I- l'histoire de la corse a de l'antiquité grecque au xviii° siècle b du xix° siècle à nos jours II








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PANICALI Anne Laure Territoires Périphériques

MASTER ATDL

LA CORSE :

Histoire, Culture, et Économie





année universitaire 2009-2010

INTRODUCTION

Source d'inspiration de nombreux artistes comme l'auteur Prosper Mérimée (Mateo Falcone, Colomba) ou encore Alphonse Daudet (Le phare des sanguinaires) , la Corse rayonne par de là son territoire.

Elle est connue sous différents noms : île de beauté, kalistée (la plus belle), Cyrnos (la boisée). Elle est située au sud est de la côte d'azur, à l'ouest de la Toscane et au nord de la Sardaigne ce qui lui confère une position stratégique dans le bassin méditerranéen expliquant les nombreuses occupations qu'elle a connu. L'île est avant tout un site naturel exceptionnel. En effet, on peut considérer que la corse est une montagne dans la mer car il y a plus de 1600 sommets de plus de 1100 mètres d'altitude. L'île présente une grande diversité de paysages : golfes, vallées, plateaux et massifs avec de rapides changements d'altitude faisant varier le climat et les végétations. Le climat et les variétés de paysages sont donc les atouts de l'île lui permettant de développer une activité touristique. L'activité touristique étant la première ressource financière lui rapportant un milliard d'euros de chiffre d'affaires.
Au plan institutionnel, la corse est une région administrative française composée de deux départements : la Corse du Sud ayant pour préfecture la ville d'Ajaccio, également chef lieu et la Haute Corse qui a pour chef lieu Bastia.

A la suite de revendications nationalistes, parfois violentes , elle devient une collectivité territoriale à statut particulier instituée par la loi du 13 mai 1991. La corse est ainsi dotée d'une organisation institutionnelle originale, unique en France métropolitaine. Ce statut particulier doit favoriser l'expression du débat politique dans le cadre d'une démocratie locale rénovée et permettre la recherche de solutions adaptées aux problèmes insulaires à travers l'octroi de compétences étendues en matière d'identité et de développement.
L'île a développé une culture corse liée à son histoire, résumée par l'expression souvent utilisée par les insulaires « toujours conquise jamais soumise » et à son insularité développant l'idée d'une identité corse. Identité corse construite par l'histoire de l'île et du peuple (I) et se traduisant par un particularisme (II) et une économie locale spécifique (III).

SOMMAIRE


I- L'histoire de la corse

A) De l'antiquité grecque au XVIII° siècle

B) Du XIX° siècle à nos jours


II- Le particularisme corse

A) Une culture

B) Un cadre naturel protégé

III- L'économie locale

A) La période de dépérissement

B) Un renouveau économique

C) La situation économique actuelle

I- L'histoire de la Corse
La corse possède une histoire abondante liée par sa position dans le bassin méditerranée. En effet, elle a fait l'objet de nombreuses convoitises par les puissances thalassocratiques.


A) De l'antiquité grecque au XVIII° siècle

C'est par un acte de colonisation extérieure que la corse est entrée dans l'histoire. En effet, les hellènes de Grèce fuyant les perses sont venus établir le comptoir d'Alalia. Elle présentait une position stratégique dans les voies maritimes notamment pour le commerce. Elle connaît la domination grecque, étrusque puis carthaginoise. À cette époque, sur l'île était présent les « corsi » qui vivaient retrancher dans les montagnes et avaient un sentiment de défiance vis à vis du port. Ils restent moins connu que les colons. Puis la corse passe sous l'influence des romains mais on ne parlera plus de colons mais de conquérants. L'île connaîtra neuf siècle de présence romaine laissant une influence profonde sur le long terme. Lors du II° siècle et du I° siècle avant Jésus Christ les corses combattirent les romains puis pendant la pax romana les romains diffusèrent la christianisation dans les villes et sur le littoral. Cependant, la domination romaine n'a pas apporté sur le territoire autant d'apports que la domination grecque.

