«Géographie historique et culturelle du monde musulman»








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Master 2 CPP, semestre 1 – M. Cariou (Mondialisation)

« Géographie historique et culturelle du monde musulman »

  • Des questionnements connus, une approche géographique :

  • Aujourd’hui : liens géographiques entre expansion Islam et milieu géographique

  • Puis :

    • le fait urbain (villes / urbanisation) dans le monde musulman témoigne-t-il d’une spécificité ?

    • les campagnes du monde musulman sont-elles spécifiques ?

    • l’eau en milieux urbain et rural



  • See Atlas (Dumortier notamment) pour les révisions

Le 07.11.2007 – Séance 1

La signification géographique de l’aire d’extension du monde musulman :

Y a-t-il une spécificité géographique (caractéristiques physiques, humaines) de l’aire musulmane ?

Sommaire :

  1. La première expansion de l’Islam (belliqueuse) : le cœur du monde musulman aride

    1. Le cadre géographique : le domaine aride ?

    2. La première expansion de l’Islam

    3. Une expansion liée au caractère guerrier de l’Islam (nomades et dromadaire)

    4. Conséquence géographique : maîtrise du domaine aride de l’Ancien Monde

  2. La deuxième expansion de l’Islam (pacifique) : un élargissement par le commerce

    1. Un Islam marchand (routes terrestres et maritimes)

    2. L’Islam africain ou Islam noir

    3. L’Islam malais (Asie du Sud-Est, Indonésie)

    4. L’Islam centrasiatique (Turco-Mongols)

    5. L’Islam du sous-continent indien

  3. La troisième expansion de l’Islam : les diasporas musulmanes à travers le monde



  • De nombreux islamologues et géographes ont écrit : « l’Islam, c’est le désert ». C’est vrai, coïncidence entre Islam et milieu aride, mais bien évidemment insuffisant pour comprendre l’aire d’extension du monde musulman.



  • L’extension de l’Islam est un phénomène historique (plusieurs étapes) ; mais aussi des facteurs géographiques → qu’est-ce qui a pu favoriser ou freiner l’expansion de l’Islam ? Sans tomber dans le déterminisme, données physiques importantes (aussi pour expliquer les minorités …).



  1. La première expansion de l’Islam : le cœur du monde musulman aride



  1. Le cadre géographique : le domaine aride ?

Confrontation des cartes du monde musulman et des zones arides dans le monde (1) : forte corrélation (surtout pour foyer historique) entre aires musulmanes et zones aride et extrêmement aride. Exceptions : l’Asie du Sud-Est et en particulier l’Indonésie, alors qu’elle est le 1er Etat musulman du monde, est en plein domaine intertropical humide !

Aire d’extension de l’Islam : de l’Afrique (du Nord) à la Chine. Espace souvent qualifié de « continent intermédiaire », car c’est une espèce de carrefour qui associe l’Extrême-Orient et l’Afrique Noire. Cette grande « diagonale aride » est composée de déserts et de zones steppiques (chauds et froids): du Sahara occidental jusqu’aux déserts de Chine (de Taklamakan et de Gobie), en passant par le plateau anatolien turc (étendue steppique qui se poursuit jusqu’en Mongolie), les déserts du Lut, du Thar (Pakistan), Kara Koum et Kyzyrm ( ??) Koum (Turkménistan).

Remarque aussi : l’Islam est né dans la Péninsule Arabique désertique, entre Médine et La Mecque (mais c’est pas une spécificité musulmane, car c’est le cas du judaïsme, du christianisme et du bouddhisme aussi).

  1. La première expansion de l’Islam : en un siècle après 622, l’Islam a conquis un espace très vaste, de l’Atlantique aux confins chinois (remarque, le mot « conquête » est à mettre entre guillemets). Les pointes extrêmes de l’avancée de l’Islam sont Poitiers (732) et Talas en Orient (bataille de Talas en 751). Un espace résiste aux cavaliers de l’Islam néanmoins : l’Empire byzantin (Anatolie, Grèce) jusqu’au XVème siècle.

