Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres








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’Dix mots d'anglais’’ (1946), comédie «en plusieurs actes» ;

- ‘’Elles et toi’’ (1946), recueil de réflexions où on lit :

- «Quand on me parle d'une femme cultivée, je l'imagine avec des carottes dans les oreilles et du cerfeuil entre les doigts de pied

- «Les femmes croient volontiers que parce qu'elles ont fait le contraire de ce qu'on leur demandait, elles ont pris une initiative

- «Toi, quand tu arriveras à l'heure, c'est que tu te seras trompée d'heure

- «Il y a celles qui vous disent qu'elles ne sont pas à vendre, et qui n'accepteraient pas un centime de vous ! Ce sont généralement celles-là qui vous ruinent

- «Deux femmes qui s'embrassent me feront toujours penser à deux boxeurs qui se serrent la main

- «Il y a des femmes qui se jettent à votre cou comme elles se lancent à la tête d’un cheval... Pour vous faire croire que vous êtes emballé

- «Sur l'existence de Dieu, la moindre apparition sera la bienvenue

- ‘’Toutes réflexions faites’’ (1947) recueil de réflexions où on lit :

- «Illusionniste né, vite il m'est apparu qu'au mépris des coutumes et des conventions, j'avais pour mission de plaire à mes contemporains - sans cependant déplaire à Jules Renard

- «C'est une erreur de croire qu'en parlant bas à l'oreille de quelqu'un qui travaille on le dérange moins

- «Ma mémoire est fantasque - et parfois il m'arrive de parler très fort à l'oreille d'un myope

- «Nier Dieu, c'est se priver de l'unique intérêt que présente la mort

- «Oui, c'est être constant que d'adorer l'amour, et ce n'est pas changer de goût que de changer de femme puisque les femmes changent

- «Nous sommes loin de nous douter des services que pourraient nous rendre nos défauts si nous savions les mettre en oeuvre

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Le 8 août 1947, le commissaire du gouvernement prit une deuxième décision de classement de ‘’L’affaire Guitry’’. Mais la réputation et, surtout, l'orgueil du dramaturge en prirent un coup définitif. Sous l’emprise d’une rage et d’une rancoeur aisément compréhensibles, il publia :

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‘’Quatre ans d'occupations’’

(1947)
Dossier de 555 pages
Ce sont les pièces que Sacha Guitry avait rassemblées pour sa défense, et qu’il avait présentées à ses avocats mais qui n’avaient pas été produites. C’était un grand nombre de lettres, de documents et de noms qu’on pourrait considérer comme confidentiels, mais qui étaient bel et bien de nature à effacer totalement les accusations honteuses dont il avait été l’objet. Il entendait mettre au grand jour et porter devant l’opinion publique l’ensemble de ses activités pendant l’Occupation.

Dans la préface, il évoque son deuxième non-lieu : «Il n’y avait pas lieu de me mettre en prison, de me faire insulter, de prohiber mon nom, d’interdire mes films. Il n’y avait pas lieu de m’empêcher de remonter sur un théâtre et de poursuivre mon destin. Le 23 août 1944, on m’arrêtait avec éclat parce qu’on me supposait coupable. Le 8 août 1947, c’est clandestinement que l’on me certifie que je suis innocent. Il n’y a donc pas lieu pour moi de changer une ligne à ce livre

Après une «dédicace» flamboyante, il demande, dans un «avis liminaire», que le lecteur, «honnête homme, intelligent», soit d’emblée convaincu qu’on a commis à son encontre «la plus inconcevable injustice», quitte à changer d’avis à la dernière page. Il affirme aussi n’avoir éprouvé aucun plaisir «à relater des faits qui souvent [lui] répugnent». Un dernier préambule : «Il fallait à ma vie, qui fut exceptionnelle, un parachèvement qui fut à sa mesure. […] Et, de ce côté-là, je n’ai pas à me plaindre.» Mais il espère bien que ce livre apportera des faits nouveaux, «de nature à retourner la situation» de cette comédie «qui tient depuis trois ans l’affiche». Car «si certains se sont juré d’avoir ma peau, moi, je me suis promis qu’ils ne l’auraient jamais.» Il ajoute : «Je ne me fais guère d'illusions sur mes amis, mais, en revanche, je crois pouvoir compter sur mes ennemis.» Il ne manque pas de faire de l’esprit : «Tant de gens à l'époque vous noircissaient pour se blanchir