Sous le moyen âge, la corse a été sous l'influence des Vandales, des byzantins, les Goths, les lombards. Le pape Grégoire le grand lance une évangélisation sur l'île par peur du paganisme en lançant la construction de nombreuses églises et couvents. Ce mouvement sera interrompu au VIII° jusqu'au IX° par les sarrasins et la population se repli vers la montagne donc les sarrasins resteront sur le littoral. Elle continue de faire l'objet de convoitise pour sa position stratégique dans l'activité commerciale de la part de Pise et de Gênes. C'est Pise la première par des accords avec le pape qui, en 1077, obtiendra la corse et exercera son hégémonie. Ses influences s'exerceront sur l'activité commerciale et sur l'architecture religieuse. Par la suite, la corse sera sous l'emprise de Gênes du XVI° au XVIII° siècles. Leur présence se situe sur le littoral et se matérialise par des fortifications militaires notamment des tours dont on voit encore les vestiges. Ces fortifications servaient de points d'appui pour contenir les corses à l'intérieur et protéger leur conquête des convoitises d'autres puissances extérieures comme les pirates barbaresques. Par sa position stratégique, l'île se trouve mêler aux guerres d'Italie mais Gênes reste le maître de la corse malgré des tentatives françaises. L'influence génoise se traduit par des réalisations matérielles et la création de différentes catégories de population car une classe de notables se développe.


Dans les années 1730-1755, la corse connaît des émeutes populaires liées à des crises de subsistance et des taxes abusives et en décembre 1730 la corse se déclare indépendante. Mais face aux troupes génoises les différents clans corses auront des difficultés à s'imposer cela n'empêche les corses de réitérer une déclaration d'indépendance et d'établir une première constitution corse. En 1738, les français interviennent pour la première fois sur le territoire corse. En 1755, les corses se tournent vers Pascal Paoli, proclamé général de la Nation, qui imposera son autorité face aux différents clans marquant ainsi le début de l'indépendance. Cette même année Pascal Paoli rédige une seconde constitution corse instaurant la séparation des pouvoirs, et le droit des peuples à disposer d'eux mêmes ( principes repris dans les constitutions américaine et française ) . Pascal Paoli va donner une structure étatique à la corse avec des institutions politiques, administratives, judiciaires, et militaires et essaye de contraindre gênes à vendre la corse à la France. Cette tentative de structurer la corse ne survivra pas au traité de Versailles du 15 mai 1768 entre la France et Gênes mais la corse sera vendu à la France. Au printemps 1769, les français vinrent à bout des miliciens corse lors de la bataille de ponte novo. Pascal Paoli s'exilera en Angleterre.

Par le rachat de la France, la corse se trouve couper de son aire culturelle historique mais conservera quelques traits de spécificité dans son organisation politico administrative. La France lance un vaste programme de rénovation économique pour rentabiliser son achat. Les corses se lancent dans des contre la France mais celle-ci n'y voit que du banditisme. C'est le décret du 30 novembre 1789 qui intègre la Corse dans l'empire français. En 1790, Pascal Paoli est de retour d'exil et espère que la révolution française va conduire son peuple vers l'émancipation. Dans l'ombre de Pascal Paoli évolue Napoléon Bonaparte mais se détachera de l'idéologie de Paoli. Sous la Convention, Paoli craint les excès et se détache de l'idéologie des jacobins. Pour lui, la Corse aurait plus à perdre qu'à gagner. Il fait donc appel aux anglais et souhaite que la corse, gouvernement autonome soit placé sous le protectorat de l'Angleterre. En 1796, les troupes françaises reprennent l'île et Paoli s'exile de nouveau et meurt à Londres.

B) Du XIX° siècle à nos jours


Au XIX° siècle, l'île évolue peu. En effet, l'aménagement du territoire et le développement économique de la corse restent limités tandis que le banditisme perdure. Les deux mesures prises pour la corse c'est en 1811 la restauration du département de corse avec comme chef lieu Ajaccio (en 1790 avait été créé le département avec comme chef lieu Bastia) et le 4 août 1858 la langue française devient la langue employée en corse. Lors de la première guerre mondiale, la corse avec 11300 morts fait partie des départements qui, proportionnellement à sa population, ont perdu le plus de vies. Avant 1914, il existait un mouvement revendicatif qui s'est accentué pendant l'entre deux guerres avec le partitu corsu d'azione qui devient en 1927 le partitu corsu autonomistu. L' Italie fasciste fait avorter leur projet car face au danger les corses serrent les rangs et restent fidèles à la France faisant taire leur mécontentement. En novembre 1942, les troupes de l'axe débarque sur l'île et elle sera occupée par italiens. Les corses se lancent dans une lutte armée et la résistance s'organise. En septembre 1943, la corse est le premier département français à se libérer par sa propre initiative avec une résistance composée de soldats italiens, de soldats français et des partisans locaux. La corse sort éprouvée, comme les autres régions françaises, de la Seconde Guerre Mondiale et connaîtra un déclin jusque dans les années 1960.

