Chapitre 5 – Les grands courants de l’analyse économique depuis le 16e siècle








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II. Les premiers jalons de la pensée libérale : les classiques



A. Le contexte historique : la première révolution industrielle


Au cours de la seconde moitié du XVIIIème siècle, la première révolution industrielle est constituée d’une série d’innovations qui bouleversent les techniques de production. On peut citer l’exemple de la machine à vapeur que James Watt fait breveter en 1769.

La révolution industrielle se traduit alors par une croissance de la production industrielle, en particulier dans les domaines du textile et de la métallurgie. Par exemple, la machine à vapeur élève la productivité lorsqu’elle est utilisée comme moteur pour actionner des machines. Même si c’est difficile à estimer, la production industrielle aurait augmenté d’environ 3% par an au cours de la première moitié du XIXème siècle contre 0,3% par an au début du XVIIIème siècle.

La croissance permise par la révolution industrielle s’accompagne de transformations sociales. Il y a tout d’abord un phénomène d’urbanisation (en 1850, la population urbaine anglaise dépasse la population rurale). Ensuite, avec la mécanisation, le travail en usine se développe et, souvent, se déqualifie. On trouve dans les usines un recours massif au travail des femmes et des enfants, parfois dès l’âge de 5 ans. Les conditions de travail en usine sont très dures avec une durée moyenne de travail quotidienne de 12 à 15h jusqu’en 1860. Les salaires sont faibles.

B. Adam Smith, le « système de liberté naturelle » et la « richesse des nations ».



1. Une rapide biographie


Adam Smith est né en 1723 en Ecosse. Fils d’un douanier mort six mois avant sa naissance, doté d’un physique disgracieux, et bègue : « Rien d’autre n’est beau en moi que mes livres », répétait-il à ses visiteurs quand il était adulte.

Après des études brillantes à Glasgow et Oxford, il obtient à 27 ans la chaire de logique puis de philosophie morale à l’université de Glasgow. Enseignant très apprécié de ses étudiants pour ses thèses libérales (influencées par les philosophes des « Lumières », Voltaire et Hume surtout) et pour son excentricité, il publie en 1759 l’ouvrage qui le rend célèbre : « La théorie des sentiments moraux ». Il y développe l’idée que chacun, dans ses comportements et ses jugements moraux, recherche l’approbation dans le regard des autres, la « sympathie ».

Devenu précepteur du fils d’un homme politique important, il entreprend avec son élève entre 1764 et 1766 un voyage d’initiation en France qui le fait rencontrer des philosophes comme Voltaire, mais surtout François Quesnay, chef de file de l’école physiocrate en économie, dont les idées influenceront fortement son œuvre :

  • la richesse provient du travail et de la terre, et non des métaux précieux ;

  • l’économie repose sur un « ordre naturel » que l’Etat ne doit pas perturber en empêchant le « laissez faire » et le « laisser passer ».

A son retour, Smith se consacre à la rédaction d’un traité d’économie qu’il intitule « Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations » et qui paraît en 1776. Très rapidement traduit dans les principales langues européennes, il est considéré comme le livre fondateur de l’économie comme discipline distincte de la philosophie ou de l’ « art de gouverner ». On lui propose une chaire prestigieuse mais il refuse, demandant un poste de douanier, comme son père, et de porter l’uniforme de son demi-frère, décédé entre temps. On le voit errer dans les rues d’Edimbourg, de plus en plus excentrique, jusqu’à son décès en 1790 à l’âge de soixante-sept ans.

2. Quelle est la « nature » de la richesse ?



Qu’est-ce qui fonde la richesse d’une nation ? A cette question, Adam Smith répond que la richesse d’une nation est constituée de « toutes les choses nécessaires, commodes ou agréables à la vie ». Or, ces « choses » sont obtenues par le biais du travail d’autrui puisqu’un individu ne peut pas fabriquer à lui tout seul toutes ces choses. La richesse d’une nation dépend alors de la capacité qu’ont ses membres à « commander » ces choses, c’est-à-dire à les acquérir auprès des autres. La question posée par Smith devient dès lors de savoir comment mesurer cette capacité des individus à « commander » ces « choses »  pour évaluer le niveau de richesses d’une nation ?

