Livre de bord








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LIVRE DE BORD




06. CHINE ET VIETNAM


Semaine du lundi 12 au dimanche 17 mars 2001
Me voilà au Vietnam, à Ho Chi Minh City (Saigon), depuis mardi soir, et mon voyage s'est bien passé. Ici il fait beau et chaud, la ville est toujours aussi bruyante et approche maintenant des 8 millions d'habitants (près d'un million de nouveaux habitants chaque année).

En attendant mon départ pour la Chine lundi, je visite mes amis et des associations aidant les enfants de la rue. J'ai eu aussi vendredi une longue réunion au sujet de la construction de l'école financée par mon association: le projet avance à grands pas, l'école devrait être terminée en juin et servira de modèle pour d'autres constructions. Reste maintenant le plus difficile: trouver de généreux donateurs...

Durant ces cinq jours, j'ai aussi fait pas mal de démarches pour faire rapatrier à mes frais un enfant de la rue de 16 ans sur Haiphong, dans le nord du pays, et l'aider à redémarrer une nouvelle vie. Cela devrait aboutir la semaine prochaine, une association que j'ai contactée s'en occupe maintenant. Espérons que cela marche...

Bref, je ne perds pas mon temps… Je me suis toutefois accordé une journée de détente samedi en allant au Saigon Water Park, un parc dans le genre d'Aqualand. Le soir, une pluie diluvienne s'est abattue sur la ville: en l'espace de 10 minutes, les rues étaient recouvertes de 40 centimètres d'eau!

A part cela, je suis un peu désespéré: lorsque j'essaye d'aider des gens ici, ils en veulent toujours plus, ils ont toujours des tas de problèmes d'argent, des dettes dues le plus souvent à leur manie de jouer, de parier, de boire... Comme j'ai quelquefois l'impression d'être vraiment pris pour un imbécile, j'ai décidé de mettre le holà en faisant la sourde oreille... Courage, Didier, ne craque pas tout de suite... Heureusement que je quitte le Vietnam demain, si tout va bien...

Semaine du lundi 19 au dimanche 25 mars 2001 (première semaine en Chine, et d'une!)


Eh bien, me voilà en Chine! Pour la seconde fois, il faut dire: mon premier voyage dans ce pays en 1992 n'avait duré qu'une semaine et s'était limité à Pékin et ses environs. Plus tard, en 1994, je m'étais aussi rendu quelques jours à Hong Kong, avant que cette superbe ville ne soit de nouveau rattachée à la Chine en 1997, et à Macao, ce sympathique territoire portugais connu pour ses casinos. Et puis l'an dernier, j'ai visité Taiwan (ou République de Chine), un territoire anciennement chinois actuellement indépendant (mais pour combien de temps encore?).

Il faut tout d'abord que je vous présente rapidement la Chine (hors Taiwan). Troisième plus grand pays du monde (après la Russie et le Canada), plus de 17 fois la France, elle s'étend sur 5000 kilomètres de large et 5500 de haut. Les 2/3 sont des étendues montagneuses et non cultivables, et plus de 5000 fleuves et rivières irriguent le pays. L'Everest culmine à 8848 mètres, mais cela vous le saviez déjà...

Sans vouloir faire de l'humour (jaune?), la première spécificité de la Chine est d'abriter des... Chinois. Car des Chinois, Dieu sait s'il y en a! Combien? 1 milliard 250 millions actuellement (130 au km²), un tiers de la population mondiale, et il en est prévu 3 milliards en 2050, malgré la stricte limitation des naissances. 94% sont des Hans, mais on rencontre aussi 54 minorités nationales différentes. La population du sud-est vit bien mieux que celle des autres régions, mais le PIB par habitant est de 500 F par mois, l'espérance de vie de 71 ans, la croissance annuelle de 8 à 15% selon les années, ce qui est énorme.

Quelques dates et chiffres:

  • Les Chinois ont inventé le papier 1000 ans avant les Européens!

  • Le 1 octobre 1949, après une histoire bien fournie, de nombreuses dynasties, des guerres interminables, la République Populaire de Chine (communiste) est proclamée par Mao Zédong. Fuites, massacres, camps de rééducation, bref toute la panoplie des régimes totalitaires sont, depuis, choses courantes, même s'il semble qu'aujourd'hui le régime relâche (un peu...) la bride vers un petit horizon de liberté...

