Ebauche d’etude sur la direction du pcf de 1920 a 1977 dans son rapport aux dirigeants syndicalistes








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Le Comité directeur du PC, qui, désormais, prend le nom de Comité central est renouvelé dans la proportion d’un peu moins de 57 %.

Cette proportion étant consécutive au nombre important d’entrants, il convient d’observer qui sont ceux-ci dans la mesure où mis à part ceux pour qui il s’agit d’un retour nous connaissons déjà Semard, Monatte et Colliard, sur lesquels nous dirons cependant quelques mots à propos de leur parcours depuis la dernière fois où nous les avons évoqués.

Le tableau suivant dresse l’état des nouveaux élus :


BROUT

Membre de la direction de la FD PC de Seine-et-Oise et de la CE de la CGTU

CREMET

Délégué permanent du PC à la propagande

DALLET

Militant communiste de la FD PC de la Seine

DORIOT

Secrétaire de la Fédération française des JC, secrétaire du comité exécutif de l’IC des Jeunes (ICJ) et, à ce titre, membre de la direction de l’IC

MIDOL

Ancien secrétaire de la Tribune des cheminots, journal de la Fédération CGT des Cheminots, exilé en Suisse depuis les grèves de 1920

GIRAULT

Secrétaire adjointe de la Fédération PC de la Seine, coopté au Bureau politique

BAZIN

Secrétaire interfédéral des FD PC Finistère, Morbihan, Loire-Inférieure, Vendée, Deux-Sèvres, Maine-et-Loire, Mayenne, Ille-et-Vilaine, Côtes-du-Nord

BOIN

Membre du bureau de la FD PC du Cher

CADEAU

Délégué de la région PC Côte-d’Or, Haute-Saône, Vosges, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Ardennes, Marne, Haute-Marne, Aube

JERRAM

Secrétaire de la FD PC du Nord, secrétaire général de la FD du Nord de l’ARAC

PERI

Délégué à la propagande du PC dans les Bouches-du-Rhône

CALZAN

Membre de la direction de la FD PC du Rhône

DELAGARDE


Membre du bureau de la FD CGTU des Métaux

GARNY

Secrétaire général du Syndicat des travailleurs de l’industrie de la viande, militant PC de Paris

MAHOURY

Pas d’information

SOUDEILLE

Membre du comité directeur de la FD PC du Rhône

THOREZ

Secrétaire général de la FD PC du Pas-de-Calais


On peut observer que la caractéristique essentielle de ces entrées réside dans le nombre important de nouveaux élus dirigeants des structures locales de province du PC, régions et départements : Bazin, Boin, Cadeau, Jerram, Péri, Calzan, Soudeille, Thorez.

L’on note, également, que Brout rejoint Gourdeaux et J. Jacob dans la situation de double appartenant aux directions nationales de la CGTU et du PC.

Evoquons, à présent, le retour de L. Colliard et les entrées de Semard et Monatte. L. Colliard a quitté le Comité directeur du PC en octobre 1922, lors du II e congrès. Elle ne figurait pas dans les listes du compromis entre tendances précédent le conseil national de janvier 1923. Depuis son départ du Comité directeur, elle serait restée déléguée permanente à la propagande du PC, particulièrement chargée des femmes.48 Par ailleurs, lors du II e Congrès de la CGTU, elle vient d’être élue membre de la commission exécutive de la confédération, où, là aussi, elle s’active dans le secrétariat féminin.

