Examen plus serré des «confessions»








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« Ensuite, quand ils virent et soutinrent la démonstration du Saint-Esprit, témoignant que le message était de Dieu, ils le haïrent d'autant plus, car c'était un témoignage contre eux. Ils ne voulaient pas humilier leur cœur pour se repentir, donner gloire à Dieu et défendre le droit. » (TM, p. 80; 1/5/1895).
Les réunions de réveil tenues à South Lancaster, Chicago, Ottawa, Kansas, et dans l'église même de Battle Creek témoignèrent avec force que Dieu avait mis son sceau sur le message apporté. L'expérience testant la lumière était faite dans le laboratoire des églises. Elle réussissait… Jamais, de telles manifestations de la gloire céleste n'avaient accompagné aucun message ou mouvement depuis le cri de minuit de 1844:
« Maintenant, quoiqu'il y ait eu un effort déterminé pour rendre sans effet le message que Dieu a envoyé, ses fruits ont prouvé qu'il venait de la source de la lumière et de la vérité. Ceux qui se sont… levés pour barrer la route à toute évidence, on ne peut pas supposer qu'ils aient la vue spirituelle plus claire pour avoir si longtemps fermé les yeux à la lumière que Dieu envoya à son peuple… Il y aura de la résistance chez ceux mêmes que nous attendions voir s'engager dans une telle œuvre. » (Lettre O19, 1892).
Elle continua à espérer un changement de cœur chez les dirigeants une fois qu'ils reconnurent la preuve incontestable. Le paragraphe suivant pourrait être cité comme preuve que le message de 1888 fut accepté par les dirigeants de l'Église.
« Je vis que la puissance de Dieu accompagnait le message partout où on le présentait. On ne pouvait pas faire croire aux gens de South Lancaster que ce n'était pas un message de lumière qui venait à eux… Dieu a posé sa main pour accomplir cette œuvre. Nous travaillâmes à Chicago; une semaine passa avant qu'il y ait interruption dans les réunions. Mais, comme une vague glorieuse, la bénédiction de Dieu déferla sur nous quand nous montrâmes l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. Le Seigneur révéla Sa gloire et nous sentîmes l'action profonde de Son Esprit. » 
Mais le même article dans la Review du 18 Mars 1890 indique que les frères dirigeants ne sympathisaient toujours pas avec l'œuvre:
« J'ai essayé de vous présenter le message comme je l'ai compris, mais combien de temps ceux qui sont à la tête de l'œuvre resteront-ils éloignés du message de Dieu? »
Un plus grand péché s'ajouta à l'incrédulité de 1888 à Minneapolis: les preuves incontestables de l'approbation du message par le Saint-Esprit, montrées par les merveilleux réveils ne firent que confirmer l'opposition de ces frères. « Quand ils virent et sentirent la manifestation du Saint-Esprit témoignant que le message venait de Dieu, ils le haïrent d'autant plus » (TM p. 80, 1895). Quelques années auparavant, Ellen White avait d'une façon pathétique supplié qu'on s'unisse avec les messagers:
« Pendant près de deux ans, nous avons incité les gens à venir accepter la lumière et la vérité de la justification en Christ, et ils ne savent pas s'ils viendront ou non saisir cette vérité précieuse. » (Ibid., 11/3/1890).
« Nous vous supplions, vous qui vous opposez à la lumière de la vérité, de vous tenir hors du chemin du peuple de Dieu. » (Ibid., 27/5/1890).
Le poids écrasant de l'évidence indique qu'ils se tinrent sur ce chemin. Ce contexte des rapports brillants des « réveils » doit être gardé à l'esprit. Les déclarations plus anciennes exprimant une espérance prophétique (1889-1890) doivent être équilibrées par « la désillusion de l'histoire postérieure réelle » qu'Ellen White fut forcée de rapporter (1891-1897). Toutes les sortes de preuves solides vont dans le même sens: son témoignage, celui de Jones, les archives officielles et l'importance évidente de près d'un siècle.
Exactement comme les Juifs!
Jamais, depuis le rejet par Israël de son Roi de gloire, l'univers céleste n'a vu un échec plus inexcusable et honteux chez le peuple élu de Dieu, conduit par ses dirigeants. La messagère du Seigneur n'hésite pas à appliquer aux frères dirigeants le fameux « malheur des pharisiens » (Luc 11:50-52) et à insister sur son application présente (1896).
« Si Dieu a jamais parlé par moi, ces mots des Écritures ont beaucoup de sens pour ceux qui les entendront. » (TM, p. 76).
« Vous n'êtes pas entrés vous-mêmes et ceux qui entraient, vous les avez empêchés ». Ainsi, le réveil se révéla être un échec et le Saint-Esprit fut attristé, insulté et réprimé.
Souvent, la messagère du Seigneur compara l'esprit anti-1888 au rejet de Christ par les Juifs. Ainsi:
« La lumière a brillé sur l'Église de Dieu, mais beaucoup ont dit par leur attitude indifférente: 'Nous ne voulons pas ta voie, ô Dieu, mais notre propre voie.' Le royaume des cieux s'est beaucoup approché… Mais ils ont barricadé la porte de leur cœur, et n'ont pas reçu les hôtes célestes, car ils ne connaissent pas encore l'amour de Dieu… De nos jours, il y a moins d'excuse pour l'obstination et l'incrédulité qu'il n'y en eut pour les Juifs au jour de Christ… Notre péché et sa rétribution seront d'autant plus grands si nous refusons de marcher dans la lumière.
« Beaucoup disent: 'Si j'avais seulement vécu aux jours de Christ, je n'aurais pas faussé le sens de ses mots ou interprété faussement ses instructions et je ne l'aurais pas rejeté ni crucifié comme les Juifs', mais cela sera prouvé par la façon dont vous traitez Son message et ses messagers aujourd'hui… Ceux qui vivent en ce jour ne sont pas responsables des actes de ceux qui crucifièrent le Fils de Dieu; mais si avec toute la lumière qui brilla sur son ancien peuple, décrite dans la Bible, si nous cheminons sur le même terrain, si nous chérissons le même esprit, si nous refusons de recevoir les reproches et les avertissements, alors notre culpabilité sera beaucoup augmentée. » (Ibid., 11/4/1893).
