Quatre hommes et un jour a placodji








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M. DAVID Loïc

QUATRE HOMMES ET UN JOUR A PLACODJI :

Un quartier précaire au centre de Cotonou



Mémoire présenté pour l’obtention d’un Master 2 de Sciences humaines & sociales

Mention Géographie (Spécialité Pays émergents et en développement).
Sous la direction de M. Browaeys Xavier et M.Gervais-Lambony Philippe

Année 2008- 2009

Remerciements :

Tout d’abord, je désire remercier Monsieur BROWAEYS Xavier de l’Université Paris 1, et Monsieur GERVAIS-LAMBONY Philippe de l’Université Paris 10, qui ont accepté de partager la charge de me codiriger. Leur intérêt et leurs compétences scientifiques respectives ont largement contribué à l’amélioration du documentaire vidéo et du manuscrit.

Je remercie également l’Atelier vidéo de l’Université Paris 1, pour m’avoir prêté le matériel vidéo sans lequel je n’aurais pu faire le documentaire.

Je voudrai remercier Mademoiselle CORALLI Monica, pour l’intérêt qu’elle a porté à mon travail ces deux dernières années, en me fournissant des informations sur le quartier de Placodji, et en acceptant de me donner de précieux conseils qui m’ont permis de mener à bien mes recherches.

Je tiens à remercier également Monsieur VARANGO, chargé de la communication du Port Autonome de Cotonou (PAC), qui m’a permis de filmer. Ainsi que Monsieur AKPACHOSSOU Victor, gestionnaire des ressources maritimes de la direction des pêches.

J’adresse également mes remerciements à Monsieur BAUDOUIN Koklo, ainsi que les chefs et conseillers de Placodji-Plage, Yenawa, et Placodji-Kpodji, qui ont facilité mon intégration et m’ont autorisé à interroger et filmer les populations.

Je remercie Monsieur AGBAHOLOU Séverin, maire du 5ème arrondissement de Cotonou, pour m’avoir apporté des informations concernant Placodji.

Je suis particulièrement reconnaissant envers les habitants de Placodji. Plus particulièrement à Séverin, Blackarau, Oluwa et Boniface pour le temps qu’ils m’ont consacré. Ils m’ont grandement aidé pour mes enquêtes et mes entretiens effectués sur le terrain. Mes remerciements vont aussi aux membres de leurs familles.

Je voudrais aussi exprimer ma gratitude envers tous ceux qui m’ont accordé leur aide, tant par leur gentillesse que par leur dévouement, en particulier Monsieur ARANDA José Luis, photographe, pour ces conseils techniques, et Monsieur RENARD Julien pour le mixage sonore du documentaire vidéo.

Je ne veux surtout pas oublier toutes les personnes qui m’ont apporté de la bonne humeur : Mademoiselle IRAHA Aïri, ainsi que tous les stagiaires du Laboratoire de l’IRD chargés de travailler sur le paludisme, et tout le voisinage.

Je ne peux nommer ici toutes les personnes qui de près ou de loin m’ont aidé et encouragé mais je les en remercie vivement.

Sommaire :

Remerciements p1

Tables des matières p3

I Placodji un quartier précaire au centre de la ville : l’intérêt de la centralité du quartier pour des populations pauvres. P5

A/ Placodji à l’origine de la capitale économique béninoise p5

B/ Placodji image emblématique de la pauvreté urbaine p8

C/ Placodji un bidonville attractif : Une étape incontournable dans la stratégie résidentielle des pauvres. p11

II Méthodologie de terrain : p15

A/ Le retour à Placodji : retrouver la reconnaissance des habitants p15

B/ Les limites du choix des acteurs représentatifs du mode de vie de Placodji p16

C/ Adaptation de la méthodologie de terrain : p19

III Documentaire vidéo : « Quatre hommes et un jour à Placodji » p24

Synopsis p24

Plan de montage du documentaire vidéo p27

Bibliographie p34

Annexes p37

Mes recherches dans le cadre d’un Master 2 de géographie « Pays émergents et en développements » (PED) se déroulent en République du Bénin. Plus précisément sur un quartier de Cotonou qui a été l’objet de mes recherches en Master 1 (PED). Ce quartier se nomme Placodji1.

Mon étude passée, m’a amené à présenter un documentaire vidéo sur le renouvellement urbain du quartier Ganhi2. Ce quartier au centre de Cotonou est destiné à devenir un centre d’affaire moderne. Placodji, fait parti de la zone aménagée. Ce quartier est un quartier précaire du centre de la ville. Il est question de faire disparaître ce quartier précaire.

J’ai choisi de recadrer mes recherches sur Placodji. L’objectif étant de consolider ma dernière étude. J’ai décidé de m’intéresser à l’intérêt pour les habitants de Placodji de vivre au centre des activités économique de la ville. Et de me demander en quoi ce bidonville est une étape incontournable dans la stratégie résidentielle de populations pauvres.