Il se moque des Allemands en les décrivant à leur arrivée en France : «Cela ne ressemblait pas, d'ailleurs, à des gens victorieux et joyeux qui s'installent. Et ç'avait l'air plutôt d'un envahissement par les rats, par la teigne ou par le doryphore. Car c'était à vrai dire une calamité. Et cela donnait aussi l'idée d'un phénomène comique, d'une catastrophe qui se serait produite ailleurs et qui les aurait conduits jusque-là - d'une catastrophe dont ils seraient un jour, eux-mêmes les victimes - pour en avoir été les complices ou la cause. Leur attitude collective à cet égard avait un sens profond - car ils étaient comme des gens qui n'en croient pas leurs yeux, qui n'en reviennent pas - qui n'en demandaient pas tant. / Ils ne se sentaient pas en pays conquis. En fait ils ne l'étaient pas. Michelet a dit que l'Angleterre était un Empire, que l'Allemagne était un pays - que la France était une Personne. Ils l'ont violée : ils n'en ont pas fait la conquête

Parlant de lui, il se plaint : «Certes il ne saurait être question de ranger ce citoyen parmi les héros, mais il m'apparaît qu'une petite place à part pouvait lui être faite - et pas nécessairement à Fresnes

Il fustige ses ennemis : «Corrupteurs effrontés, ils parviennent à soudoyer des consciences fragiles et des volontés à tout faire. Une révolution pour ces gens-là, cela consiste toujours à usurper des places, à ternir des réputations, à brûler des images. Sous prétexte de tordre le cou à la routine, ils attaquent la tradition

Il vitupère l’«épuration» à laquelle on se livra à la Libération : «Époque affreuse que celle où l'on voit les sots s'efforçant de rayer du nombre des vivants un poète immortel, un sculpteur de génie, une actrice, un savant. Décrocher des tableaux ! Recouvrir des statues ! Interdire des livres ! Et prohiber des noms ! C'est cela, la haine et l'impuissance - et c'en est l'aveu répugnant

Il défend son ouvrage ‘’De 1429 à 1942 - De Jeanne d'Arc à Philippe Pétain’’, y voyant «un véritable monument à la gloire de la France... Un cri de foi, d'amour et d'espérance, et l'on ne saurait lui attribuer sans mentir une signification politique. […] Je n'en connais pas qui soit plus beau. Je n'en connais pas qui montre mieux le vrai visage de la France - et son ardente volonté de se suffire à elle-même - et de rester, seule, chez elle. L'avoir réalisé sous l’œil de l'Occupant, cela représente un tour de force inégalé.» Il se félicite d’y avoir placé la célèbre lettre ouverte d'Émile Zola en faveur d'Alfred Dreyfus, ‘’J'accuse…!’’ : «N'était-ce pas audacieux, provoquant [sic] même?», ajoutant : «avoir fait reproduire un poème de Porto-Riche, une pensée de Bergson, - avoir nommé Sarah Bernhardt et Pissarro, avoir cité Dukas, Rachel et Marcel Schwob».

Il conclut : «Ce qui primait avant tout, n’est-ce pas, c’était que je fusse ‘’coupable’’ - et qu’on en eût la preuve ! Pensez donc : un auteur adulé, Commandeur, Académicien, fils du plus grand des comédiens, frappé d’indignité nationale – c’est cela qui eût été glorieux pour la France ! Malheureusement pour eux, mes ennemis n’ont pas eu la possibilité de faire promulguer un article de loi qu’ils eussent rédigé de la façon suivante : Tout auteur dramatique français, né à Saint-Pétersbourg dans les trois premiers mois de l’an 1885, et ne mesurant pas plus d’un mètre quatre-vingt, sera passé par les armes s’il a paru sur un théâtre, avec succès, entre fin juin 1940 et juillet 1944. Adieu, Lecteur. Et ne vous posez donc plus de question à mon sujet - car ce qu’on a tenté de me faire payer, ce sont quarante années de réussite et de bonheur – croyez-le bien
Commentaire
Le titre calembouresque, où «occupations» s’écrit avec un «s» et une initiale minuscule, était plus ou moins bien venu (surtout à l’époque), et cachait une ironie amère.

