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LIVRE DE BORD




11. MEXIQUE et EQUATEUR


Semaine du mardi 16 au lundi 22 octobre 2001 (au Mexique...)


Mardi, 5 heures du matin, c'est le départ pour un voyage d'un mois au Mexique et de 5 semaines en Equateur. Surprise: le métro est en grève, ils travaillent trop! C'est ca, le service public... Du coup, je prends un taxi pour la gare, puis le bus pour l'aéroport. Vol à 8 heures pour Madrid (avec une heure de retard, à cause du brouillard) et à 13H30 pour Mexico (encore une heure de retard...). Arrivée à destination à 17H10 (7 heures de décalage, donc 00H10 heure française, presque 11 heures de vol).

C'est mon second voyage au Mexique: j'avais visité le Yucatan en février 2000. Cette fois-ci, ce sera le tour de toute la partie centre et ouest du pays ainsi que le Chiapas. Quant à l'Equateur, je m'y rendrai pour la quatrième fois, cette fois-ci pour une grande virée à l'intérieur de ce petit pays sympathique et pour y revoir de nombreux amis.


Petite présentation géographique du Mexique (avec des extraits du Guide du Routard):

Le Mexique est un grand pays, presque 4 fois la France (et quatorzième plus grand pays du monde), qui possède 3200 kilomètres de frontière avec les Etats-Unis et beaucoup moins avec le Guatemala et le Belize. Comme les Etats-Unis, le Mexique est une fédération: 31 états la composent. Deux énormes chaînes de montagnes traversent le pays du nord au sud: la Sierra Madre occidentale côté pacifique et la Sierra Madre orientale côté Atlantique. Entre ces deux épines dorsales s'étend l'Altiplano, dont les altitudes varient entre 1000 et 3000 mètres et qui abrite les deux plus grandes villes du pays: Mexico et Guadalajara. La moitié du Mexique est à plus de 1500 mètres d'altitude! On peut donc passer en une journée du très froid au très chaud…

Montagnes donc, volcans très hauts (Pico de Orizaba à 5700 mètres!), mais aussi plages, forêts tropicales ou étendues désertiques: la gamme de paysages est vraiment variée…


Petite présentation historique du Mexique (avec des extraits du Guide du Routard):

Le Mexique, comme le continent américain en général aurait été peuplé par des tribus venues de Mongolie, qui traversèrent le détroit de Béring il y a environ 40000 ans et migrèrent vers le Mexique entre 25000 et 16000 ans avant J.C. Après plusieurs civilisations déjà assez avancées vit le jour, vers le quatrième siècle, la civilisation maya, qui connut son apogée au neuvième siècle. Y succéda, dès le treizième siècle, la civilisation aztèque. Les Aztèques étaient des barbares sanguinaires, mais aussi des hommes cultivés.

C'est en 1519 que les Espagnols débarquèrent: la prophétie toltèque se réalisait. Les Indiens furent fortement impressionnés par les 11 navires, les 16 chevaux (inconnus là-bas) et l'artillerie de Cortés et, dans les premiers temps, résistèrent peu à l'invasion. Avec ses 600 hommes, Cortés fonda la ville de Veracruz. Puis différents combats s'ensuivirent. Le Mexique devint une vice-royauté de la Nouvelle-Espagne en 1535. Les Indiens furent alors exploités, pratiquement réduits à l'esclavage, sinon décimés, et ce jusqu'au dix-neuvième siècle. Puis des Noirs, dont on estimait le rendement à celui de quatre Indiens, furent importés d'Afrique. Puis ce fut, comme dans toutes les colonies, le pillage des richesses du sol: or, argent, pierres précieuses…

Le 16 septembre 1810, célébré depuis comme jour anniversaire de l'indépendance, fut malheureusement surtout le départ d'une révolution avortée, suivie d'un chaos inextricable. Entre 1821 et 1876 (date de l'arrivée au pouvoir du dictateur Porfirio Diaz), il y eut deux régences, deux empereurs, plusieurs dictateurs et suffisamment de présidents pour que le Mexique ne connaisse pas moins de 74 gouvernements! De 1876 à 1911, Porfirio Diaz donna au pays une stabilité politique, mais fit de très nombreux mécontents, dont les fameux Pancho Villa et Emilio Zapata. Ce n'est qu'en 1920, après l'assassinat d'Emilio Zapata et de Venustiano Carranza, que la guerre civile prit fin. Trois ans plus tard, Pancho Villa fut également assassiné. Puis ce fut, jusqu'en 1994, une démocratie à… partie unique!!!


Et aujourd'hui?

Aujourd'hui, la population du Mexique avoisine les 100 millions d'habitants (50 au km²), se plaçant onzième au niveau mondial. L'espérance de vie est de 72 ans, c'est bien, mais le produit national brut par habitant n'est que de 1840 FF par mois (9° d'Amérique, 51° du monde).

Mais au Mexique, les indigènes sont toujours refoulés, exploités par les Blancs, ce qui explique entre autre les mouvements de guérillas menés par des hommes comme le sous-commandant Marcos, au Chiapas notamment.


Bon, je reviens à mon voyage...

De l'aéroport, un taxi coccinelle vert m'emmène jusqu'à mon hôtel, dans le centre historique de Mexico: ma chambre est propre et tout à fait convenable. Et à 20 heures, heure locale, je me couche, fatigué...

Mercredi, je me réveille de bonne heure après un sommeil fort agité: insomnies dues au décalage horaire. Le temps est gris, ce qui est normal à Mexico: ici, même s'il fait beau, le ciel est toujours gris à cause de la pollution.

C'est aujourd'hui que je commence mon régime Herbalife: j'ai plus de 15 kilos à perdre, ce sera dur, surtout à cause de la tentation: au Mexique, il y a des stands de bouffe et des petits restaurants partout, et cela sent bon!

Dès 7 heures, je suis dans les rues du centre historique et commence ma visite...


Mexico est la plus grande agglomération du monde: 60 kilomètres sur 40 et 25 millions d'habitants! Elle possède aussi la plus grande avenue du monde, longue de 60 kilomètres. Et la ville continue de s'agrandir continuellement: 8000 personnes viennent s'y installer chaque jour! Tout autour de l'aéroport s'étend d'ailleurs un immense bidonville.

Construite à 2300 mètres d'altitude sur des lacs asséchés, elle est vieille de 677 ans. En plus du terrain instable, elle est victime de secousses sismiques très fréquentes. Par exemple, le 19 septembre 1985, un tremblement de terre d'une amplitude de 8,2 sur l'échelle de Richter a fait plus de 8000 morts et détruit des centaines d'immeubles. Plus récemment, le 7 octobre 2001 (la semaine dernière), un autre tremblement de terre (6,1 sur l'échelle de Richter) n'a fait ni morts, ni dégâts, tant mieux.

Au fait, savez-vous comment s'appellent les habitants de Mexico? Les Chilangos...


Mais revenons à ma visite... C'est tout d'abord la saleté dans les rues qui me surprend, et puis tous ces immeubles et monuments gris. Beaucoup sont penchés, certains carrés de maisons se sont même enfoncés d'un ou deux mètres, à cause de la fragilité du terrain et des séismes, c'est incroyable! J'ai même peur de rentrer dans l'église de la Santissima, vraiment tordue: comment tient-elle encore? Des clochards dorment sous des sacs en plastique, des dizaines de gens cuisinent dans la rue près des petits restaurants populaires. Il y a de la vie!

Je parcours donc tout le centre historique jusqu'à l´heure du déjeuner, puis visite l'après-midi le musée national d'anthropologie, qui est bien fait et donne une bonne idée des différents cultures du pays. Pour y aller et en revenir, j'emprunte le métro, gigantesque, le troisième du monde par la taille et construit par les Français et les Canadiens. Outre les couloirs trop longs dans lesquels je me suis souvent perdu, il a deux particularités: le trajet ne coûte que 1,30 F et, pour une question de sécurité, il y a des wagons spéciaux pour les femmes qui le désirent.