Pour Smith, la réponse tient dans la valeur des biens dont dispose un individu ou une nation qu’il ou elle pourra échanger contre d’autres biens. C’est ce que Smith appelle la « valeur d’échange » d’un bien. Ainsi, la richesse d’une nation repose sur le fait qu’elle puisse échanger les biens qu’elle possède contre des biens qu’elle désire acquérir. Smith précise que cette valeur d’échange d’un bien repose sur la quantité de travail qu’elle permet de commander à travers les nouveaux biens acquis : « la valeur d’une denrée quelconque pour celui qui la possède et qui n’entend pas en user ou la consommer lui-même, mais qui a l’intention de l’échanger pour autre chose, est égale à la quantité de travail que cette denrée le met en état d’acheter ou de commander ». Il en déduit que « le travail est donc la mesure réelle de la valeur échangeable de toute marchandise ». On dit alors que la théorie de Smith est une théorie de la valeur travail « commandé ». Une telle théorie peut surprendre dans la mesure où il serait plus simple d’évaluer les marchandises en monnaie. Smith écarte cependant une telle solution parce qu’il assimile la monnaie aux métaux précieux qui la composent ; ce qui le conduit à considérer que « l’or et l’argent, comme toute autre marchandise, varient dans leur valeur ». Autrement dit, l’or et l’argent indiquent une valeur nominale d’échange alors que ce qui intéresse Smith c’est la valeur réelle des marchandises. Le travail est donc « le seul étalon avec lequel nous pouvons comparer les valeurs de différentes marchandises en tout temps et en tout lieu ».

C’est donc la quantité de travail qui fixe la valeur d’échange des choses et par conséquent la capacité d’une nation à « commander » d’autres choses aux autres nations. Cette conception lui permet de s’opposer aux mercantilistes pour qui la richesse d’une nation repose souvent sur l’accumulation de matériaux précieux (cf le bullionisme). Elle permet également à Smith de s’opposer aux économistes qui justifient la valeur d’échange d’une marchandise par son utilité. C’est la théorie de la valeur-utilité qui est soutenue à l’époque de Smith par Etienne Bonnot de Condillac qui sera reprise par les néo-classiques au XIXème siècle (cf infra). Cette différence de posture peut être illustrée par le paradoxe de l’eau et du diamant de Smith. Commençons par Condillac : pour lu, sur les bords d’un fleuve, l’eau n’a pas une grande valeur parce qu’elle est surabondante, alors que dans un lieu aride, sa rareté lui donne une grande valeur car elle y est beaucoup plus « utile ». Pour Condillac, la valeur d’échange de l’eau est liée à sa valeur d’usage. Plus son utilité est forte, plus sa valeur d’échange l’est également. A l’inverse, pour Smith, valeurs d’échange et d’usage sont rarement liés : un produit peut être très utile, comme l’eau, mais quasi gratuit, alors que d’autres comme le diamant ont une valeur d’échange très élevée mais une valeur d’usage très faible.

La valeur d’échange d’un bien correspond à ce que Smith appelle le « prix naturel ». Or, Smith dit que le « prix de marché » de ce bien sur le marché ne correspond pas toujours à son « prix naturel ». Ce décalage peut provenir d’une divergence entre l’offre disponible d’un bien sur le marché et la quantité demandée que Smith qualifie de « demande effective ». Ainsi :

  • Lorsque l’offre disponible est supérieure à la demande effective sur le marché, le prix de marché se situe en-dessous du prix naturel ;

  • Lorsque l’offre disponible est inférieure à la demande effective sur le marché, le prix de marché se situe au-dessus du prix naturel.

Néanmoins, en situation de marché concurrentiel, le prix de marché retombe au prix naturel, ce qui fait dire à Smith que « le prix naturel est donc, pour ainsi dire, le prix central vers lequel les prix de toutes les marchandises gravitent continuellement ». Par exemple, si le prix de marché d’une marchandise est inférieur au prix naturel, cela peut signifier que le niveau de profit, de salaire ou de rente est trop faible. En conséquence, les travailleurs, employeurs ou propriétaires se retirent du marché. L’offre disponible diminue par rapport à la demande anticipé et le prix de marché se rapproche du prix naturel.

Texte n°1. Valeur et utilité : deux points de vue simultanés mais divergents



3. Quelles sont les « causes » de la richesse des nations ?



a. La division du travail


La division du travail consiste à parcelliser les tâches et à spécialiser les travailleurs, à l’image de la manufacture d’épingles décrite par Smith à partir d’un exemple qui se trouve dans L’Encyclopédie de d’Alembert et Diderot à l’article « Manufacture ». Dans cette manufacture, la production d’épingles est divisée en 18 tâches. Chaque ouvrier est affecté à une ou plusieurs opérations. Cette organisation permet d’obtenir une production quotidienne de 4800 épingles par ouvrier, alors que si chaque ouvrier devait assurer complètement le procédé de fabrication, il en fabriquerait au maximum une vingtaine, voire même aucune.

Les gains de productivité permis par la division du travail s’expliquent de trois manières :

  • la spécialisation de chaque ouvrier dans une tâche lui permet de produire plus efficacement ;

  • la spécialisation permet d’éviter les temps morts que représente le passage d’une tâche à une autre ;

  • cette division favorise l’utilisation de machines qui permettent d’économiser el travail.

