Entre deux verticales de myosotis entrelacés, un cliché noir et blanc ceint d’ovale doré pend au mur de la chambre bleue de grand’mère, au Bel Event Boursouflé








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titreEntre deux verticales de myosotis entrelacés, un cliché noir et blanc ceint d’ovale doré pend au mur de la chambre bleue de grand’mère, au Bel Event Boursouflé
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cher absent avait droit : pain d’épice, pruneaux secs, chocolat, sucres et confitures excitaient ma convoitise et poussaient au paroxysme la tension cornélienne entre le principe de plaisir et l’impératif catégorique de solidarité envers l’ascendance. Je fus surpris, après avoir chouré la clé, m’empiffrant sans scrupule des trésors gastronomiques hypostasiés. Maman se donnant du plaisir avec ses Jules, je pouvais bien combler mon seul accès à la jouissance, mes papilles gustatives après avoir été si bien enseigné de l’arithmétique infinie d’une justice vétilleuse. J’eus droit à des remontrances mémorables, une volée peut-être par main maternelle, légère mais entraînée cependant sur la trentaine de marmots qu’elle réprimandait quand elle était excédée, ses bagues, mal reçues, pouvaient faire mal.
Fut-ce à cette occasion ou lors d’une autre, indéchiffrable, dans ma surdité à toute morale inculquée par la trique quand, sans un mot d’explication, je fus par le bel après midi d’un jeudi libertaire, coincé par le grand père et dérouillé de sa lourde pogne sur le perron du pavillon, sous la véranda, toute retraite coupée, sans mot dire, avec application, mes bras protégeant la tête, sur le dos, le cul, les cuisses, claques et coups de poing, dans une rage incompréhensible qui me le fit craindre dès lors démesurément, lui si proche et tant admiré ? sans que j’aie jamais compris de quel crime je m’étais rendu coupable, aujourd’hui encore, il me fit perdre d’un coup l’amour qui m’y liait, et le profit des longs monologues didactiques qui me transmettaient, lors de nos longues randonnées en terres labourées sur les chemins ruraux d’hiver où je faisais péter à coups de galoches les plaques de glace des flaques d’eau gelée, son expérience de la vie, son effrayant silence sur l’enfer des tranchées, ses ruses de chasseur, ses talents d’aquarelliste ou de musicien, son fin savoir campagnard, sa sorcellerie apte à cueillir dans la plaine un merisier sauvage et à le transplanter au verger, à le greffer en fendant l’écorce avec son couteau spécial à lame recourbée, à enduire de paille et de glaise la blessure et à la ligaturer pour, miracle, à terme, voir fleurir autrement et produire les premières cerises goûteuses. Ma main dans sa large paume, je buvais ses récits cependant que Tom, le cocker libéré, galopait pour rabattre les lièvres devenus rares, comme s’ils souffraient eux aussi des restrictions. Maman avait dû cafeter je ne sais quelle monstruosité, manque de respect, grivèlerie de pruneaux ou de monnaie, retour nocturne de lointaines expéditions vers la Seine par les forêts de Saint Adrien. Je ne me souviens pas d’avoir pleuré.
Ne jamais se fier à la prétendue complicité des adultes, dès que leur intérêt le commande, ils vous nient sans vergogne et vous réduisent à votre état originel de vermisseau, telle fut la leçon, en plus de la perte de confiance en soi, du démantèlement de l’échafaudage de bambou où la personnalité hésitante appuie ses surgeons et bégaie son architecture. Si vos proches vous massacrent sans raison intelligible, où donc gîtent niche et protection, la simple justification de l’existence ? Le grand père était « soupe au lait », irascible, tempétueux, rage et moutarde lui montaient facilement au nez. Sa hargne de s’être laisser offrir un supplément gratuit à la « der des der » décuplait son effervescence de cidre bouché. Maman avait hérité de ce gène pernicieux qui en un instant pouvait bousiller toute éducation, toute barrière de tolérance et des années d’acquis affectifs, elle m’a refilé le génome, ma descendance a pris le relais, au hasard du croisement de gènes. Rien de tel pour creuser son vide autour de soi que ces accès colériques injustifiés, ces meurtrissures distribuées, oubliés dès qu’apaisés mais qui laissent un entourage dévasté. Ils sont aussi les gages d’un esprit de décision par quoi il arrive d’être pertinent, de refuser l’inacceptable, de faire jaillir au forceps une opportunité riche de moisson différée. Peut-être m’étais-je mis en danger et avaient-ils eu peur ?
