Note Murray, C








télécharger 0.89 Mb.
titreNote Murray, C
page9/19
date de publication24.12.2016
taille0.89 Mb.
typeNote
ar.21-bal.com > histoire > Note
1   ...   5   6   7   8   9   10   11   12   ...   19
Octavius, apologie latine que l’on date autour de l’an 200, parfois avant, parfois après L’Apologétique de Tertullien59, est regardé comme un témoignage du rejet radical60 des arts visuels par l’Église primitive.
Mais regardons d’un peu plus près, et d’abord le contexte. Ce passage est une réponse à l’attaque virulente de Cecilius :
Or [...] les rites affreux de cette association impie [chrétienne] font des progrès... Ils se connaissent [...] à des marques cachées... Ils s’appellent indistinctement frères et sœurs, en sorte que l’intervention de ces noms sacrés fait de leurs impudicités habituelles, des incestes... J’ai entendu dire qu’ils adoraient [...] la tête du plus repoussant des animaux, l’âne. D’autres rapportent qu’ils adorent les parties génitales de leurs prélats... Quant à l’initiation des néophytes [...] un enfant [...] est placé devant celui qui doit être initié aux sacrifices [...] et l’enfant périt sous des coups occultes, aveugles ! ...ils lèchent avidement son sang... Pourquoi s’efforcer en effet de tenir caché et secret l’objet de leur culte ? Pourquoi n’ont-ils pas d’autels, de temples, d’images connues ? Ils ne parlent jamais en public, ils ont horreur des réunions libres ; pourquoi ? si l’objet de leur culte mystérieux n’était ni punissable, ni honteux61 ?
Cecilius, et les Romains païens en général, attaquait les chrétiens parce que leur culte restait caché et n’avait pas de manifestation publique (temples, autels, images connues). Ils soupçonnaient les chrétiens de se livrer à des cérémonies honteuses. Octavius le chrétien et Cecilius le païen s’accordent sur le fait que les chrétiens n’ont ni temples, ni autels, ni images connues. Pour Cecilius, c’est un signe de leurs cérémonies honteuses ; pour Octavius, c’est la conséquence de la nature du Dieu invisible qu’adorent les chrétiens. Après avoir accepté l’accusation de Cecilius de ne pas avoir de temples, d’autels ou d’images, Octavius a fait un admirable plaidoyer pour expliquer pourquoi ces appuis matériels ne conviennent pas au Dieu des chrétiens.
Comment comprendre ces trois éléments : temples, autels et images ? Puisque l’attaque vient d’un païen d’abord, il faut comprendre l’accusation du point de vue païen : les chrétiens n’avaient pas de temples, d’autels ou d’images comme les païens, comme le paganisme idolâtre de l’antiquité gréco-romaine. Octavius partage cette idée. À vrai dire, Octavius nous informe de ce que les chrétiens n’ont pas, mais il ne dit rien de ce qu’ils ont. Mais à quel moment historique les chrétiens ont-ils commencé à construire ou à adapter un bâtiment pour servir exclusivement comme lieu de culte ? Il semble que le développement des lieux de culte ait progressé de la manière suivante : D’abord des maisons de particuliers ont servi aussi de lieux de culte selon les exigences du moment. Plus tard, certains chrétiens, probablement plus aisés que les autres, ont offert un espace exclusivement réservé au culte dans leur maison déjà existante ou ils en ont fait construire un. Les découvertes de Doura-Europos en sont un exemple62. Enfin, les chrétiens ont construit ou adapté des bâtiments pour l’usage exclusif du culte. Il se peut que le décret de l’empereur Gallien (261-268) qui a rendu les lieux de culte aux évêques, soit un exemple de cette troisième étape63. Quelle que soit la nature exacte de l’édifice où les chrétiens de Rome se réunissaient vers 200, il est certain qu’ils se réunissaient quelque part, et donc ils avaient des « temples », au sens large du mot et dépourvu de toute connotation païenne.
