M. Mme Misrahi Roger Paulette M. Mme Misrahi Michel Sokleng et leurs enfants








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titreM. Mme Misrahi Roger Paulette M. Mme Misrahi Michel Sokleng et leurs enfants
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MISRAHI Roger, avec une moyenne de 13,5 sur 20 est reçu 3ème sur 12 - on lui donne une diplôme d'Agent Technique de Laboratoire Radio.
Je l'ai eu ... je l'ai eu ...!! Quelle joie pour ma mère et aussi pour moi, trois années de labeur et de sacrifices pour obtenir ce diplôme et beaucoup de connaissances dans le domaine électronique.
Nous sommes en juillet 1949. Avant de me lancer dans ce monde impitoyable du travail, je souhaite m'octroyer quelques jours de repos.

Pour ces vacances de 1949 j'ai trouvé une agence qui organise pour les jeunes un séjour d'une semaine dans les Pyrénées, Eaux Chaudes. C'est une station balnéaire de curistes qui soigne les maladies de peau à l'aide d'une eau très chaude et soufrée.

Dans cette petite commune de montagne on trouve de nombreuses fontaines, un tuyau déverse l'eau qui teinte le rebord des margelles d'une couleur jaunâtre, cette eau sent ou plutôt pue l'oeuf pourri.
Nous sommes hébergés dans un hôtel thermal désaffecté et qui sert à recevoir des vacanciers comme nous. Nous sommes une soixantaine de jeunes de 18 à 25 ans, filles et garçons, la nourriture est excellente et nous avons un très bon encadrement de moniteurs et monitrices qui s'occupent bien de nous, les distractions et jeux ne manquent pas et, en raison de notre âge, des amitiés se nouent.
Les jours se passent agréablement, des couples se forment aussi et s'éparpillent le soir dans la nature, mais nous sommes en Août 1949, des règles sont imposées, il faut rentrer à 10 heures. L'établissement tient à sa réputation de telle sorte que la surveillance est permanente, une conduite correcte est exigée face à la bonne morale encore de rigueur à cette époque.

Cette discipline est acceptée avec cependant quelques écarts et débordements obligeant nos responsables à nous réunir et à nous conseiller vivement de modérer nos ardeurs car les habitants commencent à murmurer, même à jaser, c'est une colonie de vacances nous dit-on et non un bordel ambulant!!

Ces recommandations sont bien reçues et nous rectifions notre comportement en général, nous nous rendons surtout plus discrets, ce ne sont pas les moeurs de 1999.
Eh! Oui, à cette époque, un simple baiser sur la voie publique était interdit et vite sanctionné.

La prude et chaste frontière espagnole avec ses coutumes étaient proches et la mentalité de ces catalans basques en prenait un coup.

A 19 ans, je n'étais pas vilain garçon, un physique agréable, des cheveux châtains frisés, un corps bien bâti, athlétique, 1m65, yeux marrons et bonne vue (heureusement) .
Je fis la conquête d'une belle jeune fille de 17-18 ans, d'origine espagnole, se prénommant Paulette (déjà) de son nom SANCHEZ (sans chaise) mais bien faite avec une belle poitrine que je devais découvrir par la suite, bien en pointe et qui serait devenue plus tard, comme les belles dames de son pays l' Espagne, opulente (sans prothèse) (chère Sanchez) .
C'était la première fois, dans ma vie d'adolescent bien avancé, que je sortais en compagnie d'une fille de mon âge, cette rencontre m'en était d'autant plus agréable. Nous, les garçons étions moins nombreux dans cette colonie de vacances, nous pouvions donc faire un choix parmi la gent féminine, je possède d'ailleurs une photo, entouré par trois jeunes filles.

J'avais pris une des plus belles, me voici donc, moi aussi, en couple mais sérieux conformément à la mise en garde de notre encadrement!!

