Cours de M. Jérôme Kerlouegan () Mme Christine Nguyen Tri chi 003 Histoire de la Chine ancienne et impériale Introduction L’uv s’appelle «Initiation à la civilisation et à l’histoire de la Chine ancienne et impériale»








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INALCO

DULCO de Chinois

Cours de M. Jérôme Kerlouegan (jkerlouegan@hotmail.com)

Mme Christine Nguyen Tri




CHI 003

Histoire

de la Chine

ancienne et impériale
Introduction


L’UV s’appelle « Initiation à la civilisation et à l’histoire de la Chine ancienne et impériale ». Ce n’est pas que l’histoire politique mais aussi l’histoire des annales, l’histoire des religions…

La Chine ancienne désigne la Chine pré-impériale (avant 221 av J.C) te la Chine impériale (entre 221 avant J.C. et 1911 après J.C.). Ce cours s’arrête à la fin des Song 宋. Il couvre 3000 ans d’histoire.


  1. L’espace chinois

    1. Les permanences dans l’espace chinois

La Chine est immense : 35° de latitude et 60° de longitude. D’abord l’arc himalayen (montagnes et hauts plateaux), ensuite d’immenses zones de prairie et de dépression (espace capital et stratégique car c’est de là que partaient les attaques barbares), enfin des bassins fertiles formés par l’alluvionnement des grands fleuves. Pour finir, la Chine du Sud-est avec son relief de collines et la Chine du Sud-ouest avec ses montagnes insalubres couvertes de jungle. Les 18000 kilomètres de cotes avec tout un ensemble d’îles : c’est dans la zone du Sud que se cachaient les contrebandiers.

Cette diversité morphologique entraîne une diversité de climats (mousson, déserts), de faune et de flore, de modes de vie, de régimes alimentaires (blé au Nord et riz au Sud), des langues (turques, sino-tibétaines, môn-khmères, malayo-polynésiennes) d’où l’importance de l’écrit pour unifier.


    1. Les contraintes imposées par cet espace

Le Fleuve Jaune est régulièrement en crue : beaucoup d’inondations dans sa partie inférieure. Le cours du fleuve a changé de lit plusieurs fois. Les sécheresses et les inondations entraînent des famines et des épidémies à répétition. On assiste aussi à des tremblements de terre (dans le Nord-ouest et le Sud-ouest peu peuplés) ainsi qu’à des typhons sur la côte Sud. A cela, il faut ajouter les calamités à la fois naturelles et humaines, notamment la déforestation qui entraîne une grande érosion des sols. Au 18ème siècle, la dynastie mandchoue adopte une politique environnementale. Une autre contrainte est l’énormité des distances d’où la longueur des communications, des contraintes de logistique qui amènent l’installation d’un réseau routier, postal et de fortifications. Comment fait-on pour faire circuler les ordres de l’empire et même les ordres dans les provinces ? Comment acheminer les vivres en cas de famine ? Comment assurer la logistique pour les campagnes militaires lointaines, le matériel, le grain, les chevaux, les troupes ? De plus se pose aussi le problème du maintien de l’ordre dans les provinces reculées.

Plusieurs moyens ont été mis en œuvre pour répondre à ces problèmes : la grande muraille, un système de fumée pour avertir de l’arrivée de l’ennemi. Ceci était efficace lorsqu’ils étaient bien administrés. Il y avait aussi un système postal avec des relais postaux, basé sur l’emploi de chevaux.



    1. L’appel des confins

La Chine a toujours eu des contacts avec des peuples non chinois mais ils ont été plus ou moins sinisés. Ce sont des populations allogènes, c’est-à-dire ne parlant pas la langue des locaux. Par exemple les Hakka ne sont pas très sinisés. D’autres ont réussi à conquérir la Chine, ce qui ne les a pas empêché de se siniser, comme par exemple les Mongols. Ils ont joué un rôle fondamental dans la construction de la civilisation chinoise.

La Chine est un empire pluriculturel. Le monde chinois renvoie à l’ensemble des pays influencés culturellement par la Chine, comme par exemple, le Japon (les caractères kanji sont importés au 4ème et 6ème siècle, et les kana viennent de l’écriture cursive chinoise). De même, pour le zen qui est la pensée Chan en Chine. Ils importent aussi l’architecture sacrée, les plans architecturaux de la Chine. Les institutions et le droit sont calqués sur le modèle chinois. Même phénomène pour le Vietnam qui a été occupé pendant 1000 ans pas la Chine depuis le premier empire jusqu’aux Ming. Dès la dynastie des Han, les Chinois ont tenté d’annexer la Corée, de même sous les Tang et les Ming. La Corée est un pays vassal. Les caractères chinois y sont utilisés dès le 4ème siècle. La grande dynastie de Corée, les Yi, s’inspire du néoconfucianisme des Song.

Taiwan est colonisé par la Chine à partir du 17ème siècle et est dépendant de la province du Fujian. Taiwan est colonisé par le Japon à la fin du 19ème siècle jusqu’en 1945. Singapour est peuplée à 80% de Chinois qui ont immigrés par vagues depuis la Chine du sud. La diaspora chinoise est importante en Europe, aux États-Unis, en Malaisie, en Australie. Il ne faut donc pas croire que la Chine fut isolée.