Pour Smith, la division du travail est naturelle : elle se retrouve dans toutes les sociétés à cause d’un « penchant naturel » qu’ont les hommes à échanger entre eux du fait de l’état de dépendance dans lequel la nature les place. Un homme ne peut vivre sans l’aide de ses semblables. Ce « penchant naturel » ne vient pas toutefois d’une « quelconque sagesse humaine » ni de la « bienveillance » des individus, mais de l’intérêt personnel à mieux satisfaire ses besoins : chacun n’aide l’autre que s’il y trouve un intérêt.

Présente dans toutes les sociétés humaines, deux facteurs contribuent à ce que la division du travail soit plus approfondie dans certains pays.

  • D’une part, elle nécessite de disposer d’outils pour chaque travailleur et donc d’accumuler du capital. Une épargne préalable est donc nécessaire afin de permettre cette accumulation du capital. Les gains de productivité issus de la division du travail permettent en retour de dégager des profits permettant de financer une nouvelle accumulation du capital.

  • D’autre part, la spécialisation ne permet pas de dégager suffisamment de ressources si les débouchés du produit sont étroits. La division du travail est donc d’autant plus forte que l’extension des marchés est grande, ce qui justifie le libre échange et l’intervention de l’Etat pour construire des infrastructures de transport.


Ainsi, la division du travail, par les gains de productivité qu’elle permet,  augmente les revenus des travailleurs et permet de baisser le prix des marchandises. Les individus peuvent accroître leur consommation de « les choses nécessaires, modes ou agréables à la vie ». Il en résulte une progression de la  « richesse des nations ».

En résumé :

Schéma n°1. Le rôle de la division du travail dans la « richesses des nations »


Division du travail

Habileté plus grande

Réduction des temps morts

Innovations de procédé

Gains de productivité

 des revenus

 des prix

Hausse de la « richesse des nations »
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 de l’épargne et investissement


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Extension des marchés
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b. Le commerce international : la théorie des avantages absolus


Contrairement aux doctrines mercantilistes qui tendent à considérer le commerce international comme un jeu à somme nulle dans lequel les gains des uns sont l’exacte contrepartie des pertes des autres, Smith, plus optimiste, considère qu’il s’agit plutôt d’un jeu à somme positive dans lequel tous les participants peuvent se retrouver gagnants. Pour le dire simplement, la théorie des avantages absolus de Smith suppose qu’un pays a intérêt à se spécialiser dans une production pour laquelle il dispose d’un avantage absolu, c’est-à-dire qu’il utilise moins de capital ou de travail pour assurer un même volume de production par rapport à la concurrence. Il aura donc tendance à exporter dans cette filière de production. En revanche, ce pays a intérêt à importer les produits pour lesquels il a un désavantage. Ce qui fait dire à Smith : « Si un pays étranger peut nous fournir une marchandise à un meilleur marché que nous sommes en état de l'établir nous-même, il vaut mieux que nous lui achetions avec quelque partie de notre industrie, employée dans le genre dans lequel nous avons quelques avantage ».

Smith applique en fait à travers cette théorie le principe de division du travail de la manufacture des épingles au commerce international. L’objectif est le même : augmenter le volume de production de diverses marchandises pour accroître la richesse des nations.

Pour qu’elle soit opérationnelle, cette division internationale du travail doit se faire dans un contexte de libre-échange où les Etats ne restreignent pas les importations et ne subventionnent pas les exportations comme le recommandaient les mercantilistes.
c. L’accumulation du capital


Outre le travail, Smith souligne que l’accumulation du capital est indispensable à l’enrichissement d’une nation.

Pour mieux comprendre cette thèse, il faut préciser que :

  • Smith distingue le « travail » du « capital ». Le capital se subdivise en deux parties : « le capital circulant » qui correspond aux biens qui sont transformés au cours du processus de production et vendus de manière à rapporter un profit ; le « capital fixe » qui concernent les machines qui ne changent pas de forme au cours du procédé de fabrication et qui procurent un revenu sans qu’il soit nécessaire de les vendre. Le travail peut prendre deux formes chez Smith : « le travail productif » qui ajoute de la valeur à un objet et le « travail improductif » qui ne produit pas de valeur. Il prend l’exemple d’un ouvrier fabricant qui accroît la valeur des matières premières qu’il façonne au travail d’un domestique qui ne créé pas de valeur. Pour simplifier, le travail productif concerne pour Smith la production de biens alors que le travail improductif concerne la production de ce qu’on appellerait aujourd’hui des services.