  • Dans les années 1960, la famine engendrée notamment par la gestion communiste a fait au moins 60 millions de morts!

  • En juin 1989, vous vous rappelez, ce fut le printemps de Pékin, durant lequel l'armée abattit officiellement 1800 étudiants et autres jeunes manifestant pour la liberté (officieusement plusieurs milliers de victimes et des charniers furent même découverts par la suite).

  • Seulement 40% des 15-17 ans vont à l'école, et 8% des 18-21 ans font des études supérieures (c'est vous dire si très peu parlent anglais et les difficultés que je rencontre pour me faire comprendre...). La Chine compte 145 millions d'analphabètes.

  • L'armée chinoise est forte de près de 3 millions de soldats. Que peut donc faire tout seul un pays comme le Tibet pour retrouver sa souveraineté?


Pour conclure avec les présentations, je veux signaler que le pays ne s'est ouvert au tourisme individuel que depuis une dizaine d'années seulement. D'ailleurs pour le moment, en 3 jours, je n'ai pas rencontré un seul occidental...
C'est avec mon filleul vietnamien de 18 ans, Ti Bé, que j'ai décidé de faire ce grand tour de Chine d'environ trois mois.


Lundi matin, le 19 mars 2001, nous avons pris un vol direct de Saigon vers Guangzhou (Canton), puis un autre jusqu'à Xiamen, une île reliée au continent par un énorme pont. La ville est petite (1.300.000 habitants, c'est, vous le verrez par la suite, une petite ville pour la Chine) et se trouve dans le détroit de Formose (mer de Chine), en face de Taiwan. Notre première chambre d'hôtel est agréable, mais coûte trois fois plus qu'au Vietnam: il faut en effet compter entre 130 et 250 francs par nuit pour avoir une chambre de basse categorie dans le sud-est de la Chine.


Mardi, nous visitons l'île de Gulang Yu, après 10 minutes de traversée: architecture coloniale européenne, pas de circulation automobile, tranquillité assurée malgré de nombreux touristes chinois. Malheureusement le temps est brumeux et il fait frais. Puis, de retour à Xiamen, une visite d'une belle pagode et de la superbe université nous enchante. Mais pas grand chose d'autre à faire, à part déambuler dans les rues; de nombreuses boutiques offrent toutes sortes de produits plus ou moins luxueux dans les artères principales et, dans les petites rues, les étalages de produits chinois sont surprenants, car beaucoup nous sont inconnus. Au fait, j'ai découvert toute une gamme de chaussures de sport de marque Pepsi (de Pepsi Cola); je ne sais pas si cela existe en France, je n'en avais jamais vu auparavant.

Nous avons déjeuné à la chinoise, mais je n'ai pu résister le soir: nous sommes aller nous rassasier dans un Mc Do (moitié prix par rapport à la France, mais cher par rapport à un repas chinois). Il faut dire que la nourriture chinoise est, dans cette région en tout cas, très spéciale et pas toujours mon goût. Rien à voir avec les plats vietnamiens que j'apprécie grandement.


Mercredi de bonne heure, une heure de bus pour Quanzhou, plus au nord. Ceinture de sécurité obligatoire! Par contre, pas d'interdiction de fumer: donc si l'on ne meurt pas lors d'un accident, on est assassiné petit feu par la fumée des autres, et je peux vous dire que les Chinois sont de sacrés fumeurs!

Quanzhou est une ville moderne de 6,5 millions d'habitants, sans grand intérêt touristique. Puis nous nous rendons en bus jusqu'à la ville fortifiée de Chongwu, à une quarantaine de kilomètres de là: bof! Si j'aurais su, j'aurais pas v'nu...

Nuit à Chongwu.


Jeudi matin, trajet en bus de 2 heures pour Fuzhou, la capitale de la province, 5,8 millions d'habitants. Visite sommaire: point de vue depuis une petite et agréable colline, immense statue de Mao...

L'après-midi, vol pour Hangzhou, une ville touristique de plus de 6 millions d'habitants au sud de Shangai.

Mes premières impressions:

  • Les aéroports sont propres et beaux. Des vendeurs de fruits y ont d'immenses étalages, bien agréables à la vue et à l'odeur.

  • Il fait frais ici en cette saison et une petite laine est loin d'être superflue.