Un jour, maman eut une inspiration géniale. Elle prit langue avec la dame Caudroy, solidaire en veuvage provisoire, épicière face à l’église quand l’autre, Rousselin, qu’était pas prisonnier, jouxtait cent mètres plus loin la mairie-école, mortel combat. L’un et l’autre étaient pourvus d’une salle des fêtes, vaste baraque en bois, accrue d’une vague scène, où se tenaient mariages, communions et les très rares spectacles. En payant une pension modique, nous pourrions déjeuner chaque midi chez elle dans une petite salle en contre bas, bien chauffée, d’où on voyait dépasser les croix du mur en moellons du cimetière. Ma vie changea. Non seulement on s’économisait l’heure de marche à pied, parfois dans la neige fondue mais des plats débordants nous étaient servis chaque midi sans vergogne, faste inoubliable, des patates fraîches, autant d’œufs durs, baignant dans leur crème fermière, des omelettes au lard vastes comme une terre ptoléméenne, des lapins en sauce à se sucer les doigts l’après midi entière, en saison les légumes du jardin, haricots fins craquants sous la dent dans leur beurre frais au goût de noisette, hors saison, des fayots blancs et leur tranche de gigot saignant et des desserts, fromages, œufs en neige et crèmes au chocolat, poires cuites au vin, fraises en mai, cerises en juin… Si j’avais eu des godasses correctes, la guerre pouvait bien durer, fraîche et joyeuse. Mes bonnes joues  se remplirent, je repris ma croissance, les après midi étaient un peu somnolents à cause de la digestion, ce qu’on mangeait le soir, bouillie de son ou d’avoine, n’avait plus vraiment d’importance. Et cette bonne madame Caudroy n’avait même pas de fille à l’école ! Ce n’était pas de l’altruisme, seulement du commerce, dans ce village tout petit, se côtoyaient sans plus de honte ou de désordre l’aisance la plus sereine et la plus extrême disgrâce, ce qui n’a jamais vraiment cessé.

Chapitre V
L’hiver, l’école du père Cousin était vachement bath. Mieux qu’une famille. Il y faisait chaud. Une demie heure avant notre arrivée, Daniel Vaulion et Jean Morice, les gars de l’assistance, élevés par la famille Engrand, nombreuse et catho, dont l’aînée, Béatrice aux longs cheveux auburn, était l’étoile des « grands », promise au certif, étaient chargés d’allumer le poêle, dans un quasi statut d’esclave, qu’on leur enviait bien un peu, amener le Journal de Rouen archi - lu, la bourrée, les bûchettes taillées fin, les menus rondins puis de plus gros, que la flamme jaillisse que ça ne s’étouffe pas malgré l’épaisse fumée, enfin que la bonne chaleur gagne la salle de classe où les pupitres à deux places dont la barre centrale était rendue tellement mince par le frottement des pieds qu’elle se rompait parfois, étaient rangés vers l’estrade et les cartes de France Vidal Lablache, en trois divisions, des moyens aux grands. Les jours de neige, une mare s’élargissait autour de la plaque de tôle qui protégeait le parquet du feu et une multitude de bonnets, de cache-nez, de moufles de couleurs vives séchaient sur la grille protectrice. Chacun lâchait les galoches et enfilait des chaussons. Moments délicieux avant de se bloquer au carcan de bois verni, tirer les cahiers et l’ardoise, le porte-mine et sa mine, l’éponge puante qui laissait toujours des nuages blancs rendant inextricable l’élucidation des divisions à trois chiffres.
