Surtout “La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil”








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André Durand présente
Jean-Baptiste Rossi

dit
Sébastien JAPRISOT
(France)
(1931-2003)

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

qui sont résumées et commentées

(surtout “La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil”,

‘’L’été meurtrier’’, ‘’La passion des femmes’’

et ‘’Un long dimanche de fiançailles’’).
Bonne lecture !

Fils de Napolitains, il est né à Marseille le 4 juillet 1931, dans le quartier italien de “La belle de mai” où ses grands-parents tenaient un bar. Il y racontait déjà des histoires à ses petits copains fascinés («J’ai compris que j’avais un don que je devais exploiter»).

Alors qu’il avait six ans, son père déserta le foyer familial, et sa mère allait pendant des années disposer des sous-vêtements masculins sur sa corde à linge pour tenter de dissimuler cette défection.

Jean-Baptiste fit ses études d’abord chez les jésuites, qui lui apprirent à bien écrire et lui enseignèrent les classiques, jusqu’à ce qu’il ait été renvoyé. Il suivit sa classe de philosophie au lycée Thiers, où, pendant les cours de physique et de chimie, il entreprit, pour tromper l’ennui, à dix-sept ans, de noircir en catimini des pages et des pages de son premier roman. Son baccalauréat obtenu, il «monta» à Paris (il confia : «Je pouvais très bien faire mes études de lettres à Aix, mais je voulais quitter la famille et surtout faire publier mon premier livre»). Il s’inscrivit à la Sorbonne. Pour son livre, une amie lui recommanda un bureau de dactylographie où il pourrait faire taper la première partie. C'était en fait un service destiné aux avocats et aux médecins sans secrétaire. Mais Germaine Huart, une dactylo qui se rendit compte de son désarroi, lui proposa de taper son manuscrit en dehors des heures de travail. Il eut le coup de foudre pour cette jeune fille petite, timide et mignonne, qui allait devenir sa femme. Tout en vivant avec elle, il écrivit la deuxième partie de son roman qu’il chercha à publier. Il ne connaissait pas le monde de l'édition, et par hasard, tenta sa chance auprès de Robert Laffont auquel il tint à remettre en mains propres l'exemplaire unique de son manuscrit. L’éditeur, Marseillais comme lui, accepta aussitôt de le publier, malgré les avis défavorables de son comité de lecture (à l'exception de Robert Kanters), et les menaces des jésuites.

Ainsi parut sous le vrai nom de cet auteur âgé de dix-neuf ans :

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Les mal partis”

(1950)
Roman
À Marseille, sous l'Occupation, Denis Leterrand, qui a quatorze ans, est, dans un collège de jésuites, un élève turbulent. À l'hôpital, où les collégiens rendent visite aux malades, il croise une jeune religieuse de vingt-six ans, soeur Clotilde. Dès lors, il ne vit plus que pour la revoir. Soeur Clotilde, elle, ne sait plus quel nom donner à cette relation qui s'enflamme. Ils deviennent amants, vivent un amour sans faille, mais un amour interdit auquel s’opposent les familles, la religion, la société. Ils fuient vers la paix et la solitude, et, malgré la guerre, les bombardements, les Allemands, vivent leur amour coupés du monde, jusqu'à ce que celui-ci les rattrape.
Commentaire
Cette histoire autobiographique d'un amour sain, vrai, mais impossible, torturé par l'adolescence et la situation de la jeune femme, qu’on put comparer au ‘’Diable au corps’’ de Radiguet, est écrite avec tact et douceur. L’auteur ne tombe jamais dans la facilité, ne lance pas de protestations contre la religion ou la société. Certes, ses personnages souffrent, mais ne se révoltent pas, même si leur passion est condamnée. Le livre est touchant, bouleversant, superbe.

Cependant, même s’il fut salué par Roger Nimier qui déclara : «Jean-Baptiste Rossi est très jeune, mais il ne semble pas pressé de le démontrer», il ne lui valut qu’un succès d'estime. Il reste qu’il fut aussitôt traduit à l'étranger, et qu’il connut un succès foudroyant aux États-Unis où l’auteur décrocha un contrat mirifique (trente-cinq mille dollars !) avec les ‘’Pocket books’’, huit cent mille exemplaires de ‘’The false start’’ étant vendus en trois semaines.

En 1966, après le succès de “Compartiment tueurs” et de “Piège pour Cendrillon”, le roman fut réédité, et reçut alors le prix de l'Unanimité décerné par un jury très prestigieux réunissant Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Arthur Adamov, Robert Merle, Louis Aragon, Elsa Triolet, Jean-Louis Bory.

