Livre de bord








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06/02/01
Donc ce dimanche 4 février 2001, je prends une moto-taxi jusqu’à la frontière du Cameroun, à quelques kilomètres de Kousseri. Côté Camerounais, pas de problèmes, mais du côté Tchadien les ennuis commencent. On « retient » mon passeport : comme je ne suis là que deux jours, je dois opter soit pour mon visa touristique, que j’ai, mais alors il me faut aller m’enregistrer dans un bureau je ne sais où, si c’est ouvert, ce qui veut dire une bonne demi-journée de perdue, soit pour un visa de transit, ce qui est la solution la plus simple. Mais dans ce cas, il fallait m’y attendre, le coup (ou le «coût») de tampon est de 10.000 FCFA (soit 100 FF) ; après négociation, je ne me suis délesté, avec mauvaise grâce, que de 20 FF, qu’ils ont dû se partager entre eux…

Enfin, me voilà entré au Tchad. Petit cours sur ce pays : plus grand que la France, 1.284.000 km2, il est bien moins peuplé, 7.400.000 habitants, soit 6 au km². Ces derniers ont une espérance de vie de 48 ans, c’est peu et le pays a un PIB par habitant de 120 FF par mois. On y parle français (ancienne colonie française jusqu’en 1960) et surtout arabe, la religion musulmane étant très nettement prédominante. Un grand désert, le Tibesti, occupe toute la partie nord du pays, où sévissait une guerre civile : bien qu’un accord de paix ait été signé avec les rebelles, les touristes ne peuvent s’y rendre. De toute façon, à part moi, des touristes il n’y en a pas…

N’Djamena, la capitale, est située sur la frontière avec le Cameroun, ce qui est une chose assez courante en Afrique Centrale, jugez plutôt : Bangui, capitale de Centrafrique, est située sur la frontière Zaïroise et Kinshasa, capitale du Zaïre, est sur la frontière du Congo, comme Brazzaville, capitale du Congo, juste de l’autre côté du fleuve…

Aujourd’hui le vent souffle toujours un peu et la poussière reste en suspension dans l’air, ce qui est fort désagréable. Une moto-taxi me demande un prix exorbitant, et je refuse, en partant à pied. Puis un taxi collectif s’arrête et me promet de me déposer, pour un tarif triple de celui des autres passagers (Blanc oblige), devant la porte de l’hôtel que j’ai réservé depuis la France. Il me laisse en fait à plus d’un kilomètre, l’escroc, et je suis obligé de reprendre un second taxi. J’arrive enfin à l’hôtel, fax de réservation en main, pour apprendre que tous les hôtels de la capitale ont été réquisitionnés par le gouvernement pour la conférence de préparation de la Francophonie : je ne trouverai pas de chambres. Je commence déjà, après à peine deux heures de présence au Tchad, à ressentir une haine contre ce pays qui monte en moi… Je m’en vais alors à la Mission Catholique, où je peux loger pour 90 FF, et c'est bien comme cela. Je vais visiter la ville, on dirait qu’il y a eu la guerre : rues éventrées, saleté inimaginable, égouts puants à ciel ouvert, rue des cacas où l’on passe au milieu de multiples culs humains entrain de déposer leurs crottes, je ne vous dis pas l’odeur. Et puis j’ai un peu peur…

Deux jeunes me suivent depuis un bon moment et un vigile me rejoins pour m’en avertir (« ils vont vous attaquer », me dit-il) et il m’accompagne un petit moment jusqu’à un endroit plus sûr. Le centre-ville est désert, à part les voyous et les mendiants, c’est dimanche… Je déjeune pour presque rien dans un petit restaurant du marché central, et c’était bon (tiens, quelque chose de positif !). Je trouve aussi, enfin, dans une pharmacie, un baume pour mes lèvres gercées. C’est l’heure de la prière et des gens en boubou, alignés sur plusieurs files en direction de La Mecque, se baissent et se relèvent tous ensemble au milieu de la rue. Juste après, deux marabouts musulmans essayent de me convertir à leur foi (non merci…), puis m’aident à trouver un taxi pour Gaoui, petit village à une douzaine de kilomètres d’ici. On négocie à 75 FF aller-retour avec 30 minutes d’attente au village, mais un quart d’heure plus tard, s’arrêtant au bord de la route pour acheter de l’essence, le chauffeur me demande de la payer en plus, ce que je refuse. Il faut dire que l’essence est assez chère, 5 francs le litre, car il y a pénurie et les stations sont fermées. Nous continuons notre périple jusqu’à Gaoui, que je visite ainsi que son musée, et sur le chemin de retour le chauffeur recommence à discuter : ce n’est pas assez, il faut donner plus, et patati et patata, et j’en ai marre… Arrivé à la Mission Catholique, je suis content de quitter cette 504 qui roule en crabe (tous les taxis dans cette région de l’Afrique sont de vieilles 504 toutes pourries). Après cette rude journée, j’ai enfin droit à un repos bien mérité…

