Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres








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’Pas complet’’, comédie bouffe en deux actes.

Cette année-là, ce maître du langage déclara n'être pas intéressé par le cinéma, qui était muet : «J'estime que l'influence du cinématographe a été déplorable,[...] qu'il a tenté de faire au théâtre une concurrence déloyale en truquant et en tronquant les œuvres dramatiques.» (‘’Le cinéma et moi’’).

En 1913, il vint habiter 48, rue Pergolèse. Il y rédigea de nouvelles pièces, travailla à son tout premier film. Il y donna de somptueuses réceptions où étaient conviées les figures les plus en vue du Tout-Paris, dont il était lui-même, étant célèbre pour sa silhouette, ses costumes et ses voitures, mais aussi et surtout pour son esprit auquel faisaient fête les spectateurs de ses pièces où il enchaînait les succès.

Cependant, cette année-là, il connut une grave maladie qui le conduisit presque aux portes de la mort.

En avril, il fit une tournée en Italie avec l'imprésario de Sarah Bernhardt, Ullmann.

Il produisit :

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‘’On passe dans huit jours’’

(1913)
Comédie en un acte
Un auteur dramatique convoque une jeune comédienne, trop réservée, pour lui reprendre son rôle. Furieuse et humiliée, elle lui découvre un tempérament plus que brûlant. Gardera-t-elle le rôle alors qu’on doit jouer la pièce dans huit jours?
Commentaire
Cette relation entre un auteur et une comédienne, sous son apparence de légèreté, nous montre bien la difficulté de «dire», de «faire», de «communiquer». L'individu est face à lui-même, à sa propre responsabilité, et à sa capacité à se dépasser.

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‘’Jusqu'à nouvel ordre...’’

(1913)
Recueil de réflexions de 192 pages
On y lit :

- «La vanité, c’est l’orgueil des autres

- «En réalité, ce qu'on entend par avoir du coeur, c'est avoir une faiblesse des glandes lacrymales en même temps qu'une légère paralysie du cervelet

- «Chaque accident arrivé à autrui est un accident évité pas vous

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En octobre-décembre 1913, Sacha Guitry fit, avec Ullmann, une tournée en Europe et Orient : Gand, Anvers, Amsterdam, Vienne, Bucarest, Constantinople, Athènes, Alexandrie, Le Caire et Bruxelles.

Il fit jouer :

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‘’La pèlerine écossaise’’

(1914)
Comédie en trois actes
À Dinard, dans leur maison qui est loin de tout, Françoise, une «pèlerine écossaise» très usagée sur les épaules, mène avec son mari, Philippe, une existence conjugale sans histoires. Le train-train quotidien ne leur apporte plus les «épices» nécessaires à des échanges amoureux. Ils vivent tranquillement leur bonheur... Peut-être trop tranquillement. La présence d'un jeune voisin, Marcel, et la venue d'un couple, Adolphe et Huguette, viennent bouleverser leur bel équilibre, déchaîner tous les éléments qui, normalement, mènent tout d'abord au flirt puis à la tentation de l'adultère, qui atteint Françoise et Philippe, pourtant si heureux en ménage. La faute à qui? La faute à quoi? «La pèlerine écossaise» prend alors une importance inattendue. Mais la jalousie est une bonne chose, et les découvertes mutuelles que font Françoise et Philippe, dans ce domaine, leur font rapidement découvrir qu'ils n'avaient jamais cesser de s'adorer.
Commentaire
Sacha Guitry entendait démontrer que le mariage est la mort de I'amour. Avec une insolente liberté de ton et un extraordinaire sens du dialogue, il allia cruauté et grâce, amère philosophie et éclats de rire.

Il écrivit : «Comptez-vous vous présenter à la mairie? - Oui, à cause des mariages ! - Qu'est-ce que vous direz aux fiancés? - Je leur dirai : "Avez-vous bien réfléchi?"»

La pièce fut créée au Théâtre des Bouffes-Parisiens le 15 janvier 1914, Sacha Guitry (Philippe) jouant avec Charlotte Lysès (Françoise).

Elle confirma sa notoriété.

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Le 27 mars 1914, Sacha Guitry, malade, dut cesser de jouer.

