Livre de bord








télécharger 117.77 Kb.
titreLivre de bord
page1/4
date de publication20.03.2018
taille117.77 Kb.
typeDocumentos
ar.21-bal.com > économie > Documentos
  1   2   3   4

LIVRE DE BORD




05. AFRIQUE CENTRALE


12/01/01
Mon vol sur le Cameroun s'est bien passé: de Marseille à Bruxelles, puis direct sur Douala, la capitale économique du pays qui compte plus de 4 millions d'habitants.

Arriver dans un pays un samedi soir n'est jamais très facile. Le dimanche tout est fermé, évidemment: les banques, les agences de voyage ou de location de voitures... Mais le gros problème du Cameroun et des pays limitrophes est qu'il n'est pas facile d'y voyager: d'abord il est impossible d'obtenir de l'argent avec une carte de crédit, et ensuite l'insécurité y est très importante: il ne faut surtout pas avoir trop d'argent sur soi à cause des braquages en ville et des "coupeurs de route" à certains endroits (c'est à dire des embuscades où des bandits armés vous volent tout, argent, affaires et voiture...), c'est un véritable casse-tête! Bon, je touche du bois...

Le Cameroun est un pays de 15 millions d'habitants, un peu moins grand que la France, avec seulement 1500 kilomètres de routes goudronnées. 30 habitants au km² , c'est très peu, une espérance de vie de 57 ans, et 330 francs par mois de revenus moyens. On dit du Cameroun que c'est une Afrique en miniature, car on y rencontre toutes sortes de paysages: la côte et ses plages, la montagne, les forêts (qu'on détruit peu à peu), le Sahel au nord, etc... C'est donc un pays varié, mais où il n'y a pratiquement aucun touriste, que je vais découvrir.

Douala est une ville sale, avec un tout petit centre, facile à parcourir, et une banlieue très importante, assez dangereuse. J'y suis resté deux jours, le dimanche à voir les rares choses intéressantes, le lundi à essayer d'avoir de l'argent auprès des banques, à acheter des billets d'avion pour la République Centrafricaine et le Congo Brazzaville, et à trouver une voiture pour 15 jours. Pour l'argent, le seul moyen est le transfert de mon compte en France, pour l'avion pas de problèmes, mais c'est très cher, et quant à la voiture j'ai trouvé une petite Toyota de tourisme, dont la location est chère aussi...
Je n'ai pas aimé Douala, il y fait très chaud et très humide, et c'est pourtant la saison sèche! J'en ai profité pour aller chez le coiffeur (5 francs!) et j'ai beaucoup utilisé les moto-taxis, très pratiques, qui vous transporte pour 1 franc!

J'ai aussi rencontré à Douala un prêtre qui s'occupe des enfants de la rue, un bon millier ici... Et j'ai logé chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, très sympathiques. De plus, dimanche matin, une fois n'est pas coutume, je suis allé à la messe et l'ai apprécié: très bonne chorale et sermon contre la corruption, il faut en avoir le courage!

Lors d'un petit-déjeuner, j'ai pas mal discuté avec le frère Aurélien, un Canadien d'environ 70 ans, qui a une conception très particulière de notre tout proche avenir: il pense que le Pape Jean-Paul II va bientôt mourir de mort violente, conformément aux écritures (assassinat, empoisonnement...) et que le Vatican étant infiltré par des individus peu recommandables, le prochain pape, le dernier, sera l'Antéchrist annoncé. De très graves catastrophes affecteront le monde, causant des millions et des millions de morts, puis, enfin, commenceront pour les survivants les 1000 années de bonheur avant la fin du monde et le jugement dernier... A suivre donc...

Le Cameroun, qui accueille la semaine prochaine à Yaoundé (la capitale) la Conférence Internationale de la Francophonie, est réputé pour être le pays le plus corrompu d'Afrique, ce n'est pas peu dire! Les policiers sont appelés ici "Mange-Mille", car il faut leur donner mille Francs pour être tranquille chaque fois qu'ils vous arrêtent, et comme il y a des barrages partout... Mais il ne faut pas jouer à ce jeu-là!

J'ai quitté Douala mardi matin, en changeant tout mon programme pour atteindre Yaoundé avant la conférence, car la ville sera fermée durant 4 jours, et me suis d'abord rendu à Kribi, une petite ville au Sud, dans le Golfe de Guinée: plage propre, très bel environnement, mais ambiance pourrie, vraiment je ne m'y suis pas senti à l'aise...