Des échanges ont été attestés avec l’empire romain par la route de la soie. Elle entretient des échanges avec l’Inde, qui introduit le bouddhisme, et les Chinois sont retournés dans ce pays pour rechercher des textes sacrés. D’autre part certains bonzes japonais viennent en Chine.

Il y eut les invasions mongoles au 12ème siècle, et c’est à cette époque qu’arrivent les premiers missionnaires franciscains puis plus tard les jésuites. Avec aussi la conquête manchoue en 1644… Bref, la Chine n’a pas vécu renfermée sur elle-même.

Le système du tribut avait été institué. C’était un accord passé avec d’autres pays, en échange de son autonomie ou de secours. La Corée versait un tribut, ainsi que le Japon et le Vietnam. C’était une sorte de modus vivendi entre la Chine et les pays tributaires.


  1. Le peuplement de la Chine

Le peuplement de la Chine a varié en fonction de l’accroissement naturel au cours des siècles. Il y a eu des phases d’accroissement ainsi que des phases de diminution de la population. Par exemple, sous les Qing, il y a eu un fort accroissement : durant cette période la population passe de 150 à 300 millions d’habitants. Inversement, il y a eu des diminutions de population lors des guerres, des invasions mongoles, qui ont provoqué une véritable saignée pour la Chine. Avec la révolte des Taiping au 19ème siècle, toute la Chine du bas Yangzi a été dépeuplée.

Les migrations ont été soit forcées par l’Etat qui entend installer des colonies militaires sous les Han (les colons sont des soldats-paysans), soit forcées par les événements comme par exemple les vagues d’immigration dues à l’invasion des dynasties barbares au Nord. Les Hakka qui vivaient en Chine centrale immigrent vers le Sud sous l’empire des Song.

Le Sud de la Chine s’est peuplé progressivement avec l’essor de l’agriculture. Mais jusque sous les Tang唐, c’est le Nord qui est important politiquement, économiquement et culturellement.

Il ne faut pas raisonner avec la carte de la Chine d’aujourd’hui. La notion de frontière est récente. C’est une notion du 19ème siècle. Dans les faits, on se rendait compte que l’on franchissait la frontière à partir du moment où l’on apercevait l’ennemi. Au 18ème siècle, la dynastie Qing pose les frontières. Elles sont très étendues sous les Tang唐, moins sous les Ming et encore moins sous les Song .

Les centres du pouvoir n’ont pas toujours été les mêmes. Par exemple, Pékin ne devient une grande capitale qu’à partir de 1420, sous les Ming et sous les Qing. Shanghai se développe au 19ème siècle. Avant, cette ville était une petite bourgade. Les capitales ont plusieurs fois changé : il y a eu entre autres Xi’an, Hangzhou, Kaifeng… à des époques où la population est moins importante. Pour la dénombrer, on ne dispose que des registres fiscaux. Sous les Han 汉 en -2, le 1er recensement au monde compte 57 millions d’habitants en Chine. Sous les Tang 唐, on en compte 50 millions ; sous les Song 宋100-120 millions. Au début des Ming 明, 90 millions d’habitants puis véritable essor démographique (150 millions d’habitants en 1700). On compte 300 millions d’habitants sous les Qing en 1800.

  1. La périodisation de l’histoire chinoise

古 gu veut dire passé et 近 récent. La Haute antiquité est la période pré-impériale ou pré-Qin (pré-秦) : Xia 夏, Shang 商, Zhou 周. Le cycle dynastique : une dynastie est une famille qui règne (le pouvoir se transmet de père en fils aîné). Principe souvent contesté dans l’histoire chinoise ce qui provoqua de graves crises de succession. Donc le cycle dynastique est un concept inventé par les historiens chinois. Chaque dynastie se dit investie d’un nouveau mandat céleste. Cette approche ne tient compte que des grands événements politiques. Chaque dynastie se considère comme la plus vertueuse. Les délimitations ne sont pas marquées : périodes de grand vide politique ou périodes avec plusieurs dynasties en même temps.

De plus, selon les auteurs, les dates de changement de dynastie varient. Il y a eu des royaumes non officiels qui n’étaient pas jugés chinois et n’ont donc pas eu le droit d’apparaître dans les histoires officielles.

Il existe d’autres découpages. D’abord en phases d’union et de division. Ensuite on dit qu’il y aurait eu une Chine pré-impériale, les premiers empires (des Qin au Tang) puis les empires mandarinaux (Song aux Qing).

Le découpage marxiste : société primitive, esclavagiste, féodale (pendant 20 siècles), semi-féodale, coloniale, capitaliste puis socialiste.

Le découpage occidental : Chine ancienne, puis médiévale, puis Renaissance puis Chine moderne. Mais qu’est-ce que la Chine moderne ? Selon certains elle correspond au développement de la langue vernaculaire et à l’essor économique.

