Géographie physique








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CHILI 1e partie


Longtemps modèle de démocratie et de développement économique, le Chili, après une période d'incertitudes politiques et sociales, connut pendant seize années le joug de la dictature militaire. Depuis 1989, le nouveau pouvoir, qui a renoué avec la démocratie, s'efforce de concilier croissance économique et progrès sociaux, parvenant à des résultats économiques remarqués.



Géographie physique


Le Chili (756 940 km2), «finistère» de l'Amérique du Sud, s'étire du nord au sud sur plus de 4 200 km et 35° de latitude, alors que sa largeur moyenne n'excède pas 180 km. À la «folle géographie» de cet étroit liseré côtier comprimé entre les Andes et le Pacifique s'ajoute un double particularisme: selon certains critères, il appartient aux pays du tiers-monde (faiblesse du PIB par habitant, fortes inégalités sociales, dépendance de l'exportation de matières premières), selon d'autres il se rapproche de l'ensemble européen (régime démographique, aspects culturels).



Relief et milieux naturels


Situé sur la façade sud-ouest de l'Amérique du Sud, ce pays andin – qui revendique 1 250 000 km2 de terres antarctiques – présente une succession de milieux naturels allant des zones désertiques aux influences polaires.


Le relief s'organise à partir de la majestueuse cordillère des Andes – véritable colonne vertébrale s'étirant sur 4 000 km et culminant à près de 7 000 m – et de la plus modeste cordillère de la Côte, qui encadre une vaste dépression longitudinale.



Siège d'un volcanisme actif, le Chili connaît régulièrement des secousses telluriques, parfois très violentes (5 000 victimes en 1960). Le Grand Nord, région la plus aride du pays, présente des paysages de reg dans le désert d'Atacama; dans le Petit Nord, des vallées transversales partiellement irriguées alternent avec des interfluves désertiques. Les Andes, ici faiblement arrosées bien que très élevées, n'assurent pas une alimentation régulière aux cours d'eau, dont les plus notables sont le Loa et le Copiapó. Le Chili central s'étend entre les fleuves Aconcagua et Bío-Bío; les Andes de Santiago forment une haute muraille (6 959 m à l'Aconcagua) qui domine la région dite des «vallées centrales», gigantesque fossé d'effondrement que drainent les fleuves Aconcagua, Maipo, Maule et Bío-Bío. Au sud du Bío-Bío se développe une région de vastes prairies, parsemée de lacs sur les hauteurs, coupée de grands fleuves et dominée de nombreux volcans. De l'île de Chiloé (située au sud de Puerto Montt) au cap Horn s'étend la Patagonie chilienne, région où terre et mer se mêlent intimement.



Les côtes sont pratiquement rectilignes du Pérou au golfe de Corcovado. Au sud de Puerto Montt (à proximité de l'île de Chiloé), elles sont très découpées, avec de nombreux fjords, golfes profonds et ensembles insulaires.



Climat et végétation


Bien que situé à une latitude tropicale et soumis à l'influence du courant froid de Humboldt, qui modère la température (la moyenne n'excède guère 20 °C), le nord du pays est l'une des zones les plus désertiques du globe. La végétation se compose de cactus, d'épineux et de steppe dans la partie méridionale. Le monde animal est représenté par des camélidés (lama, alpaga), des cerfs, des chinchillas.


Le Chili central bénéficie d'un climat méditerranéen; la température moyenne s'élève à 16 °C, les précipitations – concentrées sur quatre mois (de mai à août) – sont très irrégulières (de 300 à 600 mm/an). La végétation caractéristique de cette région est le matorral (maquis). Renards, lapins et lièvres abondent. L'aigle et l'emblématique condor sont également présents.


Le Chili méridional connaît un climat océanique frais, très humide et à tendance subpolaire dans l'extrême Sud. La végétation, très dense, se compose de forêts dont les arbres atteignent parfois 65 m; elle est notamment caractérisée par Araucaria araucana .



