Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres








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Napoléon’’

(1955)
Film de 182 minutes diffusé en deux époques



La vie de Napoléon, de 1769 à 1821, est racontée par M. de Talleyrand à ses amis : sa naissance en Corse, ses études à l'école militaire de Brienne, ses fiançailles à Toulon, son arrivée à Paris, sa rencontre avec Joséphine de Beauharnais, son exploit à Arcole, sa campagne d'Égypte, son coup d’État du 18 brumaire, sa fonction de premier consul, son accession à l’Empire, ses victoires, sa campagne de Russie, son abdication, son exil à l'île d'Elbe, sa défaite à Waterloo, son exil à Sainte-Hélène.

Commentaire
C’est un autre film «à grand spectacle», une fresque historique d’une désinvolture réjouissante.

On remarque dans la distribution : Sacha Guitry (Talleyrand), Raymond Pellegrin (Napoléon), Daniel Gélin (Bonaparte), Pierre Brasseur (Barras), Yves Montand (le maréchal Lefebvre), Henri Vidal (le maréchal Murat), Luis Mariano (le chanteur Garat), Serge Reggiani (Lucien Bonaparte), Michèle Morgan (Joséphine de Beauharnais), Danielle Darrieux (Éléonore Denuelle), Dany Robin (Désirée Clary), Lana Marconi (Marie Walewska), Patachou ("Madame Sans-Gêne"), Micheline Presle (la reine Hortense de Beauharnais), Jean Gabin (le maréchal Lannes), Pauline Carton (une aubergiste), Maria Schell (Marie-Louise, l'archiduchesse d'Autriche), Noël Roquevert (le général Cambronne), Jean Marais (le comte de Montholon), Orson Welles (sir Hudson Lowe), Erich von Stroheim (Ludwig van Beethoven), Armand Mestral (le général Oudinot), Jean-Pierre Aumont (Regnault de St-Jean d'Angely), Louis de Funès (Laurent Passementier, un soldat), etc..

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Le 3 mai 1955, la télévision donna ‘’L'illusionniste’’.

Au début juin, Sacha Guitry, incité par le succès de ‘’Si Versailles m’était conté’’, commença les prises de vues d’un second long-métrage du même modèle sur l'histoire de la ville de Paris.

Le 27 juin, il enregistra une émission en duplex, avec Jean Nohain, sur les vacances.

Le 6 juillet, la Société des auteurs lui remit sa grande médaille d'or.

Le 5 décembre, pour l’émission de la télévision "36 chandelles" de Jean Nohain, il fut montré filmant la bataille de Valmy.

Le 22 décembre, il donna, pour une vente aux enchères au profit des vieux comédiens, un portrait de Lucien Guitry par Sem, et une dédicace autographe de lui.

Le 30 décembre, il remit, à M. Féron, président du conseil municipal de Paris, les bobines du film qui fut, le 26 janvier, présenté lors d’un gala, à l'Opéra :

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‘’Si Paris nous était conté’’

(1955)
Film de 130 minutes
L'histoire de Paris, de ses origines à 1955, est racontée à de jeunes étudiants par Sacha Guitry, sous forme de «déclaration d'amour lucide». Sont notamment évoqués la première rencontre de Charles VII et d'Agnès Sorel, la création de l'imprimerie sous l'impulsion de Louis XI, le Louvre au temps de François 1er, le vol de la Joconde, la nuit de la Saint-Barthélemy, l'assassinat d'Henri III par un moine fanatique, l'abjuration d'Henri IV à la prière de sa maîtresse Gabrielle d'Estrées, l'embastillement du conseiller Broussel et celui du jeune Voltaire, l'énigme de «l'homme au masque de fer», les évasions de Latude, les salons littéraires de Mmes Geoffrin et d'Épinay, le règne de Rose Bertin sur la mode en 1780, l'agonie de Voltaire et son enterrement à la sauvette, la prise de la Bastille commentée par Beaumarchais, l'exécution de Louis XVI et le procès de Marie-Antoinette, les soirées littéraires au Café Procope, la Commune de Paris, l'affaire Dreyfus, les premières de "Louise" et de "Cyrano de Bergerac", la découverte du vaccin antirabique par Pasteur...
Commentaire
C’est un autre film «à grand spectacle», une fresque historique d’une désinvolture réjouissante. Sacha Guitry commit quelques petites erreurs historiques ; ainsi, lorsque le roi Charles VII rencontre Agnès Sorel, et fait d’elle sa maîtresse, elle lui dit qu'ils sont en l'an 1432, ce qui est impossible car cette année-là elle n'avait que dix ans.