Une semaine plus tard, elle ajouta:
« Ceux qui sont pleins d'incrédulité peuvent discerner la moindre choses ayant un caractère blâmable. Ils peuvent perdre de vue toutes les preuves que Dieu donna… en révélant les précieux joyaux de vérité venant de la mine inépuisable de Sa parole. Ils peuvent tenir l'atome comme choquant sous les verres grossissants de leur imagination, jusqu'à ce que cet atome ressemble à un monde et les empêche de voir la lumière précieuse du ciel… Pourquoi tenir tellement compte de ce qui peut vous apparaître comme choquant chez le messager (A. T. Jones ou E. J. Waggoner), pourquoi écarter toutes les évidences que Dieu a données pour équilibrer l'esprit au sujet de la vérité. » (Ibid., 18/4/1893).
Notre imagination fait de gros efforts pour saisir la réalité des bénédictions que l'Église Adventiste aurait reçues si ce précieux message avait été accepté avec amour.
« Si, par la grâce de Christ, son peuple devient des outres neuves, il les remplira d'un vin nouveau. Dieu accordera une lumière supplémentaire et les vérités anciennes seront retrouvées et rétablies dans le cadre de la vérité et par tout où les ouvriers iront, ils triompheront. » (RH, Extra, 23/12/1890).
Notre histoire sens dessus dessous
Ce qui aurait dû avoir lieu, mais qui n'eut pas lieu fut dit clairement à la réunion de la Conférence Générale de 1901, quand Ellen White parla de la crise de 1888-1891. Ce que nos historiens ont supposé être un réveil se trouve être seulement un consentement verbal sans véritable réforme.
« J'éprouve un intérêt spécial pour les mouvements et les décisions qui naîtront à cette conférence concernant les choses qui auraient dû être faites il y a des années et spécialement il y a dix ans quand nous étions assemblés en conférence et que l'Esprit et la puissance de Dieu se manifestèrent dans notre réunion, témoignant que Dieu était prêt à œuvrer pour ce peuple s'il voulait s'avancer en ordre pour travailler. Les frères donnèrent leur assentiment à la lumière que Dieu avait accordée, mais il y en eut qui étaient rattachés à nos institutions, spécialement au bureau de la Review and Herald et la Conférence Générale, qui introduisirent des parcelles d'incrédulité, de sorte que la lumière accordée ne servit pas pour agir. On lui témoigna un assentiment mais on ne fit aucun changement spécial pour amener une situation des choses telle que la puissance de Dieu puisse se révéler parmi son peuple. » (BCG, 1901, p. 23).
Certains frères reconnurent en 1893 que, comme on avait refusé la réforme, le réveil en conséquence avait échoué. Jones dit:
« Frères, le temps est venu d'accepter ce soir ce que nous avons rejeté là-bas à Minneapolis il y a quatre ans. Personne parmi nous n'a jamais pu encore rêver des merveilleuses bénédictions que Dieu nous réservait à Minneapolis et dont nous aurions joui depuis quatre ans, si les cœurs avaient été en avance de quatre ans; nous aurions été parmi les merveilles du grand cri ce soir. » (Idem., 1893, p. 183).
La lettre suivante d'Ellen White, lue à la même session, explique le fonctionnement du processus par lequel le message de 1888 se transforma en défaite:
« L'opposition dans nos propres rangs a imposé aux messagers du Seigneur une tâche laborieuse et éprouvante, car ils ont eu à rencontrer des difficultés et des obstacles qui n'auraient pas dû exister… Tout le temps, la réflexion et le travail nécessaires pour neutraliser l'influence de nos frères qui s'opposent au message ont été du temps dérobé au monde promis au jugement imminent de Dieu. L'Esprit de Dieu a été présent avec puissance parmi son peuple, mais il ne put pas lui être accordé car il n'ouvrit pas son cœur pour le recevoir.
« Ce n'est pas l'opposition du monde que nous avons à craindre, mais ce sont les individus qui agissent parmi nous et qui ont gêné le message… L'amour et la confiance constituent une force morale qui aurait uni nos églises et assuré l'harmonie dans l'action; mais la froideur et la méfiance ont apporté la désunion qui nous ont dépouillés de notre force…
« L'influence qui émana de la résistance à la lumière et à la vérité à Minneapolis, aboutit à rendre nulle la lumière que Dieu avait accordée à son peuple grâce aux Témoignages… car certains de ceux qui occupent des situations de responsabilité furent corrompus par l'esprit qui l'emporta à Minneapolis, esprit qui obscurcit le discernement du peuple de Dieu. » (Ibid., p. 419).
Une armée qui perd une bataille essaiera ensuite de savoir pourquoi la défaite se produisit. Elle parlera de victoire, au mode subjonctif et conditionnel, comme de « ce qui aurait pu exister ». Il est significatif que le passage souvent cité, publié en 1909 dans Testimonies, vol. 9, p. 29 qui débute par un tragique « SI » fut écrit au sujet des résultats de l'histoire de 1888. C'est la phrase qui suit la citation ci-dessus:
« Si chaque soldat de Christ avait accompli son devoir, si chaque sentinelle, sur les murailles de Sion, avait fait sonner la trompette comme il le faillait, le monde aurait pu, avant ce jour, entendre le message d'avertissement. Mais l'œuvre a des années de retard. Quelle raison fournira-t-on à Dieu pour avoir ainsi retardé l'œuvre? »
Il y a une Bonne Nouvelle dans l'histoire de 1888
Ceci ne signifie pas que la guerre a été perdue. Loin de là! Seule une bataille fut perdue. On a ici, cependant, une situation tout à fait troublante. Quelques paragraphes plus loin, dans la même lettre, E. G. White prédit que Satan travaillerait avec adresse, à son avantage. « Le complot extrême de Satan révèlera qu'elle se manifeste partout. » Il serait beaucoup trop avisé pour commettre la bévue de prendre la livrée du diable. « Il ferait semblant d'être le Christ. » L'apparition d'un faux Christ suscitera des espoirs trompeurs dans l'esprit de ceux qui permettront qu'on les abuse. Satan a un esprit trop pénétrant pour prétendre à sa victoire avant qu'elle soit complète, même si la victoire partielle est véritable.
