Analyse de la situation d’effondrement progressif du cours du baril du brut








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date de publication09.07.2017
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ANALYSE DE LA SITUATION D’EFFONDREMENT PROGRESSIF DU COURS DU BARIL DU BRUT

Bonjour à tous,

Avant tout permettez-moi de vous présenter mes vœux les meilleurs pour l’année nouvelle qui s’annonce. Puisse l’Eternel des Armée, l’Architecte des architectes accorder à chacun et à tous une parfaite santé et beaucoup de discernement.

Deuxièmement, je voudrais présenter mes excuses par rapport au retard à l’élaboration de ce document d’analyse de l’évolution actuelle du prix du baril du pétrole brut que je soumets respectueusement à vos critiques. Cette situation devrait normalement interpelée des analyses promptes de la part des acteurs du pétrole que nous sommes. Pour ma part je voudrais honorer à ce rituel qui jadis animait de la plus belle manière le forum du collectif des pétroliers qui loin d’être un mouvement à caractère syndical, est un creuset d’échanges et de partage d’expériences pour le développement du secteur pétrolier national.

Chers collègues et Doyens, depuis un certain temps le prix du pétrole brut connait une baisse remarquable voire drastique. D’aucuns parleraient de l’effondrement des cours du brut et d’autres encore diront que nous sommes à l’orée d’un contre choc pétrolier. Une chose est certaine depuis le mois de juin à aujourd’hui, on note une baisse de 30 % du prix du pétrole brut qui a passé de plus de 100 à moins de 80 dollars le baril.

Nous proposons une analyse tripartite de cette situation de la manière classique suivante :

  • Premièrement nous allons essayer de recenser les causes

  • Deuxièmement, nous aborderons les conséquences au plan international et particulièrement sur le secteur pétrolier béninois

  • Troisièmement, nous dégagerons les perspectives pour notre pays.



  1. Causes

    1. Offre supérieure à la demande

Deux raisons soutendent de mon point de vue cette cause :

  • Le ralentissement de la croissance économique en Europe et en chine

La crise économique dans le monde et particulièrement en Europe a provoque un recul en matière du développement économique des Etats. Certaines grandes économies mondiales ont été touchées par cette crise.

La Chine, 4ème puissance mondiale connait un Ralentissement de sa croissance économique. Il en est de même en Europe (France, la Grèce, bref la plupart des pays).

Les effets directs de cette crise est la baisse en régime des industries et par ricochet la faible consommation énergétique (les hydrocarbures) de ces pays. En conséquence, il se dégage un surplus en produits pétroliers sur le marché international. Autrement dit, l’offre dépasse la demande ; ce qui induit une baisse du prix.

  • La relance de la production en Libye et en Irak

La vraie mobile des interventions militaire en en Irak et en Libye plus récemment est le recherche de l’Energie par les grandes puissances que sont les Etats Unis d’Amérique, la France…. Les autres raisons ne sont que des prétextes ou alibis car les raisons évoquées dans ces pays qui disposent d’une marne pétrolière importante ne sont jamais fondées. Pour preuve, juste après les guerres de la Libye et d’Irak, la France et les USA ont eu des contrats pétroliers dans ces pays qui ont relancé leur production d’hydrocarbures, histoire de garantir leurs sources d’approvisionnement en hydrocarbures.

A cela il faut ajouter que depuis la montée du brut, certains pays d’Afrique et d’Asie ont démarré l’exploitation des gisements pétroliers pour faire profiter leur pays de ce renchérissement des prix et satisfaire les gros consommateurs comme la Chine. Ce qui fait augmenter l’offre.

    1. Cause politique : Complot pour fragiliser la Russie

La solidité de l’économie Russe est tenue par son exportation d’hydrocarbures. Dans le journal les Echos (Paris) paru le 24 novembre 2014, on lit à la page 09 « le budget Russe est, selon les estimations, équilibré avec un baril aux alentours de 114 dollars ». Or, nul n’ignore le rôle de la Russie dans la crise Ukrainienne. La Russie apporte son soutien militaire aux sécessionnistes ukrainiens de l’Est. Ainsi, la chute fragiliserait davantage l’économie de la Russie. Cette dernière suspecte une entente américano-saoudienne et accuse en ces termes « les cours du pétrole peuvent être manipulés. L’Arabie Saoudite a commencé à faire chuter les prix. Ceci est de la manipulation politique. Et l’Arabie saoudite est elle-même manipulée ».

    1. Exploitation des schistes de pétrole et de gaz

Aujourd’hui, aux USA, il se produit le développement du gaz et du pétrole de schiste. L’exploitation de ces gisements pourrait gêner l’Arabie saoudite premier producteur mondial de pétrole. Ce dernier aurait donc commencé par baisser le prix du pétrole pour fragiliser le développement de la production du gaz et du pétrole de schiste dont le coût de production est élevé.

