Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres








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André Durand présente
Jacques PRÉVERT
(France)
(1900-1977)

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

qui sont résumées et commentées

(surtout le recueil de poèmes ‘’Paroles’’

qui est étudié dans un dossier à part).

Bonne lecture !

Il est né à Neuilly-sur-Seine le 4 février 1900, dans un milieu de petite bourgeoisie. Son père, André Prévert (un Breton), travaillait dans une compagnie d’assurances. Chaque jour, il apportait des livres à la maison, et il allait notamment faire partager à son fils son enthousiasme pour Zola et pour Mirbeau. Suzanne, sa mère (une Auvergnate), lui donna le goût des contes et du merveilleux. De ce fait, durant toute sa vie, il n’allait cesser de lire, non seulement les auteurs français, mais aussi les étrangers, qu’il cita, auxquels il fit de subtiles allusions, qui, souvent, lui inspirèrent des textes.

Il avait un frère aîné, Jean, qui allait décéder de la typhoïde en 1915 à l'âge de dix-sept ans. En 1906 naquit un troisième enfant, Pierre, dont il allait toujours se sentir très proche : ce frère fut un peu plus le frère de son frère que ne le sont même des jumeaux.

La même année, le père perdit son emploi. Si, dans son enfance, Jacques ne manqua pas d'affection de la part de ses parents, il fut témoin de leurs difficultés matérielles, des déménagements forcés, des saisies, et fut initié très tôt aux mystères et misères de Paris. Cependant, en 1907, André Prévert obtint, grâce à son père, Auguste, un poste à la mairie du VIe arrondisement de Paris.

Jacques fréquenta l’école communale où il fut un élève pour le moins médiocre. À quatorze ans, le certificat d’études en poche, il quitta l’école pour aller à celle de la vie, et cet enfant des rues s'accommoda de mille petits métiers qu’il qualifia lui-même d’« inavouables », en se félicitant de ce que l’expression « jeunesse délinquante » n’ait pas encore été inventée. Un temps, il fut au grand magasin du ‘’Bon Marché’’ un employé peu modèle.

Mais il lut beaucoup, glanant des idées ici et là. Et, grâce à des « billets de faveur », son père les emmenait, son frère et lui, au théâtre, et il allait ne jamais oublier ce monde agrandi, lyrique et simplifié qu'offre la scène. Il les emmenait surtout au cinéma, et, quand il n'avait pas de quoi payer leurs places, au ciné Mille Colonnes de la rue de la Gaité, il arrivait à la caisse après eux, disait majestueusement : « Les enfants d'abord !» ; les deux petits entraient, et quand la caissière réclamait le prix des quatre places à M. Prévert, celui-ci s'étonnait : « Les enfants? Quels enfants? J'ai dit : ‘’ Les enfants d'abord’’, parce qu'on laisse toujours passer les enfants d'abord.» Jacques et Pierre Prévert allaient toujours suivre ce sage précepte, allaient toujours laisser passer les enfants d'abord, et eux les premiers.

En 1914, il était trop jeune pour faire la guerre. Il ne fut mobilisé qu’en 1918, à Saint-Nicolas-du-Port, près de Nancy, où il se montra suffisamment indiscipliné. Il y retrouva un camarade de Paris, Yves Tanguy (qui allait devenir peintre). La guerre finie, il fut envoyé en Turquie, à Istanboul où il fit la connaissance de Marcel Duhamel (qui allait devenir le directeur de la ‘’Série noire’’). Quand Yves Tanguy et lui en eurent fini avec leurs obligations militaires, ils travaillèrent quelque temps au ‘’Courrier de la presse’’. Puis il choisit de ne rien faire, c'est-à-dire de ne pas aliéner sa liberté à un patron ou à un quelconque métier.