Une telle vantardise conduirait l'Église du reste à s'agenouiller dans une repentance unique, car elle a un cœur sincère. Lui dire la vérité ne réussira jamais… Il faut la tenir dans la tromperie jusqu'à la fin même. Donc Satan désire que nous soyons trompés concernant notre histoire de 1888. Sournoisement, il admettra la défaite et concèdera la victoire, faisant semblant d'être prosterné à nos pieds. Mais la tromperie, si on la chérit, ne peut conduire qu'à un engouement pour le faux Christ. Si nous ne pouvons pas bien déchiffrer le passé, comment pourrons-nous interpréter l'avenir correctement quand il se déroulera devant nos yeux? Ces vérités évidentes peignent-elles un tableau sombre et décourageant? Non, si nous aimons Celui qui dit qu'Il est la vérité. Reconnaître la vérité est le seul moyen pour venir tout près de Lui. Tandis qu'il est vrai que notre histoire est un appel clair à la repentance, nous devons nous souvenir que les appels à la repentance ont toujours été positifs, encourageants et ont inspiré l'espoir.
Conclusion
Ceux qui décrivent notre histoire de 1888 comme une glorieuse victoire sont très sincères… Il désirent préserver l'unité de l'Église. Des critiques sont venus déclarer que la victoire remportée par Satan en 1888 et ensuite fut complète, de sorte que l'Église est maintenant dans une situation désespérée. Ceci n'est pas vrai, mais une idée fausse s'enracine et prospère, en réaction contre l'orgueil et le contentement qui renient la vérité de notre histoire, génération après génération. Israël ne deviendra jamais Babylone, bien qu'il puisse avoir ses périodes de captivité. Dieu le ramènera à ses propres frontières, châtié et repentant. En cherchant à neutraliser les critiques déloyaux qui condamnent l'Église comme étant en position désespérée, nous ne devons pas nier la vérité. Attribuons l'honneur à qui il est dû, cela à la lumière de notre histoire passée, exigeant que nous soyons grandement humiliés:
« Il y aura une grande humiliation des cœurs devant Dieu, chez tous ceux qui restent fidèles et véritables jusqu'à la fin. » (Ms 15, 1888, Olson, p. 297).
« A moins que l'Église qui, maintenant est corrompue par son propre glissement en arrière, ne se repente et ne se convertisse, elle mangera le fruit de sa propre conduite jusqu'à ce qu'elle s'exècre elle-même. » (8T, p.250).
Cette expérience n'est pas une preuve que Dieu aura rejeté Son Église. Pierre, quand il se jeta à terre à Gethsémané et souhaita pouvoir mourir, se convertit enfin (Mat. 26:75; DA, p. 713). Quand ces mots cités s'accompliront, l'Église du reste se convertira aussi. La Pentecôte ne sera pas plus éloignée, à ce moment-là, que celle de Pierre ne l'était quand il arriva à se connaître et obtint ainsi le pardon de son Seigneur. Une compréhension authentique de l'expérience de 1888 comptera largement dans notre connaissance de nous-mêmes:
« Un jour, on la verra avec sa signification véritable et tout le fardeau de malheur qui en est résulté. » (GCB 1893, p. 184).
A. T. Jones, à la réunion de 1893 parle aussi de ce « jour » de réparation longtemps retardé:
« Il y aura des choses à venir qui seront plus surprenantes que cela ne le fut pour les gens de Minneapolis… Mais à moins que vous et moi ne voyons toute trace de cet esprit déraciné de nos cœurs, nous traiterons ce message et les messagers qui l'apportent comme Dieu a déclaré que nous avons traité cet autre message. » (Ibid., p. 185).
Si aucune des références présentées dans ce chapitre n'était à notre disposition, la logique et la simple raison dicteraient ces conclusions:


  1. Le grand cri devait avoir un effet sur la fin de l'œuvre comme le feu qui court dans le chaume (RH 15/12/1885). « Les évènements de la fin seront rapides. » Mais au lieu de courir comme le feu dans le chaume, il y eut un siècle de feu couvant et fumant, prolongé, avançant d'un pouce, quand les âmes naissent plus vite que notre message ne les atteint. L'unique conclusion raisonnable est que le feu fut éteint par des instruments humains et non divins.




  1. Quand le grand cri viendra, dit Jean, il doit être une lumière qui éclaire la terre d'une gloire surpassant tous les déploiements antérieurs de la puissance céleste. Les « rois de la terre » ne se sont pas encore placés au loin, avec les « marchands de la terre » pleurant la chute de la grande Babylone, annihilée en une seule heure par la puissante prédication du vrai grand cri. Cependant, la lumière du message puissant du 4e ange commença à briller de cette façon étrange et impressionnante en 1888. La seule conclusion raisonnable est que cette lumière fut éteinte par des instruments humains.




  1. Quand le message de la justification par la foi de 1888, le vrai début de la pluie de l'arrière-saison sera accepté, on verra dans l'Église du reste un réveil de la piété primitive inconnu jusqu'ici. « L'ennemi de Dieu et de l'homme ne veut pas que cette vérité soit clairement présentée, car il sait que si le peuple la reçoit pleinement, son pouvoir sera brisé » (GW, anc. édition, p. 103). Seule conclusion possible: le message de la justification de Christ ne fut pas pleinement accepté.




