1861-1947 «Ce n’est pas la fleur que j’aime à prendre, moi, comme élément de décor, mais la tige.»








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date de publication04.07.2017
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Victor Horta

1861-1947
« Ce n’est pas la fleur que j’aime à prendre, moi, comme élément de décor, mais la tige. »

Aux côtés de Gaudí, de Guimard, de Van de Velde, de Mackintosh, d’Otto Wagner, l’architecte belge d’origine gantoise Victor Horta est, à la charnière du XIXe et du XXe siècle, l’un des plus brillants créateurs d’espaces. Il est aussi l’un des disciples les plus convaincus de Viollet-le-Duc à avoir ouvert, en termes sensibles, simultanément industriels et artisanaux, une problématique de l’architecture, problématique fondée sur le refus d’une pratique obnubilée par des modèles anciens ; sur l’hostilité à la dichotomie qui s’est opérée au XIXe siècle entre architecture et construction (industrielle) ; sur la dénonciation d’une croyance, à savoir que l’ingénieur « pionnier d’un nouvel art de bâtir » est seul habilité à innover. Effectivement, Horta est l’un des premiers à avoir dominé la résistance des architectes, l’un des premiers à avoir perçu la vocation ornementale, calligraphique et non seulement technologique du fer, l’un des rares constructeurs de la Belle Époque à avoir retrouvé le sens de la communication architecturale. De cette œuvre, il faut souligner la densité, l’originalité, la puissance de persuasion et une épaisseur sémantique à ce point remarquée, dès son apparition, qu’elle suscita dans l’agglomération de Bruxelles des sous-codes de type stylistique ou rhétorique. Il y eut ainsi en Belgique, vers les années 1900, un style Horta, une ligne Horta (la ligne « en coup de fouet »), un paling stijl (style anguille), encore que ces désignations visent davantage le « décor » que les structures fondamentales. À cet égard, il convient de relever les innovations de Horta au niveau du plan : remaniement du plan traditionnel de l’habitation bourgeoise (hôtel Tassel, Bruxelles, 1892-1893), réponses à des programmes sociaux, économiques et culturels nouveaux (grands magasins À l’Innovation, 1901 ; extensions du Grand Bazar Anspach, Bruxelles 1903 ; Grand Bazar, Francfort, 1903 ; palais des Beaux-Arts, Bruxelles, 1922-1928), articulations d’éléments tendant à postuler une « idéologie de l’habitat » (à Bruxelles : hôtel Solvay, 1895-1900 ; hôtel Van Eetvelde, 1895 ; hôtel Aubecq, 1899-1900). Au niveau du code syntaxique, il a procédé à l’invention et à la mise en place de fermes métalliques, de tirants articulés et réglables, d’une coque à nervures métalliques exceptionnellement légère, de consoles en pierre (maison du Peuple), de couvertures translucides (verrières : hôtel Solvay, hôtel Aubecq, maison Horta, 1898), de façades métalliques vitrées, nervurées, festonnées, fleuries (À l’Innovation, Grand Bazar), de piliers de soutien inclinés (À l’Innovation). Cette pratique architecturale conteste partout les canons établis de l’éclectisme régnant, tout en reliant des fonctionnements inédits à une esthétique de classe. Elle est, enfin, génératrice de rythmes ondoyants, où l’on identifie les pulsations d’une « écriture », car c’est bien d’une écriture qu’il s’agit, concept qui désigne à la fois le geste physique de l’inscription et « l’essence intérieure d’une activité ». L’écriture de Horta a ses intonations spécifiques, ses nœuds (hôtel Solvay, maison Horta), ses transparences (hôtel Tassel, hôtel Van Eetvelde), sa sobriété (hôtel Dubois, 1901), son économie (façade de l’hôtel Van Eetvelde), sa nervosité (façade de À l’Innovation).

Encyclopædia Universalis, auteur de l’article : Robert L. DELEVOY
Conception de l’architecture :
La maison privée du maître (aujourd’hui Musée Horta) est un résumé de l’architecture de Horta : équilibre des volumes, diverses interpénétrations et variations de niveaux en perspectives montantes et descendantes, nombreux détails artistiques et artisanaux, parfaitement intégrés, qui viennent compléter l’architecture et en sublimer l'esprit.

