I les projets de William Boltyn








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Projets de mariage


Tom Punch terminait sa seconde bouteille de claret, lorsqu’une sonnerie impérieuse vint le rappeler à ses devoirs de majordome.

Il s’étira, en bâillant, avec la mine fâchée d’un chat que l’on réveille.

– Quelle existence ! Toujours dérangé au moment où on se livre à des réflexions sérieuses. Tous les jours la même chose : boire de l’ale le matin, du claret dans l’après-midi, et du champagne le soir. Manger plus que son appétit à tous les repas. Dire que voilà l’existence où je m’encroûte.

Et le pauvre homme, ainsi qu’une mappemonde qui se plaindrait de n’avoir pas la taille fine, se trouva les joues moins pleines en se regardant au miroir, cependant qu’il refaisait correctement le nœud élégant de sa cravate blanche.

L’infortuné personnage – notons-le en passant – touchait, au seul fait d’employer sa journée à mettre à sac les caves de son maître, une indemnité annuelle de dix mille dollars.

Mais, il est juste de le reconnaître, ce gros homme rougeaud faisait, en habit noir, un merveilleux effet dans les dîners. C’était véritablement un personnage décoratif.

Il possédait, de plus, une science de la gourmandise qui le rendait presque indispensable à William Boltyn.

Ayant consulté le tableau avertisseur de la sonnerie électrique, Tom Punch vit que l’appel de son maître partait du cabinet de travail.

Il s’y rendit sans se presser, non sans avoir vidé d’un trait le verre qu’il avait laissé à moitié plein.

Le cabinet de travail du milliardaire était, comme nous l’avons vu, une pièce parfaitement appropriée à sa destination.

Un bureau immense, mais sans ornements, une vaste table simplement recouverte de molesquine noire, quelques sièges en pégamoïd1, c’était, avec une rangée de cartonniers et les appareils du téléphone et du télégraphe, tout le mobilier.

Le long du mur, une carte synoptique de l’Union indiquait l’emplacement des principaux troupeaux de bœufs ou de porcs, avec le chiffre approximatif des têtes.

Tout cela, méticuleusement rangé, dégageait une impression sévère.

On sentait, dans les moindres détails, l’esprit, pratique et ennemi des choses inutiles, du maître.

Lorsque le majordome se présenta pour prendre les ordres, William Boltyn annotait rapidement une feuille imprimée qu’on venait de lui remettre.

C’était le relevé exact du bétail qui, chaque matin, entrait dans ses abattoirs.

Debout devant une fenêtre, Aurora et Hattison s’entretenaient à mi-voix.

Au loin, la ville s’étendait à perte de vue, avec ses gigantesques monuments et ses larges avenues sillonnées de tramways et de cycles électriques.

– Ah ! te voilà, Tom, s’écria Boltyn. Je te préviens que l’honorable M. Hattison est notre hôte ce soir. Je compte sur toi pour composer un menu digne de lui.

– All right ! All right ! fit Tom Punch, avec un dodelinement de tête.

Et il disparut pour aller faire ses recommandations au cuisinier français que le milliardaire avait arraché à prix d’or à un des premiers restaurants parisiens.

Ayant rapidement terminé son annotation de la feuille statistique du jour, et signé celle qui concernait les arrivages du lendemain, Boltyn vint retrouver sa fille et l’ingénieur.

– Ah çà ! pourrait-on savoir ce que vous complotez depuis une demi-heure ? s’écria-t-il, derrière eux, en riant.

– Mais rien du tout, père. J’étais en train de demander à M. Hattison des nouvelles de son fils.

– Et comment va M. Ned Hattison ? Mon cher savant, vous pouvez vous flatter d’avoir réussi dans l’éducation de votre fils. À vingt-deux ans, c’est déjà un ingénieur éminent, qui s’est fait connaître par plus d’une découverte. Il va bien, ce jeune homme ?

– Mais oui, répondit Hattison. Ned me donne beaucoup d’espérances. C’est un travailleur au moral solide.

– Et que nous avons le regret de ne point connaître, ajouta Aurora.