En 1924, Yves Tanguy et lui, avec leurs femmes ou amies, s'installèrent au 54, rue du Château à Montparnasse, dans une maison louée par Marcel Duhamel (alors directeur de l’hôtel ‘’Ambassador’’ à Paris). Menant une vie de bohème, ils voulaient réaliser un des éléments de l'utopie anarchiste : former une sorte de phalanstère, où, dans une atmosphère joyeuse, règnaient la paix et l'amitié, où tous les biens matériels, de même que les productions, étaient mis en commun. Robert Desnos y vint pour voir les premières toiles de Tanguy, et fut suivi des autres membres du groupe surréaliste, Louis Aragon, André Breton, Michel Leiris, Marx Ernst, Antonin Artaud, Georges Sadoul, Raymond Queneau, etc., qui devinrent des habitués, firent de « la rue du Château » l'un de leurs lieux préférés. Ils y élaborèrent plusieurs de leurs jeux d’écriture automatique, en particulier celui des « petits papiers », devenu celui du « cadavre exquis », du nom, rappela Simone Breton, de deux premiers vocables écrits par Prévert qui aboutirent à la fameuse formule : « Le cadavre exquis boira le vin nouveau ». En fait, il ne se joignit aux surréalistes qu’en tant qu’« observateur », pourrait-on dire, ne fréquentant le groupe qu’en marge, plus par amitié à l’égard de certains de ses membres que pour participer effectivement à l'activité organisée par André Breton, son tempérament anarchiste ne se plaisant qu’à tous leurs chahuts. Il était un merveilleux conteur, et André Breton venait chaque jour écouter ses récits. Il partageait le reste de son temps entre de longues promenades nocturnes, sans but, dans Paris, et la fréquentation des cinémas, allant, accompagné de Queneau, de Tanguy et de son frère, Pierre, de salle en salle, voyant plusieurs films par jour.

En 1925, il se maria avec Simone Dienne, une amie de longue date.

En 1927, il fit la connaissance de Raymond Queneau.

Yves Tanguy commença à exposer.

Tandis que Pierre Prévert, Louis Aragon, Robert Desnos, Max Morise, Raymond Queneau et Marcel Duhamel s’employèrent à écrire des scénarios d'inspiration surréaliste, mais, d'après eux, suffisamment « commercialisés » pour qu’ils soient tournables, et qui devaient plaire à des Allemands, Jacques, selon Pierre, « n'écrivit pas une ligne, se refusant en ces temps-là de faire quoi que ce soit d'autre que le marché ». En fait, il produisit des textes mais n’en furent publiés que quelques-uns que des amis qui « faisaient une revue» lui avaient arrachés. Marcel Duhamel partit pour Berlin sûr de son affaire, mais revint au bout de quelques jours, la mine déconfite : il avait échoué. Il parvint tout de même à fonder, en 1928, une petite société de production qui devait enfin leur permettre, « tellement notre innocence était grande, de faire des films comme nous les aimions », révéla Pierre Prévert, qui commençait alors à oeuvrer dans le cinéma.

Jacques Prévert voulut alors satisfaire son besoin de communiquer en écrivant pour ce moyen d'expression encore dans sa fraîcheur qu’était le septième art et participa à l’élaboration du scénario d’un court métrage dont l'idée était de son frère :

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‘’Paris-Express’’

(ou ‘’Souvenirs de Paris’’)

