Première partie Le tigre blanc








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VI


Paysages de la zone torride. – Retour de l’Espérance. – Coups de feu inutiles. – Habile manœuvre. – Réunis !... – Passage d’un rapide. – Le saut Hermina. – Habileté des bateliers du Maroni. – Père !... j’ai faim. – L’arbre à lait. – Effarements d’un naturel de Saint-Ouen. – Jaune d’œuf végétal. – Poissons ivres-morts. – Le « Robinia-Nikou » ou Bois-Enivré. – Pêche miraculeuse. – L’Anguille-Électrique. – Les Robinsons devenus boucaniers. – À qui doivent-ils le bonheur ? – Aventure d’un tigre qui mange la pimentade. – Le tyran des grands bois a la colique.

Littéralement enfouis sous un impénétrable monceau de verdure, le proscrit et le vieux nègre attendirent longtemps le moment de la délivrance.

Cette idée d’enfouissement, évoquant l’image de mineurs disparus dans les ténébreuses galeries d’une houillère, pourrait tout d’abord paraître bizarre, appliquée à un séjour en forêt. Le mot et l’idée n’ont pourtant rien de bien exagéré.

C’est que les expressions les plus hyperboliques entassées comme à loisir, les métaphores les plus audacieuses, les qualificatifs les plus énergiques, sont à peine suffisants pour exprimer l’impression d’écrasante stupeur, d’implacable isolement produit par certains coins de ces solitudes.

Imaginez-vous des zones feuillues se stratifiant à l’infini, au point de former des montagnes, des plans de troncs énormes se doublant, se décuplant, se centuplant et devenant des murailles, des lianes accrochées à tout cela comme la rame d’une draperie sans fin, et vous ne pourrez rêver d’abîme insondable, de galerie de mine sans lumière, de souterrain humide qui puisse rivaliser avec ce décor élaboré par la nature équatoriale, féconde jusqu’à la monstruosité, et qui s’appelle la Forêt-Vierge !

Connaissez-vous ces ruelles sombres du vieux Paris, aux maisons lépreuses, au pavé gluant, à l’atmosphère fade, qui s’appellent la rue Maubuée, la rue de Venise, ou la rue de Brantôme ? Jamais le soleil ne sèche leurs ruisseaux fangeux, jamais le roulement d’une voiture ne s’y fait entendre ; la nuit, les réverbères semblent y agoniser.

Votre œil a-t-il plongé, du haut d’une maison dans ces cours étroites, noires comme des puits, au fond desquelles s’agitent confusément des êtres dont on ne peut que deviner la forme, sans la distinguer ?

Et pourtant à quelques pas de ces cloaques circulent à flots l’air et la lumière, et les splendeurs de la grande ville s’étalent dans un perpétuel flamboiement.

Tels les grands bois de la Guyane, qui recèlent au milieu d’incomparables merveilles végétales des coins perdus, non moins obscurs, non moins désolés, plus lugubres encore.

C’est que deux forces créatrices d’une incommensurable intensité se trouvent en présence. D’un côté, le soleil de l’équateur dont les implacables rayons surchauffent cette zone torride, la bien nommée ; de l’autre, un terrain gras, humide, formé de séculaires débris organiques et saturé jusqu’à la pléthore de principes nutritifs.

La graine, humble embryon de colosse, germe en un moment dans cet humus productif jusqu’à la prodigalité. Elle se développe à vue d’œil dans cette immense serre-chaude et devient arbre en quelques mois. Sa cime s’allonge, son tronc grêle et rigide monte comme un tuyau d’appel, par lequel le soleil semble aspirer les sucs de la terre.

Le jeune arbre veut de l’air. Il lui faut de la lumière. Ses feuilles pâles, anémiques comme celles qui végètent dans les souterrains, ont besoin de cette « chlorophylle » qui est leur matière colorante, comme « l’hématosine » est celle du sang. Le soleil peut seul la leur fournir. Aussi, leur unique fonction est-elle de monter toujours afin d’aller chercher ses ardents baisers. Nulle force ne saurait arrêter cet élan. Elles trouent l’opaque voûte de feuillages et ajoutent une nouvelle goutte à cet océan.

