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LIVRE DE BORD




83. SPITZBERG 2013

 

Je pars rarement en voyage l’été. Mais l’exception confirme la règle : une croisière au Spitzberg ne peut se faire qu’à cette époque, lorsque l’océan Arctique est en général dégelé. Donc, en cet été 2013, avec ma sœur Claudine, nous volerons depuis Paris jusqu’à Longyearbyen puis embarquerons sur le Plancius, un navire hollandais de la compagnie Oceanwide Expeditions affrété par Grand Nord Grand Large. Construit en 1976 et entièrement réaménagé en 2009, ce navire de 53 cabines peut accueillir 114 passagers et 36 membres d’équipage (plus un chef d’expédition, sept guides-conférenciers et un médecin). Conçu pour la navigation polaire, sa longueur est de 89m, sa largeur de 15m, il pèse 3175 tonnes et a 5 mètres de tirant d’eau. La navigation autour du Spitzberg durera une dizaine de jours. Ce 146ème voyage inclura ma neuvième croisière et durera du lundi 29 juillet au jeudi 8 août.

*** Quelques mots sur le Spitzberg :

Le Spitzberg est une île de Norvège située dans le Svalbard, un archipel formant un territoire de ce pays. Son nom signifie « montagnes pointues » en allemand. C’est la plus grande île du Svalbard (39 044 km², soit 280 km du nord au sud et 40 à 255 km d’est en ouest) et la seule à être peuplée avec l'île aux Ours (Bjørnøya) : 2 500 habitants (soit 0,07 hab/km², chiffres de 2010). Sa plus grande ville est Longyearbyen (environ 2 020 habitants), puis Barentsburg (420 habitants russes), Ny-Ålesund (20 habitants), Pyramiden (7 habitants russes) et des villes fantômes comme Grumantbyen, Colesbukta ou Advent City.

Le Spitzberg est découvert par l'explorateur néerlandais Willem Barentsz en 1596 alors qu'il faisait route vers la Chine via le passage du Nord-est. Il baptise alors l'île en référence à ses sommets escarpés. Néanmoins, l'archipel semble avoir été connu par les chasseurs russes Pomors dès le XIIe et XIVe siècles bien qu'aucune preuve solide antérieure au XVIIe siècle n'ait été trouvée. Les mines de charbon exploitées par des intérêts russes à Barentsburg sont une conséquence du traité du Svalbard signé en 1920.

Sur cette île est installé le Svalbard Global Seed Vault (Chambre forte mondiale de graines du Spitzberg), une énorme chambre froide et forte conservant des échantillons de l'ensemble des graines vivrières de la planète en vue de la conservation de la biodiversité. L'ancien village minier de Ny-Ålesund est aujourd'hui une cité scientifique internationale. La France y possède deux stations de recherche : la base Charles Rabot dans le village et la base Jean Corbel à cinq kilomètres à l'est du village, cette dernière (créée en 1964) étant la plus ancienne des stations scientifiques de l'archipel.



Lundi 29 juillet : Ma sœur Claudine me rejoint à l’aéroport et nous décollons à 19H25 pour Roissy. Atterrissage à 21H. Pluie. Nous nous trompons de navette pour l’hôtel, ce qui nous donne l’occasion de visiter toute le coin. Retour à l’aéroport, autre navette, hôtel Ibis Styles vers 22H30 puis diner au bar de l’hôtel. Pas fameux mais serveur très sympa.

