Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres








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Bloompott’’

(1906)
Roman
Bloompott, qui est né d'un couple blanc, a trouvé le moyen d'être noir. C'est un poète, un tricheur, un fêtard, un homme frivole, souvent d'une exquise délicatesse, parfois tout simplement génial. C'est aussi le nouvel ami du narrateur qui, après l'avoir fait naître sur le papier, devient son camarade inséparable.
Commentaire
Sacha Guitry, qui avait prévenu dès l'introduction : «Je m'étais pourtant bien juré de ne jamais écrire de romans !», qui écrivit pourtant celui-ci au jour le jour, et souvent dans l'urgence, conçut une intrigue légère, voire inexistante, une action d’une transparence qui agace parfois. Elle fut publiée par épisodes dans l'hebdomadaire ‘’Gil Blas’’, du 30 mai au 7 août 1906. Les chapitres sont donc très courts, et l'ensemble paraît parfois quelque peu saccadé. Il reste que sa plume est vive et ironique. Simple narrateur lorsqu'il s'agit d'évoquer la naissance et l'enfance de son héros, il devient le témoin principal et le compagnon de ses aventures, s'offrant par là-même une nouvelle occasion de nous faire profiter de ses réflexions, sur la société dans laquelle il vit, et dont il profite avec insouciance, et sur lui-même, dont il se moque avec la même légèreté.

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En 1906, Sacha Guitry donna ‘’Les nuées’’, une comédie en quatre actes qui était l’adaptation (très libre) de celle d'Aristophane. Elle eut, au Théâtre des Arts, trente-quatre représentations, du 28 décembre 1906 au 27 janvier 1907.

Il écrivit avec Alfred Athis ‘’L'escalier de service’’ou ‘’Dolly’’, comédie en deux actes qui n’eut, au Casino de Monaco, qu’une représentation, le 25 février 1907.

La même année, il donna ‘’La clef’’, comédie en quatre actes qui eut, au théâtre Réjane, neuf représentations, du 3 au 12 mai 1907. Elle fut, de l’aveu de Sacha Guitry lui-même, un véritable «four», l’un des deux ou trois seuls véritables gros échecs de sa carrière. Pourtant, il la défendit bec et ongles, lui ayant donné, lors de son édition, une virulente préface, d’une parfaite sincérité, qu’une majorité de critiques mirent un certain temps à lui pardonner.

En 1907 encore, il écrivit avec Alphonse Allais ‘’La partie de dominos’’, comédie en deux actes, dont il ne ressentit pas la pleine paternité, et qu’il ne retint pas à son répertoire.

Cette année-là, Sacha Guitry et Charlotte Lysès achetèrent leur première maison à Honfleur où, le 14 août, ils se marièrent.

En octobre eut lieu une tournée (Biarritz, Bruxelles, Monte-Carlo), avec ‘’Nono’’ et ‘’Chez les Zoaques’’.

Il fit jouer :

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‘’Petite Hollande’’

(1908)
Comédie en trois actes
Vers la fin de l’acte I, une sorte de «spectacle de société» est donné après le dîner dans un salon parisien : une élève du Conservatoire récite un poème tandis qu’Aristide Bruant fait son apparition pour chanter ‘’Les mich’tons’’.



Commentaire
La pièce fut créée le 25 mars, au Théâtre de l'Odéon. Dès la première, Sacha Guitry Guitry reçut ce pneumatique d’André Antoine, le directeur de l’Odéon : «Desjardins [premier rôle] est malade. Sauvez la situation et jouez ce rôle ce soir. Vous connaissez votre pièce par cœur et l’on aura pour vous toutes les indulgences.» Il fut donc, sans répétition, lancé sur la scène de l’Odéon ! Il y eut seulement dix autres représentations.

Admiratif et reconnaissant pour son soutien, Sacha Guitry sollicita d’Octave Mirbeau une préface où l’aîné porta ce jugement sur ses débuts : «On a fait comprendre à cet empêcheur de s’embêter en rond que c’était tout simplement scandaleux. Ah ! On lui a fait voir tout de suite qu’il avait du talent.»

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En 1908, Sacha Guitry produisit ‘’Le scandale de Monte-Carlo’’, comédie en trois actes qui fut représentée pour la première fois, le 22 avril 1908, au Théâtre du Gymnase, et fut un échec.

