«La musique est simplement là pour parler de ce dont la parole ne peut parler. En ce sens elle n’est pas tout à fait humaine.» (Chapitre XXVII). Le livre








télécharger 39.75 Kb.
titre«La musique est simplement là pour parler de ce dont la parole ne peut parler. En ce sens elle n’est pas tout à fait humaine.» (Chapitre XXVII). Le livre
date de publication04.07.2017
taille39.75 Kb.
typeDocumentos
ar.21-bal.com > loi > Documentos
L’art pictural dans TOUS LES MATINS DU MONDE.

« La musique est simplement là pour parler de ce dont la parole ne peut parler. En ce sens elle n’est pas tout à fait humaine. » (Chapitre XXVII). Le livre s’achève sur cette définition de l’art, donnée par Monsieur de Sainte Colombe. On pourrait alors se demander quelle place occupe l’art dans le roman comme dans le film.

  1. Omniprésence de l’art

  1. Les natures mortes

Le terme de « nature morte » naît à la fin du XVIIème siècle. Cependant, ce type de représentations apparaît à l’époque de l’Antiquité.

Le spectateur est de nombreuses fois confronté à des natures mortes dans le film. Celles-ci concernent essentiellement Monsieur de Ste Colombe. En effet, les natures mortes sont notamment l’occasion de mettre en valeur la musique de Monsieur de Ste Colombe ainsi que son penchant pour la boisson :

  • Séquence 3 première scène de sainte colombe dans sa cabane : On peut voir à gauche sur la table une bouteille et un verre et le cahier de musique rouge à droite on peut voir la viole. Cette nature morte n’est pas ordinaire car elle est animée par Sainte Colombe qui bouge entre la table et la viole. L’image est très équilibrée, la viole et la table occupe à peu près le même espace de part et d’autre de l’image. La musique est représentée par la viole et par le cahier. La bouteille et le verre représente la trivialité de la vie et nous rappelle l’humanité du personnage de Sainte Colombe.



  • Séquence 4 nature morte au cahier et à la plume : Il s’agit d’un gros plan sur le cahier de musique de sainte Colombe, ouvert. L’archer est posé en son centre presque parallèlement au centre du cahier. Au dessus du cahier on peut voir une plume dans un encrier. Cela montre le double processus créatif de Sainte Colombe il est aussi bien interprète que compositeur d’autant plus que les pages du cahier ne sont pas vierges.



  • Séquence 6 nature morte à la gaufrette : Gros plan sur la bouteille, le verre à moitié plein et le plateau de gaufrette. Tous ces éléments rappellent la trivialité de la vie, les besoins de Sainte Colombe en tant qu’être humain. Personnage très austère et lointain, ce rappel de son humanité le rapproche du spectateur. On peut aussi proposer une autre interprétation du plat de gaufrette, elles peuvent aussi être la représentation de madame de sainte Colombe en effet, Sainte Colombe ne la touche jamais, la gaufrette brisée est le seul contact qu’elle a avec la réalité. La gaufrette même rappel sa condition de fantôme un élément fragile et friable qui peut disparaître à tout moment.



  • Séquence 8 nature morte à l’échiquier chez Baugin : cette nature morte est la reconstitution d’un tableau existant, on peut y voir un luth couché, une bourse, un verre à moitié plein, un pain, trois œillets, un échiquier, un jeu de carte et un plat octogonal en haut. Cette nature morte correspond parfaitement à la description qui en est faite dans le livre de Quignard, on y retrouve tous les mêmes éléments.



  • Séquence 15 Sainte Colombe et Marin Marais jouent ensemble : Dans le fond, au milieu de l’image, on peut voir une autre nature morte, on y retrouve le cahier de musique, la bouteille, deux verres, le plat de gaufrettes et les deux violes. C’est la synthèse des éléments importants dans la vie de Sainte Colombe avec la prédominance de la musique. On peut voir que cette nature morte est unique en ce qu’elle présente deux verres et deux violes, cela montre l’importance de la relation pour Sainte Colombe malgré sa grande solitude.

Ces natures mortes sont aussi décelables au long du roman :

  • Chapitre 6 p25 : la nature morte décrite correspond à la nature morte aux gaufrettes. On retrouve les mêmes éléments que dans le film, seul la couleur du tapis de table change, il est bleu clair dans le livre alors qu’il est vert clair dans le film.