Cependant, il présenta :

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‘’Deux couverts’’

(1914)
Comédie en un acte
Un père, qui a peut-être autrefois négligé son fils unique, orphelin de sa mère, au jour des résultats du baccalauréat, prend en plein visage l'affront de l'ingratitude et de l'insouciance de son fils qui a échoué. Le renvoyant comme il renvoie sa maîtresse, il dîne seul, et ce repas signifie la fin de sa vie, triste et amère.
Commentaire
C’est une de ces comédies tendres où Sacha Guitry sut parler joliment et avec humour de la relation père-fils, du conflit entre générations, ce qui fait que cela ne tourne pas au drame.

Elle fut créée le 30 mars 1914, à la Comédie-Française.

En 1935, elle fut adaptée au cinéma par Léonce Perret.

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‘’’La maladie’’

(1914)
Journal
Sacha Guitry décrit la maladie qu’il avait connue.
Commentaire
C’était un cahier autographe qui fut publié en fac-similé, avec la curieuse injonction de ne rien modifier au texte original. Sacha Guitry nota ses perceptions, constatant : «Ah ! quel champ d’expérience je suis !» Mais on trouve des pages blanches dans lesquelles il eut seulement la force de noter la date et sa température de plus en plus élevée. Il en raya d’autres, puis écrivit en diagonale : «Avez-vous lu ces quatre pages qui sont barrées d’un grand trait noir? Il faut les lire car elles sont édifiantes !» Le texte ne montre de l’esprit et de la lucidité que dans la mesure où il y eut des phases d’atonie.

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‘’La jalousie’’

(1915)
Comédie en trois actes
Albert Blondel est un homme de quarante ans, qui n'est pas mal de sa personne et qui est élégant, un juge respectable qui, après huit ans de mariage sous le sceau de la fidélité, a pris la détestable habitude de rentrer chez lui tous les soirs à exactement dix-neuf heures. Or, un jour qu’il est en retard d’une demi-heure, et qu’il est occupé à construire un mensonge qui devrait l’excuser auprès de Marthe, sa jeune épouse, il s’aperçoit qu’elle non plus n’est pas rentrée ! Immédiatement, le doute s’installe en lui : il se voit trompé, s’enfonce dans la divagation masochiste. Et cette jalousie envahissante, incontrôlée, obsessionnelle, va inconsciemment pousser sa femme dans les bras d’un amant idéal, l’homme de lettres Marcel Lézignan.

Commentaire
Née d’une grande puissance d’observation, c’est une pièce toute en finesse, pleine de ces bons mots chers à l’auteur, mais qui dissimule un soupçon d’âpreté sous une apparence de gaieté. C’est, en même temps, une de ces oeuvres sensibles où, parlant de l’amour, Sacha Guitry laissa parler son coeur. C’est la pièce dont il disait être le plus fier, qu’on peut considérer comme son chef-d'oeuvre.

Elle fut créée le 6 avril, au Théâtre des Bouffes-Parisiens. Dans la causerie qui la précéda, Sacha Guitry expliqua pourquoi il se remettait à jouer en pleine guerre.

La pièce fut reprise en 1932 à la Comédie-Française, avec Sacha Guitry, Suzanne Devoyod et Gabrielle Robinne.

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‘’Il faut l'avoir !’’

(1915)
Revue en deux actes et un prologue
Albert Willemetz retrouve Sacha Guitry, l'ami de son enfance, qui l'invite à Jumiège pour écrire cette revue. Albert y rencontre Octave Mirbeau et Claude Monet. Charlotte Lysès leur dit qu’elle vient d'admirer au Théâtre Antoine une jeune artiste, ajoutant : «Il faut la voir». Le lendemain, Sacha et Albert se rendent au théâtre, découvrent Yvonne Printemps, la grande diva de l’opérette, et l’engagent, le titre phonétiquement ambigu devenant : «Il faut l'avoir !».
Commentaire
La revue fut écrite avec Albert Willemetz.

La première eut lieu le 6 novembre, avec Raimu, Charlotte Lysès, Lamy, Marguerite Deval, Mondos et Yvonne Printemps.