En raison du couvre feu, chacun reste dans son dortoir, le soir, mais le jour on ne se quitte plus et l'on se conduit comme tous les jeunes depuis la nuit des temps, et à l'aube d'un amour naissant, on raconte sa vie, on joue sainement en participant aux diverses activités sportives organisées sous surveillance, on se bécote de temps à autre, en cachette, on apprend à s'aimer, elle devient ma « bonne amie » ainsi qu'on le disait à cette époque( pas encore un flirt) .
Un voyage est organisé en autocar vers la cime des montagnes et lorsque le car ne peut plus continuer, le relais est assuré par un petit chemin de ... fer à vapeur (pas pour le repassage) touristique du haut duquel on découvre la beauté des paysages pyrénéens, c'est même impressionnant de voir ce serpentin de rails, posés sur des traverses en bois, un précipice de chaque côté.
Sous l'emprise de la peur, le bras de Paulette serre le mien très fort, son corps tremblant est contre le mien, un frisson nous envahit tous deux et l'on s'embrasse pour se donner du courage.

Le tortillard nous conduit au terminus, une visite touristique panoramique, un enchantement, on voit les monts du Canigou, le cirque de Gavarnie, c'est beau... beau ...on est jeune, on est beau ... on s'aime !!

On s'isole, et ainsi, loin des autres, cachés dans le renfoncement d'un gros rocher, on se remet des émotions dues à la montée. Serrés l'un contre l'autre, à l'abri des regards, je la serre un peu plus fort, sa juvénile poitrine contre moi, de longs baisers, des frottements langoureux font que je ressens à nouveau les mêmes troubles sensuels que ceux qui m'avaient envahi dans l'Ardèche, avec une variante, cependant, ce n'était plus une fillette que j'avais devant moi .C'est une jeune fille bien faite, avec une silhouette de rêve, peut-être ma future épouse ???
Les attouchements, les frôlements calculés, provoquent inévitablement ces spasmes délicieux qui bouleversent et font chavirer bien des têtes .Il s'en dégage un immense plaisir qui nous laisse apaisés et sans remords puisque sans danger pour ma partenaire, seul mon caleçon a subi les outrages de mon extase divine.
Nous retrouvons nos camarades, l'air innocent, mais riches de sensations nouvelles, de souvenirs emmagasinés dans notre tête, en un mot ...heureux !!
Le petit teuf-teuf à vapeur entreprend sa descente.
Nous voici dans la vallée ... blottis l'un contre l'autre, nous remontons dans l'autocar. Il se faufile dangereusement sur les routes tortueuses avec d'un côté, la paroi rocheuse, de l'autre un profond précipice où coulent des torrents.

La nuit est là, tout le monde chante, on a passé une bonne journée, je m'installe au fond du car avec Paulette et dans notre petit coin, nous reprenons nos jeux amoureux, regards tendres, baisers, ma main se glisse dans son corsage (pas sage du tout) je caresse voluptueusement sa peau douce et satinée, aucunement pressé d'arriver.
L'hôtel des bains est là, dommage ... repas ... détente... et tous au lit séparément, hélas!

Bonne nuit ma chérie, ma petite poupée, surnom que je lui ai donné, elle m'a appelé son petit bijou ... souvenirs ... souvenirs ...
Dans le sous-sol de l'ancien établissement de bains, existent de grandes salles rectangulaires dont les murs et les poteaux de soutènement sont revêtus d'une belle faïence claire. Tout cela baigne dans une eau thermale transparente, chaude, et on peut venir prendre des bains à volonté, ça ne sent pas bon, mais l'on s'y fait.

Depuis quatre ans que la guerre est terminée, nous sommes en 1949, les curistes d'avant-guerre, habitués à ces stations de luxe, n'ont pas encore repris leurs cures, de telle sorte que dans l'attente de ces clients, malades mais aussi privilégiés, la Direction se contente de louer à des vacanciers, comme nous.
En ce qui me concerne, je faisais de l'acné juvénile, comme d'ailleurs beaucoup de garçons de mon âge. Dans notre cas il était conseillé de boire cette eau naturelle des volcans et de prendre des bains. Malgré l'odeur épouvantable et son goût désagréable, je me forçais à boire cette eau très souvent J'ai oublié le résultat obtenu, mais me souviens encore aujourd'hui de son goût.
Lorsque la piscine était déserte, Paulette et moi allions nous baigner dans cette eau chaude à point. Imaginez notre bonheur de nous retrouver en ce lieu magique, seuls au monde parfois mais avec la crainte d'être dérangés à tout instant.