Dans la distribution, on remarque les noms de : Sacha Guitry (le narrateur et Louis XI), Lana Marconi (la reine Marie-Antoinette), Michèle Morgan (Gabrielle d'Estrées), Gisèle Pascal (la comtesse de Montebello), Simone Renant (la marquise de La Tour-Maubourg), Renée Saint-Cyr (l’impératrice Eugénie), Jean Weber (Henri III), Gérard Philipe (le trouvère), Louis de Funès (Antoine Allègre), Françoise Arnoul (la duchesse de Bassano), Danielle Darrieux (Agnès Sorel), Sophie Desmarets (Rose Bertin), Odette Joyeux (la passementière), Robert Lamoureux (Latude), Jean Marais (François Ier), Julien Carette (un cocher), Pauline Carton (la bouquiniste), Jeanne Fusier-Gir (la patronne), Aimé Clariond (Beaumarchais), Pierre Vaneck (François Villon), Maurice Utrillo (dans son propre rôle), etc..

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En 1954, Sacha Guitry fut, dans un article célèbre, puis dans la préface d'un de ses ouvrages, "Le cinéma et moi", reconnu comme un grand metteur en scène par le critique des ‘’Cahiers du cinéma’’, François Truffaut, futur chef de la Nouvelle vague.

Du fait de sa polynévrite, il était dans l'incapacité de se mouvoir, mais continua à diriger ses films assis dans un fauteuil roulant. Il sentait venir le collapsus. À sa compagne, il murmurait : «Ne regardez pas, ma chérie... ce n'est pas un spectacle !»

Cependant, Paul Léautaud étant mort le 22 février 1955, il se chargea de sa sépulture.

En 1955, il fut de nouveau opéré de l'estomac. Et il continuait de souffrir, et cruellement, de sa polynévrite...

En 1956, une éruption cutanée l'obligea à devenir barbu...

Le 14 avril, pour le mariage de Rainier de Monaco avec Grace Kelly, il composa et dit un impromptu.

À la fin d’avril, il se réconcilia avec son ami, Albert Willemetz.

En mai, malgré la maladie, il réalisa dans la bonne humeur un film qui fut présenté le 7 février 1957 :

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‘’Assassins et voleurs’’

(1957)
Film de 85 minutes
Philippe d'Artois, riche oisif, voleur par dandysme, confortablement installé dans son appartement, songe au suicide. Ses réflexions sont interrompues par l'arrivée d’un cambrioleur, Albert Lacagneux, qui, surpris, tente de s'enfuir. Mais Philippe le retient, et lui demande contre une forte somme de devenir son assassin. Pour le persuader, il commence le récit de son extraordinaire existence. Ainsi Albert Lecagneux se rend compte qu’il a été condamné, il y a quelques années, à la place de Philippe d'Artois pour le meurtre du mari de la maîtresse de ce dernier. Et l'assassin, restant fidèle à lui-même, se débarrasse du voleur.
Commentaire

N'oubliant pas son arrestation, Sacha Guitry s’inspira du premier scénario qu’il avait écrit : ‘’Un roman d'amour et d'aventures’’.

Ce film, dans lequel on peut voir une sorte de testament, est une comédie caustique, une farce subversive et grinçante, où il nous convainc qu'il ne croyait définitivement plus ni en I'Homme ni en la Société. L'arrestation et l'emprisonnement d'Albert Lecagneux à la place du véritable coupable, Philippe d'Artois, sont une allusion évidente à son arrestation à la Libération.

Le film se déroule de façon rigoureuse, jusqu'à son cynique dénouement.

