Phase un Etat des lieux : nécessité et outils








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C - Au niveau national : les CADIST et les Pôles associés de la BnF


La première carte documentaire nationale comporte les CADIST (Centres d'Acquisition et de Diffusion de l'Information Scientifique et Technique constitués par décret en 1983). Il s'agit de bibliothèques de l'enseignement supérieur spécialisées dans un domaine particulier. Ces bibliothèques ont vocation d'acquérir de façon à peu près exhaustive tout ce qui concerne le domaine en question.

Le réseau des Pôles associés complète celui des CADIST : les bibliothèques qui passent une convention de "pôle associé" avec la BnF partagent avec elle la conservation et l'acquisition d'ouvrages étrangers dans le domaine considéré (la BnF perçoit déjà le dépôt légal des parutions françaises). Brest : la mer etc.

L'IFREMER est ainsi Pôle associé de la BnF en océnographie, la FAMDT pôle associé en archives sonores.

 

 

Les politiques documentaires à l'heure d'internet

 

A/ Rappel du contexte :

  • Apparition progressive des documents « dématérialisés », d’abord sous la forme de cédéroms pour les bases de données (electre, par exemple), puis pour les encyclopédies, puis publications en ligne les premières dans le domaine scientifiques, généralement, même contenu sous forme dématérialisé que la formule papier , les titres grand public ont suivi parallèlement à la musique et à la vidéo, maintenant c’est au tour des livres...

  • Maintenant la bibliothèque produit ses propres documents dématérialisés par le biais par exemple de la numérisation du fonds patrimoine, et quelques tentatives de numériser tout le contenu de la discothèque pour faciliter l’écoute sur place.

  • Apparition de nouvelles offres d’abonnement électroniques qui n’existent pas sous forme papier : périodiques lancés directement sous format numérique (très rare) ou qui disparaissent sous format papier mais perdurent sous format numérique : cas de Bodoï et pendant un temps d’aujourd’hui poèmes. Lié au changement économiques : un titre gagne parfois plus grâce à la publicité que grâce à ses abonnements. D’où le désir d’offrir un contenu gratuit pour augmenter ses lecteurs et donc les recettes publicitaires. C’est le tournant que semblent prendre beaucoup de quotidiens, CF l’offre du monde.fr, une partie est gratuite et axée vers la réception via les smartphones et iphones.

  • Mais surtout, apparition de produits « périphériques »7 au sens où ils ne constituent pas un réplique électronique de quelque chose existant déjà sous format papier. Il s’agit des abonnements à des sites d’apprentissage (tout apprendre.com), ou de jeux pour enfants (planetnemo), des bibliothèques de tutoriels de formation (vodeclic)

Qu’est-ce que ça change pour les bibliothécaires ?

Petite révolution au sens où quand on achète un document en format électronique on n’acquiert pas de support : on paye un abonnement, on ne catalogue pas un objet : perte de toute la dimension de stockage et de classement. Très souvent pour les abonnements électroniques, dépossession des archives. Pas de désherbage ? Et qu’en est-il du plan de classement ? Du « butinage » dans les rayons ? Et quelle attitude avoir face à la multiplication des ressources, puisqu’avec les blogs « n’importe qui » peut se mettre à éditer de l’information ?

Que proposer en ligne nous BM, quand tout est déjà gratuit sur internet ?

Nous, BM, qui sommes bien évidemment limités à l’offre légale (CF plusieurs marchés publics dont le lot musique ou vidéo en ligne sont demeurés infructueux faute sans doute d’un prestataire offrant une offre suffisamment large)…

B/ Comment intégrer les ressources électroniques à la politique documentaire ?

  • Un document comme les autres ?

Se poser les mêmes questions que pour tous les autres documents : ce document correspond-il au PDC de mon secteur ? C'est-à-dire est-il pertinent du point de vu de son contenu, mais aussi offre-t-il une adéquation satisfaisante avec les besoins de mes usagers ? Et enfin, ai-je les moyens de l’acquérir ?