Mardi 30 : Clo me réveille bien avant l’heure : je fais soi-disant du bruit. Or j’ai pris hier soir une solution anti-ronflements. Petit-déjeuner à 6H sous forme de buffet, navette peu après. Nous sommes à l’heure prévue, vers 7H, au terminal 3 de Roissy. Longue queue puis attente. Embarquement dans un Boeing 737-700 d’Europ Air Post chartérisé par Grand Nord Grand Large. Presque plein, mais j’arrive à avoir un hublot. Décollage vers 9H, un petit-déjeuner est servi au cours de quatre heures de vol. Le cercle polaire est franchi vers 11H40, mais je ne l’ai pas vu ! Où est-il donc, ce cercle ? Equipage très sympa. Discuté avec une hôtesse : Europ Air Post a pris la suite de l’ancienne Aéropostale rachetée par La Poste puis revendue à un groupe suite à sa nouvelle politique de courrier écologique (timbres verts). Timbrée ou écho logique ? Une dizaine d’avions dont deux pour vols charters, les autres étant des cargos pouvant être transformés en 20 minutes en avions de passagers grâce aux sièges montés sur palettes. Superbe vue à l’arrivée sur les montagnes enneigées, les glaciers, la toundra et la ville. Atterrissage vers 13H à Longyearbyen, la ville principale du Spitzberg. Grand aéroport pour si peu d’habitants. Il fait beau et la température est d’environ 12°, c’est bien.


Survol de la région de Longyearbyen, glacier Survol de la région de Longyearbyen
Temps libre, nous devons embarquer entre 16 et 17H. Clo et moi partons à la découverte de cette petite ville de 1600 habitants, aux maisons colorées construites en bois sur pilotis et regroupées autour de deux axes principaux dans la vallée entourées de montagnes. En commençant par le supermarché… Il est toujours intéressant de visiter un supermarché lorsqu’on arrive dans un pays, cela permet d’imaginer le mode de vie et d’alimentation des locaux. Celui-ci est immense. Achats de sandwichs pour le déjeuner. Payable en euro, monnaie rendue en couronnes norvégiennes. Nous parcourons les rues, l’endroit est magique, tellement différent de tout (mais assez ressemblant au Groenland, évidemment). Tour à l’église construite sur une butte, il faut s’y déchausser à l’entrée pour accéder à la pièce principale qui fait tout à la fois salle de réunion, salon de thé et salle d’office religieux. Original et chaleureux. A l’extérieur, nombreux vestiges des anciennes mines de charbon aujourd’hui fermées (sauf une à quelques kilomètres), notamment des bennes sur câble pour le transport du minerai. Dans cette ville, tout tourne autour des mines, ce fut la principale activité du coin jusque dans les années 80. Visite du musée du Svalbard, situé à côté de l’université (il n’y a pourtant ici que 350 enfants âgés de moins de 18 ans !). Ce musée, intéressant et bien présenté, est assez remarquable, le bâtiment aussi : superbe architecture de bois. L’économie minière fortement en déclin est remplacée peu à peu par l’économie touristique. D’ailleurs, l’ours blanc est omniprésent (en peinture, en sculpture, empaillé, en photo, en fourrure, en peluche, en carte-postale etc…


Aéroport de Longyearbyen Ours polaire, aéroport de Longyearbyen

Plus loin, au-dessus de l’aéroport, une chambre forte a été récemment construite dans la montagne afin de conserver à – 3,7° les variétés de semences du monde entier. C’est le premier dépôt mondial de gènes dans le pergélisol (voir dictionnaire). Bonne idée, ça fait plaisir (au fait, qui a dit que là où il y avait de la gêne il n’y avait pas de plaisir ?). Nous rejoignons à pied le Plancius et embarquons. Cabine de 15 m² assez bien agencée, correcte, avec petit coin bureau et salle d’eau. Grand hublot à bâbord, mais qui ne s’ouvre pas (ça va sentir le fauve !). Le Plancius est un bateau d’expédition, confortable mais non luxueux, c’était écrit et nous le savions. Dans le grand salon (ou salon d’observation), réunion d’informations générales sur la croisière. Pendant celle-ci, le navire quitte le quai. Au revoir Longyearbyen, nous naviguons dans l'Isfjord vers l’ouest puis bifurquons dans la mer du Groenland vers le grand nord.


