Ème siècle(xiième siècle-années 1100) ou le passage de la transmission d’une culture gréco-latine à celle d’une culture chrétienne








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Platon & Aristote expliquent l’utilité & la nécessité de l’esclavage. Dans ce monde gréco-romain : arrivée du christianisme comme religion officielle & non plus cachée.


1.1.3. l’essor du christianisme & ses effets sur l’éducation & l’instruction : que faire de l’éducation & de la culture gréco-latines ?

Lecture d’un texte différent : la Bible : ancien & nouveau testament(les 4 évangélistes + l’apocalypse selon saint Jean) : connaissance culturelle & non de croyance !

Le christianisme naît en Palestine sur un fond de religion monothéiste : juive.

Dans le monde gréco-latin, il faudra 3 siècles avant que l’empereur se convertisse. Histoire mouvementée : martyrs...

Le 1er empereur à se convertir est Constantin en 313 (lors d’une bataille, voit une croix).

L’alliance du sabre & du goupillon durera très longtemps. Constantin déplace la capitale de Rome à Byzance qu’il rebaptise Constantinople & qui deviendra beaucoup plus tard Istanbul. Le pôle intellectuel se déplace vers l’orient. le monde occidental a du mal à continuer à vivre, donc les écoles aussi.

En 395 le monde romain est coupé en 2 : l’orient reste calme, l’occident est un peu abandonné(pape à Rome), il est chrétien mais début de périodes troubléesdifficultés pour la culture, les écoles...

En occident : qu’est-ce qu’on fait avec ce qui reste des anciennes écoles & la nécessité de former des gens qui s’occupent de diffuser la religion chrétienne ?

Au début, pas de problèmes : passage par les écoles anciennes... 2intellectuels phares de la fusion encore possible des 2 cultures :

  • Saint Jérôme(347/420) qui fait des études classiques, voyage & devient un personnage important(cardinal). Il s’attaque à la traduction en latin de la Bible(ancien & nouveau testaments) : base de toutes les études de la Bible1500 : « la Vulgate ». Il réfléchit à l’apprentissage de la lecture aussi : gâteaux en forme de lettres(pratique retrouvée tout au long du Moyen Age) : nourritures terrestres & intellectuelles.

  • Saint Augustin(354-430) : originaire de l’actuelle Tunisie. Education à Carthage, très classique. Se convertit tard ; devient évêque. « De la doctrine chrétienne » ; « la cité de Dieu » ; « Les confessions » : première autobiographie connue.


Autre personnage Martianus Capella(vers 400) écrit un texte qui organise les études, la hiérarchie des disciplines scolaires = les arts libéraux(maîtrise de la langue : art, libéraux : qui ne sert pas à gagner de l’argent). La masse des individus doit se livrer au « nec otium »(non-loisir) : travailler(a donné négoce). Une minorité peut seule aller étudier les 7 arts libéraux pour « l’otium »= le superflu, le gratuit ! l’idée que les études sont du domaine du décor, du « gratuit »... elle va rester très longtemps.

Les 7 arts par lesquels il faut passer : : La grammaire, la dialectique : discours à 2 : question/réponse, la rhétorique, la musique, l’arithmétique, la géométrie, l’astronomie.

Il fait disparaître 2 disciplines : la médecine & l’architecture.

Vision de l’enfance : à (re)dresser (cf. le péché originel). Pour les petits, avant l’âge de 7 ans, on est encore indulgent. Mais à l’adolescence : danger. L’éducation est toujours pour les garçons uniquement.

1.1.4. écoles, culture biblique & latine dans la Gaule conquise par les Francs : une histoire longue(500-1200) faite de trois élans interrompus par des troubles profonds

Vers 500 : conquête de la Gaule par les «Barbares »(mot d’origine grecque = ceux qui ne parlent pas grec). Période longue, confuse, difficile pour les écoles & la culture.

Arrivée des Francs : Clovis. Conversion au christianismele latin garde sa domination culturelle.

  • Les temps fragiles de la réorganisation : 2 personnages importants en opposition.

  • Boèce(480-525) : traduit Aristote en latin, précise le contenu des 7 arts libéraux.

  • Cassiodore(480-575) : pour lui tout enseignement doit partir de la Bible(pas de références classiques).

Problème : où former des gens pour la cléricature ?

Il y a 2 types de clergé :

  • Le clergé séculier : vit dans, avec tout le monde, dans le siècle(prêtre, évêque, archevêque... pape)

  • Le clergé régulier : vit dans des monastères, prie, travaille... suit une règle : emploi du temps & orientations, valeurs d’un ordre religieux. Il naît vers l’Egypte & en occident : en Italie(saint Benoît : bénédictins : copie de tout texte) ; en Irlande(saint Colomban).

Le latin n’est plus la langue de baseapprentissage comme langue étrangèrestructures d’enseignement :

  • Ecoles près des évêques, des cathédrales(de cathèdre = chaise de l’évêque) : écoles épiscopales

  • Ecoles près des monastères

  • Ecoles paroissiales, près du curé, mais beaucoup plus rares : sud de la gaule surtout(Arles).