De retour à l'hôtel à 18 heures, j'y attends la livraison de la voiture que j'ai louée depuis Marseille chez Hertz par Nouvelles Frontières. Elle arrive: une catastrophe! C'est une vieille Volskwagen Coccinelle de plus de 100000 kilomètres, il n'y a presque pas de place pour les bagages et, en plus, ces derniers sont à la vue de tous: quand on sait les vols et la délinquance très importante qu'il y a au Mexique, il est impossible de voyager avec des bagages visibles de l'extérieur de la voiture. Je la refuse donc, et me voilà parti à l'aéroport avec le livreur pour régler ce litige. Nous y arrivons après une bonne heure d'embouteillage et je vois le directeur d'Hertz: premièrement, ils n'a que des coccinelles en catégorie A, deuxièmement ils ne tiennent plus de catégories B, C ou D et la E coûte beaucoup plus cher: Mais je ne peux faire autrement et je dois payer, après une heure de discussion, presque 3000 francs de plus pour le mois, alors que j'avais déjà payé plus de 8000 francs à Marseille! Presque 400 francs par jour, alors qu'aux Etats-Unis c'est moitié prix! Et ne croyez pas qu'à ce prix-là j'ai une bonne voiture. Non! C'est une Nissan Tsara, qui ne mérite pas plus que d'être dans une catégorie A ou B: elle a plus de 82000 kilomètres et je m'apercevrai plus tard que mon siège est très inconfortable, que les amortisseurs n'ont jamais dû être changés, que les essuie-glace n'essuient pas bien du tout et que le poste de radio ne garde aucun réglage en mémoire, c'est pratique! Elle n'a pas de lève-vitre électrique, mais elle a l'air con(ditionné), ce dont je ne me sers jamais. Je me suis vraiment fait avoir sur toute la ligne, mais je suis obligé d'accepter. Soyez sûr que Nouvelles Frontières et Hertz vont m'entendre à mon retour...

Je suis complètement crevé par cette journée, il est 21 heures, il fait nuit noire et je dois donc maintenant retrouver mon hôtel; heureusement, le livreur prend une autre voiture et me précède dans les embouteillages pour me guider.

K.O., c'est bien le mot pour clore cette journée: entre la fatigue due au décalage horaire, à l'altitude, à ma longue marche et les déboires de ma voiture, je suis vraiment K.O. à la fin de cette première journée à Mexico…


Jeudi, après une nuit un peu meilleure que la précédente, je quitte l'hôtel à 6H30. Pour vous situer: en ce moment, à Mexico, la nuit tombe vers 18 heures et le jour se lève vers 6 heures (journées courtes, donc...). Pas trop de circulation dans la ville à cette heure-ci. Il fait beau et je me rends tout d'abord à Cholula, où se trouve la plus grande pyramide du pays: mais on ne la voit pas, elle est recouverte d'une colline d'où la vue sur Cholula et ses nombreuses églises est très jolie. Je poursuis ma route jusqu'à Puebla, une ville de 1,5 millions d'habitants dont le centre historique est bien conservé et plaisant. Visite de deux heures et déjeuner (mon régime m'autorise un repas normal par jour et, par facilité, j'ai choisi le déjeuner).
L'après-midi, de mauvaises routes, étroites et embouteillées, m'emmènent jusqu'à Jalapa. De nombreux camions sont mal (pas du tout?) réglés et des nuages de fumées s'engouffrent dans ma voiture. Le pire est qu'il y a partout des dos d'ânes et des ralentisseurs, souvent non signalés, et mon dos (d'âne?) en prend un coup. Avant l'arrivée à Jalapa, les paysages sont jolis et je retrouve le moral. Dans le centre, je n'arrive pas à me garer pour aller à l'hôtel que j'avais choisi; au bout d'une demi-heure je trouve un parking qui me demande 70 francs pour la nuit et je préfère m'éloigner un peu. Je m'arrête finalement dans une "posada" et prends, pour 50 francs, une grande chambre un peu humide. Puis je vais me connecter une heure sur Internet. Je rentre à l'hôtel vraiment crevé: j'ai roulé 370 kilomètres aujourd'hui et, surtout, mon dos me fait mal.


Vendredi. Que j'ai mal dormi cette nuit! Bruit du bar juste à côté jusqu'à trois heures du matin, bruit de la rue aussi, froid (ma couverture trop mince ne suffisant pas) et mal de dos. Ca ne s'arrange pas...

Je pars à 7 heures, il fait très beau et je traverse de splendides paysages. J'arrive deux heures plus tard à Veracruz, là où Cortés débarqua en 1519, dans le Golfe du Mexique (mer des Caraïbes): c'est aujourd'hui une ville de 1,3 millions d'habitants et le premier port du Mexique. Grandes avenues, circulation fluide et aucun problème pour se garer: bon Dieu, que c'est agréable! Il fait très chaud. Malheureusement, le musée que je désirais visiter est fermé pour la journée. Je me balade un peu dans le centre, puis repars en direction de Villahermosa que j'espère atteindre avant la nuit. En vain... Le temps se couvre un peu, dommage. La route est bonne et assez dégagée, sauf aux environs de Acayupan, où se trouvent de nombreux ralentisseurs. Finalement le crépuscule tombe bien avant Villahermosa, et je dois rouler encore presque deux heures et 100 kilomètres avant de trouver un hôtel. C'est la galère, moi qui n'aime pas rouler de nuit; en plus, ici, c'est hyper-dangereux et je me fais peur plusieurs fois (une expérience à ne pas renouveler)...

L'hôtel, à Heroica Cardenas, n'est pas génial, loin de là: petite chambre délabrée et pas très clean (cafards et araignées...), sans fenêtre, pour 80 francs. Le seul avantage et que l'hôtel est bien situé, sur le Zocalo (la place centrale), et possède un parking. Et puis je suis tellement crevé que je n'ai pas le courage de chercher autre chose. L'air de rien, j'ai parcouru 616 kilomètres aujourd'hui et mon dos me fait terriblement souffrir malgré les médicaments. Je me promène un petit quart d'heure sur la place avant de me coucher.


Mille milliards de mille sabords: le couple de la chambre d'à côté fait un raffut de tous les diables et me réveillent ce samedi à 5 heures du matin! Vraiment, je trouve que ce voyage mexicain commence mal: je suis fatigué depuis le premier jour et je n'arrive pas à récupérer...

Du coup, je me lève et pars dès 6H30, direction Villahermosa, à une cinquantaine de kilomètres. C'est une ville de 300000 habitants, où je visite dès l'ouverture le parc archéologique de La Venta, au cœur d'une végétation exubérante: y sont exposées les célèbres têtes olmèques, dont certaines pèsent 30 tonnes et d'autres monuments de l'époque (entre 1000 et 300 avant J.C.). Malheureusement, beaucoup sont en mauvais état.

Je continue ensuite ma route jusqu'à Palenque, dans le Chiapas, où j'arrive pour déjeuner. Après un poulet/tortillas, je vais visiter le fameux site maya, dont plusieurs temples ont été reconstitués: c'est impressionnant et superbe, car entouré d'une végétation luxuriante.

Deux heures plus tard, me voici reparti. Avec mes médicaments, je souffre déjà moins du dos; et puis la route est assez bonne aujourd'hui. Après avoir parcouru des routes de montagne, offrant de jolies vues sur des paysages sauvages et traversant de petits villages indiens où les femmes portent des vêtements très colorés et vont pieds nus, j'arrive à la nuit à Ocosingo, après 332 kilomètres de route. Ocosingo étant un petit point sur ma carte, je pensais trouver un petit village: mais Ocosingo compte plus de 20000 habitants! Je trouve facilement un petit hôtel pas trop cher. Il pleut un peu et j'en profite pour me connecter deux heures sur Internet.