Cette expansion de l’Islam représente un bouleversement considérable de la géographie mondiale.

Les raisons d’une expansion si rapide ?

    • Les historiens ont bien souligné les faiblesses de l’Occident chrétien, dans une phase de déclin après le déclin de l’Empire romain et les invasions barbares, d’où facile emprise de l’Islam. L’Empire byzantin était lui affaibli par ses incessants combats avec l’Empire perse (grande diversité de religion avant qu’il ne devienne musulman), si bien que les cavaliers musulmans progressent très rapidement sur le plateau iranien et en font la conquête.

    • Supériorité militaire, qui fait des miracles particulièrement dans les domaines désertiques et steppiques.



  1. Une expansion liée au caractère guerrier de l’Islam

L’Islam est né dans les oasis et dans le cadre urbain des cités caravanières de l’Arabie : il est né de la volonté des marchands (rigoristes) des cités du plateau du Hedjaz qui vivent du commerce caravanier entre le Sud de la Péninsule Arabique (encens, myrrhe, grains, parfums) et le Croissant Fertile.

Mais si l’Islam est né en milieu urbain du fait des marchands du Hedjaz, son expansion est le fait des nomades, dans le désert arabique.

Dans cette région, deux mondes (sédentaires / nomades) se superposent et souvent sont en conflits (antagonismes économiques, oppositions culturelles).

Comment vivent les tribus nomades au VIIème siècle ? (ère de l’Hégire) Quelles sont les raisons de leur expansion ? (facteurs liés au genre de vie + démographie)

    • La réponse des hommes au caractère aride du milieu est la mobilité : se déplacer pour trouver des ressources, celles des pâturages (élevage d’ovins – moutons, chèvres – et de dromadaires). Ces déplacements sur de très longues distances (grandes migrations, jusqu’à mille kilomètres) se font grâce au dromadaire (animal à une bosse qui vit dans un domaine biogéographique chaud), qui confère aux nomades une capacité d’expansion extraordinaire (résistance à l’absence d’eau et à la longueur des déplacements, poils, etc).

    • Le dromadaire a aussi un rôle dans la guerre. En effet, les sociétés nomades n’adaptent pas le milieu ; ce sont elles qui s’adaptent aux ressources du milieu ; dès lors, si le milieu est déséquilibré (longue période de sécheresse), les populations le sont aussi (famine, mortalité) = précarité. Une des solutions face à cette précarité, ce sont les rezzous = des raids pour aller voler chez les tribus voisines ou les cités caravanières (voire les caravanes elles-mêmes), pour s’enrichir mais avant tout pour survivre (céréales, butin). Donc les tribus sont toujours en querelle entre elles (rezzous et vendettas) : sociétés claniques marquées par une instabilité politique et sociale permanente.

    • La capacité d’expansion des tribus nomades est également liée au cheval, ménagé (car pas monté) et utilisé au dernier moment (galops d’attaque).

    • Autre facteur : leur vitalité démographique, liée à la salubrité de la vie nomade (à l’abri des épidémies, etc). Le trop-plein démographique pousse les populations nomades à conquérir d’autres espaces.

Motivations de l’expansion :

    • Motifs économiques : la guerre sainte proposée par l’Islam propose aux nomades de conquérir de nouveaux espaces (nouvelles ressources et butins fructueux).

    • Motifs politiques : le successeur de Mahomet a engagé les nomades dans la guerre sainte en pensant les éloigner de l’Arabie, la pacifiant (plus de conflits tribaux et de razzias dans les cités caravanières).

    • Motifs religieux bien évidemment (volonté de l’Islam de devenir une religion universelle).



  1. Conséquences géographiques : maîtrise du domaine aride de l’Ancien monde

Les tribus nomades ont donc été le vecteur de l’expansion de l’Islam. Pourquoi / comment ont-elles été contrôlées par les sédentaires ? Ces derniers ont offert aux nomades une nouvelle idéologie, une nouvelle place dans la société (davantage de reconnaissance – remarque : encore aujourd’hui, sont considérés comme des musulmans « de seconde classe », accusés de syncrétisme …).