  • Les Chinois parlent très fort, un peu comme "nos" Italiens, mais la plupart sont gentils, sympathiques, souriants et serviables. Heureusement...

  • Très peu parlent anglais, dur, dur...

  • La bouffe (oui, on peut l'appeler comme ça) n'est pas géniale, je l'ai déjà dit, mais elle n'est pas chère.

  • L'organisation est en général très bonne, surtout dans les gares d'autobus.

  • On dirait que tout le monde a son téléphone portable ici, ça sonne à droite, à gauche, de partout.

  • Les rues sont assez propres, les grandes villes sont modernes, on pourrait presque se croire en Europe.

  • Et, surtout, la Chine me paraît bien riche, avec ses grandes artères, ses gratte-ciel somptueux, ses places vertes et fleuries, sa circulation automobile, ses nombreux restaurants, ses hôtels de luxe et tutti-quanti... D'ailleurs la vie y est chère, presque autant qu'en Europe, sauf pour la nourriture locale, bon marché.


Vendredi, le temps est gris, ça gâche un peu notre balade autour du lac à 6 heures du matin. Des milliers de personnes, plutôt âgées, font leur gymnastique quotidienne à ses abords, c'est impressionnant. Hangzhou est une ville chère. Comme visiblement partout ailleurs, tous les sites sont payants, même les temples et les pagodes: 20 francs par-ci, 40 francs par-là, ça finit par représenter de sacrés sommes! N'allez pas croire que la Chine est un pays pour routard, non: en bougeant un peu, en visitant un minimum de choses, en logeant dans les hôtels les moins chers et en mangeant local il faut compter entre 400 et 800 francs de frais par jour...

Après avoir visité quelques sites, nous empruntons un car jusqu'à Shaoxing (4,3 millions d'habitants), à 67 kilomètres. Là, nous nous baladons près d'une heure en vélo-pousse-pousse et nous nous gelons. Pour les Chinois, Shaoxing est la Venise chinoise. Pour moi, à part les canaux, sales, qui sillonnent la ville et les vieux ponts qui les enjambent, il n'y a aucune ressemblance. Mais le centre doit être tout de même bien agréable lorsqu'il y a du soleil. Je ne le saurai jamais...

Nous reprenons un car jusqu'à Ningbo (5,4 millions d'habitants), à une centaine de kilomètres, puis un second jusqu'au port d'embarquement et, de là, un bateau rapide pour l'île de Putuoshan où nous arrivons à la nuit après une heure de navigation. Là, surprise, il nous faut acquitter une taxe touristique de 60 francs chacun, rien que ça; je m'apercevrai le lendemain qu'en plus absolument rien n'est prévu pour aider et renseigner le touriste étranger, et je l'aurai mauvaise... Il y fait un peu moins froid que sur le continent, heureusement. Le soir, agréable balade dans les rues piétonnières bordées de chaque côté de restaurants et de commerces de souvenirs, puis souper de poissons et crevettes dans un petit restaurant. Ici aussi la vie est chère, car c'est un coin de villégiature réputé et un lieu de pèlerinage chinois.
Samedi, après une excellente nuit, nous voilà dispos pour visiter l'île, malgré le temps gris qui persiste. Mais il ne pleut pas, c'est toujours ça... Nous grimpons en télécabine jusqu'au sommet, mais, là, aucune vue n'est possible à cause de la brume; par contre il s'y trouve un beau temple, payant bien sûr. Puis, à pied, en moins de deux heures, nous rejoignons quelques sites sans grand intérêt, grottes plus ou moins factices avec des bouddhas et de l'encens qui enfume le tout: il faut croire que Français et Chinois n'ont pas la même appréciation de ce qui est beau ou pas...

Comme il ne fait pas beau, nous décidons de partir mais attendons en vain un bateau rapide pour Shanghai: à cause du brouillard, aucun ne fait le traversée. Encore une fois: si j'aurais su...