En 1975, le roman fut adapté à l’écran par Sébastien Japrisot lui-même, qui fit tourner France Dougnac et Olivier Jallageas.

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Jean-Baptiste Rossi écrivit pour le numéro d'octobre 1950 de ‘’Réalités’’ :

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‘’Visages de l'amour et de la haine’’
Nouvelle
Après avoir eu une enfance menacée par la maladie et soumise à une mère omniprésente et possessive, à vingt-neuf ans, Paul Folley se rebelle. Pour échapper à l'étouffement, il choisit de séduire et d'épouser la première fille rencontrée. Elle est terne, coincée, rien ne les rapproche que la solitude. Et pourtant ces deux êtres entrent sans le savoir dans une histoire impitoyable, marquée par tous les déchirements de l'amour fou.
Commentaire
On écrivit : «Tant de sûreté dans la violence, tant de maîtrise dans la peinture des passions, n'ont pas fini d'étonner.»

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Pour gagner sa vie, alors que ses connaissances en langue anglaise n’allaient pas plus loin que celles acquises à l'école, Jean-Baptiste Rossi, qui s’était introduit dans le milieu littéraire, se mit, en 1951, à traduire librement plusieurs romans westerns de Clarence E. Mulford (l'auteur de la série ‘’Hopalong Cassidy’’), un de Tom J. Hopkins (‘’Trails by night’’, devenu ‘’Pistes dans la nuit’’), un de James Beardsley Hendryx (‘’Murder in the outlands’’, devenu ‘’La poursuite blanche’’), sous le pseudonyme de Robert Huart, pour la nouvelle collection "Arizona" de Robert Laffont.

En 1953, il traduisit “The catcher in the rye” (“L’attrape-coeur”) de J.D. Salinger, alors qu’il était à peine plus âgé que le héros fugueur, mais ayant su, en écrivain inspiré par un autre plutôt qu’en angliciste pointilleux, y mettre des nélogismes et de la gouaille. Pourtant, ‘’L'attrape-cœurs’’ ne rencontra pas la faveur immédiate du public (cent exemplaires vendus).

En 1956, il traduisit “The trouble with Harry” (“Mais... qui a tué Harry?”), le roman de Jack Trevor Story dont Alfred Hitchcock avait tiré son film.

La traduction ne payant guère, il vécut ces années-là sur les trente-cinq mille dollars que lui avait rapportés la traduction de son premier roman aux États-Unis. Mais il lui fallut trouver d’autres revenus, et il commença une carrière de concepteur publicitaire en écrivant une monographie pour la compagnie Frigidaire. Devenu chef de publicité pour l’agence parisienne Synergie, il fut notamment responsable de campagnes pour Air France (vantant les beautés de pays où il n’avait jamais mis les pieds), Rubafix, les vins Postillon, les parfums Houbigant. Sa vie redevint confortable, mais il se lassa : «Je venais de plus en plus tard au bureau et j'étais tellement pressé d'en sortir que le trajet même a fini par me sembler absurde

En 1960, il fit la connaissance du producteur Pierre Braunberger, l'homme des films de la Pléiade, le véritable initiateur de la Nouvelle Vague, qui lança Truffaut, Godard, Resnais, Lelouch. Il souhaitait produire une adaptation des ‘’Mal partis’’. Le film ne se fit pas, mais, Braunberger, trouvant à son auteur des dons de metteur en scène, lui demanda d'adapter une nouvelle de Maupassant, ce à quoi Rossi répondit préférer inventer des histoires lui-même. C'est ainsi qu’il demanda un congé de six mois à son agence publicitaire, et réalisa deux courts métrages :

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La machine à parler d’amour

(1961)
Film de vingt-cinq minutes
Une jeune fille qui travaille le jour, et un jeune homme qui travaille la nuit partagent la même chambre à Paris. Ils font connaissance par l'intermédiaire d'un magnétophone sur lequel il lui fait des déclarations enflammées auxquelles elle croit, avant de connaître une déconvenue.
Commentaire
Dans ce court-métrage, qui n'a pourtant rien de policier, l’actrice tient une mitraillette-jouet. Japrisot confia : «Cette mitraillette intriguait ma fille. Moi, je ne savais pas pourquoi j'avais mis ça, et tout à coup, ça m'est apparu de manière très nette : il faut qu'une héroïne ait un fusil

Cette comédie dramatique fut tournée avec Nicole Berger, Madeleine Bernard et Pierre-Dominique Gaisseau.

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‘’L'idée fixe’’

(1961)
Film
Une sourde-muette voit un tueur à l'action.
Commentaire
Le film fut tourné avec Gisèle Hauchecorne et René Kieffer.