Il fut découragé un temps, d’autant plus qu’il ne gagnait pas grand-chose comme acteur ni comme auteur. Sans la rente assez confortable que touchait Charlotte Lysès grâce à son oncle, le couple aurait connu de très sérieuses difficultés financières. Ce fut alors qu’il se proposa en qualité d’agent publicitaire ! Ainsi, dans diverses revues, dont ‘’Comoedia’’, parut une page consacrée aux vins Wincarnis : c’était un montage photographique présentant Sacha et Charlotte encadrant une gigantesque bouteille de champagne ; au-dessous, on pouvait lire ces vers : «Si Chloé, toute la nuit adorait son Daphnis / C’est que Daphnis, le jour, buvait le Wincarnis !» Et c’était signé : «Sacha Guitry, honteux !». Un autre montage présentait ce fantaisiste affublé d’une large ceinture élastique, avec cette légende : «Mon ventre tombait. Grâce à la ceinture Franck-Braun j’ai pu me baisser pour le ramasser.» ; c’était une sorte de gaine pour homme dont le succès commercial allait grandissant. Vers la même époque, il dessina une tête de clown, traça en dessous les lettres «L.S.K.C.S.Ki», et alla proposer cette trouvaille au directeur du cacao ‘’Elesca’’, qui la lui acheta avec joie, et l’utilisa très longtemps sur ses boites.

Ce fut le soutien indéfectible de son grand aîné, Octave Mirbeau, qui lui donna le courage de continuer dans la voie du théâtre.

En 1908, il écrivit ‘’Le mufle’’, comédie en deux actes, ‘’Après’’, revue en un acte.

Le 9 décembre, il fut appelé à faire son service militaire. Mais il fut réformé pour rhumatismes aigus généralisés.

En 1909, ce jeune auteur dramatique qui n'avait encore connu que guère de succès, rongeait son frein car il avait beaucoup de choses à dire sur le milieu du théâtre, dans lequel il baignait depuis l'enfance. Pour exprimer tout ce qu'il pensait avec une totale liberté, il inventa donc un personnage, Paul Roulier-Davenel, vieil auteur dramatique «qu'on peut placer sans hésitation entre Victorien Sardou et Roger Ferréol», et imagina les lettres que ce dernier aurait pu lui envoyer. Lui, qui ponctuait fréquemment ses missives d'un tonitruant «Mon vieux !», lui racontait tout : ses croustillantes aventures amoureuses, ses déconvenues avec la critique parisienne, ses pannes d'inspiration, quelques méchancetés bien senties à l'encontre des comédiens en vogue. Il célébrait, bien sûr, les femmes à la façon de Sacha Guitry, c'est-à-dire en les écornant souvent, l'homme étant toutefois payé de retour, car il se faisait éconduire, voire dominer. Sacha Guitry s'ingénia à rendre cette correspondance plausible, avec des passages censurés, une liste des pièces écrites par son personnage (‘’Le préféré de maman’’, ‘’Mésaventure amoureuse’’ ou ‘’L'argent’’, ‘’La fameuse redingote du général Maleymoit’’), un index des noms cités dont certains sont d'ailleurs pure invention, des post-scriptum décalés, et même des croquis explicatifs… On trouve dans ce canular tout ce qui allait faire le succès de l’écrivain : son sens de la formule, son impertinence intarissable. Cette correspondance fictive fut alors publiée sous forme de chroniques dans la revue ‘’Comœdia’’. Puis il en tira à quelques exemplaires un petit volume pour lequel il découpa tout ce qu'il avait écrit pour la publication, l’augmenta de passages manuscrits, de temps en temps corrigés. Cette pépite fut distribuée à l'époque de façon confidentielle. En 2009, elle réapparut au grand jour.

La même année, il fit jouer :

- ‘’Tell père, tell fils’’, opéra bouffe en un acte où l’histoire du héros suisse et de son fils est traitée avec désinvolture. Mais c’est aussi une de ces comédies tendres où il sut parler joliment de la relation père-fils. La musique fut composée par Tiarko Richepin. La première eut lieu le 17 avril, au Théâtre Mevisto.

- ‘’La 33 ème’’ ou ‘’Pour épater ta mère’’, comédie en un acte où Sacha Guitry et Charlotte Lysès jouèrent ensemble, la première ayant lieu le13 août au casino de Trouville.