Mercredi, j'ai fait 110 km de mauvaise piste jusqu'à Lolodorf, en m'arrêtant à Bipindi où j'ai visité un centre qui s'occupe de la scolarisation des enfants Pygmées du secteur. Les Pygmées sont menacés d'extinction, car les forêts où ils vivent sont détruites au fur et à mesure et le gibier s'en va. Ils ne peuvent plus chasser et c'est ainsi qu'ils vont disparaître, sauf ceux qui arriveront à s'intégrer au "système". Ce centre apprend notamment aux enfants le français, la langue nationale parmi plusieurs centaines de dialectes parlés au Cameroun par les 212 ethnies qui composent sa population. Puis, après l'école primaire, ces jeunes Pygmées peuvent apprendre un petit métier: menuisier, couturier... Visite très intéressante et accueil sympathique de la responsable Elena, une Mexicaine.

Jeudi, 70 km d'assez bonne piste traversant de belles forêts et de petits villages jusqu'à Ebolowa, puis bonne route jusqu'à Yaoundé, où j'ai passé la nuit au monastère bénédictin qui surplombe cette ville verte, immense et encore sale, malgré les préparatifs pour la conférence. La circulation y est difficile, rien n'est indiqué et je m'y suis perdu plusieurs fois.

Pas grand chose à y faire ou à y voir, et puis insécurité là-aussi... Seul avantage par rapport à Douala: il y fait un peu moins chaud, car Yaoundé est à 700 mètres d'altitude!

Ce matin, vendredi, après une heure d'Internet, je m'en vais en direction de Bafoussam, plus au nord. Pour le moment le Cameroun n'est pas un pays qui m'enchante, loin de là! Mais attendons la suite...
19/01/01
Mea Culpa! Erreur grossière, on m'avait fort mal renseigné: Yaoundé n'accueille pas une conférence sur la Francophonie, mais le sommet France-Afrique, que les gens appellent ici "France à Fric", ce qui révèle bien la haute opinion qu'ils ont de la France, qui les a tant appauvri (et qui continue) durant des années. Aujourd'hui, la France fait partie des trois pays qui exploitent les forêts camerounaises, étant entrain de les détruire sans aucun remord et sans soucis pour l'influence néfaste que cela causera au pays dans un futur proche...

Mais France-Afrique fait aussi sourire (jaune), car la France avait décidé de ne plus soutenir les dictateurs ou les pays en proie à la corruption. On ne peut pas dire que le choix du Cameroun pour ce sommet confirme cette décision! Mais en fait de quoi s'agit-il véritablement? De soutenir les présidents favorables à la France et de leur verser des sommes considérables qui disparaissent avant que le peuple ait eu le temps d'en voir la couleur. Et cet argent, c'est notre argent, et nous participons donc implicitement au soutien des dictatures en place et à l'appauvrissement du peuple africain. Il faut le savoir... (un bon livre à lire à ce sujet: La Françafrique, de François-Xavier Verschave). Bon j'arrête là, autrement je vais finir par me faire virer du pays...

"Bonjour, mon Père!". C'est ce que me disent souvent enfants et même adultes qui me croisent! Pour vous dire qu'il n'y a pas de touristes au Cameroun, je n'en ai rencontré que 5 ou 6 à Kribi en presque deux semaines de voyage...

Vendredi, je me rends à la chefferie de Bangangté, par une route goudronnée sinuant entre des paysages de terre rouge et des cultures verdoyantes. C'est dans le coin qu'habite Claude Njiké-Bergeret, une Française bien connue surnommée la Reine Blanche, car elle fut une des épouses de l'ancien chef de Bangangté aujourd'hui décédé (elle a écrit deux livres fort intéressant sur sa vie ici: Ma passion africaine, La sagesse de mon village). Mais je ne peux la rencontrer, tant pis...

La région est très agricole est belle. Samedi, parmi champs et forêts, la piste m'emmène jusqu'à la chefferie de Bandjoun, que je visite. Le chef a une quarantaine de femmes, quelle plaie! Puis j'arrive plus au nord à Foumbot, où l'islam est nettement majoritaire.

Dimanche matin, je parcours le marché de Foumbot, très coloré: toutes sortes d'ethnies se retrouvent ici, et beaucoup de gens noirs ont un faciès arabe assez prononcé, un peu comme les Peuls du Niger ou du Sahel en général.

De nombreuses mosquées jalonnent la route tandis que je me dirige vers Foumban. Là, je visite le palais du Sultan et Roi (le 19° d'une dynastie vieille de cinq siècles). Le musée retrace fort bien l'histoire de ce peuple. Le roi a toujours de grands pouvoirs, même s'il doit se soumettre à la loi républicaine.