– Mon fils sort peu. Il est très occupé par ses études. Je vous le présenterai lorsque vous viendrez visiter Mercury’s Park.

– Mais, voyons, reprit William Boltyn en tirant son chronomètre, quelle heure est-il ? Sept heures et demie. Vous proposerai-je un tour aux abattoirs, mon cher ingénieur ? Nous serons de retour pour le dîner. Il n’y a rien de pareil pour se mettre en appétit.

– Non, vraiment, je vous remercie ; je suis un peu fatigué. Du reste, je connais vos merveilles.

– Mais c’est comme vous voudrez, mon cher. Allons-nous faire une visite à mes dernières transformations, et voir comment j’ai fait installer vos appareils ?

– Volontiers.

Et Hattison offrit son bras à Aurora.

L’hôtel de William Boltyn était une immense construction sans élégance, mais où se trouvaient réunies les inventions les plus extraordinaires, les derniers perfectionnements de l’art de bâtir ; en un mot, tout ce que l’intelligence humaine a découvert de plus ingénieux pour rendre l’existence confortable.

Là, toutes les inventions du prodigieux Hattison étaient appliquées avec cette entente pratique de la vie qui distingue, entre tous, l’Américain.

Fi ! des vieilles bâtisses incommodes, où l’on n’en finit pas de monter et de descendre, lorsqu’il s’agit de se procurer la moindre chose, où l’on gaspille le temps, comme si le temps ne coûtait rien.

William Boltyn, lui, en était avare, et ne flânait jamais.

Chez lui, tout était combiné pour économiser jusqu’aux minutes.

Sa demeure était, sous ce rapport, merveilleusement comprise. Tout y fonctionnait à l’électricité.

Les cuisines et les écuries occupaient les deux premiers étages. On y aurait vainement cherché la trace d’un fourneau ou d’une cheminée.

Pourquoi donc toute cette peine inutile, lorsque, pour faire cuire les aliments, il suffit d’avancer d’un cran l’aiguille d’un petit cadran dont chaque marmite est munie, ou bien de tourner un bouton pour qu’une plaque d’iridium, enchâssée dans la muraille, rougisse instantanément et porte la température des chambres au degré voulu !

L’électricité a longtemps joué à cache-cache avec l’humanité. Aujourd’hui, elle est devenue la messagère la plus sûre et la plus prompte, la femme de chambre la plus commode et la plus docile.

Des ascenseurs d’un nouveau genre, obéissant à deux touches d’ivoire, desservaient les différents étages.

Dans chaque appartement, un cadran électrique, commandant à des rouages automatiques – une invention d’Hattison –, permettait d’avoir immédiatement la boisson désirée, un repas servi, de l’eau chaude ou de l’eau froide.

D’ingénieuses combinaisons de phonographes faisaient presque, pour l’étranger de cette maison, une demeure enchantée.

Il suffisait d’un simple geste pour entendre, à volonté, l’opéra en vogue, ou le dernier discours d’un honorable représentant.

Ajoutez à cela un luxe inouï dans l’ameublement et la décoration, pour lesquels le milliardaire avait dépensé sans compter, d’immenses salons qui pouvaient facilement contenir toute la haute société de Chicago ; et vous aurez une faible idée de l’hôtel de William Boltyn.

Dans un petit salon retiré, celui-ci avait eu la fantaisie de faire assister son hôte à une tuerie de porcs.

Un cinématographe extraordinaire donnait, à s’y méprendre, les apparences de la réalité.

De plus, un phonographe, dissimulé sous des tentures, et reproduisant avec une scrupuleuse fidélité le sifflement des machines, les appels des bouchers, et les coups de timbre qui, automatiquement, enregistraient la mort de chaque animal, complétait à merveille l’illusion.

Malgré ses préoccupations, Hattison s’était fortement intéressé à cette série de tableaux.

Ce sport inoffensif était la distraction favorite du milliardaire.

Souvent il se faisait apporter par Tom Punch une bouteille de vieux porto, et il passait une heure entière contempler ce spectacle.

Cette fois, au moment où, enfourchant son dada habituel, il commençait une longue explication sur le mécanisme de ses usines, le timbre électrique annonça que le dîner était servi.