      • Le contenu : valable ? Forme électronique d’un périodique, d’un livre, d’un album, de film existant sur papier ou originale ? En général, en France les 2 …

      • L’adéquation de la forme électronique au public cible. Plusieurs paramètres : l’équipement du public (pour les e-book, question cruciale qui pour le moment contribue à « plomber » les achats de livres électronique puisqu’il faut envisager de prêter la liseuse avec), l’accès au haut débit sur le territoire, et enfin la capacité des usagers à maîtriser ce nouvel outil.

      • En effet les bibliothèques qui se sont lancé dans les abonnements électroniques rapportent qu’il n’est pas toujours facile de gérer l’accès. Le besoin de communication et de formation des usagers est énorme. Quand l’offre inclus un accès à distance il faut parfois gérer une multitude d’identifiants (un pour chaque titre, parfois !) qui rebute l’utilisateur non-averti. Ce système ne disparaît qu’après un montage technique et juridique complexe (CF Bibliothèque de L’Hérault qui mobilise les techniciens informatique et qui échappe parfois au bibliothécaire)

      • Toute une partie juridique (qui est propriétaire ? Qui peut avoir accès ?)

      • Enfin le prix de la ressource, qui n’a rien de négligeable. Le monde en ligne avec les archives coûte 1500 € alors qu’un abonnement papier revient à 300 €. Complexe car les prix sont parfois peu explicites. Tarification en fonction de différents critères : consultation sur place sur un nombre de poste limité, ou bien sur tous les postes de la bibliothèque ou de la collectivité ou bien accès à distance avec un identifiant. Prendre également en compte les prix « sous-terrain » comme le surcoût pour accès à la plate-forme ou pour avoir les titres en format PDF, plus agréable à lire. Comme une vraie offre de titres à distance exige parfois l’acquisition d’un portail documentaire, est monté par exemple à 80000 € à Levallois ….

De fait en 2008, CAREL ne comptait que 821 abonnements à des périodiques électroniques pour la France entière soit 5.1 par établissement, dont un à « décompter » puisque les statistiques incluent electre, zebris et autres bases de données professionnelles

  • Tous les obstacles :

    • Le coût (et la culture professionnelle …) : budget moyen pour les acquisitions souvent confortable mais la révolution numérique n’a pas encore été réalisées dans beaucoup de bibliothèques où la plus grosse part du budget est consacré aux imprimés. Comme le contexte économique pour les collectivités est mauvais, peu d’espoir d’avoir un budget supplémentaire … Donc nécessiterait un rédeploiement du budget d’acquisition … Dure pour la culture professionnelle, d’autant plus que …

    • Le concept de périodique électronique en BP semble peu pertinent : le public est beaucoup plus divers, incluant des franges de populations peu intéressées par l’informatique, et qui utilisent la presse pour une activité de loisir, de feuilletage. La recherche d’une information ou même d’un article précis restent très ponctuels, ce qui invalide l’un des principaux avantages de la presse électronique : la possibilité de recherche pointue par mots-clefs ou par titres d’articles. Quand au livre électronique, une étude menée par ipsos pour le CNL démontre que 53 % n’en a même jamais entendu parler. Pour les 47 % restant, seuls 36 % pensent à une liseuse, et seuls 5 % sont effectivement des lecteurs de livres numériques ! Sur les 5 % de lecteurs, 3 % n’ont pas aimé. Seuls 12 des non lecteurs de livre numérique sont intéressés par la question.

    • La pauvreté de l’offre : beaucoup de magazine, maintenant mais pas tous. Par contre pour le livre électronique c’est la guerre des formats et des catalogues : pas un seul fournisseur n’offre un catalogue satisfaisant : problème des droits. Certains appels d’offres ont été infructueux en vidéo et en musique, faute de prestataire acceptant de travailler avec les collectivités et/ou offrant un catalogue suffisant. En musique à part Naxos Music Library (170 000 référence) qui vient à peine d’entrer dans l’offre CAREL, beaucoup de prestatires ont une offre limitée : c’est le cas de ithèque et bibliomédia. La numérisation des disuqes qui a eu lieu dans plusieurs bibliothèque peut être un moyen d’offrir une offre plus riche, notamment en variété française, mais il reste à négocier les droits avec la SACEM, voire les maisons de disque. Dans tout les cas il s’agit de streaming ou de fichiers chronodégradables, pas de téléchargement. En video, l’offre est aussi très pauvre, seul arte propose un catalogue, prometteur mais limité en nombre de titres …