- ‘’C'te pucelle d'Adèle’’, comédie en un acte et deux tableaux qui fut dédiée à Colette qui y tint le rôle principal, et représentée au Concert de la Gaîté-Rochechouart.

En janvier-février 1910, il fit une tournée organisée par l’impresario Schürmann, passant par Varsovie, Saint-Pétersbourg, Helsingfors, Moscou, Odessa, où il dut l’interrompre, et payer le retour des artistes.

Le 26 avril, il donna, au Théâtre Antoine, une causerie sur «La loufoquerie».

En novembre-décembre, les nouveaux propriétaires du Théâtre des Mathurins lui en confièrent la direction. Mais il allait n'y créer aucune de ses pièces.

En 1910, il fit jouer une comédie en un acte ‘’Tout est sauvé, fors l'honneur’’, s’amusant, dans ce titre, à prendre à contre-pied l’aveu de François Ier vaincu à Pavie : «Tout est perdu fors l’honneur !»

Il marqua un plus grand coup avec :

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‘’Le veilleur de nuit’’

(1911)
Comédie en trois actes
En l’absence de son riche protecteur, un vieux professeur au Collège de France, savant mondialement connu, une femme du demi-monde s’ennuie. Elle réunit des amis dans son luxueux hôtel particulier, et se laisse volontiers conter fleurette par plusieurs soupirants... Il est presque neuf heures du matin, et la fête continue toujours quand se présente Jean, un jeune peintre à qui l’on a commandé une fresque : il vient travailler, tout simplement. Les invités se sauvent.

Sympathique, déluré et costaud, Jean n’a pas grand mal à séduire son hôtesse, qui va se coucher, fort troublée.

Le peintre doit alors résister aux entreprises amoureuses de la hideuse Félicie, femme de chambre et confidente de sa patronne. Heureusement, cette dernière surgit à temps, et entraîne Jean dans sa chambre...

Devenu son amant de coeur, Jean a fait fuir tous les parasites qui encombraient l’existence de sa maîtresse, à l’exception de Félicie, follement jalouse, qui le déteste et qu’il appelle «Félonie».

Cependant, se présente le professeur et protecteur, gros homme laid, d’un âge certain mais d’une vive intelligence, qui considère la jeune femme comme un «joujou», dont il est fier. Conscient de ses faiblesses, il manifeste une vive inquiétude à l’idée d’être trompé, et cette perspective empoisonne son existence.

Ravie de trahir Jean, «Félonie» provoque une rencontre entre les deux hommes. Le savant comprend très vite la vérité, d’autant plus que deux petits fêtards imbéciles, convoqués par l’impitoyable bonne, font une entrée intempestive. Sa maîtresse lui avoue qu’elle a donné plusieurs réceptions en son absence. Mais le protecteur s’inquiète seulement de savoir pourquoi elle n’en donne plus ! Très doucement, il lui demande d’aller faire une promenade au Bois, puis il convoque Jean...

Quelques jours après, Jean travaille encore à sa fresque. L’hostilité entre «Félonie» et lui est telle qu’il exige son renvoi. Pourtant, il se laisse attendrir par ses supplications et ses larmes.

Le protecteur décide, l’ayant rapidement jaugé, de se faire le complice du peintre, le priant de devenir «le veilleur de nuit» de sa belle… Il accepte d’abord cet étrange partage. Mais, bientôt, il n’en peut plus... Il est en proie à un cruel dilemne : que doit-il faire? abandonner celle qu’il aime? l’obliger à partager sa misère?... Le protecteur intervient alors : grâce à cette combinaison, il a retrouvé la confiance et le calme. Comme lui et l’amant ont des goûts identiques, ils se complètent, et doivent être amis... Auprès de ces deux êtres jeunes et heureux, le savant vieillira à l’aise et sans problèmes...
Commentaire
Dans cette pièce, qui est une des meilleures comédies de Sacha Guitry, il traita le thème délicat du sigisbée avec une aisance magistrale, de la désinvolture, de la gaîté, du comique et même de la bouffonnerie, de l’esprit, de l’ironie, de l’exubérance, de l’émotion, une facilité soudaine à envisager les choses sous leur aspect sérieux et quasi mélancolique, et beaucoup d’intelligence.

La première fut donnée le 2 février 1911, au Théâtre Michel. Ce fut le premier grand succès de Sacha Guitry.