Horta voulait libérer l’architecture de l’héritage néoclassique et néogothique, en cherchant à repenser un acte de création qui fut davantage empreint de liberté et de logique, mieux adapté à son objet et plus prompt à tirer parti de l’extraordinaire diversité des matériaux et techniques désormais à la disposition des bâtisseurs. Il parvint du reste, mieux que quiconque, à tirer l’architecture de la stagnation dans laquelle elle se trouvait, en lui insufflant un esprit nouveau et le goût d’utiliser des matériaux de son temps.

Dans chacune de ses compositions, Horta sut jouer avec les lignes droites et courbes, les mariant sans jamais perdre de vue les impératifs de la construction. Il avait parfaitement compris ce que la courbe pouvait apporter : attrait, féminité, personnalité, dynamique. Elle offrait une infinie diversité d'expressions, de nuances et de subtilités. Mais il avait compris surtout, et avant tout le monde, qu'il fallait en user avec une retenue et une modération extrêmes, ce qui échappa manifestement à ses plagiaires.

Horta parvint à renouveler son style créatif, l’adaptant constamment aux particularités et nécessités des diverses commandes. Pour Horta, une œuvre architecturale n'était aboutie que lorsqu’il n'y avait plus de différence entre l'esprit du contenant et celui du contenu. Chaque élément devait être conçu comme un complément de tous les autres auxquels il devait être intimement lié (art total). L'ensemble devait être guidé par un fil conducteur et refléter, en dernière analyse, la sensibilité du client : sculptures, fresques, sgraffites, peintures, meubles, ferronneries, tapis, lampes, systèmes de chauffage et de ventilation, et autres ornements, tout devait concourir à la cohérence de l’ouvrage.

Son souci du détail le conduisait à dessiner, outre les sections et élévations toutes en équilibre et en rythme, jusqu'à la moindre pierre.
Œuvres majeures de Horta :


  • Maison Tassel, rue de Turin, Bruxelles, 1892-1893


Pour Giedion, elle est la « première maison vraiment audacieuse en Europe » qui « marque un tournant majeur dans l’évolution de l’architecture. À partir de ce moment, on se mit à appliquer les nouveaux principes esthétiques à la construction de l’habitat, et à tenir compte, dans l’élaboration des plans, des nouveaux besoins des hommes. Cette maison arracha d’un seul coup l’architecture continentale à sa léthargie. (…) La maison de Horta devint rapidement célèbre dans tous les milieux qui se consacraient à redonner de la vitalité à l’architecture. On y admirait surtout deux choses : son adaptation parfaite à la personnalité de son propriétaire (un certain M. Tassel) et sa pureté due à l’absence de toute réminiscence stylistique. »

« La maison de la rue de Turin marque la première apparition de l’art nouveau dans le domaine de l’architecture. »


Particularité de la maison Tassel : « Dans les maisons typiquement bruxelloises, m’a expliqué Horta, on embrasse du regard, dès l’entrée, toute la surface du rez-de-chaussée. Horta évite cela en recourant à des différences de niveaux. Le salon est situé un demi-étage plus haut que le hall d’entrée. La différence de niveaux n’est qu’un des procédés auxquels Horta eut recours pour conférer une nouvelle flexibilité au plan. Il creusa le corps massif de la maison en créant, par des prises de lumière, des sources d’éclairage inhabituelles pour un cadre aussi étroit. » De plus, Horta a laissé « apparaître des éléments de la construction dans l’intimité de [la] maison. Dans l’escalier de la maison de Horta, les poutres et les colonnes sont des éléments visibles de la structure intérieure qui attirent le regard par leurs ornements et par leurs formes. Le salon est à cet égard encore plus remarquable : une poutrelle en double T traverse l’espace libre sans qu’on ait fait le moindre effort pour la dissimuler. » « La maison Tassel est aussi originale par le relief de sa façade que par son intérieur. Le bow-window – typique de toute maison bruxelloise – est conservé, mais Horta le transforma en une surface courbe vitrée. Celle-ci s’intègre harmonieusement au mur extérieur lisse. Compte tenu de la date de sa construction, la façade est très conservatrice, malgré son relief nouveau ; c’est un mur massif en pierre. Des poutres de fer horizontales y sont insérées au niveau des fenêtres. Au deuxième étage, les fenêtres vont jusqu’au plancher. Elles obéissent au principe des vitrines répandu pendant la deuxième moitié du XIXe siècle. »