De 1957 à 1965, la corse voit arriver de nombreux rapatriés d'Algérie, environ 15 000 à 17 000 rapatriés qui s'installent sur les terres cultivables de la plaine d' Aléria. Un malaise se fait percevoir car les agriculteurs rapatriés vont se voir attribuer des prêts à un taux préférentiel par rapport aux agriculteurs corses. Puis ce malaise continue avec en avril 1960 le projet du gouvernement Debré de créer un centre d'expérimentation nucléaires souterraines dans les mines désaffectées de l' Argentella au sud de Calvi. Ces événements conduisent à une radicalisation des revendications qui étaient en premier lieu régionaliste puis autonomiste et enfin nationalistes. A cette période, l'île se trouve dans un état d'isolement et de retards techniques considérables ( peu de routes, difficulté dans la communication avec le continent....). Jusque là non violents les militants corses vont prendre une nouvelle voie. Le 21 août 1975, des militants de l'ARC (action régionaliste corse ) dont le leader est Edmond Simeoni occupent une cave viticole appartenant à un rapatrié accusé d'être mêlé à un scandale financier et de frelater ses vins. La réponse des pouvoirs publics est l'envoi de 1200 gendarmes et CRS et les conséquences seront lourdes : deux gendarmes tués et un militant gravement blessé. Suite à cette affaire d'importantes émeutes éclatent les 23 et 26 août 1975 qui se soldent par l'envoi de blindés sur Bastia. L' État français dissoudra l'ARC mais celle ci sera remplacé par l' UPC ( union du peuple corse). Le 5 mai 1976 se crée le FLNC (front de libération nationale corse), mouvement violent qui réclame la reconnaissance des droits nationaux du peuple corse, le droit à l'autodétermination et un pouvoir populaire démocratique en corse. Désormais, la corse représente un danger pour la république car elle représente une menace pour l'unité du pays.

Avec les lois décentralisatrices du 2 mars et 30 juillet 1982 la corse obtient un statut particulier et la première assemblée de corse sera élue au suffrage universel le 8 août. Le 13 mai 1991, un nouveau statut sur la corse voit le jour, il s'agit du statut Joxe du nom de son initiateur. En effet, Pierre Joxe, ministre de l'Intérieur puis de la Défense, soutenait l'idée d'une spécificité de la corse dans la République. Ce statut crée l'exemplaire unique d'une collectivité territoriale administrative distincte de l' État qui doit prendre en charge les intérêts de la population d'un territoire précis : la collectivité territoriale de corse. Il s'agissait d'implanter des institutions permettant une responsabilité effective des élus locaux afin d'aller plus loin dans le sens de l'autonomie de gestion. En 1992, aux élections territoriales, les nationalistes dépassent 25% des voix et ne renouvelleront jamais un tel score. Le 6 février 1998, le préfet Claude Erignac est abattu à Ajaccio et les soupçons se portent sur Yvan Colonna qui prend la fuite et sera arrêté le 4 juillet 2003 pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste. Il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Ses avocats interjettent appel et il sera condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 22 ans pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme ». Puis, en 1999 se déroule « l'affaire des paillotes ». Une paillote « chez Francis » construite illégalement est incendiée illégalement par les gendarmes du GPS au cours d'une action clandestine sur ordre du préfet Bonnet. En 2000, le premier ministre du moment Lionel Jospin propose un nouveau statut pour la corse connu sous le nom de Mati gnon voté par l' Assemblée Nationale le 4 décembre. Ce statut met en avant le développement et la garantie du respect des spécificités de l'île tout en mettant fin aux violences contestataires qui agitent la corse depuis 30 ans. Ce nouveau statut s'inspire de l'évolution des anciens territoires d'outre-mer : organisation institutionnelle propre et garantie de l'identité et de la culture ont été les axes importants d'une réflexion déjà entamée par la loi de l'orientation de l'outre-mer du 13 décembre 2000. Ce statut fut mal accueilli par la population insulaire. En 2002, une loi du 22 janvier apporte quelques modifications au statut Joxe. Cette nouvelle loi vient élargir les compétences de la collectivité territoriale de corse en lui confiant de nouvelles responsabilités dans des domaines tels la gestion des ports et aéroports, ou la préservation des monuments historiques. Le 6 juillet 2003, par voie référendaire la population marque son refus au projet de collectivité unique et représente un tournant décisif dans l'histoire politique par l 'arrêt des réformes institutionnelles.
Au vue de son histoire et de son insularité, la corse a développé un particularisme qui a permis la construction d'une identité corse et permet de poser la question de l'existence d'un peuple corse même si juridiquement il n'est pas reconnu.