Eglise de Longyearbyen Dans l’église de Longyearbyen
Plus tard, exercice de sécurité obligatoire : tous sur le pont avec nos gilets de sauvetage. Ca rigole. Mais ça rigolera moins si le bateau coule vraiment… Les deux chaloupes de sauvetage de 60 personnes chacune ont l’air assez étroites (et sans toilettes). Plus tard, apéro du capitaine (un Russe) et présentation de l’équipe et notamment des guides-conférenciers. Notre chef d’expédition est Tarik Chekchak, directeur Sciences et environnement de l’équipe Cousteau. L’un des guides-conférenciers est Gérard Bodineau, avec qui j’ai déjà croisiéré dans l’Antarctique, auteur d’un guide très complet et intéressant sur le Spitzberg. Nous notons aussi la présence de Jean Jouzel, climatologue et glaciologue, spécialiste des problèmes de réchauffement climatique. L’équipage vient du monde entier, mais les Philippin(e)s sont nettement en majorité. Dîner servi à table vers 20H, pas terrible et ça dure, ça dure… Une heure et demie plus tard, je suis dans ma cabine et me couche peu après. Crevé, je m’endors presque aussitôt. Vers minuit, une annonce dans le haut-parleur de la cabine nous fait part de la présence de baleines à proximité. J’ouvre un œil, le referme et me rendors. Clo aussi. Nous avons tort et apprendrons demain que le spectacle était magnifique : trois races de baleines et une avec son petit (de plusieurs mètres quand même). A minuit comme en plein jour : ici, en été, la nuit ne tombe pas…


Longyearbyen Notre bateau à quai (le Plancius), Longyearbyen

Mercredi 31 : La navigation se poursuit au nord pendant la nuit, la mer est toujours calme. Je me réveille reposé vers 6H30, j’ai transpiré et prends une douche. Puis travail sur mon ordinateur (pas de Wifi). Réveil général à 7H15, Clo a du mal à se lever. Petit-déjeuner-buffet à 7H30, correct (sauf les œufs brouillés exécrables). Le pain est très bon. Nous passons à gauche de l’île de Prins Karl-Forland et arrivons dans la baie du 14 juillet. Il bruine et le ciel est gris. Distribution de paires de bottes pour la durée du voyage. Il n’y a pas de 49 ! Je fais du 44, ça tombe bien… A 9H30, réunion « étique à terre » (rien à voir avec les tiques de terre) : instructions de sécurité sur les Zodiacs, comportement à terre et conduite à tenir en face des ours polaires (par exemple, leur faire une grimace ne les effraye pas…). Vers 10H30, embarquement par groupe de dix à douze sur les Zodiacs pour approcher le glacier du 14 juillet (appelé ainsi par les Français qui l’ont découvert). La pluie fine m’embête pour prendre des photos, j’ai peur pour mon petit Panasonic neuf.



Iceberg, vers le glacier du 14 juillet Guillemots de Brünnich, vers le glacier du 14 juillet
Nous observons différentes sortes d’oiseaux sur la côte, les rochers et la falaise (dont de superbes macareux-moines), passons entre de petits icebergs de couleur bleutée et de forme bizarroïde (un phoque barbu repose sur l’un d’eux), puis débarquons sur une plage de galets. Balade dans la toundra durant laquelle des explications sur la faune et la flore polaire nous sont données. Lichen et nombreuses petites fleurs de toutes couleurs. Magnifique ! Le brouillard, déjà présent, tombe de plus en plus bas. Retour sur le Plancius à 13H et déjeuner-buffet à bord. Peu de choix mais c’est correct. Pas le temps de se reposer ou de tenir son journal de bord : à 14H30, briefing sur la sortie de l’après-midi. Nous sommes maintenant dans la baie du Roi.


Macareux-moine, vers le glacier du 14 juillet La toundra, vers le glacier du 14 juillet
Avec les Zodiacs, nous débarquons à Ny Alesund, la ville la plus au nord du Spitzberg, souvent citée comme étant la communauté la plus septentrionale du monde, ce qui est faux car ce record est détenu par deux communautés sur l’île Ellesmere au Canada. Ancienne mine fermée dans les années 60, Ny Alesund est surtout connue grâce aux expéditions qui en partaient vers le pôle nord. C’est aujourd’hui un centre scientifique où vivent une trentaine de personnes l’hiver, jusqu’à 180 l’été. L’endroit est beaucoup moins charmant que Longyearbyen, peu de choses à voir : un petit port, le bureau de poste le plus septentrional du monde (un tampon, une boîte aux lettres, pas d’employé), une ancienne locomo-