« Quel est le véritable intérêt de la maison de la rue de Turin ? De notre point de vue, il ne réside ni dans l’adaptation parfaite à son propriétaire, ni dans la première apparition de l’art nouveau. Mais plutôt dans le plan flexible, tirant ses conséquences de l’application de nouveaux matériaux : la libre répartition des pièces entre les différents étages et l’indépendance du cloisonnement. C’est l’un des premiers essais en Europe de ce que Le Corbusier devait appeler plus tard le plan libre. »

(Citations extraites de Espace, temps, architecture de Siegfried Giedion)



  • La Maison Solvay, avenue Louise, Bruxelles, 1894-1898



La façade est symétrique jusqu’au moment où elle atteint le niveau situé autour de la porte-fenêtre du bel-étage. Cette porte donne accès à un balcon et est flanquée de deux bow-windows. Dans la façade, on peut retrouver les matériaux favoris d’Horta : le verre, le fer et la pierre naturelle. À l’intérieur, un premier escalier, muni d'une balustrade tourbillonnante en métal doré, conduit du rez-de-chaussée au bel-étage où se trouvent les espaces de réception (salons en façade avant et salle à manger à l'arrière). Ces espaces sont séparés les uns des autres par des cloisons vitrées qui peuvent s'ouvrir pour créer un énorme espace continu sur quasiment toute la surface de la maison. Cet escalier d'apparat est surmonté d'une impressionnante verrière dont la courbure assure également une répartition optimale de l'air chaud dispensé par les bouches de chauffage situées au pied de l'escalier. Vu la présence de cette verrière, un second escalier, décalé, permet d'atteindre les étages supérieurs, où se trouvent les chambres et salles d'eau.


  • Maison Van Eetvelde à Bruxelles, 1895-1897



M. Van Eetvelde, secrétaire général pour l'Etat indépendant du Congo (qui est encore à l'époque la propriété privée de Léopold II), fait appel à Victor Horta pour matérialiser sa réussite sociale dans la pierre, et pour lui permettre d'organiser des réceptions dans une demeure appropriée, et d'un style novateur. L’audacieuse façade des n° 4 et 6 et sa structure métallique apparente remontent à 1895. L’architecte s’y révèle particulièrement novateur, tout comme pour les espaces intérieurs organisés autour d’une verrière baignant d’une douce clarté les espaces de réception au raffinement extrême. À l'origine, le sol du hall situé sous cette verrière comportait même des dalles vitrées améliorant l'éclairage des caves. Horta utilise, pour la première fois dans le cadre d’une maison privée, une structure métallique imposante qu’il déploie soit pour supporter les étages en léger ressaut (les consoles), soit pour encadrer les fenêtres par des montants verticaux et des linteaux légèrement arqués. Le décor de la façade est très sobre, même si les motifs en mosaïque se compliquent vers le haut, comme pour annoncer celui de la balustrade du balcon supérieur. Les linteaux droits des portes-fenêtres du dernier étage supportent directement la corniche, rythmée par de nombreuses consoles. Réalisé trois ans plus tard, l’extension d’angle (n° 2) se reconnaît aisément par sa façade en pierre soigneusement taillée. Son style est plus orné et rappelle la maison personnelle d’Horta qu’il vient d’achever rue Américaine à Saint-Gilles. Cette tendance à privilégier l’ornementation ne se démentira plus dans ses réalisations postérieures. Tant la porte d’entrée que les encadrements de fenêtre portent la marque de ce souci par la variété et la sensualité des lignes creusées dans la pierre.



  • La Maison du Peuple, Bruxelles, 1896-1899 (démolie)




« En 1897, Horta construisit la Maison du Peuple à Bruxelles. Sa façade curviligne en fer et en verre appartient aux créations les plus audacieuses de cette époque. (…) Horta se révèle dans cette Maison du Peuple un véritable chercheur selon l’expression d’un de ses contemporains, aussi bien en ce qui concerne la façade que pour la disposition intérieure. Sans gaspiller l’espace ni le temps, Horta introduit les visiteurs directement dans le grand restaurant avec ses larges ouvertures et sa construction de fer parfaitement dépouillé et apparente. Horta n’hésite pas à situer à l’étage supérieur la salle des conférences, rarement utilisée. La Maison du Peuple révèle dans chaque détail la main d’un architecte expérimenté qui était en même temps un inventeur génial. »

(Citation extraite de Espace, temps, architecture de Siegfried Giedion)







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