Population


La faible densité de la population (19,2 h./km2) [estimation 1999] associée à de criantes inégalités régionales (cœur économique du pays, le Chili central concentre 80 % de la population sur 2,7 % du territoire) caractérisent le peuplement. La population, estimée à 15 millions d'habitants [1999], se compose essentiellement de métis fortement hispanisés (91,4 %) [1995] et de quelques Indiens (6,7 %) [1995], qui forment une nation culturellement homogène. Les inégalités sociales sont aiguës: 50 % des Chiliens vivent au-dessous du seuil de pauvreté; les classes moyennes ont été laminées par les années d'ultralibéralisme de la gestion militaire.



On rencontre dans le Chili central les villes les plus importantes: la cité macrocéphale de Santiago (5,3 millions h.) [1994] et les conurbations de Valparaíso-Viña del Mar et de Concepción-Talcahuano. Le Nord compte quelques villes portuaires (Antofagasta, Arica) ou minières (Copiapó, Calama). Hommes et activités du Sud se concentrent autour de Valdivia et de Puerto Montt.



Économie


Faiblement peuplé mais très urbanisé, le Chili offre les aspects d'une société occidentale transformée en un véritable laboratoire économique; le pays a connu ces dernières années l'expérience socialiste d'Allende puis le libéralisme imposé par Pinochet.



Agriculture


Les facteurs climatiques et géographiques limitent l'agriculture: la surface agricole utile couvre moins de 20 % du territoire. Longtemps délaissé, ce secteur a connu de profondes transformations depuis les années 1960. La réforme agraire, lancée dès 1965, a ébranlé les latifundia. La politique libérale menée sous la dictature de Pinochet a stimulé l'agriculture spéculative et la sylviculture; elle a, par ailleurs, rétabli les anciens propriétaires à la tête des exploitations.


Le Chili est aujourd'hui un grand exportateur de fruits (pommes, pamplemousses, kiwis, raisins...) et de vin, mais importe du blé et du sucre (ce qui équilibre la balance agricole). La principale région agricole est le Centre, tandis que l'agriculture du Nord ne se développe que dans quelques oasis et que le Sud demeure une région d'élevage et d'exploitation sylvicole.



Ressources minérales et énergétiques



L'économie chilienne repose essentiellement sur les ressources minérales, qui fournissent plus de la moitié de la valeur des exportations: l'exploitation du nitrate est aujourd'hui modeste, bien que le Chili reste le premier producteur mondial. Devenue la principale activité minière, l'extraction du cuivre situe aussi le Chili au premier rang des producteurs. Grand consommateur d'énergie, le pays dispose également d'un considérable potentiel hydroélectrique et de gisements d'hydrocarbures.



Industrie


Le secteur industriel chilien présente des carences analogues à celles des autres activités: déséquilibre structurel et spatial (pour l'essentiel, les entreprises sont localisées dans la région de Santiago, où le niveau de pollution atteint un seuil intolérable). Essentiellement orientée vers l'exportation, l'industrie ne parvient pas à satisfaire les besoins intérieurs. Si les activités liées aux ressources du sous-sol demeurent fondamentales (industrie du cuivre, sidérurgie, pétrochimie), c'est le secteur agroalimentaire qui, ces dernières années, a connu le développement le plus marquant. La forte progression de la production halieutique s'est accompagnée de la mise en place d'un vaste complexe regroupant, en aval, plus de cinquante usines de transformation et, en amont, des chantiers navals performants. La croissance fut également soutenue pour les entreprises de cellulose, les conserveries de fruits et de légumes (pour l'exportation).



Commerce et services


Avec près de 60 % de la population active [1994] regroupés dans le secteur tertiaire, le Chili détient un «record» en Amérique latine. La politique ultralibérale a entraîné le déclin des emplois dans les secteurs primaire et secondaire, le tertiaire étant un secteur refuge souvent artificiel (avec notamment les emplois informels).


Les transports jouent un rôle fondamental. Le cabotage, qui assurait dans le passé l'essentiel des relations interrégionales, est maintenant détrôné par le rail et la route. Le pays dispose de 7 000 km de voies ferrées; une voie longitudinale relie Iquique à Puerto Montt (3 000 km) et quatre lignes traversent les Andes vers l'Argentine et la Bolivie.