Les chrétiens avaient-ils des autels ? Évidemment pas dans le sens païen du mot, ou même dans le sens de l’Ancien Testament, où les prêtres offraient des sacrifices sanglants. Mais cela voulait-il dire que toute notion de « sacrifice » ou d’ « oblation » était étrangère au christianisme de l’époque d’Octavius ? Certainement pas. Nous savons, par exemple, que saint Irénée (190) parlait de l’eucharistie en termes sacrificiels64, interprétés selon la foi chrétienne bien entendu. Dans la Didachè, entre 100 et 15065, nous lisons :
Réunissez-vous le jour dominical du Seigneur, rompez le pain et rendez grâces, après avoir d’abord confessé vos péchés, afin que votre sacrifice soit pur... Celui qui a un différend avec son compagnon ne doit pas se joindre à vous avant de s’être réconcilié, de peur de profaner votre sacrifice66...
Si les chrétiens de l’antiquité n’hésitaient pas à parler de l’eucharistie comme d’un sacrifice, ils n’ont sans doute pas tardé non plus à considérer la table (trapeza) sur laquelle ils célébraient l’eucharistie comme un autel. Le mot grec, même dans le Nouveau Testament, pouvait signifier aussi bien un autel païen que la table eucharistique : « Vous ne pouvez boire la coupe du Seigneur et la coupe des démons ; vous ne pouvez participer à la table du Seigneur et à la table des démons67. » La liturgie de l’Église orthodoxe, en langue grecque, se sert toujours du mot trapeza pour désigner la table-autel dans une église68. Il ne faut donc pas comprendre l’expression « ni temples, ni autels, ni images connues » comme signifiant que les mots « sacrifice » et « autel » ne pouvaient pas se purifier de leur sens païen et revêtir un sens chrétien. La tradition liturgique chrétienne témoigne du contraire.
Nous en venons au dernier terme, « images connues ». Il s’agit sans doute des images que les chrétiens et les juifs auraient désignées comme étant des « idoles ». Évidemment, il n’y en avait pas chez les chrétiens. Mais n’y avait-il pas d’autre sorte d’images chez les chrétiens de Rome à l’époque de Minucius Felix ? Le texte ne nous permet pas de donner une réponse affirmative. Compte tenu du contexte, il serait hasardeux de dire que les lieux de culte chrétiens à Rome vers 200 étaient absolument dépourvus de toutes sortes d’imagerie. Selon Tertullien, nous savons qu’en Afrique les catholiques avaient un Bon Pasteur gravé sur un calice. Nous étudierons ce cas plus tard.
Ainsi il n’est pas du tout impossible que les chrétiens de Rome avaient eu des images « décoratives, symboliques, narratives ou didactiques69 » dans leurs salles d’assemblée. Mais l’Octavius ne dit rien d’un art décoratif, symbolique, et donc ne peut pas servir de témoin du rejet de tout art figuratif.
La vieille confusion entre idole-image non-idolâtrique et adoration-vénération hante presque toute étude de la question des images chrétiennes. À l’époque de Charlemagne, la réaction de l’Église franque au décret de Nicée II (les Livres carolins) est basée sur une traduction fautive où le même mot latin, adoratio, traduisait les deux mots grecs, proskynesis et latreia. Il est triste, mais pas du tout étonnant, de constater les distorsions et les interprétations fautives auxquelles les chercheurs arrivent quand ils ne tiennent pas compte de ces distinctions importantes.
Tertullien [vers l’an 210170
Tertullien condamnait évidemment les images idolâtriques. Mais on cherche dans ses écrits pour savoir s’il identifiait toutes les images, de quelque sorte qu’elles soient, comme idolâtriques. Autrement dit, toutes les images artistiques étaient-elles comprises par lui dans la même catégorie ?
En lisant son essai sur l’Idolâtrie, il est difficile de ne pas avoir l’impression que Tertullien identifie toute image avec une idole. Au commencement les idoles n’existaient pas, prétend Tertullien ; ensuite il continue comme ceci :