Le livre fut illustré de nombreuses reproductions et photographies.

Comme on pouvait s’y attendre, la presse de l’époque fut, dans la plupart des cas, extrêmement hostile à ce dossier. Dans ‘’Le Figaro’’, qui faisait alors la loi conjointement avec ‘’L’humanité’’, Pierre Brisson écrivit, le 15 novembre : «Les bassesses peureuses de l’ingratitude comptabilisées de page en page le disputent aux bassesses du démarcheur qui les dénonce pour s’en faire gloire. C’est affreux et l’on s’en voudrait de commenter un pareil ramassis. […] Que M. Sacha Guitry retourne à son théâtre, tout ira bien. Qu’il se déguise en Dagobert, en Vert-Galant ou même en Roi-Soleil, ce sera parfait […] Mais qu’il veuille ajouter à son impressionnante collection de vanités celles de champion de la Résistance - là, vraiment, c’est un peu trop.»

Aujourd’hui, on constate que, si, dans ce volumineux dossier, Sacha Guitry a volontairement omis quelques peccadilles (dont deux ou trois articles sujets à polémique), il ne méritait aucunement l’excès d’indignités qui l’avait frappé, la plus grave, pour un homme tel que lui, étant l’impossibilité d’exercer son métier, donc de vivre, pendant près de trois ans.

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Sacha Guitry voulut tourner un film intitulé ‘’Le diable boiteux’’ et consacré à Talleyrand, mais, le 26 septembre 1947, la censure française lui en refusa le droit.

Le 21 octobre, il prononça, à la salle Pleyel, une conférence sur ses activités durant l'Occupation.

Au moment de l’attribution du prix Goncourt, lui et René Benjamin s’opposèrent aux autres académiciens en attribuant un «prix Goncourt hors Goncourt» à ‘’Salut au Kentucky’’ de Kléber Haedens.

Le 7 décembre mourut Tristan Bemard, qu’il était allé voir quelques jours auparavant.

Il publia ‘’Vers de Bohème’’, un recueil de poèmes qui fut accompagné d’un disque sur lequel les poèmes ‘’Égoïste’’ et ‘’Ma chatte’’ avaient été enregistrés.

Ayant dû attendre 1948 pour se produire à nouveau sur la scène, le 17 janvier, Sacha Guitry, malgré les menaces et le chantage, fit sa rentrée, et répliqua à ses adversaires en présentant la comédie tirée du film que la censure n'avait pas encore autorisé :

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‘’ Talleyrand’’ ou ‘’Le diable boiteux’’

(1948)
Pièce en trois actes et neuf tableaux
Sacha Guitry, qui annonce : «Le 2 février 1754, naquit à Paris, 4, rue Garancière, le plus grand diplomate qui ait sans doute jamais existé : Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord. M. de Talleyrand naquit affligé d'un pied bot et j'aime à penser que, dès l'âge de huit ans, il a dû se demander à quoi cette disgrâce physique pourrait bien lui servir un jour...», suit sa vie à travers une série de croquis et d'anecdotes. Évêque d'Autun, de monarchiste, il devint, sous la Révolution, jacobin, fut ministre sous le Directoire, servit Bonaparte au temps du Consulat, fut conseiller et ministre des affaires étrangères de l'Empereur qu’il renia pour soutenir la Restauration jusqu'à la Monarchie de Juillet, ce diplomate versatile étant l'un des hommes les plus puissants de France, mais aussi les plus controversés. À ses domestiques, il déclare : «J’ai une bonne nouvelle pour vous. Vous allez être augmentés. Vous étiez trois, vous serez quatre
Commentaire
En janvier 1948, avant la première de ce spectacle, tout le monde savait ou croyait savoir que Sacha Guitry avait construit son personnage de Talleyrand comme une sorte de justification de sa conduite pendant l’Occupation. Interrogé sur ce point, il répondit aux journalistes : «J’ai lu bien des sottises sur mon Talleyrand. On a parlé de rapports qu’il pourrait y avoir entre mon diplomate et moi. C’est absurde. Je travaille à cet ouvrage depuis vingt-cinq ans, c’est-à-dire depuis le jour où, dans ma pièce, ‘’Béranger’’, mon père est apparu sous les traits de Talleyrand. Et dire que je crois me reconnaître sous cet illustre personnage serait aussi bête que si l’on m’accusait de me reconnaître sous les traits de Pasteur, de Jean de La Fontaine ou de Frans Hals !»