On se racontait à mi-voix les exploits dans la neige, les manœuvres des Frisés tirant à balles réelles dans les fossés de l’allée des Marronniers, ces cons, le couple du chien et sa chienne collés par le cul dans la grand’rue, l’un tirant l’autre à reculons et sur lesquels le garde champêtre pour la pureté des mœurs jetait un seau d’eau chaude qui leur rendait la liberté. Louise en tirait des leçons morales nous mettant en garde plus tard sur les dangers des excès amoureux et nous nous demandions si elle charriait ou si ça pourrait nous arriver de nous balader avec une fille au bout de la queue et, sans réponse, terrorisés, on se jurait, plus grands, de ne jamais titiller les filles qu’avec les mains ; ou la bonne des Leroux qui louche si moche sur sa couperose, les quilles nues enfoncées dans ses bottes en caoutchouc, surprise par Dédé Rosset qui bossait chez eux pour la moisson, jupes relevées en train de se faire tirer debout dans l’étable par le fermier Leroux. C’est donc ça leur amour ? Dédé, mon pote silencieux, au nom prédestiné, avait un père cheminot dont la chaudière, contrairement à ses locos, roulait au calva plus qu’à la flotte. Il le dérouillait régulièrement sans autre raison qu’écumer sa vie de merde sur les fesses d’un Dédé qui ne gueulait jamais, à grands coups de ceinturon, devant les petits frères terrorisés, attendant la majorité pour faire pareil à leurs lardons. Ils habitaient sur la sente, mais de chez lui à l’autre bout, on pouvait passer par une barrière à loquet dans l’agreste villa de Paulette, une amie de maman, brune, gentille, sensuelle et libérée. Fille de cultivateur, son légitime étant prisonnier, on la disait maîtresse du père Pigot, l’ancien maire radical-socialiste, remplacé par un propriétaire foncier, un fidèle de Pétain dont le château s’abritait, en face du monument aux morts, derrière de hauts murs d’où dépassait un cèdre impérial. J’aperçus un jour, son petit nez à la grille de Pigot, une gamine de trois ans, ronde, blonde et ouverte qui m’appela pour me babiller sa sympathie et m’exhiber l’inventaire consciencieux de ses trésors d’enfant gâtée, maman, poupée, toutou, grand-père, landau, bâtissant une amitié en trente minutes…. Je la retrouverai vingt ans plus tard, cueillant avec Laurent des jonquilles en mai soixante huit, ses fines chevilles portant haut quatre mappemondes à la parfaite sphéricité et un ardent engagement cégétiste aux Chèques Postaux. Elle frappera gentiment quelques pages d’un premier roman.
Manuel, le fils de Paulette, fut un temps un compagnon de jeu choyé car il possédait un monceau de jouets. Sa maison donnait de l’autre côté sur le chemin de sable qui, prolongeant la route de Saint Adrien, errait entre les deux routes de Paris, au hasard des prés et des jardins, jusqu’à la mare Thierry, pas loin du Bel Event. A l’autre extrémité, le chemin débouchait sur la nationale, face au troquet Dutronquoy qui faisait l’encoignure. Je traversai vite le carrefour et le fils de la patronne, aussi frisé, amène et déluré que sa mère, réfugiée de la région parisienne, prit le relais d’une amitié qui devint vite passionnée. Nous fûmes Bertrand et moi deux années durant inséparables, les hivers nous voyaient jouer indéfiniment aux soldats de plomb sur le carrelage du bistrot qui avait aussi peu de clients que la route nationale. J’étais fasciné par son père, âgé et silencieux, qui se disait Huron d’origine, il en avait le profil d’aigle et le teint bistre, les plumes en moins. et sa jeune squaw à l’accent banlieusard le prétendait Japonais d’origine afin d’égarer les soupçons occupants. Il m’exhiba une carte postale du Far West où des Peaux Rouges galopaient à cheval à la poursuite d’un train en agitant leur tomahawks, m’assurant qu’il était l’un d’eux ! Texas, Arkansas et Colorado ! C’était trop, un Peau Rouge en vrai, le père de mon meilleur copain ! Il me posait une énigme insoluble : comment pouvait-il être à la fois le sauvage à cheval et le complice du photographe qui l’avait pris du train civilisé pour lui remettre ensuite le cliché ? Il garda un flegme de sachem, décevant ces extraordinaires promesses sans revêtir jamais ses parures, ni enfourcher le moindre mustang pour cribler de flèches les visages pâles ou vert-de-gris, se contentant de fumer silencieusement faute de calumet un brûle-gueule plutôt banal, vissé dans son fauteuil, au chaud dans ses charentaises, jamais il ne narra d’autre exploit ! Les bonheurs sont rarement complets. Bertrand donna le change en jouant interminablement avec moi aux Iroquois dans le bois de la Garenne vers Saint Adrien, dont les reliefs, à condition de s’enfoncer assez loin sous la hêtraie, pouvaient évoquer les Rocheuses avec ses anciennes valleuses profondément creusées dans la falaise de la Seine où des monceaux de feuilles créaient des pentes neigeuses où glisser sur les fesses ou des luges improvisées dans le silence impressionnant des hautes futaies à peine troublé par les saccades d’un pic-vert.
La salle de classe exhalait une odeur particulière, toutes fenêtres fermées, une bonne et forte odeur de rognure de gomme et de sueurs enfantines, d’aisselles aigres et de pieds douteux, le savon étant aussi rare que l’eau chaude, d’éponge à craie fermentée, de poussière tenace entre les lames de parquet, de vieux bouquins, avec la pointe d’acidité de l’encre violette transvasée des bouteilles diluées du précieux concentré que Cousin l’instit. tenait sous clé, dans les encriers tronconiques en faïence blanche, retenus par leur collerette ébréchée dans le trou au coin du pupitre maculé de taches dont le plan d’écriture se relevait sur ses charnières sur la collection des cahiers, des livres, l’ardoise et quelque trésor personnel, restant de casse-croûte, billes, canif, noix, sifflet, élastique de chaussette montante récupéré pour les frondes.