Lundi, le vent est tombé et l’air est de nouveau respirable. Je prends mon petit déjeuner avec les sœurs et j’apprends que cette nuit l’avion d’Air France en direction de Paris n’a pu faire l’escale prévue à N’Djamena pour cause de mauvaise visibilité. Du coup je vais en ville confirmer mon vol de l’après-midi pour Bangui, pas de problème, puis vais visiter le musée national, fermé, mais comme il est vitré je peux voir les quelques objets exposés, surtout des tambours, enfin pas grand chose. La France a donné 480.000 FF (coopération française), la Communauté Européenne (dont la France) 620.000 FF, et d’autres pays pour un total de 1.800.000 FF pour construire le nouveau bâtiment du musée, hangar de briques et de tôles d’environ 400 m² et qui a dû coûter tout au plus 200.000 FF (vu les tarifs de main d’œuvre insignifiants pratiqués ici), inauguré en juin 1998. Ma question est : où est passé le reste du budget et qui a vérifié sa bonne utilisation ? Ma conclusion est : voilà comment on dilapide l’argent des contribuables français… Encore si on avait construit un hôpital !

Enfin je cherche en vain un ordinateur ayant une liaison Internet : on m’envoie d’un côté et de l’autre, pour rien. En désespoir de cause je vais à l’ambassade de France, bien équipée, où une dame très gentille me permet tout d’abord de taper mon courrier puis où le chef de service refuse : il me laisse tout de même sauvegarder sur une disquette le travail que j’ai déjà tapé (le texte sur ma dernière semaine au Cameroun). Je l’ai mauvaise car, après tout, n’ai-je pas contribué par mes impôts à l’achat de ce matériel et au financement de l’ambassade. Mais c’est vrai, j’oubliais, je ne suis Français que pour le Trésor Public, je n’ai aucun droit à part celui de payer des impôts !

En cherchant encore un moment, je trouve finalement un endroit pour me connecter quelques minutes, envoyer de mes nouvelles et répondre à ma messagerie.

Est-ce un secret militaire ? Un gendarme de l’ambassade avec qui j’ai discuté m’a dit qu’il était à N’Djamena depuis trois ans, qu’il vivait en cercle fermé avec les autres Français, et que depuis trois ans tous s’attendent à ce que ça explose ici. Il faut dire qu’ici rien ne va plus : pas d’argent, mauvaise politique, guerre plus ou moins latente avec les rebelles du nord, pauvreté extrême (mais ils ne font rien pour s’en sortir…). Mais ce même gendarme m’annonce que la situation est pire en république Centrafricaine, où je me rends cet après-midi ! Ca promet !

A l’aéroport, les douaniers essayent de m’arnaquer en voulant me faire payer le double de la taxe normale, mais, ayant un doute, je résiste et fais bien… L’avion d’Air Afrique n’a que 40 minutes de retard et je m’envole enfin pour Bangui.
Le Tchad est un pays que je ne regretterai pas, oh non ! Deux jours m’ont largement suffit pour comprendre la mentalité pourrie qui y règne. « Mais, vous savez, on s’habitue à tout », m’a dit une employée de l’ambassade…

10/02/01
La République Centrafricaine est un état créé en 1960 après avoir obtenu l’indépendance de la France : grand comme cette dernière, il n’a que 3.400.000 habitants, 6 au km², dont 85% d’agriculteurs. Le PIB mensuel par personne est de 160 FF, l’espérance de vie de 49 ans. Ce pays est bordé du Tchad et du Soudan au nord, du Cameroun à l’ouest, du Congo et surtout du Zaïre au sud.