Quant à Monatte, nous l’avions laissé à peu près à l’été 1921, au moment où, avec d’autres, il désavoue publiquement Tommasi et Godonèche pour leur attitude au I e congrès de l’ISR. Peu de temps auparavant, en mai, il avait quitté le comité central des CSR, en désaccord avec une partie de celui-ci. En fait, Monatte ne souhaitait pas qu’une scission de la CGT se produise et agissait pour la transformer de l’intérieur. En cela, il se heurtait aux anarchistes. En janvier 1922, après un grave accident de santé, il a, alors, 41 ans, il quitte la direction de La Vie ouvrière. Son syndicat, celui des correcteurs demeurant à la CGT, il ne devient pas adhérent de la CGTU. Il n’est pas davantage adhérent au PC, dont la présence à la direction d’ex-dirigeants de la SFIO, comme Frossard et Cachin, excite sa méfiance. Pourtant, en mars 1922, il entre à L’Humanité, comme rédacteur de la rubrique sur la vie sociale. Dans ses articles, contre les anarchistes de la CGTU, il défend la fraction des dirigeants procommunistes ou communistes, tout en ne cédant sur la non subordination des syndicats au parti. Lorsque, au II e congrès du PC, en octobre 1922, la gauche de celui-ci est totalement écartée de la direction, il démissionne de L’Humanité. Ce n’est qu’après le conseil national du PC de janvier 1923, où la gauche y retrouve sa place, qu’il rejoint le PCF, en mai et reprend sa place à L’Humanité. Lors du III e congrès du PCF, Monatte présente une résolution de la commission centrale syndicale.49 Il y est, notamment, indiqué que jamais le PC ne se substituera aux syndicats dans l’action. Cadeau, autre entrant au CC, critique cette orientation. Pour lui, le PC se doit de conserver son droit de critique et en user vis-à-vis des syndicats lorsque ceux-ci s’engagent dans des actions pouvant entraîner les communistes à l’aventure.50

Semard, enfin. Nous avons vu que, lors du I e congrès de la CGTU, à l’été 1922, il est, avec Monmousseau, un des leaders syndicaux dont la tendance favorable au communistes l’emporte. Quelques mois plus tard, en novembre, alors qu’il se trouve à Moscou pour le congrès de l’Internationale communiste et celui de l’ISR, en compagnie de Monmousseau, il rencontre Lénine, lequel répond favorablement à leur souhait de ne pas établir de liens organiques entre l’Internationale communiste et l’Internationale syndicale. Un an plus tard, lors du II e congrès de la CGTU, à propos des commissions syndicales constituées par le PC, il plaide pour un syndicalisme de masse, ouvert et n’affirmant aucune doctrine.51

Comme on peut l’observer, l’entrée de personnalités comme Monatte et Semard y ravive le débat sur la question syndicale. En même temps, ces entrées semblent traduire un pas décisif des syndicalistes révolutionnaires vers le PCF tel qu’il est sorti de ses trois premières années difficiles d’existence.

Au lendemain du congrès, le CC se réunit pour l’élection du Bureau politique, du secrétariat et de différents responsables. Un affrontement s’y produit entre Souvarine et Treint à propos de débats dans le parti russe. Le premier défend Trotski, critique vis-à-vis de la direction en place, tandis que le second défend celle-ci et, en particulier, Zinoviev, premier dirigeant de l’Internationale communiste. Ce dernier, fin décembre 1923, a attaqué un texte de Trotski, le Cours nouveau, à qui il reproche de légitimer l’existence de courants divergents dans le parti russe. Staline ayant relayé cette attaque - il faut rappeler ici que Lénine est alors gravement malade et mourra dans les jours qui suivent -, Souvarine le blâme sévèrement dans le Bulletin communiste. Souvarine met également en cause Treint pour ses méthodes de direction, notamment dans la Fédération de la Seine que Treint dirige avec S. Girault. A l’issue de l’affrontement entre Souvarine et Treint au Bureau politique, le comité central décide d’écarter Treint du secrétariat du parti et du Bureau politique. Il désigne Sellier comme secrétaire général, assisté comme adjoints de Cremet et Marrane. Le reste du Bureau politique est composé de Cachin, Rosmer, Souvarine et Tommasi. Pour le reste des responsabilités attribuées par le comité central : Gordeaux est chargé du secrétariat de la commission syndicale centrale ; Cachin conserve la direction de L’Humanité, dont Rosmer devient secrétaire général ; Souvarine conserve la direction du Bulletin communiste ; Dunois prend celle des éditions de l’Internationale et du PC ; Souvarine et Treint sont désignés comme délégués auprès de la direction de l’Internationale.
Une semaine après le congrès du PC se tient le congrès national de la SFIO. Celui-ci décide d’accepter de former un Cartel des gauches avec les radicaux, rejetant l’alliance de Front unique que lui proposait le PC. En mai, le Cartel des gauches gagne les élections législatives. A celles-ci le PC recueille 875 812 voix, soit 9,5 % des suffrages exprimés et 26 sièges, dont 14 en Région parisienne. Doriot, nouveau membre du CC, est élu député à 26 ans. Autre élu du PC : Marty, le mutin de la Mer noire, libéré en juillet 1923. Un gouvernement est formé par le radical Herriot. La SFIO lui apporte son soutien.