Histoire


Gagné aux idées démocratiques, le pays, vite européanisé, instaure une république au XIXe siècle. Ces idéaux, bafoués sous la dictature de Pinochet, guident l'action du président Patricio Aylwin au début des années 1990.



La période coloniale


Le Chili précolombien était habité par des peuples divers, dont les Picunches (au nord), soumis aux Incas, les Huilliches (au sud); les plus nombreux, les Araucans (Mapuches), résistèrent longtemps aux colonisateurs.


Diego de Almagro découvre le Chili en 1536; Pedro de Valdivia en dirige la difficile conquête en 1541 et fonde les villes de Santiago et de Concepción. Mais le pays n'est pas pacifié, et il faudra trois siècles aux Espagnols pour vaincre définitivement les Indiens (guerre d'Arauco). Le territoire chilien, la plus isolée et la plus éloignée des colonies espagnoles, fait partie de la vice-royauté de Lima jusqu'en 1778. Le manque de débouchés freine le développement de l'élevage. Si les créoles dominent la vie rurale, les métropolitains contrôlent le commerce avec l'Espagne. Les créoles se métissent avec la population indienne – au point que leurs différences culturelles s'estompent –, alors que les Espagnols péninsulaires, leurs rivaux, ne s'intègrent guère à la société.



L'indépendance



À la fin du XVIIIe siècle, le Chili vit pauvrement; en matière économique, le pacte colonial privait ses habitants de toute liberté commerciale. L'Espagne attribue à ses ressortissants les positions élevées dans l'administration, l'armée et l'Église, intensifiant les frustrations des créoles. L'indépendance des États-Unis et la Révolution française font mûrir la volonté d'émancipation. La défaite de Trafalgar prive l'Espagne de sa flotte; dès lors, elle est incapable de maintenir sa suprématie en Amérique latine. La mise en place d'une junte de gouvernement (18 septembre 1810), qui préfigure l'indépendance, est suivie par une guerre contre l'Espagne. Bernardo O'Higgins, aidé par San Martín, vainc l'armée royaliste à Chacabuco (1817). O'Higgins, nommé «directeur suprême» du Chili, permet au pays de parfaire son indépendance un an plus tard. Jusqu'en 1830, le pays connaît une période troublée, ponctuée de soulèvements militaires. Diego Portales rétablit l'ordre, et une Constitution est promulguée en 1833, qui restera en vigueur jusqu'en 1925.


L'annexion du désert d'Atacama à l'issue de la guerre du Pacifique (1879-1883), au détriment de la Bolivie, permet au Chili de mettre la main sur d'importants gisements de nitrate et de cuivre; l'essor de la production agricole, l'afflux de capitaux anglais, puis américains, et l'immigration européenne stimulent dès lors le développement économique du pays.



Évolution politique au XXe siècle


En 1891, le pays connut une guerre civile visant à imposer la domination du Congrès – au sein duquel les intérêts des exportateurs, britanniques, de nitrate étaient fortement représentés – contre l'exécutif: le président Balmaceda s'était attaqué au monopole détenu par les entreprises britanniques. Depuis, le Chili vécut sous un régime parlementaire. L'absence de majorité provoque une instabilité ministérielle chronique. Arturo Alessandri, président de 1920 à 1925, marque profondément le paysage politique de son empreinte: il fait adopter des lois sociales et la Constitution de 1925 rétablissant le pouvoir présidentiel. Les coups d'État n'épargnent pas le Chili, qui connut un régime militaire entre 1927 et 1931, mais Alessandri revient à la présidence (1932-1938) et raffermit le régime.


En 1938, le Front populaire remporte les élections et conserve le pouvoir jusqu'en 1948; il fonde en 1939 la Corporación de Fomento de la Producción, chargée de veiller au développement de l'économie. Le Front populaire éclate avec le renvoi des trois ministres communistes et l'interdiction de leur parti en 1947. Carlos Ibáñez del Campo, le général responsable de l'interruption du mandat des civils en 1927, revient au pouvoir et s'allie tour à tour avec la droite et la gauche. En 1958, Jorge Alessandri (le fils d'Arturo) est élu au détriment de Salvador Allende: il défend les intérêts de la bourgeoisie et lance, timidement, la réforme agraire. Eduardo Frei (1964-1970) la poursuit plus activement (le latifundisme freine alors la modernisation de l'agriculture), mais il ne tarde pas à limiter le droit de grève et l'exercice du pouvoir syndical, ce qui entraîne de nombreux conflits sociaux. À l'élection présidentielle de 1970, aucun candidat n'obtient la majorité absolue: Salvador Allende est élu par le Congrès avec l'appui de la démocratie chrétienne.