  • Chapitre 11 p37 Il est mention de la toile réalisé par Baugin représentant la nature morte à la gaufrette.

  • Chapitre 12 p40 : cela correspond à la nature morte à l’échiquier chez Baugin comme nous l’avons dit précédemment, on retrouve exactement les mêmes éléments

  • Chapitre 20 p61

  • Chapitre 27 p80 : cette nature morte est celle de la fin lorsque Marin Marais et Sainte colombe jouent ensemble dans la cabane. On y retrouve la encore les mêmes éléments que dans le film.

Mais le film notamment est également très marqué par un certain nombre de vanités.

  1. Les Vanités

Ces vanités sont essentiellement présentes dans l’œuvre filmographie et concerne, encore une fois, essentiellement Monsieur de Ste Colombe. Elles expriment la relation que Ste Colombe entretient avec la mort mais également sa proximité. En effet, il perd sa femme puis sa fille et s’enferme dans une solitude très forte pendant toute l’œuvre.

Elles se retrouvent dans le film :

  • Séquence 2 : tout d’abord, on voit l’ami de vauclin étendu sur son ami et mort. Puis il y en a une autre lors de la mort de Madame de Ste Colombe. La bougie évoque le temps qui passe et qui rapproche tout homme de la mort.

  • Séquence 15 : Marin Marais et Ste Colombe sont dans la cabane. La vanité est prise sous plusieurs angles. Lors de cette scène, les éléments qui reviennent tout au long de l’œuvre sont présents (boisson, cahier de musique, viole, verre…).

Des vanités se retrouvent également dans d’autres séquences du film telles que la 3, 6, 10,11…

Elles sont en effet un des instruments idéaux pour mettre en valeur l’omniprésence de la mort dans l’environnement de Monsieur de Ste Colombe.

L’omniprésence de l’art est également décelable par les paysages ainsi que l’architecture de style baroque.

  1. Paysages et architecture

Les différentes scènes de paysages du film font penser à des tableaux. En effet, la manière dont ils ont été tournés nous renvoie aux tableaux de peintres flamands tels que Vermeer…

De plus, l’architecture est très baroque, notamment dans l’église. Les différentes statues sont le rappel d’e l’époque baroque du XVIIème siècle français. En effet, elles sont majoritairement de formes humaines et s’enroulent comme dans un tourbillon.

Voir les séquences 2, 8, 10, 11.

Mais cette omniprésence de l’art est aussi l’occasion de mettre en place toute une retranscription des techniques picturales.

II -Retranscription des techniques picturales

Ces deux œuvres traduisent une connaissance et une culture artistique et picturale. Ainsi, notamment dans le film de Corneau, on constate un travail soigné sur le chromatisme des couleurs, les effets de lumière et de nombreuses références à des peintures et à certains de leurs tableaux. Commençons par le chromatisme des couleurs.

  1. Chromatisme des couleurs

Cette partie s’appuie uniquement sur le film. Il y a de nombreux jeux de couleurs qui apparaissent tout au long du film. Le chromatisme des couleurs est utilisé essentiellement pour les personnages.

-scène des Pâques, Toinette trouve la petite viole (séquence4) : Sainte Colombe est habillé de noir et porte sa collerette blanche, Madeleine est en vert pâle, ils sont habillés avec des couleurs froide. Seule Toinette se détache par des couleurs chaudes, jaune et rouge. La servante est elle aussi habillée avec des couleurs froide vert foncé et gris. On peut noter plusieurs rappels de couleur entre le tablier rouge de la servante et l’habit de Toinette, entre l’habit de Toinette et ses cheveux roux et entre Toinette et la viole. Toutes ces gammes de couleurs s’inscrivent dans un paysage vert, on voit que les couleurs froide sont des dérivés du vert de la nature et que ce vert de la nature et aussi complémentaire avec les couleurs de l’habit de Toinette.

-scène suivante, concert à trois violes première apparition des jeunes femmes adultes (séquence 4) : Madeleine est en vert foncé, Sainte Colombe est toujours en noir, les jansénistes sont en noir, même habit que Sainte Colombe. Les habits de la cour et des seigneurs sont plutôt dans une gamme de couleur froide, décliné de vert, il y a du blanc. Toinette tranche vraiment dans cet ensemble, elle est habillée de rouge orangé. Il y a néanmoins un rappel de ce rouge orangé par les rubans et les plumes des seigneurs qui sont de la même couleur. Cela peut annoncer le penchant pour la cour qui lui viendra plus tard.