Pour la première fois, Sacha Guitry fut totalement absent de son film : non seulement il ne joua pas, mais le commentaire en «voix off» fut assuré par Jean Poiret, qui tint le rôle de Philippe d’Artois, tandis que son compère, Michel Serrault, était Albert Lecagneux. Darry Cowl fit ses débuts avec une scène pratiquement improvisée, mais hilarante.

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Sacha Guitry produisit son dernier film :

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‘’Les trois font la paire’’

(1957)
Film de 85 minutes
Un acteur de complément a été assassiné à Montmartre durant les prises de vue d'une comédie tournée par un metteur en scène farfelu. À la grande joie de son épouse, toute fière d'être la compagne d'un nouveau Maigret, le commissaire Bernard est aussitôt chargé de l'enquête. Mais ses investigations piétinent, jusqu'au jour où l'on s'aperçoit que la caméra, n'ayant cessé de fonctionner, a enregistré le crime... et, partant, son auteur. Les policiers de la police judiciaire se réjouissent, mais doivent déchanter tout aussi vite : ils tiennent désormais trois suspects : une petite «escarpe» et deux jumeaux, l'un et l'autre clowns à Medrano. Une sémillante prostituée a le mot de la fin, tandis que la pègre se charge du vrai coupable.
Commentaire
C’est le film-somme sur le cinéma de Sacha Guitry car l'on y retrouve tout ce qui fait le sel de son œuvre : humour caustique, jeu avec les procédés filmiques, fidélité à certains acteurs (Michel Simon accepta, par amitié pour le maître, d’y jouer le rôle du commissaire Bernard alors qu’il n'aimait pas le scénario). Il était mourant, et il réalisa avec l'aide de l'acteur-producteur-réalisateur Clément Duhour. Il n’apparut qu’au générique et à fin en présentateur-narrateur.

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Sacha Guitry écrivit encore :

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‘’La vie à deux’’

(1957)
Scénario
Auteur à succès, Pierre Carraud, rédige son testament, et, par devant Maître Stéphane, en présence de ses meilleurs amis et de son secrétaire, M. Lecomte, déclare léguer sa fortune à ceux qui ont servi de modèles aux personnages de son grand succès ‘’La vie à deux’’, sous condition que leur vie ait été et soit toujours heureuse, faute de quoi, ce sont ses amis qui hériteraient. Deux généalogistes, Pommier et Santis, sont désignés et se mettent en chasse. Ils sont poursuivis par le directeur, Arthur Vattier, et l'éditeur Roland Sauvage, deux amis alléchés par l'appât du gain. Se succèdent alors divers extraits de comédies de Sacha Guitry : ‘’Désiré’’, ‘’Faisons un rêve’’, ‘’Le blanc et le noir’’, ‘’L'illusionniste’’, ’Une paire de gifles’’ et ‘’Françoise’’. Aucun couple n'ayant rempli la condition, Carraud meurt en ayant auprès de lui la seule femme qu'il ait aimé profondément, Françoise.
Commentaire
Ce fut le testament artistique de Sacha Guitry car il y fondit cinq de ses pièces reliées par un texte dont on ne sait dans quelle mesure il fut écrit par lui-ci et non par son secrétaire, Stéphane Prince, qui se cacherait derrière le mystérieux Jean Martin crédité par le générique comme coscénariste.

En 1958, après la mort de Sacha Guitry, Clément Duhour réalisa le film avec une pléiade de vedettes venues rendre hommage au maître : Pierre Brasseur (Pierre Carreau), Louis de Funès (Maître Stéphane), Danielle Darrieux, Sophie Desmarets, Fernandel, Edwige Feuillère, Robert Lamoureux, Jean Marais, Lilli Palmer, Gérard Philipe, Jean Richard, Pauline Carton, etc..

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Le 12 juillet 1957, Sacha Guitry fut victime d’une première hémorragie.

Le 24 juillet, à quatre heures du matin, non sans avoir prononcé quelques derniers bons mots («C’est l’heure où les médecins viennent mentir»), il cessa de vivre, dans les bras de Lana Marconi qui, jusqu'au bout, l’avait veillé jour et nuit.