Sur ces 3 types d’écoles, celles qui fonctionnent à peu près sont les écoles monastiques, qui ont des bibliothèques. Néanmoins, difficulté liée à la qualité de l’écriture(époque mérovingienne). Il est très difficile d’apprendre à lire. La communication écrite risque de s’arrêter car chacun «invente » son propre système d’écriture.
Le pape Grégoire le Grand constate que l’église ne peut plus se permettre de former autre chose que des clercs i.e. des individus pour la servir(futurs membres du clergé). Il décide donc en 590 de renoncer à former des laïcs & condamne la culture gréco-latine : tout est dans la Bible.

La société est coupée en 2 : la grande masse n’a pas de «lettres »(illeteratus) ; un petit noyau autour du clergé a des lettres(litteratus).


  • La brève embellie de «la Renaissance carolingienne »(750-900) : autour de charlemagne

Arrivée de Charlemagne : homme à poigne, fait des conquêtes, vers la Saxe. Empereur, 1er Européen. A un très grand territoire ; chrétien. Son père obtient du pape le sacre des rois qui durera Louis XVIdimension quasi divine, «contrat entre Dieu & le roi. Roi très puissant.

« La renaissance carolingienne » : s’installe à Aix la Chapelle(à peu près le centre de son empire) : construit palais, église... attire les lettrés de toute l’Europe : Alcuin(anglais) qui s’occupe des écoles. Charlemagne essaie d’avoir dans son palais l’ancêtre de l’ENA : il voudrait des laïcs instruits pour surveiller son territoire : les «missi dominici »(envoyés du maître) : à l’heure actuelle, les préfets.

Dans les monastères, renaissance carolingienne basée sur le latin vers 850-900 où commence la difficulté à maîtriser le latin qui est devenu une langue étrangère liée à la religion chrétienne ; mise au point de la minuscule carolingienne, code graphique(Raban Maur : ami, disciple de Alcuin). Les ligatures(=contraction de lettres. L’@ est une ligature) sont mises au point vers 750.

«La culture c’est de regarder derrière soi, c’est toujours «réactionnaire ». » Brigitte DANCEL

A l’issue de cette période(mort de charlemagne en 814) arrivée des Normands. Pillent les monastères, brûlent les livres... invasions par l’est aussi900.


  • La brève embellie de «la Renaissance carolingienne » (750-900) : suite

Embellie de la renaissance carolingienne autour de Charlemagne. Dans les monastères, & la renaissance carolingienne : tout est basé sur le latin jusqu’en 850/900 où on commence à avoir des difficultés à maîtriser le latin.

La grammaire est ce qui sert à comprendre la structure de la langue latine. On s’appuie sur des grammaires latines du 4ème & 6ème siècle & qui paraissent simples & faciles :

  • Celle de DONAT au 4ème siècle : copiée, recopiée, imprimée

  • Celle de PRISCIEN au 6ème siècle : moins connue.

Le latin est devenu une langue étrangère, liée à la religion chrétienne : base de la culture.

Le pouvoir royal se réduit. Hugues CAPET en 987 est un petit roi minable qui a Paris, Orléans & Senlis. Insécurité, les monastères font le «gros dos », le grec est abandonné.


  • Les brillantes mais rares écoles des années 1000 & 1100(XI ème & XII ème siècles) qui commencent à entrer en contact avec la culture arabe : :

Première remarque : ces écoles sont des écoles provinciales où l’on fait des études supérieures. Elles attirent des étudiants car elles ont un maître célèbre, érudit.

  • 1ére école : celle de Reims où enseigne GERBERTd’Aurillac (né en Auvergne) beaucoup en contact avec l’Espagne musulmane. Très vite il comprend qu’il faut soutenir Hugues CAPET (sacre à Reims : pas un hasard !). son sens politique aigu fait qu’il deviendra pape : Sylvestre II (le sabre & le goupillon).

  • 2ème école : Fleury sur Loire où se trouve une grande abbaye bénédictine, avec ABBON qui soutient aussi Hugues CAPET mais ne s’entend pas avec GERBERT : conflits intellectuels & politiques. Conseiller du roi, spécialiste en droit canon alors que GERBERT est spécialiste des sciences.

  • 3ème école : Chartres : très brillante : FULBERT qui veut agrandir sa bibliothèque, lancer l’idée de reconstruire la cathédrale (bâtir, construire pour Dieu). Oncle d’Héloïse(femme très cultivée). amoureuse d’ABELARD mais cela ne plaît pas à FULBERT & c’est lui qui fera émasculer ABELARD. Correspondance entre les 2 amants.

  • 4ème école : Laon avec ADALBERON : « Les uns prient, les autres combattent, les autres enfin travaillent » : clergé, roi & nobles(les seigneurs), la masse(paysans, artisans) qui deviendra le tiers-état. Partition en 3 de la société avec droits & devoirs de chacun. Entreprise de moralisation, normalisation d’une société extrêmement violente. Il veut faire comprendre(au roi) que le mariage est sacré : christianisation de la royauté.

  • 5ème école : du BEC-HELLOIN : saint Anselme, d’origine italienne. A ABELARD comme élève mais aussi LENFRANC(futur évêque de Canterbury). Ses idées : toute vérité se trouve en Dieurisque de blocage. A quoi sert d’aller observer, regarder... ? Tout est dans le verbe, les choses sont dites par Dieu. On ne peut travailler qu’un jeu de langue totalement étranger à toute observation. C’est la parole qui crée. Les choses n’ont pas besoin d’exister. « je crois pour comprendre ».

la relation parole-chose est la grande question du Moyen Age.