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C’est sur la recommandation de Charlotte Lysès que Sacha Guitry était allé au Palais-Royal pour voir jouer, dans ‘’Le poilu’’, une jeune chanteuse pétillante et fort séduisante, Yvonne Printemps. Elle avait été la compagne de Georges Guynemer, avait été sacrée par Colette de «meilleure actrice d'opérette de son temps», Anna de Noailles ayant dit d’elle : «Elle est ravissante, et, en plus, elle a avalé des oiseaux !». Elle ne manquait pas d’esprit («Les femmes préfèrent être belles plutôt qu’intelligentes parce que, chez les hommes, il y a plus d’idiots que d’aveugles.»). Elle avait un succès fou. Il avait été immédiatement subjugué. En lui offrant de beaux rôles dans ses pièces, il allait faire de cette chanteuse également une comédienne accomplie. Or, avant de le connaître, alors qu’elle avait une dizaine d'années et qu’elle faisait déjà montre d'un grand talent scénique, elle s'était moquée de son personnage prétentieux de «Monsieur Moâ» dans une revue des Folies-Bergères !

Il fit jouer :

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‘’Une vilaine femme brune’’

(1915)
Comédie en un acte
Une jeune femme vient d'apprendre à tirer les cartes. Elle choisit son mari pour cobaye, lui révèle de gros ennuis financiers, et, surtout, la dame de pique tournant autour du roi de cœur, devine qu'il a «une vilaine femme brune» dans sa vie. Son mari évoque fâcheusement leur amie, Germaine, et on croit deviner qu’il n'est pas tout à fait sans reproche. La «cartomancienne» pique une crise de colère jalouse, puis, avec beaucoup de sagesse, réussit à éviter le drame, en prétendant que son expérience n’était pas valable : elle n'avait pas le nombre de cartes désiré !
Commentaire
La pièce est délicieusement impertinente. C’est une brillante démonstration du fait que celui qui tend un piège risque de tomber dedans, surtout s’il se laisse emporter par ses émotions.

Elle fut créée en 1915 au Théâtre des Variétés, avec Sacha Guitry et Charlotte Lysès.

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La méfiance de Sacha Guitry à l’égard du cinéma ne l'empêcha pas de tourner d’abord ‘’Oscar rencontre Mademoiselle Mamageot’’, film de famille de 3 minutes 50, puis, pour réagir au ‘’Manifeste des intellectuels allemands’’, qui exaltait la culture germanique, et parce qu’il avait toutefois compris l'intérêt historique de la bande filmée :

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‘’Ceux de chez nous’’

(1915)
Film documentaire de 22 minutes
Sacha Guitry, qui déclara : «Je rêvais d'une encyclopédie nouvelle...», réunit, «selon ses goûts» et pour impressionner la postérité, les plus grandes gloires de l’époque. Il les filma «dans leurs attitudes les plus familières, c'est-à-dire au travail, chaque fois que cela fut possible». Sans lui, on n'aurait jamais pu découvrir les gestes de : André Antoine, Sarah Bernhardt, Anatole France (qui classe ses livres), Octave Mirbeau et Edmond Rostand (qui se promènent dans un jardin), Camille Saint-Saëns, Edgar Degas, Claude Monet (qui peint au chevalet dans son jardin), Auguste Renoir (qui a, à son côté, son jeune fils, Claude, et se débat avec ses pinceaux), Henri-Robert, Auguste Rodin (qui sculpte un marbre), et de bien d'autres.
Commentaire

Le film était évidemment muet, mais Sacha Guitry avait pris soin de noter tout ce que disaient les prestigieux intervenants, et il le répéta mot pour mot lors des projections puisqu’elles étaient accompagnées d'une «causerie familiale faite par l'auteur, avec le concours de Charlotte Lysès». Il inventa ainsi la voix «off» et ce qui allait devenir la post-synchronisation et le doublage.

Le film fut présenté pour la première fois, à Paris, le 22 novembre 1915, au Théâtre des Variétés.

En 1939, Sacha Guitry en fit une version de 44 minutes, sonorisée avec un commentaire, et dans laquelle il ajouta des plans montrant son père, Lucien Guitry, qui ne figuraient pas dans la version de 1915.

En 1952, il produisit, pour une télévision encore à ses débuts, une version finale remaniée, qui dure 44 minutes, avec des plans de lui-même dans son bureau, qui présente et qui commente, tournés par Frédéric Rossif.

