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LIVRE DE BORD




44. CAP-VERT 2009



Sixième voyage au Cap-Vert (dont je suis tombé amoureux). J'y suis allé la première fois en 1995.

Je me rendrai, en transitant par Lisbonne, dans au moins 6 îles : Santiago, Fogo, Boa Vista, São Vicente, São Nicolau et Sal, et même, si je peux (c'est-à-dire s’il y a un bateau) à Brava.

Un voyage de 7 semaines, avec quelques temps forts : retrouvailles avec de vieux amis, rendez-vous avec Caritas Cap-Vert, visite au Centre Irmãos Unidos (enfants de la rue) que moi-même et mon association Enfants du Sud soutenons depuis de nombreuses années, carnaval, etc… Et du repos aussi, j’en ai bien besoin, ma santé n’étant pas au top.  

 
         
 

Quelques mots sur le Cap-Vert :

Cet archipel, situé dans l’Atlantique à 500 kilomètres au large du Sénégal, comporte 10 îles d’origine volcanique (que j’ai déjà toutes visitées), situées dans un carré d’environ 230 kilomètres de côté. Ce petit pays de 4033 km² compte seulement 11 % de terres cultivables et 0,2 % de forêt. Le manque d’eau y est chronique. Il fait partie des pays du Sahel, sans grandes ressources, pauvre, ayant connu, même dernièrement, de nombreuses famines (1950, 1940, 1947, 1973). L’émigration y est très forte. Mais ces îles sont belles dans leurs différences…

Découvert inhabité au milieu du quinzième siècle et indépendant du Portugal depuis 1975, le Cap-Vert reconnaît le multipartisme en 1990 et organise depuis des élections ouvertes. La population, d’origine portugaise et africaine, y est largement métissée. On y parle surtout un créole issu du portugais (mais le portugais reste la langue nationale) et la religion prédominante est le catholicisme. Beaucoup de coutumes persistent (rites et cérémonies d’origine africaine) et la musique y tient une place importante (qui ne connaît, par exemple, les mornas et sodades de Cesaria Evora ?). 

Sur les îles habitent 435 000 habitants, dont l’espérance de vie est de 66 ans seulement pour les hommes, 73 pour les femmes. Mais plus de 500 000 émigrés vivent à l’étranger, surtout aux Etats-Unis (Boston, Massachusetts), au Portugal, en Hollande et en France (environ 25 000, principalement à Marseille et Paris). 

Peu de tourisme, sauf à Sal, une île de sable et de sel, connue pour ses grandes plages (évidemment) et ses spots de surf, à Boavista et Maio (plages), et à Mindelo, dont la magnifique baie abrite agréablement les plaisanciers.  

Aujourd’hui, le Cap-Vert survit presque uniquement grâce à l’aide internationale, que ce soit celle des émigrés, celles des ONG ou celles de différents pays. L’avenir ? On verra bien…  