Finalement, nous pouvons embarquer sur le bateau de nuit à 16 heures et partageons notre cabine, assez confortable, avec deux vieilles: une impotente et une importante (par le volume).
Après une bonne nuit, nous débarquons dimanche dès 6 heures à Shanghai, une grosse ville de 14 millions d'habitants, premier port de Chine et centre commercial important. Le sac au dos, nous vadrouillons dans le quartier chinois, puis sur le Bund surplombant la mer, sur lequel jeunes et vieux font leur gymnastique matinale. Quelques cerfs-volants flottent déjà dans les airs, et il n'est pas encore 8 heures du matin! Nous remontons la principale rue commerçante, où nous recensons pas moins de trois Mc Donald. Pas mal de gens se promènent déjà dans les rues, de nombreux magasins sont ouverts et la circulation est assez dense. Qu'est-ce que cela doit être un jour de semaine! Ensuite nous empruntons le métro, Ti Bé pour la première fois de sa vie, jusqu'à l'ancien quartier français où nous nous perdons un peu. On m'avait dit qu'à Shanghai de nombreuses personnes parlaient anglais; mais, pas de chance, elles doivent toutes faire la grasse matinée aujourd'hui...

Comme nous trouvons Shanghai assez quelconque (moi qui m'attendais à un second Hong Kong!), nous décidons de continuer notre voyage, par bus, vers Suzhou (5,8 millions d'habitants), où nous laissons les bagages à la consigne afin de rejoindre plus librement Zhouzhuang à une trentaine de kilomètres.

Zhouzhuang est une petite ville genre Venise, très jolie avec ses canaux, ses ponts de pierre, ses vieilles maisons et ses jardins. Malgré quelques gouttes de pluie et la cohue des groupes de touristes chinois, très envahissants (mais, après tout, ils sont chez eux...), notre promenade est fort agréable. La spécialité ici est le jarrêt de veau laqué, excellent bien qu'un peu gras. Et, comme partout en Chine, on nous offre du thé non sucré, que je n'aime pas trop mais qui désaltère.

En fin d'après-midi nous retournons passer la nuit à Suzhou et c'est ainsi que se termine notre première semaine de voyage en Chine. Je ne peux pas dire que j'en sois enchanté pour le moment, mais je dois reconnaître que nous n'avons fait que visiter de grandes villes cotières et riches, dont beaucoup d'habitants vivent comme nous: voiture, costard-cravate, téléphone portable à la ceinture et attaché-case à la main. Mais que sont donc devenus les mandarins d'antan, avec leurs belles robes aux mille couleurs et leurs traditions ancestrales?

Semaine du lundi 26 mars au dimanche 1 avril 2001 (seconde semaine en Chine, on avance...)


Ce lundi matin est consacré à la visite de Suzhou, ville de presque 6 millions d'habitants, envahie par les bicyclettes (ce qui n'était pas le cas dans les autres villes). Et puis, comble de bonheur, il fait enfin beau! La cité renferme quelques trésors: belles maisons anciennes, jardins chinois, temples et pagodes. Nous quittons cette ville agréable en début d'après-midi pour nous rendre 60 kilomètres plus loin à l'ouest, à Wuxi (4,4 millions d'habitants), où nous restons trois heures seulement, afin d'apercevoir le lac Tai Hu (rien d'exceptionnel...).

Là, comme partout avant, la plupart des gens se retournent sur notre passage: est-ce à cause de nos figures sympathiques, où brille l'intelligence, ou à cause de nos shorts? Il est vrai que pour le moment je n'ai vu qu'un seul chinois en short, une véritable exception, sur l'île de Putuoshan: ni les enfants, ni les gymnastes, et évidemment encore moins les adultes n'en portent...

En fin d'après-midi, un autre autocar nous transporte en 3 heures jusqu'à Nanjing (5,3 millions d'habitants), à 150 kilomètres, où nous dormirons. Nous traversons de vastes étendues de champs couverts de petites fleurs jaunes, je ne sais s'il s'agit de légumes ou de céréales. Sur la route, comme en ville, les gens conduisent mal, changent constamment de files pour mieux se faufiler, ne respectent absolument pas les passages piétons et klaxonnent tout le temps, d'où de nombreux accrochages. Les pires conducteurs, comme en France, sont les taxis; quelle angoisse! Mais le plus pénible est qu'il n'est pas interdit de fumer dans la plupart des cars, et les Chinois sont de gros fumeurs... Alors, malgré le froid, j'ouvre en grand la fenêtre du car et lorsque les passagers gelés me demandent de fermer, je leur explique (par signes) que je ne fermerai que lorsqu'il n'y aura plus de fumée à l'intérieur; et ça marche presque toujours... Non, je ne suis pas un emmerdeur, mais je n'accepte pas le sans-gêne de certaines personnes.
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