II- Le particularisme corse
Le particularisme se traduit par de nombreuses facettes que l'île possède comme sa culture (langue, emblème, chants ...) ou encore son cadre naturel magnifique.
A) La culture corse
La culture corse se construit à différents niveaux comme tout autre culture. Une culture se base sur des pratiques comme la langue, les us et coutumes qui réunissent une population et la Corse possède ce type d'éléments. En effet, elle a une langue corse, un drapeau, un hymne ainsi qu'un mode de vie corse. La langue corse est une langue issue du bas latin et du Toscan médiéval. Il existe des variétés de langue corse selon où l'on se trouve sur l'île. Par exemple, au nord de la corse la langue est plus influencé par le Toscan alors que dans l'extrême sud la langue reste soumise au bas latin. Du fait de ses origines, il existe une inter compréhension avec les italiens. La langue corse est le véhicule de la culture corse, riche de ses chants, ses polyphonies, ses proverbes et de ses expressions. Elle est l'objet de nombreuses revendications concernant sa protection et son enseignement (enseignement facultatif d'un maximum de 2heures par semaine dans le primaire). La langue corse est considérée par l'UNESCO comme une langue en voie de disparition. De plus, il est estimé que la langue corse est l'une des plus proches du bas latin comme il fut parlé à l'aube du Moyen Age. A l'heure actuelle, la langue corse est codifiée et structurée par l'université de Corte et défendue par de nombreuses associations insulaires. Il existe même un dictionnaire de la langue corse. Elle doit son statut de langue au fait paradoxal que la corse fait partie de la France, ce qui lui vaut d'être séparée des autres dialectes italiens. En Italie, les dialectes régionaux ont le statut officiel de langue seulement dans leur propres régions.

Les corses se réunissent également autour de leur hymne « dio vi salvi regina » qu'ils chantent en corse. Il faut savoir que les chants polyphoniques font également parties de la culture corse car ceux sont des chants dédiés à la corse et à ses beautés. Ces chants sont le reflet des cultes du passé de l'île et certains chants sont de nature nationaliste . Autre élément de la culture corse, la gastronomie. Si la gastronomie fait partie de sa culture corse c'est surtout parce que les ingrédients de base sont tirés des ressources de l'île et de l'économie traditionnelle comme la farine de châtaignes, lait de brebis pour faire le brocciu, le gibier, le vin..... . Cette gastronomie peut être qualifié de cuisine de montagnards même si les produits de la pêche sont également présents. Parmi les spécialités, il faut noter la bière corse à la châtaigne, les vins corses, la charcuterie corse (le prisuttu, la coppa, le lonzu, le figatellu), toutes sortes de fromage (brocciu, la tomme corse...), les miels AOC, les canistrelli (biscuits).