  1. Le message venant de Dieu d'une façon spéciale, l'opposition autoritaire et persistante des responsables constitua une défaite spirituelle pour le mouvement adventiste, mais cette bataille perdue doit être comprise comme une bataille au cours d'une guerre plus grande et non comme la perte de la guerre elle-même.


Une telle opinion sur la question exigera que notre génération reconnaisse les faits dans cette affaire et rectifie complètement cette faute tragique. On peut le faire et le Dieu vivant et juste nous aidera. Ceci doit être une bonne nouvelle.

Addition au chapitre 4
TÉMOIGNAGE DES ARCHIVES DE LA CONFÉRENCE GÉNÉRALE
La correspondance officielle dans les dossiers des archives de Battle Creek confirme le témoignage d'Ellen White et de Jones concernant l'attitude négative des dirigeants les plus responsables à Battle Creek. A. T. Jones dit « qu'un antagonisme secret continua toujours d'exister » (Lettre à C. E. Holmes, 12/5/1921).
Les lettres du secrétaire de la Conférence Générale, Dan T. Jones, illustrent le fonctionnement de cette attitude. Malgré son préjugé profond contre le message de 1888 et les messagers, quelques semaines après la réunion de Minneapolis, le Saint-Esprit lui fit comprendre avec une claire évidence que Jones était le vrai messager de Dieu. Il écrit à un ami:
« Nous avons de bonnes réunions ici. Frère A. T. Jones a prêché le plus souvent. J'aurais aimé que vous puissez entendre quelques-uns de ses sermons. Il semble tout à fait différent (sic) par rapport à ce qu'il fit à Minneapolis. Certains de ses sermons sont aussi bons, je pense, que tout ce que j'ai jamais entendu. Ils sont tous nouveaux aussi. Il est original dans sa prédication et dans sa prédication pratique il semble très doux et sensible, et il ressent profondément tout ce qu'il dit. Mon opinion sur lui s'est améliorée considérablement depuis que j'ai vu l'autre aspect de l'homme. » (Lettre à J. W. Watt, 1/1/1889).
Mais Dan Jones devient un homme convaincu contre son gré. Il est prodigieux de voir comment de bons dirigeants purent durcir leur cœur devant ce qu'ils voyaient clairement comme étant ses « lettres de créance » du Saint-Esprit. Nous avons besoin de voir comment cela arriva car aujourd'hui, nous sommes dans le grave danger de répéter leur histoire. Comme le dit Luther, nous sommes faits de la même pâte. Un an plus tard, pour une raison étrange, Dan Jones a laissé son cœur s'endurcir, à l'égard ses messagers de 1888, alors que durant la même période, l'attitude d'Ellen White est devenue de plus en plus positive dans son soutien. Ici, nous voyons un ferment mystérieux de l'esprit humains.
En tant qu'administrateur responsable, il écrit aux dirigeants de la Conférence du Missouri, sa région natale. Il doit communiquer son jugement erroné. Voici comment fonctionne cette espèce d'influence cachée, « l'antagonisme secret » dont parla « A. T. Jones:
« Je pense qu'un institut au Missouri serait une choses splendide, mais je crois qu'un institut de petite envergure aura juste autant de valeur pour vous que de faire une grande démonstration et de faire intervenir … les pasteurs A. T. Jones et E. J. Waggoner. Pour vous dire la vérité, je n'ai pas une très grande confiance dans leur façon de présenter les choses. Ils prétendent tout savoir et ne veulent pas admettre que leur position puisse parfois être soumise à la moindre critique… En fait, ils ne s'étendent sur aucun autre sujet que ceux sur lesquels il y a une différence d'opinion parmi nos frères dirigeants. Je ne pense pas que vous vouliez amener cet esprit dans la conférence du Missouri. » (Lettre à N. W. Alee, 23/1/1890; emphase rajoutée).
Les messagers de 1888 ne surent probablement jamais pourquoi ils ne furent pas les bienvenues au Missouri. Les lettres d'instruction de Dan Jones à G. I. Butler au sujet de faits nouveaux à Battle Creek révélèrent « l'antagonisme » qui fonctionnait. Il encourage Butler dans son opposition au message.
« Je suis content, en fait, que vous considériez les choses comme vous le faites et que vous ne vous découragiez pas et que vous ne pliiez pas sous le poids qui semble être jeté sur vous… J'ai souvent pensé à ce que vous m'avez dit l'hiver dernier, à savoir que les hommes de Californie (Jones et Waggoner) feraient partie du personnel de rédaction de la Review dans moins de deux ans. Je ne serais pas du tout surpris si une tentative dans ce sens était faite dans moins de temps que cela. Mais je suis sûr qu'une très forte opposition se produirait. » (Lettre 28/8/1889).
La « forte opposition » qu'il prévoyait éclata comme un volcan dans sa propre âme durant l'hiver de 1890. Waggoner annonça un jour dans son cours de Bible que le lundi suivant, il étudierait les deux alliances… Officiellement, on l'avait invité et même incité à quitter son travail en Californie et à enseigner à Battle Creek. Naturellement, il supposa qu'il était libre de présenter l'Évangile comme il le comprenait. Mais quand Dan Jones apprit la nouvelle des deux alliances, il ne put pas se contenir. Il prit immédiatement des mesures pour arrêter Waggoner, en s'adressant à Uriah Smith et même à Ellen White pour le soutenir. Il fut si profondément ébranlé par cet incident qu'il écrivit longuement à ce sujet dans ses lettres à G. I. Butler, O. A. Olsen, J. D. Pegg, C. H. Jones, R. C. Porter, J. H. Morrison, E. W. Farnsworth et R. A. Underwood. Ses lettres ne peuvent pas cacher l'antipathie officielle pour le message et les messagers; naturellement, tout en professant l'acceptation de la doctrine de la justification par la foi.