Les trois divisions nous laissaient deux tiers de temps libre pour apprendre seuls, cependant que le père Cousin morigénait les petits, ou, petits, écouter les cours des grands, plus valorisants. Le plus souvent on n’arrêtait pas de parler à voix basse, de bailler, de se lever à demi ou d’aller chercher la gomme tombée à dessein pour reluquer discrets les slibards des filles ou si quelqu’un, alerte rombière ou chenu « peau de lapin peau » passait dans la rue poussant son vélo, voire, plus rare, une drôle de voiture amphibie, ses jupes relevées, ou le gazogène poussif d’un camion égaré.
La rumeur montait, des éclats de voix joyeuse distrayaient les autres divisions et l’instit éructait un : « ça va sévir ! » du même clairon sempiternel qui n’effrayait plus personne. Il se faisait plus menaçant le coup d’après, agitait ses battoirs, promettait des punitions, cent lignes, le coin ou des tours de cour pendant la récré. Seuls, quelques durs recevaient des corrections qui impressionnaient les autres. Morice et Vaulion, de l’Assistance, endurcis aux volées, en étaient les récipiendaires privilégiés, sans parents pour protester. Ils avaient le cuir fait, l’insolence à fleur de peau, comme Dauster, qu’on voyait rarement, ramené par le garde champêtre qui faisait respecter l’obligation scolaire. Fils d’un vague ferrailleur qu’on disait anarchiste, tapi dans une baraque cradingue au bout d’une allée descendante scandée de pneus et de cageots où faisait pas bon se risquer, on cancanait chez Caudroy sur son visage de voyou angélique, un peu craspec, qui reproduisait la finesse de traits du vieux toubib de Boos pour qui sa mère, jadis en beauté, lors éboulée, avait eu des faiblesses.
Les gars de l’assistance n’étaient guère chéris par leur famille d’adoption par intérêt, bien que leur faux frères de souche affichassent une certaine fratrie. Louise, qui était pourtant cible de leur agitation, le soulignait pour valoriser mon privilège et m’exhorter à la sagesse. J’étais leur copain, leur résistance tenace me séduisait et m’effrayait, mon encombrant statut de fils de maît-d’é. me poussait à débusquer l’injustice. Vaulion, déjà voûté, avait au fond de ses yeux doux un regard malin et un humour grandissime, son chahut était d’une drôlerie salutaire. Quand l’avoinée chauffait, il se faisait courser autour de la classe par Cousin qui, furieux, en perdait ses tinettes et son aura tandis que nous pouffions, le nez à ras de bureau. C’est quand même eux, à la fin, qui prenaient les baffes en guise de bravos. Question d’endurance. Morice s’engagera à vingt ans pour l’Indochine. Je revis plus tard Vaulion dans une manif, délégué syndical du bâtiment, on fut heureux de se revoir.

C’est la mère Cousin, retraitée sèche comme un piquet, pas facile à traire, qui portait la culotte, au point de traverser le couloir qui séparait la classe de sa cuisine pour aider son Jules quand la rumeur s’enflait trop ou que la corrida Vaulion durait, il lui suffisait alors de passer le nez à la porte et, miracle, son autorité naturelle imposait instantanément le silence.
Dans la petite cour, au tournant de la rue, devant la petit hangar qui abritait la vieille pompe à incendie, à main, que personne ne savait plus actionner, sous le bigarreautier centenaire qui au printemps nous régalait de fruits sapides, les jeux de barre et d’épervier alternaient. Souvent, le père Cousin laissait à la récré plus que les dix minutes réglementaires et c’était formidable de se saouler de courses, de sentir ses plèvres récurées à l’air vif, filles et gars de s’agripper, de ruser d’un tour de reins pour échapper à la pogne et quand on était le dernier à braver la chaîne de l’épervier cousue de tous les autres, quel orgueil! La passion du jeu montait, jusqu’à recevoir un jour une claque de la grande Lefrançois, aînée d’une famille nombreuse et cousine pauvre des Leroux, parce que j’avais violé je ne sais quelle règle qu’elle venait d’inventer quand elle s’acquittait d’un devoir de classe qui n’avait rien à voir avec l’école et les barres. D’autre fois on s’éclatait dans le gravier, genou en sang bientôt coloré en jaune teinture d’iode, traînant des croûtes cachant du pus pendant des semaines car le médicament était rare.
