Ebauche d’etude sur la direction du pcf de 1920 a 1977 dans son rapport aux dirigeants syndicalistes








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EBAUCHE D’ETUDE SUR LA DIRECTION DU PCF DE 1920 A 1977 DANS SON RAPPORT AUX DIRIGEANTS SYNDICALISTES

Par Gérard QUENEL, septembre 2011


En 1895, la CGT naît, notamment, de la volonté farouche de syndicalistes français, tant modérés que révolutionnaires, de ne pas voir le parti socialiste guesdiste considérer le mouvement syndical comme un territoire subalterne, simple zone d’influence du territoire majeur que serait celui du parti socialiste et ouvrier. Par cette décision, à la fois pratique et symbolique, pour les fondateurs de la CGT, il en va de la survie d’un champ social et politique autonome : celui du syndicalisme. Plus précisément, sur un plan idéologique, cette décision, pour nombre de syndicalistes parmi les plus politisés, traduit une divergence fondamentale de conceptions sur la place et le rôle de l’Etat – et donc sur le rôle et la place des partis politiques, qui visent à exercer le pouvoir d’Etat – dans la perspective de l’avènement d’une autre société. En 1906, la Charte d’Amiens confirmera cette option, alors majoritaire, du syndicalisme français, qui constitue son particularisme relativement à d’autres syndicalismes européens.

Dans la période suivante, deux événements, dont la rapide succession va jouer un effet amplificateur pour chacun, vont faire évoluer cette situation : à partir de 1914, la Grande guerre ; à partir de 1917, la révolution bolchevique en Russie.

Le premier, la Grande Guerre, provoque une cassure dans la CGT entre ceux qui vont s’accommoder syndicalement et politiquement de l’état de guerre, dans le cadre de l’Union sacrée, et ceux qui vont le refuser. La participation de la CGT à des structures étatiques durant la guerre sera un des éléments de cette première cassure.

Le second, la révolution russe, provoque une autre cassure, qui ne recouvre pas exactement la première, relative à l’adhésion idéologique plus ou moindre à cette révolution des syndicalistes CGT. Ce second événement pose, lui aussi, sur un plan théorique, la question du rapport du syndicalisme à l’Etat, mais aussi, et là de façon beaucoup plus pratique pour les syndicalistes français, le rapport du syndicalisme au parti ouvrier, tel que le conçoivent les bolcheviques : le parti communiste. Dans cette conception, plus ou moins dérivée de la pensée de Marx, l’on retrouve, en effet, des traits du guesdisme, produit lui aussi de la même pensée.

Avec la naissance, en 1920, du PCF, puis, en 1921-1922, de la CGTU, fruits de ces cassures, pour les syndicalistes qui ont choisi ces deux nouvelles organisations, le problème n’est plus seulement celui de conceptions divergentes, mais celui de comportements pratiques à tenir : s’ils se plient à la conception léniniste, il s’agit de passer de l’état de syndicaliste communiste à celui de communiste syndicaliste.

Ce passage, que certains ne voudront ou ne pourront effectuer, d’autres l’emprunteront, avec plus ou moins de conviction, et après plusieurs années de tâtonnement, dans un modus vivendi ou compromis de fait en dehors de toute règle statutaire, qui prendra la forme, pratique mais aussi symbolique, d’une composition des organismes de direction, tant du PCF que de la CGTU, se voulant « concilier » les principes léninistes des rapports entre le parti ouvrier et les syndicats et les particularismes du syndicalisme révolutionnaire français, et d’abord celui du principe d’indépendance du syndicat avec les partis politiques. La tournure, là encore pratique et symbolique, de ce modus vivendi, jugé mutuellement avantageux, sera la double appartenance de militants syndicalistes révolutionnaires et communistes aux organismes de direction, au plus haut niveau (bureau confédéral de la CGTU et bureau politique du PCF) des deux organisations. De cette pratique nouvelle, émergeront deux figures syndicalistes essentielles : Gaston Monmouseau et Benoît Frachon.