Toute tentative de périodisation est une simplification (bien et mal). Il faut garder en mémoire les progressions, les ruptures…C’est l’évolution des mentalités qui prend le plus de temps. L’évolution des techniques : le bronze, le fer, l’imprimerie. Les évolutions culturelles : le confucianisme, le bouddhisme.
Conclusion

L’Empire va de 221 avant J.C. à 1911 après J.C. La Chine n’est pas immuable et elle a beaucoup évolué pendant ces 2000 ans. Du début des Ming 明 (1644) à leur fin en 1911, il y a eu énormément de changements.

Les sources ecrites de l’histoire chinoise


La tradition de l’écrit est très forte en Chine car la langue écrite a très peu évolué depuis l’unification de l’écriture par le premier empereur.


  1. Les supports

Les Chinois avaient un moyen mnémotechnique : ils faisaient des nœuds sur des cordelettes. Ils faisaient aussi des encoches sur des rondins de bois. Ces deux types de procédés ne disent rien sur l’origine des caractères.


    1. Les inscriptions

      1. Les inscriptions sur poteries

Les plus anciennes datent du cinquième millénaire avant J.C.. On en trouve jusqu’à -300. Le premier type correspond à des incisions sous forme de traits ou de courbes, pratique commune à toutes les civilisations néolithiques. Pour certains spécialistes, ces inscriptions sont à l’origine de l’écriture chinoise, ce qui impliquerait que l’écriture chinoise ait 7000 ans d’histoire, ce qui en ferait la plus ancienne de monde. Mais il faut être prudent quant à cette hypothèse. En effet, on est pas sur que ces inscriptions aient effectivement été à l’origine de l’écriture telle qu’elle nous est parvenue.

Le deuxième type correspond à des symboles dans la culture du Shandong de Dawenkou. Parfois ce ne sont que de simples traits, parfois ce sont des formes géométriques plus évoluées dont certains pensent qu’il s’agirait de la signature de l’artisan. Les symboles sont nombreux, ils représentent parfois des animaux (oiseaux, poissons), ils sont purement décoratifs. Le symbole le plus connu est celui d’un oiseau mangeant du poisson.

Le troisième type correspond à des caractères dans la culture du Liangzhu. Ils n’ont pas de lien avec les caractères modernes.

Il existe aussi des inscriptions (peintures) sur la roche et sur le jade mais pas d’avancée majeure dans la découverte de l’origine de l’écriture. On se heurte en fait à un problème majeur : beaucoup de supports ont disparu (notamment celles sur bambou et soie).


      1. Les inscriptions sur os et carapaces (jiaguwen 甲骨文)

Selon la légende, l’écriture a été inventée par Cang Jie, ministre de l’Empereur Jaune. Il aurait observé les traces laissées par les pattes des oiseaux dans le sable. Cela daterait de 1300 avant J.C. sous les Shang 商. La découverte de ces inscriptions s’est faite de manière purement accidentelle par des paysans en 1899 dans l’ancienne capitale des Shang. Les paysans à l’époque vendaient ces os à des pharmaciens pour des cataplasmes car ils ne les trouvaient pas jolis. Liu E a fait une première liste des inscriptions : les antiquaires accourent. Parmi eux Wan Guowei, Dong Zuobin, Guo Moruo. Les quatre sont des spécialistes de ces inscriptions.

La divination sur les os d’omoplates de bovidés (scapulomancie) commence au Néolithique. Les carapaces de tortue servent aussi pour la plastromancie. Les premières traces de scapulomancie remonte à 4000 avant J.C. Mais les os qu’on a retrouvés de cette époque ne comportant pas de caractères. L’âge d’or de cette technique se situe à l’époque du règne de Wuding de la dynastie des Shang (vers 1200 avant J.C.).

On nettoyait les carapaces, on y perçait des petits trous, on y mettait des tisons ce qui formait des craquelures que les devins interprétaient. On posait aux devins des questions sur la chasse (si elle allait être fructueuse ou non), les fonctionnaires,… Ces pratiques sont peu à peu jugées comme superstitieuses et elles disparaissent sous les Han pour laisser place à une autre technique de divination par l’achillée (Yijing). La divination par trigramme du Yijing remplace peu à peu la scapulomancie et la plastromancie.

155 000 inscriptions sur os et carapaces ont été exhumées. 99.1% d’entre elles viennent de la région de Anyang de l’époque des Shang. En 1941, les inscriptions retrouvées représentaient déjà 96% de ce que l’on dispose actuellement de ces os et carapaces.

Ces 甲骨文 sont très courts sous les Shang : c’est une écriture assez grossière d’habitude verticale. 4000 inscriptions différentes et on a pu donné un sens à 1200 d’entre elles. Pour le reste, il y a des divergences d’interprétation. Les spécialistes de ces jiaguwen sont rares. Il y en a une centaine en Chine, une cinquantaine au Japon et pour le reste du monde, ils se comptent sur le doigt de la main.

