Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres








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Pasteur’’

(1919)
Pièce en cinq actes
C’est l’évocation de la vie du célèbre biologiste français (1822-1895), qui n’avait qu’une passion : la recherche scientifique. Étant à contre-courant, se heurtant au conformisme et aux préjugés, il dut lutter contre l'Académie de médecine pour lui faire accepter ses idées sur l'existence d'un infiniment petit contre lequel on peut lutter par l'asepsie. La solitude fut donc son lot quotidien. Mais sa foi en la science le mena au succès lors de l'inoculation, à Arbois, en 1888, du vaccin antirabique de son invention à Joseph Meister, un enfant mordu par un chien enragé. Sa vieillesse fut auréolée de la gloire quand, en 1892, dans la galerie qui précède l'amphithéâtre de la Sorbonne lui, qui avait soixante-dix ans, fut entouré de gens qui le regardaient avec émotion et respect, et lui disaient : «Merci ! Merci ! Merci !»

Commentaire
Dans sa préface, Sacha Guitry indiqua : «C'était en lisant le beau livre de M. René Vallery-Radot que l'idée m'était venue de faire une pièce sur Pasteur. Souvent j'y pensais, mais l'interprétation théâtrale d'un tel personnage me semblait impossible et j'étais sur le point de renoncer à ce projet lorsque mon père me fit l'honneur de me demander de lui faire une pièce. L'idée de "Pasteur" me revint à l'esprit et je relus le livre qui m'avait enthousiasmé trois ans auparavant. En retrouvant ces pages magnifiques, mon émotion fut bien plus grande encore qu'elle ne l'avait été. Il m'a semblé alors que j'avais le droit d'entreprendre un travail pour lequel je me sentais un irrésistible désir....»

Dans cette pièce, qui est à la fois un hommage rendu au grand homme de médecine et un cadeau offert par Sacha Guitry à son père, qui exprime toute l'admiration qu’il portait à ces deux hommes, il délaissa son ton mordant pour adopter, dans son élégante écriture, un ton humble et admiratif, donnant libre cours à sa passion pour l'Histoire et les personnages historiques. Il nous montre en Pasteur un savant brillant, soucieux du bien commun, sûr du chemin à suivre, combatif à l’Académie de médecine pour faire admettre l’intérêt de ses recherches et de leurs résultats, intraitable dans ce domaine mais sensible et plein d’humanité avec Joseph Meister.

Quand, dans une scène, Louis Pasteur déclare à ses confrères : «Messieurs, je sais que je n'utilise pas le style conventionnel auquel vous êtes habitués», la phrase semble destinée par Sacha Guitry aux critiques qui le dénigraient depuis ses débuts.

La pièce fut créée le 25 janvier, le rôle de Pasteur étant tenu par Lucien Guitry, tandis que Sacha et Yvonne ne jouant pas, se tinrent dans la salle, auprès de la fille du grand savant.

En 1935, Sacha Guitry adapta la pièce pour l'écran, en la reprenant à peu près plan par plan, et réalisa enfin son premier film, sous le contrôle technique de Fernand Rivers.

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Le 10 avril 1919, Sacha Guitry épousa Yvonne Printemps, avec comme témoins Sarah Bernhardt, Georges Feydeau, Tristan Bernard et Lucien Guitry (avec lequel il venait juste de se réconcilier). Ce fut aussi un mariage du talent, de la grâce et de I'esprit. Et allaient suivre douze années d’une collaboration théâtrale fructueuse, qui enchanta Paris puisqu’il écrivit sur mesure pour elle plusieurs comédies musicales à très grand succès, qu’elle allait créer trente-quatre de ses pièces, en reprendre six autres et jouer dans un de ses films. Il l'appelait «Von», et veillait à ce qu'elle vécût dans un luxe incroyable (Cadillac avec chauffeur !), non seulement dans l’hôtel particulier du Champ de Mars mais aussi dans une villa au Cap d'Ail dont le mât affichait, quand ils y séjournaient, un drapeau blanc brodé de leurs initiales. D’autre part, le peintre qu’il était fit d’elle un beau portrait.

