M. Mme Misrahi Roger Paulette M. Mme Misrahi Michel Sokleng et leurs enfants








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titreM. Mme Misrahi Roger Paulette M. Mme Misrahi Michel Sokleng et leurs enfants
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1939 - Le mois de Septembre arrive avec la déclaration de la DEUXIEME GUERRE MONDIALE, des affiches placardées sur tous les murs, c'est l'ORDRE DE LA TRICOLORE MOBILISATION GENERALE avec deux drapeaux.
Le mari de notre Hôtesse, mobilisé comme tous les hommes, s'en va à la gare de ROUEN. Ma mère revient nous chercher, car les vacances sont terminées. Moi, je me plais si bien ici que, malgré tous les efforts de ma Mère, je réussi à rester en Normandie. Ma soeur s'en va, seule, je ne sais pas comment j'ai pu faire pour ne pas partir avec Elles.

Le temps passe, je vais à l'école communale du Pays, avec les enfants de mon Hôtesse qui doit être contente de me garder en raison de la pension que ma Mère doit continuer à lui verser.
Une permission ramène le mari à la maison, pour quarante huit heures, heureux de retrouver sa femme pour une bonne nuit conjugale avant son départ pour le front de la guerre, à l'est.

Pour être tranquilles dans leurs ébats amoureux, ils décident de mettre leurs enfants dans l'unique grand lit de ma chambre. Selon eux, à neuf ans, il n'y avait aucun risque.

Moi du haut de ma grande innocence d'enfant de neuf ans et demi, portant comme tout le monde des gènes de l'instinct de reproduction, ainsi que les animaux de la nature, sans rien connaître, ni savoir de ces choses, me voilà au lit, séparé des autres par le jeune frère de sept ans qui dort à poings fermés. Je le repousse à l'autre bord du lit et me voici contre ma voisine du même âge, jouant à nouveau, au Docteur, ou selon l'expression qui remonte à la nuit des temps « jouer à touche pipi » On s'amuse tous les deux, en toute innocence, une bonne partie de la nuit. Cela nous est agréable à tous deux sans pour autant comprendre quelque chose à cette mécanique, fort heureusement à notre âge. (Malheureusement maintenant que je l'écris)

En dehors de nos caresses et tripotages, rien de physique ne pouvait se passer, sauf l'inoubliable souvenir d'une merveilleuse nuit d'un premier et précoce éveil d'amour naissant, bien avant l'adolescence. Aujourd'hui, soixante neuf ans après, ma mémoire me rappelle qu'elle avait un très beau corps, grassouillet, sur lequel se dessinait déjà une très légère petite poitrine naissante, du haut de ses neuf ou dix ans nous avions le même âge, comme je l'ai déjà souligné. J'ai conservé un souvenir impérissable de cette seule nuit de notre candeur en toute innocence devant ces jeux enfantins et interdits sans savoir.
La FRANCE, en ce frileux mois de Janvier 1940, s'installe dans la guerre avec l'ALLEMAGNE. Ma Mère, inquiète de la tournure des événements revient me chercher et là, plus question de refus.

Je quitte donc ma famille d'accueil ainsi que ma première petite amie avec gros chagrin et avec regrets pour atteindre la gare de ROUEN, où règne une grande effervescence devant une foule apeurée, courant dans tous les sens, pressée de prendre le train pour quitter le Nord. Le nôtre nous emporte dans la petite commune du CHATELET EN BERRY en passant par PARIS ORLEANS, SAINT-AMAND MONTROND. Il fait très froid, en ce début d'année 1940, un record, de la neige partout, en abondance et nous, dans un vieux wagon en bois, on se réchauffe autour d'un poêle à charbon qui ronfle doucement, comme une vieille locomotive, au centre du compartiment.
Nous voici arrivés dans cette petite ville de campagne où ma soeur et ma grand-mère se trouvent depuis que le Gouvernement a décidé d'évacuer la population parisienne pour la soustraire aux risques de bombardements de la Capitale. La petite famille est à nouveau réunie, en tant que réfugiés nous habitons une petite maison rue de l'industrie. En face nous avons vue sur un petit abattoir artisanal. J'assiste de temps en temps au travail du boucher et à l'occasion je lui donne un coup de main en soulevant la peau de la vache abattue, pour un dépiautage, ce qui me vaut en récompense un morceau de viande que je rapporte fièrement à la maison. C'est le fruit de mon premier travail.