Je continue par une piste toujours rouge et bien poussiéreuse, grimpant dans la montagne, pour atteindre la "Ring Road" et Kumbo: j'arrive ici dans la partie anglophone du Cameroun, c'est à dire la partie ouest qui longe le Nigeria.

Lundi, je reprends la Ring Road dans l'autre sens: pistes et passages bitumés, petits villages perdus, pasteurs et troupeaux de zébus bien maigres, montagnes, puis je longe une rivière en allant sur Wum. Ce village est construit sur un plateau, où champs et rizières se succèdent. 15 km avant d'y arriver, j'aperçois le long de la route la majestueuse chute de Menchum. Mais, pour la petite histoire, l'hôtel que j'ai choisi à Wum est un peu crasseux...

Mardi au petit matin, j'observe le soleil tout rouge qui se lève: et c'est tous les jours ainsi, le soleil est rouge à son lever, je n'ai jamais vu cela ailleurs!

Une piste, puis une route, me mènent à Mbouda, après la traversée de Bamenda. De nouveau, piste jusqu'à la station climatique de Dschang, francophone, située à 1400 mètres d'altitude et créée par les Français durant la première guerre mondiale. Puis je veux me rendre à Melong: la piste est superbe, un pont est effondré, et une déviation me permet de traverser des bananeraies et des plantations de caféiers en fleurs. Région magnifique. Nuit agréable à N'Kongsamba, dans un hôtel assez propre situé au calme à l'extérieur de la ville.

Ces jours-ci, les nouvelles africaines ne sont guère encourageantes: d'abord j'apprends que le train qui devait me conduire dans un mois de Brazzaville à Pointe-Noire (au Congo) a déraillé, faisant des dizaines de morts. Ensuite on annonce que le président Kabila a été assassiné (mais attention! Un Kabila peut en cacher un autre!), donc cela risque de m'être difficile de faire un saut à Kinshasa... Je verrai bien en temps voulu!

Sur la route, comme tous les matins de la semaine, de nombreux enfants plus ou moins en costume se rendent à l'école: mais en fait j'ai l'impression que la majorité des enfants du pays n'y vont pas... Bonne route jusqu'à Loum, puis piste de latérite rouge jusqu'à Kumba, de nouveau dans la partie anglophone. De là, la route est assez bonne jusqu'à Buéa, l'ancienne capitale du pays lorsqu'il était sous domination allemande, située au pied du Mont Cameroun, volcan toujours en activité qui culmine à 4070 mètres, mais que l'on ne peut jamais apercevoir à cause de la brume qui l'entoure constamment. J'emprunte ensuite une très mauvaise piste qui traverse de beaux paysages, plantations de thé, jusqu'à Limbé, petite ville touristique sur l'océan Atlantique. Il y fait très chaud et rien ne m'y attire particulièrement. De là, 80 km de bonne route me ramène à Douala, avec quatre jours d'avance sur mon programme, où je retrouve les Frères des Ecoles Chrétiennes.

Ces neuf jours de circuit, durant lesquels j'ai parcouru 1950 km, ne m'ont pas vraiment enchanté: quelques jolis paysages, peu de rapports avec les locaux... Bref, elle est bien loin l'Afrique que j'aime tant! Et puis je rentre avec le dos cassé, après avoir roulé sur toutes ces pistes... Par contre, je n'ai cédé qu'une fois aux "Mange-Mille".

Jeudi, à Douala, je dois encore régler des problèmes d'argent, ainsi que modifier mes billets d'avion pour mon voyage en Guinée Equatoriale où je me rendrai finalement samedi matin pour six jours au lieu de trois. Je vais aussi faire connaissance avec la mère de mon banquier, qui tient ici le restaurant "Le Provencal", mais elle est absente... Et l'après-midi je passe un bon moment avec un éducateur de rue qui m'explique son projet, intéressant. Mais quelle chaleur!

Aujourd'hui, vendredi, j'ai passé ma matinée sur un ordinateur: d'une part pour aider l'éducateur rencontré hier en lui tapant un dossier, et d'autre part en vous envoyant ces nouvelles que vous venez de lire. Et, comme il fait vraiment trop chaud, je pense passer l'après-midi à la piscine... A bientôt!

25/01/01
Ah, ce vendredi après-midi à la piscine m'a vraiment fait du bien...

Le soir, la conférence de presse de Chirac à la télévision Camerounaise, à la fin du sommet France-Afrique, aussi...