Je me suis tenu à compléter ma collecte de documents, constitué d’articles de journaux, d’articles scientifiques, d’émission de radio, de livres, et de rapports d’études. De plus ma première expérience vidéo avait familiarisé les habitants à la caméra. La confiance ainsi gagné m’a ouvert de nouvelles portes à exploiter.

Cette accumulation de nouveaux documents et surtout la reconnaissance des habitants m’ont amené à approfondir ma réflexion sur les enjeux d’habiter un bidonville au cœur du poumon économique du Bénin.

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I Placodji un quartier précaire au centre de la ville : L’intérêt de la centralité du quartier pour des populations pauvres.

A/ Placodji, à l’origine de la capitale économique béninoise

Placodji est à l’origine de Cotonou, capitale économique de la République du Bénin. Ce quartier de 10 hectares abritant 18 000 habitants3, situé en bordure de mer fût construit autour de l’administration coloniale française qui à l’époque avait installé un comptoir commercial. Les populations venues habiter ce quartier étaient des travailleurs acheminés de Grand Popo et de Ouidah4. Ceux-ci sont issus de peuples de pêcheurs Plah et Pedah5.

Lieux de provenance des populations de Placodji en 1890 :



Les colons ont choisis ces populations pour leurs connaissances de la mer, leurs fonctions étant de charger et décharger les navires en mer. Mais aussi de construire le wharf6 (augmentant la rapidité de chargement et déchargement de marchandise dans un contexte de guerre contre le Royaume du Dahomey)7, le chemin de fer, des bâtiments administratifs et commerciaux8, et des entrepôts servant à stocker les marchandises d’importations ou d’exportations. Une ville duale est née mettant en relation deux quartiers juxtaposés, l’un habité par les colons, l’autre par des travailleurs « indigènes ».

Depuis l’indépendance9, le wharf préfiguration des futures installations portuaires cotonoise a été abandonné. De nouveaux ports de pêche et commercial10 ont été construit à moins d’un kilomètre du quartier « campement »11. Les baraques de Placodji ont survécut aux nouvelles installations confirmant sa vocation de vaste dortoir pour les travailleurs. Dans un contexte de modernisation de la ville de Cotonou d’autres grands travaux ont vu le jour, extension et modernisation de l’aéroport, « Hôpital 350 lits », palais présidentiel, palais de justice, place de l’indépendance… Le modelage du nouveau visage de la capitale économique demandait une main d’œuvre nombreuse. Un grand nombre de nouveaux citadins se sont dirigés vers des quartiers tels que Placodji, proches des chantiers de la ville. De plus les rapatriements successifs de population béninoise d’autre Etat ouest africains ont amplifié le phénomène de croissance urbaine12 « En 1958, je suis revenu à Placodji. Tous les Béninois qui étaient à Abidjan (Côte d’Ivoire) se sont fait chassés. Aujourd’hui je reçois de temps en temps 7000F cfa du Port d’Abidjan et 30 000F cfa du Syndicat national béninois des conducteurs du port pour ma retraite. » (D. AVANNA, 2009, Cotonou). Placodji s’est densifié13 très rapidement, dans un contexte de déficit de la production de logement. Un des facteurs de l’augmentation de la densité est aussi dû à l’encaissement du quartier qui limite toute expansion. Au nord et l’ouest par l’emprise au sol d’une ceinture d’entrepôts et de ministères, à l’est et au sud par la lagune et la mer14 qui par érosion rogne cet espace.

Encaissement et subdivision de Placodji en 2002 :


B/ Placodji un quartier emblématique de la précarité urbaine :

Les 10 hectares de superficie du quartier abritent selon la Mairie environ 18 000 habitants15 se répartissant dans trois sous-quartiers : « Placodji-Plage », « Placodji-kpodji16 », et « Yenawa17 » (Carte de l’encaissement et subdivision de Placodji). Le quartier est composé en majorité de population Plah et Pedah. L’autre composante est Ouest africaine. De nombreux habitants sont venus du Ghana, du Togo, du Nigéria, de la Côte d’Ivoire ainsi que du Libéria augmentant de fait la densité de population déjà importante. Certains habitants l’ont même surnommé « quartier de la CEDEAO ».

Cette densification additionnée au relatif abandon de l’Etat18. Placodji est devenu l’un des quartiers emblématiques de la pauvreté urbaine de Cotonou.