  • 6ème école : à Paris : des écoles dans des monastères rive gauche(actuel Quartier Latin) : saint Germain(des près) ; sainte Geneviève(le Panthéon) ; saint Victor(université de Jussieu, Paris VII). Elles ont du mal à lutter contre celles de la province mais vont finir par prendre le dessus au cours des années 1100. Maîtres : ABELARD, Hugues de Saint Victor.


Tous ces gens, intelligentsia européenne, se déplacent. Pas de notion de nation. Europe de la culture.
2ème remarque : dans cette période, le contact avec la culture musulmane devient de plus en plus important. Les contacts culturels sont difficiles car en 1099 : croisade. Mais contacts aussi via l’Espagne. cette culture musulmane apporte la transmission & une réflexion sur la culture gréco-latine :

  • traductions de textes d’Aristote & commentaires qui alimentent la réflexion

  • textes gréco-latins des médecinsalimente la médecine médiévale. Mais transmettent aussi leur propre culture médicale. Beaucoup de scientifiques, médecins viennent d’Iran : Aircenne dont les textes sont la base de la médecine européenne

  • « passeur » de la numération indienne(de 1 à 9) : Al KHARIZNI(vers 1000) donnera algèbre. Passage par l’Espagne. avant : chiffres romains, bouliers, cailloux, phalanges des mains. Arrivera chez nous vers 1200. Le 0 n’est pas encore créé.

  • Vers 1100, traduction du Coran i.e. on se rend compte que c’est un texte «révélé » comme la Bible & qui peut être intéressant.


3ème remarque : autour de 1100 s’amplifie le débat de savoir si on continue à insister sur la grammaire ou si on se met à insister sur la dialectique(= proposition, contre-propositionla vérité).

L’école de Chartres : grammaire, poids des mots, lien avec Platon(mais mal lu, mal compris).

L’école de Paris (avec Abélard) : discours acéré de la dialectique ; Aristote qui semble plus apte à réfléchir sur la théologie, Dieu. Comme c’est le choix parisien : programme pour le reste du Moyen Age & dont on aura du mal à sortir :

  • Hypertrophie de la logique, de la discussionn’aboutit à rien, très sclérosant. Donne la scolastique i.e. discours bon pour l’école, fermé au monde, pour les intellectuels ; logique asséchante.

  • Si on part du principe que tout vient de Dieu, tout le rets(les sciences, la médecine) n’est pas intéressant & on va l’interdire à tout étudiant clerc(disciplines profanes). Abandon de ces disciplines aux laïcs. Séparation culturelle.


Conclusion générale :

Poids de l’église. mais entre 500 & 1200, elle n’a pas le pouvoir de créer un véritable système éducatif. Ce qu’elle veut, c’est former ses «cadres ». De temps en temps elle accepte des enfants, petits, mais ce n’est jamais vraiment sa volonté. Dès que ça va mal, on n’en veut plus ! Pas d’engagement dans l’alphabétisation car pour la masse des gens, on se contente qu’ils sachent peu de choses.

Si l’église ne s’occupe pas de la masse, elle a un rôle conservateur de la culture gréco-latine. Elle maintient & même construit : copie de livres dans les monastères.
1.2. les universités médiévales du 13ème siècle au 15ème siècle(XIII° siècle au XV° siècle-années 1200 à années 1400)

période de 3 siècles qui nous a légué un vocabulaire que l’on utilise toujours même s’il n’a plus le même sens.

1.2.1. l’organisation des universités en Europe. (cf. carte)

  • Toute l’Europe va créer en même temps des universités, vers 1200. Manifestation du pouvoir politique »bagarre avec le pape qui voudrait soumission & droit de regard sur l’enseignement de la théologie.

Italie : Salerne, Bologne

Espagne : Séville, Salamanque, Palencia(aujourd’hui un «bled »)

Portugal : Coimbra, Lisbonne

Angleterre : Oxford, Cambridge

France : Paris, Toulouse, Montpellier(pour ces 2 là, conquête des pays d’Oc, en relation avec l’Espagne musulmane).

Universitas = corporation : tous ensemble, maîtres & étudiants ; les princes accordent des privilèges à tous : par exemple : la police ne peut entrer dans les universités : conservé 1968.

1.2.2. l’organisation des études où le latin est dominant :: elle suit Martianus Capella :

  • 1ère faculté : celle des arts : on y apprend :

* le «trivium » : grammaire, dialectique, logique, rhétorique, art du discours.

* le «quadrivium » : musique, arithmétique, géométrie, astronomie.

Il y a des livres copiés à la main(200 lignes à la journée) mais on use de moyens mnémotechniques avec les mains : notes de musique, règles de grammaire... (d’où l’expression savoir ses leçons sur le bout des doigts !)

  • facultés supérieures : 3 au choix :

* le droit : droit canon au départ puis petit à petit droit civil. Places importantes auprès des puissants ouvertes à la sortie(Bologne)

* médecine : Montpellier

* théologie : envie de progresser dans la hiérarchie religieuse(Paris).

Les étudiants ont la tête couverte pour étudier.
Le cours du lundi 09/04 est avancé au vendredi 16/03 de 11h à 13 h : amphi 400.

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1.2. Les universités médiévales du 13ème au 15ème siècle (suite)
1.2.2. L’organisation des études où le latin est dominant(suite) : les grandes universités sont encore dans les villes où elles se sont fixées au 13ème.