A toutes ces caractéristiques de la culture s'ajoute le drapeau corse, emblème de l'île. Ce drapeau est composé d'une tête de maure sur un fond blanc dont le front est ceint d'une bande de tissu blanc nouée derrière la tête. La signification de la présence de cette tête de maure est encore inexpliquée, les références aux sarrasins tenant plus de la légende. Cependant, l'explication la plus plausible est la suivante: ce ne serait pas les Corses qui auraient créé ce drapeau. En effet, il proviendrait des rois d'Aragon, le Maure symbolisant le guerrier sarrasin battu. Les rois d'Aragon avaient comme emblème quatre têtes de Maure avec le diadème sur les yeux. La signification de la présence de cette tête demeure plus ou moins expliquée. L'hypothèse historique la plus vraisemblable laisse croire que la tête de Maure soit apparue sur le drapeau de l'île au XVIe siècle, à la suite à l'établissement d'une carte créée par Mainaldi Galerati, un géographe d'origine italienne, qui voulut représenter la carte des possessions du roi d'Espagne, Philippe II. Étant donné que la Corse n'avait pas d'emblème officiel à cette époque, Galerati choisit pour l'île de la représenter avec une tête de Maure en raison de sa proximité avec la Sardaigne, dont le drapeau porte quatre têtes de Maure. C’est avec Pascal Paoli que le drapeau à tête de Maure devint l’emblème officiel de la Corse, mais le héros corse releva sur la tête le bandeau qui était placé sur les yeux. On croit que ce geste aurait été interprété comme une manière pour la Corse d'ouvrir les yeux après plusieurs siècles d'obscurantisme et de domination génoise.
Sa culture mise de côté la corse présente un particularisme par son cadre naturel exceptionnel protégé permettant le développement d'une flore et faune abondante.

B) Un cadre naturel protégé
La corse est l'une des seules régions à bénéficier d'un environnement relativement préservé tant sur la terre que sur la mer. Elle possède une grande diversité tant au niveau de la faune que de la flore. Riche de son patrimoine naturel, l'île prend soin de conserver la beauté de ses sites ainsi que la faune présente en développant des parcs marins, des réserves naturelles ainsi qu'un parc naturel régional.
Le parc naturel régional de corse a été créé en 1972 et recouvre aujourd'hui près de 40% de la superficie de l'île. Parmi cette zone protégée faisant partie du patrimoine mondiale de l' UNESCO se trouve la réserve de la scandola. Cet endroit magnifique se trouve à l'ouest de l'île et n'est accessible qu'à pied et peut être visiter en bateau. Elle englobe une grande barrière montagneuse qui sur tout le climat de l'île. Les plus hauts massifs en font parties dont le Monte Cintu au nord est et les aiguilles de Bavella au sud est.

L'ensemble du parc fait l'objet d'un projet de développement fondé sur la préservation et la valorisation du patrimoine naturel et culturel de la corse. Dans ce projet, une large part comprend l'aménagement du territoire et le développement économique rural, social, et culturel respectueux de l'environnement. Le parc appuie également son action sur la sensibilisation en milieu scolaire et sur l'information des visiteurs. Des infrastructures permanentes ont été mises en place à Vizzavona ou à Galeria pour des séjours de nature pédagogique. L’ensemble des artisans du projet mettent un point d’honneur à préserver les sites sensibles comme les lacs d'altitude uniques en leur genre, à œuvrer à la protection des animaux et principalement des mouflons de Corse ainsi qu'à la protection de végétaux extrêmement sensibles. Parmi les espèces représentatives protégées, on compte en plus du mouflon, le gypaète barbu, le balbuzard pêcheur, le lézard de Bédriaga n'habitant que sur cette île, et encore beaucoup d’autres espèces. Une politique de réintroduction de certains animaux fait aussi partie du projet. La tortue Hermann, animal protégé, ainsi que le cerf qui ont disparu par deux fois de l’île font partie de cette réintroduction. Un grand nombre de formations végétales sont rares et quelquefois uniques sur l’île de Beauté. Il y a en effet une forte proportion de végétaux endémiques dont certains sont très fragiles, comme les "pozzines".

