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Participation des communautés

Les institutions non gouvernementales représentent 20% des institutions répertoriées; leur objectif consiste essentiellement à raviver l’intérêt du public pour le patrimoine folklorique. Elles regroupent des associations de collecte et de conservation du patrimoine immatériel, des musées spécialisés dans la conservation des éléments du patrimoine et des centres de formation destinés à sauvegarder et à préserver les savoir-faire traditionnels.


  1. Promotion, sensibilisation, éducation et autres mesures

Les institutions répertoriées jouent un rôle essentiel dans la sauvegarde et la documentation mais il serait utile qu’elles recourent davantage aux médias afin de faire connaître au public le travail qu’elles mènent sur le plan éducatif et culturel. La plupart de ces institutions entretiennent des liens avec les professionnels du patrimoine matériel et immatériel, mais leurs relations avec le grand public restent cantonnées aux manifestations culturelles et aux événements réguliers.


  1. Coopération à l’échelle bilatérale, sous-régionale, régionale et internationale

L’atelier, auquel ont participé quelques-unes des institutions répertoriées, a fait ressortir le manque de coopération entre les institutions. En ce qui concerne la participation régionale ou internationale, le pourcentage varie selon la capacité des responsables de ces institutions à établir des liens avec leurs homologues hors d’Égypte. Les institutions qui organisent les spectacles culturels, qu’il s’agisse de concerts ou des spectacles de danse, sont les plus chanceuses en matière de coopération et d’échange d’expériences à l’échelle régionale et internationale, de même que les centres et institutions de recherche.


  1. ÉTUDE DE CAS

La lanterne du Ramadan est un élément du patrimoine associé à la célébration annuelle du mois du Ramadan. La lanterne est faite de plaques de verre coloré et de fer blanc. Elle éclaire au moyen d’une bougie placée à l’intérieur ou, dans le cas des lanternes de grande taille, de l’électricité. La lanterne est également liée aux enfants, qui marchent dans les rues en chantant des chansons folkloriques à l’occasion du Ramadan. De nos jours, la lanterne est couramment utilisée pour décorer et illuminer les rues pendant les nuits du mois de Ramadan. Cependant, la production périclite et les nouvelles lanternes que l’on utilise désormais sont de forme inaccoutumée, ce sont des lanternes bon marché fabriquées en Chine et dépourvues de toute qualité esthétique.


  1. Fonctions sociales et culturelles de l’élément

La Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, adoptée par l’UNESCO le 17 octobre 2003 à Paris, définit à l’article 2 ce qu’on entend par patrimoine culturel immatériel: “les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire - ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés - que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d'identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine. Aux fins de la présente Convention, seul sera pris en considération le patrimoine culturel immatériel conforme aux instruments internationaux existants relatifs aux droits de l'homme, ainsi qu'à l'exigence du respect mutuel entre communautés, groupes et individus, et d'un développement durable. ».
« Le "patrimoine culturel immatériel", tel qu'il est défini au paragraphe 1 ci-dessus, se

manifeste notamment dans les domaines suivants :

(a) les traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du

patrimoine culturel immatériel ;

(b) les arts du spectacle ;

(c) les pratiques sociales, rituels et événements festifs ;

(d) les connaissances et pratiques concernant la nature et l'univers ;

(e) les savoir-faire liés à l'artisanat traditionnel. »
La définition du « patrimoine culturel immatériel » souligne que ce patrimoine « transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d'identité et de continuité ».
Cette définition est adaptée à la “lanterne du Ramadan”, élément transmis de génération en génération depuis la période fatimide en Égypte, pendant laquelle les artisans créaient des formes artistiques en s’inspirant de l’environnement et de l’histoire de l’Égypte. La lanterne est considérée comme l’élément le mieux à même de renforcer le sentiment d’identité chez les Égyptiens parce qu’elle est unique dans le monde arabe et qu’elle présente la particularité d’être liée aux chansons folkloriques et aux jeux des enfants. C’est en outre un élément central des célébrations du “mois sacré du Ramadan”. La lanterne du Ramadan a une fonction sociale en raison des liens qui se tissent entre les enfants au cours de ce mois et qui renforcent les relations entre les enfants et leurs voisins du quartier. La valeur culturelle de la lanterne réside dans les chansons et les jeux des enfants, qui donnent aux célébrations de ce mois un aspect festif.
En vertu de cette définition, la lanterne du Ramadan témoigne des traditions et des expressions orales, c’est-à-dire des chansons liées à l’utilisation de l’élément. D’autre part, l’élément donne lieu à l’expression de certaines pratiques sociales et contribue à l’unification de la société grâce aux rituels traditionnels et aux événements festifs. Enfin, la fabrication même de la lanterne du Ramadan témoigne d’un savoir-faire artisanal unique et d’une forme unique d’identité et de développement économique à l’échelle locale.