L’allégorie de la dialectique a un dragon qui sort de sa manche : l’argument doit «tuer » l’adversaire, être imparable.

Il y a 7 disciplines à faire pour arriver à la théologie(philosophie de Dieu).
Les examens : pas d’écrit car il y a peu de papier & le parchemin est difficile à faire aussi. A la faculté des arts :

  • 1er grade : le baccalauréat(remis sur pied par Napoléon vers 1800). Etymologie ? « Baie de laurier » ? Mais dans le monde de la chevalerie le 1er grade est aussi celui de bachelier. Globalement, idée de rite de passage, de 1ère épreuve(en France, seul pays d’Europe où le bac est à la fois le diplôme de fin d’études secondaires & l’autorisation d’entrer à l’université).

  • 2ème étape : la licence i.e. l’autorisation par exemple d’enseigner comme répétiteur.

  • 3ème étape : « disputatio » avec le maîtremaîtrise i.e. pour devenir maître à l’université.


Qu’est-ce qui régule la vie de ces universités ?

  • La faculté des arts est dirigée par un recteur. Les 3 facultés supérieures sont dirigées par un doyen(=aîné)[résistance de la langue : le doyen est resté par rapport à directeur d’UFR]

  • Les maîtres, les profs des universités sont des gens mobiles : appelés ou chassés. Le latin est langue d’enseignementles étudiants sont mobiles aussi : pas de problème de langue. Les profs ne sont pas tous issus du monde religieux. Au cours du 13ème siècle(où le commerce se développe car le calme est général) naissent de nouveaux ordres religieux : les ordres mendiants qui s’installent & prêchent dans les villes : les Dominicains(Espagne) & les franciscains(Italie). Entre autres missions, leur rôle est d’investir les universités en tant que maîtres de théologie. Ils ne se font pas payerconcurrence financière mais aussi intellectuelle. Il y a 2 grands maîtres, avec un impact européen, durable(équivalents à MARX ou FREUD de nos jours). :

  • Albert le Grand : dominicain, d’origine allemande. Donne des cours à Paris puis retourne à Cologne. Parmi ses élèves :

  • Saint Thomas d’Aquin(1225-1274) : fait ses études en Italie et devient dominicain. Vient à Paris &rencontre Albert le Grand. Il réfléchit à la manière de mettre ensemble foi & raison. Pour répondre à toutes les questions possibles :  «La somme théologique » : monument intellectuel à connaître & à étudier. Il utilise Aristote & «démonte » le travail d’AVERROES(philosophe arabe) d’interprétation des textes d’Aristote. Les positions de saint Thomas n’ont pas toujours été acceptéesquitte Paris.


1.2.3. La vie étudiante. La naissance des «collèges »

Difficulté à trouver des livresmise au point de systèmes de notes pour gagner de la place sur le support.

Etudes payantesfamilles aisées mais pas trop car les plus riches sont plus attirées par le monde de la chevalerie. Image convenue de l’étudiant : ripaille, débauche...

Autour de l’université se créent des quartiers spécifiques : à Paris : le Quartier Latin.

Problème du logement des bons étudiants(pauvres) en théologiecréation de «collèges » où ils sont pensionnaires, participent à la gestion... Puis petit à petit, les maîtres viennent faire des cours de répétition le soirlieu clos où l’on peut dire vraiment ce qu’on pense : îlots de modernité.

« Collège des dix-huit » : le 1er à être créé. Puis le 2ème : « Robert de Sorbon » qui deviendra la Sorbonne.

Les collèges ne sont au début que des pensionnats pour les étudiants en théologie méritants
1.2.4. L’évolution des universités aux XIV° & XV° siècles

Multiplication de ces universités. Les étudiants sont moins mobiles. Recrutement localse frottent moins à l’altérité, à la différence. Ceux qui peuvent continuer à aller partout sont les enfants de familles aisées qui commencent à être moins «branchées » sur l’activité guerrière. Cela donne naissance au 16ème à la mode de faire le grand tour de l’Europe.
L’évolution intellectuelle est relativement catastrophique. L’enseignement s’enferme : plus de grands maîtres ; querelles sur la langue ; refus d’aller voir concrètement comment c’est dehorsenseignement de plus en plus scolastique, scolaire, sclérosant.
C’est donc, à côté des universités, dans les collèges que ça va bouger &, dans les autres pays non touchés par la guerre(14ème/15ème guerre de 100ans) dans les simples écoles latines(municipales) ou dans des collèges(pas des internats). On y apprend le latin, la connaissance des grands textes... 2 endroits en Europe :

  • Au Pays Bas où les profs sont issus de sortes d’associations : «Les frères de la vie commune ».

  • En Italie du Nord(Bologne, Padoue, Venise...)où les profs sont des couples de particuliers & hébergent les enfants : petites structures ouvertes : le mari écrit des livres, la femme s’occupe de l’intendance. Rien à voir avec l’université(qui perd la maîtrise de la faculté des arts) mais cela satisfait les familles. Beaucoup d’enfants français qui diffuseront les méthodes.


1.2.5. Et les apprentissages premiers(lire, écrire, compter) ?

Pendant longtemps on a pensé qu’au Moyen Age on ne s’intéresse pas aux enfants & aux femmes. En fait : dans les familles très aisées les femmes sont cultivées, elles savent lire & écrire(elles écrivent même des livres) & le transmettent à leurs enfants. Cf. représentation de Sainte Anne apprenant à lire à Marie ; représentation de l’Annonciation(un seul évangéliste en parle : saint Luc) dans les livres d’heures i.e. de prières.
Au 15ème, préceptorat.