    • … ou trop riche. Quoi que la bibliothèque propose il est facile de se dire que l’internaute peut trouver mieux en ligne et gratuitement, même s’il s’agit le plus souvent d’une offre illégale. C’est surtout vrai pour la musique et la vidéo, ça l’est aussi dans une moindre mesure pour les périodiques, puisque le web donne accès immédiatement au contenu, ce qui n’est pas toujours le cas des bibliothèques.



  • Des perspectives qui demeurent quand même encourageantes, pour peu que le tournant numérique soit négocié par les tutelles et les bibliothécaires :

    • Pour le prix, envisager des abonnements collectifs : fait aux Etats-Unis par certains états pour toutes les librairies et les écoles, et même au Nigéria pour routes les universités ! Mais aussi à l’échelle de la région.

    • L’évolution des supports : un avenir prometteur . Actuellement, en dehors du coût les bibliothèques sont rebutées par le manque de confort dans l’application technique de l’abonnement (connexions et identification compliquées) et de lecture (au mieux PDF mais de toute façon le document original n’a pas été conçu pour un écran). Mais cela change ! Cf l’offre du monde.fr conçu spécialement pour les smartphone. Pour l’instant offre qui est fermée aux collectivités mais peut évoluer. La généralisation de l’offre électronique, l’allègement des liseuses va venir plus vite qu’on ne le pense

    • Certains supports numériques apportent une réelle plus-value. Tous les sites d’auto-formation sont prometteurs car dans ce domaine l’interactivité du web est un plus par rapport au papier. Les liseuses et les livres électroniques, en permettant de choisir la grosseur d’affichage des caractères et parfois la lecture du texte peuvent représenter une aubaine pour le public handicapé.



  • En conclusion l’offre numérique peut s’insérer dans la politique documentaire si :

    • Les contraintes techniques de la mise à disposition de ces ressources disparaissent (avec les portails internet, et une prise en compte de la demande par les fournisseurs)

    • Les prix baissent. Actuellement très peu de BM peuvent proposer l’accès à distance qui offre pourtant une nouvelle utilisatoion. Hors au Québec, 50 % de l’utilisation de la presse en ligne se fait à distance.

    • L’offre s’étoffe (toujours le problème des catalogues commerciaux)

    • les professionnels acceptent de se les approprier, et jouent à plein leur rôle de médiation :

      • Dans la connaissance de l’existence ce support

      • Dans la présentation de l’utilisation de ce support

      • Mais aussi d’accentuer leur rôle de médiation : listes thématiques, critiques et coups de cœur etc. Si à terme nous sommes amenés à dépendre de catalogues commerciaux, de bouquets dans lesquels nous n’avons que peu de choix d’acquisition, c’est ce type de médiation qui est peut-être destiné à jouer le rôle que tenait la mise à disposition d’un ensemble choisi et cohérent d’ouvrages.

1 In La nouvelle bibliothèque : contribution pour la bibliothèque de demain, territorial editions, mai 2009, emprunter de la musique p. 50

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3 GIAPPICONI Thierry. Conspectus, état des lieux et perspectives. 17 mars 2000, Villeurbanne. Journées d’étude organisée par le groupe Poldoc. [en ligne] Disponible sur : (consulté le 25 mai 2006)

4 d'après un cours de Frédéric Baron, 2009

5 Les bibliothèques municipales en France après le tournant internet

6 Bertrand Calenge, Conduire une politique documentaire, éd. Du cercle de la librairie, 1999 p. 54.

7 Le terme est de Bertrand Calenge (toujours lui …) dans son chapitre quelle offre numérique pour une bibliothèque publique ? CF proposition de bibliographie
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