Flore vers le glacier du 14 juillet Le Plancius, vers le glacier du 14 juillet

tive restaurée et quelques wagons (qui servaient pour le transport du charbon), un seul commerce, un buste représentant Roald Amundsen et le pylône pour dirigeable situé 500 m plus loin dans une zone protégée. C’est là que se sont envolés en 1926 Amundsen, Norvégien, et Nobile, Italien, les premiers à avoir survolé la région en dirigeable. Des phoques s’ébattent sur une presqu’île plus loin. Comme hier, les habitants rencontrés sont tous de types européens (mis à part la petite centaine de Thaïlandais de Longyearbyen). Nous revenons au bateau vers 17H. J’ai enfin un peu de temps pour me mettre à jour : 230 photos à trier (une centaine gardées), des recherches bibliographiques et le récit de mes deux premières journées. Le dîner est servi à 19H30, j’arrive avec 20 minutes de retard dans la salle à manger, l’entrée vient d’être servie. Et ça dure encore une heure, le service est très long mais le repas est bon. Conférence donnée ensuite par Sophie Favrolt sur la chasse à la baleine dans la région au cours des siècles. Puis Tarik nous parle de Léonie Daunet, une femme ayant écrit un récit de voyage sur le Spitzberg à la moitié du XIXème siècle. A 22H45 nous arrivons dans la baie de la Madeleine entourée de plusieurs glaciers. Beau paysage. Puis demi-tour pour reprendre la route vers le nord-est. Je termine mon travail et me couche en plein jour, vers minuit.


Port de Ny Alesund Glacier, baie de la Madeleine

Jeudi 1 août : A 7H30, le haut-parleur de notre cabine annonce le réveil. Cela fait un bon moment que je suis levé. Après le petit-déjeuner, les Zodiacs nous emmènent jusqu’à Reinsderflya, la plaine des rennes. Le ciel est gris mais il ne pleut pas. Nous débarquons et randonnons sur cette étendue de toundra. Visite d’une cabane de trappeur, observation de la flore et des oiseaux, mais aucun renne. Nous trouvons toutefois deux paires de leurs bois. Pas d’ours blanc non plus, pourtant l’un d’eux a rodé dans le coin (empreintes et cacas). Rencontre d’un ancien piège à renard prévu pour ne pas abimer leur peau. A côté, une mâchoire de renne (mauvaise prise ?). Balade très agréable, ça fait du bien. Retour sur le Plancius vers 12H30 pour le buffet italien (pâtes délicieuses). Le chef cuisinier et son adjoint sont allemands et cela se perçoit dans certains plats. Sieste d’une heure dans ma cabine.


Sortie en Zodiac Claudine à la cabane de trappeur, Reinsderflya
Plus tard, notre navire s’arrête, au fond de la baie de Liefdefjord, devant le glacier de Monaco, immense et superbe avec ses reflets bleutés. Puis, pendant la navigation, Jean Jouzel, le climatologue et glaciologue dont j’ai parlé avant-hier, commence un intéressant exposé sur l’histoire des forages et l’étude des calottes polaires (et non pas les culottes solaires comme le croyait ma sœur) mais, au bout d’une demi-heure, est coupé par Tarik qui nous annonce qu’un ours polaire a été aperçu. Tous sur le pont avant ! Difficile à discerner au loin, cet ours blanc. Il est alors décidé de sortir en Zodiac pour tenter de l’approcher sans l’effrayer et surtout sans prendre de risques. Après vingt minutes de recherche, l’ours est retrouvé à terre, sur une des îles Andoyane. Quelle allure ! Quelle majesté ! Il me regarde et me fait un clin d’œil, c’est donc une femelle (quoique, aujourd’hui…). Il est toutefois difficile de prendre des photos : il est à une bonne centaine de mètres de nous (et pas question de débarquer) et notre embarcation bouge pas mal. L’ours se déplace, passe la crête (c’est donc un crétin) et nous repartons pour essayer de l’observer sur l’autre versant. En route, nous dépannons un Zodiac qui a des problèmes. Puis nous retrouvons notre ours, c’est sympa, il nous a attendu.
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