(1928)
Scénario
La découverte de Paris se fait par quatre complices qui, avec une tranquille insolence, suivent dans la rue une Parisienne en chapeau-cloche, qu’ils quittent pour en rencontrer une nouvelle. Ils ont, le plus souvent, droit à un agréable sourire. On aperçoit Jacques Prévert sur le pont de Crimée, Max Morise et Marcel Duhamel avec de jolis mannequins de la rue de la Paix, la belle Kiki de Montparnasse à la terrasse de la Rotonde, et Pierre Prévert sur un bateau-mouche. Au passage, ils photographient quelques vivantes caricatures de gens arrivés. Leurs charmantes compagnes des beaux quartiers les entraînent insensiblement vers les faubourgs, et se substitue peu à peu un paysage de terrains vagues, orné de murs et de cheminées d'usines, peuplé d'ouvriers en casquette. Et nous nous retrouvons finalement devant des taudis de banlieue.
Commentaire
Alberto Cavalcanti supervisa le tournage qui fut fait par Marcel Duhamel et Pierre Prévert, à la sauvette, en juillet et août 1928. Mais le commanditaire des plus « sérieux » trouvé par Marcel Duhamel les laissa tomber financièrement, et ils ne purent mettre en boîte tout ce qui avait été prévu. La séquence, inspirée par le surréalisme et Fantômas, où une jeune et jolie baigneuse devait plonger dans la piscine des Tourelles et réapparaître dans le bassin d'une fontaine de la place de la Concorde, ne put être tournée.

Le film a les irritantes imperfections du cinéma d'amateur (abus des mouvements d'appareil, manque de fixité de la caméra). Mais il échappe, par sa simplicité, sa légèreté, sa poésie, son ironie, à l'insupportable prétention et à la vacuité des oeuvres de l'époque. C’est aussi un document sur le Paris d'une époque. Il fait penser par certains aspects à ‘’L'homme à la caméra’’ que Dziga Vertov tourna à la même époque en U.R.S.S., et à ‘’À propos de Nice’’ que Jean Vigo réalisa un peu plus tard.

Mais il fut reçu dans l'indifférence générale, même celle des amis. Il fallut attendre trente ans pour qu’il soit terminé et présenté sous un nouveau titre, ‘’Paris-la-Belle’’.

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Après l’échec du film, Jacques et Pierre Prévert n’allaient plus tenter de tourner des films de stricte inspiration surréaliste. D’abord, parce que, à partir de 1928, Jacques Prévert, qui était déjà « en marge », qui était déjà dans l'indiscipline, qui pensait déjà différemment de tous les autres, se détacha progressivement du groupe surréaliste, dont il supportait de moins en moins la rigueur et le moralisme, à mesure qu’il se rapprochait du cercle qui se formait autour de Georges Bataille. Puis il prit conscience que l'argent était déjà la base nécessaire de toute production cinématographique et que le « parlant », qu’il condamna par avance, augmenterait le coût de la fabrication des films et empêcherait d’en réaliser à petits frais, en toute liberté, comme une poésie ou une peinture.

Il aurait alors écrit trois scénarios pour Marcel Duhamel. Le premier est l’histoire d’une pieuvre, femme de ménage en Bretagne. Le deuxième est celle d’un personnage faisant le plein de sang dans les stations services. Le troisième, écrit en collaboration avec Marcel Duhamel et Raymond Queneau, est intitulé ‘’Le trésor’’.

Pour le réalisateur Éli Lotar, il écrivit :

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‘’Le fils de famille’’

(1927-1928)
Scénario
C’est l'insolite aventure d'une famille qui après avoir vendu « le fils idiot » le recherche dans Paris. Intervient un diable.

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En décembre 1929, André Breton avait publié son ‘’Second manifeste du surréalisme’’ qui fut pour lui l'occasion de régler ses comptes, de manière violente en maniant jusqu'à l'insulte et le sarcasme, avec d’autres membres du groupe surréaliste, et de faire le point sur les remous qu'avait connus le groupe ces dernières années. Les « exclus » réagirent contre cette tutelle trop pesante en publiant un pamphlet sur le modèle de celui qui avait été écrit en 1924 contre Anatole France pour « célébrer » sa mort, et en reprirent à dessein le même titre, ‘’Un cadavre’’. Alors que rien ne le mettait en cause dans le ‘’Second manifeste du surréalisme’’, Jacques Prévert y collabora avec :

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‘’Mort d’un monsieur’’

(1930)
Pamphlet
« Hélas je ne reverrai plus l’illustre Palotin du Monde Occidental, celui qui me faisait rire ! […] Un jour, il crut voir passer en rêve un Vaisseau-Fantôme et sentit les galons du capitaine Bordure lui pousser sur la tête, il se regarda sérieusement dans la glace et se trouva beau.