Abécédaire pour les petits(le j & le v sont inventés plus tard) avec les lettres en rouge(cela donnera rubrique) : même à l’heure actuelle, les abécédaires sont toujours en rouge.
Début 16ème (ce n’est plus le Moyen Age) on trouve dans les livres les «croisettes » ou croix de par Dieu = avant tout acte de lire on demande l’aide de Dieu car difficulté à apprendre & l’accès à la connaissance doit être autorisé : demande de bénédiction divine qui durerala révolution.

Livres de fables(Esope, Phèdre. Celles de La Fontaine étaient destinées à l’éducation de Louis XIV) bilingues : français & latin avec des illustrations.

Dans le cas d’un garçon d’une famille pauvre mais «éclairée », on le confie à un monastère(oblat) contre une pension au début.

La méthode d’enseignement est dite «individuelle » (différente du préceptorat où on a un maître pour un élève) : un maître s’occupe de chaque enfant tour à tour pendant que les autres travaillent.

Sur les tableaux, les enfants sont toujours en train de lire, jamais d’écrire, car on pense qu’il est premier d’apprendre à lire.

Punitions corporelles = fessées «déculottées » problème pour la mixité des classes plus tard. 1882 : interdiction des punitions corporelles à l’école(Jules FERRY).

Qui maîtrise les apprentissages de base ? difficile à dire. On peut approcher, évaluer l’alphabétisation d’une population en voyant si les gens savent signer quelque papier que ce soit(actes, reconnaissances de dettes, achats...). pour le Moyen Age, pratiquement pas de moyens de quantifier en dehors de cela. Si tant est que savoir signer = savoir lire & écrire !

Le besoin ressenti(14 & 15ème) de la part des gens qui sont dans la sphère du commerce ou du pouvoir(religieux ou politique) ; avoir des lieux de scolarisation d’une classe d’âge.

Fin 15ème, on est entraîné vers un mouvement d’alphabétisation.
Problème d u latin dans le système éducatif 20ème : cf. article photocopié.

Recherche d’une langue commune même à l’heure actuelle. Certains parlent de retour au latin ?

Publicité sur les 10 commandements : les publicitaires ont une culture, des références. Apprendre aux enfants à avoir un regard distancié.
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1.3. Les Temps Modernes du 16ème siècle(XVIème) à 1789.

Du 16ème à la Révolution = les Temps Modernes = 16ème, 17ème, & presque tout le 18ème.

De 1789 nos jours = histoire contemporaine.

Période de grandes turbulences ; accumulation de changements dans tous les domaines. La Renaissance, ordre des arts, vient d’Italie ; l’Humanisme, ordre de la connaissance, vient d’Italie ; la Réforme, d’ordre religieux, vient d’Allemagne.
1.3.1. Humanisme, Réforme(protestante) et Contre Réforme(catholique).

Contre Réforme : réponse à la Réforme. Période de guerres, de luttes. Importance dans l’éducation : toute société crée des écoles non pas pour développer l’individu mais pour donner le type d’adulte qu’on souhaite avoir, le citoyen qu’on veut !

Cf. frise chronologique p. 3.

  • Monarchie organisée, absolue, de droit divin, autoritaire, qui ne s’occupe pas beaucoup de l’école. régences : périodes pas très calmes. Ce n’est pas trois siècles de monarchie absolue sans partages.

  • L’Humanisme : hommes, humanités classiques... Au cours du 15ème, arrivée en occident de manuscrits inconnus ; de 2 types : grecs : Platon surtout mais un texte d’Aristote : «La poétique ». Ces textes grecs arrivent en Italie puis dans toute l’Europe.

Au cours du 15ème, situation délicate : en 1050, le monde chrétien se coupe en 2 : les catholiques romains & les orthodoxes. Cette séparation est une catastrophe culturelle car les relations sont coupées entre l’orient & l’occident.

Au cours du 15ème, Constantinople est menacée par les Turcs musulmans qui font des conquêtes. Certains intellectuels, sentant le risque de la chute de Constantinople, appellent à l’aide.

Une ambassade va en Italie, en Allemagne... & échoue partout : ignorance de la part des européens des appels au secours. En 1453, chute de Constantinople. Ce qui veut dire que quand les Turcs conquièrent Constantinople c’est en fait tout le monde méditerranéen qu’ils occupent. La chute de Constantinople a fait que certains intellectuels sont venus vers l’Italie en emmenant ce qu’ils pouvaient.

La situation actuelle est le résultat de 600 ans d’histoire mouvementée & douloureuse.

Aux 16ème/17ème, «établissements » des textes latins ou grecs. Depuis le 16ème, on a essayé de retrouver tous les textes possibles d’une même œuvre, travail de critique de l’état des œuvres de l’antiquité. Ce qui explique que l’on redonne vigueur à un enseignement de haut niveau du grec & du latin.

Début 16ème, François 1er crée le «Collège Royal »(actuel «Collège de France »). On y entre par cooptation, reconnaissance de la valeur autre que le passage par l’université. A l’origine, il est là pour redonner des bases solides & de haut niveau aux langues grecque & latine.