Dans les jours qui suivent, le V e congrès de l’Internationale communiste, qui se tient à Moscou, décide d’engager la bochevisation des partis communistes. Ce congrès, dans ce cadre, décide d’exclure Souvarine et de remanier le PC français, qui est sévèrement critiquée pour son inaction dans les questions coloniales.

Comment est justifiée cette exclusion de Souvarine ? C’est que depuis le lendemain du congrès du PC les décisions prises n’avaient pas interrompues le débat sur la question russe. En février, sur proposition de Souvarine, le comité central avait adopté une résolution indiquant la possibilité de fractions dans le parti russe et, par conséquent, demandant que Trotski ne soit pas sanctionné. Cependant, le comité central ne s’était pas prononcé à l’unanimité sur ce point. Treint et S. Girault s’y étaient opposés, mais aussi Semard. Ils reçurent le soutien dans cette opposition de l’Internationale, qui en profita pour imposer le retour de Treint au Bureau politique. Ce retour, à son tour, provoquait la démission de Souvarine du Bureau politique. Mais celui-ci dans le Bulletin communiste continuait à défendre son point de vue. En mars, le Bureau politique du PC décidait qu’il devait désormais se fixer à Moscou et lui retirait la direction du Bulletin communiste pour la confier à Calzan. Treint proposa, alors, au comité central d’adopter de nouvelles thèses. Elles le furent, excepté par Souvarine, Monatte, Dunois et Rosmer, qui démissionna du Bureau politique. En avril, Souvarine lançait une souscription en vue de la publication d’interventions de Trotski. Au conseil national du PC de mai, Sellier annonça que le cas Souvarine serait réglé au congrès de l’Internationale. C’est donc, dans ces conditions52 que, lors d’une réunion de la direction de l’Internationale, la délégation du PC français demanda que Souvarine ne le représente plus. La commission chargée d’en décider lors du congrès de l’Internationale, présidée par Zinoviev, décida de l’exclure.

Cette décision est suivie de remaniements dans la présence du PC à la direction de l’Internationale : Dunois en est écarté ; Treint est promu au secrétariat ; Semard entre dans la direction internationale, avec une fonction de vice-président, ainsi que Sellier, S. Girault et Doriot.

La victoire paraît totale pour Treint, qui renforce ainsi son autorité à la direction du PCF. Semard semble avoir comme premier souci de ne pas s’opposer à l’Internationale. Monatte, Dunois, Rosmer deviennent, en revanche, des opposants à l’orientation présente de celle-ci. Cinq mois plus tard, Monatte, Rosmer, Delagarde, élu au comité central au dernier congrès, ainsi que Chambelland, secrétaire de rédaction à L’Humanité et ancien membre du Comité pour l’adhésion à la 3ème Internationale - comme, d’ailleurs Monatte et Rosmer - sont exclus du PCF.

Mais, entre temps, un peu avant la mi-août 1924, ce n’est pas Treint mais Semard qui est désigné, avec l’approbation de l’Internationale, comme secrétaire général du PC. Sellier n’est plus que secrétaire général adjoint. Treint, membre du Bureau politique.

Au-delà du fond des questions relatives au PC russe, qui ne relèvent pas de notre propos, il nous faut observer que ces questions sont l’occasion – ce qui ne veut pas dire qu’elles les expliquent entièrement – d’une redistribution des postes de responsabilités à la direction du PC français. Il nous faut encore observer que, d’une part, avec l’exclusion de Rosmer, Delagarde, Chambelland et Monatte53 et, d’autre part, avec l’élection d’un leader de la CGTU, Semard, à la fonction de secrétaire général du PC, c’est l’ensemble du syndicalisme français révolutionnaire qui voit ses relations avec le PCF interrogées.

Quelques jours plus tard, le PC tient son IV e congrès national, à Clichy.

Nous y appliquons notre méthode quant à l’observation de la nouvelle direction qui y est élue en comparaison de la précédente.


IV e CONGRES DU PC, janvier 1925, Clichy

Comité central de 41 membres
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