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‘’Faisons un rêve’’

(1916)
Comédie en quatre actes
Le premier acte nous présente un mari et sa femme en train d’attendre dans le salon d’un monsieur qui les a conviés à venir à quatre heures moins le quart. Le mari, un Méridional gros et suffisant, s’impatiente car il a, dit-il, un rendez-vous de la plus grande importance à quatre heures avec «un Américain du Sud» qu’il doit revoir le soir même. On comprend rapidement que c’est d’une femme qu’il s’agit. Son épouse, fine, jolie, sensible, qui se moque toujours gentiment de lui, le questionne, car elle n’est pas dupe, se doute fort bien qu’il s’agit d’un rendez-vous galant ; elle propose d’ailleurs subtilement à son mari de l’accompagner à sa soirée. Comme il est quatre heures passées, le mari quitte l’appartement. Surgit alors celui qui s’appellera «Lui», beau garçon, avocat célibataire, riche et amateur de jolies femmes, «heureux de vivre, content des autres, enchanté de soi». Il avoue que ce rendez-vous n’était qu’un prétexte pour la voir, rester seul avec elle, et lui déclarer sa flamme. Il savait que son mari devait partir à quatre heures. Elle répond à son amour en acceptant de revenir dans son appartement le soir même.

L’acte II n’est qu’un long monologue de «Lui». Il a fixé un rendez-vous à sa maîtresse qui ne l’est pas encore, mais il doute, hésite, craint qu’elle ne vienne pas, imagine l’itinéraire qu’elle prend pour le rejoindre, passe par tous les sentiments, imite, singe, mime, se prend pour un autre, feint d’être plusieurs.

À l’acte III, les amants se réveillent, tendrement enlacés dans le lit. Hélas, la nuit est passée, tous deux se sont endormis, et il est déjà huit heures du matin ! Pour la femme, c’est abominable, elle n’ose plus rentrer chez elle ; pour l’amant, c’est charmant : «Vous ne vous rendez pas compte que nous sommes en train de vivre des minutes incomparables… inoubliables». À court de mensonges, il lui propose le mariage. Lorsqu’elle est presque convaincue, on frappe à la porte, et c’est le mari qui arrive. Elle se cache. Or son mari appelle «Lui» à l’aide. Lui aussi s’est laissé aller à oublier l’heure cette nuit, il a découché tout comme sa femme, et il n’ose pas rentrer à la maison. L’amant, rusé, lui conseille alors de partir deux jours à Orléans, et de téléphoner de là-bas à sa femme pour lui dire qu’il lui a menti en lui prétendant qu’il avait à voir un Sud-Américain, qu’il devait en fait soigner une vieille tante d’Orléans. Ainsi, non seulement la femme sera sauvée, mais «Lui» pourra la recevoir pendant deux jours supplémentaires.

À l’acte IV, les deux jours ont passé. La femme est seule. Elle rédige une longue lettre pour son amant momentanément sorti. Elle lui dit qu’elle ne peut rester avec lui, et veut retrouver son mari. Le rideau se ferme sur les retrouvailles entre les deux amants qui se font une joie de profiter des quelques heures qu’il leur reste.
Commentaire
C’est une très ingénieuse, poétique et charmante pièce d’un boulevard intelligent, quelque chose de léger, d’insouciant, qui fit souffler un vent de jeunesse sur la scène parisienne, en plein temps de guerre.

La pièce réalise l'idéal classique par ses unités de temps, de lieu et d'action.

Le divertissement naît de ce simple trio amoureux délirant et fantasque, d’une action qui se déroule entre quatre murs où se développent la séduction de l'amant et l'éblouissement de la femme. Personne n’est épargné dans ce vaudeville quelque peu cynique et désenchanté, à la morale audacieuse. Mensonges et faux-semblants sont la clé de ce marivaudage mondain où la tromperie réciproque est montrée sans aucune honte, avec une manière de bonheur dans la sexualité immédiate, car on pratique le «carpe diem», la volonté de saisir le bonheur dans l’instant.

Dans des dialogues ou un monologue (qui, innovation hardie, fait tout un acte, et exige une vraie prouesse d’acteur), qui sont toujours pétillants et bourrés d’esprit, qui déploient le plaisir de la langue, Sacha Guitry exerça contre la femme, même s’il lui fait exercer ici sa liberté, une verve particulièrement acérée.

On y lit :

- dans la bouche du mari : «Pourvu qu’elle ne soit pas malade !... Elles ont toujours quelque chose, c’est vrai. On dirait qu’elles ont deux fois plus d’organes que nous ! … Pourvu, surtout, mon Dieu, qu’elle n’ait pas réfléchi. Car elles ne font que des bêtises quand elles réfléchissent».