Dimanche, je me lève bien reposé après une très bonne nuit; j'ai retrouvé ma forme et quitte l'hôtel à 6h30. Le ciel est couvert et, comme hier, je parcours des petites routes de montagnes, traversant des forêts et des villages indiens. Je croise aussi plusieurs fois des cavaliers, avec leur sombrero sur la tête. J'arrive à Chinkultic où des ruines mayas, en hauteur, surplombent un vaste et bel horizon. Puis, l'après-midi, je vais me promener dans les lagunes de Montebello, près de la frontière du Guatemala: de nombreux lacs à 1500 mètres d'altitude, chacun ayant une couleur différente. Le soleil brillant par intermittence, c'est très beau! Malheureusement, je crève; enfin pas moi, la voiture... Je répare et repars.
Du coup, c'est à la nuit, après 280 kilomètres, que j'arrive à Comitan, une ville de 100000 habitants. J'y trouve une chambre toute simple, à 40 francs, près du Zocalo, où je vais me promener en soirée. Le Zocalo, je l'ai déjà dit, est le nom de la place principale de toutes les villes mexicaines; on y trouve en général la cathédrale, des édifices publics, des hôtels et restaurants et un jardin arboré.

Pourquoi ce nom de Zocalo? Cela veut dire "socle", et cela vient du fait que la place principale de Mexico est restée très longtemps avec un socle au milieu, attendant une statue qui n'est jamais venue...

Tous les soirs, et encore plus en fin de semaine, le Zocalo est le lieu de rencontre et de vie de tous les citadins. C'est un endroit agréable et il est amusant de les regarder faire, car ils tournent en rond sur la place, tous dans le même sens, par petits groupes qui discutent. Bon, certains s'assoient quand même de temps en temps...


Lundi, je repars toujours de bonne heure, après une nouvelle nuit bien reposante. Je suis en forme, et peut-être ai-je déjà perdu deux ou trois kilos grâce à mon régime que je fais très sérieusement, malgré les tentations de tous les instants. Courage, mon gars...

Encore une route traversant de petits villages, arrêt pour faire réparer mon pneu (coût: 8 francs, une fortune!), je prends mon temps, profite de tout, le Chiapas est si agréable, et j'arrive à San Cristóbal de las Casas vers midi. Cette ville, à 2200 mètres d'altitude, a été créée en 1528 et compte 300000 habitants. Elle est très touristique, avec des hôtels, des restaurants et des boutiques de partout, beaucoup de touristes aussi, mais reste néanmoins très agréable: des maisons colorées, quelques vieilles églises, de petits marchés artisanaux et beaucoup d'indiennes, dans leurs beaux vêtements traditionnels, qui vendent à la sauvette.

Je déjeune à midi au restaurant d'Eduardo (un ami sympathique de mon amie Véronique et, comme vous le savez, les amis de mes amis…), qui me donne des conseils pour visiter les environs. Puis, après avoir déposé mes affaires à l'hôtel, je pars en voiture, puis à pied, à la découverte de la ville. Je me rends aussi dans une coopérative artisanale, aidée justement par une association créée par Véronique.
127 kilomètres parcourus dans la journée. Soirée Internet et balade sur le Zocalo. Ainsi se termine ma première semaine de voyage, avec 1740 kilomètres parcourus...

Semaine du mardi 23 au lundi 29 octobre 2001 (au Mexique, suite...)


Le Chiapas est considéré comme une des régions les plus pauvres du monde: en 1994, les Nations Unies avaient classé dans la catégorie "extrêmement pauvre" 94 des 110 communes du Chiapas, c'est vous dire! Certains Indiens se révoltèrent et ainsi naquit l'insurrection zapatiste, sous les ordres du sous-commandant Marcos. A l'inverse, des groupes de para-militaires commirent des massacres dans des villages indiens en 1997 et 1998. Aujourd'hui, des accords ont été signés et le calme semble revenu. Mais pour combien de temps?

Et le Chiapas est vraiment une belle région!


Mardi de bonne heure, je vais faire un tour au marché de San Cristobal, très vivant: on y trouve de tout. Puis je me rends à Tenejapa en traversant de superbes paysages. Il fait très beau et déjà chaud à 10 heures du matin. Je continue jusqu'à San Juan Chamula, un village indien assez particulier. En effet, l'église catholique est un lieu de pèlerinage très spécial: par terre, de la paille et des milliers de bougies allumées au milieu des gens qui boivent, qui prient ou jouent de la musique. En fait, les Indiens Tzotziles ont mélangé leurs traditions et le culte catholique, c'est très curieux et superbe. Devant l'église se tient un petit marché où j'arrive à prendre discrètement quelques photos; en effet, les Indiens se laissent difficilement photographier: certains touristes se sont déjà fait confisquer leur appareil photo ou se sont retrouvés en prison pour cela, paraît-il...

Je passe par Zinicatan, me fourvoie en voulant prendre un raccourci qui s'avère un cul de sac et continue jusqu'à Tuxtla Gutierrez. En route, je traverse une petite ville en fête, où pratiquement tous les gens portent de beaux costumes colorés: ils attendent le gouverneur de l'état et il y a foule. Visiblement les enfants ne sont pas allés à l'école pour cet évènement...
A Tuxtla, je crève encore: même roue, même trou, la réparation si chère d'hier n'a pas tenu et j'en suis cette fois-ci pour 16 francs de ma poche! En espérant que cela tienne...

Au nord de Tuxtla, la route qui surplombe le Canyon de Sumidero offre des points de vue époustouflants: le Rio Chapa se trouve à plus de 1000 mètres en-dessous!

Comme il n'est que 16 heures, je décide de continuer ma route jusqu'à la nuit. C'est ainsi que je m'arrête pour dormir dans un hôtel sans confort à San Pedro Tapanatepec, après 403 kilomètres parcourus. Il fait très chaud, mais ma chambre est pourvue d'un ventilateur bien utile qui éloigne, de plus, les moustiques voraces.


Mercredi, je suis surpris car il n'y a pratiquement pas de circulation sur la route principale qui rejoint Oaxaca. Il fait encore beau et (trop) chaud. Je quitte le Chiapas et, au bout de 250 kilomètres, apparaissent les premiers cactus candélabres, puis les champs de maguey, une plante grasse cultivée pour en faire la boisson alcoolique locale: le mezcal.

Je déjeune sobrement, puis m'arrête à Mitla, un village indien où subsistent quelques ruines datant d'un millier d'année: un peu décevant. Par contre, l'église est belle et le petit marché touristique sympathique. Je goutte trois sortes de mezcal (entorse à mon régime) et achète une bouteille que je réserve à mes amis équatoriens. Je traverse un autre village indien, Tlacochahuaya, et arrive enfin, après 405 kilomètres, à Oaxaca (prononcer oaraca), ville de 300000 habitants à 1500 mètres d'altitude. Je m'arrête pour me faire tondre chez une coiffeuse (16 francs), puis m'embourbe dans les embouteillages. La nuit est tombée, les noms des rues sont illisibles, la circulation est délirante et il n'y a pas de place pour garer: bref, la galére! Je trouve finalement une auberge de jeunesse, bien chère pour ce que c'est: j'ai l'impression de vivre une expérience dans un bidonville, ici tout est fait de bric et de broc. Visiblement, Oaxaca est une ville très chère...
Pour me dégourdir les jambes, je vais faire un tour au marché central, où je cherche un étal vendant les fameuses sauterelles grillées, mais je n'en trouve pas, puis vais à deux "cuadras" (pâté de maisons) de là jusqu'au Zocalo, centre piétonnier, très vivant, où j'assiste notamment à un concert de marimbas.

De retour à l'auberge de jeunesse, je pianote une heure sur l'ordinateur avant d'aller me coucher.


Finalement, je n'ai pas trop mal dormi et me lève reposé ce jeudi. Il fait beau et, dès 6H30, je pars me balader à pied durant deux heures dans le centre historique d'Oaxaca. La ville est calme ce matin, j'admire de très belles églises et bâtisses colorées, et assiste même par hasard à une parade policière. Puis je récupère ma voiture et monte au Mont Alban, une cité religieuse construite à 2000 mètres d'altitude par les Zapotèques entre 500 avant JC et 800 après JC: l'ensemble des pyramides et des tombes est assez impressionnant, je dois le reconnaître, et c'est beau.
Je rejoins ensuite Cuilapan, où se trouvent les ruines bien conservées d'un superbe monastère fort imposant. Après la visite, je poursuis en direction de Puerto Angel, par une route de plateau, qui se transforme rapidement en route de montagne: elle est bien dégagée, mais qu'est-ce que ça vire et ça tourne!!!