-arrivée de Marin Marais (séquence 7) : complémentarité des couleurs rouge et vert, ce sont des couleurs très vives de tel sorte que Marin se détache vraiment du paysage, il semble presque en jaillir ce qui met bien entendu son personnage en valeur.

-Marin Marais devant Sainte Colombe et ses deux filles (séquence 7): L’image semble coupée en deux à droite l’univers de Sainte Colombe, image noire, dans l’ombre et l’univers de Marin ou domine les couleurs chaudes, le rouge est très présent à travers l’habit de Marin et grâce aussi aux fleurs, cette partie est illuminée par le soleil qui apporte une nouvelle couleur chaude, le doré.

Les couleurs caractérisent les personnages, ainsi Sainte Colombe est toujours en noir, Madeleine est dans une gamme de couleur assez proche de celle de son père vert foncé, gris. Et Toinette a toujours un élément rouge ou orange. Marin est toujours en rouge, jusqu’à ce qu’il adopte l’habit de cour.

Le chromatisme des couleurs est aussi présent dans le décor.

-début de chapitre Madeleine dans la laverie (séquence 4) : décor froid, couleurs froide, gris, bleu environnement très sombre. Touche de couleur chaude, rouge vif à l’arrière plan, couleur très lumineuse.

-première scène dans la cabane (séquence 3): ensemble sombre mur et mobilier dans les gammes de vert et jaune sombre. Seul tranche le cahier rouge vif qui se détache sur la table en bois foncé. Rappel de cette touche rouge vif, la viole qui se détache elle aussi de cet ensemble monochrome.

-Après la scène de la chaise, Sainte Colombe dans sa cabane (séquence5) : L’intérieur de la cabane est foncé et sombre même la viole se fond dans ce décor. La table se détache grâce à la nappe verte ainsi que le cahier rouge posé sur cette dernière. On retrouve les deux couleurs complémentaires rouge et vert. Il s’agit de couleurs vives et lumineuses.

Il s’agit toujours des mêmes gammes de couleur. Des dégradés de vert, de gris et des rouges orangés. Il s’agit aussi toujours d’un élément de couleur chaude lumineux se détachant d’un fond de couleur froide plus ou moins lumineux, le plus souvent sombre. Le rouge est très présent et semble donner vie à un environnement sombre et souvent monochrome composé de couleurs froides. Il symbolise aussi les éléments extérieurs au monde de Sainte Colombe, sa défunte femme, Toinette et Marin Marais, contrairement à Madeleine parfaitement intégré au monde de son père.

  1. Il y a également de nombreux effets de lumière qui mettent en valeur des éléments précis dans les scènes. Le jeu de lumière est souvent réalisé grâce à la présence de bougies

Scène de la mort de la femme de Sainte Colombe (séquence 2): le jeu de lumière est centré autours du personnage de sainte Colombe et de sa femme. Dans un premier temps le visage de Sainte Colombe se détache et est mis en valeur par la lumière de la bougie placée juste devant lui ensuite la lumière est portée sur sa femme, allongée.

Scène gros plan sur la volute de la viole (séquence 3): la lumière vient uniquement de la droite et éclaire de telle façon la volute de la viole qu’elle la met en valeur et la rend presque vivante. Rappel des paroles de la voix off, la viole peut imiter la voix humaine. Cela montre cette proximité entre l’instrument et l’être humain.

Scène sur le tableau placé dans la chambre, Sainte colombe devant (séquence 6): la lumière vient de l’unique bougie, placé à la gauche du tableau et est concentrée autours de la nature morte de telle sorte que la lumière semble en émaner, c’est le seul objet éclairé dans la pièce. Sainte Colombe et tout le décor disparaissent au profit du tableau. Cela montre l’importance de la scène de la visitation pour Sainte Colombe et son amour qui demeure malgré la mort de sa femme.

Scène chez Baugin (séquence 8) : Le peintre est éclairé par une lumière qui vient de derrière lui, c’est le seul à être éclairé, Sainte Colombe et Marin Marais sont dans l’ombre, l’attention du spectateur et des deux personnages est centré sur le peintre. Le jeu de lumière est tel qu’il réussit à mettre plus en valeur un élément du second plan que le premier plan.