L'expérience Allende


Le 4 septembre 1970, le sénateur socialiste Salvador Allende arrive en tête de l'élection présidentielle avec une majorité relative (36,3 %). Élu par le Congrès, il applique de 1970 à 1972 un programme de réformes profondes: 60 % des terres labourables et 80 % des industries – dont celle du cuivre – sont nationalisées; une politique de redistribution des revenus est engagée, qui mécontente et inquiète la bourgeoisie et l'administration américaine. Très vite les difficultés surgissent: l'Unité populaire, regroupant les partis communiste, socialiste et radical, ainsi que le MAPU (Mouvement d'action populaire unitaire) et la Gauche chrétienne, se divise; la possibilité d'une alliance avec les démocrates-chrétiens s'effrite et les partis d'opposition conduisent une guérilla constitutionnelle; l'extrême gauche (MIR) juge les réformes trop timides et l'extrême droite entretient un climat de violence (attentats, assassinats). Simultanément, la situation économique se dégrade («mur de l'argent», blocus économique déguisé qu'imposent les États-Unis) et l'opposition militaire s'accroît. La grève des camionneurs, puis des transporteurs, paralyse le pays et prépare le terrain au coup d'État de septembre 1973.



La dictature militaire



Le 11 septembre 1973, une junte militaire dirigée par le général Augusto Pinochet renverse le socialiste Allende, qui meurt en se battant contre les putschistes. Pour «extirper le cancer marxiste», l'armée applique brutalement la doctrine de la «sécurité nationale», et la dictature viole systématiquement les droits de l'homme (arrestations, tortures, assassinats). L'état d'urgence est proclamé, le Congrès fermé, les syndicats interdits, la presse censurée; l'armée concentre tous les pouvoirs. Le putsch du général Pinochet met un terme à la Constitution de 1925. Gouvernant à l'aide de décrets, le régime se donne une assise juridique avec la Constitution de 1981. Le président nomme les ministres, contrôle l'appareil judiciaire et commande les armées.


La politique économique consiste à privatiser les entreprises nationalisées, à donner la priorité aux activités exportatrices et à faire appel aux capitaux étrangers. En 1989, le bilan socio-économique est mitigé. Le Chili semble mieux réussir que ses voisins: l'inflation est jugulée (508 % en 1973; 9,6 % en 1994), la balance commerciale est positive, le taux de croissance économique annuel atteint 4,5 % en 1994.



Le cadre de la nouvelle démocratie


L'année 1990 suscita de vifs espoirs au Chili; le démocrate-chrétien Patricio Aylwin, candidat du CPD (Concertation de partis pour la démocratie), remporte l'élection du 14 décembre 1989, avec 55 % des suffrages, face au candidat de la dictature (30 %); il devient président le 11 mars 1990. En dépit de progrès notables (reconnaissance du droit de grève, meilleure justice fiscale, liberté d'expression), la nouvelle démocratie hérite d'une situation qui limite considérablement sa capacité d'action. Le général Pinochet, qui est devenu commandant de l'armée de terre, préside le Conseil national de sécurité. Faisant suite à son échec lors du référendum d'octobre 1988, il promulgue des décrets pour préserver son pouvoir et se réserve le droit de nommer 9 sénateurs sur 48. Le 10 mars 1998, il quitte le commandement de l'armée de terre pour occuper un siège à vie, au Sénat.