Leur intérêt est pour l’histoire de l’écriture chinois (1ère phase) et aussi un regard sur les Shang par les Shang eux-mêmes (on a pu connaître ainsi leur géographie, leurs animaux, leur climat). On ne peut pas les dater de manière absolue. La 1ère date sûre de l’histoire chinoise est 841 avant J.C.. Ces 甲骨文 ont été publiés.


      1. L’épigraphie (jinshixue 金石学)

L’épigraphie est l’étude des inscriptions. C’est sous les Song 宋 qu’on s’y est intéressé.


        1. Les inscriptions sur bronze (金文)

Elles commencent à être employées sous les Zhou. Plusieurs lettrés publient des catalogues d’inscriptions et établissent des critères de classement de ces inscriptions. Souvent on trouvait dessus le nom du destinataire de la pièce de bronze, pourquoi le roi la lui offrait, quel était son mérite…

On a 12000 objets en bronze avec des inscriptions : ¼ datent des Shang 商, ½ des Zhou 周 et ¼ des Qin et des Han. Les inscriptions sur les bronzes Shang sont très courtes (2-3 caractères). Elles s’allongent sous les Zhou (~30 caractères). La plus longue inscription retrouvée sur un bronze contient 497 caractères.

On a recensé 4000 caractères différents sur bronze sur des chaudrons ou des cloches. Ils indiquaient des victoires militaires, des mérites des personnes à qui l’empereur faisait un cadeau. C’est une écriture sigillaire qui date des Zhou (réputée plus belle). Elles perdent de leur prestige et diminuent à partir des Zhou orientaux, elles sont peu à peu remplacées par les stèles. Mais elles restent capitales pour étudier la dynastie Zhou.


        1. Les stèles

Bei en chinois. Ces inscriptions sur pierre sont des poèmes, des cartes, les mérites de fonctionnaires ou les biographies d’empereurs, les termes de contrats de guildes commerciales, les règles des monastères… A partir des Han, on les utilisent pour les épitaphes funéraires. A partir des Han, elles vont être utilisées pour les épitaphes des morts, ce qui constitue un moyen important pour connaître la biographie des personnages célèbres. Elles ont été utilisées pour graver les classiques confucéens, bouddhistes, taoïstes. On en dénombre 120 000.

Les pré-impériales étaient gravées sur les montagnes : les Dix Tambours de pierre (8ème siècle) puis celles du 1er empereur (fin du 3ème siècle). La pratique s’est poursuivie et tout le monde gravait son nom. Sous les Han, le texte de 7 classiques confucéens ont été gravés (ce qui a pris 8 ans) avec la calligraphie de Cai Yong (200000 caractères en tout). Sous les Tang, le canon confucianiste a été élargi à 12 textes. Les stèles recensaient tous les lauréats des examens mandarinaux qui avaient lieu tous les 3 ans. On trouve aussi 14 000 stèles bouddhiques à Feng Shan près de Pékin : elles constituent le canon bouddhique. Les stèles permettaient de fixer la culture et de fixer la version classique du texte.



        1. Autres

Il y a d’autres inscriptions sur jade que l’on retrouve dans la province du Shanxi (capitale : Taiyuan, à ne pas confondre avec le Shaanxi qui a pour capitale Xi’an). On y a découvert 5000 tablettes de jade avec des textes de serments par le sang.

Les sceaux vont être utilisés pour cacheter les lettres (enroulées dans une ficelle et de l’argile). On y utilise un style d’écriture particulier (l’écriture sigillaire). Il y a aussi des inscriptions sur poterie, sur pièces de monnaie…


    1. Les manuscrits

      1. Sur lamelles de bambou et de bois

Elles sont un support plus pratique moins coûteux que la pierre, l’os ou le jade, et utilisé jusqu’au 3-4ème siècle de notre ère. On sait qu’ils existaient déjà sous les Shang mais on n’a pas retrouvé de documents de cette époque. Ces documents étaient des documents officiels qui ne circulaient pas.

On écrivait dessus à l’encre et au pinceau. On attachait souvent les lamelles sur lesquelles on écrivait de façon verticale de droite à gauche. S’il y avait des erreurs, on pouvait gratter le caractère. Ces liasses étaient encombrantes et lourdes. Les lamelles sont reliées par le haut entre elles. Puis on les roulait de gauche à droite. Un homme cultivé était capable de lire cinq chariots de liasse. Ainsi, les livres circulaient par extraits et très difficilement.

On utilisait aussi des tablettes de bois (se généralisent sous les Han) : par exemple des lettres de soldats du désert de Gobi. Dessus on écrivait l’adresse et le nom du destinataire. Ces tablettes avaient une longueur variable : les lois sur 3 pieds de haut, d’une taille différente pour les classiques, les documents privés… Ainsi publier s’écrivait kan 刊 et fascicule ce 册.

Les tablettes retrouvées en -168 dans un mur de la maison de Confucius sont des textes dits de style ancien (guwen), ce qui alimente la querelle entre les partisans du style ancien et du style moderne sous les Han. Au 3ème siècle après J.C., on découvre par exemple le traité historique des Royaumes Combattants. En 1972, au Shandong, on a découvert un nouvel art de la guerre de Sun Tsu. 180 000 lamelles ont été exhumées au 20ème siècle (datant des Royaumes Combattants à la période Nord-sud).