Le plus difficile à regarder, c'est l'abattage de l'animal avec le merlin, c'est très spectaculaire, d'un coup sec et précis, sur le plat du crâne, entre les deux cornes. Il tombe net, instantanément, comme une masse, sans cris, sans souffrances. Le boucher avec son grand couteau, bien affûté, n'a plus qu'à le saigner. Une fois la bête suspendue à une poutre à l'aide

d'un treuil à chaînes, il retire la grande peau ; lui ouvre le ventre, tous les boyaux descendent. A 10 ans, je vois pour la première fois la vie - la mort ... cette dernière nécessaire pour nourrir les gens, comme dans la jungle : tuer pour vivre c'est la loi de la nature.
Derrière la maison se trouve les vieux remparts d'un petit château fort, d'où le nom de la commune « LE CHATELET EN BERRY »

La vie au village est bien agréable, une fois par semaine un petit marché se tient sur la Place, au bout de notre rue, les agriculteurs et les éleveurs y apportent leurs produits de ferme, volailles...elles sont attachées deux par deux, présentées à même le sol, canards, poules, poulets, dindes, pintades font un bruit permanent, on y présente aussi, chèvres, chevreaux et lapins. Une foule de gens marchande et achète dans un beau brouhaha et à onze heures au coup de sifflet du garde-champêtre, plusieurs hommes en blouses grises se précipitent, crayon et carnet en mains, pour acheter à leur tour, ce qui reste aux marchands.
Cette Place était légèrement en pente et je revois encore ces Messieurs habillés de blouse grise, en haut, prêts à partir, foncer et en un rien de temps, proposer, acheter et taper dans les mains en signe d'accord de vente en précisant sur une petite feuille, le montant de l'achat.

Le nom de l'un de ces Marchands me revient en mémoire, le plus connu, Monsieur BEAUNICHON (pour un homme, cela m'avait marqué)

Tous ces animaux allaient être expédiés par ces grossistes en région parisienne. Ces derniers se réunissaient ensuite au bar de l'Hôtel-Restaurant « Les Voyageurs » afin d'annoter, de récapituler le résultat de leurs achats. Monsieur BEAUNICHON, impressionnant par son grand et gros gabarit, semblait être le personnage principal de la région.
Ma soeur Suzanne et moi, allions tous deux à l'école communale située en haut du village, nous nous y étions fait beaucoup de camarades, copains.

Ils allaient à l'église, au catéchisme, à la messe. Ma soeur et moi aussi.

On y apprenait que Jésus était juif...nous aussi...

Nous avons été baptisés par le Curé du village. Nous voici maintenant avec deux religions pour bagages célestes...Dieu reconnaîtra les siens. Notre mère y avait insisté pensant nous mètre a l'abri d'ennuie a venir a cause de nos origines Israélites.

(Des années plus tard aux cour d'un voyage

- Accompagné de ma femme Paulette, de mon fils Michel, je suis allé voir le responsable paroissial Monsieur Daniel BONNIN et, après avoir entendu mon histoire, m'a envoyé un extrait d'acte de baptême relatif à ma soeur et moi).

Suite :

Ma mère avait fait la connaissance d'un couple de fermiers. Ils avaient perdu leur fils unique âgé de 20 ans, ils nous avaient pris en amitié. Ils avaient mis à notre disposition un petit coin de terre que nous cultivions et ainsi nous ramenions les légumes chez nous. A la saison des pommes de terre, une rangée nous avait été allouée parmi leurs sillons, quel plaisir de les voir pousser.
Ils possédaient quelques vaches laitières et je me souviens être entré par hasard dans la laiterie, le lait recueilli dans de grandes poteries plates, en grès, laissait apparaître une épaisse couche de crème qui nageait en surface. La tentation était trop forte, j'avais, en douce, trempé mes lèvres et aspiré ce délicieux nectar dont je garde encore le goût aujourd'hui...aussi, un sentiment de culpabilité, mais bon sang qu'importe !que cela avait été divin de lait.
Ca y est ... LA FRANCE est envahie par les troupes allemandes et la débâcle commence. Les pauvres gens du Nord sont en route pour le Sud, devant l'avance de l'ennemi. Dans notre village commence le défilé incessant, nuit et jour, des réfugiés.