Mais lorsque le diable introduisit dans le monde les fabricants de statues, d’images et de toute sorte de ressemblance, cette ancienne et grossière affaire du désastre humain [l’idolâtrie] reçut des idoles un nom et un développement. [...] Pour prouver ce point, il ne faut que noter l’origine du mot. En grec eidos signifie forme ; eidolon en est un diminutif et par une procédure équivalente en notre langue [le latin], nous avons formule. Par conséquent, toute forme, ou formule, se dit idole72.
Dieu interdit autant la fabrication d’une idole que son adoration. Pour cette raison, c’est-à-dire l’élimination du matériel d’idolâtrie, la Loi divine dit : « Tu ne feras aucune idole. ». Et en ajoutant ni « ...aucune ressemblance de ce qui est dans les cieux là-haut ou sur la terre ici-bas, ou dans les eaux... », Dieu interdit de tels actes [la fabrication d’images] à ses serviteurs partout dans tout l’univers74.
Nous avons un autre passage dans Les spectacles (de Spectaculis) où Tertullien parle, en passant, des images :
Quant à la fabrication même des masques, je demande si elle peut plaire à un Dieu qui défend qu’on exécute la moindre effigie, à plus forte raison de son image ? L’auteur de la vérité n’aime pas le mensonge. Tout ce qui est factice est adultère à ses yeux73.
Tertullien semble bien faire de toute image une idole, au point qu’un marcionite le met dans l’embarras en citant le cas du serpent d’airain, ordonné par Dieu à Moïse, et qui vient contredire la définition de Tertullien, c’est-à-dire que toute image est une idole.
Quand Tertullien définit l’idolâtrie, il parle non seulement de l’adoration d’idoles mais aussi de leur fabrication. Selon lui, le deuxième commandement interdit les deux actes, parce qu’ils participent à du « matériel d’idolâtrie ». En effet, ou bien ce sont des idoles destinées à être adorées ou qui le sont déjà, ou bien ces images, pas encore adorées, risquent fort de l’être. Toute image est donc touchée par l’idolâtrie directement ou indirectement.
Il faut attirer l’attention sur le fait que la définition de l’idolâtrie donnée par Tertullien figure au début de son essai du même nom. Cette définition et son interprétation rigoriste se heurtent presque immédiatement aux exemples dans l’Ancien Testament qui semblent contredire ce rigorisme. Tertullien doit donc trouver une autre solution, car il ne peut accuser Dieu de s’être contredit. Pour protéger son équation « idole = image » et pour exonérer de tout reproche le Dieu de l’Ancien Testament, il crée une catégorie spéciale d’images qui, apparemment, échappent au « matériel d’idolâtrie » auquel, auparavant, toutes images participaient. Puisque le serpent d’airain était un type, une préfiguration, de la croix du Christ, et commandé par Dieu lui-même, Tertullien prétend que Dieu a émis un « précepte extraordinaire74 » et qu’il existe donc une « catégorie spéciale » d’images.
Mais la défense de Tertullien ne se limite pas à « une catégorie spéciale » et à « un précepte extraordinaire ». En d’autres endroits du texte, il augmente le nombre d’images dans la catégorie spéciale et ajoute à leur justification des raisons de pure ornementation, ce qui élimine toute idolâtrie réelle ou possible. Il admet l’existence d’images décoratives et curatives par la puissance de la Croix. La pensée de Tertullien a donc évolué, jusqu’à tenir des positions opposées. Tertullien était un écrivain occasionnel. Il écrivait sous le coup d’une provocation. Et quand il écrivait, ce n’était pas seulement pour convaincre son adversaire mais si possible pour le confondre75. Polémiste, il écrivait avec passion sur la question qui l’occupait à ce moment-là. N’ayant pas l’intention de créer un système, il n’était pas nécessairement conséquent avec