      1. Sur soie

Elle était facile à rouler et à transporter, pratique pour les illustrations mais elle restait un support fragile, cher et qui résistait mal. Vers la fin des Han orientaux, la soie était utilisée à des fins militaires. Mawangduj au Hunan est le lieu où on a découvert des textes classiques (Laozi) et des cartes militaires sur soie en couleur datant de -68..


      1. Sur papier (exemple des manuscrits de Dunhuang)

Facile d’y écrire, facile à transporter, à conserver. Le bon papier apparaît vers le -2ème siècle. On attribue son invention à Cai Lun (un eunuque) en 105. On l’utilisait au départ pour envelopper des cadeaux. Le papier se répand en Chine aux 3ème et 4ème siècles après J.C.

En 404, l’empereur demande qu’on utilise le papier, au lieu du bambou et du bois. Un livre est composé de plusieurs rouleaux enveloppés dans un tissu de plusieurs feuilles qu’on collait et qu’on déroulait. Ils sont souvent collés sur un fond pour le rendre moins fragile, on fermait ensuite le papier avec une ficelle. A la fin du texte, le copiste pouvait mettre son nom et la date. On utilisait deux couleurs : le rouge pour les notes et le noir pour le corps du texte.

On avait plus besoin de chariots pour transporter les livres : cela entraîne le développement de la littérature et la diffusion des connaissances. Les Arabes ont emprunté au 8ème siècle le papier aux Chinois et l’ont transmis à l’Occident.

Les manuscrits de Dunhuang (grotte d’Asie Centrale scellée au 11ème siècle). Un ermite découvre dans sa grotte une cache secrète, dans laquelle il y avait un amoncellement de manuscrits datant du 4ème au 10ème siècle. Un chercheur anglo-hongrois, Aurel Stein, est le premier à aller dans cette grotte en 1907. Il est plus un explorateur qu’un spécialiste de la Chine. Il verse 300 taels à cet ermite et achète 10 000 rouleaux qui sont maintenant conservés au British Museum. Un an plus tard en 1908, le français Paul Pelliot arrive sur les lieux, fait sa sélection et achète pour 500 taels 6000 sur les 42 000 de la cache. Ils reposent à présent à la Bibliothèque Nationale de France. 25 000 manuscrits sont ainsi sortis de Chine. Ils datent du 4ème au 12ème siècle. Dunhuangxue 敦煌学 est une branche à part entière de la sinologie. Parmi ces manuscrits, on retrouve des classiques confucéens, des sutras bouddhiques, des écrits taoïstes, des documents sur les religions d’Asie Centrale (nestorianisme, manichéisme…) mais aussi des documents sur la vie quotidienne, des contrats, des calendriers, des partitions de musique, de la littérature politique, des ouvrages de médecine, des manuscrits en langues autres que le chinois comme le sogdien ou le sanscrit. Il y aussi une oasis de Turfan avec 15 à 20000 manuscrits.

Après les rouleaux, les reliures ont ensuite évoluées. On commence à lier les feuilles. Apparaissent alors la reliure en accordéon puis la reliure en tourbillon en collant les premières et dernières pages. On a fini par fabriquer des fascicules de papier. Enfin on crée les étuis.


    1. Les sources imprimées

      1. Naissance et développements de l’imprimerie

Jusqu’au 9ème siècle, tout était copié à la main. La copie de livres prenait un temps fou donc le nombre de copies était limité. Comme le nombre de copies était limité, il y avait de nombreux risques de perte en cas de guerre ou d’autres catastrophes. L’invention de procédés comme la xylographie et la typographie supprime ces handicaps. L’invention de la xylographie (graver des caractères sur une planche de bois) daterait des Tang. Elle vient du mélange de la technique l’estampage et de celle des sceaux. Le texte le plus ancien est le soutra de diamant qui se trouve au British Museum et date de 868. Au début de ce texte, il y a une image, ce qui prouve que les Chinois maitrisaient la gravure sur bois. On imprime des almanachs, ainsi que d’autres soutras comme le soutra de Dharani : découvert un soutra en sanscrit en 1974 et qui daterait du 7ème siècle.

Imprimer un livre restait cher donc seuls les ouvrages utiles (ou dont la demande était certaine) étaient imprimés et beaucoup de textes sont bouddhistes (les bonzes en comprennent l’importance). Ce sont par exemple des calendriers, des textes religieux, des textes de divination. Le bouddhisme a eu une importance capitale pour la diffusion de ces imprimés.

Juste avant les Song, les lettrés comprennent l’intérêt : ils mettent 67 ans pour graver les histoires officielles. A la fin des Ming, c’est l’apogée de la gravure sur bois avec l’apparition de la xylographie polychrome : on grave des pièces de théâtre et des romans.