Ils jouèrent ensemble dans :

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‘’Le mari, la femme et l'amant’’

(1919)
Comédie en trois actes
Au cours d’un dîner, Frédéric Audouin, exaspéré par l’oeil envieux que son ami, Jacques Ménard, porte à son épouse, Janine, le prie de sortir de chez lui immédiatement. L’autre, offensé par cette accusation injustifiée, s’emporte, et le ton ne tarde pas à monter, jusqu’à la gifle irrémédiable. Le prétendu cocu est-il réellement trompé par sa femme ou uniquement par les apparences?
Commentaire
C’est une de ces comédies d'intrigue où Sacha Guitry se joua du triangle amoureux, où hommes et femme vont au bout de leur duplicité. La verve intarissable de l’auteur de cette maxime, «Dans un couple, il y a toujours trois personnes», s’en donna à coeur joie.

La première eut lieu le 19 avril 1919, sur la scène du Théâtre du Vaudeville, avec Sacha Guitry (Jacques Ménard), Janine Audoin (Yvonne Printemps), Jean Périer (Frédéric Audoin).

En 1936, la pièce fut adaptée pour l'écran.

En 1998, elle fut reprise, au Théâtre des Variétés, par le metteur en scène Bernard Murat qui joua avec Pierre Arditi et Évelyne Bouix.

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‘’Mon père avait raison’’

(1919)
Comédie en trois actes
Sont en présence trois générations de Bellanger, bourgeois installés. D’abord, il y a le grand-père, Adolphe, hédoniste heureux, bien «décidé à profiter de la vie», qui vante à Charles, son fils, la joie du mensonge («c’est une volupté qui n'est limitée que par la crédulité des autres, alors tu vois, ça peut aller très loin...»), la bonne vie («Pour moi, le tabac est brun, le vin est pur, le gigot est à l'ail et les femmes sont jeunes !») et le bonheur d'être seul maintenant qu’il vient d’être quitté par sa femme ; il déclare ne croire ni à l’honnêteté ni au devoir. Le jeune garçon est ébahi et scandalisé par cet allègre cynisme.

Puis on voit Charles à trente ans, alors qu’il a été abandonné brusquement par son épouse, Germaine, élever son propre fils, Maurice, dans une méfiance à l’égard des femmes, dans une prudence à l'égard de l'amour, peu appréciées par la jeune Loulou.

On voit enfin Charles à l'âge de cinquante ans, faisant à Maurice, maintenant adulte, cet aveu : «Je t’ai menti moi-même le jour où je t’ai dit que c’était très grave d’aimer».
Commentaire
Cette comédie particulièrement brillante, à mi-chemin entre le théâtre de boulevard et la fable philosophique, riche en discussions et réflexions sur la vie, les femmes, le mensonge, l'hérédité, le bonheur, est caractéristique du «ton Guitry» : ironie, mordant, sens de l’effet et, bien sûr, misogynie. À coups de bulles, de facéties, avec l'unique dessein de nous amuser, il nous propose finalement une vision réconciliée de la condition paternelle.

Il s’y souvint de son enfance à la fois chahutée et douce à l'ombre de son père. Le rapport entre Charles et son fils devait l’affecter de deux manières : il lui rappelait ses propres liens avec son père, et lui renvoyait sa cruelle absence d'enfants malgré trois mariages successifs. On retient de cette pièce de réels moments d'émotion, plutôt rares au milieu de l'affectation et de l'humour permanent qui règnent d'habitude dans son théâtre. Cependant, elle ne manque pas pour autant d'être drôle, et de distiller une anti-morale typique du malicieux auteur. ...

On y trouve des discussions, des discussions, des discussions... Des perles d'humour et des perles de vérité à la louche. On y lit :

- «Le plaisir de mentir, c'est une des grandes voluptés de la vie

- «La réalité, quelle qu’elle soit, est bien plus belle que l’illusion.» (dit Adolphe).

- «Si tu savais comme on a besoin de peu de chose pour être heureux.» (dit Adolphe).