Les cavaliers d’Allah, anciens nomades, se déplacent très facilement dans un monde aride dont ils maîtrisent tous les paramètres. Par contre, cette progression rapide s’arrête lorsqu’ils changent de milieu bioclimatique.

    • Facteur technique : leur expansion reposant sur le dromadaire, elle est freinée voire empêchée en dehors du domaine aride, car le dromadaire ne résiste pas aux autres milieux bioclimatiques (où il dépérit car les ressources végétales sont différentes et le climat plus chaud et/ou humide). Exemples de « barrières » bioclimatiques à l’expansion musulmane : bords de la Caspienne (boisés), Sahel (maladie du sommeil).

    • Facteur humain : problème dans les espaces plus humides où les densités humaines sont plus importantes lorsque les nomades se déplacent en groupes tribaux de 5000 à 20 000 individus. Exemple : en Andalousie pas de problème ; par contre vers le Nord (→ Catalogne) difficultés et pas d’implantation durable.

    • Facteur psychologique : paysage différent > perception de l’espace perturbée (péjorative), perçu comme une menace en lui-même = sentiment d’insécurité. Ainsi, dans les espaces boisés, la vue n’est pas dégagée = on ne peut pas voir les ennemis arriver ni faire paître les animaux sans risquer de les perdre …. Les montagnes (elles aussi boisées en général) ont pu constituer des obstacles dans l’expansion de l’Islam.



  1. La deuxième expansion de l’Islam (pacifique) : un élargissement par le commerce



  1. Un Islam marchand (l’Islam « de seconde expansion »)

Cette seconde expansion de l’Islam, qui a lieu entre le Xème et le XVème siècle, se fait par le contrôle des routes maritimes (lire L’Islam de Dakar à Jakarta) : période d’apogée du monde musulman, liée à un rayonnement culturel et commercial. En effet, le monde musulman est le seul à faire circuler l’or et les esclaves du Soudan, la soie et les épices de l’Extrême-Orient, l’ivoire et l’ébène de l’Afrique noire … Le monde musulman devient donc un espace carrefour qui permet un échange entre Europe/Extrême-Orient/Méditerranée/Afrique, un espace de transit à la fois terrestre et maritime.

L’expansion de l’Islam permet donc la multiplication des routes à la fois terrestres et maritimes. Elle donne naissance à toute une société commerçante : dans les ports, sur les routes commerciales (route de la soie ; route des épices et porcelaines ; route des esclaves transsaharienne ; route de l’ébène et de l’ivoire), les pistes et cités caravanières.

→ voir carte « Les routes de la soie » (2)

Comment progresse l’Islam dans ces espaces liés au commerce ?

    • Par le biais des commerçants musulmans s’installent dans les ports et cités commerçants et le long des routes.

    • Mais aussi par la conversion de populations autochtones. En effet, l’Islam marchand sert de ciment à une nouvelle société / sociabilité / identité commune, marchande ; un ciment entre marchands et populations autochtones : on prie un même Dieu, on vit selon le même calendrier, on fait du commerce selon des références juridiques musulmanes communes, quelque soit le lieu où l’on se trouve. Si on adhère à l’Islam, on fait partie d’un réseau social, une même communauté, avec des références économiques, religieuses, sociales, juridiques communes. Cela peut être le moyen pour les populations autochtones de s’émanciper de sociétés locales à l’emprise très forte. C’est le cas notamment en Indonésie, où l’Islam propose une réalisation de l’individu par le biais du commerce (forme d’émancipation liée à l’émergence d’une société commerçante et bourgeoise), en rupture avec la société locale collective et coutumière.



  1. L’Islam africain ou l’Islam noir (voir carte 3)

L’Islam, dans sa progression vers le Sud en Afrique, semble contenu par le domaine sahélien = zone biogéographique de contact entre le Sahel (steppe) et le domaine soudanien (savane arborée voire forêt claire). De plus, dans ce domaine soudanien, on a des sociétés largement animistes et farouchement attachées à leurs valeurs traditionnelles (comme le culte des ancêtres). Remarque : « Sahel » = mot arabe qui signifie « rivage ».