Tom Punch avait fait des merveilles.

Il faut dire qu’il avait trouvé l’inspiration au fond de certain vieux flacon d’old gin dont l’absorption eût fait rouler sur le plancher tout autre que lui. De rouge qu’elle était habituellement sa face était devenue cramoisie.

Sous ses épais sourcils, ses petits yeux gris dansaient une sarabande comique.

En un clin d’œil, la salle à manger avait été transformée en une sorte de jardin d’été.

Une double rangée de palmiers nains, d’aloès et de cactus formait autour de la table une vaste circonférence.

Dans chaque coin, d’énormes buissons d’orchidées et de magnolias montaient jusqu’au plafond, formant des grottes artificielles, où le génie inventif de Tom Punch avait placé de petits guéridons en bois de rose, supportant eux-mêmes des corbeilles de fruits et de fleurs de tous les pays du monde.

Sur les murs de laque blanche rehaussée d’or, des plantes grimpantes serpentaient, parmi les tableaux de maître qu’on n’avait pas enlevés.

Au centre de la table, un massif de roses thé escaladait le lustre des lampes électriques.

De plus, une infinité de petites ampoules à incandescence avaient été disséminées dans les buissons et parmi le feuillage des palmiers.

Sous cette profusion de lumières, les services en or massif étincelaient de mille feux, parmi la blancheur nacrée des porcelaines.

C’était féerique et pourtant d’assez mauvais goût.

Mais qu’importaient à des Américains des considérations de ce genre ?

Aurora, qui avait, en cachette, donné les ordres pour cette transformation, était ravie.

– Bravo, Tom ! cria-t-elle, en entrant, au bras de l’ingénieur. C’est bien réussi.

Par politesse, Hattison joignit ses compliments à ceux de la jeune fille.

Quant à William Boltyn, du moment que cela faisait plaisir à sa fille, il était content.

Mais toutes ces choses inutiles ne lui eussent pas tiré un mot d’enthousiasme.

Il payait. C’était sa manière, à lui, d’exprimer son admiration.

Nos trois personnages prirent place à la table ; l’ingénieur à coté de la jeune fille, Boltyn faisant face.

Derrière chacun d’eux un valet de pied se tenait immobile, prêt à satisfaire leur moindre désir.

Le milliardaire exultait.

Son immense orgueil était satisfait.

La conférence de l’après-midi avait réussi au-delà de ses espérances.

Ce n’était plus qu’une affaire de temps, c’est-à-dire d’argent ; et l’Amérique toute-puissante imposerait sa suprématie commerciale aux vieilles races barbares de l’autre côté de l’Atlantique.

Pourtant, tout en attaquant silencieusement le volumineux rosbif que Tom Punch venait de disposer sur la table, il jetait à la dérobée un regard vers sa fille et l’ingénieur.

Évidemment il roulait dans son cerveau quelque pensée qui le tourmentait.

– Eh bien, miss, s’écria-t-il après s’être servi une respectable tranche de viande, comme tu es belle ce soir ! By God ! Si tu n’avais déjà repoussé quelques douzaines de prétendants, je croirais que tu as envie de te marier.

Aurora avait revêtu une robe de satin bleuté, sous laquelle sa taille dégagée et la sveltesse de ses formes se montraient discrètement.

Ses cheveux blonds, dans lesquels brillait une aigrette de diamants, encadraient harmonieu­sement son visage qui, malgré une certaine dureté de lignes qu’elle tenait de son père, avait ce teint frais et velouté particulier aux jeunes femmes américaines. Ce fut d’une voix légèrement railleuse qu’elle répondit :

– Que voulez-vous, père, tous ces gentlemen auraient sans doute fait de fort bons maris, mais... – et elle fit une petite moue dédaigneuse – ils ne me plaisaient pas. Vous êtes assez riche pour me permettre de choisir mon mari ; et puis, je ne suis nullement pressée.