- «Il y a des gens qui parlent, qui parlent - jusqu'à ce qu'ils aient enfin trouvé quelque chose à dire

- «La morphine a été inventée pour permettre aux médecins de dormir tranquilles

- «Les femmes sont faites pour être mariées et les hommes pour être célibataires. De là vient tout le mal

- «Les femmes n'ont pas d'âges... elles sont jeunes... ou elles sont vieilles !... Quand elles sont jeunes, elles nous trompent... Quand elles sont vieilles, elles ne veulent pas être trompées !...»
Scellant ainsi leur réconciliation après plusieurs années d’une brouille causée par le mariage avec Charlotte Lysès, Sacha Guitry joua en compagnie de son père (la succession des situations dans le temps leur permettait d’échanger leurs rôles, d'interpréter successivement le grand-père et le père, puis le père et le fils). Ils partagèrent I'affiche avec Yvonne Printemps.

La première eut lieu le 8 octobre, au Théâtre de la Porte-Saint-Martin. Sacha Guitry déclara plus tard : «Ce fut le plus beau soir de ma vie». Il obtint une véritable consécration. La dernière représentation eut lieu le 21 janvier 1920.

En 1936, Sacha Guitry adapta sa pièce au cinéma. Lucien Guitry étant mort en 1925, il dut repenser la façon de distribuer les rôles : il se rajeunit donc pour reprendre celui de Charles Bellanger à trente ans, et mit une paire de lunettes pour l’incarner plus âgé.

En 2007, pour le cinquantième anniversaire de la mort de Sacha Guitry, la pièce fut à l’affiche, mise en scène par Bernard Murat au Théâtre Édouard-VII, avec Claude Brasseur et son fils, Alexandre, dans les rôles principaux.

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Le 19 décembre 1919 fut inauguré le Théâtre des Mathurins. Au cours de la soirée, Sacha et Yvonne interprétèrent ‘’Un type dans le genre de Napoléon’’.

Il présenta :

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‘’Béranger’’

(1920)
Comédie en trois actes et un prologue
Elle relate des épisodes de la vie de Pierre-Jean de Béranger (1780-1857), auteur de chansons. Au prologue, ses parents l’ayant abandonné, il est chez une nourrice qui, n’ayant plus de lait, le calme avec du pain trempé dans du vin, et en lui chantant des chansons de la vieille France. En 1813, dans une guinguette où vient parfois Talleyrand pour courtiser la servante, Lisette, il chante la chanson ‘’Le roi d’Yvetot’’ qui promet la paix des rois ; le conseiller de Napoléon, qui prévoit sa chute, lui propose de le servir, mais Béranger, qui est républicain, refuse. En 1828, cet opposant à la Restauration, part en prison, renvoyant une autre Lisette, tandis que réapparaît Talleyrand qui, prévoyant cette fois-ci la fin des Bourbons, sollicite de nouveau ses services, et essuie un autre refus. Enfin, en 1848, devenu vieux, Béranger revient à la guinguette où se trouve une troisième Lisette qu’il passe à un conspirateur qui prépare la révolution.
Commentaire
Sacha Guitry rendit un hommage musical au chansonnier, et la pièce, plus qu'une fresque historique, est une comédie musicale. Mais il y brocardait aussi l'actualité.

La pièce fut créée le 21 janvier sur la scène du Théâtre de la Porte-Saint-Martin, avec Sacha Guitry dans le rôle de Béranger, Lucien Guitry dans celui de Talleyrand, Yvonne Printemps dans celui de Lisette. Georges Pioch écrivit dans "Le populaire" : «Cette oeuvre est allègre, charmante, émue, non d'une véritable philosophie, mais d'une cordialité naturelle qui donne beaucoup et reprend peu. Deux vertus s'y opposent et s'y complètent, lesquelles sont présentes, d'ailleurs, dans presque toutes les comédies de cet auteur en qui s'épanouit nonchalamment le Don : une jeunesse d'accent qui semble devoir ne s'assoupir jamais, et une pensée précise, mélancolique, dolente, et vieille autant que la vie.»

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Du 10 mai au 12 juin 1920, Sacha Guitry joua à Londres, au "Aldwych Theater".