La typographie (reproduire un texte en assemblant des caractères un par un) ou impression par caractères mobiles a été inventée au 11ème siècle. Les caractères étaient en argile, ils étaient collés sur une planche de fer. Cela demandait beaucoup de temps pour composer une planche de caractères. On inventa au 14ème siècle les cases tournantes. Les caractères ont été fait en étain puis en bois.

La xylographie a eu beaucoup de succès en Chine, beaucoup plus que la typographie (trop de caractères) mais les deux étaient utilisées en même temps. La copie manuscrite a néanmoins perduré notamment pour les ouvrages censurés. L’imprimerie permet l’élargissement de la classe des lettrés.


      1. Les réimpressions modernes

Les sinologues disposent d’instruments de travail complets : réimpressions dans le format moderne en caractères modernes ou ponctués. Ils sont en train de mettre ces travaux en ligne.

  1. Les genres

    1. Les ouvrages d’histoire

L’histoire était considérée comme une discipline primordiale. Tout rentre dans l’histoire. Les Chinois vénéraient le passé : l’histoire en est le miroir.


      1. Les histoires officielles (zhengshi 正史)

C’est le genre le plus connu. On les dit officielles car elles sont commandées par l’empereur. Il en existe aujourd’hui 26 (ce qui représente 40 millions de caractères). La dernière a été compilée en 1927. Certaines dynasties ont plusieurs histoires officielles car on jugeait l’ancienne version peu satisfaisante. Au 18ème siècle, on parlait des 24 histoires officielles. Au début des Tang, on ne connaissait que les quatre premières histoires officielles, on en rédige 9 autres ce qui donne les histoires des 13 dynasties. Quatre sont écrites sous les Song. Sous les Ming, on en a 21 puis 24 sous les Qing. On attendrait la fin de la République de Chine à Taiwan pour compiler la 27ème.

La première histoire officielle date de -100 : elle a été commencée par Sima Tian (grand astrologue de la Cour) et continuée par son fils Sima Qian. Elle fait 130 chapitres et couvre la période des origines jusqu’à Han Wudi. Il avait défendu un général qui s’était rendu à l’ennemi et s’était fait castré en guise de punition, il devint ensuite eunuque et passa le reste de sa vie à finir l’œuvre de son père. Le coup de génie de Sima Qian est le plan qu’il adopte pour la rédaction de son histoire officielle. Elle est composée de cinq grandes parties :

  1. de chroniques règne par règne

  2. d’un tableau année par année (nian hao)

  3. de monographies traitant des rites, de la musique, des finances et de l’économie, de la justice, de l’armée…

  4. de la mention des grandes familles héréditaires (qui disparaîtra dans les histoires officielles suivantes)

  5. des biographies ainsi que des notices sur la Corée.

Cette structure est gardée dans les autres histoires officielles avec des aménagements. Les biographies forment la partie la plus noble des histoires officielles, par exemple l’histoire officielle des Tang rédigée par Ouyang Xiu, ou encore l’histoire officielle des Han compilée par Ban Gu (au 1er siècle) sont des chefs d’œuvre de qualité.

Autre histoire officielle, celle des Ming 18 siècles plus tard. Les sections les plus importantes sont les monographies et les biographies (bijoux de style). Les histoires officielles sont devenues de plus en plus officielles. Certaines sont rapides à compiler, d’autres moins (celle des Ming pris 60 ans à être compilée). C’est depuis le 6ème siècle qu’il n’y a qu’une seule histoire par dynastie. Certaines histoires de mauvaise qualité et pleines de partis pris notamment sous les Tang. On les compilait à partir d’archives ou de journaux. On utilisait aussi les shilu 实录, les annales qui répertoriaient le fonctionnement quotidien de l’entreprise.

Ces sources sont biaisées : écrites par des lettrés pour des lettrés. Elles reflètent l’idéologie de la nouvelle dynastie, la dynastie renversée est noircie par la nouvelle. Ces histoires sont assez moralisantes (écrites par les grands lettrés confucéens) : tout est blanc ou noir donc caricatural. Elles ont été faites par la technique du copier coller. C’est parfois assez laconique.


      1. Autres genres historiques (histoires semi-officielles, notes « au fil du pinceau »)

Ces histoires étaient rédigées par des lettrés isolés ou elles n’avaient pas la forme des histoires officielles. Ces bieshi 别史 étaient donc des histoires à part. C’est le cas de la chronique des Printemps Automnes attribuée à Confucius.

Les notes au fil du pinceau (Biji 笔记) sont faites par des lettrés sur tout et n’importe quoi (culture, politique…). Elles sont peu conventionnelles et souvent drôles mais elles n’étaient pas destinées à être publiées.


    1. Les encyclopédies (leishu 类书)

Elles étaient classées par rubrique, matière de manière savante. C’est donc un agencement de textes qui aidaient à passer les concours. Elles servaient aussi de modèles de style. Il y a aussi des encyclopédies de vie quotidienne. Gr^^ace aux encyclopédies, on a pu conserver trace de ces ouvrages. Il en reste 200. La 1ère date du début des Tang.