Ce lundi 5 février 2001, c’est de nuit que j’atterris à Bangui, la capitale réputée comme étant très dangereuse, située au bord de la rivière Oubangui qui se jette plus au sud dans le fleuve Congo. Le nord de l'ex-Zaïre, en guerre avec Kinshasa, se trouve juste de l’autre côté et Bangui reçoit quelquefois des éclats de bombe ou des rafales d’attaques aériennes venues du sud.

A l’aéroport, je rencontre une Sœur venue accueillir un Frère Franciscain arrivant de Paris, qui me propose de me conduire à la Mission Catholique, ce que j’accepte bien volontiers, vu l’insécurité qui règne dans l’aéroport, où nous sommes agressés verbalement par des voyous visiblement drogués qui veulent briser les vitres de la voiture. Un policier arrive enfin. Pour nous aider ? « Mais non », dit la sœur, « il est avec eux… ». En quelques mots, j’ai compris où je me suis fourré…

Nous filons et arrivons à la Mission , où l’accueil qui m’est réservé n’est pas très agréable, mais en discutant ferme je finis par avoir une chambre, très modeste, avec douche mais sans eau chaude, sans wc, sans climatiseur, ni même ventilateur, avec un petit lit à ressorts, bien trop souple, pour 100 FF quand même (avec le petit déjeuner)! Les religieux, eux, ne payent que 30 FF, ça c’est l’application de « Tous les hommes sont frères ». L’égalité entre les hommes n’existe pas ici, mais, bon, le principal est que je sois logé pour la nuit…


Mardi matin, je vais visiter le centre de la ville, bien plus propre et mieux entretenu que N’Djamena. Une foule de gens attend l’ouverture de la Trésorerie : les salaires des fonctionnaires ont de nombreux mois de retard et l’état n’a (soi-disant) plus d’argent. Pour l’école, c’est « année blanche », car les instituteurs et professeurs sont en grève depuis le début de l’année : ils ont 30 mois d’arriérés de salaire. Certaines écoles ont réouvert la semaine dernière, l’état ayant préféré embaucher de nouveaux instits plutôt que de payer les anciens… Autre problème crucial ici : la pénurie d’essence, la société de distribution étant en faillite. D’après les bruits qui courent, le directeur aurait vendu (sous le manteau) toute l’essence aux rebelles Zaïrois et aurait disparu. Du coup, on ne peut obtenir du carburant qu’au marché noir, avec un litre de super aux environs de 8 FF.

Comme je veux prendre en photo le magnifique drapeau du pays qui se trouve devant la mairie, je me rends à l’intérieur pour demander l’autorisation : et là j’attends, je vais de bureaux en bureaux, je rencontre le Chef du protocole, qui téléphone au ministre, qui le rappelle plus tard (peut-être après avoir appelé le président…) pour m’accorder finalement l’autorisation. Après une demi-heure d’attente, je peux prendre ma photo, sous la surveillance étroite du Chef du protocole. Mais j’ai bien fait d’avoir demandé, car autrement j’aurais sans doute été arrêté, appareil confisqué, et j’aurais peut-être même été emprisonné pour espionnage. Je ne plaisante pas, c’est comme cela que cela se passe ici (c’est pourquoi j’attends toujours d’être sorti de ce type de pays pour vous faire mon compte-rendu…).

Je visite ensuite le musée, fort intéressant pour une fois ; seul hic au tableau : ma gentille guide a refusé que je me déshabille pour enfiler un des cache-sexe exposés. Peut-être que si j’avais un peu plus insisté…

En début d’après-midi je rejoins la gare routière où je prends un taxi-brousse pour M’Baïki, préfecture située à 105 kilomètres de Bangui et accessible par une bonne route goudronnée. Mais le voyage dure plus de trois heures et le taxi est très inconfortable : non seulement les sièges sont défoncés, mais nous sommes surchargés, moi-même partage le siège avant avec deux autres personnes (plus le chauffeur…). En plus il y a de nombreux barrages de police, gendarmerie, douane, immigration, contrôles divers et péages, je n’en vois plus la fin… Nous traversons des paysages de forêts et de petits villages de brousse, c’est la nature et c’est beau, puis le village de l’empereur Bokassa 1° , soutenu par Giscard d’Estaing (vous vous rappelez, quand même ? Mais les jeunes apprennent-ils à l’école la vérité sur l’histoire contemporaine ?). Mais la grande propriété de l’empereur est aujourd’hui transformée en centre de formation militaire…

J’arrive enfin à M’Baïki, qui est un gros bourg où se mélangent une majorité de musulmans, des chrétiens et des animistes, alors que la principale religion en Centrafrique est le catholicisme (25%), la plupart des gens étant animistes.