Ces phénomènes de végétation sont étranges, stupéfiants. Il faut, pour s’en faire une idée, avoir erré sous ces vastes rameaux qui font corps ensemble, là-haut, près des nuages, et avoir escaladé ou contourné ces monstrueuses racines où s’élabore sans cesse le mystérieux enfantement de la vie.

Ah ! combien est petit l’homme qui se meut péniblement dans ce formidable fouillis ! Comme sa marche est lente à travers ces colosses ! Et pourtant, il s’avance, la boussole d’une main, le sabre d’abattis de l’autre, évoquant, par son travail de sape, la pensée d’une fourmi qui réussirait à percer de son aiguillon le flanc d’une montagne.

C’est dans ces catacombes végétales que vécurent, presque sans avoir la notion du temps, nos deux héros, après le double malheur dont ils furent frappés. L’air et la lumière leur manquaient aussi. Nul chant d’oiseau ne troublait ce silence de tombeau. Les hôtes ailés de la forêt ne s’aventurent pas dans de semblables cavernes, redoutées des fauves eux-mêmes. Pas d’herbes, encore moins de fleurs sur ces racines qui suintent comme la base des piliers de cathédrales gothiques ; mais des mousses glissantes, verdâtres, gonflées ainsi que des éponges, et sous lesquelles grouille tout un monde de serpents, de lézards, de crapauds, de scolopendres, d’araignées-crabes et de scorpions.

Ils demeurèrent près d’un mois dans cet antre de la fièvre où la vie semblait impossible, car c’est à peine si la flamme de leur foyer trouvait assez d’oxygène dans cette atmosphère appauvrie.

Ils existèrent à la façon d’un brasier qui se consume à l’étouffée.

De deux en deux jours, Robin allait aux provisions et rapportait de l’abattis des ignames, des patates, du maïs et des bananes. Triste restauration, en vérité, suffisante à peine pour empêcher la douloureuse torsion de leurs viscères, pour entraver l’œuvre mortelle de la faim. Heureusement que l’existence humaine possède parfois d’étonnantes ressources.

Les deux reclus attendaient vainement d’heure en heure un signal, quand un beau matin, Robin, qui pour la quinzième fois suivait le cours vaseux du ruisselet, sursauta comme à la vue d’un reptile. Un léger canot, armé de quatre pagayes, flottait devant lui, amarré à une grosse racine. Plus de doute. C’était bien cette pirogue, construite par lui et Casimir, qu’il avait nommée l’Espérance, et qui avait si singulièrement disparu.

Par quel mystérieux concours de circonstances se trouvait-elle si bien à point et toute parée à partir ? Un gros régime de bananes bien mûres l’emplissait au centre. Quelques ignames et des patates cuites sous la cendre, et, chose plus étonnante encore, une douzaine de biscuits, avec un flacon de genièvre complétaient cet approvisionnement. L’embarcation devait avoir été submergée depuis le jour de sa disparition, car ses parois humides et encore vaseuses se couvraient par places d’une légère couche de végétaux aquatiques.

Sans s’arrêter à ce que ce fait avait d’insolite, le proscrit, préparé à tout, ne songea qu’à sortir de son humide réduit, quitte à chercher plus tard le mot de l’énigme.

Il revint en courant.

– Casimir !... Nous partons !

– Que côté ça, compé, nous qu’allé ? (De quel côté allons-nous, compère ?)

– La pirogue est retrouvée. Elle est là, tout près. Cela veut dire, à n’en pas douter, que la crique est libre, que nous pouvons quitter cette terre maudite, que nous pouvons enfin nous élancer sur le Maroni.

– Ça bon. Mo que allé côté ou. (C’est bon, je vais avec vous.)