Nous pouvons être reconnaissants qu'il fut un écrivain prolifique car il donne des aperçus précieux sur les attitudes des dirigeants dans les coulisses. Il révéla ses sentiments intimes avec sincérité, l'opposition continue de son cœur à l'égard du message fut évidemment un lourd fardeau pour sa conscience, comme celui de Saul, regimbant contre les aiguillons. Au sujet de cette confrontation avec Waggoner, il écrit à Butler:
« Il ne m'ai jamais arrivé dans ma vie une chose qui m'ait autant abattu que celle-ci. Je me suis senti si profondément bouleversé par toute cette affaire que j'ai à peine su comment agir ou que faire… Quand je vis ce qu'étaient les leçons (leçons de l'école du Sabbat écrite par Waggoner) je décidais aussitôt que je ne pouvais pas les enseigner, et après avoir un peu étudié la question, je décidai de démissionner comme moniteur de l'école du Sabbat. Je me suis fait du souci et me suis tracassé à ce sujet au point que cela m'a fait plus de mal que six mois de travail. » (Lettre, 13/2/1890).
Quel spectacle! Le secrétaire de la Conférence Générale se faisant du souci et se tracassant à cause de ce qui était en fait l'action du Saint-Esprit pour la pluie de l'arrière saison!
Coup d'œil derrière les coulisses de l'ancien Battle Creek
Dan Jones continue avec une remarquable « image de marque » de l'administration de Battle Creek, disant franchement à Butler que le plan officiel est de cacher les faits réels aux étudiants et de « donner aux choses une apparence aussi naturelle que possible, sans attirer davantage l'attention des étudiants de l'école sur le changement qui était nécessaire ». Ceci voulait être « politiquement » astucieux. Waggoner gâcha les plans de Jones en disant ouvertement la vérité et laissa l'affaire entière transpirer: « Tout ce que je pus faire était de dire que nous avions jugé préférable de demander au docteur Waggoner de renvoyer la question de l'alliance pour l'instant » [N. T. : paroles de Dan Jones].
Ellen White, W. C. White, Waggoner et A. T. Jones travaillèrent pour mettre les choses en règle à Battle Creek; il en résultat que la vérité repoussa Dan Jones, Uriah Smith et d'autres, involontairement dans un coin. A nouveau, Dan Jones fut franc pour dire à ses amis qu'ils avaient souffert un échec total:
« Ceci mit certains d'entre nous dans une position plutôt embarrassante. Nous avions travaillé dans le malentendu et le soutien a été retiré en dessous de nous. Personne ne pouvait contester les paroles du Dr. Waggoner ou de sœur White. » (Lettre à Butler, 27/3/1890).
L'humilité et l'honnêteté de Dan Jones sont rafraîchissantes –presque naïves, certes oui, à la lumière de la vérité réelle qu'il ne comprit pas –son antipathie fut en fait dirigée contre la pluie de l'arrière saison, don gracieux du ciel et contre la lumière du début du grand cri. Il s'est placé absolument contre cette bénédiction envoyée du ciel et ne put s'empêcher de le laisser voir. Il est remarquablement quelqu'un de convaincu malgré lui.
Le fameux sermon d'Ellen White, du 16 mars, à Battle Creek (Ms 2, 1890) contient la déclaration: « Il n'y eut pas de réception du message » et environ douze références à l'incrédulité qui suivit et au rejet par les dirigeants à Battle Creek depuis Minneapolis. Ecrivant un jour plus tard, Dan Jones se lamente de sa détresse:
« Il me semble que sa position (d'E. White) est évidemment correcte et le principe s'appliquera à d'autres questions avec tout autant de force qu'il s'applique à la question de l'alliance, ou la loi dans les Galates… J'étais tout aussi certain que je pouvais l'être que certains plans et buts étaient réalisés par le Docteur Waggoner et d'autres, et que certains mobiles étaient derrière ces plans et ces intentions, mais il apparaît maintenant que je m'étais totalement trompé au sujet des deux. Il me semble étrange qu'il ait pu en être ainsi. Toutes les circonstances semblaient s'ajouter à l'évidence pour prouver que les choses étaient véritables, mais sans se soucier de tout ceci, on a démontré qu'elles étaient fausses. » (Lettre à J. D. Pegg, 12/3/1890).
Ecrivant dix jours plus tard, il progresse à contre-cœur. Il n'est toujours pas au clair. Il a toujours la même opinion au sujet du message. Comme et avec Uriah Smith, il accuse Jones et Waggoner de créer des malentendus. Il ne peut pas les voir comme Ellen White les voit, comme « des messagers délégués » du Seigneur:
« Peut-être nous sommes-nous trompés dans certaines des opinions que nous avons formulées… Je ne vois pas maintenant ce que l'on peut faire, sinon d'accepter les explications que l'on a données et agir d'après elles. Sœur White.. pense… que les rapports que nous avons reçus de Minneapolis étaient grandement exagérés et que vous n'avez pas eu une idée correcte concernant ce qui se passait là-bas. Alors que je garde la même position sur la loi dans les Galates et sur l'alliance que celle que j'ai toujours eue, je suis content que mon esprit soit soulagé concernant les motifs et les plans de certains frères. Espérons que dans l'avenir, nos frères n'agiront pas d'une façon telle qu'ils déterminent un jugement injuste sur leurs intentions. » (Lettre 27/3/1890).
Écrivant à R. C. Porter quelques jours plus tard, il révèle comment lui et Uriah Smith ne se sont toujours pas vraiment réconciliés avec les messages de 1888 ni avec Sr. White:
« Le pasteur Smith ne peut pas comprendre pourquoi sœur White a parlé à un moment positivement contre une certaine chose, comme elle le fit contre la loi dans les Galates à frère (J. H.) Waggoner il y a plusieurs années, puis a fait volte-face et a donné pratiquement son soutien à la même chose quand elle est présentée d'une façon un peu différente… J'essaie d'y penser aussi peu que possible. » (Lettre, 1er/4/1890).