La plus connue est le Yongledadian : 23000 chapitres, plus de 3 millions de caractères, 7 à 8000 œuvres. Elle n’avait jamais été imprimée et on en a plus que 3 ou 4% de l’original car elle s’est perdue.


    1. Les monographies locales (difangzhi 地方志)

Ouvrages de taille très variable. Ils décrivent des cantons, des préfectures, des temples. Ecrites par des lettrés, elles décrivent la topographie, l’histoire administrative du district, son économie, le nom des reçus aux examens, les informations locales, les biographies de personnes.

Compiler une monographie locale apportait du prestige. On en a encore 8000. Les 1ères apparaissent sous les Song, devenues un sport sous les Ming.

On a aussi des géographies universelles de la Chine.


    1. Les textes administratifs

      1. Les codes de lois et ouvrages réglementaires

En Chine, pas de séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire. De l’empereur au magistrat local, ils sont juges. Le droit chinois est un droit naturel (confucéen). Il contient le principe de piété filiale. C’est aussi un droit coutumier notamment pour les affaires privées. Enfin un droit positif, c’est un ensemble de règles écrites. Le droit chinois est à la synthèse u confucianisme et de la conception légiste (lois avec récompenses et châtiments, principe de responsabilité collective familiale depuis les Royaumes Combattants).

Le code pénal des Qin a été retrouvé en 1975. Le code des Han le suivait à peu près. Le code des Tang a inspiré les codes pénaux japonais, coréen et vietnamien. Toutes les infractions et leurs sanctions y sont décrites. La décapitation était considérée comme plus infamante car elle coupait le corps. On punissait de nombreux crimes comme le viol, l’irrespect familial, la falsification de documents, les vols, les incendies. Il y a aussi des manuels et des cas pratiques.

Il y a aussi eu un droit administratif, ensemble des délits et des décrets qui régissent l’administration. Ces recueils se divisaient selon les 6 ministères : Fonctionnaires, Finances, Rites, Châtiments, Guerre et Travaux Publics.


      1. Les mémoires de fonctionnaires

Ils étaient rédigés à l’empereur. Tout fonctionnaire avait le droit de lui écrire. Il y avait tout un protocole et il déléguait des fois sa lecture. Quand il le lisait, il imposait un rescrit à l’encre rouge. Sinon ses ministres s’en chargeaient. On en a conservé beaucoup à partir des Ming 明. Quand un fonctionnaire mourait, on le publiait avec ses œuvres. Ils servaient d’ouvrages de référence pour les fonctionnaires.

Dès les Tang 唐, on publiait la Gazette qui contenait des édits impériaux. C’est une sorte de Journal Officiel.


      1. Les ouvrages de gouvernement

D’abord les huiyao (会要). Un par dynastie. Recueil de citations classées par sujet.

Les dix grandes encyclopédies politiques. Les plus connues sont les 3 premières. Elles sont classées par sujet et citent les édits impériaux.

Les organigrammes décrivent la structure de l’administration. Grade, nom du poste, historique du poste et en quoi il consiste.

Les manuels pour fonctionnaires dans lesquels ils apprenaient leur métier, notamment la procédure.


    1. Les ouvrages spécialisés

      1. Ouvrages scientifiques (agronomie, mathématiques, médecine,…)

Production considérable dans des domaines variés. Ouvrage qui résume toutes les techniques en vigueur en1637 (métallurgie, production du papier, soie, armes, explosifs, perles…) : Tiangan kaiwu ouvrage illustré.

En agronomie, le Qimin yaoshu 齐民要书 (techniques essentielles pour la survie du peuple), expériences de l’auteur au 5ème siècle. En 1300, le Nongshu 农书. En 1639, le Nongzheng zhanshu 农政算术. Comment introduire de nouvelles espèces ? Que faire en cas de famine ? Ouvrages sur la sériciculture et aussi comment lutter contre les sauterelles.

Dans les maths (nées de préoccupations pragmatiques, par exemple mesurer la surface d’un champ pour calculer le revenu fiscal ou le besoin de main d’œuvre). Elles sont nées sous les Han mais restées pratiques. Au 1er siècle, le Jiuzhang Suanshu 九章算术. Ils n’utilisaient pas la géométrie comme les grecs. L’algèbre apparaît sous les Song et les Yuan de même que les mathématiques populaires (usage courant du boulier). Avant le boulier, les Chinois avaient des planches, baguettes à calculer. Quand les jésuites sont arrivés, ils emmenaient tout leur bagage (cosinus, sinus, logarithmes). Important pour l’histoire socio-économique.

La médecine est basée sur l’équilibre entre le Yin et le Yang, équilibre entre les souffles. Les diagnostics sont basés sur la prise du pouls et les points vitaux. Soins basés sur les régimes, l’acupuncture, la moxibustion. Place fondamentale du taoïsme dans la médecine chinoise : absorption de petites quantités de métaux, pratique de l’exercice physique pour réguler les souffles. Huangdi neijing 皇帝内经, classique de la médecine de l’empereur Jaune. Shanghanlun 伤寒论, traité des maladies causées par le froid. Maijing 卖经, classique du pouls. Xiyuan jilu 洗冤集录, recueil de notes de médecine légale (très importante pour les fonctionnaires). Bencao gangmu 本草纲目, grande pharmacopée du 17ème siècle contenant 12000 recettes médicales contre les maladies vénériennes, l’asepsie. Médecine occidentale a coexisté et continue.