On nage avec de l'eau jusqu 'à mi-poitrine, on chahute, on s'asperge, on est sous l'eau puis on devient plus tendre, les yeux et les oreilles toujours en alerte, on se colle l'un à l'autre, on s'embrasse, toujours aux aguets, elle sent bien vite le renflement dans mon slip de bain, je lui caresse la poitrine, mes mains aimeraient s'aventurer plus bas, mais les maillots des filles, à l'époque, étaient de vraies ceintures de chasteté, tout d'une pièce.
Moi, je peux baisser mon maillot, pour Paulette c'est plus difficile, en raison d'une venue toujours possible, je n'ai d'autre solution, pour moi comme pour elle, que de me mettre en haut de ses cuisses et de la serrer au mieux, ventre contre ventre, poitrine contre poitrine, bouche contre bouche et les mains où on peut. L'orgasme arrive, brutal, on y participe ensemble ou presque car elle est frustrée en partie de ce plaisir. Elle semblait, cependant, satisfaite mais surtout elle était restée intacte dans son maillot une pièce, véritable citadelle. Elle riait, heureuse, et j'en ai déduit que c'était la première fois qu'un garçon lui a fait approcher d'aussi près, un demi acte d'amour physique partagé.
Ce fut notre dernière intimité.
Le temps des vacances était terminé, un autocar, un train et nous sommes de retour à PARIS, gare de Lyon.

Tout au long du voyage nous ne nous sommes pas quittés, d'autres couples, comme nous, avant de se séparer échangeaient adresses et promesses de se revoir.
Au revoir ma petite Poupée ... au revoir mon petit Bijou ...On se quitte la mort dans l'âme, dure séparation.
Nous nous sommes revus, quelques temps après - le rendez-vous classique pour les amoureux ou futurs place de la République à PARIS, sous le lion. Nous sommes sortis une fois au bal, avec les camarades.
Dans ses lettres elle me disait que ses parents l'empêchaient de sortir, moi je lui envoyais mes lettres à l'adresse de son oncle au Blanc-Mesnil et pour qu'il sache qu'elles étaient destinées à Paulette, j'inscrivais un « P » au dos de l'enveloppe.

J'ai reçu quatre lettres en tout (je les possède encore) sur la troisième, elle s'excusait encore de ne pouvoir venir, elle disait penser aux belles soirées passées ensemble et de ce que l'on a pas su profiter, sa lettre se terminait ainsi :

« recois mon cher Bijou les plus doux baisers qu'une poupée puisse t'envoyer ..

t’a petite Paulette qui ne t'oublie pas »
La quatrième et dernière lettre reçue le 29.09.49 disait qu'elle avait été très malade, qu'elle avait dû quitter l'atelier où elle travaillait et qu'elle était restée trois à quatre jours couchée.
Elle avait dû écrire cette lettre en cachette et l'expédier avec une complicité.

...Je te quitte pour ce soir car mes parents vont rentrer. Reçois de doux baisers de ta petite signé.Paulette.
J'ai répondu à toutes ses lettres, après ce fut le silence total. On ne s'est plus jamais revu.
J'étais à la recherche d'un travail mieux payé, je n'avais que 19 ans ...le service militaire à faire, je ne voulus pas m'engager davantage dans une liaison due à un amour de vacances, je n'ai donc pas essayé d'aller la voir chez ses parents.
Début de mon entrée dans ma vie professionnelle :

Ici se termine une page de mon existence, heureuse et ... triste. Nous sommes en septembre et je commence à perdre patience, car je pensais naïvement qu'avec un diplôme d'Agent Technique de Laboratoire en poche, les portes s'ouvriraient devant moi dans ce domaine électronique.
Hélas! Tous les laboratoires de grande marque de radio, tels que Philips, Thomson, Océanic, Schneider possédaient leurs ingénieurs et agents techniques installés depuis déjà des dizaines d'années et n'avaient que faire d'un nouveau, d'un débutant sans expérience.