Deux semaines plus tard, Dan Jones n'est toujours pas convaincu et il en vient à parler en raillant un peu ce qui était en fait l'intervention de Dieu dans le commencement de la pluie de l'arrière-saison. Il veut voir Jones et Waggoner réduits et diminués et il assure le pasteur Butler que lui et les frères continuent toujours noblement la lutte contre eux. Ce qu'Ellen White et l'histoire ont reconnu comme un très précieux message, il le considère toujours comme étant une vue particulière et il espère qu'on ne le tolérera jamais à nouveau.
« Je sais qu'il est un peu difficile pour nous, du fait de l'évidence circonstancielle (sic) qui a entouré cette affaire pendant un an et demi, d'arriver maintenant à la conclusion que ces affaires ont « transpirées » à Minneapolis ont toutes eu lieu avec une innocence d'agneau. Mais, si le Dr. Waggoner dit qu'il n'avait aucun plan quand il vint là, que le frère Jones dit la même chose et que sr. White les soutient, que pouvons-nous faire sinon l'accepter comme vrai? … Vous pouvez penser que nous avons « rusé » un peu, alors que nous avons été « embarqués » et « avalés » entiers. Tel n'est pas le cas, en aucune façon, je considère que nous avons gagné sur tous les points auxquels nous adhérions, et je pense que l'autre parti fut assez content qu'on les laisse faire un peu; et je voulais qu'il en soit ainsi, s'ils ont appris les leçons que nous désirions qu'ils apprennent. J'ai confiance maintenant que le Dr. Waggoner sera très prudent pour lancer ses vues particulières devant les gens jusqu'à ce qu'elles aient été soigneusement examinées par les frères dirigeants, et je pense que les frères dirigeants seront beaucoup plus prudents dans leurs examens de ces vues particulières qu'ils ne l'ont été dans le passé. » (Lettre à Butler, 14/4/1890).
Ces archives confirment abondamment l'observation d'A. V. Olson que Jones et Waggoner étaient « persona non grata » au quartier général à Battle Creek (op. cit., p. 115). La tension était si aiguë qu'il est facile de comprendre pourquoi Waggoner fut envoyé en Angleterre au début de 1892. Sa lettre manuscrite du 15/9/1891 au président de la Conférence Générale a pu envenimer la situation. On l'avait nommé membre du Comité de lecture, mais sa participation normale dans sont travail avait en quelque sorte été circonvenue. Le lettre est respectueuse, il ne fait pas de réclamation personnelle, mais éprouve de l'inquiétude pour le bien de la cause.
« Je désire vous écrire au sujet du livre du pasteur G. I. Butler. Je vois dans le procès-verbal du Comité de lecture que l'on a voté que le bureau de la Review and Herald le publie. De ceci, je conclus qu'il doit être presque prêt pour la publication. Si oui, comme membre du Comité de lecture, j'aimerais voir le manuscrit. Il y a un peu plus d'un an, je crois, j'ai vu une liste de chapitres qui devaient composer le livre. Grâce à cela et aussi à ce que je connais de la situation en général, je suis tout à fait sûr qu'il y a de fortes chances que ce livre ait autant besoin d'examen que tout autre livre. S'il est proposé sans examen, sauf par un Comité de trois, je suis sûr qu'il y aura mécontentement. Certainement tout membre a le droit d'examiner n'importe quel manuscrit que l'on présente devant le Comité. » (4)
Uriah Smith défend son rejet du message
L'opposition d'Uriah Smith au message de 1888 était logique, savante et apparemment raisonnable. Il écrit à Ellen White le 17/2/1890 et explique pourquoi il ne peut pas l'accepter. Il est totalement sincère. C'est une expérience humiliante de lire sa lettre de six pages, car il est si convainquant que l'on ne peut que s'exclamer: « Voilà, dans la grâce de Dieu ce que je suis! » Il peut être aussi facile pour nous aujourd'hui de considérer le plus grand don du Saint-Esprit comme un désastre qu'il l'était pour lui de le faire. Il voit l'action de Dieu comme une grande calamité. Nous pouvons noter ses arguments seulement brièvement:
« A ce qu'il me semble, après la mort de frère White, la plus grande calamité qui jamais arriva à notre cause arriva quand le docteur Waggoner fit paraître ses articles sur le livre des Galates dans les Signs of the Times
« Si j'étais sous serment dans un tribunal, je serais obligé de témoigner que pour autant que je sache et crois, … vous avez dit que frère Waggoner avait tort (au sujet de la loi dans les Galates). C'est ce qu'il m'a toujours semblé être en accord avec les Écritures. Et frère White était tellement satisfait à ce sujet que, vous vous rappelez, il retira le livre de frère Waggoner de la circulation… La position que frère Waggoner occupe maintenant est soumise exactement à la même objection… Elle me semble contraire aux Écritures et contraire à ce que vous avez vu précédemment…
« Les frères de Californie [Jones et Waggoner] … ont presque gâché la Conférence de 1888, comme je craignais qu'ils le feraient. Si on n'avait pas présenté ces questions troublantes, je ne vois aucune raison pour que nous n'ayons pas pu avoir une Conférence aussi agréable et bénie que celles dont nous ayons jamais profité…
« E. J. Waggoner a pris position sur l'épître aux Galates, la même que vous aviez condamnée chez son père. Et quand vous avez approuvé apparemment sa position dans son ensemble, … ce fut une grande surprise pour beaucoup de gens. Et quand ils me demandèrent ce que cela signifiait, et comment pouvais-je réellement l'expliquer, vraiment sœur White, je ne sus pas que dire et je ne le sais pas encore.