Qu'est-ce qu'on s'est marré dans la salle de télé quand le petit Jacques, toujours aussi coincé (il a fait caca dans sa culotte ou quoi?), a loué la bonne politique menée par le chef d'état du Cameroun... J'ai moins ris quand j'ai appris que j'allais payer encore plus d'impôts: forcément, puisqu'il a décidé tout seul comme un grand (tiens, pas de référendum cette fois-ci...) qu'on allait annuler la dette de je ne sais plus combien de pays, cette dette faisant suite à l'argent bouffé par leurs chefs...


Samedi matin, je m'envole pour la Guinée Equatoriale. Quelques mots pour vous situer ce pays: 28.000 km² (1/20° de la France), un peu moins de 500.000 habitants aujourd'hui (17 au km², c'est peu) qui sont pauvres et ont une espérance de vie de 49 ans, indépendance obtenue de l'Espagne en 1968 et suivie de 10 années de dictature féroce, de tortures et d'assassinats. En 1978, un début de démocratie naît, enfin, pour les 100.000 Guinéens restants (sur 300.000 lors de l'indépendance). Heureusement, ils sont d'une race qui se reproduit vite! Le pays, recouvert d'immenses forêts équatoriales, est composé d'une île volcanique (3 volcans) de 50 km de long où se trouve la petite capitale Malabo et d'une partie continentale, bien plus grande et plus peuplée, le Rio Muni, coincée entre le Cameroun et le Gabon. Cacao, café, bananes et huile de palme constituaient les principales richesses du pays jusqu'à ce que les compagnies américaines découvrent en 1997 du pétrole. Les Guinéens parlent le fan et l'espagnol, mais aussi beaucoup pratiquent le français.
Dès que je débarque à Malabo, je prends un taxi-brousse jusqu'à Luba, au sud de l'île à une cinquantaine de kilomètres, où je passe deux nuits et une journée. C'est un village d'un millier de personnes, au bord de l'eau sous les palmiers, et bordé de montagnes et de forêts, qui a dû être bien agréable avant que les Américains ne commencent à y construire le port pétrolier. Maintenant c'est bruit et poussière, et la plage n'est vraiment pas géniale. Par contre les gens y sont sympas malgré leur pauvreté (et malheureusement, comme partout, les retombées de l'or noir ne leur profiteront pas...).

Ce séjour m'a tout de même permis de les voir vivre, comme nos ancêtres vivaient il y a bien longtemps: électricité que le soir, pas d'eau courante, etc... Il paraît que je suis le premier touriste sur l'île depuis quatre mois! Il faut dire que rien n'est fait pour encourager le tourisme, c'est même plutôt le contraire: par exemple il faut acheter un permis pour pouvoir prendre des photos. Incroyable! Alors je me cache pour photographier l'église...


Dimanche j'assiste à la trop longue messe: les chants sont beaux mais je ne comprends pratiquement rien à ce que raconte le prêtre...


Lundi de bonne heure, je retourne à Malabo, où subsistent quelques traces d'architecture coloniale espagnole, mais le tour de la ville est vite fait. Pas grand chose à y voir... Puis, dans l'aéroport (international, forcément!) le plus pourri que je connaisse, j'attends l'avion pour aller à Bata, dans la partie continentale. J'attends et j'attends... quatre heures de retard! Mais comme en Europe c'est pareil, cela ne me surprend guère... Arrivé à destination, j'attends, encore, plus d'une heure un taxi-brousse pour me rendre à Mbini, 50 km au sud. Enfin j'obtiens une assez bonne place (c'est à dire avec un siège presque bien rembourré) dans un véhicule, mais les problèmes surgissent à 10 km de là au contrôle policier. Ceux-ci me font descendre à trois reprises du taxi et me demandent à chaque fois de me rendre dans leur bureau (une hutte où deux policiers se disputent violemment à cause d'une Game-Boy!!!) et de leur présenter mon passeport, dont le visa n'est soi-disant pas valable. Ils prétextent aussi qu'il me faut avoir une autorisation du ministère du tourisme pour circuler! C'est sûr que comme cela ils vont développer le tourisme! Je comprends bien que les policiers "cherchent l'argent" (c'est à dire attendent que je leur donne de l'argent), mais je ne cède pas et vraiment ils m'emm... Si on faisait la moitié de cela à nos sans-papiers cela ferait la une de tous les journaux... Finalement, la troisième fois, ils attendent que le taxi-brousse et ses passagers (qui poirotent depuis une demi heure sous la pluie) soient repartis pour me dire que je peux y aller... à pied (40 km, et à la tombée de la nuit). Alors là je me fâche tout rouge et les insulte, tant pis s'ils me tirent dans le dos lorsque je rebrousserai chemin... Je repars donc à pied vers Bata, sous la pluie, tout penaud, le sac au dos et le cœur gros, et un taxi me ramasse un peu plus loin... Ca va, ils m'ont insulté à leur tour mais n'ont pas tiré... A Bata, j'ai déniché un petit hôtel familial assez sympa, le strict minimum mais propre: électricité de 19 heures au petit matin, lorsque cela marche et eau dans des bassines (un peu saumâtre d'ailleurs, et depuis je me gratte... D'ailleurs la gale est une maladie très courante en Guinée...). Le patron, ayant travaillé au Gabon, parle bien le français. La pluie continue plusieurs heures, un vrai déluge. Mais je passe une bonne nuit malgré cette rude journée.