lui-même. La position rigoriste exprimée dans l’Idolâtrie résulte de sa tendance extrémiste ; il a toujours préféré des énoncés sans nuances. Par contre, face aux attaques de ses adversaires marcionites, il a dû assouplir son rigorisme jusqu’à accepter des images non-idolâtriques, de caractère symbolique. Suivant le débat du moment, l’une ou l’autre de ces tendances apparaissait. Les deux tendances sont évidentes dans ses écrits mais la tendance rigoriste est fatalement compromise et compensée par le fait qu’il reconnaissait et justifiait aussi l’existence légitime d’images décoratives, curatives, etc.
L’attitude de Tertullien témoigne du fait que des artistes chrétiens existaient à son époque. Il a même prétendu que l’Église les a acceptés parmi le clergé : « des fabricants d’idoles, affirme-til, se sont même trouvés dans le clergé. Oh perversité76 ! » Ii est difficile de concevoir que vers l’an 200 des prêtres ou des évêques chrétiens en Afrique du Nord avaient fait fabriquer ou avaient fabriqué eux-mêmes des idoles au sens strict du mot, c’est-à-dire des statues ou des images peintes des dieux païens, Zeus, Sérapis, etc., pour être adorées dans des temples païens. Une telle chose n’est pas impossible, mais n’est-il pas plus probable que ces clercs fabriquaient des images simplement décoratives ou symboliques, comme celle du Bon Pasteur par exemple ? En somme, Tertullien se montre plus rigoriste que bien des rabbins de son époque.
Selon son interprétation et sa définition rigoristes, une image devient une idole par sa fabrication même. Mais en même temps, il admet timidement qu’une image non-idolâtrique devient une idole quand les gens l’adorent, comme dans le cas du serpent d’airain. Autrement dit, le caractère idolâtre réside plus dans l’attitude des gens envers l’image que dans l’objet matériel lui-même.
Tertullien représentait-il l’opinion générale des chrétiens de son époque où était-il, même quand il était orthodoxe, un extrémiste toujours en marge du courant principal ? Nous savons qu’il avait une tendance vers « le pur et le dur » selon sa conception des choses, une tendance qui l’a poussé finalement hors de l’Église et dans la secte montaniste.
Le cas de l’image du Bon Pasteur gravée sur un calice est éclairant. Un évêque, qui absolvait certains chrétiens du péché d’adultère, utilisait un calice sur lequel l’image du Bon Pasteur était gravée. Tertullien réagit vivement contre ce double laxisme de l’évêque77. Ce passage témoigne donc du fait que l’Église catholique, soit en Afrique du Nord, soit à Rome, utilisait au moins une image symbolique, décorative, dans son culte principal. Ce témoignage précieux, de l’authenticité duquel nous n’avons aucune raison de douter, est la plus ancienne preuve que la Grande Église acceptait et utilisait une catégorie d’images non-idolâtriques, et même au centre de la vie liturgique de l’Église, l’eucharistie. Il se peut que le clergé ait commandé le calice avec une image du Bon Pasteur gravée dessus. Il n’est pas impossible non plus que des artistes « fabricateurs d’idoles », se soient trouvés parmi le clergé et que l’image ait été exécutée par un clerc.
En fin de compte, nous retenons, dans l’attitude changeante de Tertullien envers toute image, une propension au rigorisme. Mais le passage sur le calice orné d’un Bon Pasteur est capital pour l’information qu’il nous donne concernant ce qui était acceptable dans le culte de l’Église, au moins dans une Église locale, au début du IIIe siècle. Pour cela même, il faut remercier Tertullien.
Clément d’Alexandrie [vers l’an 20578
L’attitude de Clément envers l’art et les images de toutes sortes est nourrie de deux sources : Israël et la Grèce. À partir de là, Clément a élaboré une interprétation rigoriste du deuxième commandement et un certain mépris du monde matériel. Mais il a dû concéder des accommodements quand ses conceptions se sont heurtées à d’autres facteurs.