« …Quand des opinions et des mouvements surgissent… qui … mineront totalement votre œuvre et secoueront la foi dans le message, je ne puis qu'éprouver un certain sentiment en la matière; et vous pouvez imaginer qu'il doit sembler exister une étrange situation pour moi quand, parce que je hasarde un mot d'avertissement sur certains de ces points, je suis signalé en public comme celui qui tire dans l'obscurité et ne sais pas à quoi il s'oppose. Je pense connaître vraiment, jusqu'à un certain point ce à quoi je m'oppose. Probablement, je ne sais pas quelle est la totale étendue de cette œuvre d'innovation et de désintégration qui se poursuit, mais j'en vois assez pour me causer quelque anxiété. Je crois que je veux recevoir la lumière n'importe quand, venant de quiconque. Mais ce qui prétend être la lumière doit, pour moi, se montrer être en accord avec les Écritures et basé sur de bonnes et solides raisons capables de convaincre le jugement, avant qu'il apparaisse comme étant la lumière pour moi. Et quand quelqu'un présente quelque chose que je connais et crois depuis longtemps, il m'est impossible d'appeler cela une lumière nouvelle. » (Lettre d'Uriah Smith, 17/2/1890).
Se pourrait-il qu'il y ait beaucoup d'Uriah Smith dans l'Église aujourd'hui, juste aussi sincères et raisonnables dans leur opposition de cœur à la lumière qui, dans la providence de Dieu, doit encore éclairer la terre de sa gloire? Il est pénible de regarder par-dessus l'épaule de nos frères de Battle Creek d'il y a un siècle et de lire leurs lettres, mais cela nous fait du bien de comprendre qu'un jour, d'autres liront nos lettres et les anges discerneront correctement notre véritable attitude de cœur vis-à-vis de l'œuvre de Dieu.
Une profonde inimitié de cœur contre le message humiliant de la justification de Christ rendit possible pour de bons frères d'il y a longtemps d'ajouter foi à des rumeurs mal fondées et à des rapports déformés. Ellen White compara souvent cette situation avec celle des Juifs, s'opposant à Christ.
Eux aussi avaient une bonne logique et des arguments bien raisonnés de leur côté. Ils pensaient qu'ils voyaient une preuve scripturaire qui rendait impossible pour Jésus d'être le véritable Messie. Aucun prophète était-il jamais venu de Galilée? Un des chefs à Jérusalem avait-il cru en Lui? (Jean 7:48 à 52). Et sa personnalité aussi les prenait à rebrousse-poil.
Il est trop tard maintenant pour nos frères d'il y a un siècle pour sonder profondément leurs âmes, pour se repentir d'avoir rejeté la plus importante venue du Saint-Esprit depuis la Pentecôte. Grâce à Dieu, il n'est pas encore trop tard pour nous de faire cet examen de conscience, car nous pouvons aisément nous voir nous-mêmes en eux.
Notes:
1. Des lettres écrites par Dan T. Jones se trouvent dans les archives et statistiques de la Conférence Générale, Record, group 25. Utilisation avec permission.
2. La position de Waggoner à laquelle Dan Jones, Uriah Smith et d'autres s'opposèrent est présentée dans son livre « The Glad Tidings » (Pacific Press, édition revue, pp. 71-104). L'opinion de ces opposants se perpétue dans le S.D.A. Bible Commentary et dans Bible Dictionary. E. G. White dit qu'il lui fut montré que la position de Waggoner est correcte: « L'avant dernière nuit, il me fut montré que les preuves concernant les alliances étaient claires et convaincantes. Vous-même (Smith), fr. Dan Jones et frère Porter et d'autres, vous gaspillez votre puissance d'investigation pour rien, afin d'inventer une position au sujet des alliances pour ne pas être d'accord avec la position que fr. Waggoner a présentée (Lettre 59, 1890, voir aussi la Lettre 30, 1890). Dan Jones rapporte que Waggoner accuse les dirigeants de la Conférence Générale d'avoir implicitement approuvé l'opinion de D. M. Canright sur les alliances, frère Smith étant parmi eux, chose qu'ils nièrent naturellement (Lettre à Butler, 13/2/1890). Il est triste de le dire, Waggoner avait raison; il est encore plus triste qu'après près d'un siècle, sa belle vérité qui est une bonne nouvelle au sujet des deux alliances n'a pas encore trouvé notre acceptation.
3. Uriah Smith et les critiques modernes d'Ellen White se trompent en lui attribuant un changement significatif dans sa position concernant la loi dans l'épître aux Galates. Elle pressa J. H. Waggoner de ne pas mettre en relief son opinion selon laquelle la loi dans cette épître est la loi morale, mais il apparaît qu'il n'y a pas de preuve qu'elle lui dit ce que Smith pensa qu'elle dit. Sans doute, J. H. Waggoner ne saisit pas les plus grandes vérités qui réchauffent le cœur, contenues dans cette épître aussi clairement que son fils le fit plus tard. Elle ne put pas approuver le message du père comme étant « très précieux ». Par erreur, Smith se reposa sur un fait partiel pour condamner la lumière ultérieure que le Seigneur envoya par l'intermédiaire du fils de Waggoner en 1888.
4. Archives et statistiques de la Conférence Générale, Record group 11. Utilisation avec permission.

Chapitre 5
LE PROBLÈME FONDAMENTAL: COMMENT ÉVALUER LE MESSAGE DE 1888?

L'erreur consistant à tenir pour établi que nous avons accepté le message de 1888 prend racine dans une erreur de compréhension encore plus profonde concernant ce qu'est réellement ce message.
Le point de vue officiellement adopté, à savoir qu'il fut accepté doit également présumer qu'il n'y avait là rien d'uniquement adventiste à ce sujet. Le message est évalué comme étant la doctrine de la justification par la foi, c'est-à-dire la même doctrine que celle à laquelle les protestants ont cru pendant des siècles. Ce qui suit, provenant d'un de nos auteurs estimés, président de la Conférence Générale, est caractéristique de ce point de vue si largement accepté concernant le message:
« Quelques-uns pourront se demander: qu'était-ce donc que cet enseignement de justice par la foi qui devint le ressort principal du grand réveil de 1888, tel qu'il fut enseigné par E. G. White et d'autres? C'était la même doctrine que Luther, Wesley et beaucoup d'autres ont enseignée. » (L. H. Christian, The Fruitage of the Spirituals Gifts, p. 239).