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En 1911, Sacha Guitry donna encore :

- ‘’Mésaventure amoureuse’’ ou ‘’L'argent’’, comédie en un acte qui était un des titres de pièces qu’il s’était amusé à attribuer à Paul Roulier-Davenel. La pièce fut présentée au Théâtre Fémina à Paris, le 8 mars 1911.

- ‘’Un beau mariage’’, comédie en trois actes, présentée au Théâtre de la Renaissance.

Le 30 octobre, il fit une première exposition de ses tableaux, chez Bernheim Jeune.

En janvier 1912, lui et Charlotte allèrent jouer ‘’Le veilleur de nuit’’ à Monte-Carlo, Nice, Lyon.

En février, ils la jouèrent à Bruxelles.

Il présenta :

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‘’Jean III’’ ou ‘’L'irrésistible vocation du fils Mondoucet’’

(1912)
Comédie en trois actes
On frappe les trois coups : la pièce ‘’Jean III’’ va commencer... mais on vient annoncer au public que le comédien qui joue le Chevalier vient de se blesser. Heureusement, on apprend qu’un certain Paul Mondoucet connaît la pièce. Si les spectateurs veulent bien patienter, on va se lancer à sa recherche... C’est un fou de théâtre qui court toutes les salles de Paris pour se faire engager, au désespoir de son père qui préférerait le voir employé dans la quincaillerie familiale. Quand le régisseur du Théâtre Impérial vient solliciter son aide, son père, furieux, le chasse. Deux comédiens, Lambrequin et Léone, viennent à leur tour supplier M. Mondoucet. Il se laisse attendrir, mais Paul a disparu. Pendant ce temps, au Théâtre Impérial, les acteurs, devant le rideau de scène, jouent des monologues. Quand Paul fait son apparition, on l’habille en toute hâte, on le maquille, et on lui raconte la pièce, qu’il ne connaît pas !
Commentaire
La pièce est un bel exemple de ce «théâtre dans le théâtre» auquel Sacha Guitry se livra à plusieurs occasions. La presse lui réserva les critiques des plus élogieuses. Ainsi, Robert de Flers écrivit dans ‘’Le Figaro’’ : «On a beaucoup ri de tous les rires, depuis les plus fous jusqu'aux plus raisonnables. On a ri comme si la vie n'existait pas , comme si l'on n'avait jamais ri. Monsieur Sacha Guitry est une sorte de bienfaiteur.» Cependant, il refusa la reprise de la pièce, jusqu'à ce que, en 1932, son ami Robert Trébor lui propose une distribution (avec entre autres Pierre Fresnay), qui le convainquit d'accepter.

Depuis , bien d’autres reprises furent faites, dont celle de Francis Perrin, au Théâtre Montansier, en janvier 1998 ; celle de la Troupe des Pas Sages de Grenoble, en 2005.

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‘’La prise de Berg-Op-Zoom’’

(1912)
Comédie en quatre actes
Nous sommes chez les Vannaire. Léo Vannaire est un bon garçon, mais pas très futé, qui a la manie de découper des silhouettes de bois, s’attaquant même à la planche à repasser, faisant des copeaux dans le salon, où il a établi son atelier. Sa femme, Paulette, aussi ordonnée que vertueuse, a horreur de toute cette menuiserie. Elle n'a pas non plus grand amour pour son mari, mais elle est de ces femmes pour qui la faute est inconcevable. Vannaire a une sœur qu'il a mariée richement dans l'intention bien arrêtée d'emprunter de l'argent à son beau-frère. Enfin, il y a deux autres personnages, un ami de Vannaire, Rocher, et la maîtresse de celui-ci, Lucienne ou Lulu, modèle à l'occasion. Lulu plaît fort à Léo Vannaire, qui se met à découper sa silhouette, en attendant mieux. Pendant qu'il travaille, un domestique affolé vient l'avertir que deux étranges personnages font une enquête sur leur ménage chez tous les fournisseurs du quartier. Cela sent la police. Vidal (le beau-frère) demande à Léo s'il n'aurait point, par hasard, fait quelque sottise qui expliquerait cette surveillance. Léo se trouble, et avoue qu'il a détourné, la semaine précédente, une personne d'un âge trop tendre. Mme Vannaire, qui est sortie pour un essayage, revient. Les domestiques la mettent au courant, et son benêt de mari ne peut se tenir de lui avouer la cause présumée de l'enquête. Elle craint le scandale, téléphone au commissaire de police du quartier, et lui demande un rendez-vous, qu’il lui accorde pour le lendemain, à quatre heures, non pas au commissariat, mais chez lui. Paulette a conté, entre temps, aux Vidal, qu'un inconnu la suit depuis plusieurs jours obstinément. On devine, dès ce premier acte, que l'enquête était menée par le suiveur, que la police n'avait aucun soupçon du détournement de mineure, et que Paulette allait, mal à propos, le révéler au commissaire. Mais on ne devine point ce qui est le principal, que suiveur et commissaire ne font qu'une seule et même personne.