Au Cap-Vert du vendredi 16 au jeudi 22 janvier 2009 (première semaine)
Vendredi 16: Départ à 18H20 de Marignane, trois heures d’escale à Lisbonne, puis vol pour Praia, capitale du Cap-Vert. Avion vide, 38 passagers pour 200 places environ. Je peux m’y allonger une petite heure. Atterrissage à 00H30, taxi pour l’hôtel, que je ne connais pas, réservé par Internet vu l’heure d’arrivée. Malgré sa relative cherté, je me retrouve dans une chambre sans fenêtre, propre mais banale. Je me couche aussitôt.
Samedi 17: A la première heure, je change d’hôtel et retourne dans celui que j’ai l’habitude de fréquenter, plus de deux fois «mais barato » (moins cher) où les chambres ont une fenêtre au moins. Puis je vais changer de l’argent dans la rue, et le taux est meilleur que dans les banques (fermées de toute façon). Petit tour sur le Plato, où je loge, puis dans la ville basse et le marché de Sucupira. Achat de trois CD (j’adore la musique capverdienne, mais pas tout). Je prends mes repères. Tout change, et pas en mieux. Mon Dieu, quelle saleté, quel délabrement, quel laisser-aller! En plus, je ne me sens pas très à l’aise, je me méfie un peu des gens, je dois me réhabituer. Petit tour sur la plage, déserte. Il faut dire qu’un vent continuel souffle assez fort et c’est désagréable. En fin d’après-midi, je m’installe sur la place principale du Plato, juste en bas de mon hôtel: depuis un an, on peut se connecter gratuitement en wifi, pas très rapide mais bien pratique. Il faudra que je vérifie si je ne capte pas de ma chambre…Beaucoup d’enfants jouent sur la place, trottinettes et rollers. Ceux d’ici semblent plus aisés que ceux des quartiers bas. Les cloches de l’église sonnent la messe, c’est 18H. Pas mal de monde. Une demi-heure plus tard, à la nuit tombée, je remonte dans ma chambre. J’ai laissé un message sur le répondeur de mon ami Bill et attends qu’il vienne ou me contacte. Je le rappelle finalement. Il viendra me chercher demain vers 10 heures en voiture avec sa famille. Je suis content. Bill est la première personne avec qui je me suis lié d’amitié au Cap-Vert, à Fogo. C’était en 1995, il avait 16 ans et c’est comme ça que j’ai connu toute sa famille. Il est aujourd’hui professeur d’anglais dans une école primaire privée de Praia et vit avec Elisabeth, prof d’informatique à l’université et leur fils Calvin qui vient d’avoir deux ans.
         

Dimanche 18: Au lever du jour, petite invasion de blattes dans la salle de bain, je n’aime pas trop ça.   Vers 9H, après avoir travaillé (comme chaque matin) ma grammaire portugaise, me voici déjà en balade dans le quartier présidentiel où se trouvent quelques belles maisons et une superbe vue sur le port et la plage. Puis je bouquine en attendant Bill, qui arrive finalement avec femme et enfant. Comme convenu, nous partons faire le tour de Santiago. Pour la petite histoire, l’île de Santiago, c’est l’île africaine, la première de l’archipel où les Portugais se sont installés dès 1460 avec leurs esclaves noirs. C’est la plus grande aussi (991 km2) et la plus peuplée (237 000 habitants, soit la moitié de la population du Cap-Vert). Rien que Praia, la capitale, compte 110 000 habitants (Praia veut dire plage, en portugais). Le temps est meilleur qu’hier, plus de soleil, moins de vent, mais encore des nuages et ce sera ainsi toute la journée. Le plein fait, nous quittons Praia pour São Domingos, par une route nouvellement bitumée, puis grimpons jusqu’à Rui Vaz, petit village de montagne à environ 1000 m où il fait frisquet. Calvin découvre ce qu’est un âne (je ne parle pas de moi, mais de l’animal qui broute au bord de la route). Nous repartons ensuite vers São Jorge dos Orgãos, toujours en altitude. Beau paysage, nombreux pics. Après Picos, joli village aux maisons colorées, nous arrivons à Assomada, la rurale, seconde ville de l’île. Aux alentours poussent maïs, canne à sucre, bananiers entre autres. Pas mal d’élevage aussi dans le secteur.
         

Nous continuons vers Tarrafal, au nord, en passant par le col de la Serra Malagueta. Il est 14 heures quand nous arrivons à Tarrafal, ville sympathique située à 70 km de Praia, et où la plage est superbe. Je m’y suis déjà rendu plusieurs fois. Déjeuner dans un petit resto du coin, promenade sur la plage, quelques touristes se font bronzer mais personne ne se baigne. Il est presque 16 heures lorsque nous repartons, cette fois par l’est, longeant une côte déchiquetée et une mer déchainée. Traversée de villages côtiers tels Porto Formoso, Calheta de São Miguel, Pedra Badejo (aussi appelé Santiago). Nous rejoignons ensuite Praia par l’intérieur et Bill me dépose devant mon hôtel vers 17H30. Quelle belle journée! Et en si bonne compagnie! Demain soir, pour ma dernière nuit à Praia, j’irai dormir chez Bill. Un peu d’Internet sur la place, où une fanfare se met à jouer sur le coup de 19H30.