- dans la bouche du célibataire : «Être marié !... ça, ça doit être terrible. Je me suis toujours demandé ce qu’on pouvait bien faire avec une femme en dehors de l’amour».

- dans la bouche des deux amants : «Elle – Pourquoi nous serions-nous disputés? Lui – Vous êtes mariés !»

La pièce fut créée au Théâtre des Bouffes-Parisiens le 3 décembre 1916, avec Sacha Guitry dans le rôle de Lui, Charlotte Lysès dans celui d’Elle, et, dans celui du mari, Raimu qui fut ainsi lancé. Elle obtint un vif succès.

Sacha Guitry la reprit en 1931, au Théâtre de la Madeleine, avec Yvonne Printemps, devenue sa deuxième épouse, et Raimu qui garda, bien entendu, son rôle.

En 1936, il la porta au cinéma avec Jacqueline Delubac, sa troisième femme. Raimu était toujours là (on peut donc dire que, pour Sacha Guitry, les femmes passaient et que les amis restaient !), plus de vingt ans après la première représentation, Sacha Guitry retrouvait à l'écran son partenaire d'origine. Le monstre sacré du cinéma français confia que, face à Sacha Guitry et à son bagout, il n'eut d'autre ressource que de jouer sobrement pour se faire remarquer. L'accusation habituellement faite à Sacha Guitry de se contenter d'un cinéma de théâtre filmé est particulièrement inappropriée face à ce film : non seulement l'ouverture se pare d'un plan-séquence d'une longueur et d'une complexité rarement rencontrées, quinze artistes de première grandeur échangeant un spirituel dialogue, mais la scène d'attente du personnage de Sacha Guitry est également l'objet d'un plan surprenant, l'acteur tournant autour de la caméra pendant que celle-ci le suit... sur 360° ! Non seulement la chose était contraire aux «règles» tacites de réalisation, mais elle nécessitait une maîtrise technique assez remarquable, les lumières et la machinerie ayant l'obligation de tourner en même temps que le personnage pour rester hors champ. Il reste que la suite n’est guère cinématographique, car il y a des plans entiers où Sacha Guitry reste seul à monologuer, dans une langue éblouissante toutefois.

En 1957-1958, la pièce fut jouée, au Théâtre des Variétés, par Robert Lamoureux (Lui), Danielle Darrieux (Elle), Louis de Funès (le mari).

En 1981, elle fut mise en scène au Théâtre de l'Athénée par Jacques Sereys, avec André Dussollier (Lui), Annie Sinigalia (Elle), Gérard Lartigau (le mari) ; dans une mise en scène de Michel Roux, avec Jean-Pierre Cassel.

En 1986, au Théâtre Saint-Georges, Jacques Rosny la mit en scène, avec Claude Rich (Lui), Annie Sinigalia (Elle), Pierre Maguelon (le mari) ;

En 1994, elle fut mise en scène par Nathalie Martinez.

En 1996, un téléfilm fut réalisé par Jean-Michel Ribes, avec Pierre Arditi (Lui), Dominique Blanc (Elle), Ticky Holgado (le mari).

En 2000, la pièce fut mise en scène par Nicolas Briançon.

En 2005, elle fut mise en scène, à la Comédie Bastille, par Sébastien Azzopardi, avec Sébastien Azzopardi (Lui), Valérie Even ou Elisa Sergent (Elle), Frédéric Imberty (le mari).

Le 3 novembre 2007 fut retransmise en direct à la télévision, depuis le Théâtre Édouard-VII de Paris, la mise en scène de Bernard Murat avec Pierre Arditi (Lui), Michèle Laroque (Elle), François Berléand (le mari).

En 2007-2008, la pièce fut mise en scène, au Théâtre de La Loge, par Guillaume Bienvenu, avec Guillaume Rumiel (Lui), Éva d'André (Elle), Pierre Prunel (le mari) ;

En 2008-2009, elle fut mise en scène, au Théâtre Édouard-VII, par Bernard Murat, avec Pierre Arditi (Lui), Clotilde Courau (Elle), Martin Lamotte (le mari) ;
François Truffaut, critique sévère, tenait la pièce pour absolument parfaite.

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