Une autre part est consacrée à la sauvegarde de l'architecture traditionnelle rurale et de montagne comme les bergeries, moulins, maisons anciennes ou fromageries. Cela concerne également la mise en valeur des anciens édifices, comme les nombreuses chapelles romanes avec leurs fresques, mais aussi le petit patrimoine bâti et les vestiges archéologiques. Un effort en direction de l'élevage de montagne a aussi été pris en compte par la restauration de bergeries. Ces opérations ont été programmées afin de faire connaître le savoir-faire des artisans mais aussi pour garantir au territoire sa biodiversité et sa qualité, gages d'un développement durable.
Une des actions les plus visibles au profit des villages de l'intérieur est le développement des activités de randonnée. Près de 1500 Km de sentiers ont été balisés et plus de 1350 lits ont été réalisés en gîtes d'étapes ou en refuges sur le parcours des sentiers entre mer et montagne. Deux parcours sont très connus et se distinguent des autres. En premier, c’est le sentier mer et montagne appelé "
Mare e Monti" qui vous fera apprécier le littoral vu d’en haut. Le second, c’est bien sûr le mythique et difficile GR20 qui, par an, fait traverser la montagne corse à 10 000 randonneurs.

La corse est aussi dotée de différentes réserves naturelles:

  • la réserve naturelle des bouches de Bonifacio créée sur initiative du ministère de l'environnement et de la collectivité territoriale de Corse, vise à préserver et valoriser le patrimoine naturel de ce détroit et prolonge le programme d'acquisitions foncières engagé par le conservatoire du littoral et le département de Corse du Sud. Cette réserve des milieux littoraux et marins ainsi que des paysages exceptionnels et regroupe d'autres réserves déjà existantes comme l' archipel des îles Lavezzi, des Cerbicale, des Bruzzi ou des Moines, falaises de Bonifaccio, étangs de Ventilègne

  • la réserve naturelle des Tre Padule Suartone, dernière née en corse, a été créée pour préserver un habitat original : des mares temporaires méditerranéennes. Dissimulées par le maquis et soumises aux caprices du climat, ces mares particulièrement discrètes, occupent moins de 3,5 ha d'un vaste plateau granitique dominant la méditerranée. Véritables réservoirs de biodiversité, elles abritent de nombreuses espèces protégées dont beaucoup sont protégées, menacées, vulnérables ou rares. L'intérêt patrimonial et écologique de ce site est désormais reconnu au plan mondial, cette réserve étant inscrite sur la liste des zones humides d'importance internationale,

  • la réserve naturelle de l'étang de Biguglia créé le 9 août 1994 pour la préservation d'une zone humide corse et son intérêt ornithologique. En effet, de nombreux oiseaux migrateurs s'en servent comme lieu d'étapes mais surtout pour la nidification. Un dixième de la superficie de la réserve est interdit de toute chasse et pêche. Cette réserve possède également une flore aquatique.

  • La réserve naturelle des iles Finocchiarola est la plus petite des réserves naturelles de Corse créée le 29 juin 1987 pour la protection du goëland d'audouin. C'est un petit archipel de trois ilots proche de la côte se situant au nord est du cap corse.

  • La réserve naturelle de la presqu'ile de Scandola créée en 1976 est une réserve naturelle marine et terrestre de France également classée au patrimoine mondial de l'Unesco et fait partie des aires marines protégées de la France. Elle est constituée de structures rocheuses et abritent de nombreux oiseaux marins et des plantes protégées. La partie sous marine de la réserve est classée car elle abrite une biodiversité remarquable. Cette réserve se trouve à l'ouest de la Corse au coeur de la façade du parc naturel régional de Corse, pour partie classé en site Natura 2000 pour la richesse de son patrimoine et la présence d'espèces et d'habitats d'intérêts européens. Cette réserve est gérée par le parc naturel régional.



Le particularisme corse s'exprimant à travers la culture et l'environnement, il est normal que l'économie locale réponde elle aussi à une certaine spécificité.

III - L'économie locale
Concernant l'économie locale corse, elle a connu plusieurs phases depuis le milieu du XIX siècle
A ) Une période de dépérissement
A cette époque, la corse connaît un phénomène de départs massifs des corses notamment liés à des causes socio-économiques autant externes qu'internes. Ce mouvement s'intensifie après la première guerre mondiale avec la révolution des transports qui ébranle l'autarcie de l'ile et le rattachement à la France, puissance coloniale à l'époque ainsi que la crise agricole qui ravage l'ile (vignobles et la concurrence des blés étrangers). Les départs massifs ont pour conséquence une diaspora corse à l'échelle planétaire. En effet il est sorti de corse plus d'habitants qu'il n'en restait. Entre 1920 et 1938 la corse connait le maximum de départs. Puis un changement de mentalité intervient mettant fin à cette immigration massive. Désormais il s'agit surtout d'une immigration de qualité car ce sont les plus diplômés qui quittent l'ile. Il ne s'agit plus d'un départ définitif de l'ile puisque de nombreux corses reviennent pour leurs vacances ou leur retraite. Cet exode a laissé des traces sur la faible population insulaire puisqu'en 1959 la corse comptait 160 000 habitants, le niveau le plus faible qu'elle ait connu.