Sur le plan économique et social, l'action du nouveau gouvernement est limitée par l'austérité budgétaire et le dérapage inflationniste. Pourtant le Chili est incontestablement le pays d'Amérique latine qui obtient les meilleurs résultats sur le plan économique. Alors que le démocrate-chrétien Eduardo Frei, élu à la présidence le 11 décembre 1993 avec la plus forte majorité de l'histoire du pays, prend ses fonctions le 11 mars 1994, le Chili conserve un rythme de croissance annuel supérieur à 7 % et voit l'inflation passer sous la barre des 10 %. Le 9 décembre 1994, le président Clinton invite le Chili à rejoindre l'ALENA.


En mars 1998, le général Pinochet quitte le commandement de l'armée de terre et entre au Sénat, où il doit occuper un siège à vie. Toutefois, de passage à Londres, ce dernier est arrêté dans le cadre d'une procédure d'extradition initiée par la justice espagnole, qui le met en accusation pour les crimes commis contre des opposants chiliens entre 1973 et 1989. Après quinze mois de rebondissements judicaires, au cours desquels la question de l'immunité diplomatique dont jouit l'ancien chef-d'État, l'instauration d'une juridiction internationale à l'encontre des responsables de crimes contre l'humanité et décisions successives, la compétence éventuelle de la justice espagnole pour juger les crimes de l'ancien dictateur, le contexte diplomatique et les plaintes des familles des victimes du dictateur et des associations de défense des droits de l'homme, sont abordés, la justice britannique invoque les ennuis de santé de l'ancien dictateur, pour autoriser son retour au Chili et lui permettre d'être jugé par ses concitoyens. Parallèlement, la Cour suprême chilienne de justice approuve l'arrestation et l'inculpation d'une quarantaine d'officiers et d'anciens agents de police secrète de l'ancien dictateur. Parallèlement, la vie politique est dominée par la victoire, lors des élections présidentielles organisées en janvier 2000, du candidat de la coalition de centre-gauche et ancien ministre des Travaux publics dans le gouvernement d'Eduardo Frei, Ricardo Lagos, qui devance son principal adversaire, Joaquin Lavin (droite), avec 51,32 % des suffrages contre 48,68 % pour ce dernier. Considéré comme l'un des principaux artisans du retour à la démocratie, Ricardo Lagos avait auparavant convaincu l'opposition à Pinochet, regroupée sous sa présidence au sein de l'Alliance démocratique, de participer au référendum d'octobre 1988, était à l'origine, en 1989, de la Concertation démocratique, réunissant socialistes et démocrates-chrétiens, et s'était déclaré favorable à un retour au pays du général Pinochet, afin qu'il y soit jugé. Le 8 août, la Cour suprême de Santiago annonce officiellement la levée de l'immunité parlementaire du sénateur Pinochet, se réservant ainsi le droit d'instruire les 157 plaintes, déposées par les familles des victimes de l'ancien régime, contre le général Pinochet.




CHILI

Culture et civilisation


À travers le métissage toujours renouvelé, de la conquête jusqu'à nos jours, s'est posé le problème de la quête d'une identité culturelle. La littérature et les autres manifestations de la culture se proposent de fournir une réponse à cette inquiétude.



Littérature



La littérature chilienne est l'une des plus attachantes de l'Amérique latine. Elle a reçu la consécration internationale avec l'attribution de deux prix Nobel: Gabriela Mistral (en 1945) et Pablo Neruda (en 1971). Elle est le reflet des tensions entre les mondes amérindien et européen et de la recherche d'une identité véritablement américaine. Si durant l'époque coloniale la littérature est essentiellement espagnole, l'indianisme (présence de l'Indien) est une réalité: Alonso de Ercilla écrit entre 1569 et 1589 la Araucana, long poème qui relate la résistance héroïque des Indiens. Dès l'indépendance, au XIXe siècle, la littérature s'identifie à la vie de la nouvelle nation à travers des figures célèbres comme Andrés Bello, Vénézuélien installé au Chili, poète, pédagogue, auteur d'une célèbre Grammaire de la langue castillane, ou Alberto Blest Gana, qui ouvre la voie au roman social hispano-américain.
Parmi les conteurs régionalistes se distinguent Mariano Latorre (1886-1955), auteur de Chiliens de la mer (1929) et d'autres romans qui sont de véritables documentaires sur la vie des marins ou des paysans. Mais ce sont les poètes qui montrent les plus grandes qualités créatrices: Vicente Huidrobo (1893-1948), fondateur du créationnisme et assez proche des surréalistes français; Gabriela Mistral (1889-1957), poétesse de l'amour, de la tristesse, des angoisses et de la douleur du monde; Pablo Neruda (1904-1973) est l'auteur d'une importante production poétique, de Vingt Poèmes d'amour et une chanson désespérée (1924) à Chant général (1950), épopée socialiste de l'Amérique, véritable cri jailli du cœur du Nouveau Monde. Aujourd'hui le nouveau roman chilien a trouvé son chantre en José Donoso (né en 1925), dont l'œuvre apparaît à bien des égards comme une nouvelle quête de l'identité chilienne, voire latino-américaine.