Etant un des seuls de la douzaine de marmaillons à ouvrir un livre, je tenais sans trop d’effort la tête de la division. Mes rédactions, consécration, parvenaient à traverser le couloir et à faire rire la famille Cousin. L’histoire du matelot qui, voulant faire passer en douce à la douane son perroquet des îles, le cache dans le sac qu’il déclare aux douaniers comme de la ferraille et la bête de gueuler « bing ! » quand l’un d’eux pour vérifier donne un coup de poing dans le sac. Ha ! Ha ! Je vivais sur un agréable nuage jusqu’au Lycée où la concurrence serait plus rude, les rejetons de bourge qu’avaient lu étant légion.
Samedi matin, c’était travail manuel et le père Cousin déployait un génie Robinson, surtout dans la détente des fin d’année. Il nous envoyait glaner des pailles de seigle et cueillir de longues ronces. Ouvertes en deux sur le diamètre, débarrassées du cœur et des piquants, elles permettaient de coudre ensemble les boudins de paille juxtaposés en paillassons dorés qu’on vendait au village pour acheter des crayons de couleur avec lesquels dupliquer avec une application de faussaire, dans les fastidieux cours de dessin, le chandelier, le broc à lait et la cruche à eau. Ou bien la glaise durement extraite des briqueteries abandonnées, trimbalée dans des seaux jusqu’à l’école était longtemps pétrie, malaxée puis coulée dans des moules en tôle fabriqués par Delamare le garagiste dont les filles étaient élèves. Décorés à la pointe de couteau, des pavés de terracotta venaient orner après cuisson sur le poêle de la classe, les fenêtres des maisons. Il nous faisait tailler des sifflets dans des branches de sureau qui glissaient dans leur écorce, tricoter des tortillons de laine multicolores au creux du cylindre d’une bobine surmontée de quatre clous, qui, enroulés et cousus, fournissaient des dessous de bouteilles qui ne servaient jamais. On tressait les mêmes objets en vannerie en tressant les joncs cueillis dans la mare Thierry au risque de se ficher à l’eau. Le vrai plaisir était d’oublier la mission et de rester des heures à guetter les poules d’eau et leurs poussins aquatiques ou simplement s’accroupir à l’abri du vent, des regards et du monde parmi les joncs qui balançaient doucement leur bizarre minaret brun foncé, égrenant sans fin leur prière au temps qui passe, en face, éblouissants, les rayons du soleil bas jouaient avec leurs ombres mouvantes et tenaient à l’œil clignant en rythme un langage convenu, on se sentait vivre leur vie et s'engourdir avec eux dans une parenthèse de vécu où on pouvait tout aussi bien prendre racine et goûter indéfiniment les subtiles caresses du vent d’été.
En début d’année, il fallait ramener des vitres cassées qui, faute de papier de verre, servaient à gratter avec leur éclat vif les pupitres des heures durant, pendant lesquelles le père Cousin disparaissait dans la chaleur de son foyer. Les taches violettes et récalcitrantes qui cernaient l’encrier provoquaient une trépidante émulation, jusqu’à ce que le bois retrouve une clarté impeccable, encaustiquée ensuite avec des fonds de boîte de cire et lustrée jusqu’à splendeur. Les moins bons en calcul ou en orthographe connaissaient enfin leur heure de gloire. La classe était rénovée pour un nouveau départ sur les sentiers exaltants de la science.
De mars, Louise, sa mère et plus généralement l’école laïque, nous disaient qu’il signifiait le printemps et ils nous dévidaient l’inventaire symbolique et sempiternel : le soleil plus chaud, les jours qui rallongent, planisphère à l’appui, la fin du gel, un peu moins de flotte, les bourgeons qu’il fallait guetter, l’herbe déjaunie, les hirondelles. Préjugeant du calendrier adulte, nous partions le matin en blouse mais il continuait de faire un froid de canard avec les fameuses giboulées et bien souvent pis que cela, pas le moindre frisson floral ou herbu, fallait faire gaffe à ne pas louper les trois primevères au pied de la grille du château que l’insistance offusquée de Louise dénichait en renfort de sagacité. Une fois de plus, nous doutions des adultes pendant un long mois supplémentaire. On se rebarrait carrément vers l’hiver. Y aurait-il un jour de la chaleur, un été ? Vers la mi-avril, enfin, tout arrivait et c’était magique, les leçons de chose se multipliaient, il fallait ramener des pousses, des bourgeons, des chatons et défroisser leur mystère, ils contenaient chacun la forme résumée d’un arbre, mère nature bouillonnait dessous avec mille promesses de noisettes, de fraises des bois et de mûres. De petits nuages floconneux musaient au travers des branches à peine moussues de pousses verdies. De drôles de brises un peu tièdes, vaguement odorantes, venaient nous caresser le nez sans prévenir, nous nous mettions à raccroire au bonheur des renaissances ineffables.