  • Les différents types de revenus : Pour Smith, le prix des marchandises se compose de trois revenus : le salaire, le profit et la rente. S’agissant du taux de salaire tout d’abord, A. Smith considère qu’il existe un antagonisme entre les ouvriers qui « désirent gagner le plus possible » et les capitalistes qui souhaitent « donner le moins qu’ils peuvent ». Il constate que l'affrontement entre ouvriers et capitalistes tourne le plus souvent à l’avantage de ces derniers et que cela a pour effet de maintenir le taux courant des salaires à son niveau le plus bas qui peut ainsi être considéré comme le taux naturel. Ce taux minimum est celui qui doit assurer à l’ouvrier non seulement sa propre subsistance, mais aussi celle de sa famille. Le taux de salaire a tendance à croître à mesure que la richesse nationale s’élève rapidement : « les maîtres qui ont besoin de plus d’ouvriers font des surenchères pour les obtenir ». Alors que l’augmentation des capitaux stimule la hausse des salaires, elle a tendance à faire diminuer le taux de profit. En effet, les nouveaux capitaux ne trouvent à s’investir souvent que dans les opérations les moins rentables car les « premiers » capitaux ont déjà été destinés aux opérations les plus rentables. D’autre part, la mise en œuvre des capitaux additionnels supposent une nouvelle main d’œuvre, donc une hausse du taux de salaire et de fait une réduction des profits. Enfin, la rente qui est « le prix payé pour l’usage de la terre », n’est que le surplus disponible après rémunération du salaire et du profit. L’enrichissement de la nation a tendance à être favorable à une hausse de la rente, entre autres raisons, parce que cet enrichissement se traduit par une hausse des salaires qui entraine une hausse des prix ; or s’il ne faut pas plus de dépenses en travail pour obtenir les produits alimentaires qu’avant la hausse des prix, la rente peut croître.

La rente de la terre et les profits de capitaux permettent à leurs bénéficiaires d’effectuer des dépenses de consommation, de rémunérer les travailleurs improductifs, mais surtout de constituer une épargne. Or, cette dernière possibilité conduit à l’accroissement de la richesse lorsqu’elle utilisée pour mettre en œuvre le travail productif en plus grande abondance qui peut, ainsi, produire davantage de marchandises.
d. Une intervention réduite de l’Etat et la main invisible

De la même manière que Quesnay et les physiocrates, la pensée économique de Smith consacre le libéralisme comme principal vecteur d’enrichissement d’une nation. La pensée libérale chez Smith est si forte qu’il est souvent considéré comme le père fondateur du courant libéral. Ainsi, avec le système libéral que Smith appelle  « système de liberté naturelle », l’Etat n’a que trois devoirs à remplir : la défense, la justice et l’entretien de certains ouvrages et institutions publics qui ne peut être assuré par l’initiative privée.

En dehors de ces trois sur lesquelles nous allons revenir, l’ordre naturel du marché doit prévaloir car « la main invisible » assure la convergence des intérêts privés vers l’intérêt général : à propos d’un individu qui préfère « le succès de l'industrie nationale à celui de l'industrie étrangère », Smith estime qu’ « il ne pense qu'à se donner personnellement une plus grande sûreté ; et en dirigeant cette industrie de manière à ce que son produit ait le plus de valeur possible, il ne pense qu'à son propre gain ; en cela, comme dans beaucoup d'autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n'entre nullement dans ses intentions ; et ce n'est pas toujours ce qu'il y a de plus mal pour la société, que cette fin n'entre pour rien dans ses intentions. Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d'une manière bien plus efficace pour l'intérêt de la société, que s'il avait réellement pour but d'y travaille ». Autrement dit, c’est parce que les individus visent leurs intérêts personnels qu’ils contribuent, sans même que ce soit dans leurs intentions, à l’intérêt de la société. C’est parce qu’ici l’individu souhaite développer son industrie qu’il donne le meilleur de lui-même et ainsi contribue à l’intérêt de la société, par exemple en embauchant davantage, en diminuant le prix des produits pour les consommateurs, etc.

On retrouve cette importance d’un ordre naturel, dans le sens où le marché serait capable de s’autoréguler naturellement, efficacement, et que l’Etat doit laisser faire, dans plusieurs des analyses de Smith que nous venons de voir :

  • Dans la division du travail de la manufacture des épingles, Smith estime bien que les individus ont « un penchant naturel » à échanger entre eux dans le but de satisfaire leur intérêt personnel puisqu’ils ont besoin des les uns des autres ;

  • Dans l’idée même de « prix naturel » autour duquel un « prix de marché » graviterait en permanence à grâce aux ajustements de l’offre et de la demande anticipée. Cette thèse amène Smith à condamner l’attribution d’un monopole à producteur car le prix de marché serait nettement supérieur au prix naturel. C’est en ce sens que Smith dénonce par exemple les privilèges accordés aux corporations qui, par le nombre limité de travailleurs, peuvent fixer des tarifs élevés face à une demande plus importante ;

  • Pour le commerce international, Smith rejette, contrairement aux mercantilistes, les restrictions d’importation puisqu’elles reviennent à la même chose que d’accorder un monopole à l’industrie nationale. Or, cette situation s’avère soit inutile, soit nuisible. Si l’industrie nationale est capable de mettre un produit sur le marché à de meilleures conditions que la concurrence étrangère, alors cette disposition est inutile. Si elle ne le peut pas, cette situation est nuisible à l’enrichissement du pays car, en vertu de la théorie des avantages absolus, l’importations depuis un autre pays qui possède un avantage dans cette production permettrait d’augmenter le volume de production.