Au total, la plupart des causes citées plus haut sont de nature conjoncturelle et politique en dehors de celle relative à la relance de la production par certains pays. Il se peut donc que des solutions politiques entre pays membre de l’OPEP viennent améliorer le prix du baril dans les prochains mois.

La cause qui inquièterait le mieux si cela s’avérait vrai est la quantité du pétrole disponible sur le marché. Si cela est très excédentaire en raison de la relance de la production par certain Etats, on tomberait réellement dans un contre-choc pétrolier.

Néanmoins, les motifs énumérés me paraissent raisonnables car à l’opposé des contre-chocs, les chocs pétroliers qu’avait connus le monde ont toujours répondu à trois facteurs fondamentaux :

  • La demande qui supplante l’offre en raison du boom économique

  • Les problèmes au niveau du raffinage du brut

  • La question géopolitique qui est une des causes non négligeables.



  1. Conséquences

Les conséquences de l’effondrement des cours du pétrole sont variables pour l’économie des Etats.

    1. Au plan international

  • Pays producteurs

Une restriction budgétaire ou revue à la baisse des budgets des pays producteurs-exportateurs de pétrole s’impose. Dans les prochaines années, certains de ces pays dont la croissance économique repose fondamentalement sur les rentes pétrolières seront obligés d’augmenter leur production annuelle pour équilibrer leur budget. En revanche, d’autres disposant de réserves ou autres ressources pour équilibrer leur budget procéderont à la fermeture de certains gisements en attendant le relèvement du prix du brut.

En somme, une baisse de l’économie des producteurs sera observée. Les pays africains comme le Nigeria, l’Algérie, le Niger, la RDC, le Congo seront très affectés si la situation ne s’améliore.

La plupart de ces pays sont membres de l’Association des Producteurs de Pétrole Africains (APPA) dont la trésorerie au niveau du Secrétariat Exécutif n’est pas reluisante aujourd’hui. L’Association qui peine à mettre en œuvre les projets panafricains inscrits dans son plan d’action en raison des difficultés de payement des contributions par la majorité des pays membres sera affaiblies davantage si la situation ne s’améliore pas.

  • Pays non producteurs

En revanche, les pays non producteur constateront un allègement de la facture énergétique très lourde. Ceci pourrait améliorer leur économie qui se trouvent souvent fragiliser par la hausse du prix du pétrole avec pour corollaire des inflations sur tous les produits.

Enfin, la baisse effrénée du prix du baril va amenuiser les bénéfices des compagnies pétrolières internationales. En conséquence, plusieurs compagnies vont réduire leur budget d’exploration dans les prochaines années si la situation ne change pas favorablement. Du coup, on assistera au retrait de certaines compagnies sur les blocs d’exploration.

    1. Au Bénin

Les conséquences sont de deux ordres à savoir sur les activités d’exploration et sur les opérations de redéveloppement du champ de Sèmè.

  • Redéveloppement du champ de Sèmè

C’est comme un mauvais sort jeté sur le secteur pétrolier béninois en ce moment où, nous nous activons sur les activités de redéveloppement du champ pétrolifère de Sèmè. Rappelons que la rentabilité économique mitigée était basée sur un prix du brut estimé à 80 dollars le baril. Aujourd’hui on n’est à moins des 80 dollars. Quel sort !!!

Au prix actuel du baril et à l’état présent du projet, il est souhaitable de faire une réévaluation de la rentabilité afin de s’assurer si le projet tient encore.

  • Activités d’exploration

  • Risque de revue à la baisse des budgets d’exploration des prochaines années avec pour corollaire faible exécution des obligations minimales de travail.

  • Risque d’abandon de bloc par certaines sociétés pétrolières

  • Baisse d’intérêt à investir dans l’exploration par de nouvelles compagnies pétrolières

Mais d’un autre côté, notre facture énergétique doivent normalement connaitre dans les mois à venir un allègement en ce qui concerne les importations des produits pétroliers surtout si d’autres facteurs liés au raffinage du brut ne viennent pas brouiller les cartes.

  1. Perspectives

De par la nature politique et conjoncturelle de certaines causes de cette baisse du prix du baril, une solution politico-diplomatique est possible entre la Russie et les autres pays. Mieux, les pourparlers dans la résolution de la crise ukrainienne vont se poursuivre certainement afin d’arriver à un consensus. C’est dire donc que le renchérissement des prix pourrait être envisagé dans les prochains mois.

Le redéveloppement des réserves résiduelles du champ de Sèmè visait surtout à faire la promotion de notre bassin sédimentaire côtier et attirer plus de compagnies pétrolières internationales en vue de la découverte de nouveaux gisements.

Avec la situation qui prévaut actuellement, notre administration pétrolière doit faire preuve de discernement et de compromis à des moments donnés en vue d’adopter une position d’une part qui maintiendrait les compagnies pétrolières dont les contrats sont encore valides et d’autre part à attirer d’autres en lâchant un peu du lest lors des négociations pétrolières.

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