PLATON = le philosophe des Temps Modernes, comme Aristote pour le Moyen Age. Mais «La poétique » d’Aristote est un texte établi en Italie, qui arrive en France au 16ème. Le vrai texte ne sera connu que fin 17ème & là seulement il y aura des commentaires sur la Tragédie : noble, une, vraisemblable, langage fleuri, une action, beau langage... ce n’est pas une narration : rôle de catharsis ; unité de temps & d’action mais pas de lieu : cela est ajouté au 16ème, ce qui «plombe » les tragédies en France. Racine, au 17ème a eu un exemplaire en grec : c’est lui qui ne respecte pas : «Bérénice ». Molière, dans «Dom Juan » fait, à la 1ère réplique une référence à Aristote sous forme de dérision.

Ce texte d’Aristote marquera le théâtre en France pendant très longtemps.

  • Mise en place des langues nationales par des individus qui ont envie de défendre & d’illustrer leur langue. Affirmation d’une identité nationale au travers d’une langue qu’on essaie de structurer, d’affiner & d’enrichir(Rabelais crée des mots !).

Du Bellay(«Heureux qui comme Ulysse »...) et Guillaume Budé(un des premiers grands maîtres du collège royal) défendent la langue française. François 1er se rend compte que l’utilisation du latin plus comprise. Ce qui le conduit à prendre l’édit de 1539 : «Ordonnance de Villers-Cotterêts » ,où il demande que dans les actes officiels(de justice) on emploie «Le langage maternel français et non autrement ». bretons & autres « râlent ». cette ordonnance oblige aussi les curés des villages à noter naissances, mariages... ce qui est le début de l’état-civil & qui a un intérêt pour l’historien comme indicateur de l’état d’alphabétisation des gens. Cette obligation ne sera vraiment appliquée que dans la seconde partie du 17ème.

  • Au 16ème, rejet global de la culture & de l’enseignement médiéval.[«Le temps de Goths » : le Moyen Age, temps de barbarie & de dédain. Rejet de la culture livresque aussi.]. ouverture, curiosité..., création d’outils. COPERNIC(polonais du 16ème)affirme que la terre n’est pas au centre du monde(révolution copernicienne). GALILEE(plus tard en Italie) reprend les mêmes idées(17ème) mais se fait condamner à mortrenie ses idées pour mourir dans son lit.

  • Invention de l’imprimerie : progrès technologique. Naît aux alentours de 1450 à Mayence sur le Rhin. GÜTENBERG laisse son nom. En chine & au Tibet on a déjà trouvé le système : caractères mobiles en plomb. Tous les livres entre 1450 & 1500 : les « incunables » : les 1ers livres(du latin berceau). 2 endroits en Europe : Italie du nord & actuel Bénélux où il y a une énorme concentration d’imprimeries. Au début, marche à la feuille. On n’accentue pas les majusculestrop de caractères différents. Naissance d’un métier : artisan typographe 1950 environ ; ouvriers très cultivés, revendicateurs : « l’aristocratie ouvrière ». 1er livre imprimé : «La bible de 42 lignes » : encore un mélange avec des enluminures au début, mais très cher disparaît. La Bible est traduite en France à cette époque. Disposition massive du texte, mais ponctuation pour faciliter la lecture silencieuse. Pour les langues nationales : invention , création du j & du v par exemple. Italique : création pour gagner de la place, par les vénitiens. Exemple : «Les essais » de MONTAIGNE : pas content de l’impression, pas lisible. Il demande un rajout de ponctuation, de majuscules, de renvoi à la ligne... «La mise en imprimerie » aide à la lecture silencieuse. Toujours le même problème à l’heure actuelle. Caractères romains, italiques, gothiques.

Des décisions de grande importance culturelle sont prises. Un pays adopte un seul type d’écriture1945 : l’Allemagne qui refuse la typographie italienne ou romane.

Milieu 15ème, Maximilien jeune empereur d’Allemagne s’oppose au pape. Pour se démarquer(«fraktur »= écriture) il choisit les caractères de la typographie gothique = caractéristiques des écrits allemands mais aussi des écrits pour le peuple(titre des journaux, même en France, cf. «Le Monde » au 19ème). Caractères romains & italique : culture élitique classique ; l’autre = Europe du peuple, des «Goths ». résonances culturelles pendant très longtemps.
L’imprimerie, assez rapidement, imprime des livres purement scolaires : c’est la révolution ! «Les Frères de la vie commune » ont beaucoup de copistes au départ, mais passent ensuite à l’imprimerie vers 1487.

« Les distiques » de CATON, livre de grammaire avec des exercices.

Mise en place d’une organisation de la page, spéciale pour les enfants : marges, interlignes... pour permettre explications & commentaires sur le livre car il n’y a pas de cahier : on écrit sur les livres : explications en dessous & sens général dans les marges.

  • Problème religieux de la Réforme : la Réforme(début 16ème) : contestation d’un pouvoir pontifical aux mains de gens pas très recommandables(3 papes en même temps !). les papes sont fascinés par la Renaissance, prêts à dépenser des fortunes pour reconstruire Saint Pierre... Pratique des Indulgences(surtout en Allemagne) ; purgatoire en moins.[purgatoire : construction du 13ème] : on ne peut en sortir que si les vivants paient des messes. On va obligatoirement vers le paradis mais ça prend plus ou moins de temps.