Les Parisiens lui rendirent massivement un dernier hommage. François Truffaut écrivit : «Il n'a plus d'ennemis, puisqu'on lui reprochait avant tout d'être vivant».

Il rejoignit au cimetière Montmartre son père et son frère, Jean.

On publia encore :

- ‘’L’esprit’’ (1958), recueil de textes divers. On y lit : «Le cigare donne à ceux qui sont pauvres l'illusion de la richesse. Il en donne l'assurance à ceux qui sont fortunés

- ‘’Histoires de France’’ (1959), recueil de pièces de théâtre.

- ‘’Théâtre, je t’adore’’ (1959), notes et croquis au fil de la plume.

- À partir du troisième trimestre de 1959 commença la publication de quinze volumes de ‘’Théâtre’’.

- ‘’Au voleur !’’(1960), scénario (Le Nabob est un diamant énorme, d'une valeur inestimable, que tout le monde convoite, y compris les plus riches. De subtilisation en échange, une course au Nabob se poursuit) qui fut remanié et adapté par Jean-Bernard Luc, le film de 90 minutes étant réalisé par Ralph Habib, mais passant inaperçu lors de sa sortie en France, alors que sa version allemande "Affäre Nabob’’ connut outre-Rhin un succès d'estime.
En 1963, malgré les protestations de ses nombreux amis, l’hôtel particulier de Sacha Guitry, au Champ de Mars, 18 avenue Élisée-Reclus, fut démoli.

Dans les années 90, plusieurs de ses films furent l'objet de nouvelles versions, produites notamment par Daniel Toscan du Plantier.

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SYNTHÈSE
L'homme
Sacha Guitry, qui montra toujours une grande ardeur, qui put affirmer : «Ce qui ne me passionne pas m’ennuie», fut un phénomène, un personnage exceptionnel, plus grand que nature. Il eut une vie publique et une vie privée plus mouvementées que celles de ses personnages les plus improbables.

Doté d’une exubérance naturelle, de brio, de faconde, il conçut sa vie privée comme une pièce de théâtre, se conduisit toujours en très grand seigneur, toujours comme s'il était en représentation, passant chez lui des heures en pantoufles brodées à ses initiales et robe de chambre en laine peignée des Pyrénées à changer les vitrines de son musée intime.

Dans sa vie publique, il parut doté d’un gigantesque ego, d’une magnifique superbe, d’une imposante prétention, d’une grande suffisance, d’un goût du luxe, de l’épate et de la parade, étant, selon Louis Pauwels, «ostentatoire jusqu’à la disgrâce», imbu de l’idée que le monde ne pouvait tourner sans lui. Cet exhibitionniste put admettre : «Il y a des bêtises que j'ai faites, uniquement pour avoir le plaisir de les raconter.» Il proclama : «Faire des concessions? Oui. C'est un point de vue, mais sur un cimetière

Il fut un mondain qui ne cessa de faire parler de lui par son élégance, sa distinction, son raffinement, sans être jamais formel. Ce roi de Paris fut plus un gentilhomme qu’un grand bourgeois. D’ailleurs, il refusait de payer ses impôts, ne voulant jamais rien partager avec l’État, avec ses concitoyens.

Il jouait de sa voix de nez, gourmée et pontifiante, «sa voix, étoffée, émouvante, qui baisse jusqu’au murmure sans cesser d’être distincte, [avec] sa force contenue, sa suavité habile» (Colette), de sa diction traînante, de son phrasé inimitable, de son ton souvent emphatique, que les imitateurs s’amusèrent à copier. Aimant la grandiloquence, sinon une certaine préciosité, il semblait trouver une grande satisfaction à dire «moâ» (du fait de son narcissisme, il fut d’ailleurs surnommé «Monsieur Moâ»), à se faire appeler «Maître». Il faut reconnaître qu’il prenait des poses, que sa vie entière fut théâtrale, une de ses épouses ayant confié : «C’est fatigant de vivre au côté de Sacha. Il est constamment en train de jouer !» En conséquence, si l'on ne tombait pas sous son charme qui était immense, si l’on n’était pas fasciné par le séducteur, on pouvait être irrité par cet homme qui cependant avoua : «
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