Résigné, mais pas du tout découragé, je trouve un modeste emploi de monteur-soudeur (qui correspondrait a un travail de balayeur) dans une petite entreprise Radio L G, Place de la République. Me voici câbleur à la chaîne avec un premier salaire misérable, moi qui suit Agent technique de laboratoire, ce poste n'était donc pas à la hauteur de mes ambitions mais qu'importe ... je travaille, je commence a travailler, c'est mon premier salaire aussi, ça compte beaucoup pour un début .
Au bout d'une semaine, je constate que les régleurs, dépanneurs de la maison ont du mal à faire leur travail et parfois, entre eux, ils confessent ne pas trouver les pannes difficiles qu'ils rencontrent et leurs efforts n'aboutissent pas. Moi de mon poste de câblage je tente modestement de leur donner des conseils mais ils ne veulent pas me croire, car eux ont le schéma du poste et des années d'expérience, alors que je n'ai que le châssis câblé sous les yeux. Doutant de l'exactitude de mes conseils, ils les mettent, cependant, à exécution et le poste T.S.F. fonctionne. Intrigués, ils me demandent d'approcher et lorsqu'ils apprennent ma qualification, ils me demandent de revenir le samedi, rémunéré en heures supplémentaires, afin de réparer le stock de châssis, mis de côté puisque impossible à réparer.
Je viens donc le samedi suivant, je dépanne et règle tout le stock en retard, à leur grande satisfaction. Dès le lundi, je sens un changement dans leur attitude envers moi, je suis devenu un grand ami très utile.
Lorsque j'étais à la recherche d'un emploi, j'avais également postulé auprès des Usines GRANDIN à MONTREUIL, proche de mon école, je reçois une réponse favorable avec un meilleur salaire. Sans attendre, je donne ma démission à Radio L.G. Le Patron et ses collègues tentent désespérément de me retenir, en vain, car j'ai des ambitions, une carrière à faire et ne peux, de ce fait, rester dans une petite boîte.
Je me présente au Directeur, Monsieur GRANDIN Robert (il s'est noyé dans son yacht de plaisance avec des amis, en Méditerranée, il y a de cela plusieurs années, il était le père du chanteur FRANCK ALAMO - GRANDIN.)(Biche o ma Biche quand je vois tes jolies yeux etc)
Il me prend à l'essai pour le montage, réglage des postes T.S.F. de luxe, de haute classe, mon salaire a triplé et de plus, cela m'arrange et me convient parfaitement étant donné que je suis des cours de perfectionnement, ceci depuis Octobre 1949, à mon ancienne école O.R.T. située à proximité, comme je l'ai dit précédemment.

Une nouvelle technique va concurrencer la radio T.S.F. La TELEVISION.
Je me lance à fond et avale à grandes bouchées tous les cours du soir, je n'en manque aucun, je veux tout apprendre et vite. Le jeune professeur qui nous enseigne est un brillant ingénieur Rédacteur en chef à la revue TLEVISION  à laquelle je suis abonné depuis son départ, c'est-à-dire depuis le numéro 1, Monsieur AVJ MARTIN auquel je dois toute ma carrière .

A cette époque en 1950 on discutait avec tous les élèves et professeurs que serait la suite idéale pour l’épanouissement confortable de cette nouvelle technique ; On envisageait la couleur et un grand écran plat, rectangulaire genre tableau de peinture, accroché sur un mur, dont la toile en s’enroulant de bas en haut laisserait apparaître l’image comme dans les salles de cinéma .C’était des pensées a la Jules Vernes , et au miracle , des années après, on a vu apparaître des écrans plats a cristaux liquides équiper les petites calculatrice de poche devenir des écrans de portables suivit par la nouvelle technique des écrans de toutes dimensions au plasma,.très chers comme toutes les nouveautés .

Je me rappelle d’avoir vu dans les grandes surfaces commerciales en 1997-98 ou avant, un téléviseur au prix de 89.000 francs avec une diagonale d’écran de 80 a 90 centimètres ; 4 ans après il était vendu a moitié de ce prix, et il baisse de plus en plus ce qui va favoriser sa diffusion.