Compte tenu du déclin de la production locale de cet emblème unique de la culture locale et traditionnelle, il est indispensable de protéger la lanterne du Ramadan des effets de la mondialisation. En effet, cet objet porteur de culture risque d’être remplacé par un produit fabriqué en masse et importé de Chine, perdant par là même tout ce qui fait son authenticité et sa signification. L’important n’est pas tant d’avoir une lanterne, la signification de ces lanternes, les raisons pour lesquelles elles sont fabriquées, la façon dont elles sont fabriquées doivent également être prises en considération. Cela nous renvoie à l’article 2(3) :

« On entend par “sauvegarde” les mesures visant à assurer la viabilité du patrimoine culturel immatériel, y compris l’identification, la documentation, la recherche, la préservation, la protection, la promotion, la mise en valeur, la transmission, essentiellement par l’éducation formelle et non formelle, ainsi que la revitalisation des différents aspects de ce patrimoine. »

La plupart des points soulevés à l’article 2 peuvent être appliqués à la lanterne du Ramadan, qui est porteuse de traditions et de différentes formes d’expression orale, comme les chansons et les jeux. Elle est également liée aux pratiques sociales, aux rituels et aux événements festifs, à savoir, les célébrations populaires du mois sacré du Ramadan. Enfin, elle illustre un élément essentiel mentionné dans la Convention, les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel, dans la mesure où la fabrication des lanternes est l’œuvre d’artisans professionnels, qui doivent être maintenus et soutenus de façon régulière.


  1. Analyse de sa viabilité et des risques actuels auxquels il est confronté

La lanterne du Ramadan doit actuellement faire face à un véritable assaut de lanternes chinoises, qui menacent la forme et l’aspect de la lanterne traditionnelle ainsi que les éléments culturels dont elle est porteuse. La lanterne chinoise n’a aucune qualité esthétique et est fournie avec des chants qui n’ont aucun rapport avec le patrimoine folklorique égyptien; ces chansons, d’autre part, ont détruit la fonction première que la lanterne avait auprès des enfants. Autrefois ils marchaient dans les rues en portant la lanterne et en chantant, mais à présent que la lanterne débite des chansons, les enfants se contentent de la rapporter chez eux et d’écouter la musique, le résultat étant que les festivités folkloriques ont cessé d’être.

Les artisans traditionnels d’Égypte continuent à fabriquer des lanternes de Ramadan selon les procédés traditionnels, en particulier celles que l’on suspend dans les rues au début du Ramadan. Afin de sauvegarder la lanterne traditionnelle, nous devrions aider les artisans traditionnels en leur fournissant les principaux matériaux qui leur permettront de fabriquer des lanternes à un prix raisonnable afin de rendre à cet élément culturel ses qualités esthétiques et sa fonction festive.


  1. Efforts de sauvegarde de l’élément et impact de la mise en œuvre du plan de sauvegarde

Il n’existe pas de plan de sauvegarde de la lanterne du Ramadan face aux menaces dont elle est l’objet. Les efforts actuels se limitent à des études qui documentent la lanterne traditionnelle.

Les efforts destinés à sensibiliser le public à la lanterne du Ramadan ne concernent que quelques séminaires et programmes de radio et de télévision qui, tous, appellent au retour de la lanterne traditionnelle et mettent en valeur ses qualités artistiques, tout en dénonçant et en rejetant la lanterne chinoise. Beaucoup d’arguments portent sur la nécessité de soutenir et de renforcer les artisans traditionnels. La question de la lanterne fait l’objet de nombreux débats à l’approche du mois sacré des fêtes du Ramadan. De nombreux séminaires et programmes de radio et de télévision continuent malgré tout à montrer les artisans traditionnels, les procédés de fabrication de la lanterne, ses qualités artistiques, tout en exposant les difficultés que rencontrent ces artisans, telle que l’augmentation du prix des matériaux, etc. Ces efforts pour sauver la lanterne et contribuer à sa sauvegarde n’ont toutefois entraîné aucun résultat positif à ce jour alors que, d’année en année, son utilisation décline et que le nombre d’artisans diminue.

Les propositions envisagées concernent notamment la mise en place de programmes spécifiques pour apporter une aide financière à l’artisanat local et/ou des subventions gouvernementales liées aux matériaux. En outre, il serait extrêmement bénéfique de mettre en œuvre des programmes de promotion afin de transmettre les savoir-faire de génération en génération, non seulement sur le plan du développement économique local mais aussi en ce qui concerne les manifestations festives et la préservation de l’identité traditionnelle locale.


  1. Efforts pour promouvoir ou renforcer l’élément et sa contribution à la sensibilisation au patrimoine culturel immatériel et à son importance.