Il faut avouer que, dans certains passages, Clément semble bel et bien exclure la fabrication de toutes les sortes d’images :
« Heureux » seuls, d’un bonheur unanime, pour ainsi dire, tous ceux-là, selon la Sibylle « qui au premier regard se détourneront […] de tous les temples, des autels... des statues faites de mains d’hommes [...] et des sacrifices... » En effet, il nous est aussi clairement interdit d’exercer un art qui puisse tromper. « Tu ne feras pas d’image », dit le prophète, « de tout ce qui est en haut dans le ciel, de tout ce qui est en bas sur la terre79. »
Pour Clément, la foi chrétienne est supérieure à la religion païenne parce qu’elle est plus ancienne ; les philosophes ont appris leur sagesse de Moïse. Dans le passage suivant, nous entendons l’écho de cette idée ainsi que le rigorisme de son interprétation du Décalogue :
Autre exemple encore : Pythagore recommande de « ne pas porter d’anneau, ni d’y graver les effigies des dieux » ; de même Moïse, bien auparavant, avait interdit par une loi expresse de faire toute image ou reproduction sculptée, fondue, modelée ou peinte, pour que nous évitions de nous attacher aux objets sensibles et que nous recherchions les intelligibles. L’accoutumance d’une vue mise à notre portée avilit la majesté du divin, et révérer l’être intelligible par de la matière, c’est le déshonorer par la sensation80.
Clément est si fortement convaincu que le deuxième commandement interdit toute image qu’il est prêt à contredire les Écritures en transformant les chérubins de l’Arche de l’Alliance en simple allégorie mystique81. On ne peut pas accuser Clément d’inconséquence, comme dans le cas de Tertullien. Tous les deux reconnaissaient l’inconséquence et le caprice d’un Dieu qui interdit la fabrication de toute image, dans un chapitre, et qui, dans un autre, ordonne à Moïse de faire faire des chérubins d’or ou un serpent d’airain. Les marcionites saisissaient très bien la contradiction et demandaient une réponse. Clément, sentant la force du reproche marcionite, en vint à dissoudre l’historicité du passage en allégorie. Ce faisant, il préservait l’intégrité intellectuelle de son rigorisme mais il faussait les Écritures. Selon lui, Dieu n’était pas inconséquent parce qu’il n’a pas vraiment commandé la fabrication des chérubins. Voilà le problème résolu mais à quel prix ? En tous cas, le faux pas vient de ce que Clément est incapable de distinguer idoles et images non-idolâtriques.
Dans une autre section, Clément semble atténuer la rigueur de son interprétation du deuxième commandement, sinon reconnaître, comme Tertullien, une autre classe d’images.
Et si nous avons un sceau, que ce soit une
1   ...   5   6   7   8   9   10   11   12   ...   19

similaire:

Note Murray, C iconNote de l’éditeur Science et perception dans Descartes
«Pourrez~vous former un plan de travail ?» Un large extrait de cette lettre d'Alain est cité dans la «Note de l'éditeur» qui se trouve...

Note Murray, C iconNote apparaît clairement. Le protocole arp
«Internet Le protocole arp» issu de CommentCaMarche net est soumis à la licence gnu fdl. Vous pouvez copier, modifier des copies...

Note Murray, C iconNote mensuelle d’analyses de Février 2016 d’
«Synthèse» de la Note mensuelle d’analyses de Février 2016 d’

Note Murray, C iconNote mensuelle d’analyses de Février 2016 d’
«Synthèse» de la Note mensuelle d’analyses de Février 2016 d’

Note Murray, C iconNote : le

Note Murray, C iconNote : 09/10

Note Murray, C iconNote de synthese 6

Note Murray, C iconNote technique

Note Murray, C iconNote preliminaire

Note Murray, C iconNote de l'auteur








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com