Art et architecture


Avant l'arrivée des Espagnols, les Atacameños et les Diaguites du nord du Chili possédaient une civilisation rudimentaire, dont ils ont laissé des vestiges artistiques (poteries, objets en bois sculpté et urnes funéraires). L'architecture coloniale a pâti des nombreux tremblements de terre. Santiago, qui fut entièrement détruite en 1647, est une capitale moderne. Il ne reste de son passé que des plans, quelques dessins représentant les monuments de l'époque coloniale et de rares bâtiments: il subsiste une seule église du XVIe siècle (San Francisco).
Le Chili indépendant ne produit guère d'œuvres originales et imite les styles européens. Quelques artistes talentueux, comme le peintre Matta, sont allés chercher la renommée loin de leur pays, souvent dans l'exil. Les jeunes générations, attirées par l'art abstrait et rassemblées autour de José Balmes, sont prometteuses.



Cinéma


Ce n'est qu'à partir des années 1960 que le cinéma chilien commence à affirmer une identité propre. C'est après la première rencontre des cinéastes latino-américains que naît le «cinéma nouveau», dont le court métrage est alors le meilleur support. On retiendra parmi les cinéastes renommés Miguel Littín et Raúl Ruiz, qui développent leurs qualités créatrices pendant l'Unité populaire et lient le cinéma à la construction du socialisme: un des films les plus importants de cette époque est la Bataille du Chili (1973) de Patricio Guzmán. Par la suite, c'est dans l'exil que se développe le cinéma chilien: Helvio Soto réalise Il pleut sur Santiago (1975), et Miguel Littín le Recours de la méthode (1978).



Musique


La musique populaire est, dans sa diversité, un facteur important de l'unité nationale. Au XXe siècle les compositeurs cherchent à imposer un style propre en fondant le «national-folklore». Toute une génération de chanteurs-poètes diffusent les mélodies qui sont l'écho du passé et de la réalité quotidienne du Chili. Des artistes comme Víctor Jara, Violeta Parra (devenue légendaire) et sa famille ou des groupes comme Aparcoa ont fait connaître cette musique à l'étranger.



Société


L'Église catholique, bien que séparée de l'État depuis 1925, exerce une influence considérable. On comptait en 1630 près de 8 000 Espagnols, dont un grand nombre de prêtres ou de moines, qui n'arrivèrent que difficilement à évangéliser les farouches Indiens Araucans.



Éducation

Sauf sous la dictature, l'instruction a toujours été un secteur privilégié. Elle est gratuite depuis plus d'un siècle. Le nombre d'établissements est assez élevé: 7 000 écoles, 292 lycées et 8 universités, parmi lesquelles 6 sont privées (catholiques).



Santé

L'État a de longue date mis en place un système de protection sociale plus particulièrement destiné aux couches les plus modestes de la population. L'espérance de vie (près de 73 ans) [estimation 1997] est l'une des plus élevées de l'Amérique latine.



Fêtes et traditions

Le Chili n'a jamais été un Eldorado et n'a pas connu les civilisations prestigieuses de ses voisins andins. Cela explique l'esprit d'aventure et d'invention de leurs habitants. Parmi les traditions du monde rural on retiendra celles des paysans-cavaliers, les huasos, dont les prouesses équestres et rodéos n'ont rien à envier aux gauchos, leurs voisins argentins.

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