Mardi matin, je fait le tour de cette ville sale et éventrée de partout; quelques bâtiments ont été retapés, la plage sert de dépôt d'ordures, des policiers font la circulation aux carrefours où doivent passer tout au plus 50 voitures par heure, des enfants vont à l'école mais beaucoup vendent des beignets ou d'autres bricoles dans la rue, image typique du tiers-monde! Pour ne pas moisir ici encore deux jours, je cherche à rentrer sur Douala, mais c'est impossible par la route et le prochain vol est celui que j'avais réservé pour jeudi.

Du coup, comme j'ai le temps, je me rends à la délégation du Ministère du Tourisme, où une dizaine de fonctionnaires, qui n'ont rien à faire, lisent, écoutent de la musique, discutent ou regardent des photos, tout comme en France... Je réussi toutefois à y rencontrer le responsable à qui j'expose tous les problèmes rencontrés dans son pays et qui, après vérification de mon visa, me dit qu'il n'y a aucun problème et que je n'ai absolument pas besoin d'une autorisation pour me rendre à Mbini! Puisque je suis là, j'en profite pour lui demander une autorisation de photographier (tout sauf les bâtiments officiels, qui sont les plus beaux), qu'il me fait gratuitement et que j'obtiens après deux heures d'attente (mais comme j'ai de la lecture et que je n'ai rien d'autre à faire...). Bien m'en a pris, car dès ma première photo un policier en civil vient me demander mon passeport et mon permis de photographier.

Dans l'après-midi, je vais déjeuner et mange pour la première fois du singe, la seule chose au menu, le singe étant un animal très répandu dans les forêts du coin. C'est visiblement, vu la grosseur, une tranche de cuisse. Eh bien oui, c'est bon, on dirait de l'homme en fait.

Je rejoins ensuite mon hôtel, heureusement que j'ai de la lecture!


Mercredi, je me lève avec un mal de tête, je ne me sens pas bien. Je comprends plus tard pourquoi: vers midi un gros orage éclate, alors que je m'étais recouché. L'après-midi j'ai de la fièvre et mal au ventre: l'eau, le singe, la contrariété ou une crise de paludisme (les moustiques m'ont piqué un peu partout)? Je reste couché une bonne partie de la journée, j'ai quand même la force de lire un peu...


Jeudi, enfin! A 10 heures, j'embarque pour Douala où j'arrive moins d'une heure plus tard. Pour conclure avec la Guinée Equatoriale, je dirai simplement: "Touristes, rien à voir, passez votre chemin... Pays à éviter!". Mais cela vous l'aviez déjà compris, non?

A Douala, je règle encore quelques problèmes d'argent, puis passe une partie de l'après-midi avec l'éducateur: nous achetons des vivres pour amener aux 6 enfants de la rue qui ont été arrêtés la nuit dernière alors qu'ils dormaient et qui sont depuis enfermés sans nourriture et sans eau au commissariat. Ils devraient être libérés demain si tout va bien. Mais que se passe t'il dans la tête d'un enfant arrêté arbitrairement et qui passe un ou deux jours derrière les barreaux?
Et ma soirée vous est consacré, mes chers amis: deux heures d'Internet et de mail.

Demain à midi ce sera le départ pour le nord du Cameroun où je passerai une petite semaine: vol jusqu'à Maroua, à environ 900 km de Douala, en zone sahélienne.
  1   2   3   4

similaire:

Livre de bord iconLivre de bord

Livre de bord iconLivre de bord

Livre de bord iconLivre de bord

Livre de bord iconLivre de bord

Livre de bord iconLivre de bord

Livre de bord iconLivre de bord

Livre de bord iconLivre de bord

Livre de bord iconLivre de bord

Livre de bord iconLivre de bord

Livre de bord iconLivre de bord








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com