Lorsque la nuit tombe, je m'arrête dans un tout petit hôtel bon marché à San Martin, au bout de 255 kilomètres. J'ai encore croisé aujourd'hui de nombreux barrages militaires: visiblement il y en a partout au Mexique, on se croirait quelquefois en état de guerre. J'ai aussi des problèmes avec ma voiture, dommage: non seulement elle est trop basse et touche même quelquefois lors du passage des dos d'ânes infernaux, mais, en plus, la radio marche très mal et un haut-parleur a lâché...


Je pars à l'aube ce vendredi matin, et la route n'est pas bien longue, bien que très sinueuse: j'arrive en effet à Puerto Angel au bout d'une cinquantaine de kilomètres seulement. C'est une petite ville de 10000 habitants, dont beaucoup de pêcheurs, qui surplombe l'Océan Pacifique, tout au sud du Mexique. Soleil, plages de sable et petites criques: de quoi passer de bonnes vacances...

En fait, je vais m'installer à Zipolite, quatre kilomètres plus loin, où je trouve à louer sur la plage une petite cabane à la hauteur d'un premier étage: tout ce qu'il y a de plus sommaire, mais la vue est superbe, je suis les pieds dans l'eau, et la famille d'Indiens qui m'héberge est sympa. A midi, je me nourris d'une omelette dans un petit restaurant à 200 mètres de là. L'après-midi, en voiture, je pars à la découverte des plages et des villages environnants, comme San Agustinillo ou Mazunte. L'environnement est magnifique, mais qu'est-ce qu'il fait chaud! Heureusement que je peux me rafraîchir en me baignant en face de ma chambre: la mer est au moins à 25 degrés et de vagues fouettent sans cesse le rivage.
Dommage qu'il y ait autant de moustiques le soir, sinon ce serait presque le paradis! Et quel coucher de soleil!
Bercé par le bruit des vagues, j'ai passé une bonne nuit (j'avais quand même mis mes boules Quiés). Ce samedi, c'est encore une belle journée qui s'annonce. En fait, je ne bouge pas et ne fais pas grand chose: je lis (commencé la série des "Napoléon" de Max Gallo, intéressant, mais j'en ai pour un moment...), je joue au Game Boy, je jouis de la vue et me baigne un peu. Je marche aussi sur la plage et regarde les enfants pêchant à l'épervier: ils attrapent à chaque lancer de filet des centaines de petits poissons qui leurs serviront d'appâts plus tard, car ils ne sont malheureusement pas bons pour la friture. D'ailleurs, en fin d'après-midi, je pars à la pêche avec mes logeurs: nous allons sur les rochers et sortons de l'eau sept poissons rouges (genre rouget) ou noirs d'une bonne trentaine de centimètres (mais moi, je n'arrive pas à en attraper un seul, piètre pêcheur...).

Après cette dure journée, seconde nuit dans ma cabane de Robinson sur la plage de Zipolite.


Dimanche, le beau temps est toujours au rendez-vous, pas un seul nuage ne pointe à l'horizon. Encore une journée de farniente, avec le même programme qu´hier, sans la pêche... Epuisant! En plus, j'attrape de petits coups de soleil: à chaque jour sa dose de souffrance...


Lundi, il est temps de continuer mon périple; il fait toujours très beau et chaud et je m'en vais dès 7 heures. Et, aujourd'hui, je profite pour une fois de la clim dans la voiture, ça fait du bien. Je visite la côte et me débrouille pour m'ensabler à l'entrée d'une plage: une personne m'aide et, avec le cric et des bouts de bois, je peux repartir...

Ma radio ne marche plus du tout, quelle poisse! 300 kilomètres de route en direction d'Acapulco, que j'atteindrai demain matin si tout va bien. Je m'arrête dormir à Cuajinicuila (comme cela se prononce...), une petite ville où la population noire me paraît importante. C'est ici que je vois d'ailleurs les premiers Noirs depuis le début de mon voyage; en effet la plupart des Mexicains que j'ai rencontrés sont métis, avec des traits beaucoup plus indiens que blancs.

Je trouve à me loger dans un petit hôtel du centre, pas génial mais pas trop cher et bien situé.
Et voilà, ma seconde semaine se termine. Au compteur: 3180 kilomètres, dont 1440 les sept derniers jours.

Semaine du mardi 30 octobre au lundi 5 novembre 2001 (au Mexique, troisième semaine...)


Mardi, beau temps toujours et, tôt le matin, je quitte Cuajinicuila. L'hôtel s'est révélé assez bruyant, surtout à cause des climatiseurs des autres chambres; moi, je n'y avais pas droit... Sur la route, je croise beaucoup d'élèves portant des bouquets de fleurs, des seaux et autres ustensiles: c'est la fête des morts du 2 novembre qui se prépare et ils vont nettoyer et fleurir les tombes. En effet, au Mexique, cette fête est la plus importante de l'année, avec Noël.

Nombreux cavaliers aussi, souvent habillés de blanc et portant leur chapeau de cow-boy. Des cocotiers à perte de vue bordent la route et des vaches broutent au milieu. Un barrage militaire ralentit encore la circulation, heureusement fluide par ailleurs, et me fait perdre un bon quart d'heure (petite fouille...). Vers 11 heures, et 200 kilomètres plus loin, j'arrive à Puerto Marqués, une station balnéaire où les restaurants, à la queue leu leu, bordent toute la longue plage. Puis la route remonte et surplombe la célèbre baie d'Acapulco. Acapulco, 1 million et demi d'habitants, est bâtie sur des collines. De la Capilla de la Paz, entourée par des propriétés luxueuses, la vue est vraiment magnifique: des dizaines et dizaines d'hôtels, certains très hauts, bordent la plage et forment un mur, on se croirait sur la Costa Brava... Ici, la misère côtoie la richesse; nombreux sont les Nord-américains qui viennent passer leurs vacances ici.

A midi, je me rends au quartier de la Quebrada, là où travaillent les "plongeurs de la mort". Et ils sont cinq à plonger, de 35 mètres de haut dit-on (à mon avis, il n'y en a pas plus de 25, mais c'est déjà pas mal...). Puis je vais déjeuner au Mc Do, pour changer un peu de la nourriture mexicaine.

Plus tard, je vais chez Hertz pour la radio, mais ils ne peuvent soi-disant rien faire. Ils me promettent seulement un rabais sur ma facture à mon retour à Mexico.

Puis je parcours un peu la ville, embouteillée, fais quelques courses et me connecte sur Internet (une heure l'après-midi, une heure le soir...).

A 17 heures, je pars pour Pie de la Cuesta, une petite ville à une dizaine de kilomètres à l'ouest d'Acapulco, où je trouve à me loger dans un hôtel qui me semble laissé à l'abandon. Là-bas, j'assiste au coucher de soleil, rouge et magique.


Mercredi, départ à 8H30 pour La Barra de Cocuya, une plage qui s'avère être un cul de sac, contrairement à ce qui était indiqué sur ma carte. Du coup, retour en arrière, 30 kilomètres pour rien!

Il fait toujours beau et très chaud, et je roule encore 340 kilomètres, en direction de Lazaro Cardenas. Mais je m'arrête un peu avant, à Petacalco, pour passer la nuit dans un petit hôtel pas loin de la plage.


Jeudi 1 novembre, la Toussaint. De bonne heure, je vais sur la plage voir les pêcheurs rentrer, les barques chargées de poissons. Puis je continue ma route vers le nord, toujours en longeant de belles plages ensoleillées et en traversant une végétation luxuriante. A midi, un petit restaurant sur une plage déserte me sert un bon poisson, cuit et assaisonné à point.
La route, ensuite, longe encore la côte, mais s'enfonce de temps en temps en zigzaguant dans la montagne, la Sierra Madre del Sur qui surplombe la mer. Je ne rencontre aucune station d'essence sur plus de 200 kilomètres et finis par tomber en panne sèche, bien que le voyant du tableau de bord ne se soit pas allumé (encore merci Hertz...). Je fais du stop, trouve 4 litres d'essence dans un village proche et peux repartir. J'arrive à San Juan vers 18 heures, après avoir parcouru 276 kilomètres dans la journée, et y trouve un hôtel avec balcon sur la plage.