En Europe, LUTHER(moine) s’insurge contre ce système, il proteste ! le pape l’excommunie coupure avec le pape & les catholiques. Il veut changer des choses, réformer(début 16ème). A la suite du développement de l’imprimerie & des langues nationales, LUTHER demande à tous de lire la Bible traduite en allemand ; la seule chose importante c’est le texte de la Bible. Il exige que tout le monde la connaisse par cœur, mot à mot... il demande de lire encore & encoreles Réformés doivent apprendre à lire.

Ses idées sont reprises par CALVIN(de Noyons dans l’Oise ; début 16ème) en France. Il a des ennuis avec François 1er. De Suisse, vallée du Rhône, contournement du Massif Central & remontée. Obligation de lirey a-t-il plus d’alphabétisés dans le sud ? Beaucoup dans le sud de la France puis mouvement tournant.

CALVIN invente la prédestination.
LUTHER(Allemagne) & CALVIN(France, s’enfuie en Suisse) sont les 2 hommes de la Réforme.

Ils demandent que chacun prenne connaissance du texte de la Bible ce qui est très important car pression pour apprendre à lire(début 16ème).

La Réforme protestante : la papauté est discréditée. LUTHER, un an avant de mourir écrit sur le pape des textes où il se moque du pape(avec CRANA : graveur allemand). Il y est d’une vulgarisé sans nom ; il finira sa vie repoussé même par ses disciples.

Christianisme = protestants ; catholiques, orthodoxes. Seuls les catholiques reconnaissent le pape comme chef de l’église.

Face à ce bouillonnement de la Réforme, l’église réunit le concile de TRENTE(en Italie : 1545/1563) qui essaie d’affirmer le catholicisme face au protestantisme. Les décisions :

  • Les prêtres doivent être un minimum instruits(lire & écrire)

  • Puisque les protestants ouvrent des écoles, engagement d’un mouvement de scolarisation des enfants des classes élevées d’abord, car ils sont attirés vers le protestantisme, essai de capter une «clientèle »

  • Faire de la messe(représentation de la Cène) un véritable spectacle avec fleurs, orgues, encens... Art Baroque pour que l’âme des fidèles soit «ravie »[moments festifs du peuple : messes, processions... seules distractions des gens !]

Ce siècle est très dur : guerres de religion(pendant 40ans) & problèmes de tous ordres. Les guerres finissent par l’édit de N antes(1598) : édit de «tolérance »(Henri IV) dans le sens de supporter car on ne peut faire autrement : il pourra y avoir des écoles catholiques & des écoles protestantes. Il sera révoqué par Louis XIV après une campagne de dragonnades, moins d’un siècle après : interdiction d’être protestant.

Derrière cela un problème qui torture tout le monde : celui de la «grâce » i.e. comment faire pour être sauvé ? Chaque tendance(catholique & protestante) a sa vision & veut la faire passer aux élèves. La mort est très quotidienne(enfants en bas âge, mères qui accouchent...). seuls les esprits «libertins » du 17ème ont un détachement vis à vis de la mort car on commence à se poser la question de l’existence de Dieu.

Siècle d’écrits spécifiquement pédagogiques, destinés aux enfants des classes sociales élevées toujours.
ERASME : catholique hollandais : « Eloge de la folie » : sur la civilité des enfants, comment ils doivent se comporter en société : ces manières sont toujours en vigueur aujourd’hui.

[droit de censure : besoin d’un privilège royal pour imprimer].
MONTAIGNE : « Les essais » chapitre 26(«L’éducation des enfants » : édition de poche) est un traité de l’éducation sur la demande d’une femme noble. Fait un Eloge de l’éducation pour les enfants des classes supérieures :

  • Choisir un bon précepteur, conducteur à la «tête bien faite plutôt que bien pleine », avec de la raison & du savoir. [« Faire son miel » ; vil = non noble]

  • Faire faire du sport aux enfants

  • Leur apprendre à supporter une vie rude

  • Ne pas les couver

  • Les enlever très vite des jupes de leur mère

  • Les faire voyager, leur faire voir autre chose, à l’étranger, pour apprendre plus facilement les langues(surtout quand on est jeune). « Frotter & limer notre cervelle contre celle d’autrui »

« Savoir par cœur n’est pas savoir »
RABELAIS : au fil de ses écrits, critique l’enseignement médiéval : « Le temps de Goths ». il faut agrandir son savoir le plus possible mais «science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». ici, la conscience est la foi en Dieu, donc il faut rester malgré tout un bon chrétien.
CASTIGLIONE : (italien) écrit, début 16ème, «Le livre du courtisan » : contexte de cour princière en Italie. Rôle des élites ? Un bon courtisan doit entourer le prince, par sa culture il doit le distraire, par sa réflexion le guider : c’est donc un personnage important. La noblesse d’âme peut être augmentée par la noblesse du savoir.
1.3.2. Les collèges : des établissements pour former, par la culture latine, les enfants de l’élite sociale.

On ne peut plus tabler que sur les universitésles collèges : structures plus petites, pour l’éducation d’enfants jeunes, tous du même âge : partout en Europe. La France y arrive aussi.

A Paris, au milieu du 15ème(1452) les autorités religieuses acceptent de jeunes enfants dans les collèges. petit à petit, les collèges ne vont garder que les plus jeunes pour leur donner un enseignement équivalent à celui de la faculté des arts : possible dans les grandes villes.

Le 1er collège à Paris qui propose un cursus complet avec «Les frères de la vie commune » venus des Pays Bas est celui de Montaigu(actuellement le lycée Henri IV).