L’Islam progresse dans l’espace saharien par le biais de cités caravanières où commerçaient des musulmans. Diffusion langue, littérature, savoir-faire techniques (irrigation), architecture. Populations autochtones se convertissent, mais très peu les populations agricoles.

On y observe au XIXème siècle un renouveau de l’Islam par les groupes tribaux de pasteurs autochtones (Peuls) qui voient dans l’Islam un facteur d’unification et de libération face aux sédentaires, vus comme des souverains et des païens. Cet Islam connaît un certain échec car il est extrêmement fractionné en une multitude de « sectes », en querelle permanente sur les doctrines religieuses, et car son élan est brisé par la colonisation.

On retrouve cette fraction religieuse de nos jours dans cette zone sahélo-soudanienne, d’ailleurs à l’origine de nombreux conflits civils. On a des Etats où le Nord est musulman et le Sud chrétien : Nigéria, Tchad, Soudan, Côte d’Ivoire (un pays littéralement coupé en deux entre un Nord animé par des mouvements militants islamistes et un Sud animé par des courants protestants – pentecôtistes – proches du Président Laurent Gbagbo). On ne parle pas de guerres de religion, car ce sont avant tout des crises économiques qui sont à l’origine de ces conflits, mais cette opposition religieuse est sous-jacente à tous les conflits.

Le 21.11.2007 – Séance 2

Afrique de l’Ouest : division entre le Nord musulman et le Sud chrétien.

Afrique orientale (Tanzanie, Kenya, Somalie, Burundi, Rwanda …) = un espace en grande partie acquis à l’Islam, depuis plus d’un millénaire. En effet, des populations musulmanes ont migré sur les côtes d’Afrique orientale pour des raisons commerciales = implantation de comptoirs, notamment pour la traite des esclaves destinés à alimenter les marchés du Proche et du Moyen Orients, qui a duré plus de dix siècles, jusqu’au XXème siècle (mais aussi commerce d’ivoire, de bois précieux comme l’ébène …). Remarque : l’Arabie Saoudite n’a aboli l’esclavage qu’en 1964, et la Mauritanie en 1980 !!

A partir de ces implantations commerciales, ces populations vont progressivement diffuser l’Islam dans les terres d’Afrique orientale. > Naissance de civilisations musulmanes spécifiques, comme la civilisation Swahili = une culture mixte → un code juridique et social inspiré de l’Islam, une langue métissée entre langues bantous (= africaines) et langue arabe (tjrs officielle et parlée en Tanzanie notamment, au même titre que l’anglais et les langues africaines), la langue du commerce.

Cet espace entretient des liens très étroits avec la Péninsule arabique depuis plusieurs siècles, jusqu’à aujourd’hui une implantation des mouvements extrémistes islamistes sur ces côtes africaines orientales.

  1. L’Islam malais

Remarque : Le premier pays musulman du monde en nombre de pratiquants est un pays non-arabe : l’Indonésie (170 M de musulmans). Ensuite viennent l’Inde, le Pakistan … Donc on assimile à tort les pays arabes aux pays musulmans !! L’Islam est majoritaire en Asie du Sud-Est : c’est ce qu’on appelle l’Islam malais.

Comment expliquer la présence dans cette partie du globe des plus grandes communautés musulmanes au monde ?

→ Dès le Xème siècle, l’Islam se répand sur l’ensemble des côtes de l’Océan Indien à travers le commerce (entre Orient et Occident). L’expansion de cet Islam s’explique par le fait que le monde musulman à cette époque là (Péninsule arabique, Proche et Moyen Orients) est un espace charnière entre Orient et Occident ; donc le commerce se fait par les routes terrestres et maritimes. Jusqu’au XVIème siècle, l’Océan appartient à l’Islam ! (exclusivité circulation et commerce)

→ Peu à peu, les populations autochtones vont se convertir, alors que l’Islam apporte avec lui un nouveau contexte social et économique (c’est un réseau de solidarité, une certaine homogénéité de la société (notamment commerciale) et des règles morales et juridiques). C’est ainsi que naissent les principales principautés musulmanes, sur les littoraux indiens et en Indonésie (touchée à partir du XIIIème siècle). Mais c’est aux XVème-XVIème siècles que se développent véritablement l’Islam et les principautés musulmanes sur ces côtes, en lien notamment avec le commerce des épices, des côtes de l’Afrique orientale aux côtes indonésiennes.