C’était mensonger, car Sacha Guitry, qui, après l’épreuve subie, voulait revenir en force, tenait à prendre les traits d'un autre grand Français qui fut critiqué autant que lui-même, en qui on se plaît à voir le félon par excellence, le maître du double jeu et des apparences, un traître, l'homme le plus amoral, peut-être de l’Histoire de la France, et le plus vénal.

Il voulait le réhabiliter aux yeux des Français. Mais cette apologie de Talleyrand n'était pas seulement une esquisse historique, il voulait se réhabiliter lui-même en un subtil plaidoyer pro domo, se couvrir de son précédent, se cacher dans son ombre. En filigrane, il commentait son propre comportement, semblant narguer la justice en lui démontrant rétrospectivement sa culpabilité. S’avançant masqué et clouant le bec à la calomnie, il s’empara de la figure de cet ambigu et poussif diable boiteux, patriote qui trahissait les rois pour ne pas trahir la France, qui prétendait n'avoir pas trahi Napoléon, car, disait-il : «On ne soutient pas un gouvernement qui tombe» - «Si je n'abandonne pas l'Empereur, je trahirai la France», à laquelle il faisait don de ses qualités de diplomate, sans tenir compte des régimes successifs, poursuivant son travail avec toujours comme seul but de servir la grandeur d’un pays auquel, ajoutait Sacha Guitry, il est bien malaisé d'être fidèle puisqu’il change d'avis avec tant de désinvolture.

Inspiré par la haine de la calomnie et du ragot, il truffa la pièce (dont le texte est un peu décevant à la scène car il ne fut pas écrit pour elle), d'allusions aux attaques dont il avait été l'objet et à leurs conséquences. Déclarant : «Rien de plus triste au monde que d'être des émigrés», il attaquait ainsi ceux qui quittèrent la France occupée, ou libérée. Il lança cette pique cruelle : «Plus vulgaire, c'est bourgeois», car il considérait la bourgeoisie comme la pire des choses, ayant vu de ses membres spéculer honteusement et collaborer sans vergogne. Alors qu’on dit à Talleyrand : «Être en prison, ce doit être merveilleux», c’est Sacha Guitry qui répond amèrement : «Ne croyez pas cela».

Il fit de lui l’acteur principal de l’épopée napoléonienne. Il montra son esprit acéré, lui donna des répliques qui tombent parfaitement sans qu'on sache même qu'elles sont historiques, chacune recelant un trait d'esprit.