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Pouvant enfin donner libre cours à son imagination, Rossi quitta définitivement la publicité, ne lâcha plus le cinéma, et travailla comme scénariste pour différents metteurs en scène, notamment Jean Renoir et Marcel Ophüls.

En 1961, il traduisit les nouvelles de Salinger, qui, alors, plut aux Français qui, belle revanche pour Rossi, découvrirent ‘’L'attrape-cœurs’’. Mais les traductions et le cinéma ne nourrissaient pas son homme, et, comme le fisc lui réclamait un arriéré impressionnant (cinq cent mille francs d’impôts sur ses gains de publicitaires épuisés depuis longtemps), son ami et voisin Robert Kanters, à qui il devait en partie la publication des ‘’Mal partis’’ et qui dirigeait la collection policière "Crime Club" chez Denoël, lui proposa d’écrive un roman policier. Rossi n’y connaissait rien, mais cela ne l'empêcha pas, la semaine suivante, de porter à son éditeur un manuscrit pour lequel il toucha deux cent cinquante mille francs d'à-valoir, se découvrant un véritable don de lier les fils d'une intrigue complexe.

C’était :

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Compartiment tueurs”

(1962)
Roman
Une jeune femme est trouvée morte étranglée dans un compartiment d’un train de nuit. La police est rapidement sur les lieux, mais l’enquête ne semble pas aisée car il faut démêler le vrai du faux dans les témoignages discordants des occupants des six couchettes du compartiment : vraie confession, petit mensonge sans intérêt ou mensonge éhonté. Or l’assassin les élimine un à un. 

Commentaire
Avec habileté sont exposés les différents points de vue qu’ont, sur une même nuit, six personnes différentes. Chacun de ces témoignages devient un vrai roman car chacun interprète à sa façon les mêmes faits. Le lecteur finit par se demander s’il s’y trouve quelque chose de valable. Et l’idée de faire disparaître ceux qui doivent témoigner, ou de le faire une fois une première déposition effectuée, permet d’ajouter au roman un compte à rebours qui prend au piège le lecteur qui, parce qu’il sent que l’irrémédiable va être commis une nouvelle fois, se prend à réfléchir toujours de plus en plus vite, à essayer n’importe quelle thèse pour déterminer la vérité.

Le roman rencontra d’emblée la faveur de la critique et du public.

Après l’avoir lu par hasard, Costa-Gavras l’adapta pour le cinéma en 1966 avec comme interprètes Yves Montand, Simone Signoret, Jean-Louis Trintignant, Pierre Mondy, Michel Piccoli, et fit ainsi de fracassants débuts.

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Une semaine plus tard, Jean-Baptiste Rossi revint chez Denoël avec un autre roman, pour toucher la même somme. On le paya, mais en le priant d’espacer dorénavant ses visites. Au moment de signer le contrat, il choisit le pseudonyme de Sébastien Japrisot, parfait anagramme de son nom et de son prénom (il expliqua : «Craignant de me fourvoyer dans l'erreur et d'échouer dans le domaine policier, je n'avais pas voulu signer Jean-Baptiste Rossi.» [‘’Le provençal’’, du 6 novembre1977]). Il n'imaginait pas qu'il allait devenir prisonnier de ce nom.

C’est ainsi que fut publié :

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Piège pour Cendrillon”

(1963)
Roman de 200 pages

Une jeune femme de vingt ans, Michèle Isola, a échappé par miracle à l'incendie de sa maison sur la Côte d'Azur, où son amie, Do, a trouvé la mort. Mais elle a dû subir des opérations de chirurgie plastique, et se réveille amnésique. Elle n'a des souvenirs que de sa plus tendre enfance. Sa parente la plus proche, sa tante, l'aide à se reconstruire une personnalité. Mais Michèle se rend compte qu’elle est le jouet d’une machination, que la personnalité qu'on veut lui faire endosser n'est pas la sienne, mais celle d'une cousine qui lui ressemble beaucoup. Elle se livre alors à une véritable enquête policière, pour trouver la raison du drame qui lui a coûté sa mémoire. Mais comment mener une enquête sur ses souvenirs lorsqu'on ne sait pas qui l'on est? Les découvertes qu'elle fait l’étonnent de plus en plus, jusqu'à la fin incroyable du roman.
Commentaire
Sébastien Japrisot monta ici un «polar» diablement efficace où l'enquête lutte avec l'amnésie, un conte cruel et doux, qu’on lit avec un malaise enchanté. En jouant sur l'absence de souvenirs et sur la ressemblance de deux personnes, il arriva à compliquer délicieusement l'intrigue.