Raconter la série d’interjections, de formules d’étonnement patoisée par le bonhomme serait superflu. Mais s’il parlait beaucoup, il agissait de même. Sa jambe éléphantiasique semblait ne pas peser plus que l’autre. Il trottinait, le pauvre « Kokobé » ; il fit tant et si bien qu’il réussit à embarquer en même temps que son compère.

Une joie d’enfant se peignit sur son visage atrocement fouillé, quand il put assurer dans ses doigts ergotés le manche d’une pagaye. L’esquif, sollicité par les deux hommes, glissa lentement entre les herbes qu’il frôla légèrement, et descendit jusqu’à la grande crique.

Rien de suspect n’entravait leur manœuvre silencieuse. Ils revoyaient aussi la lumière. Les yeux bien ouverts, les muscles tendus, l’oreille au guet, ils avançaient en enfonçant doucement leurs pagayes, évitant de heurter la coque et de faire clapoter l’eau.

Ils passèrent près d’un chantier en exploitation, mais que les travailleurs semblaient avoir momentanément déserté. La pirogue côtoya d’énormes pièces de bois, flottant amarrées à des futailles vides, et s’en allant, seules, au gré des flots, vers le Maroni. Tout était pour le mieux. Dans quelques minutes la passe dangereuse serait franchie ; la Sparwine s’élargissait en estuaire. On apercevait le fleuve.

Les fugitifs stoppèrent un moment, regardèrent de tous côtés, inventorièrent minutieusement les moindres anfractuosités formées par les terres, les racines et les troncs. Rien de suspect ne leur apparut.

– En avant donc et à toute vitesse ! dit à voix basse Robin.

Le batelet fila comme une flèche sur les eaux du Maroni, dont l’autre rive apparut aussitôt, éloignée de près de trois kilomètres.

Les deux compagnons commençaient à se croire enfin en sûreté. Quatre cents mètres environ les séparaient déjà de cette terre inhospitalière, quand des cris de rage mêlés à des imprécations retentirent derrière eux.

Puis, un coup de feu. La balle, mal dirigée, fit jaillir l’eau à plus de vingt mètres.

– En avant !... Casimir ! en avant ! siffla Robin en se courbant sur sa pagaye, qui plia.

Les cris répercutés sur la surface liquide arrivaient distinctement aux oreilles des canotiers :

– Arrête !... Arrête !... Aux armes !... Aux armes !...

Un second coup de feu, puis un troisième ponctuèrent cette brutale injonction.

Le proscrit tourna la tête, et vit un canot armé de quatre avirons se détacher de la rive et prendre la chasse.

– Courage !... ami !... courage !... Nous gagnons sur eux. Oh ! les bandits ! Ils ne nous tiennent pas encore. D’ailleurs ils ne m’auront pas vivant.

– Ça même !... Mo qu’allé ; ça michant mouns, qu’a pas tini nous, non. (C’est ça. Je vais aussi ; ces méchants hommes là ne nous tiennent pas, non.)

– Gouverne sur l’îlot, là, en face... comme si nous voulions aborder.

– Oui compé. Ou qu’a parlé bon bon.

– Quand nous le toucherons, nous obliquerons, puis nous passerons derrière. Nous serons au moins pour un moment à l’abri des balles.

La distance entre l’Espérance et l’îlot diminuait rapidement, en raison d’ailleurs de l’intensité de la poursuite, qui continuait toujours acharnée, implacable. Les détonations d’armes à feu se succédaient sans grand succès jusqu’au moment où la pagaye de Robin fut fracassée par une balle.

Il étouffa un cri de rage, saisit une pagaye de rechange et leva la tête. À son exclamation répondit l’appel désespéré qui jaillit de la gorge de sa femme quand elle le reconnut.

Il vit une forme noire s’abattre sur le sable, des enfants s’agiter éperdus, des nègres gesticuler... Un homme vêtu à l’européenne s’élança...

Ceux-là n’étaient pas des ennemis. Cette plainte déchirante n’était pas une menace.