J'ai un gros coup de barre et me couche tôt.


Vendredi, jour des morts, je me lève avec un gros mal de dos, mais bien vivant. Le soleil est toujours au rendez-vous et je roule durant 300 kilomètres, m'arrêtant dans trois ou quatre villages au bord de plages. Après le déjeuner, 150 kilomètres supplémentaires me conduisent à Puerto Vallarta, une ville balnéaire très touristique: hôtels les uns contre les autres, restaurants à gogo, boutiques de souvenirs en tous genres, etc... Il faut dire que c'est John Houston, avec son film "La nuit de l'iguane" qui a fait connaître ce qui n'était alors qu'un village. Aujourd'hui, cette grande ville est envahie de Nord-américains et Canadiens, qui représentent d'ailleurs 20% de la population active; c'est vous dire si c'est gringo, bref le genre d'endroit que je n'aime pas trop et que je fuis... J'avais prévu de dormir là, mais préfère continuer vers le nord sur une centaine de kilomètres, surtout qu'il n'est que 16 heures.

En cours de route, je retarde ma montre d'une heure, changement de fuseau horaire oblige. Je croise beaucoup de cimetières énormément fleuri et plein de gens, bien sûr. Au Mexique, les routes sont aussi bordées de multitudes de petites croix aux endroits où se tuèrent des automobilistes; elles sont toutes fleuries aujourd'hui. Entre parenthèse, je trouve très bien que l'on puisse planter des croix ainsi: cela incite ceux qui conduisent à un peu plus de prudence.

Je m'arrête finalement à San Juanito, un village tranquille, le long d'une plage (544 kilomètres parcourus dans la journée).

Je me promène en soirée sur la place principale, très vivante: glaciers et restaurants côtoient toutes sortes de boutiques. Des étals vendent toutes sortes de nourriture: fritures, viandes, chichifrégis. Difficile de résister, mais je suis toujours au régime: je m'offre quand même un grand jus d'ananas. En tout cas, ici, cette ambiance familiale de vacances est vraiment sympathique.

Samedi, je reprends la route vers 10 heures, sous le soleil: elle traverse des milliers de bananiers, longe des plages plus ou moins sauvages et m'offre quelques arrêts photo. Je déjeune à San Blas, coin touristique réputé pour ses lagunes permettant l'observation des oiseaux: mon repas le plus cher et le plus mauvais depuis que je suis au Mexique, dégueulasse tellement c'est épicé.

Après quoi, je sillonne de petites routes agréables, au milieu de canaux et d'oiseaux, et arrive vers 16H30, après 193 kilomètres depuis le matin, à l'embarcadère pour Mexcaltitan. Cet endroit n'est pas signalé sur le Guide du Routard, mais j'avais vu à la télé un reportage le concernant: Cette île ronde, au milieu d'une lagune envahie de plantes vertes ressemblant à des nénuphars, est assez particulière: peuplée de 1800 habitants, surtout des pêcheurs, elle comporte un Zocalo en son milieu, duquel partent des rues en damiers toutes croisées par une rue circulaire. Elle n'est pas bien grande, peut-être 800 mètres de diamètre.

Je laisse ma voiture sur un petit parking gardé et y arrive donc en bateau-taxi à la tombée de la nuit: la traversée ne dure qu'un petit quart d'heure, mais il a fallu que j'attende le bateau. Un seul hôtel existe, qui m'accueille: là, je ne peux pas discuter le prix, qui est raisonnable de toute façon. Je passe ma soirée sur le Zocalo, où règne une ambiance formidable: des vendeuses de friandises fort sympathiques (les vendeuses ou les friandises? Les deux...), les gens qui tournent en rond , les enfants qui jouent, des ivrognes qui boivent et des musiciens qui jouent. Et puis le disco du samedi soir, qui durera tard dans la nuit mais ne m'empêchera pas de m'endormir. Je passe vraiment une très bonne soirée et ne regrette pas d'être venu, même pour si peu de temps...


Dimanche, je me lève de bonne heure avec les jambes molles: j'ai été malade toute la nuit, des problèmes intestinaux qui m'ont vidé, c'est le cas de le dire. Imodium, Ercefuryl, je me drogue et bois surtout beaucoup d'eau mélangée avec des sels de réhydratation que j'ai toujours dans ma pharmacie.

Cela ne m'empêche pas d'aller faire le tour du village, vite fait: c'est très agréable sous le soleil et parmi le chant des oiseaux. A 8 heures, je réembarque sur le bateau-taxi, où nous restons coincé un bon moment: en effet, les "nénuphars" ont envahi la lagune et bloqué le passage. Je retrouve ma voiture intacte et prends de petites routes, en m'arrêtant de temps en temps pour de petits besoins pressants. Je longe quelquefois l'autoroute, que je refuse d'emprunter: non seulement ils sont moins agréables que les routes secondaires mais, en plus, au Mexique, ils coûtent terriblement chers, environ 1 franc du kilomètre (hallucinant: imaginez qu'il faille payer 700 francs de Marseille à Paris, avec un salaire d'environ 1500 francs par mois!).

Des volcans longent la route et je traverse même à un endroit un champ de lave impressionnant. Au bout de 200 kilomètres, je déjeune dans un petit restaurant routier: pour 15 francs, c'est très bien. J'avance aussi ma montre d'une heure: roulant maintenant vers l'est, je suis repassé dans le fuseau horaire de Mexico.

Je traverse Tequila, la petite ville de 51000 habitants où se prépare la boisson favorite des Mexicains, du même nom. Mais toutes les fabriques sont fermées aujourd´hui, et je ne peux donc les visiter. J'arrive vers 17 heures, après 373 kilomètres, à Guadalajara, la seconde ville du pays avec ses 6 millions d'habitants, fondée en 1542. Je remets mes chaussures (cela faisait une quinzaine de jours que je voyageais pieds nus, ce que je trouvais fort agréable) et visite le quartier de Tiaquepaque, un petit village ayant gardé un cachet colonial. Puis je m'installe dans un hôtel du centre et ressors à la nuit me balader sur la place de Los Mariachis, juste à côté: c'est là, autour des restaurants et bars en plein air, que se produisent les petits orchestres de Mariachis (guitares, basses, trompettes et violons), typiques de la région. Ceci dit, je ne m'éternise pas: l'endroit pullule de petites putes, de voyous en tous genres, de drogués, d'ivrognes et d'enfants de la rue. Lieu de débauche s'il en est, et où je ne me sens ni à l'aise ni en sécurité...
Lundi, je me lève après une bonne et longue nuit, malgré le vacarme des sirènes des voitures de police. Les médicaments ont fait effet et je me sens beaucoup mieux. Dehors, il fait beau mais assez frais, nous sommes ici en altitude. Je vais visiter le centre historique: il est sale, comme partout au Mexique, mais, en plus, fort mal entretenu et je suis déçu. Je trouve, en flânant, un Café-Internet et y passe presque deux heures...

Puis c'est sans regret qu'à 11 heures je quitte Guadalajara, cette ville fort peu sympathique. Je suis surpris, car la circulation est fluide, au moins cette ville a un avantage. Puis, par une bonne route, j'arrive 35 minutes plus tard à la petite ville de Chapala, 50 kilomètres plus au sud. Le lac qui porte son nom est le plus grand du Mexique, environ 70 kilomètres sur 12, mais il rétrécit d'année en année et l'on prévoit qu'il sera à sec en 2007; une catastrophe écologique importante. Là-bas, je déjeune d'un excellent demi-poulet avec des pommes de terre pour 20 francs!

Puis je continue ma route, en direction d'Uruapan. A partir de 18 heures, je commence à chercher un hôtel, mais tout est cher. Je trouve finalement un motel à un prix raisonnable, mais j'apprends que ce n'est que pour 4 heures: en fait, les motels au Mexique sont des hôtels de passe... Moi qui ne fais que passer, j'ai tout de même besoin de plus de 4 heures de sommeil, en général 7 me conviennent. A la sixième tentative, je trouve finalement mon bonheur à Tangacicuaro de Arista, un petit hôtel à un prix raisonnable; mais il est 21 heures et j'ai galéré, moi qui n'aime pas rouler de nuit! Mon compteur journalier affiche 291 kilomètres.