         
Lundi 19: Mauvaise nuit, tapage nocturne à plusieurs reprises. Pas de lumière au petit matin, mais les blattes sont là, elles ! Petit-déjeuner, Internet, promenade, bureau de poste où je complète ma collection de superbes timbres capverdiens (zut, il y en a trois que je ne trouve pas!), disquaire (découvrir de nouveaux CD est pour moi un plaisir! Mais, là, pareil, je cherche 3 CD depuis plusieurs années, sans succès). Il fait beau, mais le vent souffle toujours un peu. Déjeuner au Jardin, petit resto tenu par un Français: pas de choix et portion riquiqui. A Praia, il est difficile de trouver un plat pour moins de 7 ou 8 euros, et c’est beaucoup moins bon qu’en France! J’ai rendez-vous à 15 heures avec Marina Evora, responsable de Caritas Cap-Vert. Nous discutons et elle m’emmène faire une grande virée en voiture dans Praia. Je suis stupéfait de l’étendue de la ville, du nombre d’immeubles qui surgissent de partout, des belles villas aussi, je ne m’étais jamais imaginé la ville ainsi. Tout semble fait de manière totalement anarchique. Beaucoup de belles voitures aussi, principalement des 4x4. Ici la pauvreté extrême côtoie la richesse nouvelle, celle des immigrants ou des trafiquants de drogue (vu sa position, le Cap-Vert a toujours été une plaque tournante du trafic. Le problème aujourd’hui est qu’il y a beaucoup d’utilisateurs sur place maintenant, ce qui explique entre autres la grande montée de l’insécurité). Bref, je vois la capitale sous un jour tout à fait nouveau (et pas des mieux) Marina me conduit ensuite jusqu’à Cidade Velha, sur la côte à 16 km, la première ville construite au Cap-Vert, 3000 habitants aujourd’hui, qui a su à peu près garder son charme. Il subsiste les ruines du fort, en hauteur, de la cathédrale et même, sur la place, le pilori qui servait à punir les esclaves. Marina me ramène ensuite à mon hôtel, où Bill m’attend déjà et nous repartons tous deux en taxi jusqu’à chez lui, sa voiture étant en panne. J’ai droit à une vaste chambre et la soirée est courte mais sympa.
         

Mardi 20: Au revoir à Bill, nous nous reverrons en fin de voyage. Taxi pour l’aéroport, l’avion à hélice d’une soixantaine de places, rempli, est à l’heure. Me voici à Fogo, ma préférée. Il est huit heures et demie. Fogo (feu) est en fait une île volcan, ronde, de 476 km², et où un pic culmine à 2829 m. Autant vous dire que ça grimpe de partout! Le volcan est d’ailleurs toujours en activité. La population est estimée à 40 000 personnes et subit une forte influence américaine, car beaucoup d‘émigrants sont installés aux USA. Taxi jusqu’à la maison de mes amis Bimba et Mima, au courant de mon arrivée par leur fils Bill, qui m’accueillent comme toujours à bras ouverts (compte-tenu de mon caractère, c’est quelquefois difficile à comprendre). Les enfants dorment encore, ils ont fait la fête cette nuit. C’est aujourd’hui le jour de fête nationale mais, à Fogo, c’est beaucoup plus: la Saint-Sébastien (tout est d’ailleurs prétexte à une fête). Les enfants se lèvent: Bary, 27 ans (dont le fils de 5 ans vit à Santiago avec sa mère), Bobe, 25 ans (et son fils Derick, 5 ans, qui vit ici), et Bores, 17 ans, qui va partir étudier aux USA. Quant à Babe, 23 ans, il étudie à Lisbonne. Vous avez remarqué?

Les enfants et petits enfants? Que des garçons! Mima espère toujours avoir des petites-filles. Vers midi, nous partons avec la camionnette de Bary (son outil de travail, transport de personnes, comme le faisait son père avant) pour un petit village d’intérieur, pas très loin. C’est la fête, et la tradition veut qu’on verse de l’alcool sur un mat au pied duquel flambe un petit feu et qu’on y allume des bougies. A part ça, c’est surtout bal et alcool à gogo. Il y a peut-être 2 à 300 personnes de tous âges, des familles, dont la maman de Mima, Matété, 94 ans. Bonne nourriture traditionnelle, gratuite et à profusion. Ce pourrait être très sympa si n’éclataient pas des bagarres de temps en temps, due à l’alcool. Le pire était quand deux policiers (au repos) se sont affrontés, car l’un était armé (débandade générale). Nous rentrons vers 19H et je pars saluer rapidement la famille de Marcello qui m’avait accueillie en 2007, à trois maisons de là, et qui aurait aussi voulu m’héberger cette fois (je ne peux me partager). Petit dîner chez Bimba et nuit dans la chambre qui m’a été préparée.