Scène finale Marin et Sainte Colombe dans la cabane (séquence 15) : lumière qui met en valeur la table avec les éléments importants de la vie de Sainte Colombe, le cahier de musique, la bouteille et les verres et les gaufrettes. La lumière éclaire aussi Sainte Colombe et Marin Marais les place dans une sorte d’intimité, les coupe du monde, autours d’eux c’est l’obscurité, ils se retrouvent seuls avec la musique, cela montre la proximité des deux personnages, Marin est alors totalement intégré au monde de sainte Colombe. Les personnages eux même sont dans l’obscurité, seul leur archers sont éclairés et ressortent vraiment. Il s’agit d’une mise en valeur de la musique et cela montre que ces deux personnages se retrouvent par et dans la musique et que leur vie tourne autours de cette dernière.

Dernière scène visitation de Sainte Colombe (séquence 16): Sainte colombe est éclairé alors que Marin Marais et la cour qui l’entoure sont dans l’ombre, cela montre que finalement Marais se rend compte que la vraie musique et Sainte Colombe étaient plus importants que la cour, le roi et la musique de cour. Même si le film est le récit de la vie de marin Marais, cette dernière image montre que la trame de fond de cette biographie est bien le personnage de Sainte Colombe qui ressort et prend une place vraiment importante dans cette dernière scène.


  1. Les deux auteurs, Corneau et Quignard montrent donc bien les connaissances dans les techniques picturales mais font aussi de nombreuses références à différents peintres.


Dans le film : référence à Baugin avec l’évocation de son tableau, la nature morte à la gaufrette après la première visitation de sa femme (séquence 6). Ensuite on le retrouve dans la scène ou Corneau met en scène le peintre lui-même et à reconstituer un tableau du peintre Nature morte avec un échiquier. (Séquence 8)

Dans cette même scène, les jeux de lumière rappellent Vermeer et les peintres flamands notamment des tableaux tels que l’astronome ou encore le géographe où on retrouve le même jeu de lumière autours du personnage. Les jeux de lumière à la fin du film autours de Marin Marais et de Sainte Colombe et entre Sainte Colombe et Toinette lorsqu’il vient dans sa chambre pour la rassurer après son cauchemar (séquence 3) rappellent aussi le peintre De la Tour et des œuvres tels que St Joseph charpentier.

Dans le livre : Au chapitre 2 l’auteur cite les deux peintres Baugin et Champaigne. Le tableau de Baugin la nature morte à la gaufrette y est aussi évoqué au chapitre 6 et au chapitre 7. Baugin est de nouveau évoqué au chapitre 11. La nature morte nature morte avec un échiquier est présente au chapitre 12.


afficher l\'image en taille réelle afficher l\'image en taille réelle
Le dessert de gaufrettes Nature morte avec un échiquier

Baugin Baugin
http://contre-une-cigarette.com/wp-content/uploads/2007/04/la_tour.jpg http://4.bp.blogspot.com/_uksq3nflmoy/shuskcwomwi/aaaaaaaaavm/buqirwqc8oi/s400/janvermeerl%27astronome.jpg http://yann.franqueville.pagesperso-orange.fr/vermeer/images/le_geographe.jpg
Saint Joseph charpentier l’astronome le géographe

De la Tour Vermeer Vermeer


Biographie de Baugin : C’est un peintre français du 17ième siècle. C’est grâce à lui que la nature morte se développe et s’étend peu à peu dans le milieu artistique. Il s’illustre par son style dépouillé et sobre, utilisant beaucoup le jeu des formes et des textures. A partir de 1640 il ne peindra plus que des scènes religieuses.
Biographie de Champaigne : C’est aussi un peintre français, il a été très proche du milieu janséniste et a notamment été le peintre de Port-Royal-des-Champs. Il a peint de nombreux tableaux religieux mais aussi des tableaux représentant la haute noblesse ou des princes. Il devient ensuite dans son œuvre beaucoup plus austère et adopte une grande rigueur dans ses compositions.
Biographie de la Tour : C’est un peintre lorrain, connus essentiellement pour ses jeux d’ombres et de lumières, il utilise le clair-obscur dans des scènes nocturnes ou la source de lumière ne se résume qu’à une chandelle. Il s’illustre par de nombreux tableaux réalistes et religieux. Il est influencé par le Caravage. Il a été nommé peintre ordinaire du Roi lorsqu’il vient à Paris en 1639.
Biographie Vermeer : c’est un peintre hollandais très connus pour ses couleurs vives et pures et par son utilisation de la lumière une fenêtre situé à gauche qui éclaire la scène. Il représente surtout des scènes sereines et bourgeoises et les personnages dans leurs activités quotidiennes.