Même si la pensée économique Smith consacre l’ordre naturel du marché, 1/3 du livre sur la « richesse des nations » parle du rôle de l’Etat. L’action de l’Etat lui paraît alors essentielle sur trois points :

  • assurer la paix intérieure et extérieure, ce qui conduira à qualifier cette conception d’ « Etat gendarme » ;

  • favoriser l’extension des marchés en construisant des infrastructures (ponts…) qui ont des effets bénéfiques sur tous, et en garantissant la stabilité de la monnaie ;

  • lutter contre les effets néfastes de la division du travail, qui peut abêtir les travailleurs et donc nuire à la qualité du travail comme à la morale et à l’implication dans la vie publique, en mettant en place une instruction publique minimale.


C. David Ricardo : un approfondissement de la pensée économique de Smith.



1. Une rapide biographie


David Ricardo naît le 18 avril 1772 à Londres, peu après que sa famille a émigré des Pays-Bas vers l'Angleterre. Troisième enfant d'une fratrie qui en comptera 17, il manifeste une précocité et une indépendance d'esprit exceptionnelles. Dès l'âge de quatorze ans, son père l'initie aux rouages de la finance en le prenant sous sa coupe, à la Bourse de Londres. Mais bientôt, il s'éloigne de sa famille et s'installe comme courtier à son compte. Il a alors 21 ans. Et c'est un peu par hasard, en 1799, alors qu'il prend du repos dans la station de Bath, qu'il commence à se piquer d'économie politique en lisant la « Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations » d'Adam Smith.

Dès lors, il n'aura de cesse d’approfondir ces analyses, en lisant notamment les ouvrages de Jean-Baptiste Say et de Robert Malthus. Ses talents d'agent de change lui permettent de faire fortune et de ne plus se consacrer qu'à l'écriture et à la vie politique (en 1819, il achète un siège au parlement britannique comme pair). Après avoir notamment publié un « Essai sur le haut prix des lingots » (1811), il fait paraître le livre majeur qui le conduira à la postérité : « Des principes de l'économie politique et de l'impôt » (1817).

Ricardo a su mettre au service de ses positions politiques des raisonnements d’une grande rigueur méthodologique, notamment lors de son combat contre les Corn laws, lois protectionnistes sur le blé. Ironie de l'histoire, Ricardo ne parviendra pas, de son vivant, à voir aboutir ses idées : il s'éteint en 1823, mais les Corn laws ne seront abrogées qu'en 1846. Mais son ouvrage de 1817 pose les bases de toute l’analyse classique, dominante jusque dans les années 1870, ainsi que des écrits de Marx.

2. Une théorie de la valeur-travail « incorporé »


David Ricardo reprend la distinction que fait Smith entre la valeur d’échange d’un bien et sa valeur d’usage. Comme lui, il partage l’idée que ce n’est pas l’utilité d’un bien qui détermine sa valeur d’échange. Un bien comme l’eau est fortement utile, pourtant sa valeur d’échange est faible ; à l’inverse des biens peu utiles peuvent avoir une grande valeur d’échange. Pour Ricardo, la valeur d’échange peut provenir de deux sources : la rareté et la quantité de travail nécessaire pour l’obtenir. La première source concerne peu de biens contrairement à la seconde source. On y trouve par exemple les œuvres d’art, les exceptionnels, etc. En fait, la seconde source domine car la plupart des marchandises qui sont échangées ne sont pas rares dans le sens où elles peuvent être multipliées par le travail. David Ricardo parle alors de « biens reproductibles ». Ainsi, la majorité des biens échangés sur le marché sont « reproductibles » et leur valeur d’échange provient de la quantité de travail nécessaire à leur production. Ricardo fait alors le choix de n’étudier que les biens reproductibles et d’écarter de ses analyses les biens non reproductibles dont la valeur d’échange dépend de la rareté.

