Cours IL portera. Psychologie sociale expérimentale de la soumission comportementale








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En quoi le modèle de K.S diffère-t-il de celui de Fodor et de Piaget ?


Les théories du développement s’opposent sur deux modèles développementaux :

  • Un modèle de « développement spécifique »

  • Un modèle de développement général

Celui de K.S est spécifique, comme l’était celui de Fodor. Alors que celui de Piaget est un modèle de développement général.
Pour Piaget, le développement se fait par stades. A chaque stade, se construit une nouvelle structure. A chaque stade donné, la structure cognitive modifie en même temps et de la même façon les connaissances quels que soient les domaines auxquels ils appartiennent.

Mais la question reste posée comme le fait K.S : les progrès cognitifs affectent-ils tous les domaines de connaissance simultanément ? Ou le développement se produit de manière spécifique dans chaque domaine ?

Un modèle de développement en phases et non pas en stades

Pour chaque domaine de connaissance, le développement se fait par phases. Il existe trois phases, une même personne peut en être à la phase 1 dans un domaine de connaissance, la phase 2 dans un autre, et dans la phase 3 pour encore un autre domaine.

Ce modèle est différent de celui de Fodor car la modularité se construit, elle n’est pas innée.
Et il est différent de celui de Piaget, car c’est un modèle pas général mais spécifique, c’est-à-dire modulaire.
    1. Comment les connaissances, les informations s’emmagasinent-elles dans la tête de l’enfant ?


Pour K.S, il existe trois sources :

  • L’hérédité : certains chercheurs dont K.S fait partie, font l’hypothèse qu’une partie des progrès réalisés par les êtes humains se transmettent génétiquement et équipent ou prédisposent l’enfant à sa naissance de prédisposition spécifique. Le cerveau du bébé du 21e siècle serait selon cette hypothèse mieux équipé et spécifié que celui du bébé préhistorique. Hypothèse pas encore validée même si els recherches actuelles sur le nourrisson montrent que le cerveau est mieux équipé que ce qu’on le pensait à la naissance (comme Piaget, qui parlait de Tabula Rasa).

  • L’interaction avec le milieu extérieur : ces interactions peuvent être sociales lorsqu’elles concernent les relations avec les personnes de l’entourage ou objectales lorsqu’elles concernent les relations avec le monde physique ou celui des objets. Mais ces interactions pour K.S ne sont pas constitutives du développement ni structurantes, elles facilitent seulement le passage à l’autre, ou la redescription d’un format à un autre format comme nous le verrons par la suite.

  • L’exploitation des informations déjà emmagasinées : il y a une construction de connaissance également à partir d’un travail interne grâce au processus R.R (Redescription représentationnelle). Ce mécanisme permet de redécrire dans un nouveau format des connaissances représentées auparavant dans un autre format de niveau représentationnel inférieur. Cette capacité à transformer ses propres connaissances, ses propres représentations, serait spécifique à l’être humain. Si certaines espèces animales peuvent construire un certain niveau de représentation, elles ne font jamais l’objet d’un travail interne de redescription.



    1. Modèle à 3 phases et 4 formats

  1. Les trois phases :


  • Une phase centrée sur les informations externes

L’apprentissage est gouverné par le contexte sur un mode de fonctionnement qui s’apparente à un modèle de S-R. L’enfant se centre uniquement sur les informations de l’environnement, pas encore de représentation interne. Il apprend par exemple les mots qui correspondent à chaque contexte. Ce type d’apprentissage n’est pas spécifique aux êtres humains, on le trouve chez d’autres animaux, notamment chez quelques singes supérieurs.

L’enfant emmagasine des informations qui vont lui permettre de construire par la suite les premières représentations de ces connaissances. K.S parle de maîtrise comportementale ou maîtrise procédurale pour décrire cette première phase de l’apprentissage.

  • Une phase centrée sur un travail sur les premières informations internes

Cette première phase est suivie par une phase où les connaissances ne se font plus à partir des informations externes, mais à partir des représentations de ces connaissances. L’enfant se centre sur ses représentations, il ne se centre plus seulement sur les buts, mais sur la façon dont il procède pour y arriver.
Exemple : l’enfant joue avec le langage, il s’amuse à répéter des sons. A cette phase, les représentations sont explicites pour l’esprit, c'est-à-dire qu’elles sont accessibles aux représentations internes de l’information mais elles ne sont pas encore accessibles à la conscience de l’enfant. K.S

K.S explique cela en disant qu’au cours du processus de redescription, la connaissance qui est implicite et donc disponible dans l’esprit devient de la connaissance explicite et donc disponible pour l’esprit. Explicite donc, mais encore non accessible à la conscience.