Mais cette femme... ces enfants, en pareil lieu !...

Grands dieux !...

L’Espérance n’était plus qu’à quatre-vingts mètres. Le fugitif, rigide comme une barre d’acier, les muscles contractés jusqu’à la catalepsie, produisit un de ces terribles efforts sous lesquels un organisme humain se brise quand l’obstacle résiste.

La pirogue vola sur la vague. Sa coque érailla le sable dans lequel son avant s’enfonça profondément. D’un élan de tigre, Robin bondit sur le sol, souleva sa femme inanimée, contempla, de ses yeux dilatés par l’épouvante, les enfants muets et terrifiés !...

L’ennemi avançait rapidement. Le proscrit aperçut du même coup Nicolas qu’il reconnut, le nègre boni appuyé sur son fusil, et le grand canot recouvert de son abri de feuilles.

– Monsieur Robin !... hurla le Parisien.

– Nicolas !... à moi !... au canot !... Tiens bon, vous autres, et restez-là !... cria-t-il aux matelots hollandais.

Il dit, et tenant sous son bras gauche sa femme inerte, saisit à pleine main son plus jeune fils par ses vêtements, s’élance vers l’autre pirogue, les y couche, pendant que Nicolas accourt avec les trois autres, suivi du vieux Casimir.

– Embarque !... dit-il d’une voix brève.

Le Boni obéit également, sans mot dire.

– Les pagayes...

Un matelot hollandais les lui tend. Casimir prend place à l’avant, Robin s’installe sur le second banc, le Boni s’arc-boute à l’arrière.

– Pousse !...

Le canot démarre pendant que les deux nègres de Surinam, stupéfiés par cette scène étrange, restent sur l’îlot avec l’Espérance échouée.

Le Boni comprend la manœuvre. Il vire aussitôt, et contourne l’île. Les assaillants disparaissent. Robin a heureusement reconquis son avance au moment où les garde-chiourmes s’aperçoivent que les deux hommes du Tropic-Bird sont seuls.

La poursuite recommença bientôt, mais sans grande chance de succès. La pirogue, il est vrai, était plus pesamment chargée que jadis l’embarcation des fugitifs, mais la présence du nègre boni était un rude appoint. Il valait à lui seul un équipage.

Malheureusement, ils n’étaient pas hors de la portée des carabines, et Robin, l’homme intrépide que le péril ne pouvait émouvoir, tremblait à la pensée des êtres chéris qu’il venait de retrouver si miraculeusement. Courbé sur sa pagaye, concentrant toutes ses facultés dans la manœuvre qui devait assurer le salut commun, le pauvre père pouvait à peine jeter à la dérobée un regard de tendresse sur les petits tout frissonnant de peur.

Leur mère reprenait lentement ses sens, grâce aux affusions d’eau froide que Nicolas, plus zélé qu’habile, faisait sans interruption.

– Sauvé !... Il est sauvé !... balbutia-t-elle enfin.

– Père !... père !... cria l’aîné des fils, Henri, ils vont tirer encore.

L’enfant n’avait pas achevé, qu’une balle frôlait la coque et faisait jaillir en pluie l’eau du fleuve.

Alors, Robin, qui n’avait pu encore serrer dans ses bras cette femme héroïque qui avait tout bravé, ces petits êtres que son cœur appelait depuis si longtemps, se senti envahit par une colère terrible contre ceux que le plus élémentaire sentiment d’humanité ne pouvait apaiser. Il avait pardonné à Benoît son bourreau. Il l’avait sauvé. Lui seul était en cause. Mais aujourd’hui, l’on menaçait les siens. Une balle pouvait les frapper là... devant lui !

Un nuage de sang s’étendit sur ses yeux. Une fièvre de meurtre lui monta au visage. Au risque d’entraver la fuite, il saisit le long fusil du Boni. L’arme était chargée à plomb. Le noir, devinant sa pensée, sortit de sa bouche deux balles qu’il mâchonnait, et les fit glisser dans les canons.