Ce fut la fin, il devint bègue du coeur et confondit tout, le désespoir et le mal de foie, la Bible et les chants de Maldoror, Dieu et Dieu, l’encre et le foutre, les barricades et le divan de Mme Sabatier, le marquis de Sade et Jean Lorrain, la Révolution Russe et la révolution surréaliste.

Pion lyrique il distribua des diplômes aux grands amoureux, des jours d’indulgence aux débutants en désespoir et se lamenta sur la grande pitié des poètes de France. [...]

Excellent musicien il joua pendant un certain temps du luth de classe sous les fenêtres du parti communiste, reçut des briques sur la tête, et repartit déçu, aigri, maître-chanteur dans les cours d’amour.

Il ne pouvait pas jouer sans tricher, il trichait d’ailleurs très mal et cachait des boules de billard dans ses manches ; quand elles tombaient par terre avec un bruit désagréable devant ses fidèles très gênés il disait que c’était de l’humour.

C’était un grand honnête homme, il mettait parfois sa toque de juge par dessus son képi, et faisait de la morale ou de la critique d’art, mais il cachait difficilement les cicatrices que lui avaient laissées le croc à phynances de la peinture moderne.

Un jour, il criait contre les prêtres, le lendemain il se croyait évêque ou pape en Avignon, prenait un billet pour aller voir et revenait quelques jours après plus révolutionnaire que jamais et pleurait bientôt de grosses larmes de rage le 1er mai parce qu’il n’avait pas trouvé de taxi pour traverser la place Blanche.

Il était aussi très douillet : pour une coupure de presse il gardait la chambre huit jours et il crachait, il crachait partout, par terre, sur ses amis, sur les femmes de ses amis. Et ses amis le laissaient faire, trop grands amoureux pour protester […]

Parfois, la bêtise lui couvrait le visage. Il s’en doutait car il était rusé et se planquait alors derrière les majuscules Amour, Révolution, Poésie, Pureté. […]

C’était la grande rigolade ! […] »
Commentaire
Jacques Prévert caricatura André Breton à coups d’allusions moqueuses (« l’illustre Palotin du monde occidental » en est une au ‘’Paladin du monde occidental’’ de Thomas Dylan ; « le capitaine Bordure » est un personnage d’’’Ubu roi’’ de Jarry où l’on trouve aussi « le croc à phynances » qui le faisait souffrir car était grande sa passion de collectionneur de peinture moderne ; « Madame Sabatier » fut une amie de Baudelaire ; etc.).

Mais les autres textes étaient plus agressifs encore.

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En 1930, Jacques Prévert fit paraître dans la revue ‘’Bifur’’ ‘’Souvenirs de famille ou l'Ange garde-chiourme’, nouvelle qui allait être reprise dans ‘’Paroles’’.

Il écrivit avec son frère (qui était devenu l'assistant de Renoir, de Marc Allégret) plusieurs scénarios dont ‘’Attention au fakir’’ (dont les personnages principaux furent ultérieurement repris dans ‘’Étoiles filantes’’) qui devait être réalisé par Pierre Prévert, ou encore ‘’Le malheureux compositeur’’. Ces scénarios sont très extravagants et n’auraient guère été faciles à porter à l’écran.

Il travailla à ‘’Baladar’’, un projet de dessin animé pour André Vigneau qui fut abandonné au bout d’un an de collaboration, faute de commanditaires. Il contait l’histoire d’une pieuvre qui, après s’être mis une bougie dans chacun de ses tentacules, s’accroche au plafond pour former un lustre et s’allume.
En 1931, grâce à Saint-John Perse, il publia dans la revue ‘’Commerce’’ (que dirigeaient Paul Valéry, Léon-Paul Fargue et Valéry Larbaud) un poème en prose ‘’Tentative de description d’un dîner de têtes à Paris-France’’
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