Le roman connut un succès immédiat auprès de la critique comme du public. Il obtint le grand prix de littérature policière.

En 1965, sur une adaptation signée Jean Anouilh, un film fut tourné par André Cayatte, avec Dany Carrel et Madeleine Robinson.

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Avec son ami, l’illustrateur Alain Trez, Jean-Baptiste Rossi produisit sous son nom :

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‘’L'homme perdu dans son journal’’

(1964)
Film

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Jean-Baptiste Rossi et Alain Trez tirèrent de ce film :

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‘’L'odyssexe’’

(1965)
Bande dessinée
C’est un album satirique désopilant.

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Sébastien Japrisot écrivit en trois semaines un nouveau roman, plus long que les précédents, pour lequel Denoël créa une nouvelle collection, "Sueurs froides" :

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La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil”

(1966)
Roman
À Paris, Dany Longo, jeune secrétaire dans une agence de publicité, grande, mince et blonde, mais myope comme une taupe, et donc lunettée, naïve et quelque peu paumée, s'ennuie au bureau, et voit venir avec appréhension le week-end du 14 juillet, alors que tout le monde autour d'elle parle de voyages, de famille, d'amis. Elle, elle se prépare à rester seule dans son petit appartement. Or son patron, Michel Caravaille, lui demande, car ils se rendent en Suisse, de les accompagner, lui et sa femme, une jeune blonde nommée Anita, à l'aéroport, dans la luxueuse Thunderbird de celle-ci. Là-bas, il lui donne une enveloppe de salaire, et lui demande de ramener la voiture en ville. Mais, au retour, elle se trompe de chemin, et s'engage sur l'autoroute du Sud. Comme elle a toujours désiré aller voir la mer, elle continue vers la Côte d'Azur. Au fil de sa route, elle rencontre, dans des villages et des villes qu’elle n’a jamais visités, différentes personnes qui disent la connaître, qui lui disent qu’elle est la maîtresse de son patron depuis plusieurs années, qui lui affirment qu'elle est déjà passée les voir la veille (comment est-ce possible? elle était en train de taper un rapport pour son patron à Paris). Lors d'un arrêt dans une station-service, un homme se jette sur elle, lui écrasant une main dans une porte. Quand elle reprend ses esprits, elle ne sait plus ce qui s'est passé, et reprend sa route, sa main portant un pansement, continuant toujours plus loin, vers cette mer qu'elle espère belle. Plus tard, lorsqu'elle s'arrête dans un hôtel pour passer la nuit, on lui dit : «C'est vous la dame à la Thunderbird avec un pansement à la main, on vous a déjà vue hier.» Le lendemain, elle n'en peut plus : partout où elle s'arrête, on lui dit l'avoir déjà vue. Elle prend un auto-stoppeur, et ils découvrent tous deux, dans le coffre de la voiture, un cadavre ainsi qu'un fusil. Est-ce elle qui a tué cet homme? Si ce n'est pas elle, qui est-ce? Le coffre était vide quand elle est partie de Paris. Il s’avère que le cadavre est celui d’un play-boy nommé Maurice Kaub, dont, aussitôt, elle se débarrasse. Elle se procure son adresse, et s’y rend. La maison est ouverte, elle y entre. Il n'y a personne, mais elle découvre des vêtements qui lui appartiennent, et trouve dans une poche une deuxième enveloppe de salaire. Elle comprend alors que Caravaille est l’auteur de la machination dont elle est victime. Elle se rend chez lui où il l'attend, une carabine à la main. Mais, avant qu'il ait le temps d'agir, elle crie : «Ne bougez pas, M. Caravaille, je viens de poster une lettre qui contient les deux enveloppes de salaire, et où je m'explique en peu de mots». Il lui avoue toute la vérité.