→ Un autre facteur ayant favorisé l’expansion de l’Islam = les vents de mousson, qui alternent régulièrement, saisonnièrement, et qui permettent ainsi aux voiliers d’atteindre sans difficulté les côtes de l’Océan Indien en été (jusqu’en Chine) et la Péninsule Arabique voire les côtes africaines orientales en hiver. Dès lors, les vents facilitent le commerce = l’expansion de l’Islam. Donc pendant longtemps, les commerçants européens ont dépendu de ces vents (à Venise, Gênes, etc), puisque monopole des marins musulmans. Ce monopole va voler en éclat au XVIème siècle lorsque les Portugais ont découvert la route menant aux Indes (Vasco de Gama), qui vont fonder des comptoirs en Inde et briser l’unité de l’Islam.

Les Indiens ont été un relais privilégié dans la diffusion de l’Islam, puisqu’ils étaient eux-mêmes commerçants, donc une fois islamisés par les commerçants arabes, ils ont propagé eux-mêmes l’Islam en Indonésie lors de leurs voyages commerciaux (c’est ce qu’on appelle l’indianisation de l’Asie du Sud-Est).

  1. L’Islam centrasiatique (majoritairement sunnite)

Il inclut l’Iran, les ex-républiques soviétiques aujourd’hui indépendantes (Ouzbékistan, Afghanistan, Turkménistan, Tadjikistan, …) et les provinces chinoises du Xinjiang et du Gandsu. Il correspond à une pénétration terrestre de l’Islam. Comment ?

Expansion pacifique d’un Islam sunnite à partir de l’Iran, alors que les musulmans étaient numériquement plus faibles, car les Iraniens ont adopté l’Islam très facilement. Remarque : ce n’est qu’après que s’est développé le chiisme, lorsque les empereurs iraniens (dynastie des Safavides) ont décidé de l’adopter comme un moyen politique de se différencier du califat (= Islam sunnite traditionnel). Donc l’Islam qui s’est répandu pacifiquement de l’Iran jusqu’en Chine par le commerce (route de la soie : Téhéran, Boukhara, Samarkand …) est sunnite.

Les Empires ont très rapidement adopté l’Islam = les élites lettrées, puis les populations autochtones. C’est un Islam très tolérant, moins codifié et très philosophique, avec l’action des confréries soufies.

Pendant longtemps, cet Islam a été combattu par des régimes communistes athées (URSS, Chine de Mao) > un Islam privé, pratiqué de façon cachée. Aujourd’hui, même si la Chine reste un Etat très contrôlé, les musulmans sont moins persécutés > renouveau de l’Islam dans ces régions. Remarque : officiellement en Chine, 30 M de musulmans.

  1. L’Islam du sous-continent indien

Sous-continent indien = Inde (plus de 100 M de musulmans), Pakistan (environ 120 M de musulmans), Bangladesh, éventuellement l’Afghanistan aussi.

→ Dans cet espace, un autre type de propagation de l’Islam, du fait des peuples turco-mongols* (venant de la région au Nord de la Mongolie et au Sud de la Sibérie), par le biais des invasions. Ces populations sont à l’origine de tradition chamaniste (foi dans les forces de la nature …) ; en envahissant l’Asie centrale, elles adoptent l’Islam comme religion majeure, au contact notamment des populations iraniennes islamisées, parce qu’elles y voient une nouvelle forme de sociabilité, d’érudition (car le savoir scientifique se diffuse à cette époque en langue arabe, avec un lien important avec la religion), etc. Or ces Turco-mongols sont de grands conquérants (politiques) : ils arrivent dans le sous-continent indien par le Nord (Kaboul …), apportant avec eux l’Islam. Ils fondent alors des Etats particulièrement puissants dans le Nord de l’Inde (comme l’Empire Moghol, qui a régné du XVème au XVIIIème siècle sur tout le sous-continent indien, et a été très brillant et prospère économiquement et culturellement → Taj Mahal).