  • Une troisième phase qui consiste en un réajustement entre travail interne et informations externes

Cette troisième phase permet de réconcilier les informations externes avec les nouvelles représentations internes, c’est ce qui donne un accès conscient aux représentations, une connaissance sur la connaissance : les connaissances métacognitives.

Au cours de ces trois phases, les connaissances deviennent de plus en plus flexibles et interdépendantes.
Au cours de la phase 1, l’apprentissage est rigide, l’enfant apprend des routines, des procédures qui sont automatiques. Au cours de la phase 2 et 3, les représentations deviennent plus explicites mais aussi plus flexibles car plus manipulables. Elles deviennent aussi plus interdépendantes les unes des autres.

Exemple : apprentissage du piano : les pianistes débutants qui apprennent pour la première fois un morceau de musique savent jouer le morceau comme un tout mais sont incapables de jouer le morceau au milieu ou d’introduire des variations. Lorsque le pianiste a une plus grande maîtrise, il peut commencer le morceau au milieu, sans répéter la procédure depuis le début. Puis, le pianiste peut introduire des nouveautés, jouer des variations. Cette capacité de pouvoir interrompre une routine et y ajouter des variations est l’indicateur d’un changement représentationnel et de beaucoup plus de flexibilité.
Ou exemple de l’apprentissage numérique : la cardinalité suppose des représentations de niveaux supérieurs.

Des connaissances de plus en plus flexibles et interdépendantes :

Au cours de la phase 1, les représentations sont rigides. Mais elles sont aussi indépendantes les unes des autres puisqu’elles sont liées au contexte, au fil des phases, elles deviendront de plus en plus interdépendantes les unes des autres.

Exemple du langage : les enfants savent très tôt utiliser l’article défini « le » (comme dans « donne-moi le ballon ») ou l’article indéfini « un » (« donne-moi un ballon », si la personne à laquelle il s’adresse possède plusieurs ballons). Pourtant, au début de l’apprentissage du langage, ils n’ont pas une connaissance explicite de ce qu’est un article défini ou un article indéfini. Il les utilise correctement parce qu’ils sont liés au contexte : plusieurs ballons = un ; un seul ballon = le.
Ces deux représentations sont donc au cours de la phase 1 enregistrées de façon indépendantes et il ne peut pas y avoir de confusion dans l’utilisation de l’un ou de l’autre des articles.
  1. Les 4 formats


Ce sont les codes dans lesquels les connaissances sont présentées et enregistrées.

  • Implicite I : les représentations fonctionnent sur le mode du S-R. Les connaissances provenant de l’extérieur s’emmagasinent de façon indépendantes les unes des autres même si elles appartiennent au même domaine de connaissance. On reconnaît là la spécificité de la phase 1.

  • Explicite E1 : Les représentations du niveau 1 sont redécrites et recodifiées dans le format E1. Cette fois-ci, elles sont explicites, cela signifie qu’elles deviennent des informations exploitables par le processus R.R, mais qu’elles ne sont pas encore accessibles à la conscience. Il y a chez K.S l’idée qu’il peut se faire un travail interne, même si ce travail n’est pas conscient. C’est une sorte d’inconscient cognitif qui traiterait nos propres connaissances, nos propres représentations, sans que nous en soyons conscient, sans que nous ayons un contrôle actif et conscient sur ce travail.

  • Explicite E2 : les représentations du niveau précédent son redécrites dans le format E2. Cela signifie qu’à ce niveau, les connaissances sont accessibles à la conscience, même si elles ne peuvent pas encore être verbalisées, exprimables, explicitables par le langage.
    Pourquoi ne sont-elles pas verbalisables alors qu’elles sont conscientes ? Parce qu’E2 est un codage très différent du langage, l’individu a conscience de ses connaissances mais dans un code qui n’est pas celui du langage, et il a des difficultés à les exprimer, les verbaliser.

  • Explicite E3 : il faut attendre le format E3 qui est un format proche du langage naturel pour que ces connaissances deviennent verbalisables.

En conclusion, on notera l’existence de multiples représentations pour une connaissance, qui peuvent d’ailleurs se superposer. Les représentations implicites peuvent par exemple être sollicitées dans certaines situations car plus adaptées à des réactions qui exigent de la rapidité.

Contrairement à d’autres modèles qui opposent la connaissance implicite à la connaissance explicite, le modèle de K.S est un modèle où l’explicitation connaît une gradation au cours du développement.

La réussite comme source de progrès cognitif.
Le processus R.R, Redescription Représentationnelle, intervient quand les représentations d’un niveau inférieur sont stabilisées et permettent une réussite procédurale.

Ainsi, pour Piaget, c’est le conflit cognitif qui est moteur du développement ; alors que pour K.S, c’est le succès cognitif qui est moteur du développement.


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