Ricardo adhère comme Smith à la théorie de la valeur-travail, mais sous un angle différent. Smith défend une théorie de la valeur travail « commandé » alors que Ricardo défend une théorie de la valeur travail « incorporé ». Pour expliquer la différence, reprenons rapidement la théorie de Smith : la valeur d’échange d’un bien repose sur la quantité de travail qu’elle permet de commander à travers les nouveaux biens acquis. Ricardo rejette cette approche, arguant que la valeur travail, influencée par l’évolution de l’offre et de la demande, est variable. Si, par exemple, entre deux périodes, la production d’un bien nécessite toujours la même quantité de travail alors que la rémunération du travail a doublé en raison d’une forte demande de travail, le raisonnement de Smith conduit à conclure que la valeur du bien s’est accrue puisqu’il permettra de commander éventuellement deux fois plus de biens dont la rémunération du travail nécessaire pour cette production reste la même. En ce sens, la quantité de travail qu’on peut acheter (commander) avec une marchandise est instable dans le temps. Pour contourner ce problème, Ricardo considère que seule la quantité de travail incorporée dans un bien est stable dans le temps. En effet, quelle que soit la rémunération du travail nécessaire pour produire le bien, celui est toujours produit avec la même quantité de travail et continue à être échangé dans le même rapport avec les biens dont la production nécessite toujours la même quantité de travail. Il n’y a donc que la quantité de travail incorporé qui peut servir d’étalon de mesure entre différents biens pour Ricardo. Donc, les prix relatifs entre les biens reflètent le rapport entre les quantités de travail nécessaires pour les produire.

Pour Ricardo, une marchandise nécessite évidemment une quantité de travail, mais également du capital. Si la théorie de la valeur-travail incorporé permet de mesurer la valeur de la quantité de travail, comment mesurer celle du capital ? Ricardo répond à cette question en distinguant le travail « direct » du travail « indirect » :

  • Le travail « direct » correspond au travail humain ;

  • Le travail « indirect » concerne le travail humain qui a été nécessaire à la fabrication des outils, des machines et des biens intermédiaires, donc du capital, indispensables à la production d’une marchandise.

Dans toute marchandise, il y a donc une part de travail direct qui émane du travail des hommes, mais également une part de travail indirect, c'est-à-dire celui qui a été nécessaire à la fabrication des outils, des machines et des biens intermédiaires. La valeur d’échange de cette marchandise correspond alors à la somme du travail « direct » et « indirect » incorporé.

3. La répartition et la thèse de l’état stationnaire


Comme chez Smith, la valeur d’échange d’un produit, exprimée en quantité de travail, se décompose en trois parties, qui rémunèrent les trois classes de la société :

  • les salaires, qui permettent de rémunérer le travail ;

  • le profit, qui rémunère les propriétaires du capital ;

  • la rente, qui rémunère les propriétaires de la terre (to rent = louer)


« La rente est cette part du produit de la terre que l’on paie au propriétaire pour l’utilisation des facultés productives originelles et indestructibles du sol ». Le montant de cette rente varie selon le nombre de terres mises en culture et leur niveau de fertilité. Pour Ricardo, l’accroissement de la population signifie que les hommes mettent en culture des terres de moins en moins fertiles puisque les premières terres cultivées par les hommes étaient choisies pour leur fertilité. Ainsi, au fil du temps, ce sont les terres les moins fertiles qui finissent par être cultivées par les hommes. Ce faisant, leur exploitation nécessite une quantité de travail et de capital plus importante pour produire une quantité équivalente à celle obtenue sur les premières terres, les plus fertiles. Il s’agit de la loi des rendements décroissants. La valeur de la tonne de blé sur les marchés (il n’y en a qu’une seule) augmente puisque son prix est déterminé par les conditions de production des terres les moins fertiles. Comme celles-ci se dégradent à mesure que le nombre de terres mises en culture augmente, puisqu’elles nécessitent de plus en plus de travail et de capital, le prix de la tonne de blé ne peut augmenter. On voit ainsi apparaître une rente sur les terres les plus fertiles puisqu’elles permettent de produire à des coûts plus faibles que dans les autres terres, moins fertiles, et que le prix de la tonne de blé augmente. Ricardo qualifie cette rente de différentielle dans la mesure où elle est déterminée par la différence entre la production obtenue sur chaque terre et celle qui est obtenue sur la terre la moins fertile pour la même quantité de travail et de capital.

Ricardo s’inspire de Smith pour distinguer le prix naturel du travail du prix de marché. Il montre alors que le prix naturel du travail a tendance à augmenter avec l’accroissement du niveau de production :

  • « Le prix naturel est celui qui est nécessaire pour permettre globalement aux travailleurs de subsister et de perpétuer leur espèce sans accroissement ni diminution ». Le prix naturel du travail dépend donc du prix de la nourriture nécessaire à l’entretien de la force de travail. Comme les rendements agricoles sont décroissants à mesure que la production s’accroît, le prix des denrées alimentaires s’élève et le prix naturel du travail également ;

  • Le prix du marché du travail dépend quant à lui de l’offre et de la demande de travail. Il fluctue autour du prix naturel. Ainsi, si le prix du marché est supérieur au prix naturel du travail, alors le nombre de travailleurs augmente, ce qui fait diminuer le prix du marché et le rapproche du prix naturel.