La réunification syndicale de 1936 entre la CGT et la CGTU si elle mettra un terme officiel à cette pratique, la verra persister – voire s’amplifier dans les circonstances de la lutte clandestine contre l’occupant nazi - dans le comportement concret de la CGT et du PCF, ainsi que des individus l’exerçant à l’époque, et se perpétuera, redevenant même officielle en 1956, dans la pratique de nouveaux dirigeants syndicalistes et communistes de la CGT et du PCF.

Selon nous cette pratique, qui « règle », d’une façon « naturalisée » que nous exposerons, la question de l’indépendance syndicale du syndicalisme CGT dans un mécanisme qui n’est ni celui de la « courroie de transmission » ni celui de l’autonomie syndicale, va stabiliser de façon durable, avec néanmoins quelques soubresauts, les relations de la CGT et du PCF jusqu’en septembre 1977, moment où un désaccord majeur intervient entre le PCF et le Parti socialiste à propos des conditions d’un changement politique.
INTRODUCTION
La section française de l’Internationale communiste, dite Parti communiste français (PCF), née en décembre 1920, a déjà une existence de soixante années au moment où nous faisons commencé notre étude. La Confédération générale du travail (CGT), née en 1895, connaît donc, toujours au début de notre étude, sous des formes variées1, soixante années de relations avec le PCF.

C’est une longue période de relations qui va fortement structurer la période que nous étudions. Aussi, cette première partie va-t-elle chercher à montrer les grands traits qui distinguent ces soixante années de relations CGT-PCF.

Nous tenterons de démonter que, selon nous, la relation CGT-PCF, durant ces soixante années, va connaître quatre phases principales, auxquelles nous consacrerons à chacune une chapitre :

une première phase concerne la période 1921-1936. Elle débute avec la naissance du PCF et, à quelques mois d’intervalle, celle de la CGTU. L’on verra qu’elle va se caractériser, essentiellement, par de graves difficultés relationnelles que les deux organisations, ainsi que les organisations internationales auxquelles elles sont rattachées (l’Internationale communiste ou IC pour le PC ; l’Internationale syndicale rouge ou ISR pour la CGTU), ne vont cesser d’évoquer et de tenter de surmonter. La manière dont elles le feront donnera naissance à un mode de régulation de la relation PCF-CGTU, qui, selon nous, ne peut être, sauf dans une simplification largement abusive, être caractérisé par les termes de « dépendance » ou d’ « indépendance » ;

une deuxième phase débute alors, en 1936 – qui coïncide avec la réunification de la CGT, puis la victoire du Front populaire – qui, selon nous, va stabiliser le mode de relation établi dans la phase précédente jusqu’en 1964, date de la mort de Maurice Thorez, le secrétaire général du PCF. Durant cette période (1936-1964), soit près de trente ans (la moitié des soixante années de relations évoquées plus haut), deux militants communistes, Thorez, secrétaire général du PC depuis 1930, et Benoît Frachon – secrétaire général de la CGTU, en 1933 ; secrétaire de la réunifiée, en 1936 ; un des principaux dirigeants du PC clandestin, en 1939 ; co-secrétaire de la CGT à la Libération ; secrétaire général de la CGT, en 1947 – vont, par leur personnalité respective et l’interrelation qu’elle établit entre eux (et donc leurs organisations) vont incarner et symboliser la stabilisation de la relation entre CGT et PCF ;

avec la disparition de l’un de ces deux symboles débute, selon nous, une troisième phase provoquée par la modification des acteurs. Certes, cette phase, très marquée par la durée de la phase précédente, ne constitue pas une rupture avec celle-ci, mais, parce qu’elle ouvre à de nouveaux jeux d’acteurs – notamment autour de l’exercice du pouvoir dans les deux organisations – va déstabiliser le mode de relation établi jusqu’alors ;

enfin, la quatrième phase, que nous faisons débuter en 1977, avec la détérioration de l’Union des forces de gauche et un rééquilibrage électoral de celles-ci en défaveur du PCF, va amplifier la déstabilisation intervenue dans la phase précédente. C’est cette phase qui est en place au moment où notre thèse commence. L’étude de son évolution fera l’objet de toute notre deuxième partie (qui reste à rédiger)..
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