Dans la 1ère moitié du 16ème, multiplication d’établissements(collèges, pensions, écoles latines...) qui tentent de faire les 7 arts libéraux & de faire passer le baccalauréat. S’adressent toujours à une élite.

Après le concile de Trente, prise en main, mise en ordre de ces établissements par des ordres religieux.
Les jésuites : ordre fondé par Ignace de Loyola(né en 1491 au Pays Basque). Education chevaleresque, militaire ; inculte... Blessé à Pampelune(1522) : se repose & se met à lire, surtout la vie de saint Dominique & de saint François d’Assises qui ont fondé les ordres mendiants. Il décide de faire des études : Salamanque, collège de Montaigu, puis faculté à Paris. Docteur en théologie, fonde en 1540 l’ordre des Jésuites dont la particularité est de servir le papauté, de protéger la foi catholique(ordre installé à Rome). 3 objectifs :

  • Les jésuites envoient des missions pour répandre la foi dans le monde entier

  • Devenir directeur de conscience des nobles : Coton pour Henri IV(cf. jarnicoton !)

  • Eduquer les enfants des classes dirigeantes.

Le 1er collège jésuite(1548) à Messine(Sicile) puis à Rome(1551) : "collegio romano », statut particulier, maison-mère qui forme les jésuites & haut-lieu de savoir savant(grands chercheurs dans tous les domaines).

En France cet ordre dont le seul chef est le pape n’est pas apprécié. Les rois, catholiques, veulent nommer les évêques eux-mêmes(ils sont gallicans : de Gaule). Or les jésuites sont ultramontains(au-delà des montagnes, regard vers Rome) : allégeance au pape.

1556 : Billon & 1560 : Mauriac : 1ers collèges jésuites en France ; implantation discrète. N’arrivent à Paris qu’en 1564 : collège de Clermond(actuel lycée Louis Legrand) & collège de Navarre(école Polytechnique).
1ére vague de multiplication des collèges, assassinat de Henri III par un moinedépart des jésuites qui ne reviendront vraiment qu’avec Henri IV.

45000 élèves à la fin du 17ème dont Corneille, Bossuet(l’aigle de Meaux), saint François de Salles, Descartes, Molière, Voltaire, Diderot...
L’organisation des études : en 1599 la «ratio studorium »(la raison des études) explique comment organiser les études, quels sont les auteurs à étudier & sous quelle forme... Caractéristiques :

  • La classe : on regroupe dans un espace, des élèves du même âge & environ du même niveau : enseignement simultané : notion de progression. Fin du 15ème, on commence à avoir l’idée de cette organisation en classes(frères de la vie commune) mais il faut attendre les jésuites pour que ce soit vraiment organisé. [le seul métier vu par les élèves est celui d’enseignant]

  • Enseignement entièrement en latin, y compris pour les disciplines scientifiques, peu importantes jusqu’au 18ème. Le but ultime est que les élèves maîtrisent la rhétorique

  • Petits collèges dans les petites villes : 5 classes : 3 ans de grammaire : les 5ème, 4ème, 3ème. Au fil des ans on s’aperçoit que les enfants arrivés en 5ème sont de plus en plus faibles(Montaigne rentre en 5ème à 6 ans car il parle couramment latin !)création d’une classe avant : la 6ème. [moins c’est important, plus le chiffre est grand]. Puis un an de poésie, d’humanité(= la seconde). La 1ère est la classe de rhétorique(appellation qui ne disparaîtra qu’en 1902)

  • 3 années d’études supérieures si le collège est plus grand : philosophie, physique, maths

  • très grands collèges dans les très grandes villes : pour les élèves qui veulent devenir jésuites : cycle de théologie de 4 ans.


Grammaire latine mais traduite en français(DESPAUTERE) avec des illustrations pour les plus jeunes.

Commentaires des cours écrits sur les livres

Civilisation o ù l’art de la parole s’apprend. Discours rhétorique dont le but est de convaincre(aujourd’hui : argumentation !).
1.3.2. Les collèges(suite)

Pour les enfants des classes supérieures, maîtrise via la version & le thème latin, de la langue française. Pas d’enseignement du français en tant que tel. Caractéristique des établissements secondaires début du 20ème.

La dissertation : discours rhétorique : cf. photocopie. Le discours politique est éminemment un discours rhétorique : plaire !

Plan :

  • Exorde : introduction, accroche

  • Narration

  • Confirmation, réfutation : avec digressions

  • Epilogue : conclusion.

Tropes : figures de style. Discours oral : maîtrise de la voix en plus. Bonne connaissance du texte : la facilitas. Diction, débit...
Le but des études chez les Jésuites : classe de rhétoriquedéveloppement pédagogique du théâtre : vieille pratique qui permet de mémoriser, jouer, mettre en action...


  • La pédagogie des Jésuites : principe de l’enseignement simultané (cf. cours précédent) : un maître, des élèves, adéquation âge/niveau. Toujours ce type d’enseignement simultané de nos jours. Les bons élèves aident le maître(1 pour 10). Pédagogie de l’exercice : l’élève est face à un exercice après un exemple. Pédagogie qui joue de la sanction : tout travail mérite récompense ou punition : catalogue. Tout élève doit passer un examen pour accéder à la classe supérieure : vérification annuelle de l’état des connaissances.
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