Au plan agricole il ne s'agit plus qu'une activité de survie alors qu'auparavant l'agriculture jouait un rôle essentiel dans l'économie traditionnelle. En effet, des cultures importantes ont totalement disparu depuis la première guerre mondiale comme les plantes textiles (chanvre et lin) la culture céréalière est également victime de ce phénomène car on passe de 36 % de terres cultivées à 6,8 % C'est l'arboriculture qui a le mieux résisté même si le domaine de la vigne s'est rétracté. Il existe une permanence relative de la châtaigneraie et de l'oliveraie malgré la fermeture des moulins dans l'entre deux guerres et la concurrence de la Tunisie et de l'Afrique noire pour le commerce de l'huile. Le maquis vient remplacer ces zones d'exploitation bénéficiant à l'élevage qui occupe ces espaces en friches. L'exemple de survie le plus rigoureux ce sont les bergers propriétaires de chèvres et de brebis qui alimentaient les grosses usines de Bastia et d'Ajaccio. Malgré cet exemple il existe une réelle décadence de l'agriculture et le déclin de l'élevage.
B ) Un renouveau économique
Le changement s'inscrit dans la conjoncture nationale au moment de la reconstruction d'après guerre. En effet à la demande du conseil général, un inventaire départemental se déroule en 1949. Le constat est que la corse est tributaire de la France continentale dans tous les domaines. Ainsi en 1957 elle va bénéficier d'un programme d'actions particulier qui crée deux sociétés d'économie mixte en vue d'amorcer des objectif prévus. Il s'agit de la société pour la mise en valeur de la corse (SOMIVAC) et la société pour l'équipement touristique de la corse. Un fait conjoncturel s'intègre dans les transformations en les bouleversant : le retour des rapatriés d'Afrique du Nord. En effet la corse accueille 15 000 à 17 000 rapatriés soit 10 % de la population. Le ministère des rapatriés accorde des crédits à la SOMIVAC pour installer une partie des rapatriés dans les nouvelles exploitations créées sur les terres défrichées relançant ainsi l'activité économique. Cette arrivée massive des rapatriés inverse la tendance du dépeuplement car en 13 ans la corse a gagné plus de 50 000 habitants. Cette arrivée de rapatriés a des conséquences sur l'économie agricole de la corse ; en effet, il apparaît des exploitations modernes notamment avec le soutien de la SOMIVAC et avec les prêts à taux préférentiels accordés aux rapatriés par le Crédit agricole permettant cette modernisation. En effet, se développent des techniques agricole peu pratiquées jusque là comme le fertilisation, la mécanisation des exploitations (machines à vendanger) et irrigation.

Concernant l'industrie ce secteur n'a pas connu de transformations équivalentes et est resté modeste et peu dynamique. Seul le secteur du BTP a grossi rapidement il regroupe autant d'actifs que dans l'agriculture. Le tourisme de masse a lui aussi contribué aux métamorphoses de l'ile sous l'impulsion discrète de l'état. Un schéma d'aménagement de 1971 prévoyait la capacité de réception pour un afflux de visiteurs de 1,5 million à 2 millions soutenu par des initiatives privées comme le crédit hôtelier et les investissements des compagnies de transports. Plus tardivement se met un tourisme social avec les villages vacances qui sera financé par la Caisse des dépôts. Ce tourisme donne une vie saisonnière à l'ile qui s'accompagne par l'agrandissement des ports de plaisance développant le secteur tertiaire. En 1970 la corse se détache de la région économique de la Provence côte d'Azur et en 1975 l'ile se scinde en deux départements.


C ) La situation économique actuelle
En terme de PIB/habitant, la corse est classée en dernière position des régions françaises alors qu'elle a bénéficié dans les années 1990 de subventions au titre des aides accordées aux régions en retard de développement, subventions perdues au profit des nouveaux entrants.