– Oh ! mais je ne veux pas t’imposer ma volonté. C’est ton affaire, cela. Je te sais assez raisonnable pour ne pas commettre d’impair. Prends-moi un homme sérieux, un vrai Yankee ! Quand je pense, continua-t-il en s’animant, qu’il y a de nos compatriotes assez stupides pour aller chercher des maris en Europe, en France même, pour s’allier à ces êtres inutiles qui ne savent seulement pas gagner un dollar ! C’est honteux pour nous, n’est-ce pas mon cher savant ?

– Je suis complètement de votre avis, répondit Hattison, d’autant plus que ces éléments étrangers introduisent dans notre race leurs vices et leur absence totale d’énergie. C’est du plus déplorable effet.

– Bravo ! s’écria William Boltyn. Que les Yankees se marient entre eux, que nos projets réussissent ; et l’Amérique sera la première nation du monde.

Aurora écoutait avec curiosité.

Elle se demandait où voulait en venir son père.

C’était la première fois qu’il lui parlait de son mariage, même en plaisantant.

En somme elle était complètement de son avis, et lui savait gré de l’éducation pratique qu’il lui avait donnée.

Quoique n’ayant jamais pensé sérieusement au mariage, elle était bien décidée à n’épouser qu’un homme actif, élevé dans les mêmes idées qu’elle.

Le dîner prenait fin.

Plus rubicond que jamais, au point qu’il semblait s’être barbouillé la figure de sang de bœuf, Tom Punch surveillait magistralement les domestiques, qui faisaient disparaître la vaisselle du dîner au moyen d’un monte-charge, lorsque le tube pneumatique, qui desservait tous les appartements, apporta une lettre pour M. William Boltyn.

À peine le milliardaire l’eut-il ouverte, qu’il partit d’un franc éclat de rire.

– Mon cher Hattison, s’écria-t-il, écoutez donc ce que m’écrit l’honorable Harry Madge, président du Club spirite.

Et il lut :

Sir,

Vous m’avez fait connaître, cet après-midi, que j’étais un élément de discorde dans l’assemblée à laquelle vous m’aviez prié d’assister.

Convaincu de la véracité de mes principes, avant peu je vous donnerai la preuve formelle de ce que j’ai avancé.

Devant la formidable puissance de l’occulte, pas une science matérielle n’est capable de résister.

Je préfère pour le moment me retirer ; mais ne voulant pas vous priver du concours pécuniaire que vous attendez de moi, je vous informe que je tiens à votre disposition la somme que vous aurez fixée comme quote-part de membre de votre association.

HARRY MADGE.

– Ah ! elle est bien bonne, s’écria Boltyn. Décidément le pauvre homme est déséquilibré.

– Je le crois, répondit l’ingénieur. Mais pensez-vous que nous devrions accepter ses subsides ?

– Assurément ! Il faut bien lui laisser la seule occasion qu’il ait de se rendre utile à l’Union.

Sur la question de spiritisme, les deux hommes étaient parfaitement d’accord.

En dehors des choses matérielles, ils n’admettaient l’existence de rien.

L’avenir devait singulièrement les détromper.

Quand à Tom Punch, qui avait familièrement écouté la lecture de cette lettre, il partageait l’opinion de son maître.

Ce petit homme, maigre et chauve qu’était Harry Madge, lui paraissait plutôt risible.

Il avait, du reste, considérablement baissé dans son estime depuis le jour où il avait déclaré devant lui n’aimer ni le vin ni l’alcool. « Avec des hommes comme ça, pensait Tom Punch, l’humanité deviendrait aussi morose qu’une barrique vide. »

On se leva de table.

Aurora s’esquiva, laissant les deux hommes dans un petit fumoir, où le majordome leur servit le punch, accompagné, suivant l’usage de certaines contrées d’Amérique, d’amandes amères et de tartines beurrées.

Distrait un instant par la lettre d’Harry Madge, William Boltyn revint inconsciemment à l’idée qui, pendant tout le dîner, avait paru occuper son esprit.

Cette idée était celle-ci : il voulait marier sa fille à Ned Hattison.

Cependant il était embarrassé. Il eût préféré que la demande vînt du père de ce dernier. Mais, l’ingénieur n’avait jamais paru comprendre les allusions indirectes qui avaient été faites à ce sujet.