Le 17 juin, ‘’Nono’’ fut repris au Théâtre des Mathurins, ce qui marqua la fin de la direction artistique de Sacha Guitry.

Le 13 septembre, Jean Guitry, le frère aîné de Sacha Guitry (dont on dit qu'il avait autant d'esprit que lui), mourut dans un stupide accident de voiture : il conduisait en portant un monocle ; son véhicule, passant sur un nid de poule, fit sursauter sa tête, et un morceau du verre brisé lui entra dans le crâne...

Sacha Guitry fit jouer :

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‘’Je t'aime’’

(1920)
Comédie en cinq actes
L’histoire se résume au défilé triomphant de deux jeunes mariés heureux qui ne se refusent rien : ni l’amour, ni la richesse, ni l’art de rire des jaloux, et que tout leur entourage jalouse. Sacha Guitry y déclare à Yvonne Printemps : «Comment les autres hommes peuvent-ils vivre sans toi?», y constate : «C’est épouvantable des gens qui s’aiment pour des gens qui ne s’aiment pas», et oppose à ses héros un couple fatigué par le temps, et un pique-assiette particulièrement ingrat.
Commentaire
Cette déclaration d’amour de Sacha Guitry à Yvonne Printemps touche par sa sincérité : il ne rit pas de l’amour, il aime. Cependant, la pièce fait rire quand même par certains de ses tableaux caustiques. Mais elle est construite d’une manière un peu lâche.

La première eut lieu le 12 octobre au Théâtre Édouard-VII.

En 2010, elle fut mise en scène, au Théâtre du Lucernaire, par Éric-Gaston Lorvoire, avec Gérard Lartigau, Valentine Sauca, Marie-Christine Danède, Jean-François Guilliet, Jacque Fontanel.

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‘’Comment on écrit l'Histoire’’

(1920)
Comédie en deux actes
Sous le Second Empire, en contrepoint des batailles, Napoléon III courtise la chanteuse Mariette.
Commentaire
La pièce fut créée le 4 décembre au Théâtre Sarah-Bernhardt. Sacha Guitry jouait le rôle de Napoléon III, Yvonne Printemps, celui de Mariette.

Augmentée, la pièce allait, en 1936, devenir ‘’Mariette’’.

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Le 12 janvier 1921, Sacha Guitry fit une exposition de ses peintures chez Bernheim Jeune.

Il fit jouer :

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‘’Le comédien’’

(1921)
Comédie en quatre actes
Jacques est un grand acteur âgé de cinquante ans qui tombe amoureux de Jacqueline, une admiratrice âgée de vingt ans, qui veut faire du théâtre. Il lui en fait faire, mais cela s’avère désastreux. Il se demande s’il doit céder devant les exigences de la jeune ambitieuse, et la pousser à une carrière théâtrale, ou s’il ne doit pas renoncer à cette liaison passionnelle. Il choisit le respect de son art, demeurant fidèle à sa profession de foi, exprimée dès le premier acte : «Il ne faut pas être amoureux du théâtre… il faut l’adorer. Ce n’est pas un métier, le théâtre, c’est une passion !» Et, à la question finale de l’habilleuse : «Vous êtes seul?», il répond : «Oui… mais…j’ai rendez-vous demain soir … avec douze cents personnes
Commentaire
Sacha Guitry écrivit la pièce en hommage à son père, Lucien Guitry.

C’est aussi une pièce sur le théâtre où Sacha Guitry se livra si intimement et si complètement qu'elle remet en question le classement de ses priorités. Car cet homme, pour qui la vie, c'était le théâtre, et dont le théâtre se nourrissait de sa vie, y parla si merveilleusement de l'art dramatique qu'il laissa entendre que, finalement, là était son vrai grand amour.

La pièce fut créée par Lucien Guitry et Falconetti, le 21 janvier, au Théâtre Édouard-VII.

En 1938, au Théâtre de la Madeleine, Sacha Guitry tint le rôle, et joua avec Jacqueline Delubac.

En 1947, il l’adapta pour l'écran.

En 1996, Christian de Chalonge en donna une autre adaptation cinématographique, avec Michel Serrault, Charles Aznavour et Maria de Medeiros.

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