La corse garde toujours une image agricole alors que sa population est très urbanisée. En effet, le secteur agricole n'occupe plus qu'une place réduite dans l'économie insulaire. Il représente environ 2% du PIB et 3,6% de la population active avec un chiffre d'affaire de 230 millions d'euros. Mais ce secteur conserve toutefois un rôle important dans la vie sociale avec l'occupation et l'entretien du territoire permettant une prévention en matière d'incendie.

Quant au secteur secondaire, la corse qui avait été exclu du mouvement de la révolution industrielle n'a pas récupéré son retard puisqu'elle reste la région la moins développée du pays. Ce phénomène s'explique par l'absence de ressources naturelles et un développement économique endogène. Cependant, l'artisanat a une place importante dans le tissu économique régional. En 2000, les entreprises artisanales ont généré plus de 433 millions d'euros de valeur ajoutée correspondant à 10% de la création de richesse régionale avec un chiffre d'affaire de 1403 millions d'euros. Dans le secteur de la construction les entreprises artisanales ont une place importante, ce phénomène s'expliquant par l'absence de grosse industrie.

A l'inverse au niveau du secteur tertiaire, la corse est la région française la plus orientée vers les services. En effet, le tertiaire cumule 79% de l'emploi total et 83% de la valeur ajoutée de l'île. Cette tendance s'explique par son potentiel touristique inhérent au patrimoine culturel et environnementale de la région. En effet, le tourisme engendre pour la corse environ un milliard d'euros (hors transport ) soit environ 500 millions d'euros de valeur ajoutée et représente 6% à 12% de l'emploi salarié. Cette prédominance du tertiaire s'explique aussi avec le poids de l'administration publique (35% de l'emploi salarié).

Du point de vue conjoncturel, la situation économique générale de l'île se trouve actuellement en voie d'amélioration. La Corse connaît notamment une démographie d'entreprises plutôt dynamique et un net rattrapage de la moyenne nationale en termes d'emploi. La croissance de la Corse, stable par rapport à celle du continent, devrait connaître dans les années à venir une nette accélération à la faveur de la mise en place progressive du Programme Exceptionnel d'Investissement (PEI), à condition que l'île soit en mesure de résoudre les contraintes d'offre inhérentes à l'étroitesse de son marché intérieur par une ouverture accrue aux échanges extérieurs.


CONCLUSION


A l'heure du débat de l'identité nationale, celle de l'identité corse est reconnue même si juridiquement la notion de peuple corse ne l'est pas. Cette identité corse est avant tout une identité construite au fil du temps et traduite par l'attachement des corses à l'île.

En dehors des corses, l'île a également séduit de nombreux continentaux. La preuve est faite dans certaines œuvres comme celle d'Alphonse Daudet, Le phare des sanguinaires :

« figurez-vous une île rougeâtre et d'aspect farouche; le phare à une pointe, à l'autre une vieille tour génoise où, de mon temps, logeait un aigle. En bas, au bord de l'eau, un lazaret en ruine, envahi de partout par les herbes ; puis, des ravins, des maquis, de grandes roches, quelques chèvres sauvages, de petits chevaux corses gambadant la crinière au vent; enfin là-haut, tout en haut, dans un tourbillon d'oiseaux de mer, la maison du phare, avec sa plate-forme en maçonnerie blanche, où les gardiens se promènent de long en large, la porte verte en ogive, la petite tour de fonte, et au dessus la grosse lanterne à facettes qui flambe au soleil et fait de la lumière même pendant le jour.... voilà l'île des Sanguinaires, comme je l'ai revue cette nuit, en entendant ronfler mes pins. C'était dans cette île enchantée qu'avant d'avoir un moulin j'allais m'enfermer quelquefois, lorsque j'avais besoin de grand air et de solitude. »

BIBLBIOGRAPHIE
OUVRAGES :

  • Corse , auteurs multiples, édition Christine Bonneton

  • Corse des années ardentes, 1939-1976, Paul Silvani, édition Albatros

  • Histoire de la Corse, Pierre Antonetti, édition Robert Laffont



INTERNET :




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