Depuis un moment, M. Boltyn réfléchissait en mordillant sa moustache, ce qui, chez lui, était un signe évident de perplexité.

Tout à coup, il se leva brusquement, et vint se placer devant Hattison, qui s’était versé une rasade et buvait à petites gorgées, en fumant un havane de choix.

– Mon cher collègue, dit William Boltyn, – permettez-moi de vous donner ce nom –, j’ai depuis quelque temps une idée, un projet qui couronnerait d’une manière heureuse la vaste entreprise que nous commençons aujourd’hui, et qui serait le corollaire.

– Je vous écoute, mon cher Boltyn.

Un peu déconcerté par ce laconisme, bien que sachant l’ingénieur sobre de paroles, le milliardaire continua.

– Ce projet n’a pas tout à fait rapport à notre association. Pourtant... Enfin, je vais vous dire carrément ce dont il s’agit. Voilà. Aurora a maintenant vingt ans. C’est une jeune fille sérieuse ; vous la connaissez. Je pense à la marier. D’un autre côté, votre fils Ned a vingt-deux ans. C’est un homme d’avenir, un Américain comme je les aime. Je veux tout simplement vous demander s’il ne vous plairait pas de voir votre fils épouser Aurora.

– Mais, dit l’ingénieur surpris et hésitant, je suis évidemment heureux de l’estime que vous avez pour Ned. Êtes-vous sûr que miss Aurora ?...

– Oui, assurément, il faut prendre l’avis des jeunes gens. De mon côté, je crois ma fille trop intelligente pour ne pas accepter ce mariage.

– Mon avis est, dit Hattison, qu’il ne faut rien brusquer. Miss Aurora ne connaît pas encore mon fils. Ils peuvent se plaire ou ne pas se convenir. Le mieux est de ne pas les influencer ; ils sont déjà d’âge à savoir ce qu’ils ont à faire.

– Vous avez peut-être raison, dit le milliardaire.

– Aussi, continua l’ingénieur, après avoir réfléchi quelques instants, voici ce que je vous proposerai. D’ici deux mois, les travaux de Mercury’s Park seront assez avancés. Venez les visiter en compagnie de miss Aurora. Mon fils s’y trouvera ; car je pense lui confier la direction d’une partie de l’entreprise, probablement celle des sous-marins et des torpilles.

À la suite de cette conversation, Aurora ne sut rien de ce qui se tramait entre son père et Hattison au sujet de son avenir.

Ordinairement, le mariage des jeunes filles yankees se prépare avec beaucoup moins de précautions.

La jeune Yankee n’a pas du tout, sur cette question, les mêmes idées que l’Européenne.

Son éducation lui fait considérer le mariage comme une affaire. Elle se cherche elle-même un mari, et parle de son union aussi naturellement que s’il s’agissait d’un bal ou d’une excursion.

William Boltyn ne cherchait plus à contenir sa joie débordante.

Il le voyait bien, le mariage de sa fille et de Ned Hattison était à peu près conclu, puisque l’ingénieur y consentait en principe.

Décidément tout lui réussissait.

Ce n’était plus le milliardaire autoritaire et guindé que nous connaissons. Volontiers il eût dansé la gigue, comme au temps où il n’était encore qu’un simple garçon de bar.

– Mais venez donc voir ce qui s’avance là-bas, s’écria tout à coup Hattison, en désignant l’extrémité de l’avenue.

En effet, une lueur phosphorescente se rapprocha rapidement et passa devant l’hôtel avec une vitesse vertigineuse.

À leur grande stupéfaction, ils venaient de reconnaître Harry Madge, dans un véhicule dont aucun type connu ne pouvait donner une idée.

C’était une sorte de cage de cristal, dans laquelle une grande roue métallique semblait tourner avec furie.

Les yeux fixés sur un cadran lumineux, le président du club spirite, toujours coiffé de son bonnet à boule de métal, disparut à leurs yeux, avant qu’ils se fussent remis de leur étonnement.

Harry Madge avait enfin reçu livraison de son chariot psychique.

V



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