– Bandits sans cœur et sans entrailles ! cria le proscrit. N’avancez pas, ou je vous tue !

Les argousins dominés par son attitude, et craignant tout du désespoir d’un tel homme, abaissèrent leurs armes. Ils allaient d’ailleurs bon gré mal gré être forcés d’interrompre leur chasse, car les bouillonnements de l’eau annonçaient la présence d’un rapide.

La pirogue était en vue du saut Hermina.

Le Boni Angosso était seul capable de remonter cette barre de récifs sur les quels le flot se brise et roule en cascades écumantes. En deux coups de pagaye, il vira sur place et se trouva à l’avant.

Casimir et Robin se retournèrent sur leurs bancs pour nager de l’avant, et l’heureux père put enfin voir ses chers enfants et leur vaillante mère.

Le petit Charles, inconscient du danger, battait des mains et paraissait ravi.

Laissons-les un moment au bonheur du premier épanchement, et expliquons en quelques mots comment Robin et le lépreux se trouvaient au saut Hermina, quand en réalité ils eussent dû l’atteindre seulement quatre heures au moins après leur sortie de la crique.

C’était grâce à une confusion de nom que l’ignorance du proscrit relativement à la région géographique rendait suffisamment admissible. Le transporté Gondet avait été de bonne foi quand il lui avait dit que le cours d’eau était bien la crique Sparwine, mais il se trompait. Le chantier où il travaillait en qualité de chercheur de bois était détaché du pénitencier et situé à quinze kilomètres plus haut. Comme les hommes chargés de ces deux exploitations n’avaient entre eux que de rares communications, Gondet ignorait jusqu’alors l’existence de la première. Le petit chantier portant également le nom de Sparwine, le transporté en avait conclu qu’il tirait son nom de la rivière qui le traverse et qui s’appelle en réalité la crique de Sakoura.

De là son erreur quant à la proximité du rapide. L’îlot qui porte le nom de Sointi-Kazaba se trouve à quinze kilomètres de la Sparwine et émerge en regard d’un autre cours d’eau situé sur la rive hollandaise. Ce cours d’eau était encore inconnu à cette époque, il a été dénommé seulement en 1879 crique Ruyter, par MM. Cazals et Labourdette, deux Français qui exploitent les terrains aurifères de la rive gauche du Maroni.

La marée, qui se fait sentir jusqu’à ce point éloigné de quatre-vingt-quinze kilomètres du littoral, poussait les fugitifs vers le saut Hermina. Les surveillants ne pouvaient raisonnablement espérer le remonter avec leur embarcation à quille et à gouvernail. Ils se fussent fatalement échoués dès le début. Ils durent se contenter de suivre d’un œil d’envie et non sans pousser d’inutiles imprécations, la légère pirogue qui s’avançait avec la vélocité d’un poisson.

Le saut Hermina est de tous les rapides du Maroni le moins difficile à franchir. En effet, la barre rocheuse qui forme une sorte d’écluse naturelle a environ huit à neuf cents mètres de largeur, et la différence de niveau n’est que de cinq mètres. La pente est donc insignifiante. Il n’en faut pas moins une extrême habileté, et un canot spécial, sans quille, sans gouvernail, relevé à l’avant et à l’arrière, pour opérer sans encombre la traversée.

Le Boni Angosso, familiarisé depuis l’enfance avec cette difficile manœuvre, contournait les pointes aiguës de roches sombres, choisissait tel ou tel chenal, et n’engageait jamais la pirogue sans s’être assuré du passage. De temps en temps, le remous secouait comme un fétu la frêle embarcation qui menaçait de s’en aller à la dérive au grand effroi des enfants, mais un coup de pagaye la remettait en bonne route.

Angosso, qui patoisait un peu le créole, expliquait à Robin, qui l’écoutait distraitement, que là-haut il y avait des rapides bien autrement redoutables, le haut
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