Le taux de profit a tendance à diminuer avec l’accroissement du volume de production. Tout d’abord, Ricardo souligne que le taux de profit est unique, c’est-à-dire qu’il est le même de partout quelle que soit la terre cultivée en raison de la mobilité du capital. Si une activité procure passagèrement un profit supérieur aux autres, elle attire les capitaux qui deviennent alors plus abondants, ce qui fait diminuer le taux de profit ; à l’inverse, là où les capitaux sont retirés, le taux de profit augmente. Ensuite, le taux de profit baisse à mesure que le nombre de terres mises en culture s’accroît car le travail coûte de plus en plus cher avec la hausse du prix des denrées alimentaires. Comme le taux de profit est unique, cette baisse concerne l’ensemble des activités. Il en résulte à terme un état stationnaire caractérisé par une absence de croissance. La répartition des revenus se fait alors en faveur des propriétaires terriens et non des propriétaires du capital.

4. Une justification théorique du libre-échange par la théorie des avantages comparatifs



Si Ricardo considère que l’amélioration des machines, les progrès de l’agriculture sont susceptibles de ralentir la tendance de la croissance vers un état stationnaire, il pense également à l’ouverture internationale en raison des avantages comparatifs.

La théorie des avantages comparatifs s’inscrit dans le prolongement de la théorie des avantages absolus d’Adam Smith. Dans « De la richesse des nations » (1776), Adam Smith développait l’idée qu’à l’instar des individus, les nations ont intérêt à se spécialiser dans les domaines où elles ont un avantage absolu et à acheter aux autres nations les produits que celles-ci produisent moins cher. Si, en revanche, elles ne disposent pas d’avantage absolu, elles n’ont aucun intérêt à se spécialiser dans une production pour exporter. Cette théorie justifie donc le libre-échange, mais surtout pour les nations qui disposent d’un avantage absolu. Ricardo pousse cet argument en faveur du libre-échange plus loin. Les nations ont toujours intérêt au libre-échange, même si elles n’ont aucun avantage absolu. Chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la production où il a un avantage comparatif : là où son avantage est le plus fort ou là où son désavantage est le plus faible. En effet, il peut alors concentrer tous ses facteurs de production dans le domaine où ceux-ci sont les plus productifs, augmentant ainsi les richesses produites. Par ailleurs, le surcroît de richesses produites permet au pays d’acheter à l’étranger d’autres biens en plus grande quantité que s’il avait cherché à les produire par lui-même. La spécialisation et l’échange international permet donc d’accroître la quantité de marchandises auxquelles la population a accès. Ils permettent aussi de pacifier les relations entre nations, celles-ci ayant désormais un intérêt commun à ne pas se faire la guerre pour préserver les bienfaits du libre-échange.

Cette théorie des avantages comparatifs fournit une justification rigoureuse au libre-échange, mais repose sur des hypothèses restrictives qui en limitent la portée, notamment :

  • Les facteurs de production immobiles entre les nations ;

  • Les coûts de production différents dans chaque pays pour des raisons inexpliquées (exogènes), et indépendants des quantités produites (rendements d’échelle constants ou absence d’économies d’échelle).


Le raisonnement économique rejoint ses positions politiques puisque cette théorie des avantages comparatifs explique son combat contre les Corn laws, lois protectionnistes sur le blé. Ironie de l'histoire, Ricardo ne parviendra pas, de son vivant, à voir aboutir ses idées : il s'éteint en 1823, mais les Corn laws ne seront abrogées qu'en 1846.

5. Impôt et monnaie


Sur la question de l’impôt, Ricardo affirme qu’ « il n’y a d’impôt qui ne tende à réduire le pouvoir d’accumuler ». S’il porte sur le profit, il réduit la production future du pays puisqu’il moins d’investissement dans le capital. S’il porte sur le revenu, il pénalise la consommation, la production et ainsi par freiner l’accumulation.

Ricardo adhère à la théorie quantitative de la monnaie. Il défend cette thèse dans son ouvrage de 1817 : « rien n’est plus important dans l’émission de monnaie de papier que d’être parfaitement éclairé sur les effets du principe de limitation de la quantité ». Pour limiter l’émission, il préconise la conversion des billets en lingots d’or pour des sommes importantes. Cette adhésion de Ricardo au quantitativisme date notamment de la fin du XVIIIème siècle. Lorsqu’à partir de 1797, la convertibilité des billets de la Banque d’Angleterre est suspendue, on assiste à une hausse des prix et le cours du lingot d’or sur le marché s’élève au-dessus de sa valeur légale. Pour Ricardo, la hausse des prix et la dépréciation du billet par rapport au lingot d’or provient d’une émission trop importante de billets qu’a permise la fin de la règle de convertibilité.