[* on parle de peuples turco-mongols pour des raisons linguistiques essentiellement, mais aussi parce qu’ils partagent le même genre de vie = pasteurs nomades venant d’un même milieu, et tous chamanistes à l’origine]

En Inde, l’Islam se répand progressivement par conversion (hindous à l’origine), depuis les élites. Les Etats sont tolérants à l’égard des autres religions, donc expansion pacifique. Remarque : la langue d’expansion de l’Islam dans cet espace n’est pas l’arabe mais le persan, car les Turco-mongols l’ont adopté au contact des populations iraniennes.

Expansion selon l’axe des grandes vallées = axes d’invasion : l’Indus, le Gange …

> Musulmans dans le sous-continent indien soit sur les côtes (commerce), soit plus tard dans les vallées du nord-ouest, de l’Indus et du Ganga (invasions turco-mongoles).

= répartition très inégale entre hindouistes et musulmans, avec très fortes minorités voire majorités hindous entre ces deux espaces

= à l’origine de la partition de l’ancien Empire britannique des Indes (ex- Inde, Pakistan et Bangladesh), alors qu’aux XIXème-XXème siècles se développe d’un Islam politique à partir des élites, qui séduit une part importante des basses couches sociales (car discours égalitaristes, de solidarité). La création du Pakistan (120 M de musulmans) s’est donc faite sur une base religieuse, et non politique ! Remarque : nom « Pakistan » → P pour Pundjab, A pour Afghanistan, K pour Kashmir, et « istan » pour le Baloutchistan !!! Toujours aujourd’hui des relations tendues, avec destructions de mosquées, etc …

Aujourd’hui en Inde, les musulmans représentent 13% de la population (140 M) !!

  1. La troisième expansion de l’Islam : les diasporas musulmanes à travers le monde

Ces diasporas correspondent à des migrations de travail, issues essentiellement du Maghreb (en France, on estime la population musulmane à 5 M), de Turquie (Allemagne) et du sous-continent indien (GB)  les Trente Glorieuses ont poussé les pays occidentaux à aller chercher de la main d’œuvre dans les anciennes colonies notamment, de façon provisoire à l’origine.

On a vu que pour comprendre la situation actuelle, il est indispensable d’avoir recours à la géographie historique, qui permet de comprendre les rivalités, la diversité culturelle, etc.

Quelle unité pour le monde musulman ?

  • L’expression « monde musulman » caractérise des sociétés qui se rapportent à la religion musulmane, l’Islam, et la culture qui en est issue (codes juridiques, règles sociales, sociabilité …) → le monde musulman relève donc d’une forte dimension culturelle (religion, culture, art, référents historiques …), qui constitue un ciment unificateur.



  • Pour autant, le monde musulman n’est pas monolithique : il comporte d’importantes minorités religieuses ; certaines sont musulmanes, comme les Chiites dans certains Etats ; les autres non-musulmanes : minorités hindous, chrétiennes … Or dans les médias, la tête des étudiants, mais aussi les discours des hommes politiques arabes, il semble inconcevable qu’il existe des arabes chrétiens ! On parle d’une civilisation arabo-musulmane, mais c’est un abus de langage. Le monde musulman comporte également des entités ethnolinguistiques spécifiques qui représentent un autre facteur de diversité culturelle : la langue arabe n’est pas la seule langue du monde musulman, bien qu’elle soit la langue du Coran.



  • Cette diversité se traduit sur le plan politique par une balkanisation de l’espace (= division du monde musulman en une multitude d’Etats), sur la base d’Etats souvent en conflit entre eux et/ou avec leur propre population (ex : Irak).