      1. Ouvrages militaires

Notamment l’art de la guerre de Sunzi (孙子兵法) traduit par les Jésuites. Fait partie d’un canon militaire de 7 grands ouvrages qui ne contiennent que des grands principes de stratégie pour toute situation conflictuelle. Aussi ouvrages plus techniques sur les armes (poudre), prise des villes…

Ces ouvrages datent beaucoup plus de la période guerrière : Royaumes Combattants, Song, Ming et Qing. Le confucianisme considérait la guerre comme un dernier recours. Mais de très grands stratèges ont été divinisés. Si on peut gagner la guerre sans avoir à la faire, c’est mieux.


  1. Entre bibliographie et bibliophilie

    1. La bibliographie, une véritable science en Chine

      1. Qu’est-ce que la bibliographie (muluxue 目录学) ?

La bibliographie, c’est établir des concepts rigoureux pour classer les livres. Discipline à part entière depuis les Han. Il s’agissait de s’y retrouver dans les étagères des bibliothèques et établir une hiérarchie entre les libres (les classiques au plus haut de la hiérarchie étaient une sorte de bible). Quand on classait sa bibliothèque, soit on indiquait juste le titre, soit on ajoute un petit résumé.


      1. La classification traditionnelle des ouvrages

Classés en 4 catégories. Les premières bibliothèques remontent au 1er siècle avant J.C. (après -213 et autodafé). Il demandait la liste des livres qui avaient subsistaient à Liu Xiang. Son fils a continué l’œuvre. Il y avait 677 livres classés en 6 catégories. Au 3ème siècle, on affine en 4 : classiques, ouvrages de philosophie, ouvrages d’histoire, ouvrages littéraires. C’est une hiérarchie des genres.

La bibliothèque des 4 magasins est constituée par l’empereur mandchou à la fin du 18ème siècle pour rassembler tous les ouvrages. Ce célèbre mouvement d’inquisition littéraire. 3500 ouvrages recopiés intégralement et 7000 autres présentés par un simple résumé. Dans la catégorie des ouvrages de philosophie, on mettait aussi les ouvrages scientifiques à cause de l’époque des Royaumes Combattants et des dix écoles de pensée. On y mettait aussi tous les philosophes non reconnus comme officiels. Classification assez arbitraire. Certains genres sont carrément exclus (romans, pièces de théâtre, genres pas considérés comme nobles). Le bouddhisme et le taoïsme sont sous-représentés. Les ouvrages qui disent du mal des mandchous, écrits par les Ming, sont censurés et n’y figurent pas.

Les annales (celle de Confucius pour Printemps Automnes sur la province de Lu) racontent ce qui se passe année par année. On vient d’écrire une suite de la bibliothèque.


    1. Les livres, passion du lettré

      1. Les bibliothèques (Bibliothèque impériale et bibliothèques privées)

D’abord ouvrages sur soie et bambou. A partir du 4ème siècle, apparaît le papier. Jusqu’aux Royaumes Combattants, les libres sont les trésors des princes donc pas séparés des archives donc lieu où on rédige les histoires officielles. La bibliothèque impériale a pris une grande importance sous les Han : à l’an 0, elle contient 600 titres soit 13000 rouleaux. A cette époque la bibliographie est née. Au 8ème siècle, les livres sont séparés des archives dans 4 entrepôts différents. Longtemps on y trouva que des ouvrages manuscrits.

A coté de la bibliothèque impériale, les bibliothèques des monastères (bouddhistes et taoïstes). Bibliothèques tournantes en plus des bibliothèques des particuliers. La bibliophilie apparaît à partir du 2-3ème siècle. Les bibliophiles sont des lettrés fonctionnaires pas toujours riches. Ils apprenaient à réciter les classiques par cœur puis lire puis ponctuer (compréhension). On récitait toute sa vie, on lisait à voix haute. Ils apprenaient ces textes en vue des examens parmi les 5 classiques. Ils achetaient des livres sur le marché, on leur donnait ou ils les copiaient. Ils n’étaient pas seulement intéressés par le contenu mais aussi par le contenant. Ils s’intéressaient aux livres rares. Les lettrés donnaient un nom à leur studio et publiaient le catalogue de tous leurs livres. Il y avait les 4 trésors du lettré : le papier, le pinceau, l’encrier (pierre à encre) et l’encre. Ils devaient parfois prêter leurs livres à l’empereur. Fréquemment ils devaient agrandir leurs bibliothèques ou elles étaient victimes d’incendies. La mnémotechnique est très développée. Sous les Ming et les Qing, beaucoup de bibliothèques sont détruites dans le bassin du Yangzi. Cet amour des livres n’a pas disparu.


      1. Les
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