On voit défiler toute la population des territoires envahis, ils se déplacent en voitures, en charrettes tirées par des chevaux, des charrettes à bras, en motos, bicyclettes, brouettes et à pieds, ils passent, s'arrêtent un instant et continuent leur route, ne sachant où aller certainement descendants vers le sud .
Avec mes camarades, comme on ne nous faisait plus classe, voyant ce défilé incessant, nous avions par jeu relevé sur nos cahiers des pages et des pages d'immatriculation automobiles. Tout est bon, à notre âge, à être tourné en amusement, même la misère des autres, hommes, femmes, enfants, bébés et animaux de toutes sortes. Petit à petit, le défilé ralentit diminue et s'arrête enfin.
C'est l'Armistice signée par le Maréchal Pétain avec les troupes allemandes et Hitler, ce qui stoppe enfin cette lugubre et triste procession .Une ligne de démarcation sépare la FRANCE en deux, une zone libre, une zone occupée, elle se trouve à SAINT-AMAND MONTRON à une vingtaine de kilomètres de notre village, nous sommes donc au sud de cette ligne, en zone libre.
Les populations du Nord manquent de tout et essentiellement d'alimentation, alors que nous vivons très bien au Sud. Aussitôt, profitant de la situation, il se construit un vaste réseau de passages à travers cette ligne, tenue par « des passeurs » avec un nouveau commerce qui rapporte : le marché noir.

Ce marché consiste à envoyer aux gens de la marchandise à volonté mais payée plusieurs fois sa valeur normale et plus c'est rare, au nord, plus il faut payer. Certains de ces malins, malhonnêtes sans scrupules, vont se faire des fortunes avec ce commerce, surtout dans le rayon alimentaire.
Il y aura d'autres passeurs spécialisés dans la traversée de cette ligne, aidant les gens désirant aller en zone libre, et surtout, en priorité, ceux de religion israélite moyennant finances, ceux fuyant les exactions et persécutions, la barbarie des assassins, allemands, nazis.
Un de mes cousins, Marcel GABAY, vient nous voir après avoir passé la ligne. Il a 17 ans et a quitté sa famille de PARIS pour fuir la misère de là-bas. Nous le recueillons et il trouve un petit travail ici.
Tous deux passons devant la boulangerie patisserie à la vitrine bien garnie, ce qui lui est inconnu de là où il vient.

« Roger, on va se manger un bon et délicieux cake aux fruits »Je suis persuadé qu'il a dû se régaler davantage que moi qui ne manquait de rien, pauvre cousin privé de tout. On est fin 1940. Il nous quitte quelques mois après et l'on ne se reverra que 57 ans plus tard, en septembre 1997, avec beaucoup d'émotion, et d'histoires à se raconter. J'avais été le voir à

CHRETIENVILLE - Nous, d'origine juive ! - à BERNAY dans l'Eure et à cette occasion je lui avait apporté un cake de cinquante centimètres, fait a ma demande par le boulanger-pâtissier de Priziac Marcel et sa femme Loulou ont beaucoup aimé ce cadeau souvenir .
Un recensement est effectué dans toute la FRANCE en 1941 où je vais avoir 11 ans et notamment au Châtelet. Dans le questionnaire distribué à la population, une demande est faite concernant la religion, sans aucun doute pour obliger les gens de religion juive à se faire connaître... et plus tard, les déporter ?
Ma mère avait flairé le piège, elle décida de mettre à cette rubrique : Orthodoxe, supposant que l'on nous laisserait en paix. Hélas !lorsque l'on porte un nom tel que MISRAHI dans lequel il y a déjà ISRAH pas loin de ISRAEL cela ne passe pas inaperçu surtout par le personnel de la Mairie, chargé de collecter les feuilles, une fois remplies. Parmi ces employés, j'ai supposé par la suite qu'un antisémite zélé avait dû communiquer à la gendarmerie l'anomalie de cette déclaration pas très ...Orthodoxe ! ni Catholique, plutôt Israélite, de telle sorte qu'un jour arrivent deux gendarmes , ils nous demandent de faire nos valises et nous accompagnent à la gare , direction RIVESALTES (Pyrénées Orientales) le sud-est de la FRANCE, côté Espagne.
CAMP DE RIVESALTES AOUT 1942
Les gendarmes déposent notre famille à la porte d'un immense camp d'internement où je découvre avec horreur l'incarcération, pour la première fois. Moi Roger, le Français de naissance, pour une question de religion incompatible avec les idées et coutumes de cette époque.
J'ai donc une religion, la première de l'Humanité, selon la Bible de l'ancien testament « Le peuple juif, le peuple élu de Dieu » ni toléré, ni admis par les autres.
Nous voici mélangés avec une foule de toutes sortes de gens, de nationalités différentes, de religions diverses, surtout juives. Mes mère et grand-mère sont considérées en FRANCE, selon leur carte d'identité comme apatrides L'Ambassade de TURQUIE, elles ne figurent pas sur leurs listes comme compatriotes, où ont-elles été effacées ?