Sommaire :

  1. L’Islam unit dans la diversité

    1. L’Islam, un ciment culturel

    2. La diversité religieuse

    3. Xxx

    4. Xxx

  2. Xxx

    1. Xxx

    2. Xxx

    3. Xxx

    4. xxx



  1. L’Islam unit dans la diversité



  1. L’Islam, un ciment culturel

En effet, l’Islam marque les sociétés et rythme le temps, car il n’est pas seulement une religion, mais aussi un système juridique et social (le profane et le sacré s’interpénètrent, ce qui n’est pas le cas pour le christianisme).

L’année est rythmée par le temps religieux/sacré, qui est le même pour l’ensemble du monde musulman (ex : l’Aid el Fitr, qui marque la fin du Ramadan). Dans beaucoup de pays musulmans, on a un double calendrier : laïc international (le calendrier grégorien, solaire) et musulman (le calendrier hégirien, lunaire).

→ De plus, les bases de l’Islam ne sont nulle part remises en cause = les 5 piliers de l’Islam (les 5 prières quotidiennes, l’aumône, le pèlerinage, la profession de foi, le jeûne du Ramadan).

L’Islam marque aussi l’espace, le territoire, profondément transformé par le sacré :

    • La mosquée est souvent la première construction, avant même les maisons souvent (voir les quartiers d’habitation spontanés).

    • Ségrégations spatiales à l’échelle des villes, rues, quartiers, maisons … (sexuelle notamment)

    • Le foncier est également réglé par la juridiction musulmane : possession et répartition des terres, etc.

L’Islam aspire ainsi à régler, contrôler l’ensemble de la vie du croyant, de la vie sociale.

  1. La diversité religieuse

Les minorités musulmanes : l’Islam n’a pas conservé son unité primitive. Si les 5 piliers de l’Islam ne sont pas remis en causes, en revanche l’Islam fait l’objet de multiples divisions selon des propos concernant l’orthodoxie, notamment en ce qui concerne l’autorité souvent contestée du chef spirituel de l’Islam, notamment du Calife (l’héritier de Mahomet, l’envoyé de Dieu) = on ne remet pas en cause la théologie, le discours religieux, mais l’héritage temporel, le chef qui dirige la communauté des croyants. Ces divisions ont commencé dès la mort de Mahomet.

    • Les Sunnites représentent plus de 80% des musulmans du monde : ils représentent les orthodoxes. Ils reconnaissent l’autorité du Calife, comme chef de la communauté des croyants, représentant du prophète et dépositaire des lois islamiques. L’enjeu est donc à la fois spirituel et politique ! Alors aujourd’hui, il n’y a plus de Calife / de califat, car il a été aboli par Atatürk en 1924 (fin Empire ottoman, naissance Turquie moderne) ; car attention, le califat était turc depuis le XIIème siècle !! Dès lors, aujourd’hui ce sont les savants en matière de religion (les oulémas) rattachés à de grandes universités théologiques islamiques qui déterminent les orientations politico-religieuses du monde sunnite, par l’intermédiaire des fatwas (= décrets religieux ; ex : fatwas de Al Azhar, la mosquée / université du Caire, dont le rayonnement est extrêmement important).

    • Ce monde sunnite n’est lui-même pas homogène : on distingue différents rites, qui ne remettent pas en cause les piliers de l’Islam mais représentent différentes écoles juridiques  interprétations différentes du Coran en terme de justice. Les 4 rites : malékisme (Afrique du Nord) ; hanafisme qui laisse une plus grande place à la gestion individuelle de la foi (Turquie, Pakistan, Inde, Chine) ; chafiisme qui se fonde sur le consensus de la communauté des croyants tout entière = décision collective (côtes et îles de l’Océan indien, monde indonésien) ; hanbalisme qui est nourri par une religion puritaine, à la source des tentatives de purification de la foi comme le wahhabisme (Arabie Saoudite). Donc réactions très différentes face aux fatwas !!





  1. Xxx





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