         
Mercredi 21: La nuit a été bonne. Les jeunes partent à l’école ou travailler. Petit tour avec Carlos (un jeune que j’avais aidé dans le temps pour soigner ses yeux) jusqu’à l’hôpital italien pour une prise de sang (contrôle suite à ma phlébite). Puis Internet gratuit sur la place de la mairie (que c’est bien!). Un peu avant 13H, j’accompagne Keven (un fils de Marcello) au lycée, sur la route de l’hôpital où je vais chercher mes résultats (qui se révèlent bons). Ici, les enfants vont à l’école soit le matin, soit l’après-midi, ce qui permet de rentabiliser les infrastructures. Cela leur laisse aussi le temps d’aider leurs parents, de faire du sport ou d’autres disciplines. La vie de famille reste très importante ici, même si beaucoup sont désunies. La pauvreté est omniprésente, même si elle ne se voit pas beaucoup. La nourriture est extrêmement chère, notamment. Bref… J’ai discuté longuement avec une doctoresse italienne bénévole ici pour trois semaines et qui pensait arriver dans un pays beaucoup plus africain. Je rejoins ensuite la vieille ville (superbe) par la plage de sable noir, immense et déserte (si, je croise 4 touristes sur deux kilomètres). Petit tour dans la vieille ville, puis je rentre vers 17H. Je rejoins la famille de Marcello pour une heure, puis dîne chez Bimba. Nous regardons les photos des années précédentes.
          

 Jeudi 22: Super beau temps. Petit-déjeuner en famille (j’ai fait quelques courses hier). Puis je pars me balader au centre (c’est-à-dire à 5 minutes de la maison). Visite du musée municipal, tout nouveau, situé dans une belle maison de maître. Puis visite de la Casa de Memoria, autre maison-musée montée par une dame Suisse qui a longtemps travaillé pour Caritas. Ce n’est pas mal du tout. Bref, la journée est (trop) vite passée… La semaine aussi.
          

Au Cap-Vert du vendredi 23 au jeudi 29 janvier 2009 (seconde semaine)
Vendredi 23: Encore du très beau temps. Avec Gilson, beau-frère de Marcello, nous avons décidé d’aller à Brava pour le week-end, car il en est originaire et voudrais revoir famille et amis. Quant à moi, je n’y suis allé, avec beaucoup de difficultés, qu’une seule fois, il y a juste 10 ans. A cette époque un avion partait de Fogo pour Brava deux ou trois fois par semaine, mais était constamment annulé à cause du vent, et il n’y avait que très peu de liaisons maritimes par moi.

Depuis quelques années, l’aéroport a finalement été fermé pour raisons de sécurité et, du coup, les fréquences maritimes ont augmenté, quatre par semaine. Keven, le neveu de Gilson et fils de Marcello, aimerait aussi venir et j’achète les trois billets de bateau pour cet après-midi, avec un retour prévu lundi matin. Taxi pour le port, situé à 7 km, embarquement et départ comme prévu à 15H. La mer est déchaînée, nous sommes assis sur le pont, les vagues balaient le bateau, qui apparemment n’a ni embarcations de secours, ni gilets de sauvetage. Je peux vous dire que ça tangue et qu’il faut bien se tenir (ça me rappelle mes lectures de gosses, Kipling ou Stevenson). Keven est malade comme un chien (pourquoi comme un chien? Je n’ai jamais su…). Heureusement, la traversée ne dure qu’une heure, mais qui paraît longue. L'an dernier, les deux bateaux faisant cette liaison ont coulé, ce n'est pas fait pour m'inspirer confiance ! Enfin ! Nous voilà arrivés sain(t)s et saufs au petit port de Furna.
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