsi il n’y a pas de démarche naturaliste car la peinture à la fresque utilise un ensemble de représentations conventionnelles.
Aquarelle

C’est une technique de pigments noyés dans l’eau, auxquels on ajoute normalement du miel ou du sucre.
Peinture à l’huile

Son invention est discutée. Antonelo de Messine aurait rapporté le sujet à Jean de Bruges en Flandres. Avant cette apogée, le procédé existe mais n’est pas adapté. On ne l’utilisait que rarement, si on avait beaucoup de temps pour des peintures sur bois. La peinture à l’huile vieillit par oxydation (non pas par évaporation), qui peut être accélérée par l’ajout de sels métaleux. L’huile de lin est préférée pour sa meilleure sécacitée.

> La vierge du chancelier Rolin - VANEYCK: c’est la première fois qu’on arrive à rendre un modèle si subtil. Le tableau fourmille de détails, permis par la liquidité de la peinture à l’huile. On voit bien ici que la peinture à l’huile est une technique qui se travaille en plusieurs couches, qui se comptent par dizaines.

Il s’agit d’une technique très complexe à partir de matériaux simples : pigments, liants, diluants, vernificatif …

> JORDHENS, peintre flamand du 17ème utilise le glacis et le rehaut, qui sont les deux techniques principales du clair-obscur.
Les Pastels accompagnent la peinture à l’huile. Ce sont des pigments compactés en bâtons et séchés.
La préhistoire (suite & fin)
Homme de Neandertal : la naissance de la représentation picturale.

En Afrique on assiste à un affrontement entre Cro-Magnon et Neandertal, mais en Europe les deux cohabitent de -30 000 à -25 000. Ainsi on retrouve encore aujourd’hui des caractéristiques de l’homme de Cro-Magnon chez certains paysans du Périgord.
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