Chaque deux ans, sous les marronniers centenaires, s’ouvrait la chasse aux hannetons, énormes insectes bruns qui bruissaient par milliers comme une invasion teutonne et mécanique, volant stupidement au dessus de nos têtes, abritée sous leur carapace au fond si fragile quand on l’écrasait du pied d’un bruit sec. Elle était encouragée par les autorités afin de défendre les cultures contre les vers blancs envahisseurs qui rongeaient les betteraves à vache. Elle nous occupait à plein temps, dès la sortie de l’école, on en recueillait de pleines boîtes qu’il fallait brûler ensuite, une bataille du feu de dieu qu’ils gagnaient toujours, les goinfres s’empiffraient des feuilles innombrables et jusqu’aux grosses fleurs en grappe blanchâtre des marronniers. On tirait des bitards, il pleuvait des hannetons, on sautait pour prendre ces cons au vol, ils se prenaient dans nos cheveux, on en remplissait des boîtes de conserves et on les cramait avant qu’ils pondent leurs œufs d’où sortiraient d’horribles vers translucides, plus dégueus que lombrics tortilleux. Ainsi sauvions-nous la vache normande qui, sans nous et la betterave sauve, n’eut pas passé l’hiver.

Succédait la guerre aux doryphores dans le potager de grand-père ou chez nous dans les rangées de patates plantées par Gagneux le cantonnier, plus fauché que ses fossés. Pareil, plein de boîtes de ces minuscules ennemis, mignons comme de bêtes à bon dieu, sauf qu’ils étaient rayés tigre plutôt que ponctués jaguar. Là, c’était carrément le combat de survie, ou eux, ou nous, il fallait les patates pour l’hiver et la soudure, la rage nous prenait, alimentée par l’allégorie, les Doryphores étant le énième blaze-défouloir décerné aux occupants. Vicelards, ils planquaient leurs œufs jaunes en dessous des feuilles, on en oubliait toujours. C’était foutu, ils revenaient, bouffaient tout et le déterrement des patates à la fourche en automne tournait à la catastrophe.
Le printemps 43 connut un soleil supplémentaire : nous découvrîmes les champs de neige de la lointaine Russie. L’espoir d’une défaite nazie souleva enfin le talon de fer. Au Bel Event, on ajouta au salon une carte secrète, vaste comme un continent, plantée cette fois de minuscules drapeaux rouges. Après Stalingrad, des centaines de Chleux arrogants, les mêmes qui passaient sur la route nationale dans leurs camions bâchés et leur voitures amphibie, étaient morts ou prisonniers des Russes. La fatalité changeait de camp. Grand-père avait meilleur mine, ses batailles avec Pé-gars, ce pauv’Jean, pour capter radio Londres, devenaient plus âpres car porteuses des joies de nouvelles victoires dont les dénominations exotiques résonnaient comme un cours de géographie : Véliki Louki, Ivanovo-Vosnessensk et Voronej, l’Iénisséï, le Pripet et le Don, avec des noms de généraux aussi compliqués à dire : Rokossovski, Ieremenko et Youkov, cependant que les Von, Paulus ou Ronstedt, prenaient la pile. Nos jeux de guerre se compliquèrent : désormais, les combats d’Armée Rouge dans la neige alternaient avec ceux des Indiens et cow-boys, figés dans l’incarnat, et, dans notre jargon, Comanche signifierait bientôt Coco. Ces prestigieux combattants habillés de blanc devenaient invisibles et défaisaient les Allemands gelés dans leur vert-de-gris, ces cibles trop faciles. S’entoupinant dans des draps, on plongeait dans la neige avec nos mitrailleuses en bois, se battait au corps à corps. Morts, on ressuscitait dans l’instant pour simuler le combat d’un nouveau héros. Les draps salis, les mères philistines nous houspillaient, indignes de nos enthousiasmes vengeurs.