Et se termine ainsi ma troisième semaine mexicaine, durant laquelle j'ai parcouru 2310 kilomètres (soit 5490 depuis le début de mon voyage).

Semaine du mardi 6 au lundi 12 novembre 2001 (au Mexique, quatrième semaine...)


Ce mardi, je quitte mon hôtel à 6H30. Tiens, j'aperçois quelques nuages à l'horizon! J'arrive 90 minutes plus tard à Angahuan, un village tarasque habité par des Indiens Purépechas, au pied du volcan Paricutin. En 1943, ce volcan est soudain sorti de terre, en plein milieu de champs de maïs: la récolte a été détruite, tous les villages alentours aussi! Car il mesure quand même 400 mètres de haut!

Je continue vers le petit lac bien tranquille de Zirahuen, puis vers la capitale du cuivre, Villa Escalante, connue aussi sous le nom de Santa Clara de Cobres. C'est une autre ville tarasque, dont les murs de toutes les maisons sont peints en rouge sur un mètre de hauteur, ce qui fait un bel ensemble bien homogène.

Vers 11 heures, et après 240 kilomètres, j'arrive à Patzcuaro, une très jolie petite ville de 80000 habitants au bord du lac du même nom, à 2100 mètres d'altitude. J'y trouve un hôtel charmant, avec une chambre donnant sur la rue, puis me balade dans les rues accueillantes et sympathiques. Je vois beaucoup de vieilles églises et bâtisses coloniales, le bas des murs des maisons est ici aussi peint en rouge, et la promenade est agréable. Puis je déjeune au marché, où se trouvent beaucoup d'Indiennes en costume traditionnel. Vraiment cette ville me plaît!

L'après-midi, je fais le tour du lac en voiture, environ 80 kilomètres. Mais ici aussi le lac a ses problèmes et s'assèche: la rive s'est déjà éloignée de plusieurs kilomètres des petits villages indiens qui l'entourent.

Puis je reviens à Patzcuaro, où je passe la soirée (et la nuit...).


Mercredi, après une nuit un peu bruyante, je quitte l'agréable Patzcuaro dans le froid du petit matin, mais toujours sous un ciel sans nuage. Au bout de 24 kilomètres, j'arrive au charmant petit village indien de Tupataro, où j'attends, en vain, l'ouverture de l'église prévue normalement à 9 heures. Finalement, je repars et entre dans Morelia vers 10 heures. Située à 2000 mètres d'altitude, Morelia, qui s'appelait Valladolid au seizième siècle, lorsqu'elle fut peuplée par une cinquantaine de familles issues de la noblesse espagnole, a aujourd'hui 900000 habitants. Mais la circulation y est fluide et je me gare facilement. Et, durant deux heures, je pars à pied à la découverte de son centre historique, qui abrite de beaux bâtiments de l'époque coloniale (avec patios, fontaines, galeries etc...) et de belles églises. J'y achète aussi une dizaine de CD, la plupart de musique mexicaine.

Comme dans beaucoup d'autres endroits où je suis passé récemment, partout, des affiches, collées ou peintes, des banderoles, des voitures équipées de haut-parleurs lancent des messages et annoncent des meetings, rappellent que dimanche prochain auront lieu de grandes élections: gouverneurs d'état, députés et maires, tout cela à la fois.
Je roule maintenant vers Cuitzeo: là, je visite un beau monastère augustinien du seizième siècle et déjeune sur le petit marché de deux quesadillas (poulet, viande ou autres ingrédients dans une croûte) et d'une salade de fruits.

Je roule de nouveau sur des routes étroites et encombrées, et m'arrête à Yuriria où s'élève un autre superbe monastère augustinien de la même époque (1560) à l'allure de forteresse, que je visite. Puis je me dirige vers Guanajuato, ville fondée en 1570 et reconnue par l'Unesco comme "patrimoine culturel de l'humanité", où j'arrive vers 17 heures. Cette ville est très particulière, avec ses innombrables maisons de toutes les couleurs bâties sur plusieurs collines. Une route panoramique, en hauteur, d'une bonne soixantaine de kilomètres, en fait tout le tour et, de là, la vue est époustouflante, magnifique. Je m'arrête à l'observatoire de Pipila, l'endroit idéal pour faire pipi là (bon, elle est facile...). La ville elle-même n'est parcourue que de quelques rues et de plusieurs tunnels qui s'entrelacent curieusement; en tout cas, il est difficile d'y circuler et de s'y garer en soirée. Je trouve finalement une place et pars à pied visiter le centre, alors que la nuit tombe. Ici, c'est très touristique et le prix des hôtels s'en ressent grandement: je ne trouve pas à me loger à un prix convenable. Mais le centre piétonnier est très agréable et un monde fou y circule; qu'est-ce que ça doit être en fin de semaine! Des ruelles étroites où les balcons se touchent presque, à l'italienne, de belles églises, de petits jardins publics, de nombreux restaurants, bars et boutiques, ici le touriste est roi (surtout le touriste nord-américain à la bourse bien remplie...). Après m'être promené durant deux heures, je quitte cette petite ville attachante et trouve à Valenciana, quelques kilomètres plus loin, quelle chance, un hôtel correct, pas trop cher et où le jeune patron m'accueille chaleureusement juste. 297 kilomètres au compteur... Et puis, bonne nouvelle, j'ai réussi ce soir à faire caca, pas beaucoup mais un peu quand même: j'étais en effet constipé, suite à mes prises de médicaments, depuis dimanche matin et je commençais à m'inquiéter! Un grand jour à noter sur vos agendas…


Jeudi. Que j'ai eu froid cette nuit, un vent glacial s'infiltrait par porte et fenêtres! Mais il fait toujours très beau. Je décide finalement de retourner à Guanajuato, prends la route panoramique sur quelques kilomètres, fais plusieurs photos, puis descends en ville: ce matin la circulation y est fluide et je n'ai aucun mal à me garer. Je parcours rues et ruelles durant une heure, puis visite le musée de la momie, où sont exposées une bonne centaine de momies très bien conservées. C'est tout de même assez macabre et, à la sortie, pour ceux qui n'ont pas l'appétit coupé, des vendeurs proposent des momies... en caramel! Non merci!

Je retourne à Valenciana, village doté d'une belle église baroque du dix-huitième qui domine Guanajuato. Puis je poursuis jusqu'à Dolores Hidalgo, à 54 kilomètres, par une route sans circulation et, là, me balade dans le centre et visite l'église principale, à la superbe façade churrigueresque (prenez un dico...). C'est dans cette église que, le 16 septembre 1810, le prêtre Miguel Hidalgo (à ne pas confondre avec Michel Hidalgo) lança devant ses fidèles un appel à la rébellion qui allait conduire à l'indépendance du Mexique (ici et maintenant, versez quelques larmes pour l'Espagne).

Je me sustente d'un petit poulet entier, accompagné de riz et de salade, très bon, pour 20 francs! Vraiment, la nourriture au Mexique est bon marché, à quelques exceptions près toutefois: par exemple, le litre de lait est à plus de 7 francs et les pizzas sont hors de prix...

Un peu plus tard, je m'arrête à Atotonilco, petit village indien, pour visiter une belle église du dix-huitième siècle dont l'intérieur est entièrement recouvert de fresques retraçant l'histoire de l'indépendance mexicaine. Puis, avant 16 heures, après 43 kilomètres de route, j'arrive à San Miguel de Allende, ville de 50000 habitants à 1850 mètres d'altitude, que je visite: les rues sont tranquilles, bordées de superbes maisons seigneuriales et de nombreuses églises, dont une, la Parroquia, sur le Zocalo, est d'une architecture digne de Gaudi. Je parcours la ville durant quatre bonnes heures et trouve un petit hôtel sympa. La ville est chère ici aussi, car colonisée par les Nord-américains, les "gringos", et c'est là son seul défaut car, sinon, elle est très agréable. J'ai la chance (!) de tomber sur un enterrement où le corbillard est accompagné de plusieurs musiciens qui jouent des airs guillerets, suivis d'une foule impressionnante d'indiens: le mort devait être quelqu'un d'important... Un peu plus tard, je croise une procession religieuse précédée de jeunes indiens, en habit d'époque (comme dans les westerns), qui dansent admirablement bien. Cela me ravit et je les suis jusqu'à l'église. Et le soir, durant une heure, j'assiste sur le Zocalo à un spectacle de danses folkloriques et de chants; il n'y a pas foule, c'est surprenant. Il faut dire que le vent souffle, qu'il fait froid, et que les Nord-américains préfèrent sans dote rester entre-eux dans les bars et restaurants de luxe qu'ils fréquentent... (mauvaise langue...)