Dans ce camp, il s'est avéré que le cas de mes parents ne correspondait pas aux critères de détention dans ce type de camp d'internement : Apatride ! Orthodoxe !...

Ils nous ont relâchés, nous étions libres.
Où revenir ? si ce n'est au Châtelet où nous avions nos affaires mais surtout où nus percevions la pension des réfugiés de Paris, nous permettant de subsister. Hélas! Notre installation fût de courte durée. Après quelques semaines de réadaptation dans une nouvelle maison, à la sortie du village car notre logement avait été repris par le propriétaire, nous voyons pour la seconde fois réapparaître nos deux gendarmes. Rendus méfiants par les coups du sort répétés, nous en venions même à soupçonner le propriétaire qui avait peut-être organisé lui-même notre départ, afin de récupérer les lieux.
Nos deux gendarmes avaient en mains, un nouveau programme nous concernant, celui-ci plus solide. Ils nous ont trouvé un nouveau camp d'accueil, dans le sud-ouest de la FRANCE, toujours vers la frontière espagnole. J'ai supposé que ces camps avaient dû être montés pour accueillir des réfugiés républicains qui se sont sauvés de leur pays, refoulés par les troupes du Général Franco, le nouveau dictateur : El Caudillo, toujours est-il que c'est en gare d'OLORON STE-MARIE , notre nouvelle région d'accueil que nous arrivâmes, dans les Basses Pyrénées.
Un autocar nous débarque à ce camp de GURS, je commence avec l'habitude à m'y faire et ce sont des agents spéciaux français qui nous gardent, derrière des fils de fer barbelés. Les responsables de ce camp ont prévu de faire passer ma mère, en jugement, devant le Tribunal d'Oloron, pour dissimulation d'origine de religion et ils y réussissent :

- MISRAHI Orthodoxe ?non aucune sanction ne lui fut donnée.

Israélite ?oui
Nous voici installés dans une nouvelle vie, privés de liberté, avec la promiscuité des autres, aussi malheureux que nous, tout ceci marque mes onze jeunes années.

Heureusement, la nourriture ne manque pas, les aliments ne sont pas variés, pendant deux mois saison des navets, pendant deux mois saison des potirons, un petit monticule de ces légumes se trouve devant l'entrée de ce camps. En ce qui concerne la viande, nous avons la grande chance d'avoir tous les jours au menu, une tranche de fromage de tête avec dedans, en prime, des petits cailloux ou morceaux de fil de fer, ou légèrement avariée.
Nous, les enfants, avons en plus, grâce au comité de la Croix-Rouge suisse, présente au camp, un supplément de nourriture le matin et à quatre heures, composé d'une bouillie de flocons d'avoine chocolatée, un autre complément dont je ne me souviens plus le nom, si on leur présentait notre carte de contrôle propre on nous donnait en plus un morceau de chocolat.
On nous donnait des cours de langues étrangères, j'avais opté pour l'anglais.

J'avais également commencé à faire du modèle réduit d'avions. On assemblait et collait les diverses parties avec une colle à poissons, chauffée au bain-marie et qui sentait fort mauvais. A évoquer ce souvenir, cette odeur nauséabonde me revient encore aux narines.
Certains compagnons plus âgés que moi arrivent à se faufiler la nuit, sous les barbelés, afin de faire commerce avec l'extérieur, au retour, ils nous racontent leurs exploits.
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