Il est permis d’habiter le quartier appartenant au domaine privé de l’Etat. Par la loi n°60-20 du 13 juillet 1960 et le décret n°64-276 du 2 décembre 196419. Ceci implique une immatriculation préalable auprès de l’Etat. La grande majorité des terrains urbains appartiennent au « domaine privé de l’Etat » au Bénin. Selon la direction de l’urbanisme et de l’aménagement (DUA) du ministère de l’Environnement, de l’habitat et de l’urbanisme (MEHU), à peine 10% des terrains urbains disposeraient actuellement d’un titre foncier (document juridique conférant la pleine propriété privée d’une terre). Les permis d’habiter délivrés par délégation de l’Etat ont rendu le titre foncier très marginal. A Placodji seulement deux propriétaires ont des titres fonciers, les autres terrains constituent le « domaine privé de l’Etat »20, ce qui donne une base légale aux expropriations ou aux réquisitions de terre urbaine sans indemnisation. Même si le facteur financier reste le plus important, cette situation foncière est l’un des facteurs déterminant qui pousse les habitants à ne pas construire des logements conçus pour durer. Etant donné que le permis d’habiter est révocable à tout moment. Cela suffit à rendre leur installation précaire.
Un bidonville est en général caractérisé par le fait que les habitants vivent sur des terrains non-enregistrés, et renvoi à une occupation illégale. Placodji, dès lors qu’il est composé d’habitats immatriculés21, fait-il parti de la « ville légale » ou de la « ville illégale » ? Du fait de ce flou juridique, l’occupation du sol apparaît comme l’élément le plus représentatif pour qualifier Placodji de quartier précaire. Selon A.Yapi-Diahou22 «  L’habitat est la marque au sol de la hiérarchie sociale ». La méthode empirique est alors la plus adaptée pour définir Placodji en tant que quartier précaire. Les observations du bâti ont une plus grande valeur pour qualifier Placodji en tant que quartier « bidonville ».

Placodji ne répond pas aux normes de la ville moderne planifiée du fait de ses défaillances techniques. En effet très peu d’habitations possèdent un accès à l’eau potable, à l’électricité, et à des latrines. L’accès à l’eau potable est extérieur à l’habitat, par pompe ou par camion citerne. Les habitations raccordées aux réseaux d’adduction en eau potable vendent également leur eau23 (annexes photo1 traitant de cette marchandisation de l’eau)24. L’approvisionnement en eau non-potable se fait aux puits25(annexes photo 2). Selon la Mairie du 5ème arrondissement de Cotonou 1/10e des habitants est raccordé légalement à l’électricité. La grande majorité de la population est raccordée au compteur d’un voisin, créant un réseau de câbles électrique anarchique (annexes photo 3). Les défécations se font dans des latrines communautaires, où le plus souvent sur la plage favorisant la transmission de maladies hydro-fécales (annexes photo 4).

Les habitations sont construites en parpaing et couvertes de taules métalliques ou en fibrociment. Les réparations se font souvent en bois issus de matériaux de récupérations.

En moyenne, les habitations font 100 à 150 m², dont une cour de 20 à 25 m². L’habitat est composé de 5 à 6 pièces dont un salon et le reste en « entrées-couchés » (chambres). La cuisine se fait dans la cour. Ce logement moyen peut abriter 8 à 9 personnes26. « La maison que mes parents ont construit en parpaings a une surface d’environ 225m², avec la cour de 24m². Nous avons 3 entrées-couchés et un salon qui sert de chambre pour ma maman (…) On habite à 10 personnes maximum dans cette maison (…) L’habitation n’a pas d’accès direct à l’eau, on va chercher l’eau aux puits et à la pompe (…) Il n’y a pas de latrine (…) Pour l’électricité on fait arrangement, on paye le voisin qui a un compteur.» M. Kouenouvi Edovi, le 11 février 2009 à Placodji.

Une hiérarchie existe au sein même du quartier. Celle-ci s’observe notamment par l’ancienneté de l’occupation. « Placodji-plage » et « Placodji-kpodji » offrent des logements plus anciens mais de meilleure qualité. Alors que « Yenawa plus récent abrite encore des habitations en bois qui connaissent une construction évolutive. Par exemple, l’année passée certaines habitations en bois on été améliorées par des parpaings. La taille des habitations est également plus restreinte du fait du manque de place et de l’occupation plus tardive.

Problèmes majeurs que rencontre la population en 200827




Enquêtés

Pourcentage des enquêtés

Difficultés d'accès à l'eau potable

16

26,2

Manques de latrines

14

22,9

Abondance des ordures

20

32,7

Promiscuité

3

4,9

Erosion côtière

8

13,2

Total

61

100

Source: David Loïc, 2008







Le paysage du quartier et son sous-équipement sont la marque d’un abandon des autorités, le précipitant dans l’insalubrité, elle-même accentuée par un surpeuplement des logements. Pourtant ce quartier dit de « taudis », « non sécurisé », stigmatisé (annexes article de journal 1), attire tous les jours de nouveaux habitants. Quelles sont les raisons d’une telle attractivité ?
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