C'est un peu transi que je rentre me coucher. 130 kilomètres parcourus dans la journée, pas terrible!


Alors là, j'ai bien dormi, huit heures! Et, ce vendredi, le vent souffle toujours, il fait froid mais beau ce matin. Je pars vers 8 heures et arrive une heure plus tard à Queretaro, 60 kilomètres à l'est. Située 220 kilomètres à l'ouest de Mexico, c'est une belle petite ville qui compterait plus de 3000 édifices historiques: entre autres, de nombreuses demeures coloniales aux couleurs vives ou pastels, certaines transformées en hôtel de luxe, et de belles églises. Et, dans toutes les rues, flotte une bonne odeur de pain chaud; ah, si je n'étais pas au régime, je me serais laissé tenter dix fois! Durant trois heures, j'arpente les rues puis, fatigué, je prends un taxi pour retourner jusqu'à ma voiture.

Après le déjeuner, une autoroute, gratuite, me conduit vers Mexico. Seul les 27 derniers kilomètres, par ailleurs en mauvais état, sont payants (et ce n'était pas indiqué) et là, c'est le coup de barre: 40 francs! Oui, vous avez bien lu: 40 francs pour 27 kilomètres, le prix de 2 poulets entiers/riz/salade! Je suis assez furieux et, en plus, je me perds et fais un détour de 30 kilomètres, parmi de féroces embouteillages sur des routes défoncées, pour enfin arriver à ma destination finale: Tepotzotlan. Au compteur, 275 kilomètres...

Dans cette petite ville pommée se trouve le couvent de Saint François Xavier, du seizième siècle, qui contient un beau petit musée (musée national de la vice-royauté du Mexique), et l'église attenante du même nom, du dix-huitième siècle, dont l'intérieur est recouvert de retables dorés et colorés magnifiques et exubérants.

Et, juste en face, je trouve un hôtel pour la nuit. Deux heures d'Internet, et je rentre me coucher...


Samedi, après une nuit remplie de cauchemars (pourquoi? c'est si rare...), je pars à l'aurore afin d'arriver à l'ouverture, dès 8 heures, au site zapotèque de Teotihuacan, au nord de Mexico. Je me perds un peu, mauvaise signalisation, et mets presque 90 minutes pour faire 66 kilomètres, dont 21 d'autoroute (en bon état, cette fois-ci) pour 24 francs (!). Il fait toujours un temps superbe et j'arrive sur le site avant 8 heures (mais en fait il ouvre maintenant à 7 heures). Je suis le seul touriste, tout pour moi tout seul. Et c'est grandiose: 2400 mètres sur 1200, des pyramides (celle de la Lune, celle du Soleil...) et une longue allée, la Chaussée aux morts. Construite au début de notre ère, cette ville fut, à son apogée au cinquième siècle, une des plus importante du monde, plus grande que Rome même, s'étendant sur 20 kilomètres et comptant 200000 habitants. Les Zapotèques vénéraient le serpent à plumes, ça vous savez déjà. Ce qu'on ne sait pas, c'est pourquoi cette ville a brusquement disparue entre le septième et le huitième siècle. En tout cas, ce qui en reste aujourd'hui est classé Patrimoine de l'Humanité par l'Unesco. Je parcours pyramides et vieilles pierres durant deux heures et, lorsque je repars, arrivent les premiers cars de touristes...

La route de Mexico est très encombrée, pourtant c'est samedi. J'emprunte sans le vouloir l'autoroute sur 3 kilomètres et j'en ai pour 10 francs! Ils sont fous ces Mexicains! Puis la traversée de la mégaville se révèle difficile aussi: circulation, mais surtout manque de signalisation précise pour le néophyte que je suis; heureusement que j'ai un bon plan! Je m'arrête dans un quartier du sud, Coyoacan, qui ressemble à un petit village avec son Zocalo plein de monde, ses églises (dont une superbe église franciscaine du seizième siècle), ses parcs et son ambiance de fête. Je déjeune de trois quesadillas et d'un jus d'ananas, puis vais encore plus au sud visiter en voiture l'université de Mexico, immense, une ville dans la ville, qui accueille 250000 étudiants: beaucoup d'espaces verts et de parcs, une grande bibliothèque, un centre culturel important et de nombreux bâtiments éparpillés ça et là.

Ressorti de Mexico par le sud, je prends une route étroite et embouteillée jusqu'à Cuernavaca, que je traverse, et continue jusqu'à Taxco, une ville de 100000 habitants où j'arrive à la tombée de la nuit, vers 18 heures. Cette ville est bâtie à flanc de montagne, un vrai labyrinthe d'escaliers et de ruelles étroites qui s'entremêlent, et je peux vous dire que ça grimpe dur... Je trouve un petit hôtel, tout ce qu'il y a de plus modeste, cher pour ce que c'est (on n'est pas à Monaco, quand même...), puis je pars me balader jusqu'au Zocalo où il y a du monde, ambiance d'un samedi soir. Belles maisons, belles églises, beaucoup de restaurants et d'hôtels, de petits vendeurs indiens et surtout, surtout, plein de boutiques d'orfèvrerie, ou plutôt d'argenterie: ce n'est pas de l'or, mais de l'argent qu'ils vendent ici, car des mines d'argent sont toutes proches et c'est ce qui a fait la richesse de cette ville. Dommage que cette belle promenade soit gâchée par le flot continu et la ronde infernale des taxis coccinelles pollueurs. Je rentre à l'hôtel vers 22 heures. 312 kilomètres au compteur, quand même, et je suis un peu fatigué...


Dimanche, grasse matinée jusqu'à 7H30. C'est le 11 novembre, jour férié, dimanche en plus, et pourtant je vais travailler, faire une enquête et relever les prix des hôtels de la ville pour le GDR; tout cela en me baladant agréablement, car il fait toujours aussi beau. Au bout de trois heures, je quitte Taxco en montant toutefois en haut d'une montagne par une route pentue pour profiter de la vue magnifique sur la ville.

Aujourd'hui, je n'ai que 120 kilomètres à parcourir, alors je prends mon temps. Je m'arrête pour déjeuner dans un petit village en fête qui, en fait, n'est pas en fête, car c'est la fête comme cela tous les dimanches, me dit-on (si vous n'avez pas tout compris, relisez plus lentement en articulant bien...).

J'arrive vers 15 heures au site de Xochicalco, datant du huitième siècle et lui-aussi inscrit au Patrimoine de l'humanité (non, rien à voir avec le journal communiste...). Pyramides, escaliers, jeu de pelote et bas-relief représentant des serpents à plumes: bravo, vous l'avez compris, il s'agit aussi d'un site zapotèque. Toutefois, je l'apprécie beaucoup moins que celui de Teotihuican et n'y reste qu'une petite heure.

Je repars par une route complètement défoncée et arrive à Cuernavaca, ville touristique d'un million d'habitants, au coucher du soleil. Et, après avoir laissé mes affaires à l'hôtel, je pars me balader jusqu'au Zocalo et passe une heure sur Internet. Je visiterai mieux demain matin...

Le Zocalo est grand, beaucoup de monde s'y promène, des étals de nourriture fumante et odorante me font regretter d`être au régime, c'est dur de tenir car j'ai faim.

Beaucoup d'enfants des rues aussi, drogués à la colle: ils me disent venir de Mexico ou d'autres villes. Pourquoi ici? D'abord parce que le temps est beaucoup plus clément qu'à Mexico, il fait moins froid et c'est d'ailleurs pour cela que les Chilangos (les habitants de Mexico) en ont fait leur lieu de villégiature. Et puis la terre tremble moins ici. Et puis, comme il y a beaucoup de touristes, c'est plus facile pour les enfants de mander de l'argent. C'est bien triste...