Ces efforts sont limités à quelques séminaires culturels et à des programmes de radio et de télévision qui appellent au retour de la lanterne traditionnelle tout en mettant en valeur ses qualités esthétiques. De nombreux débats ont lieu pour souligner à quel point il est important de renforcer et de soutenir les artisans traditionnels.

Détails de ces activités, participants, lieux, résultats, etc.:

  • Sur le plan universitaire, des études se sont intéressées à la lanterne, au procédé de fabrication, à leur forme et à leurs qualités artistiques. Citons en particulier:

    • Ali, Safwat Abdel Halim, Ramadan Lantern – Folkloric arts. N° 26, (janvier-février-mars 1989). Pages 129-130.

    • Khairat, Osman, Ramadan Lantern – Folkloric arts. Troisième série, n° 11 (décembre 1969). Pages 33-41.

    • Abbas, Mahmoud El-Sotohy, Folkloric Lantern in Egypt: origin, shape, functions, social role, ways of development and its impact in artistic education/sous la supervision de Saad El-Khadem. Le Caire, 1971. Page 204. Thèse (maîtrise). Université d’Helwan. Institut supérieur des arts, département du design.

    • Centre pour la documentation du patrimoine culturel et naturel. Documentation des savoir-faire et des métiers folkloriques: savoir-faire et métiers au Caire. Volume 1. Le Caire: Centre pour la documentation du patrimoine culturel et naturel. 2009. Page 160 (dont un chapitre sur la lanterne du Ramadan).




  • Programmes de télévision:

    • Programme sur les arts folkloriques – 2e chaîne – l’un des programmes les plus anciens consacrés au patrimoine folklorique égyptien et aux artisans traditionnels.

    • Folklore – TV Nil – émissions portant sur le patrimoine, les coutumes et les traditions.

    • Métiers et arts – TV Nil – émissions portant uniquement sur l’artisanat traditionnel .

    • Ala Al Rababa – Chaîne locale 7 – émission sur le patrimoine folklorique en Haute-Égypte.

    • Samer AL Ganob – Arts folkloriques – Sections de la biographie du prophète Mahommet (PBUH) – Chaîne locale 8 – (programmes consacrés à plusieurs générations de conteurs et de poètes répartis dans l’ensemble de la Haute-Égypte).

  • Programmes de radio:

    • Alf Lela We Lela (Mille et Une Nuits) – Al-Bernameg Al Aam – vieille série diffusée pendant le mois sacré du Ramadan sur les célèbres contes des Mille et Une Nuits.




  1. Participation des communautés, des groupes et des individus à la sauvegarde de l’élément, volonté de ces groupes d’en assurer une sauvegarde continue

Pas de véritable participation des communautés locales et des individus à la sauvegarde de la lanterne du Ramadan.


  1. Organisme(s) compétent(s) impliqué(s) dans sa gestion et/ou sa sauvegarde

A ce jour, aucune autorité n’est associée à la sauvegarde de la lanterne du Ramadan. Seules quelques boutiques qui fabriquent ces lanternes sont impliquées or, leur nombre recule d’année en année. Ce sont elles qui ont saisi le Centre de documentation du patrimoine culturel et naturel (CULTNAT) pour qu’il sollicite l’UNESCO afin que soient adoptées des mesures urgentes de sauvegarde de cet élément culturel. Lorsque l’UNESCO aura donné son approbation, le Centre deviendra l’autorité responsable de la sauvegarde de la lanterne du Ramadan.


  1. Organisation(s) de la communauté ou du groupe concernée(s) par l’élément et sa sauvegarde

Il n’existe pas d’organisation de la communauté ou du groupe concernée par l’élément et sa sauvegarde.
Approuvé par :
Ayman Khoury

Directeur adjoint – CULTNAT

Centre de documentation sur le patrimoine naturel et culturel
Safwat Salem

Secrétaire général, Commission nationale égyptienne pour l’UNESCO

Liste des éléments du patrimoine culturel immatériel en danger

La lanterne du Ramadan

La lanterne du Ramadan figure parmi les éléments du patrimoine associés à la célébration annuelle du mois de Ramadan. De formes et de tailles variées, la lanterne est faite de plaques de verre coloré et de fer blanc. Elle éclaire au moyen d’une bougie placée à l’intérieur ou, dans le cas des lanternes de grande taille, de l’électricité. La lanterne est également liée aux enfants, qui la portent lorsqu’ils défilent dans les rues en chantant des chansons folkloriques à l’occasion du Ramadan. De nos jours, la lanterne sert à décorer et à illuminer les rues pendant les nuits du mois de Ramadan. Cependant, la production périclite et les nouvelles lanternes que l’on utilise désormais sont de forme inaccoutumée, ce sont des lanternes bon marché fabriquées en Chine et dépourvues de toute qualité esthétique.

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