Mais, dans la réalisation, Corneau et Quignard ne s’approchent pas de la même façon de cet art longuement évoqué.

  1. Une vision personnelle au plan esthétique

  1. L’art comme mode d’expression

Dans le film comme dans le livre, les personnages ne s’expriment pas verbalement mais plutôt par leur art. En effet, Ste Colombe comme Marin Marais font ressortir l’essentiel de leurs émotions grâce à l’art et plus notamment la musique. Cependant, cette évacuation dépend du personnage.

En effet, Ste Colombe dédie son art à l’art lui-même. Selon lui, l’art ne dépend que de l’artiste. Il vit pour l’art. Ce dernier ne peut en aucun cas être considéré comme quelque chose dont on peut jouir sans conditions spéciales. Il faut, pour profiter de la vraie valeur de l’art, vivre pour l’art et non pour ce qu’il peut rapporter.

Mais la conception de l’art de Ste Colombe est controversée par celle qu’en a Marin Marais. Ce dernier estime que l’art doit servir les intérêts de l’artiste. Selon lui, l’art aussi beau soit-il serait d’abord un moyen d’arriver à ses fins et de progresser au niveau mondain, comme parvenir à devenir musichoeur du roi. Mais cette idée de l’art au service de l’homme évolue à la fin du roman dans la tête de Marin Marais. Finalement, c’est auprès de son maître qu’il va chercher des réponses et donc remettre sa pensée en question.

Ces deux conceptions sont à relativiser, notamment pas la présence de Lubin Baugin. Selon lui, l’artiste doit vivre pour son savoir faire mais ne doit pas en omettre le côté matériel et pratique de ce don. En effet, l’homme doit être au service de l’art comme l’art doit être au service de l’homme.

Cette vision différente de l’art de Marin Marais et Ste Colombe reflète en fait les deux manières opposées que Corneau et Quignard ont choisi dans la façon de traiter le sujet.

  1. Une matrice différente

Corneau, dans le film, a choisi de s’épancher nettement plus sur le personnage de Marin Marais. En effet, il dessine sa définition de l’art à travers ce personnage. Il choisit de mettre en lumière un art baroque au service de la cour et non au service de l’art lui-même. Ce choix de mettre en avant le personnage de Marin Marais est décelable dès le début et lors de tout le film puisque que la voix off n’est autre que celle de Marin Marais. Selon Corneau, l’art doit être au service de l’homme.

Cependant, Quignard, quant à lui, oriente son roman majoritairement sur Monsieur de Ste colombe. En effet, la majorité des faits sont vus par ses yeux. De plus, il donne sa propre définition de l’art. Selon lui, l’art serait le silence de l’homme qui permet une meilleure écoute de la musique.

Mais, en choisissant, de ne pas traiter le sujet de la même manière, chacun crée alors sa propre singularité.

  1. Moyen d’intégrer la singularité ?

Corneau comme Quignard ont ajouté des éléments personnels et qui diffèrent de l’un de l’autre.

Quignard ne reste pas statique dans le XVIIème siècle. En effet, il se promène entre son siècle et celui de l’histoire. La trivialité de l’œuvre, quant à la référence plastique, se place plus dans le XXème siècle « Son corps était celui d’une femme ronde et épaisse. Après qu’ils se furent pris, à l’instant de passer sa chemise, nue, illuminée de côté par la lumière du jour finissant, les seins lourds, les cuisses se détachant sur le fond des feuillages du bois, elle lui parut la plus belles femme du monde. » (Chapitre XVII). En effet, il ne se fixe pas dans un siècle précis, il rend l’œuvre par sa trivialité, propre au XXème également. Quignard et sa suite Corneau prennent également des liberté avec la chronologie.. En effet la rencontre entre Sainte Colombe et Baugin est un anachronisme, le peintre est en effet mort au moment où débute l’histoire contée par Quignard.