Puisque je n’ai pas déjeuné à midi, je dîne d’un ragoût d’antilope et de manioc, c’est fort et je n’aime pas trop. Le chef dela prison, qui a voyagé avec moi, me conseille une petite auberge de 4 petites chambres : juste la place du lit, un coin toilette avec seau d’eau, une lampe à pétrole et c’est tout. Le wc est construit à l’extérieur : un simple trou, dans lequel il faut bien viser. Mais c’est propre et la nuit ne coûte que 20 francs, ce n’est pas du vol. La ville n’a plus d’électricité depuis plusieurs mois, depuis qu’il n’y a plus de carburant pour alimenter le générateur. C’est vraiment la ville à la campagne, la vie comme au 19° siècle, mais la famille qui me loge est très sympathique et ça, c’est le plus important. La musique du coin, Zaïroise surtout, me berce jusqu’aux environs de minuit : un bar-dancing qui se trouve à une centaine de mètres de l’auberge possède un groupe électrogène.


Mercredi matin, après une bonne nuit, je déjeune frugalement d’une bouillie de riz et d’un biscuit. Puis je prends un taxi-brousse jusqu’à la SCAD, une exploitation de café à 25 km de là par une bonne piste. Là je veux me rendre à pied jusqu’au petit hôpital de Sipo, tenu par des Sœurs, à 7 km, mais la police locale m’en empêche, prétextant qu’il faut une autorisation du Ministère du Tourisme, ou alors qu’il suffit que je paye 100 FF pour avoir leur autorisation. Je sais bien qu’il s’agit une fois de plus d’une intimidation et d’une tentative d’extorsion de fonds et ne cède pas. J’obtiens enfin, au bout d’une quarantaine de minutes, l’autorisation « exceptionnelle » et gratuite de poursuivre ma route. Au bout de 4 ou 5 km, une voiture me ramasse et me laisse à Sipo : c’est un village où vivent un grand nombre des 15.000 pygmées centrafricains restants. Beaucoup de malades attendent la consultation des quatre sœurs, avec qui je discute et qui sont complètement dépassées et sans moyens véritables.

Les pygmées sont de petite taille, 1,50 mètre environ, de peau noire mais un peu claire, et ont une face assez typée et souvent ridée : ils me rappellent un peu les Bushmen des pays d’Afrique du Sud ou de Namibie. Ceux qui vivent au village ont les mêmes habitations que les autres ethnies, mais leur habitat est différent en forêt (huttes). Ils rencontrent ici les mêmes problèmes qu’au Cameroun : des sociétés exploitent les forêts et abattent les arbres un peu plus loin, à la frontière du Zaïre, là où survivent de nombreux réfugiés Zaïrois, et c’est ainsi que les Pygmées, hommes primitifs vivant de cueillette et de chasse, voient leur milieu naturel se détruire et le gibier s’enfuir. C’est un peuple condamné, un de plus, qui va disparaître…


Je retourne, moitié à pied, moitié en voiture, jusqu’au village de la SCAD où je déjeune d’une bonne grillade de chèvre, accompagnée de rouleau de manioc. Un taxi-brousse arrive et me ramène à M’Baïki en milieu d’après-midi. Au moment où je débarque, deux jeunes femmes se battent et l’une déshabille complètement l’autre. Les nombreux voisins, enfants et adultes, rient et les incitent à continuer. Quant à moi je n’ai pas osé sortir mon appareil photo. Bon, à quand le prochain round ?

Veillée avec mes hôtes et seconde nuit à l’auberge.


Jeudi, je pensais revenir à Bangui, mais je décide finalement de rester une journée de plus à M’Baïki. C’est ici la campagne et, de toute façon, je n’ai rien à faire à Bangui… A midi, je mange du hérisson, ce n’est pas mauvais (mais ce n’est pas bon non plus…). Mais j’ai plus tard un haut le cœur quand la cuisinière m’indique comment elle l’a préparé, en le lavant bien afin d’enlever tous les asticots qui y résidaient… En plus le restaurant s’appelle « Tue-moi ce soir ».