Ma pensée va a mes chers professeurs qui n’auront pas eu la chance comme moi d’assister a tous les progrès de ces inventions dont on est au début de tant de choses a venir .Aujourd’hui en février 2003 ou je vais avoir bientôt 73 ans en Mai, j’en suis émerveillé de tout ce que je vois, Appareils Photos et Caméscopes numériques qui permets de mettre sur disques CD rom et DVD tous nos vieux films d’amateurs sur ces supports inusables ? qui doivent certains durer 100 ans et plus ? On peut le visionner avec certains lecteurs de DVDs directement sur son écran de télévision, sans être obligé comme dans le bon vieux temps, déployer la toile de cinéma, mettre son projecteur de films ou de diapositives devant, en demandant a son entourage de bien vouloir assister et leurs projeter tous nos souvenirs que nous avions tournées avec nos caméras de l’époque.
Fort de ses conseils, je me construis mon premier téléviseur noir et blanc avec tube cathodique a fond plat rond de 26 cms de couleur sépia , légèrement rosé, (fourni par mon ami camarade d’école Charles Rusniewski de chez Thomson ), un écran de dimensions convenables car l'écran géant de l'époque faisait 31 cms et la face était bombée , la majorité des téléviseurs en service en études était de 7 - 14 - 16 cms , fait pour des appareils de mesure, des Oscilloscopes .Dans la rue Sedaine à Paris , j'étais le seul à avoir la télévision en 44I lignes et les gens étaient surpris de voir cette grande antenne bizarre sur mon toit en forme d'un grand H tenu par une grande tige de métal .
Monsieur Robert GRANDIN, le Patron de la grande usine (le père de l'ancien chanteur Franck dit Alamo) bavardait souvent avec moi, il m'avait pris en amitié et me faisant confiance quand à mon sérieux et mes capacités techniques, me donna à diriger toute une chaîne de fabrication avec une vingtaine de femmes, un harem au travail, qu'a mon âge j'aurai bien mis dans mon lit sans toujours mon grand complexe de timidité.

On me donne un nouveau châssis de postes T.S.F. à lampes sortit du laboratoire. Je devais répartir les diverses opérations entre les vingt ouvrières, approvisionner les tables de travail et régler la cadence du nombre de postes à sortir. J'avais 19 Ans ;
J'ai su mériter la confiance de mon patron et faire face aux nouvelles responsabilités qui m'incombaient puisque j'ai eu droit aux félicitations de Monsieur Robert GRANDIN et ce qui n'était pas à négliger, une bonne augmentation de salaire.

Là, encore, ma timidité maladive m'avait empêché de faire des conquêtes. Ces femmes habituées à se défendre usaient de mon manque d'autorité et m'apostrophaient, toujours poliment, dans le style
C'est ainsi, qu'un beau matin, le 18 Octobre 195O pour être précis, je suis appelé sous les drapeaux, pour un service militaire prévu pour 18 mois.
Robert GRANDIN en était fort contrarié et me rappelait qu'une place dans son laboratoire m'attendait à mon retour. Enfin, j'allais peut-être avoir un travail digne de mes longues études enfin, on verra.
J'avais demandé, possèdent un diplôme, de pouvoir faire mon service en rapport avec celui-ci j'ai eu la satisfaction d'être compris et j'ai été incorporé dans un régiment de transmissions radio au fort d'Issy -les -Moulineaux, de telle sorte que je n'avais que le métro à prendre pour aller de la station Voltaire à la station Issy -les -Moulineaux (le Fort).
Me voici donc au 18 Octobre 1950, j'ai 20 ans - le bel âge
Je rentre dans le Fort situé tout en haut d'Issy-les-Moulineaux et considère cela comme 18 mois de prison, en arrivant on crie déjà « La Quille nom de Dieu >.
Ce service militaire obligatoire est à mon avis, injuste. En tant que français mais de confession israélite par ma naissance, baptisé catholique au Châtelet en Berry (Cher) après avoir fréquenté les Temples protestants en Ardèche, j'aurais pu devenir comme Monseigneur LUSTIGIER, archevêque et cardinal de PARIS, il a fait le même parcours que moi - parents juifs polonais cachés en France - le petit LUSTIGIER a dû se faire baptiser comme moi pour se cacher des assassins nazis, il fait des études de théologie qui lui font adopter d'une façon définitive une autre religion, il se convertit au catholicisme et fait tout son sacerdoce jusqu'au poste le plus élevé, Cardinal Archevêque de Paris a Notre Dame et peut-être Pape... qui sait ?
Lui, le juif circoncis, comme Jésus de Nazareth (le Roi des Juifs) dont la secte chrétienne s'est mieux développée dans le monde entier. Donc ... je proteste, (ayant fait des études dans un temple Protestant en Ardèche) car je viens de faire 18 mois d'internement par des policiers en France, pour rien, moi qui suis totalement innocent.
On ne tient pas compte de mes protestations, moi le Protestant, « tu es Français, tu seras un bon et honnête Français après avoir effectué tes 18 mois de service. Allez, soldat 2ème classe MISRAHI, rompez les rangs ... Vu mon Général, je salue et je les ai faits ».
Nous faisons deux mois de classes avec le groupe de ma chambrée, à la caserne, les manoeuvres, la discipline c'est plutôt bon enfant, pas trop dur et les chefs sont sympathiques.