Sa femme, Anita, lui avait avoué avoir tué son amant, Maurice Kaub, dans sa villa de Montmorency alors qu'il s'apprêtait à partir dans son autre villa de Villeneuve-lès-Avignon. Le couple décida de faire endosser le meurtre à Dany Longo. Un vendredi soir, il la conduisit dans la villa de Montmorency, en lui faisant croire que c'était son domicile, pour terminer un dossier inachevé. Pendant cette nuit, prétextant une sortie, il s'envola pour Avignon où il pénétra dans la villa de Villeneuve-lès-Avignon, le tua de trois coups de fusil, et y déposa quelques vêtements de Dany qu'il avait réussi à se procurer. Puis il s'empara de la voiture de Kaub, une Thunderbird, et rejoignit sa femme qui l'attendait à Lyon. Il prit l'avion pour Paris. Anita rentra avec la Thunderbird en prenant soin de laisser des traces de son passage dans plusieurs endroits (elle s'était fait un pansement à la main car c'est un détail qui se remarque). Le lendemain, ils amenèrent Dany à les accompagner à l'aéroport. Ayant décidé de la tuer à la villa, il prit sa D.S. qu’il avait laissée à Orly, et s'engagea à sa poursuite. Mais la jeune femme avait gardé la Thunderbird, refaisant en sens inverse le chemin d'Anita, ce qui détruisait tout son plan. Pendant cette nuit où Dany essaya de comprendre ce qui se passait, il retourna à Paris, chargea le cadavre de Kaub dans le coffre de la D.S., et vint le déposer dans celui de la Thunderbird.
Commentaire
Au sujet de ce roman, Sébastien Japrisot indiqua dans la préface : «J'ai mis plus de temps à l’écrire, j'ai fait plus attention, je me suis appliqué. Quand on s'applique, on met plus de soi. C'est peut-être ce qui vous donne l'impression qu'il y a autre chose, dans ce livre, que la pure recherche d'un assassin. Je veux dire que moi aussi, j'y suis

Dans la lignée de “Piège pour Cendrillon”, l'auteur offrait là un roman passionnant, qui, après la partie consacrée à la découverte stupéfiante du cadavre, vire au «polar», prend une force nouvelle, devient un très bon «thriller», se révèle un pur chef-d’oeuvre avec sa folle logique. L’héroïne, extrêmement «sexy» et attachante, mais qui semble effacée, empreinte d’une profonde tristesse, est prise dans le dédale d’une aventure extraordinaire, dans une spirale infernale.

En danger, bousculée, traversant une expérience traumatisante, elle en vient à douter de sa propre identité, à se demander si elle est folle. Mais elle est tenace. Et nous nous identifions à elle, nous croyons en son innocence même si un doute persiste, Japrisot nous manipulant avec habileté.

Il lui arrive des choses tellement ahurissantes et à proprement parler incroyables que le lecteur en tire une jouissance à double détente. Il y a un suspense classique : il se demande comment la jeune femme va s’en tirer, et un suspense structurel : il se demande avec presque autant d’inquiétude comment, ayant déployé cette succession de prodiges, l’auteur va retomber sur ses pieds sans recourir à cette échappatoire déshonorante : le réveil sonne, l’héroïne se frotte les yeux, et s’exclame : «Mon Dieu, quel horrible cauchemar !» Or l’exploit que réalise le livre, c’est que l’explication est non seulement parfaitement logique, mais encore plus ahurissante, gracieuse et poétique que tout ce qui l’a précédée. Elle ne se découvre que dans le dernier chapitre avec l'incroyable dénouement de l'histoire : chaque élément est expliqué avec minutie, l’entrelacement des faits apparaît hors du commun, et la machination mise à jour est des plus machiavéliques.

La construction du livre fait alterner, de chapitre en chapitre, d’une action à l’autre, de celle qui concerne Dany à celle qui concerne Caravaille et Anita. Les monologues intérieurs à la Salinger, virtuoses, émouvants, hissent le livre vers des sommets littéraires.

La critique et le public l’acclamèrent. Il se vit décerner le Prix d'Honneur 1966, et fut considéré, en Grande-Bretagne, comme le ‘’Best crime novel’’.

Les réalisateurs Alfred Hitchcock, Jules Dassin, Roger Vadim, furent séduits par le roman. Mais, a près bien des tergiversations, ce fut finalement Anatole Litvak qui, en 1969, l’adapta à l'écran avec Samantha Eggar (qui supplanta Brigitte Bardot, Michèle Mercier, Elizabeth Taylor, Julie Christie, Jane Fonda...), Oliver Reed et Bernard Fresson.

En 1987, à Montréal, le roman fut adapté pour le théâtre par Jean Asselin.

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Les producteurs sollicitant cet auteur qui écrivait si facilement pour le cinéma, pendant une période, Sébastien Japrisot se consacra à cette activité qui, a priori, l’amusait plus que la littérature car il y trouvait des gens plus drôles, de jolies filles, de belles voitures. Il allait confier : «Si vous voulez que vos personnages soient sur une toile blanche, n'écrivez pas un roman, écrivez directement un scénario, l'adaptation, les dialogues, tout. C'est ce que j'ai fait.» (préface à la réédition de ‘’La dame dans l'auto’’, en 1971).

Avec le cinéaste Jean Herman (alias Jean Vautrin), il alla trouver le producteur Serge Silberman, pour lui proposer :

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