Véridique ! C’est ça l’Afrique… Je passe ma journée à me promener et à bouquiner. Le soir on me propose des chenilles grillées, mais ça, non, rien à faire, je n’ai pas pu y goûter… Pourtant ce ne doit pas être mauvais, puisqu’elles naissent et vivent dans les arbres, ne se nourrissant que de feuilles ; mais c’est leur aspect qui me rebute…

Puis les problèmes arrivent : le commissaire de police, accompagné notamment du préfet, venus boire un coup (ils n’en sont pas à leur premier verre visiblement), me prennent à partie : le commissaire me confisque mon passeport, le préfet m’insulte en me traitant de menteur et d’espion, etc, etc, tout cela parce que je ne me suis pas présenté à eux ! ! ! Mais je ne me démonte pas, je ne suis pas du genre à m’écraser, et les remercie de leur accueil chaleureux, leur disant qu’ils contribueront certainement à l’excellent souvenir que je garderai de ce pays si peu corrompu et si bien dirigé…

Soirée morne. Mon aubergiste, qui est aussi adjointe au maire, me promet que je récupèrerai mon passeport sans problème le lendemain matin. La nuit tous les chats sont gris…(je vous l’accorde, ça n’a rien à voir. Ce proverbe m’a traversé l’esprit alors que je frappais comme un damné sur mon clavier informatique). Dernière nuit à M’Baïki.


Vendredi, je récupère en effet mon passeport sans trop de difficulté, le commissaire ne me demandant qu’une bouteille de whisky et moi rétorquant que je n’ai plus d’argent pour cet achat et que de toute façon je ne voudrais pas le pousser dans l’alcoolisme… Puis je prends le taxi-brousse pour Bangui et, là, on m’embête encore à l’immigration : je suis soi-disant passé en fraude à l’aller, alors qu’ils m’avaient enregistrés. Mais ils sont forts : il n’y a plus aucune trace de mon passage sur le registre, qu’ils avaient pourtant remplis devant moi ! Après avoir essayé de me prendre 100 FF pour un coup de tampon, j’ai pu repartir sans rien payer une fois de plus et arriver à bon port en fin de matinée.
Je passe l’après-midi sur Internet, durant trois heures, à écrire mes « Mémoires », que je vous enverrai plus tard du Congo (ça vaut mieux…). Je discute aussi avec un inspecteur des impôts, une race que j’ai du mal à supporter en France, qui me dit que l’état allant instaurer la TVA, il vient de faire une étude : en République Centrafricaine, il n’y a même pas 200 entreprises pouvant être concernées par cette mesure !

Je trouve un petit hôtel qui est cher et d’un rapport qualité/prix exécrable, 200 FF, malgré la réduction que l’on m’accorde (parce que le patron s’appelant Monsieur Lévy, je lui ai dit que je connaissais quelques membres de sa famille en France...). Mais j’y apprécie la télévision et les émissions de TV5, par contre la climatisation n’est pas indispensable en cette saison. Malgré les moustiques (mais par où rentrent-ils ?), je passe une nuit agréable.


Samedi matin je vais faire un tour en ville, où je rencontre des enfants de la rue qui m’accompagnent ensuite jusqu’à l’association SARA MBI GA ZO, qui s’occupe d’eux et où je peux discuter une bonne heure avec un animateur et le directeur. Eux aussi n’ont pas beaucoup de moyens pour agir dans un pays où les enfants de la rue sont de plus en plus nombreux (certains sont des réfugiés venant d’autres pays).

A midi, je rencontre une personne de bon niveau et nous parlons politique et corruption; il pense, comme beaucoup, que les premiers et seuls bénéficiaires de l’aide financière et humanitaire sont le chef de l’état et les ministres qui ne font qu’appliquer l’adage bien connu : « Charité bien ordonnée commence par soi-même. »

Puis je me rends à l’aéroport vers 16 heures, le vol n’a qu’une heure de retard, et, à 19 heures, je m’envole et quitte le pays avec un certain soulagement. C’est sûr que je n’ai pas bien visité la Centrafrique, loin de là, mais le peu que j’ai vu ou vécu m’a suffit. Touristes, ce pays n’est pas pour vous, à moins que vous ne soyez chasseur et riche en même temps...
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