Au second acte, le suiveur, Charles Hériot, rencontre, dans un corridor du théâtre, Paulette, qui, outrée de cette poursuite, le prie de la laisser en paix. Il lui déclare, avec une tranquille assurance, qu'il l'aime, qu'elle l'aimera, qu'ils sont faits l'un pour l'autre, et qu'elle viendra chez lui le lendemain, à quatre heures. Elle y vient, en effet, puisqu'elle a demandé un rendez-vous au commissaire de police, et, à la vue de Charles Hériot, elle éprouve une surprise que nous partageons, puisque nous apprenons en même temps qu'elle que le commissaire est Hériot et qu'Hériot est le commissaire.

Leur scène est à peu près tout le troisième acte. Ils se disent les plus jolies choses, et toujours aussi imprévues que tendres. Paulette est séduite avec une rapidité incroyable, car les honnêtes femmes sont celles qui tombent le plus vite. Il est décidé qu'elle divorcera, qu'elle épousera Hériot, et que, s'ils n'attendent pas tout un an pour s'aimer, ils différeront au moins jusqu'au 24 du mois courant (l'almanach à effeuiller qui est pendu derrière le bureau du commissaire indique que c'est aujourd'hui le 15). Il a choisi le 24, parce que c'est, toujours d'après le même almanach, l'anniversaire de la prise de Berg-op-Zoom. Paulette ne peut s'empêcher de trouver le délai un peu long, et, tandis que sa tête repose sur l'épaule du commissaire, elle arrache, une à une, furtivement, les feuilles de l'éphéméride. Bien que la date réelle soit le 15, ce sera donc demain le 24, et elle promet de revenir pour signer la capitulation de Berg-op-Zoom. Elle est cependant trop honnête, ou trop bourgeoise, pour tenir sa promesse ; elle attendra le divorce et le mariage ; elle prie Hériot, par téléphone, de venir lui rendre visite chez elle ; le mari l'entend téléphoner, et mande lui-même par téléphone le commissaire de police pour constater le flagrant délit. Le commissaire allègue l'impossibilité où il est de jouer à la fois les rôles de commissaire et d'amant, et de dresser procès-verbal contre lui-même. Finalement, c’est le mari qui consent à se laisser prendre en conversation criminelle avec Lulu, qui se trouve là à point nommé ; on le tient, d'autre part, grâce à son aventure de la semaine dernière avec la mineure.
Commentaire
Le titre était fait pour intriguer le public. Mais il était facile de deviner que cette opération militaire (la ville hollandaise de Berg-op-Zoom fut prise par les Français le 2 juillet 1747, et livrée au pillage, après un siège célèbre) servait de métaphore à une opération amoureuse, la prise étant celle d’une femme malaisée à conquérir, et qu'il faut emporter d'assaut. Dès le lever du rideau, nous sentons un autre mystère qui ne se découvre qu'au troisième acte, ce qui rend les deux premiers actes un peu languissants, malgré la drôlerie des scènes, la bizarrerie du milieu et le comique falot des personnages. Mais Sacha Guitry sut tirer des effets plaisants de ce personnage double du commissaire de police, qui est aussi un amoureux.

La pièce amusa Alphonse Franck, directeur du Théâtre du Gymnase. Mais il la considéra injouable, trouva le titre exécrable, pensa que son sujet ne pouvait intéresser le public. Heureusement, au contraire, Gustave Quinson apprécia l’originalité du personnage et du titre, fit jouer la pièce au Théâtre du Vaudeville, et la mit en scène avec Sacha Guitry et Charlotte Lysès. Elle fut créée le 4 octobre.

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En 1912 encore, Sacha Guitry présenta ‘
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