Cependant, quand la pièce fut publiée, dans la préface, il baissa le masque, et indiqua : «Talleyrand me trottait par la tête “en boitant” depuis déjà bien des années. Il était dans ‘’Histoires de France’’, on le voyait encore dans ‘’Désirée Clary’’, enfin, dans ‘’Béranger’’, Lucien Guitry l’a fait revivre. Or, il m’est apparu qu’à l’époque où, précisément, un homme de sa prodigieuse et souple intelligence nous a tant fait défaut, il serait opportun d’en présenter quelques croquis, dans la manière de ceux que l’on prend sur le vif. De plus, et dans le même esprit, il m’a semblé qu’il était pour le moins piquant d’évoquer aujourd’hui le souvenir d’un ministre français qui sut se rendre utile puis devint nécessaire avant que de passer pour être indispensable aux yeux des quatre souverains qui se sont succédé sur le trône de France, durant les cinquante années de son règne. Car c’étaient les monarques et les régimes aussi qui passaient mais, lui, pas. Enfin, il est toujours plaisant de réhabiliter (de le tenter, du moins) un personnage illustre que son temps a vilipendé. Oscar Wilde à cet égard ne se trompait guère quand il disait : “Les nations, comme les familles n'ont de grands hommes que malgré elles”. Le cinéma m’offrait de telles possibilités que, du Talleyrand dont je rêvais, je fis un film. Le synopsis - ou résumé - fut présenté à la censure. La censure ne nous en a pas accordé le visa. Les raisons qui m’en furent données étaient d’une cocasserie presque inimaginable. Des répliques m’étaient indiquées au crayon bleu comme étant de nature à provoquer des manifestations ! La IVe République ne pouvait cependant pas se sentir menacée par des réparties qui sont de Talleyrand lui-même ou de l’Empereur Napoléon, qui sont de Louis XVIII ou du duc d’Orléans ! Elles se trouvent dans cet ouvrage - en très grand nombre - et c’est malicieusement que j’ai négligé de les mettre entre guillemets. Que l’on s’amuse à les trouver. Devant ce refus de la censure, j’ai tout de suite “tiré” de mon film une pièce de théâtre - contrairement à l’habitude - et que l’on m’excuse d’en parler, si j’en parle - les manifestations qui se sont produites chaque soir n’avaient aucun sens politique et elles me sont allées au cœur. (Je ne tiens pas pour négligeable le coup de sifflet qui m’accueillit à mon entrée en scène le soir de la répétition générale. Bien au contraire. Ce seul coup de sifflet prouve excellemment, en effet, qu’il n’y a pas eu deux coups de sifflet). Le visa de la censure me fut alors accordé, sans aucune bonne grâce, d’ailleurs. Et quant aux erreurs de lieux ou de dates que j’ai pu faire, qu’on ne prenne pas la peine de me les signaler “elles sont voulues”

Les autres personnages sont très forts également : Louis XVIII est truculent, Charles X ambitieux, Louis-Philippe raisonnable ; surtout, Napoléon est colérique et grandiose dans sa chute. La scène qui met face à face Talleyrand et Napoléon est sensationnelle, le premier surpassant l’autre par sa grandeur. Par ailleurs, Sacha Guitry fit se rencontrer et dialoguer deux êtres qui ne se sont assurément jamais rencontrés, Béranger et Talleyrand. Si les historiens protestèrent, le public s’amusa.
La pièce fut créée au Théâtre Édouard-VII, le 16 janvier 1948. La seule manifestation hostile fut un coup de sifflet auquel s'opposèrent les protestations du public qui applaudit la pièce et son auteur, demandant dix rappels. Suivirent cent représentations, jusqu’au 25 avril 1948. Tandis qu’Émile Drain incarna Napoléon, Lana Marconi fut l’épouse de Talleyrand, et celui-ci évidemment joué par Sacha Guitry qui donna une de ses deux ou trois compositions les plus achevées, car, pour toutes les raisons qu'on connaît, conscientes ou non, s’effectua une véritable osmose entre l'acteur et le modèle, dont il allait être désormais impossible de donner une image meilleure.

Mais la pièce fut accueillie très froidement par la presse politisée de l'époque.

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Jusqu'à sa mort, Sacha Guitry allait, malgré, et sans doute à cause de son succès, avoir, avec une critique souvent partisane, des rapports constamment tendus et conflictuels. Lui reprochant sa mégalomanie et sa prétention, elle se montrait très sévère. Pour sa part, il I'accusait de «faire sciemment le mal avec hypocrisie. De commettre une espèce de crime sous la protection d'une loi ambiguë». Il la stigmatisait de mots savoureux et féroces : «La critique est aisée - à qui le dites-vous ! Elle s’enrichit à nos dépens et se nourrit de petits fours.» Il finit même par lui interdire I'entrée de ses théâtres.

Le 31 janvier débuta le procès intenté par les membres de l'académie Goncourt opposés à Sacha Guitry et à René Benjamin. Le 7 avril, le tribunal condamna conjointement Sacha Guitry et l'éditeur Robert Laffont, mais mit hors de cause René Benjamin.

Même s’il eut beaucoup de difficultés à reprendre enfin son travail de réalisateur, en février, dans les studios Gaumont, il tourna l’adaptation de sa pièce de 1921 ‘’Le comédien’’. Le film tout entier est un reportage : sur la vie de Lucien Guitry, joué par son fils ; sur le théâtre de Sacha Guitry ; sur le comédien Sacha qui joue son rôle et celui de son père, parfois dans la même scène.

La censure l’ayant autorisé, dans le courant d'avril, fut tourné dans les studios Gaumont :

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