Après les six premiers mois au cours desquels quelques permissions de sortie sont accordées, on me donne de bonnes notes puis on va effectuer les derniers mois de service qui restent à faire à la caserne de l'Ile Saint Germain - Boulogne Billancourt, l'E.C.M.T. centre de matériel de transmission, un pensionnat pour militaires heureux.
Je reconnais que ce fut une vie facile, au chaud, dans des ateliers confortables où je travaillais sur mon métier, un seul inconvénient en tant que soldat de 2ème classe, c'était la garde de nuit devant les grilles, pistolet automatique sans chargeur.
On est en mars 1951 et j'ai 21 ans. Je fais mon tour de garde pendant deux heures. L'île Saint-Germain est séparée par deux bras de Seine, donc très humide. Ce tour de garde me semble long, à proximité de la Seine avec un brouillard qui envahit tout le paysage et il fait froid. Je regarde très souvent ma montre, j'ai l'impression que les aiguilles sont figées.

Il est Quatre heures et demie du matin et je finis à six heures.
Le camion des éboueurs éclairé par la lueur blafarde des lampadaires, s'avance dans une brume épaisse et s'arrête à ma hauteur.

- Alors, mon pauvre troufion, on se les gèle ?

- Absolument, vous au moins vous bougez, moi j'ai beau marcher de long en large, je les ai toujours aussi gelé.

- Attends, on va te réchauffer, aussitôt dit, aussitôt fait, ils me servent une boisson chaude sortie de leur thermos.

- tu verras, cela te fera du bien, du café dans un peu de rhum !!

Je bois d'un trait et me brûle un peu au passage.

-Merci, Messieurs et bon courage pour votre tournée des poubelles.
Ainsi qu'ils me l'ont dit, c'est bien du rhum mais dans un peu de café, il va sans dire que quelques instants plus tard lorsque l'alcool avait fait son effet, je me suis senti tout à fait ragaillardi, je n'avais plus froid nul part, je fredonnais même ce qui eut pour effet d'étonner mes copains de misère venus pour la relève. Surpris de ma gaieté ils m'interrogèrent :

- Que t'arrive-t'il Roger ?
Mais c'est le rhum-café, je leur ai expliqué le guet-apens sympathique des éboueurs. Heureusement que notre cher adjudant n'était pas là, je n'aurais pas coupé du trou pour ivresse en service de faction devant le casernement.
Souvenirs ... c'était le bon temps... le temps du service militaire, celui dont on parle ensuite toute la vie dès que l'on se retrouve entre copains.

Mars se termine, je suis nommé caporal le 1er avril 1951 ... et ce n'est pas un poisson. Ma vie de gradé change mon statut militaire, je deviens chef de chambre et on me salue. Lorsque l'on monte la garde, je reste maintenant la nuit au chaud dans le poste, je donne des ordres et me fais obéir.
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