Le ciel se joignit à la partie. Nous assistâmes aux superbes spectacles nocturnes des combats aériens quand les alliés essayaient de détruire la gare de triage de Sotteville, le Pont aux Anglais d’Eauplet et les batteries de la côte Sainte Catherine. Lâchant leurs bombes au jugé, ils accumulaient surtout les victimes civiles. Nous connaissions chaque type d’avion, distinguions au bruit les allemands des américains ou britanniques, les Spitfire, les Lightning, les Thunderbolt, les Mustangs et les forteresses volantes, avec leur tourelle de mitrailleur tournante avaient la cote, nous comparions leurs performances respectives, chacun ayant son type préféré, comme aujourd’hui des vedettes du foot, avec une partialité totale pour les fuselages alliés. Les doubles fuselages nous excitaient plus que d’autres. Les faisceaux des projecteurs balayaient le ciel, des balles traçantes zébraient les nues, les explosions des bombes s’entremêlaient aux claquements secs de la DCA, les avions en piquet glaçaient le sang de leur stridence. Privés de feux d’artifice, nous brûlions d’aller dehors admirer de plus près le spectacle ! Le jour, on voyait parfois un malheureux pilote suspendu à son parachute, on piaffait de partir en forêt le retrouver, l’aider, le cacher, mais on avait les chicottes car les motos des Fritz viraient à cent à l’heure à leur recherche, le gars du side-car projeté à l’extérieur. La bataille achevée, les sirènes sonnant la fin de l’alerte, on était vite dehors en se faisant rabrouer car au Bel Event, situé dans la trajectoire de la DCA, longtemps après les coups de canon des éclats d’obus tombaient encore, ils perçaient les toits avec un bruit mat, on en retrouvait partout, petits bouts de ferrailles déchiquetées qui pouvaient descendre son bonhomme ! On en faisait collection, alignés sur le napperon de la cheminée, les plus précieux étaient les mieux découpés comme les rochers des jardins chinois.
Les Allemands dépourvus d’avions avaient désormais une peur verte des attaques aériennes. Nos marronniers servaient de camouflage à leurs convois qui y attendaient la nuit pour circuler. Grand’mère disait qu’ils finiraient par nous faire bombarder, ce qui survint : des chapelets de bombes s’abattirent dans les champs, à deux cent mètres de la route. Ils devinrent le but de nos ballades, les cratères exactement coniques, profonds de plusieurs mètres se transformaient ensuite lentement en mares, nous nous imaginions pensivement au centre de l’impact. Maman fit creuser par Gagneux un abri tout au fond du jardin, jamais achevé. Il me servit surtout de terrain de jeu de prédilection, j’y aménageais dans la glaise d’immenses champs de bataille pour ma flotte de véhicules, d’obusiers et de tanks, j’y traçais un paysage de routes, tunnels, fortins imprenables, abris pour tanks. Je forais des casemates, recopiais le Larousse sur la Grande Guerre pour enfouir des tranchées, préparer des fougasses, fortifier les redoutes et creuser des sapes, prémonition d’une carrière d’aménageur.

A côté du garage, le rez-de-chaussée du pavillon offrait une manière de cellier non clos sur sa façade que je transformais en redoute en empilant jusqu’au plafond en guise de mur percé de meurtrières, le stock de bois de chauffage que Louise avait fait découper à la scie en bûchettes par Gagneux. Je menais dans mon Fort-Apache ou mon amirauté de Léningrad des sièges héroïques à l’abri des tempêtes de neige sur le Ladoga ou des assauts des Assiniboins.
Les fenêtres du premier étage étaient assez hautes, et, l’une après l’autre dans l’ordre croissant des difficultés, je jouais les monte en l’air et m’exerçais à les escalader en m’aidant des joints creux des briques, lançant le bras pour attraper une prise, traction, rétablissement sur l’appui de la fenêtre, ce qui était utile quand Louise galvaudait et que la clé n’était pas dans sa planque. La plus délicate était celle des chiottes où il fallait se rétablir à sa hauteur depuis une traction sur les doigts puis, suspendu des mains au rebord supérieur, glisser une jambe puis l’autre dans l’étroit vasistas, et, le buste en surplomb du vide, en équilibre horizontal, se tortiller sur le dos jusqu’à basculer à l’intérieur et toucher du bout des pieds la lunette. Sauvé !