Il serait quand même énorme et humiliant de confesser que nous aurions « rejeté la même doctrine que Luther, Wesley et beaucoup d'autres serviteurs de Dieu ont enseignée. » Il nous faut donc en conclure que nous avons accepté « la doctrine » en 1888 et après.
Tandis qu'un autre écrivain en position d'autorité concède que le message de 1888 était le message du troisième ange, en vérité, comme E. G. White le caractérisait elle-même (RH 1er/4/1890), il commet une confusion quant à l'enjeu réel en insistant sur le fait que beaucoup de leaders évangéliques non-adventistes proclament « la même accentuation générale, ayant obtenu leur message de la même source. »
Sans exception, tous ces livres hautement approuvés des années récentes impliquent que la vérité du message du troisième ange n'est rien de moins que l'enseignement protestant populaire traditionnel.
Pas un seul d'entre eux ne prend une position conséquente et logique à ce sujet pour évaluer le message de 1888 comme le fit E. G. White et ne veut y reconnaître aucun élément spécifique adventiste. Remarquons l'insistance de Froom à ce sujet.
« Des hommes en dehors du message adventiste ont connu le même fardeau et donné la même accentuation à ce sujet et ceci à peu près en même temps. L'impulsion, manifestement, provenait de la même source. Et, au temps marqué, la justification par la foi se concentra autour de 1888, par exemple les célèbres conférences de Keswick, en Angleterre, furent fondées pour « promouvoir la sainteté pratique ». On peut facilement dresser la liste de près de cinquante personnalités qui, durant les dernières décennies du 19e siècle ou les premières du 20e siècle, mirent l'accent général sur la même question. » (Froom, Movement of Destiny, pp. 319, 320).
La conclusion en est logique et inéluctable: nous devrions aller à ces sources là pour trouver la doctrine et apprendre comment enseigner la justice par la foi. Et c'est ce que nous avons fait, en dépit du fait que la présentation constante de cette conception de la justification par la foi est antinomique.
Nous pouvons croire que les leaders évangéliques sont des hommes bons et sincères, vivant selon la lumière qu'ils ont reçue. Mais proclamaient-ils vraiment le message du troisième ange, en vérité, comme Ellen White décrit le message de 1888?
Notre auteur –Froom- admet que, tandis qu'ils ne comprenaient pas notre message spécifique, c'est-à-dire le Sabbat, l'état des morts et d'autres doctrines particulières, ils proclamaient néanmoins la même doctrine de la justice par la foi, telle que le Seigneur nous la donna en 1888.
Cependant, en contraste, E. G. White insiste sur le fait que le message de 1888 contient un nutriment spirituel unique qui conduit à l'obéissance à tous les commandements de Dieu (TM, p. 92).
Cette position d'autorité soutient logiquement le point de vue de nos opposants, à savoir qu'il n'y a rien de spécial au cœur du message adventiste du 7e Jour. Elle encourage même leur conviction qu'outre la partie doctrinale de l'Évangile solide que nous pouvons emprunter aux évangéliques, l'essence de l'Adventisme du 7e Jour, c'est du légalisme. Par conséquent, nous n'aurions aucun mandat pour appeler le monde chrétien au jugement et à la repentance.
Quelle est donc la véritable évaluation du message de 1888? Etait-ce la même doctrine que celle enseignée par les Réformateurs protestants et les Évangéliques du 19e siècle, comme nos auteurs l'affirment avec insistance?
Ou était-ce une compréhension distincte, unique, de « l'Évangile éternel », en relation avec notre message spécifique du sanctuaire? La vérité à ce sujet est cruciale pour comprendre notre identité en tant que peuple. Si le message de 1888 était seulement la doctrine protestante historique de la justification par la foi, il nous faudrait alors faire face à quelques sérieux problèmes:
1. Si nous acceptons de croire qu'E. G. White est dans le vrai en répétant constamment que le message de 1888 rencontra de l'opposition et fut rejeté, il s'ensuit logiquement que l'autorité de l'Église Adventiste du 7e Jour rejeta la doctrine même de la justification par la foi que Luther et Wesley enseignaient.
En d'autres termes, dire que le message de 1888 était bien la doctrine enseignée par Luther et Wesley entraîne logiquement l'affirmation selon laquelle nos pères de 1888 rejetèrent la position historique protestante. Un tel rejet serait aussi désastreux que le rejet de Luther par Rome ou celui de Wesley par l'église anglicane. Ce serait l'équivalent d'une chute spirituelle aussi terrible que celle de Babylone.
Mais cela ne pouvant pas être car cela détruirait l'Église, nos auteurs sont contraints d'affirmer que nous avons accepté le message de 1888 et qu'il s'en est suivi un grand réveil.
2. En outre, s'il est vrai que le message de 1888 était la même doctrine que celle des Réformateurs, cela signifierait que Luther, Wesley, et beaucoup d'autres serviteurs de Dieu, du 16e au 19e siècle auraient prêché le message du troisième ange, en vérité. Aussi les Adventistes du Septième Jour ne pourraient-ils pas logiquement voir leur identité dans le message des trois anges d'Apocalypse 14.
Il y a des années, Louis R. Conradi, notre leader en Europe, suivit cette conception des choses officielle jusqu'à sa conclusion logique et maintint que Luther avait prêché le message du troisième ange au 16e siècle. En son temps, Conradi quitta l'église. Il avait été aussi un opposant au message de la Conférence de 1888.
Et aujourd'hui, nous perdons des pasteurs, des membres d'église et des jeunes pour la même raison fondamentale: ils ne voient rien d'unique ni d'attirant dans notre message évangélique parce que ces points de vue, pourtant officiellement soutenus impliquent qu'il n'y a précisément rien d'unique là-dedans. Donc autant chercher la même chose ailleurs.
Est-ce que nos historiens de confiance auraient, à leur insu, court-circuité notre « Mouvement de Destinée »? S'il en est ainsi, un grand dommage nous a été causé car les idées publiées avec autorité ont toujours un grand impact sur l'Église mondiale.

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