De plus, cette singularité se lit également dans la façon dont est traité l’art. On observe l’art, plus particulièrement la musique, du point de vue de Ste Colombe dans le livre mais du point de vue de Marin Marais dans l’œuvre filmique.

En conclusion, Tous les matins du monde est une œuvre qui retrace l’art de l’œuvre baroque, notamment en ce qui concerne la peinture.

Cette œuvre oppose aussi deux conceptions de l’art différentes ce qui lui apporte une richesse considérable en nous permettant d’avoir plusieurs visions de la peinture. La peinture est très importante dans cette œuvre car elle constitue un véritable mode d’expression complémentaire de la musique notamment dans le film.

similaire:

«La musique est simplement là pour parler de ce dont la parole ne peut parler. En ce sens elle n’est pas tout à fait humaine.» (Chapitre XXVII). Le livre iconC’est tout à fait par hasard que j’ai fait la découverte de Jojo....

«La musique est simplement là pour parler de ce dont la parole ne peut parler. En ce sens elle n’est pas tout à fait humaine.» (Chapitre XXVII). Le livre iconLe numéro 24
«Ne pas m’aimer ! Ah ! je suis sûr d’elle. Marcelle est une réfléchie, elle ne se livre pas. Mais elle est bonne et elle m’aime.»...

«La musique est simplement là pour parler de ce dont la parole ne peut parler. En ce sens elle n’est pas tout à fait humaine.» (Chapitre XXVII). Le livre iconClement pierre Architecte, Professeur à l’Ecole d'architecture
La théorie générale d’urbanisme Peut-on alors raisonnablement parler d’urbanisme en Chine sur une aussi longue durée ? Ou doit-on...

«La musique est simplement là pour parler de ce dont la parole ne peut parler. En ce sens elle n’est pas tout à fait humaine.» (Chapitre XXVII). Le livre iconUne existence difficile
«ennui» est à prendre ici au sens fort. Quant à la dédicace à Théophile Gautier, le défenseur de l'Art l'Art, elle ne doit pas nous...

«La musique est simplement là pour parler de ce dont la parole ne peut parler. En ce sens elle n’est pas tout à fait humaine.» (Chapitre XXVII). Le livre iconLeçon (1)
«Témoignage de Pline le Jeune» aux élèves (1 pour 2). Avant de lire le texte, qui peut me dire de quoi IL va parler ? Comment on...

«La musique est simplement là pour parler de ce dont la parole ne peut parler. En ce sens elle n’est pas tout à fait humaine.» (Chapitre XXVII). Le livre iconRoyaume du Maroc
«très positive» pour tout le secteur. «Il est logique que la qualité prise en compte, car le côté technique ne révèle pas toujours...

«La musique est simplement là pour parler de ce dont la parole ne peut parler. En ce sens elle n’est pas tout à fait humaine.» (Chapitre XXVII). Le livre iconRéférences bibliographiques
«L’information n’est pas le savoir. Le savoir n’est pas la sagesse. La sagesse n’est pas la beauté. La beauté n’est pas l’amour....

«La musique est simplement là pour parler de ce dont la parole ne peut parler. En ce sens elle n’est pas tout à fait humaine.» (Chapitre XXVII). Le livre iconLes festivals de musique sont pour vous le symbole de l’été ? Alors...
«Trutnov» pour le programme, mais avant tout pour l’atmosphère. Celle-ci est unique, même à l’époque où le rock n’est pas l’ennemi...

«La musique est simplement là pour parler de ce dont la parole ne peut parler. En ce sens elle n’est pas tout à fait humaine.» (Chapitre XXVII). Le livre iconI. la modernite 1 Une Esthétique de la raison a Les Lumières
«nouveau et tout à fait particulier». IL a conscience de la nouveauté de son écriture. C’est quelque chose que l’on peut considérer...

«La musique est simplement là pour parler de ce dont la parole ne peut parler. En ce sens elle n’est pas tout à fait humaine.» (Chapitre XXVII). Le livre iconDocument 1 : (le design, L'ingenierie pedagogique et les modeles de conceptions pedagogique)
… IL m’apparaît que parler d’ingénierie pédagogique, c’est parler de design pédagogique… mais d’un design pédagogique intégrant de...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com