Je rentre à l'hôtel vers 22 heures et là, je me rends compte en allumant la lumière qu'e ma chambre n'est pas très propre, il y a des cafards partout. Beurk...


Lundi, je pars dès 7 heures visiter la ville. En fait, pas grand chose d'intéressant et, de plus, le palais de Cortés est fermé le lundi: cathédrale, quelques maisons coloniales, des enfants dormant sur des cartons, le tour est vite fait. Pas géniale, cette ville, sale et peu plaisante. Mais il y fait beau. A la périphérie se trouvent les villas luxueuses des gens riches de Mexico, protégées par des hauts murs et des gardes, et ça ne se visite évidemment pas.

Les enfants se réveillent, je distribue quelques vêtements et savonnettes et offre un petit-déjeuner aux huit qui sont présents, dont certains sont déjà avec leur sachet de colle. Puis je quitte Cuernavaca à 10 heures, en traversant une banlieue tout aussi sinistre et polluée...

Une heure plus tard, me voila à Tepoztlan, en bas de la montagne où serait né, en 843 avant J.C., Quetzalcoatl, le serpent à plumes. Je ne monte pas jusqu'à la pyramide, et continue jusqu'à Tlayacapan, où se dresse un monastère augustinien du seizième siècle, très imposant. Et je déjeune fort correctement au marché de ce petit village tranquille et aimable.

Puis je retourne à Mexico: embouteillages, pollution, et je finis par arriver chez Hertz pour rendre la voiture vers 17 heures. Là, ils ne veulent rien savoir en ce qui concerne la remise que l'agence d'Acapulco m'avait promise en raison des haut-parleurs défectueux et je me mets en colère, mais rien à faire: ils ne sont pas près de me revoir et je ne leur ferai pas une bonne publicité, c'est sûr... Comme je leur rends en plus la voiture avec trois jours d'avance, ils finissent quand même par me raccompagner jusqu'à mon hôtel, parce que j'ai vraiment beaucoup insisté pour cela...

L'hôtel est très familial, pas cher, propre, bruyant et sympathique. J'y fais ma lessive du mois, pas bien grosse: trois tee-shirt, deux shorts, une paire de chaussettes (j'étais la plupart du temps pieds nus) et un slip, qui s'avèrera finalement irrécupérable... Puis je m'endors facilement à la fin de cette quatrième semaine.
J'ai quand même parcouru 7610 kilomètres au Mexique, dont 1620 cette semaine.

Petit bout de semaine du mardi 13 au jeudi 15 novembre 2001 (au Mexique, derniers moments...)


Mardi, après une bonne nuit, je me rase et m'aperçois avec stupeur qu'une multitude de nouveaux cheveux blancs parsèment ma chevelure; les soucis, sans doute...

Puis je pars me balader dans Mexico, sous le soleil toujours bien présent. Je passe à l'agence confirmer mon billet d'avion pour Quito, regarde les petits vendeurs de bonbons, cigarettes ou journaux, prends quelques notes pour le GDR, visite le quartier des commerces chics, la Zona Rosa, et, à 11 heures, ne peux résister à l'odeur d'un Mc Do et craque, tellement la faim me tenaille: est-ce la fin de mon régime, que je fais depuis un mois? Non, ce n'est qu'une exception...

Je continue ensuite jusqu'au parc de Chapultepec, où de nombreux petits écureuils sympathiques et apprivoisés gambadent. Ce matin. j'ai bien parcouru quinze kilomètres à pied (ça use, ça use...), alors je retourne au centre-ville par le métro. Mais qu'est-ce qu'il est compliqué ce métro: le gros problème est qu'il y a beaucoup de couloirs à parcourir pour prendre les correspondances, ce n'est pas pratique. E dire que ce sont les Français qui l'ont construit!

Toujours autant de monde sur le Zocalo, touristes et vendeurs ambulants. Je me promène encore un peu, puis rentre à l'hôtel avant 17 heures, complètement fourbu. Je n'en ressortirai pas aujourd'hui...


Mercredi matin, soleil et métro jusqu'à la basilique de la Guadalupe, la vierge des Indiens. En fait, deux basiliques se côtoient: la vieille, de l'époque coloniale, jolie mais complètement penchée depuis les derniers gros tremblements de terre, et la nouvelle, que je trouve hideuse et où s'entassent de nombreux pèlerins.

Je déjeune, puis retourne au centre. Mexico semble être une des rares cités du Mexique où l'on peut voir des immeubles de plus de trois ou quatre étages, et fort peu en tout cas. Quelques tours ça et là...

Tiens, une balance dans un pharmacie... Et si je me pesais? Aussitôt dit, aussitôt fait, et je suis déçu: elle affiche 94 kilos, soit environ 92 si j'étais nu. J'ai donc perdu en un mois à peu près 5 kilos, alors que je pensais bien être passé en dessous des 90. Conclusion: même si c'est quelquefois très dur, je dois continuer encore ce régime au moins un mois...

Comme je suis patraque et fatigué, ayant mal dormi la nuit dernière, je rentre à l'hôtel faire la sieste et je dors... 3 heures! Quand je me réveille, il pleut; du coup, je ne ressors plus et bouquine. Et je découvre par hasard, sous mon lit, une paire de vieilles chaussures et une canette vide: l'hôtel n'est donc pas si bien entretenu qu'il n'y paraît...


Jeudi, dernier jour au Mexique. Le matin, j'essaye à plusieurs endroits de me connecter par Internet sur mon site, mais n'y arrive pas: le centre-serveur qui m'abrite doit avoir des problèmes et je suis déçu. A midi, après avoir mangé deux tacos, je prends un taxi pour l'aéroport. J'enregistre et me repèse, histoire de vérifier: 94 kilos, cela confirme ma pesée d'hier... Puis, comme cadeau d'adieu, le gouvernement mexicain, par l'entremise de ses services douaniers, me demande de payer une taxe d'immigration de 160 francs. En plus, on me fait des histoires parce que je transporte sur moi quatre petites piles de walkman; il faut que je retourne les enregistrer en bagage de soute! Ca devient vraiment de plus en plus difficile de voyager en avion...

Je m'envole avec une demi-heure de retard, à 14H30, mais atterrirai à l'heure prévue à Bogota, mon escale avant Quito, après 4 heures et demi de vol.


Ainsi se termine mon second séjour au Mexique. Qu'en retenir? La saleté omniprésente, le soleil épatant, la gentillesse des habitants, la richesse de sa culture... Beaucoup plus de choses positives que négatives en tout cas…

Semaine du jeudi 15 au mercredi 21 novembre 2001 (en Equateur, première semaine...)


Donc, ce jeudi 15 novembre 2001, arrivant de Mexico, je change d'avion à Bogota, où le gouvernement colombien n'a rien trouvé de mieux que d'instaurer une taxe obligatoire de 9 dollars consécutive aux attentats américains (!), payable par tous, même par les passagers en transit comme moi: ou je paye ou je ne pars pas. Je suis furieux pour le principe, car j'ai déjà payé mon billet assez cher cet été, à un moment où le dollar était bien plus haut qu'aujourd'hui: et si le gouvernement avait décidé d'une taxe de 100 dollars, c'était la même chose... Ce qui est sûr, c'est que j'éviterai désormais les escales en Colombie...

Je m'envole de nouveau et arrive à Quito à 23H30. Ce sera mon quatrième séjour ici, et j'ai décidé cette année de revisiter les différents marchés d'Equateur et de me rendre dans une réserve en Amazonie.

Surprise très émouvante: à l'aéroport m'attendent mes amis d'Otavalo, Laura et trois de ses enfants, mon filleul de confirmation Patricio, 15 ans, Deïvi, 6 ans et Rumi, trois ans. Ils ont fait 100 kilomètres et plus de deux heures de voyage en bus pour venir m'accueillir à une heure aussi tardive!

Nous allons dormir dans un hôtel près de la gare d'autocars et, seconde surprise, je m'aperçois que les prix des chambres ont plus que doublé en quatorze mois.


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