C. Autres auteurs notables : Malthus et Say




  • Thomas Robert Malthus (1766-1834). Notamment son Essai sur le principe de population (1798).


Face au développement d’une misère dans les grands foyers industriels anglais, Malthus s’interroge sur les origines et les responsabilités d’une telle situation : est-ce que cette misère est propre au système capitaliste ou est-elle naturelle quelle que soit le système ? Des auteurs comme Goldwin affirment que cette misère provient d’une répartition des richesses inégalitaire propre au capitalisme et appelle une intervention de l’Etat. A l’opposé de cette vision, Malthus défend l’idée que ce n’est pas le capitalisme mais le décalage entre deux lois : une loi de progression arithmétique des subsistances et une loi de progression géométrique de la population. La seconde progression étant plus forte que la première, l’Etat ne doit pas intervenir pour aider les plus démunis car il ralentit la surpopulation nécessaire à la lutte contre le manque de subsistances. En effet, l’aide aux pauvres leur permet d’avoir plus d’enfants. C’est en ce sens que Malthus s’oppose en 1795 à l’Acte de Spenhamland : La loi de Spenhamland, communément appelée la « loi sur les pauvres », a été en vigueur en Grande-Bretagne de 1795 à 1834. Elle a assuré jusqu'en 1834 un revenu minimum aux pauvres dans chaque paroisse, grâce à l'octroi d'un complément de ressources en numéraire indexé sur le prix du pain (ou du blé) et sur la taille de la famille à prendre en charge.

Dans « Principes d’économie politique », Malthus conteste la loi des débouchés de Say. Il montre qu’à court terme toute offre ne créé pas sa propre demande, dans la mesure où toute épargne n’est pas nécessairement investie : une partie de l’épargne peut ainsi être conservée pour elle-même, c’est-à-dire thésaurisée. La crise de sous-consommation se traduit par une baisse des prix, laquelle engendre une baisse des revenus. Malthus peut de ce point de vue être perçu comme le précurseur de la « révolution keynésienne ». Keynes lui consacrera un petit ouvrage au titre révélateur : Robert Malthus, the first of the Cambridge Economists.

  • Jean-Baptiste Say (1767-1832). Notamment son Traité d’économie politique (1803).

Dans cet ouvrage, Say énonce sa « loi des débouchés » : toute offre créé sa propre demande. Cela signifie que toute production donne lieu à la création d’une somme de revenus d’égale valeur ; au niveau global, les agents ne peuvent demander des biens et services que parce qu’ils vendent des biens et services pour une valeur équivalente. Cette affirmation ne relève pas de la seule égalité comptable dès lors qu’on expose les hypothèses :

  • il s’agit d’un raisonnement à long terme où toute épargne est investie : ce qui est épargné est dépensé par d’autres agents (les investisseurs qui empruntent auprès des épargnants). L’épargne constitue donc une vertu, puisqu’elle permet de financer des moyens de production supplémentaires ;

  • La monnaie n’a pas d’autre fonction que celle d’intermédiaire dans les échanges, conformément à la théorie quantitative. La monnaie n’est pas demandée pour elle-même mais pour les biens et services qu’elle permet d’acheter.

Précisons par ailleurs que Say n’adhère à la théorie de la valeur-travail comme Smith ou Ricardo. Pour lui, la valeur d’échange d’un bien se trouve dans son utilité : « je dirai que créer des objets qui ont une utilité quelconque, c’est créer des richesses, puisque l’utilité de ces choses est le premier fondement de la valeur, et que leur valeur est la richesse ». En ce sens, Say annonce la « révolution marginaliste » des néo-classiques.



Pour conclure, les points communs aux classiques sont les suivants :

  • Théorie de la valeur-travail, sauf Jean-Baptiste Say qui développe déjà une théorie de la valeur utilité.

  • Autorégulation du marché : les mouvements de prix permettent d’équilibrer l’offre et de la demande. Incarnations : « main invisible » de Smith ; « loi des débouchés de Jean-Baptiste Say.

  • Approche macroéconomique. Les questions que soulèvent les économistes classiques : la croissance, la répartition des fruits de la croissance, l’évolution de la croissance à long terme.

  • Les lois naturelles. Les économistes classiques veulent faire apparaître les lois naturelles (au double sens universelles et a-historiques) de l’économie. « La loi des avantages comparatifs » (Ricardo), « loi des débouchés » (Say), « loi de la population » (Malthus)


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