Bertrand Dutronquoy accueillit Gilbert, un cousin de seize ans, costaud, chaleureux et sûr de lui, qui fuyait la banlieue parisienne. Il enflamma notre fibre patriotique, radicalisa notre résistance, l’organisa en un groupe clandestin, avec signes de reconnaissance, siège secret et mutisme obligatoire. Nous suivions les Teutons en manœuvre sous les marronniers et glanions derrière eux les douilles de cuivre afin de leur soustraire le précieux métal que des affiches recommandaient de porter à la mairie pour aider les troupes d’occupation à vaincre le bolchevisme. Tu parles ! Intrépide, Gilbert récupéra une vraie baïonnette allemande dans la cabine d’un camion dont le chauffeur était descendu pisser contre un marronnier. La route de Paris était longée par des fossés et chaque entrée de villa comportait un petit pont muni d’un étroit tuyau pour l’écoulement des eaux. Un de nos jeux préférés consistait à franchir le tuyau en rampant, au risque de s’y coincer, ce qui m’arriva, avec l’angoisse épouvantable de ne peut plus pouvoir ni avancer ni reculer, sans que les copains n’y puissent grand chose sauf à m’exhorter à la patience et à une forte expiration pour être moins gros de la poitrine et ainsi me décoincer. J’y découvris les restes d’un vrai fusil qui avait perdu sa crosse et rouillait là depuis 1940 : colossal! Nous cachâmes le trophée des regards vert-de-gris, le cœur battant. Sans trop savoir pour quel futur but de guerre, nous le transportâmes avec la complicité des filles, dans le hangar désaffecté du garage Delamare, à côté du bistrot. Sous le sceau du secret, le flingue, serré dans un étau, fut longuement récuré à la toile émeri, nettoyé, baigné dans des restes d’essence et huilé. Gilbert parvint à faire fonctionner culasse et gâchette! Notre flingue, bloqué dans l’étau, pouvait tirer des balles et on en tira une, une balle à blanc récupérée des Fritz, provoquant avec la répercussion des tôles du hangar une déflagration terrible et l’émoi dans le quartier. Vite, nous agitâmes des chiffons pour dissiper l’odeur de poudre qui empuantissait l’atelier puis planquâmes l’engin sous des chiffons avant l’arrivée des adultes. Non, on n’avait rien entendu, on était juste en train de réparer les patins à roulettes. Peut-être un pneu éclaté sur la route ?

Mais comment le munir d’une crosse pour qu’il redevienne un vrai fusil? Un rondin un peu tendre fit l’affaire, que Gilbert dégrossit à la serpe au couteau mais ça n’avançait guère, on n’avait ni modèle, ni véritable outil. Bientôt il repartit à Paris, laissant notre groupe orphelin de chef et de stratégies guerrières entrer derechef en Résistance ludique où il massacrait des Frisés virtuels par milliers.
Il nous arrivait, Louise et moi, de partir en expéditions lointaines vers Louviers où s’étaient réfugiés les grands parents paternels, les sœurs d’Albert, la tante Doudette, modiste, et la belle Lélé aux gros lolos, sa sœur ménagère et son héros, le fringant Lulu qu’était dans l’administration, après avoir quitté en civil, le regret au cœur, la vaillante armée française, juste avant prisonnier. Le voyage était héroïque, les cars teuf-teufaient gazogène, les clients devaient monter à pied la côte des Essarts avant de dégringoler vers Elbeuf quand c’était pas la neige et le verglas. Des fois c’était pour la Noël et Jour de l’an. Ma date de naissance tombant entre les deux, trois caramels et un sucre d’orge couvraient en matière de cadeaux les trois fêtes, en plus du Mécano maternel. Pour une fois, Gaby pareil, qu’était né un premier janvier. A croire qu’Albert, artilleur radin, avait finement calculé sa balistique, sauf votre respect, avec le calendrier Ogino lequel, selon maman, ne marchait jamais.

Mémé Colibeau servait dans la seule salle chauffée une bouffe ultra-chiche préparée dans sa minuscule cuisine. Ils n’étaient pas riches et vivaient sur la retraite du grand père, érudit en silex mal taillés. J’appréhendais que la goutte lentement grossie tombât du bout de son nez dans la soupe de pois, tout aussi chiches.
Je tentais de jouer avec les étranges formes de chapeau en bois tourné de Doudette, ces têtes de mort édentées sans trous pour les yeux mais je ne savais pas trop à quoi, sauf aux revenants, avec les petites fleurs artificielles, plus ci-gît tu meurs, exposées sur trois bibis aux vitres de la fenêtre de la salle, ce qui ne servait à rien puisqu’elle donnait sur une impasse aux trois maisons déjà abondamment chapotées. Le coiffeur mitoyen n’envoyait jamais de clients à ma tante, de peur de perdre les siens, le chapeau masquant l’indéfrisable. Je compris jeune combien la voie du petit commerce est ingrate. Et comment il fallait au plus vite fuir cet enlisement au marais des commis et compromis purotins.
Sur la grande table ovale qui déployait ses rallonges à nos visites, nous était servi l’apéritif maison concocté par la grand mère, les mains croisées sous son bustier, vieille habitude visant à valoriser la jolie poitrine qui avait en fin de siècle suborné Arsène, la bouche serrée
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